Militarisme éducatif

* Le numérique, ça peut vraiment servir la réforme du collège :

Enfin un outil pour faire un EPI Musique/Philosophie :

le Finkielsampler

C’est là

le Mammouth déchaîné avait déjà celui pour faire un EPI Français/Pédagogogie : le meirieutron


* On ne désarme pas (pour l’Entreprise) !

Stage en immersion militaire pour étudiants et lycéens afin de leur transmettre « des compétences qui sont redéployables dans le monde de l’entreprise ».

Des étudiants de l’IDRAC Business School campus de Lyon et des élèves du Lycée des métiers JAPY de Lyon ont eu droit à une période d’immersion militaire du 8 au 10 février 2016 au camp de La Valbonne .
Le but était de transmettre aux stagiaires « des compétences qui sont redéployables dans le monde de l’entreprise » (
source ) avec des temps forts comme le traditionnel rampement dans la boue (voir ici ou ici).

Ces
actions de partenariat entre écoles et armée suscitent le plus vif intérêt de la part des autorités politiques, administratives et militaires, au point que le préfet du Rhône offre même ses salons pour organiser des conférences-débats entre militaires et lycéens, comme on peut le voir ici lors d'une réception réunissant le gouverneur militaire de Lyon, des chefs d'entreprises et notables locaux et des lycéens du lycée Japy (source).

Une réunion organisée par un lycée... avec un général de corps d’armée en guise de COP-Surveillant général-prof principal.

Rompez ! (petits cons)


* Des profs moins absents que les autres catégories de salariés.

L’info a été peu diffusée sur les médias (on ne sait pas pourquoi) : RTL -Fonction publique : l'Éducation nationale a un taux d'absentéisme plus bas que la moyenne

D’après la DGAFP (Direction générale de l’Administration et de la fonction publique), la durée moyenne annuelle des congés maladie ordinaire (CMO) chez les agents de la fonction publique est de 7,1 jours. A l’Education nationale (EN), tous effectifs confondus (profs et administratifs) on est en-dessous de la moyenne avec 6,7 jours de congés maladie par an et par agent.

Un autre chiffre intéressant, tiré du rapport annuel sur l’état de la fonction publique, confirme que les profs sont moins absents que la moyenne des fonctionnaires : en 2012, la proportion de salariés absents au moins un jour pour raisons de santé au cours d’une semaine est, tous secteurs confondus, de 3,7% au niveau national.
Elle est de 3,6% dans le secteur privé, de 3,8% dans la fonction publique, et de… 2,3% chez les enseignants (on constate qu’à l’EN les profs sont moins absents que le reste des personnels, 3,1%, ce qui nuance encore les chiffres précédents). (source)

Et moins que les militaires alors aussi ? Faudrait peut-être leur envoyer des profs à ceux-là !


* Les bonnes manières de la ville d'Asnières pour SOS Éducation (et vice-versa)

Vers un système de prérecrutement privé des personnels publics

Selon un système un peu analogue à ce qui se passe dans l'enseignement privé où les établissements "pré-recrutent" leurs personnels qui sont ensuite nommés et rétribués par l’État, SOS Éducation tente d'organiser avec  la mairie d'Asnières en pré-recrutement des personnels contractuels devant assurer des remplacements dans les écoles de la ville.
Alors que la mairie d'Asnières se contente officiellement
sur son site de mettre en ligne une annonce d'offre d'emploi en demandant d'envoyer les candidatures à l'académie de Versailles, SOS Éducation cherche de son côté à mettre parallèlement en place un système qui rend possible un filtrage des candidatures...

SOS Éducation demande en effet aux candidats éventuels de lui envoyer leurs CV que l'association déclare ensuite  transmettre à la mairie (laquelle n'a plus alors sans doute qu'à les retransmettre à l'Inspection académique comme s'il s'agissait de candidatures spontanées...). Comme on le voit là et aussi là.

Échange de bonnes manières,
la ville d'Asnières fait sur son site de la pub pour SOS Éducation...

