No futur

* Collège : une réforme de technocrates, pour enfants de technocrates ?

En attendant la grève annoncée pour le 19 mai, c’est ce que suggère Regis Debray :
JDD - Régis Debray : "La réforme du collège, un progressisme pour les nuls"

"La réforme du collège montre bien la myopie de nos dirigeants. L'élimination mal camouflée du latin-grec, noyé dans 'l'interdisciplinaire', oublie le fait que le secondaire, c'est d'abord la discipline. L'interdisciplinaire ne peut venir qu'après, dans le supérieur : mettre le toit avant les fondations, c'est détruire d'avance la maison. Cette fausse réforme applique au domaine scolaire la vision du monde de notre classe dirigeante. Elle est dépourvue de conscience historique, élevée dans la superstition de l'économie et des finances, vouée au culte exclusif du chiffre et du quantitatif.

Les réducteurs de têtes viseront ensuite la littérature et le français, patois folklorique – le tout-économie va avec le tout-anglais –, et l'histoire sera réduite à la portion congrue. M. Moscovici communique déjà par lettres en anglais avec M. Sapin. »
Lire la suite…

De plus, alors que la tension monte et que "du côté syndical, la FSU, FO, la CGT, SUD et le SNALC - soit 80 % des voix aux dernières élections professionnelles - se sont accordés pour lancer un appel à la grève le 19 mai" (AFP),  un haut responsable (sous couvert d'anonymat) annonce à l'avance qu'aucun ajustement ne sera apporté à la réforme:
« 
On ne peut pas dire qu’il faut réformer la France et baisser les bras au premier blocage. C’est une réforme pertinente. Si on donne un signe de faiblesse, c’est fini. » (source)


* Ecole et lutte contre le racisme

Valls veut axer son plan de lutte contre le racisme sur l'école grâce à une campagne de sensibilisation (source). Le Premier ministre a rappelé que le gouvernement  comptait "ne plus rien laisser passer" (voir là) et notamment en créant un réseau de référents racisme-antisémitisme dans les établissements (source).

Et les faits le contredisent déjà: le maire puant d'Haubourdin n'a toujours pas été démis de ses fonctions ni même poursuivi en justice après ses lamentables et puants exploits... souvenez-vous

Et ce n'est sûrement pas en voulant que construire une école française ressemblant à l'école finlandaise qu'on enrayera le racisme dans la société. Voir là : http://www.lemonde.fr/europe/article/2015/04/18/en-finlande-scene-de-racisme-ordinaire-a-lieksa_4618547_3214.html

Ni d’ailleurs en multipliant les expulsions comme à Champs sur Marne, avec cette scène ordinaire de la lutte contre la pauvreté : 200 personnes jetées à la rue, leurs habitats pulvérisés par des pelleteuses, et tout le travail d'insertion entrepris réduit à néant, que ce soit sur les questions scolaires, sociales, professionnelles ou sanitaires (source)

Hou hou Najat ?



* A poil pour l’Ecole.

Des parent d’élèves qui ont de l’humour.
20minutes.fr C'est une initiative qui ne manque pas d'humour. En colère contre la suppresion d'une classe dans l'école publique de la commune, des parents d'élèves de Blavozy (Haute-Loire) n'ont pas hésité à se déshabiller pour manifester leur mécontentement. 

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Réformes et continuité

* Réforme du collège : jusqu’au-boutistes…

Derniers documents, arrêtés et décrets sur la réforme :
Arrêté collège -V30mars 2015 6p-2
Décret collège -V 30 mars 2015 v5_3p-2


C’est par l’intermédiaire du site du Cafépédagogique que désormais passe la communication gouvernementale, site qui diffuse adroitement (!) les propos des conseillers ministériels alors que certains syndicats, le SNES en tête, quittent la table des négociations.
La cause de ce retrait ?
De nouvelles propositions autour des conditions d’une autonomie toujours plus large des établissements, puisque désormais cela va jusqu’à la définition des horaires de cours par les CA. Et tout cela dans une résonance assez forte avec deux autres textes, sur les obligations de services et les missions particulières, dont on a déjà vu dans ces colonnes les implications.
Tout est dans tout et réciproquement !

Ces nouvelles propositions sont d’autant mal perçues que pour certains (pas pour d’autres semble-t-il)
elles arrivent sur la table au dernier moment, alors que les discussions ont lieu (en off) depuis début janvier, en bilatérales (syndicat - ministère). Elles sont clairement soutenues par le SGEN et l’UNSA qui ont clairement l’écoute du gouvernement et poussent à la roue pédagogique. Ce dernier trouve là une superbe occasion pour taper sur l’incontournable FSU, qui ne s’avère pas aussi collaborative que prévu (même si elle a participé largement à certaines évolutions récentes, derniers décrets compris).

Qui s’y frotte s’y pique, et la porte est ouverte depuis longtemps !

Si les formes que prennent les nouvelles orientations de la réforme de collèges sont bien neuves, il faut le dire aussi, elles
s’inscrivent dans une suite logique d’évolutions entamées sous l’ère Bayrou (au moins). C’est lui qui a mis en place les premières déréglementations (horaires, avec des fourchettes horaires). Puis il y a eu les IDD, vaste fumisterie pour pomper des heures aux disciplines, pour « enseigner autrement » puis finalement, par faute de moyens, supprimer des heures sans que cela se voie (trop).
Puis il y a eu le grand
retour de la liberté pédagogique (bien encadrée par un pilotage gouvernemental), entretenue par la loi Fillon (sur l’autonomie et la gestion des établissements comme entreprises) avant que la dernière réforme vienne poser (boucler?) le couvercle : création de hiérarchies intermédiaires, généralisation des primes et indemnités de féodalité, individualisation des parcours (pour les élèves comme les profs)… voire, et c’est d’actualité ce jour, la sortie (par le ministère lui-même) de palmarès des établissements.

