Nouveau CAPET STI

*CAPET STI : tout en un.

Le Ministère a publié le 2 avril les nouvelles modalités de concours de CAPET STI. Ces textes, publiés sans consultation préalable, représentent un bouleversement majeur.
Un seul concours regroupe désormais le recrutement des enseignants de Technologie en collège, de STI en lycée technique et de Sciences de l’Ingénieur en S.
Les épreuves écrites d’admissibilité ou orales d’admission ne reposent sur aucune discipline technique et même les questions liées à la sécurité de la mise en œuvre des systèmes sont absentes de la définition des épreuves.

Même si ce nouveau CAPET intitulé « Sciences industrielles de l’ingénieur » comporte quatre options : « architecture et construction », « énergie », « information et numérique », « ingénierie mécanique », il s’agit bien d’un seul CAPET qui,
comme la réforme STI2D, nie complètement les spécificités disciplinaires du domaine de l’industrie.
En publiant ce texte, à la sauvette, le ministère amplifie son action de démolition des formations industrielles de l’Education Nationale.


* Dépôt de plainte pour... une fermeture de classe.

Il n’y a pas de mauvaises idées...

Afp- Fermeture de classe: une commune du Nord vote une plainte contre le rectorat

Le conseil muni­ci­pal d'Orchies (Nord), près de Lille, a voté mardi soir à la quasi una­ni­mité une motion auto­ri­sant son maire PS, Dominique Bailly, à dépo­ser plainte au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif (TA) contre le rec­to­rat pour contes­ter la fer­me­ture d'une classe de maternelle.
Réunis dans l'école mater­nelle Roger Salengro en
conseil muni­ci­pal extra­or­di­naire, 28 élus sur 29 ont voté la motion sou­te­nue par la majo­rité PS-PCF, a-t-on appris auprès de la mairie.
Cinq des six membres de l'opposition (cinq élus de droite et un Lutte ouvrière), ont égale­ment voté le texte, un UMP s'étant abstenu.
Le maire va donc sai­sir le TA de Lille contre le rec­teur et l'inspecteur d'académie pour "déci­sion admi­nis­tra­tive non-motivée".
Dominique Bailly s'oppose à la fer­me­ture d'une classe sur les 11 que compte actuel­le­ment l'école Roger Salengro — la plus grande école mater­nelle du dépar­te­ment du Nord en nombre de classes — déci­dée par le rec­to­rat et annon­cée, selon le maire, après les élec­tions cantonales.
"J'ai ren­con­tré l'inspecteur d'académie à qui j'ai pré­senté les don­nées pré­vi­sion­nelles pour la ren­trée de sep­tembre : 303 pré-inscriptions, ce qui nous amè­ne­rait à dépas­ser 30 élèves par classe, et encore, sans comp­ter le non-remplacement des ensei­gnants" malades, en congé ou en for­ma­tion, a déclaré Dominique Bailly à l'AFP.
Le rec­to­rat, sou­ligne M. Bailly, fait notam­ment valoir que l'école sco­la­rise des enfants de deux ans alors que la sco­la­ri­sa­tion n'est obli­ga­toire qu'à par­tir de six ans.
"Il est d'usage depuis 1945 que les enfants de trois à six ans soient sco­la­ri­sés en mater­nelle. C'est une tra­di­tion répu­bli­caine et un réel béné­fice pour les familles défa­vo­ri­sées", nom­breuses dans sa com­mune, dit le maire.
Sollicité par l'AFP, le rec­to­rat de Lille n'avait pas répondu mardi soir.



* Prof d’EPS : le tête dans le panier.

Les enseignants d’EPS n’ont pas le moral et le malaise semble prendre racine depuis quelques années.
De source syndicale. - En effet, une enquête de 2009 diligentée par le Ministère de l’Education nationale, en partenariat avec la MGEN, montre que même si les professeurs d’EPS sont globalement satisfaits de leur métier et apprécient leur discipline, seuls 51% des enseignants jugent leur moral bon. Plus inquiétant encore, 68% sont pessimistes quant à l’avenir de l’EPS et 83% quant à celui du système éducatif dans son ensemble et cela même chez les enseignants en début de la carrière. Les derniers chiffres des candidats au Capeps sont là pour le prouver.
Les conditions de travail et le climat dans les établissements se sont encore détériorés alors que déjà 52% des enseignants d’EPS jugeaient l’exercice de leur métier de plus en plus difficile. Service partagé, classes surchargées, incivilités, violences…
66% des enseignants d’EPS ont le sentiment d’être soumis de plus en plus à des facteurs de stress.