C’est là :

SOS educ

* Embrouilles autour de "l'autonomie" des établissements cathos dans les campagnes de l'Aveyron

Admirée par une partie de l'administration et de la classe politique, "L'autonomie" des établissements privés religieux sème la zizanie chez les cathos de l'Aveyron, comme on peut le voir au collège du Sacré-Cœur de Séverac que la Direction Départementale de l'Enseignement Catholique voudrait délocaliser de force à Laissac, au grand dam du directeur du collège, ainsi que de son organisme gestionnaire, l'Ogec, et de l'association de parents d'élèves du privé, l'APEL.
Comme le rapporte La Dépêche, les insolents ont même organisé une réunion publique pour informer les parents d'élèves que si la DDEN décidait d'ouvrir un nouveau collège à Laissac, ce serait alors un établissement hors contrat en concurrence avec le leur !

De son côté , la Direction Départementale de l'Enseignement Catholique de l'Aveyron et du Lot (12/46)
met en ligne un lien vers une pétition destinée à réclamer le transfert de l'établissement catho à Laissac, pétition qui, pour rajouter un peu à l'ambiance délétère locale, porte l'adresse de l'Organisme gestionnaire d'une école primaire de Laissac (l'école sainte-Angèle)...
Enfin, et avant même que le transfert-délocalisation du collège ait été décidé (ce que la DDEN semble tenir pour acquis), le directeur diocésain informe les parents que de toutes façons les pré-inscriptions et inscriptions de leurs enfants concernent le nouveau collège qui n'existe pas encore...
voir ici.

Dieu reconnaîtra les siens !

Comments

Les réacs sont toujours là

* #Nuitdebout invite Finkielkraut, qui lui rend bien...

... et donne une conférence improvisée sur la bienséance.

Décidément les tests PISA avaient raison, le niveau baisse. C’est la Défaite de la pensée.



Gnagnagnana : onomatopée d’une société de vieux en manque d’argument pour désigner qu’elle commence à perdre sa sérénité sociale.


* Réforme de l’État et modernisation de l'administration: l'Educ Nat donne l'exemple en piquant dans la poche de ses précaires...


La Voix du Nord fait état d'indemnités de chômage versées par le Rectorat de Lille avec sept mois de retard, un délai jugé "normal" par l'administration.

L'intéressée, une stagiaire licenciée au bout de son année de stage, a eu beaucoup de chance : non seulement on l'a jugée apte à terminer son année scolaire tout en l'estimant inapte au métier, mais en plus elle a pu finir (avec sept mois de retard certes) par toucher les indemnités de chômage qui lui étaient dues, ce qui pourrait relever de l'exploit dans certains rectorats. Le Mammouth a ainsi eu accès à d'étonnants échanges de courriers électroniques où l'administration admet benoîtement délivrer des attestations d'indemnisation de chômage en y indiquant le temps de service face aux élèves, et non le temps de travail évidemment supérieur et qui est officiellement de 35 heures par semaine pour un temps complet.

Comme les victimes de ces pratiques administratives choquantes (destinées à ne verser qu'une partie des indemnités dues) sont le plus souvent
en situation de grande précarité (par exemple des contractuels effectuant des remplacements lointains sans pour autant pouvoir bénéficier de frais de déplacement s'ils n'ont pas de rattachement administratif, ce qui est le cas de la quasi totalité des "contractuels" de l’Éducation Nationale), comme aussi ils sont faiblement syndicalisés et que peu d'entre eux se lancent dans des recours devant les juridictions administratives (cela prend deux à trois ans et cela procure de bonnes prises de tête...), la situation devrait encore pouvoir perdurer et pourrait même être promise à un bel avenir:
En effet, ce n'est plus un secret pour personne maintenant que nos "libéraux" de droite et de gauche rêvent de casser la fonction publique en créant des contrats de trois ou cinq ans pour les fonctionnaires...
A force de laisser la précarité se développer, les fonctionnaires de demain pourraient bien être traités comme les contractuels d'aujourd'hui...


