Leçon de désordre moral [MAJ]

[MAJ : le non événement du jour : propos de Martine sur l’école]
c’est là. Où l’on entend (encore et toujours) : socle commun, parcours individualisés, maîtriser des compétences, moins d’élèves ici, plus là, et négociations...
Une info : elle négocie déjà avec les syndicats (tiens donc, mais lesquels ? Mystère...)



* Les chefs d’établissement accusent le ministère de tricher (pour faire des économies)

Educpro.fr —Attribution des dotations horaires : des fluctuations selon les académies

« D’après l’enquête du SNPDEN, 16 % des établissements ne savent pas ou ne comprennent pas comment leur dotation a été calculée. Cette part passe à 22 % en lycée général et technologique.
Et le syndicat d’indiquer : « Des variations considérables sont observées entre des établissements « toutes choses égales par ailleurs » sans
qu’aucune explication ne puisse être apportée autre que les mœurs locales ».

Établissements-académies : le courant ne passe pas toujours
« Seuls 40 % des établissements ont pu faire valoir (au moins partiellement) leurs difficultés à quelqu’un [dans l’académie] et obtenir une aide même incomplète », révèle le SNPDEN. Le syndicat recense plus d’insatisfaits en collège et en lycée professionnel (38 % estiment avoir été entendus). Le « dialogue de gestion » est également différent selon la taille des établissements. Pour être reçu et obtenir une réponse positive à une demande auprès de son académie, mieux vaut être un gros lycée polyvalent ou général et technologique qu’un petit lycée professionnel. De même, mieux vaut être situé dans une grande agglomération et en zone urbaine. En revanche, les établissements défavorisés obtiennent plus souvent gain de cause que la moyenne (43 %).
Enfin, preuve que la communication est dégradée : un établissement sur cinq soupçonne que les prévisions d’effectifs ont été volontairement minorées afin de supprimer des classes. »


* Chatel veut une bonne leçon (mais pour qui ?)

Retour de la morale au primaire. A moins d’un an de la présidentielle, il faut flatter la droite gaullienne (qui dit-on pourrait faire défaut). Tant qu’il ne fait pas revenir la morale sur les marchés financiers...

Le Parisien.— Luc Chatel : «Je fais revenir la morale à l’école»

« On parle du retour de la leçon de morale. A quoi cela ressemblera-t-il? Cela servira-t-il à quelque chose?
Oui, je fais revenir la morale à l’école. La circulaire qui paraît ce jeudi (NDLR : demain) est destinée à toutes les classes du primaire. Pas forcément tous les matins, mais le plus régulièrement possible, le maître va maintenant consacrer quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur la morale. Le vrai/le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l’intimité… Ne fixons pas de carcans. Peu importe la méthode pourvu que le professeur transmette un certain nombre de valeurs. « 


Mais il ne dit pas que cela: il parle aussi des profs qui devraient faire plus d’heures, de la polyvalence qui est l’avenir :

« Pour améliorer les choses [les remplacements], il faudrait sans doute aussi un peu plus de souplesse entre disciplines. La polyvalence des professeurs — quand on enseigne plusieurs matières — est une solution d’avenir.

Le statut qui les oblige à dix-huit heures de présence pour les cours est toujours régi par un décret de… 1950. Il est temps de réfléchir avec eux à l’évolution de leurs missions. Le métier aujourd’hui, ce n’est plus seulement faire cours. Un professeur ne doit-il pas aussi prendre un temps dans la semaine pour faire du soutien scolaire, pour travailler avec ses collègues ? Il faut faire évoluer le métier. Entre quatre murs, les syndicats admettent en être conscients et que les professeurs eux-mêmes l’attendent. Ce n’est plus un sujet tabou, mais il reste sensible… comme les retraites : tout le monde est d’accord pour qu’on s’en occupe, mais quand il faut que chacun fasse un effort, plus personne n’est là ! «  

Quel lien avec les déclarations du SNES qui dit ne pas être fermé à des discussions sur le statut (voir ci-dessous, post précédent) ?


* Vaneste et consorts : pour le sexe (étonnant non ?)


On en entend parler depuis plus d’un mois, les gardiens de la bonne pensée sont là.

Lexpress.frIdentité sexuelle: 80 députés UMP veulent le retrait de manuels scolaires

Ils ont écrit à Luc Chatel, et rejettent l'idée que l'identité sexuelle des individus soit le fruit du contexte socio-culturel autant que de la biologie.
Quatre-vingt députés UMP ont demandé mardi au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, le retrait de manuels scolaires qui expliquent "l'identité sexuelle" des individus autant par le contexte socio-culturel que par leur sexe biologique. 
Ces parlementaires, conduits par Richard Maillé, député des Bouches-du-Rhône, font ainsi écho aux critiques exprimées sur le même sujet au printemps par la direction de l'enseignement catholique. 
Dans une lettre au ministre, ils estiment que ces manuels de SVT (Sciences et vie de la terre) de classe de première font référence à "la théorie du genre sexuel". 
"Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités: homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels", écrivent-ils. Il s'agit selon eux d'une "théorie philosophique et sociologique qui n'est pas scientifique, qui affirme que l'identité sexuelle est une construction culturelle". 
Les signataires citent un passage d'un manuel publié par Hachette: "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre". 
Jugeant "du devoir de l'Etat de mieux contrôler le contenu des manuels scolaires" et ajoutant que "la 'théorie du genre sexuel' n'apparaît pas stricto sensu dans les programmes d'enseignement de SVT" définis par le ministère, les députés concluent à l'adresse de Luc Chatel: "Nous comptons sur votre action afin de retirer des lycées les manuels qui présentent cette théorie". 
Dans une circulaire du 30 septembre 2010, le ministère indiquait que les programmes de SVT de première devaient comporter un chapitre intitulé "devenir homme ou femme". "Si l'identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l'orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée", précisait la circulaire. 
La lettre est notamment signée par
Christian Vanneste, Lionnel Luca et Jacques Myard, fondateurs du collectif de la Droite populaire, Bernard Debré, Eric Raoult et Hervé Mariton. 