* Dans la série : bientôt en France : tout d’horizon onternational :

Angleterre : la privatisation du système éducatif avance à pas de géant.

Selon des chiffres publiés le 7 avril, le nombre d'academies serait passé de 203 à 629 en un an. Les academies sont des écoles qui bénéficient d'une large autonomie aussi bien dans la gestion des enseignants que dans le curriculum. Elles vivent de fonds publics mais peuvent aussi faire appel à des sponsors privés. Un établissement secondaire sur 6 est maintenant une academy.

Voyez l’
Article du Guardian .

États-Unis : dans plusieurs états, les enseignants voient leurs droits sociaux amputés par des majorités conservatrices, explique Education Week. Ainsi dans l'Ohio, les Républicains ont fait passer une loi fin mars interdisant les négociations sur la taille des classes et les conditions de travail, réduisant les pensions et l'assurance maladie et liant le salaire aux résultats des élèves. Le Wisconsin devrait se doter d'une législation identique et l'Indiana et le Tennessee y réfléchissent.

Article Education week .
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Brouillard d'EN

* On tremble : alliance syndicale « pour l’emploi »

L’intersyndicale prend des risques :
L'Unef et 7 syndicats de salariés lancent un "appel pour l'emploi"
L’Unef, pre­mière orga­ni­sa­tion étudiante et sept confé­dé­ra­tions syn­di­cales de sala­riés —
CGT, CFDT, FSU, FO, Unsa, CFTC, CFE-CGC — ont annoncé jeudi dans un com­mu­ni­qué avoir lancé "un appel pour l'emploi" dans lequel ils demandent d'"en finir avec la stig­ma­ti­sa­tion des jeunes".

"En l'espace de qua­rante ans, l'accumulation de poli­tiques d'exclusion et de stig­ma­ti­sa­tion a ins­ti­tu­tion­na­lisé la pré­ca­rité des jeunes. Des sub­ven­tions pour l'embauche en CDD de Raymond Barre aux nou­velles exo­né­ra­tions de François Fillon, l'empilement des dis­po­si­tifs d'exception a enfermé les jeunes dans un ghetto social qu'ils tra­versent tous à des degrés divers", écrivent-ils.

Alliance des contraires. Cela va donner. Heureusement il y a le programme du PS...


* Bilan officiel de l’accompagnement perso en Seconde : une plus-value qui ne s’impose pas.

Voici un extrait des conclusions d’un diaporama fournit par l’Inspection chargée de faire le bilan de l’AP.





* La demi-journée de compétence.

Le ministre vient d’accorder une demi-journée à tous les enseignants de 3ème (collège, segpa, LP) pour la validation des compétences du socle.

Si une demi-journée suffit, faut croire qu’elles ne sont pas bien épaisses, ces compétences.


* Réforme du lycée : impréparation ?

On s’en doutait un peu...

De source syndicale. —
Le CSE du 17 mars a confirmé le retard voire l’impréparation totale du ministère face à la mise en oeuvre de la réforme du lycée. En effet, beaucoup d’épreuves de baccalauréat doivent être modifiées pour « entrer dans le moule de la réforme ».

Le ministère a pensé cette réforme sans réfléchir en amont aux contenus d’enseignement et aux épreuves de baccalauréat. Il ajuste au fur et à mesure et réfléchit fort tard à la cohérence de l’ensemble.
Toujours pas d’information concernant l’épreuve anticipée de français en Première ; certaines épreuves seraient en cours de « toilettage  » : histoire-géographie en Terminale L et ES, SES en Terminale ES, enseignements de spécialité de SVT et sciences physiques en Terminale  ; d’autres épreuves ont changé de statut  : sciences en Première L et ES avec introduction de la physique en ES, mathématiques en L qui devient un enseignement au choix, histoire-géographie en Première S (épreuve anticipée).

Certains enseignements sont nouveaux :
littérature étrangère en LVE en L, droit et grands enjeux du monde contemporain en TL, informatique et sciences du numérique en TS, économie approfondie, sciences sociales en ES. Pour droit et enjeux du monde contemporain, les enseignants de SES, histoire-géographie, philosophie, éco-gestion sont concernés, ainsi que les enseignants de droit à l’Université, et « tout enseignant qui le désire quelle que soit sa discipline  »... À terme, le ministère envisage la création d’une certification complémentaire, tout comme pour l’enseignement d’Informatique et sciences du numérique, qui serait enseigné par des collègues de maths, physique ou STI ...

On sent bien encore qu’il va y avoir de la bagarre autour de ces enseignements.
Bref, tout va bien...