*De la lutte contre le décrochage scolaire à la PPMC (Préparation Physique et Mentale au Combat)...

L'école, terrain de recrutement ? Vive les enfants presque soldats !

Créé après que l'armée eut pris conscience de la nécessité de former davantage ses jeunes soldats inexpérimentés à la suite d'une embuscade ayant coûté la vie à dix d'entre eux en Afghanistan en 2008, le Centre d’Aguerrissement Inter-Organique (CAIO) de la Marine à Toulon, normalement spécialisé dans la préparation mentale et physique du combattant, s'intéresse beaucoup aussi à l'école et spécialement aux "décrocheurs" comme on peut le voir ici ou ici (Le Figaro).

marine nationale
site de la Marine nationale, http://www.colsbleus.fr.

C'est ainsi que durant des activités organisées conjointement le 01/04/2016 par l’Éducation Nationale et la délégation militaire départementale du Var,
une douzaine d'élèves en situation de décrochage a pu se déguiser pour jouer aux soldats et ramper dans la boue.

Les responsables de l'opération, enthousiastes, comptent bien l'étendre aux autres départements, et l'école séduit de plus en plus nos militaires.

L'armée  se montre ainsi par exemple extrêmement intéressée par la discipline "para-militaire" des écoles privées hors contrat de la "fondation" Espérance banlieues (une émanation de la Fondation pour l'Ecole d'Anne Coffinier) qui organise des séances d'information destinées aux hauts gradés, comme on le voit ici :

CGlsBkTXEAEp5qq
photo d'une réunion Armée - Espérance banlieues . Source : https://twitter.com/Defense_Sud_Est/status/606134415719301120?lang=fr

Comment d'ailleurs nos militaires ne craqueraient-ils pas devant l'image de la jeunesse et de l'école véhiculée par la Fondation Espérance-banlieues dont la publicité est largement assurée par Le Figaro (
souvenez-vous)?

Si la France condamne toujours officiellement le phénomène des enfants soldats, les enfants presque soldats trouvent cependant grâce aux yeux de certains de ses responsables et d'une partie de sa population...


* Et les Républicains dans tout cela ? On les oublierait presque...

Le "document d'orientation" sur l'école des Républicains/ex-UMP fait une part belle aux écoles (très) hors contrat.
Il est là :
2016-04-06_-_les_Republicains_-_document_orientation_-education

Sont promus penseurs officiels du parti en matière d'éducation l'écrivain -« philosophe » Jean Némo qui milite  depuis des années pour le chèque-éducation et fait figure de guide spirituel pour la très droitière Sos Education et Anne Coffinier, patronne de la Fondation pour l'école qui veut promouvoir des établissements privés hors contrat avec financement public (notamment par le biais de la défiscalisation et des niches fiscales).
Les propos de Némo sont ainsi mis à contribution pour dénigrer la formation initiale des maîtres  mise en place par l’État et pour
vanter les mérites «  d’initiatives privées telles que l’École professorale de Paris » récemment créée par Coffinier...

Le modèle éducatif cher à Anne Coffinier et représenté par les écoles Espérance-banlieues est bien sûr donné en exemple:
«
 En 2016, il est temps de prendre en compte le secteur éducatif indépendant. Un certain pluralisme éducatif est utile et certaines expériences particulièrement intéressantes méritent aujourd’hui
d’être reconnues. [...] Le cours Alexandre Dumas créé à l’initiative de la Fondation Espérance Banlieues est un exemple particulièrement intéressant. Cette structure libre ne bénéficie aujourd’hui d’aucune aide publique alors qu’elle remplit un rôle très important sur des territoires socialement fragiles et auprès d’élèves en totale rupture avec le système scolaire
. »

