Militarisme éducatif

* Le numérique, ça peut vraiment servir la réforme du collège :

Enfin un outil pour faire un EPI Musique/Philosophie :

le Finkielsampler

C’est là

le Mammouth déchaîné avait déjà celui pour faire un EPI Français/Pédagogogie : le meirieutron


* On ne désarme pas (pour l’Entreprise) !

Stage en immersion militaire pour étudiants et lycéens afin de leur transmettre « des compétences qui sont redéployables dans le monde de l’entreprise ».

Des étudiants de l’IDRAC Business School campus de Lyon et des élèves du Lycée des métiers JAPY de Lyon ont eu droit à une période d’immersion militaire du 8 au 10 février 2016 au camp de La Valbonne .
Le but était de transmettre aux stagiaires « des compétences qui sont redéployables dans le monde de l’entreprise » (
source ) avec des temps forts comme le traditionnel rampement dans la boue (voir ici ou ici).

Ces
actions de partenariat entre écoles et armée suscitent le plus vif intérêt de la part des autorités politiques, administratives et militaires, au point que le préfet du Rhône offre même ses salons pour organiser des conférences-débats entre militaires et lycéens, comme on peut le voir ici lors d'une réception réunissant le gouverneur militaire de Lyon, des chefs d'entreprises et notables locaux et des lycéens du lycée Japy (source).

Une réunion organisée par un lycée... avec un général de corps d’armée en guise de COP-Surveillant général-prof principal.

Rompez ! (petits cons)


* Des profs moins absents que les autres catégories de salariés.

L’info a été peu diffusée sur les médias (on ne sait pas pourquoi) : RTL -Fonction publique : l'Éducation nationale a un taux d'absentéisme plus bas que la moyenne

D’après la DGAFP (Direction générale de l’Administration et de la fonction publique), la durée moyenne annuelle des congés maladie ordinaire (CMO) chez les agents de la fonction publique est de 7,1 jours. A l’Education nationale (EN), tous effectifs confondus (profs et administratifs) on est en-dessous de la moyenne avec 6,7 jours de congés maladie par an et par agent.

Un autre chiffre intéressant, tiré du rapport annuel sur l’état de la fonction publique, confirme que les profs sont moins absents que la moyenne des fonctionnaires : en 2012, la proportion de salariés absents au moins un jour pour raisons de santé au cours d’une semaine est, tous secteurs confondus, de 3,7% au niveau national.
Elle est de 3,6% dans le secteur privé, de 3,8% dans la fonction publique, et de… 2,3% chez les enseignants (on constate qu’à l’EN les profs sont moins absents que le reste des personnels, 3,1%, ce qui nuance encore les chiffres précédents). (source)

Et moins que les militaires alors aussi ? Faudrait peut-être leur envoyer des profs à ceux-là !


* Les bonnes manières de la ville d'Asnières pour SOS Éducation (et vice-versa)

Vers un système de prérecrutement privé des personnels publics

Selon un système un peu analogue à ce qui se passe dans l'enseignement privé où les établissements "pré-recrutent" leurs personnels qui sont ensuite nommés et rétribués par l’État, SOS Éducation tente d'organiser avec  la mairie d'Asnières en pré-recrutement des personnels contractuels devant assurer des remplacements dans les écoles de la ville.
Alors que la mairie d'Asnières se contente officiellement
sur son site de mettre en ligne une annonce d'offre d'emploi en demandant d'envoyer les candidatures à l'académie de Versailles, SOS Éducation cherche de son côté à mettre parallèlement en place un système qui rend possible un filtrage des candidatures...

SOS Éducation demande en effet aux candidats éventuels de lui envoyer leurs CV que l'association déclare ensuite  transmettre à la mairie (laquelle n'a plus alors sans doute qu'à les retransmettre à l'Inspection académique comme s'il s'agissait de candidatures spontanées...). Comme on le voit là et aussi là.

Échange de bonnes manières,
la ville d'Asnières fait sur son site de la pub pour SOS Éducation...

C’est là :

SOS educ

* Embrouilles autour de "l'autonomie" des établissements cathos dans les campagnes de l'Aveyron

Admirée par une partie de l'administration et de la classe politique, "L'autonomie" des établissements privés religieux sème la zizanie chez les cathos de l'Aveyron, comme on peut le voir au collège du Sacré-Cœur de Séverac que la Direction Départementale de l'Enseignement Catholique voudrait délocaliser de force à Laissac, au grand dam du directeur du collège, ainsi que de son organisme gestionnaire, l'Ogec, et de l'association de parents d'élèves du privé, l'APEL.
Comme le rapporte La Dépêche, les insolents ont même organisé une réunion publique pour informer les parents d'élèves que si la DDEN décidait d'ouvrir un nouveau collège à Laissac, ce serait alors un établissement hors contrat en concurrence avec le leur !