* 4 de Tours : UN PROCES POLITIQUE QUI, ENFIN,  A DIT SON NOM !

 Et qui a été digne de ce nom : voilà ce à quoi nous avons assisté, ce mardi 5 avril 2011 à Tours.
Depuis le début, il était évident que sous couvert de diffamation, le ministère de l'Intérieur, et à sa suite, le Procureur ne cherchaient qu'à  interdire aux militants d'exercer leur solidarité à l'égard des sans-papiers, de pratiquer leur devoir d'alerte de l'opinion et leur libre expression qui consiste, entre autres, à établir des comparaisons historiques, fût-ce avec les périodes les plus noires de notre histoire
.

Cette tentative pour masquer tout cela sous les apparences du délit de droit commun a volé en éclats ce 5 avril, sous l'effort conjugué des multiples témoignages qui, les uns après les autres dans leur diversité, leur richesse et leur complémentarité ont tissé, heure après heure, une longue chaine d'évidences : qu'ils émanent d'historien, de juriste, de linguiste, de psychanalyste, d'enseignant, d'étudiant, d'anthropologue, de militant, de "témoin de l'Histoire", tous les témoignages concourent à dire l'insupportable, l'inacceptable, en un mot l'infamie du présent :  l'infamie de la chasse à l'enfant, l'infamie de la chasse à l'étranger qui se déroule actuellement sous nos yeux et qui fait écho, -pourquoi le nier- , à d'autres chasses à l'homme si vivaces encore dans nos mémoires.

Après que le Procureur a admis ne plus pouvoir maintenir la poursuite sur la distribution du communiqué de presse, en raison des erreurs contenues dans sa citation à comparaitre,
après qu'il a reconnu que parmi les 4 critères de la bonne foi dont doivent faire preuve les prévenu-e-s, on  pouvait leur accorder, à coup sûr,  les 2 premiers (2 sur 4 tout de même !), à savoir la poursuite de " l'intérêt légitime"  et "l'absence d'animosité",
les plaidoiries des avocates ont alors poussé jusqu'à leur conclusion ultime ces longues chaines d'évidences si bien développées par les témoignages :

  Ce procès a été  le lieu d'un vrai débat, ont-elles fait remarquer, …mais  un débat qui a eu lieu dans l'enceinte fermée d'un tribunal, un débat qui a été -de fait- confisqué  par une instance juridique alors qu'il a vocation à se poser sur la place publique.
 Le tribunal est-il bien dans son rôle ?

Comment la présumée diffamation pourrait-elle  être établie sur des "preuves" quand il s'agit, au-delà du zèle de quelques fonctionnaires, de pointer tout un contexte qui concourt à rendre possible, probable, -et parfois clairement à l'encourager- le zèle de certains ?  
La dangerosité de ce contexte, tous les témoignages l'ont petit à petit  "resserrée" autour de  2 "mécaniques" administratives dont les mises en œuvre créent des effets, génèrent des processus dont les conséquences sont  incommensurables.
La politique du chiffre est l'une de ces nouvelles "mécaniques administratives" qui rend chaque jour plus ténue, plus poreuse,  la limite qui sépare  la légalité de l'illégalité dans l'action des fonctionnaires.
L'autre " mécanique"  est celle de la mise en fichier et des possibles interconnexions auxquelles  les nouvelles  techniques donnent un pouvoir de nuisance accru.
Comment un tribunal pourrait-il juger de cela ?

 
Comment pourrait-il, d'autre part,  émettre un jugement sur la nécessité ou non – pour mener le débat public- de faire des comparaisons historiques? Comment pourrait-il se prononcer sur la pertinence de ces comparaisons ?
 C'est pourtant un tel "jugement" qui sous-tend la plainte en diffamation portée contre les 4 prévenu-e-s et c'est à l'interdiction de certaines comparaisons qu'aboutirait leur condamnation… 

Comment un tribunal pourrait-il statuer sur ces questions éminemment politiques ?

A TOUTES ces questions, il convient de répondre NON, ont affirmé avec force les avocates : tout cela est hors du champ du juridique et ne peut relever de la compétence d'un tribunal.

 Le rôle d'un tribunal, ont-elles insisté, ne doit consister qu'en une chose : garantir l'exercice de la libre expression, cette libre expression si nécessaire, justement, au débat public.

A l'issue de cette audience très politique – "du politique" et non de la politique politicienne-
 le verdict du tribunal  n'est pas tombé, il sera connu le 26 mai.