Et toujours, pour l’Ecole, des liens avec la droite très extrême... Coffinier a beau avoir réussi à séduire une partie des parlementaires LR, cela ne l'empêche pas d'accepter avec joie de se répandre sur les sites de propagande d'extrême droite, comme Breizh-info.com, proche du bloc identitaire et de l'extrême droite chrétienne réactionnaire de Bretagne. Comme ici par exemple.
Une "interview", cela ne se refuse pas, quand même (surtout quand l'interview peut se faire par courrier entre la Bretagne et l’Écosse où Anne Coffinier réside...)
Mais il est vrai que la patronne de la Fondation pour l’école a toujours eu un problème pour discerner la couleur des "agences de presse" qu'elle fréquente (surtout le brun), comme on l'avait déjà constaté lorsqu'elle relayait sur son site des vidéos enregistrées par ERTV, la
"télé dissidente" d' Égalité et Réconciliation, l'association politique nazillonne d'Alain Soral...(souvenez-vous)

Pour le reste, pas de grand changement avec ce que l'UMP proposait déjà autrefois (retour aux programmes de 2008, rétablissement des maisons de correction [ERS], suspension des allocs, etc, etc.).
Et bien sur, « 
Il faut accroître le temps de présence des professeurs » , en revenir à des méthodes simple et éprouvées, notamment l’apprentissage de la lecture par la méthode syllabique, mais en dehors de toute querelles idéologiques, bien sûr.

Ah
si, il y a la découverte de la solution miracle pour mettre fin au décrochage:
«  généraliser un service militaire adapté pour les décrocheurs, obligatoire pour ceux qui ne sont ni diplômés, ni qualifiés, ni embauchés, dont le déploiement sera progressif sur le prochain quinquennat ». Tiens donc !

Comments

Le vers est dans le fruit

* Merdef, mon Amour. Le baisé qui tue.

De notre envoyé spécial, le Professeur Mottro. — Ces jours-ci la communauté scolaire des professeurs de LP d’Indre et Loire, a reçu un mail de la Secrétaire du MEDEF Touraine qui invite les professeurs à venir en stage dans les entreprises. Elle y affirme, notamment, que professeurs et patrons ont les mêmes objectifs auprès des jeunes !

Jadis, quand un professeur de l'enseignement professionnel rendait visite à un élève en stage en entreprise , il était davantage perçu comme un empêcheur de tourner en rond que comme un collaborateur ayant les mêmes objectifs que le patron.

A présent, comme le change Boris Vian dans « la complainte du progrès », ce n'est plus pareil, ça change, ça change !... Nos élus politiques, nos gouvernants, à commencer par le premier d'entre eux, donnent l'exemple : « moi, j'aime l'entreprise » dit-il en août 2014 à l'université d'été du MEDEF . Il aurait pu dire : « moi, j'estime/je respecte l'entreprise » mais non ! Il lui a déclaré son amour. Amour à sens unique quand on voit, en 2016, les résultats du « pacte de responsabilité » ! Premier paradoxe donc !

Deuxième paradoxe maintenant , et non des moindres : jamais il ne s'est autant agi de
parler le « langage-éco » qu'à l'heure des crises économiques en Europe et dans le monde. « Un bon professeur doit bien gérer sa classe, soigner le capital relationnel avec ses élèves, veiller à un déficit d'image éventuel, et surtout : s'investir dans sont établissement pour être plus performant. !

L'école participe « naturellement » de ce « langage-eco », en particulier dans l'enseignement professionnel où les professeurs sont confrontés au désir des élèves d'entrer le plus vite possible dans le monde du travail tandis que , 3ème paradoxe, il est saturé de demandeurs d'emplois, de stagiaires, de contrats précaires..
Jadis, les professeurs pouvaient faire patienter les élèves, leur transmettre quelques connaissances, éveiller leur esprit critique, ne pas seulement former un ouvrier ou un employé utile (pour ne pas dire servile) au patron : le Bac pro est passé de 4 à 3 ans depuis 2005 , il s'est aligné sur le Bac général.
A présent, ce n'est plus pareil,
l'école sert l'entreprise quand elle-même ne tend pas à en devenir une. Il suffit d'entendre un professeur de vente dire : « moi, j'obéis au proviseur car c'est mon patron » un peu comme aux Galeries Lafayette !