De son côté , la Direction Départementale de l'Enseignement Catholique de l'Aveyron et du Lot (12/46)
met en ligne un lien vers une pétition destinée à réclamer le transfert de l'établissement catho à Laissac, pétition qui, pour rajouter un peu à l'ambiance délétère locale, porte l'adresse de l'Organisme gestionnaire d'une école primaire de Laissac (l'école sainte-Angèle)...
Enfin, et avant même que le transfert-délocalisation du collège ait été décidé (ce que la DDEN semble tenir pour acquis), le directeur diocésain informe les parents que de toutes façons les pré-inscriptions et inscriptions de leurs enfants concernent le nouveau collège qui n'existe pas encore...
voir ici.

Dieu reconnaîtra les siens !

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Les réacs sont toujours là

* #Nuitdebout invite Finkielkraut, qui lui rend bien...

... et donne une conférence improvisée sur la bienséance.

Décidément les tests PISA avaient raison, le niveau baisse. C’est la Défaite de la pensée.



Gnagnagnana : onomatopée d’une société de vieux en manque d’argument pour désigner qu’elle commence à perdre sa sérénité sociale.


* Réforme de l’État et modernisation de l'administration: l'Educ Nat donne l'exemple en piquant dans la poche de ses précaires...


La Voix du Nord fait état d'indemnités de chômage versées par le Rectorat de Lille avec sept mois de retard, un délai jugé "normal" par l'administration.

L'intéressée, une stagiaire licenciée au bout de son année de stage, a eu beaucoup de chance : non seulement on l'a jugée apte à terminer son année scolaire tout en l'estimant inapte au métier, mais en plus elle a pu finir (avec sept mois de retard certes) par toucher les indemnités de chômage qui lui étaient dues, ce qui pourrait relever de l'exploit dans certains rectorats. Le Mammouth a ainsi eu accès à d'étonnants échanges de courriers électroniques où l'administration admet benoîtement délivrer des attestations d'indemnisation de chômage en y indiquant le temps de service face aux élèves, et non le temps de travail évidemment supérieur et qui est officiellement de 35 heures par semaine pour un temps complet.

Comme les victimes de ces pratiques administratives choquantes (destinées à ne verser qu'une partie des indemnités dues) sont le plus souvent
en situation de grande précarité (par exemple des contractuels effectuant des remplacements lointains sans pour autant pouvoir bénéficier de frais de déplacement s'ils n'ont pas de rattachement administratif, ce qui est le cas de la quasi totalité des "contractuels" de l’Éducation Nationale), comme aussi ils sont faiblement syndicalisés et que peu d'entre eux se lancent dans des recours devant les juridictions administratives (cela prend deux à trois ans et cela procure de bonnes prises de tête...), la situation devrait encore pouvoir perdurer et pourrait même être promise à un bel avenir:
En effet, ce n'est plus un secret pour personne maintenant que nos "libéraux" de droite et de gauche rêvent de casser la fonction publique en créant des contrats de trois ou cinq ans pour les fonctionnaires...
A force de laisser la précarité se développer, les fonctionnaires de demain pourraient bien être traités comme les contractuels d'aujourd'hui...


*De la lutte contre le décrochage scolaire à la PPMC (Préparation Physique et Mentale au Combat)...

L'école, terrain de recrutement ? Vive les enfants presque soldats !

Créé après que l'armée eut pris conscience de la nécessité de former davantage ses jeunes soldats inexpérimentés à la suite d'une embuscade ayant coûté la vie à dix d'entre eux en Afghanistan en 2008, le Centre d’Aguerrissement Inter-Organique (CAIO) de la Marine à Toulon, normalement spécialisé dans la préparation mentale et physique du combattant, s'intéresse beaucoup aussi à l'école et spécialement aux "décrocheurs" comme on peut le voir ici ou ici (Le Figaro).

marine nationale
site de la Marine nationale, http://www.colsbleus.fr.

C'est ainsi que durant des activités organisées conjointement le 01/04/2016 par l’Éducation Nationale et la délégation militaire départementale du Var,
une douzaine d'élèves en situation de décrochage a pu se déguiser pour jouer aux soldats et ramper dans la boue.