Mais le verdict de la salle et de tous ceux qui étaient présents a été unanime : oui,  ce procès était politique, oui, les militants et ceux qui, par leurs témoignages, sont venus les soutenir et soutenir leur juste cause ont fait de la politique, la plus belle qui soit : engagée, éclairée par l' analyse,  généreuse et profondément humaine. Oui, il est temps que le débat public quitte les salles d'audience pour se porter là où il devrait se tenir : partout dans la société.

C'est ce "verdict" là  qui nous importe et le Comité de soutien aux 4 de Tours se félicite d'y avoir activement participé. Il continuera, du reste, d'y participer avec toute la vigilance nécessaire.

Il reste au verdict du Tribunal de se mettre en conformité avec celui-ci :

Relaxe des 4 de Tours !!!


7-04-2011


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Montée de sève

Alors que Chatel se surpasse, s’étend et se répand dans Le Figaro (voyez là), que Guéant diffuse sa circulaire sur le voile (voir ce pdf :voile_circulaire )la lutte continue :

* Occupation d’inspection :

Occupation de l'Inspection Académique du Doubs jusqu'à la restitution des 35 postes supprimés dans le 1er degré

L'AG des enseignants et parents d'élèves du premier degré qui est entrée à l'IA de Besançon ce lundi 4 avril 2011 (soit environ 200 personnes) vient de décider d'occuper l'Inspection académique du Doubs (avenue de l'Observatoire) jusqu'à restitution des 35 postes supprimés.

Nouvelle AG ce matin.
Les syndicats SUD Education et SNUipp/FSU sont présents dans l'AG et soutiennent l'occupation.
Ils appellent les collègues du 1er degré à se déclarer grévistes à partir de jeudi 7 et à rejoindre l'occupation.
Ils appellent tous les personnels à se mobiliser et à soutenir l'AG de grève et d'occupation.


* Ca manifeste et ça crée.

Les 24 et 25 mars derniers, les élèves ont occupé le lycée Xavier Marmier où ils ont planté leurs tentes.
Dans la journée du 25 mars, ils sont allés en centre ville manifester leur refus d'une culture au rabais. (Pour plus de détail lire l'article : Manifestation des lycéens "
Jamais nous ne serons des robots".)


manifestation des lycéens du lycée Xavier... par laulevant


* Le petit doigt sur la couture du pantalon.

Une nouvelle étape dans la répression contre les enseignants "désobéisseurs" se joue en ce moment en Loire Atlantique avec le harcèlement administratif qui frappe François Le Ménahèze. Évincé de la formation des enseignants en septembre, il subit désormais une procédure disciplinaire pour faute professionnelle (non-remontée des résultats des évals CM2).

Le récit de l'inspection diligentée précédemment par l'IA est disponible
à partir de cette page.


* Colloque Résistance

Résistances et désobéissances dans les services publics
Colloque les 8 et 9 avril 2011 à Lyon
organisé par Mouvement pour une Alternative Non-violente (Groupe de Lyon) et Réseau des enseignants du primaire en résistance
avec le soutien de
REFI Réseau Emploi Formation Insertion et Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui.

Le programme:Colloque Résistances et désobéissances Avril 2011

* Le modèle du Learning Centre

tout est dit dans ce pdf qui fait suite au séminaire national « Du CDI au Learning Centre », ESEN, 23-25 mars 2011
Dossier présenté aux référents académques en documentation.
Il n'est accompagné d'aucun  commentaire critique...



* Pôle emploi.
Alors que saint Luc pense y avoir recours de façon systématique :


Voyez le blog de miles, notre collaborateur du moment.



*À Mesdames et Messieurs les Conseiller(e)s Régionaux. Lille, le 28 mars 2011.
Objet: demande de l’abandon du financement par le conseil régional de la «réforme» des filières technologiques industrielles de lycée