Pourquoi donc s'étonner puisque la France est devenue une Entreprise dont le Président est le premier représentant de commerce.


* Leçon de vocabulaire (et d'outrage)...

Alors qu'un retraité de 69 ans, militant de la CGT, a été mis en garde à vue pendant 19 heures et vient d'être condamné à 250 € d'amende pour outrage envers le premier Ministre après avoir dit "« Valls je t’emmerde » dans une manifestation, source , un éleveur qui vient d'enrichir les outrages à premier ministre ne sera quant à lui pas poursuivi:
il a en effet lancé à Manuel Valls: « Va te cacher. T'as rien compris petit zizi »
source

Et la lutte contre le laxisme judiciaire, alors ?
Tout fout le camp!


* « Labsentéisme" des profs et nouvelle offensive médiatique pour vanter le modèle des écoles cathos.

Auto-remplacement en cas de maladie ou d'opération, recrutement de remplaçants en dehors des procédures et des règles administratives, recours à des contrats de droit privé...

Un avant-goût de  « l'autonomie » des établissements scolaires prônée par certains?

source:
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/03/01016-20160303ARTFIG00008-remplacement-des-professeurs-absents-l-enseignement-prive-plus-efficace.php

Extrait:

« les académies sont d'accord pour souligner « l'efficacité des stratégies » mises en place chez les catholiques. Les professeurs y effectuent plus facilement des heures supplémentaires pour remplacer un collègue absent à la demande de leur chef d'établissement.
Lorsque les absences sont prévisibles (formation, opération médicale), ils sont aussi plus nombreux à effectuer un auto-remplacement avec échange d'heures de cours avec d'autres enseignants. Quant aux chefs d'établissements, ils n'hésitent pas malgré les critiques de la hiérarchie des rectorats à puiser directement dans le vivier d'étudiants mis en place par les diocèses sans avoir rempli préalablement toutes leurs obligations d'autorisations administratives. Le recours à des parents d'élèves ou salariés de droit privé de l'établissement est également une réalité mais dans ce cas, «il s'agit essentiellement de surveillance, l'enseignant absent ayant généralement prévu (...) des devoirs sur table à faire», expliquait l'inspection. Une part non négligeable de l'absence des enseignants ne fait même pas l'objet d'une information de l'administration parce qu'une solution a été trouvée en interne... »


Et tout cela en toute quiétude bien sûr !


* Sous couvert de "formations de niveau universitaire", l'extrême droite crée des associations pompes à fric (public)

Un des derniers exemples en date, la toute jeune association "Formation polis".

Liée à l'extrême droite catho intégriste et ayant la même adresse que le journal L'Homme Nouveau, cette association récemment créée annonce ainsi qu'elle propose des stages de "formation de niveau universitaire" source

La déclaration d'une association "à but non lucratif" devrait donc permettre à la dite association de recevoir des dons défiscalisés... pour faire réfléchir "les étudiants et jeunes professionnels", nous dit-elle, au caractère "intrinsèquement mauvais" de la démocratie" et leur "fournir un mode d'emploi d'une dissidence adaptée à notre époque". source

Pour le mode d'emploi fiscal, en effet...
La république est vraiment bonne fille avec ses intégristes cathos!


*Progrès / Enfin une grande avancée en matière de pensée religieuse

Les ouailles de l’Église du grand Spaghetti Volant et les adorateurs d'une Nouille qui ne doit pas trop cuire pour sauver l'humanité vont enfin pouvoir célébrer officiellement et dignement des mariages religieux (en Nouvelle-Zélande)

http://www.lamontagne.fr/france-monde/actualites/societe/insolite/2016/03/01/eglise-du-monstre-de-spaghettis-volant-la-nouvelle-zelande-a-son-premier-pasteur_11804559.html

*Logique libérale et possibilités de reconversion dans l'Educ Nat: les métiers d'avenir

L'Educ Nat mène à tout (à condition d'en sortir). Et puisqu'on veut produire des cerveaux comme on produit des nouilles, pourquoi ne pas produire des nouilles directement?