Les responsables de l'opération, enthousiastes, comptent bien l'étendre aux autres départements, et l'école séduit de plus en plus nos militaires.

L'armée  se montre ainsi par exemple extrêmement intéressée par la discipline "para-militaire" des écoles privées hors contrat de la "fondation" Espérance banlieues (une émanation de la Fondation pour l'Ecole d'Anne Coffinier) qui organise des séances d'information destinées aux hauts gradés, comme on le voit ici :

CGlsBkTXEAEp5qq
photo d'une réunion Armée - Espérance banlieues . Source : https://twitter.com/Defense_Sud_Est/status/606134415719301120?lang=fr

Comment d'ailleurs nos militaires ne craqueraient-ils pas devant l'image de la jeunesse et de l'école véhiculée par la Fondation Espérance-banlieues dont la publicité est largement assurée par Le Figaro (
souvenez-vous)?

Si la France condamne toujours officiellement le phénomène des enfants soldats, les enfants presque soldats trouvent cependant grâce aux yeux de certains de ses responsables et d'une partie de sa population...


* Et les Républicains dans tout cela ? On les oublierait presque...

Le "document d'orientation" sur l'école des Républicains/ex-UMP fait une part belle aux écoles (très) hors contrat.
Il est là :
2016-04-06_-_les_Republicains_-_document_orientation_-education

Sont promus penseurs officiels du parti en matière d'éducation l'écrivain -« philosophe » Jean Némo qui milite  depuis des années pour le chèque-éducation et fait figure de guide spirituel pour la très droitière Sos Education et Anne Coffinier, patronne de la Fondation pour l'école qui veut promouvoir des établissements privés hors contrat avec financement public (notamment par le biais de la défiscalisation et des niches fiscales).
Les propos de Némo sont ainsi mis à contribution pour dénigrer la formation initiale des maîtres  mise en place par l’État et pour
vanter les mérites «  d’initiatives privées telles que l’École professorale de Paris » récemment créée par Coffinier...

Le modèle éducatif cher à Anne Coffinier et représenté par les écoles Espérance-banlieues est bien sûr donné en exemple:
«
 En 2016, il est temps de prendre en compte le secteur éducatif indépendant. Un certain pluralisme éducatif est utile et certaines expériences particulièrement intéressantes méritent aujourd’hui
d’être reconnues. [...] Le cours Alexandre Dumas créé à l’initiative de la Fondation Espérance Banlieues est un exemple particulièrement intéressant. Cette structure libre ne bénéficie aujourd’hui d’aucune aide publique alors qu’elle remplit un rôle très important sur des territoires socialement fragiles et auprès d’élèves en totale rupture avec le système scolaire
. »

Et toujours, pour l’Ecole, des liens avec la droite très extrême... Coffinier a beau avoir réussi à séduire une partie des parlementaires LR, cela ne l'empêche pas d'accepter avec joie de se répandre sur les sites de propagande d'extrême droite, comme Breizh-info.com, proche du bloc identitaire et de l'extrême droite chrétienne réactionnaire de Bretagne. Comme ici par exemple.
Une "interview", cela ne se refuse pas, quand même (surtout quand l'interview peut se faire par courrier entre la Bretagne et l’Écosse où Anne Coffinier réside...)
Mais il est vrai que la patronne de la Fondation pour l’école a toujours eu un problème pour discerner la couleur des "agences de presse" qu'elle fréquente (surtout le brun), comme on l'avait déjà constaté lorsqu'elle relayait sur son site des vidéos enregistrées par ERTV, la
"télé dissidente" d' Égalité et Réconciliation, l'association politique nazillonne d'Alain Soral...(souvenez-vous)

Pour le reste, pas de grand changement avec ce que l'UMP proposait déjà autrefois (retour aux programmes de 2008, rétablissement des maisons de correction [ERS], suspension des allocs, etc, etc.).
Et bien sur, « 
Il faut accroître le temps de présence des professeurs » , en revenir à des méthodes simple et éprouvées, notamment l’apprentissage de la lecture par la méthode syllabique, mais en dehors de toute querelles idéologiques, bien sûr.

Ah
si, il y a la découverte de la solution miracle pour mettre fin au décrochage:
«  généraliser un service militaire adapté pour les décrocheurs, obligatoire pour ceux qui ne sont ni diplômés, ni qualifiés, ni embauchés, dont le déploiement sera progressif sur le prochain quinquennat ». Tiens donc !

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