Mesdames et Messieurs les Conseiller(e)s Régionaux,

Les organisations syndicales Action et démocratie, CGT éduc'action, FSU, SE-UNSA, SNCL-FAEN et SUD éducation représentantes des personnels du service d’éducation de l'académie, appuyées par de nombreux usagers, tiennent par la présente à vous alerter des conséquences prévisibles de la « réforme » des lycées technologiques, dite « réforme STI2D ». Elles vous demandent par conséquent de ne pas participer à sa mise en œuvre.
Le gouvernement mène sa « réforme » tambour battant. Sa précipitation est telle que la formation des enseignants ne sera même pas suffisante pour mettre en place les nouveaux programmes à la rentrée, comme prévu.
Une autre illustration est la mise au rebut du matériel dans lequel la région a investi ces cinq dernières années. On peut même parler d’une politique de la terre brûlée : dans certains établissements, des semi- remorques d’équipements quasi-neufs ont déjà été enlevés ! Un tel empressement semble indiquer une volonté d’empêcher toute remise en cause...
Car cette réforme est loin de faire l’unanimité. Au Conseil Supérieur de l’Education, les acteurs de l’Education nationale l’ont très majoritairement rejetée. Fidèle à sa conception du dialogue social, le ministère a choisi de passer outre.
L’objectif affiché par le gouvernement est de transformer les filières technologiques industrielles des établissements scolaires pour en orienter, après le baccalauréat, les élèves vers des mastères ou des formations d’ingénieurs. Le gouvernement prétend ainsi pallier une carence à ce niveau de formation.
C’est là un changement considérable d’orientation pour ces filières. Elles ont pourtant fait la preuve depuis longtemps de leur pertinence, sous leur forme actuelle, notamment en faisant fortement progresser le nombre de bacheliers depuis les années 70. Elles ont ainsi joué un véritable rôle d’ascenseur social.Encore maintenant, elles offrent, chacune dans sa spécialité, des perspectives d’études courtes (BTS ou DUT) offrant de bonnes perspectives d’emploi. Elles sont ainsi bien adaptées à des élèves qui, en fin de troisième, souhaitent une vision à moyen terme de leurs études.
Or, en réduisant le nombre de ces filières de 12 à 4, la réforme qu’on tente de nous imposer en fait quasiment disparaître les aspects professionnalisants. Les travaux en atelier, en petits groupes, sont alors remplacés par des simulations informatiques, le travail concret autour de l’objet est remplacé par un élargissement des compétences générales. Le caractère concret et pratique de la formation est abandonné. Il rendait pourtant ces filières attractives pour les élèves, et contribuait à leur donner des compétences reconnues dans le monde du travail. Au final, la spécialisation des élèves est retardée et renvoyée au post-bac.
Tout un public d’élèves, qui n’envisage pas de poursuivre des études longues, voit ainsi se fermer une voie de formation. Il ne lui reste plus que la voie professionnelle. Or celle-ci n’a pas été pensée pour permettre une poursuite d’études. Elle est conçue pour un débouché direct sur l’emploi. Les dispositifs qu’il a fallu mettre en place pour autoriser quelques élèves à malgré tout poursuivre leurs études sont finalement beaucoup plus coûteux et moins efficaces qu’un passage par la voie technologique. Il est vrai que l’Etat en profite pour faire porter ces frais par d’autres collectivités...
Au final, on peut craindre que cette « réforme » tarisse le vivier de recrutement des BTS et DUT, et donc celui des techniciens dont nos entreprises ont besoin. On contribuerait ainsi à saboter les efforts des nombreux acteurs qui cherchent à prévenir la désindustrialisation de notre pays. La France serait alors, au mieux, reléguée au rôle de bureau d’études pour des produits fabriqués ailleurs.
Cette « réforme » fait donc fi de l’intérêt des élèves pour les formations actuelles. En outre elle remet en cause leur rôle d’ascenseur social. Enfin sa philosophie risque de pénaliser notre industrie.
Les organisations syndicales ... ne sauraient accepter que le gouvernement bafoue ainsi le droit le plus élémentaire de la jeunesse à pouvoir suivre une formation correspondant à ses aspirations et au développement de ses capacités. Elles refusent aussi d’entériner la désindustrialisation du pays.
Enfin, au-delà de son coût humain, cette « réforme » aura aussi un coût financier considérable. Sans même prendre en compte le gaspillage que représente la mise au rebut des équipements achetés par la Région, on peut chiffrer, dans l’académie, à environ 10 millions d’euros l’aménagement des locaux et l’achat de nouveaux équipements. Bien entendu, l’Etat se défaussera une nouvelle fois sur le Conseil Régional pour effectuer ces investissements.
Les organisations syndicales ... exigent donc un moratoire d’un an sur l’application de la réforme, afin de prendre le temps de la réécrire dans une optique vraiment ambitieuse pour la formation des jeunes et le développement industriel du pays. Dans l’immédiat, elles demandent au Conseiller(e)s régionaux de refuser de financer la mise en place de la « réforme STI2D ».
Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions, Madame, Monsieur, de croire en notre attachement au service public d’éducation et à sa qualité.
L'intersyndicale de l'éducation Action et démocratie, CGT éduc'action, FSU, SE-UNSA, SNCL-FAEN et SUD éducation de l'académie de Lille.
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