C'est ce qu'a pensé Stéphanie Richard, une professeur de français qui s'est lancée dans la production de pâtes aux insectes (grillons et criquets) et en produit d'ores et déjà 4oo kg par semaine à 6 € le sachet de 250 g, comme le relate
l'Est éclair.

Mais pour ceux qui préfèrent les vers de farine et souhaitent se lancer dans leur propre production simplement pour arrondir un peu leurs fins de mois compte tenu de la médiocrité des salaires dans l'Educ Nat, voir cet autre article:

"Les vers de farine c'est bon, surtout quand c'est fait maison" source

Comments

Le pet sur eux et euhnaineuté

* Ca chauffe à Créteil. Mobilisation en vue pour l’ouverture de classes, face à des moyennes (P/E) qui restent tope élevées :

De source syndicale Au total sont prévues 124 fermetures de classe pour 76 ouvertures, soit une suppression de 48 postes. (...) Un an après la réforme de l’éducation prioritaire qui devait, paraît-il, mieux redistribuer les moyens, ce que nous contestions déjà, en REP, REP+ et CAPE, 19 fermetures sont annoncées en maternelle et 16 en élémentaire.

Pas de fermeture lorsque les effectifs restent élevés ! Prise en compte des demandes des équipes !


Mobilisation le 9 février pour le CTSD et le 18 pour le CDEN.


* Pendant ce temps là, l’intersyndicale quitte les salons du ministère ou ne se discute plus le bilan de la réforme du lycée. Etonnant non ?

* Territorialisation de l’école et retour des EPEP : Structure et gestion des écoles en question dans les salons du ministère

Depuis des décennies, les gouvernements successifs tentent de restructurer l’école primaire à travers diverses tentatives toutes inscrites dans le cadre des différentes lois de décentralisation qui se sont succédées. A chaque fois, c'est la même recette qui est envisagée : en finir avec les petites écoles pour aboutir à de grosse structure. Même qu'il y aurait un chef pour chaque structure. Faut être sérieux !

C'est dans cette droite ligne que s'inscrivent les propositions faites. Le rapport de l’IGEN sur le « pilotage et fonctionnement de la circonscription du premier degré », publié en novembre 2015 et la mission confiée au sénateur Duran sur « les conventions de ruralité et l’avenir des écoles en milieu rural » qui a pour but de travailler « pour amplifier la démarche de contractualisation avec les élus locaux en faveur de l’école rurale et de montagne » s'inscrivent dans cette lignée. Voir ici EPEP : le retour.

Pendant ce temps, dans les salons de la direction académique, les services de l'administration réfléchissent à la meilleure façon de « mutualiser les moyens ». Concrètement cela veut dire toujours plus de fusions d'écoles, surcharge des petites écoles, fermetures de classes… dans l'intérêt des élèves.


* Sécuritarisme :

bunker

* Nouveaux cadeaux pour les managers de l’EN:

Alors que les salaires des enseignant-e-s sont congelés depuis 5 ans et qu’ils ont même baissé avec la hausse des prélèvements - alors que les réformes du ministère sont largement rejetées par les personnels - ses choix sont très clairs : renforcer la hiérarchie en l’achetant à coup de primes au rendement et au mérite. Et que le petit personne ne se plaigne pas, hein !

En fin d'année dernière, les recteurs et les rectrices ont eu droit à une augmentation de 68 % de la part fixe de leur prime annuelle qui est ainsi passée de 15 200 € à 25 620 €.
En atteignant tous ses objectifs de 2015, un recteur ou une rectrice d’académie pourra donc toucher « une prime globale », en plus de son salaire, pouvant aller jusqu’à plus de 37.000 euros
Cette année, ce sont les DASEN et les IEN qui se voient attribuer de nouvelles primes dont les montants sont proportionnels aux pressions que subiront les personnels sur le terrain.
Les IEN (inspecteurs-trice-s de l’Éducation nationale) vont bénéficier d'une revalorisation indiciaire avec la création d'un nouvel échelon à la fin de la hors-classe. Cela correspond a environ 4 500 euros bruts et c'est 11 fois plus que l'ISAE !