Bref,
de quoi détruire le peu de conscience de groupe (sinon de classe) qui pouvait encore subsister chez les profs.
Conscience sapée depuis plus de 20 ans de façon méthodique et déterminée par une désorganisation du travail et des relations de travail savamment agencées, progressivement, à pas de velours, mais sachant pertinemment où elle va.

C’est désormais openbar pour les néolibéraux qui ont su exploiter le discours pédagogiste qui leur offrait une occasion rêvée de justifier pédagogiquement la seule option qu’ils connaissent : libéraliser le système, ouvrir le marché de l’économie de la connaissance (pour plus de précisions voir là).

A craindre, maintenant : le repli corporatiste.

La suite est malheureusement prévisible : affrontements tranchés entre les pro et les contre autour des horaires, des matières, des pratiques pédagogiques… alors que clairement, faute de pédagogie qui a fait ses preuves (la moderne comme l’ancienne), le sujet est ailleurs.
I
l faut savoir ce que l’on veut : soit participer (de prêt ou de loin) à la libéralisation de l’école (et ce qui veut dire à terme, sa privatisation, les premières formes sont là) soit repenser la société, son école, la finalité sociale, le travail.
Malheureusement, comme bien souvent face à une agression, les courts d’esprit vont crier le plus fort. Déjà entendez-vous dans vos campagnes,
mugir les plus féroces des corporatismes qui eux, c’est sûr, savent où ils mènent : à rien, si ce n’est au Front national.

Entre la peste et le choléra, l’émancipation est un étroit chemin.


* Privatisation de l’offre scolaire :
Digischool vise 100 millions de visiteurs
(source) -Après avoir conquis le marché français en devenant l'un des trois acteurs incontournables de l'éducation numérique, la startup digiSchool met le cap à l'international. L'Angleterre et l'Espagne dans un premier temps, avec l'objectif d'atteindre 100 millions de visiteurs dès 2016. Avant que le modèle ne soit dupliqué en Amérique du Nord et du Sud.

L'année 2015 sera celle de l'internationalisation pour digiSchool. Après avoir conquis le marché français en devenant l'un des leaders de l'éducation numérique et de l'orientation enregistrant 4,9 millions de membres et 6,5 millions d'utilisateurs mensuels, la startup lyonnaise entend dupliquer son modèle en Europe.


* Et la panacée pédagogique est …

Le fig. - La «grande école du numérique» lancée à la rentrée prochaine
Très vague lors de son annonce par François Hollande, le 5 février dernier, le projet de la «grande école du numérique» s’affine progressivement. Le Premier ministre, Manuel Valls, vient de mandater trois experts pour en dessiner les contours, avant son lancement le 1er octobre 2015.

«Une grande école du numérique sera créée». Le 5 février dernier, l’annonce de François Hollande prend tout le monde de court, ministère de l’Education compris. Le Président parle-t-il d’un établissement, d’une formation ou est-ce simplement une autre manière d‘évoquer le «plan numérique à l’école»? Les services de communication se renvoient la balle. Cinquante jours plus tard, les violons se sont accordés, et on connait désormais les bases d’un projet dont le lancement a été fixé, par Manuel Valls, à la rentrée prochaine.


* Ecole libérale (non cul), encore :

J’invite un banquier dans ma classe : quand les banques enseignent la gestion financière « responsable » à l’école

Dans le cadre de la « Semaine européenne de l’argent », des banquiers ont été invités par l’Education nationale dans une quarantaine de classes en école primaire. Objectif de cette opération pilote menée par la Fédération bancaire française : apprendre aux élèves les principes d’une « gestion financière responsable ». Au vu des scandales et controverses qui touchent les banques françaises, il n’est pas sûr que cette fédération, principal lobby du secteur financier en France, soit la mieux placée pour faire la leçon en la matière. Cette opération pourrait se généraliser l’année prochaine


*Enfumage sur les « enseignement de complément » (confirmation de ce que le mammouth avait annoncé)

Latin / grec:


En se fondant sur une fiche de travail soumise aux syndicats le 25 mars, Le Monde avait rapporté  qu'un « enseignement de complément » en latin et grec devait voir le jour à côté de l'EPI « Langues et cultures de l’Antiquité » mais ces cours "de complément" sont en réalité absents de la nouvelle grille horaire dévoilée depuisvoir ici

Comme le Mammouth l'avait annoncé, ces enseignements "de complément" seront en effet laissés à l'appréciation des établissements (et organisés sur les dotations horaires attribuées aux établissements).

Et laisser des élèves choisir l'option latin à la rentrée 2014 en leur annonçant qu'ils pourront suivre cette option jusqu'en 3ème pour leur annoncer quelques mois plus tard que finalement l'option disparaît est plutôt léger... (D'ici à ce que certaines familles décident de saisir les tribunaux administratifs...)

Et en prime, 30 minutes de français en moins en 6ème...


* Et pendant ce temps là : fermetures en série :

Finistère. 36 classes susceptibles d'être fermées

http://www.ouest-france.fr/education-en-finistere-36-classes-susceptibles-detre-fermees-3295909

Paris : les parents d’élèves s’alarment des 29 profs en moins à la rentrée

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75005/paris-les-parents-d-eleves-s-alarment-des-29-profs-en-moins-a-la-rentree-29-03-2015-4647719.php
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