Une paille !


* Bons à tout faire :

La Poste donne l'exemple: les facteurs de Roubaix devront se transformer en gardes champêtres et policiers municipaux pour signaler les dépôts d'ordure sauvages. Ils devront aussi se transformer en aide-soignants pour distribuer des médicaments (source)

Étonnant que l'on n'ait pas encore demandé aux profs de suivre cet exemple: chacun sait qu'ils sont sous-employés, qu'ils n'ont jamais rien à faire en dehors de leurs heures de cours (tout juste quelques corrections et préparations très insignifiantes) et qu'ils ont beaucoup trop de vacances alors qu'ils sont déjà grassement payés pour le peu qu'ils font !


* Menard fait des listes d’ élèves par tolérance :

source « Il se fait que, comme je suis tolérant, je ne veux pas imposer, par exemple, du porc à tous les gosses. Je comprends fort bien qu'un enfant musulman ou qu'un enfant juif ne veuille pas manger du porc et que leurs parents ne le souhaitent pas. Donc on a tous les jours des listes avec ceux qui mangent du porc et ceux qui n'en mangent pas. Mais comme tous les maires. La différence entre le maire que je suis et tous les maires, c'est que je vous le dis. »

Mais pas du tout par islamophobie. Du tout.

*Les jeux vidéo, marché d'avenir dans l'Educ Nat ?

Favoriser le développement commercial des jeux vidéo en en faisant acheter à l'Educ Nat est une idée qui devrait séduire les industriels du secteur, mais les temps sont durs, et comme le fait remarquer Alexia Robert, chef de projet recherche et développement au pôle numérique de l’académie de Créteil, on a « le devoir de respecter les valeurs de la République, et donc d’éliminer les contenus violents. L’Education nationale doit pouvoir être sûre que les jeux sont appropriés, avant de les acheter avec l’argent qu’elle n’a pas, pour les utiliser sur des équipements que les écoles ne possèdent pas »

Pour l'instant donc,  le Ministère de l’éducation nationale se contente de plancher "sur un portail dédié aux jeux numériques dans l’apprentissage, à destination des professeurs".

Plus de détails ici:
http://www.20minutes.fr/culture/1752663-20160123-quand-minecraft-sert-eduquer

Heureusement que, nous dit-on par ailleurs dans la très sérieuse Lettre de l’Education du Monde, « Le plan numérique ne s’accompagne d’aucune transformation de l’école ».
Décidément on se fiche de notre gueule de plus en plus manifestement. Et ce n’est pas fini, voyez la suite:



*Vive l’école du futur : l’euhaineté est avec nous…


Une vidéo détonante pour nous prouver par A + B que l’avenir de l’école, et de la société, est dans les tablettes. Où l’on voit comment Microsoft et l’Education Nationale marchent main dans la main.


Comments

Diffamation

*Farida Belghoul (JRE) enfin mise en examen pour diffamation.

C’est ce que l’on apprend par voie syndicale (ici).

Farida, ainsi que la représentante locale des JRE (Journée de retrait de l’Ecole) sont en effet mises en examen pour diffamation de fonctionnaire, à la suite de la publication sur internet en mars 2014 d’une vidéo diffamant publiquement une professeur des écoles de Joué-lés-Tours. Dans une mise en scène bien organisée, la représentante locale, développait en plus de 20 minutes un fatras d’arguments grotesques pour décrédibiliser l’enseignante, mais plus largement l’Education nationale.

Cerise sur le gâteau, fleur du raffinement,
ladite vidéo se terminait par « VAINCRE OU MOURIR » et se trouva vite sur les réseaux sociaux, où elle fut accompagnée d’un certain nombre de mots doux envers l’institutrice, et en particulier un certain nombre de menaces de mort.

Proches des milieux soraliens, et de Dieudonné ou encore de la Manif pour Tous, les JRE se veulent fer de lance de la dénonciation du soi-disant enseignement de la théorie du genre à l’école allant jusqu’à prôner la déscolarisation. Les JRE se sont aujourd’hui transformées en association de défense des parents d’élèves (l’APEC), toujours avec les mêmes objectifs idéologiques. Farida Belghoul, elle, semble avoir démissionné de ses fonctions d’enseignante, après avoir été longtemps en disponibilité, puis en arrêt maladie (lui permettant entre autre de faire ses courses à Moscou, souvenez-vous).

Il se trouve que même si elle n’est pas explicitement nommée, l’enseignante visée est totalement identifiable et a, par conséquent, pu porter plainte, soutenue d’ailleurs par le DASEN et un syndicat (merci au soutien des autres !).

Dans l’affaire, qui se joue autour de la manipulation grossière d’une famille ne parlant pas français, il se trouve que Farida
Belghoul était curieusement à Joué-les-Tours au moment des faits. L’enquête a conduit à la mettre également en examen pour complicité de diffamation, ladite Farida n’étant pas pour rien dans la préparation et diffusion de la vidéo, et dans « l’encadrement » de la famille concernée.

L’affaire est d’autant plus complexe
qu’elle prend localement une tournure politique. En effet, plusieurs documents diffusés par un des candidats locaux aux élections municipales diffusaient à une population bien choisie un discours relativement proche, comme le révèle la presse locale (voir sur La rotative ici et aussi là).

Le procès est donc annoncé pour le 7 janvier.


* Après Microsoft, vers un partenariat privilégié entre l’EN et Le Bon Coin ?

Les services départementaux de l’Éducation nationale de l’Aisne font passer une annonce sur le bon coin. 17 postes à pourvoir...

20minutes
courier picard


* Retour des bons points : NVB enthousiaste !

"les enfants sont très attachés à ces marques de récompense, c'est valorisant. Je suis favorable à ce type d'évaluations positives, c'est très bien".
source

Et si le prof veut un bon point aussi de la part de sa hiérarchie, les nouvelles technologies sont là pour faire du neuf avec du vieux et lui permettre de donner libre cours à son imagination en déployant des trésors d'inventivité bienveillante: les bons points avec smileys ou messages dédiés comme "Monsieur Génial" seront du dernier chic!
voir ici.


* Les intégristes cathos sont scandalisés:

Alors que le ministère se montre depuis des années fort complaisant pour les écoles privées hors contrat en ne les contrôlant que fort peu comme le rappelle ici le Figaro (allant même encore il y a peu jusqu'à faire de la pub pour certaines de ces écoles sur le site officiel de l'Educ Nat comme le Mammouth le révélait ici, ou encore ici), il aurait cette fois inspecté en peu de temps plusieurs établissements cathos hors contrat en même temps qu'une vingtaine d'écoles musulmanes principalement visées, d'où les cris d'orfraie de la blogosphère catho conservatrice comme sur le Salon beige après la parution d'un article d’Ouest France signalant cet odieux outrage.



* Ecoles primaires : la fin programmée des circonscriptions


Dans un article du Café Pédagogique, nous découvrons qu’une étude a été réalisée, à la demande du Ministère de l’Education Nationale, concernant les circonscriptions. Les conclusions de cette étude montrent que la circonscription n’est plus adaptée au bon fonctionnement des écoles.
C'est la fin d'une organisation de l'enseignement primaire vieille de près de deux siècles qu'envisage le rapport des inspectrices générales Marie-Hélène Leloup et Martine Caraglio, publié le 20 novembre. Dénonçant l'inadaptation de la circonscription du premier degré, le rapport appelle à les remplacer par les établissements publics du premier degré (EPEP) ou par des établissements publics du socle commun (EPSC). Deux perspectives qui vont plus loin que la mission des inspecteurs de l'éducation nationale. Dans les deux cas, les métiers de professeur des écoles et de directeur d'école seraient également touchés tout comme la relation entre l'école et la commune.
 

Comments