Pour mémoire Vaneste disait aussi cela :


Ch. Vanneste : les valeurs sacrificielles de... par blogmammouth


* Anéantissement de Shoah.

Claude Lanzmann nous rappelle ce matin dans Le Monde les tribulations (très) récentes de l’histoire du mot Shoah.

« Une circulaire, parue dans le bulletin officiel spécial n°7 de septembre 2010 de l'éducation nationale, insistait sur la nécessité de supprimer le terme "Shoah" des manuels scolaires. Circulaire d'autant plus remarquable qu'elle prétendait faire suite au discours prononcé par Nicolas Sarkozy lors d'un précédent dîner du CRIF et dans lequel, après avoir utilisé plusieurs fois et avec le plus grand naturel le mot "Shoah", il proposait que chaque enfant juif assassiné soit parrainé par un lycéen français du même âge. Ce propos présidentiel n'ayant pas plu à tout le monde, Nicolas Sarkozy avait chargé Xavier Darcos, alors ministre de l'éducation nationale, de réunir une commission afin que sa pensée soit mise en œuvre tout en tenant compte des protestations. Cette commission était présidée par Madame Waysbord-Loing, inspectrice générale honoraire de l'éducation nationale, elle comprenait, outre des spécialistes de la seconde guerre mondiale, des personnalités comme Simone Veil, Serge Klarsfeld et moi-même. Un ouvrage de référence a d'ailleurs été publié à partir des travaux de ladite commission.

Etrangement, le bulletin officiel de l'éducation nationale réclamant la mise au rebut du terme "Shoah" a été publié un temps relativement court après cette parution. A ceux qui s'étonnaient, il était alors répondu que le bulletin officiel n'était pas le journal officiel de la République et qu'il ne reflétait qu'une "tendance" de l'éducation nationale. Tendance à la peau dure et bien en cour si l'on peut dire. Il y a une douzaine d'années, après une réunion à Stockholm de tous les chefs d'Etat et de gouvernement accompagnés de leurs ministres de l'éducation nationale, dont le but était d'élaborer un compendium sur la Shoah qui aurait force de loi et d'usage dans le monde entier, M. Dominique Borne, doyen de l'inspection générale d'histoire au ministère français de l'éducation nationale, déclarait sans précaution ni fard : "Il faut bannir le mot “Shoah” des manuels, car c'est un mot étranger. » »

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En route...

* Démerdez-vous !

Vers une grève administrative des directeurs d’école.

20 minutes - Des centaines de contrats emplois vie scolaire ne vont pas être renouvelés pour cette rentrée...
Les directeurs des écoles élémentaires sont inquiets: quelques jours avant la rentrée scolaire, ils viennent d’apprendre que des centaines de contrats emplois vie scolaire (EVS) ne vont pas être renouvelés, raconte Europe 1. Près de 6.000 écoles vont donc perdre l’aide administrative à laquelle les directeurs avaient droit. Car directeur n’est pas un poste à temps plein: dans les écoles, chaque directeur cumule sa classe et les tâches administratives qui lui sont imparties. Les EVS permettent de les assister et d’éviter qu’ils soient débordés et finalement moins présents auprès des élèves. «Si [l’EVS] n’est plus là, on a le téléphone qui sonne dans la classe 10 ou 20 fois par jour, et alors que vous êtes en train de donner une leçon de maths ou français, vous devez décrocher. Pendant ce temps-là, les élèves, on ne s’en occupe pas», s’inquiète Sylvain Picard, enseignant et directeur dans une école du Lot-et-Garonne.

* Bac et permis de conduire : nouveaux objectifs du lycée ?

Ou recherche de clientèle pour les Auto-écoles ?

AFP - La secré­taire d'Etat à la Jeunesse, Jeannette
Bougrab, veut inci­ter les établis­se­ments sco­laires à pas­ser des accords avec les auto-écoles afin de faire bais­ser le prix du per­mis, sou­vent bien trop cher pour les plus modestes.
"L'idée n'est pas de pro­po­ser la gra­tuité du per­mis mais d'en réduire signi­fi­ca­ti­ve­ment le coût pour les jeunes, en jouant sur les écono­mies d'échelle, sur la base d'un contrat gagnant-gagnant avec les auto-écoles, qui béné­fi­cie­ront d'un plus large public", explique ven­dredi, sans plus de pré­ci­sions, Mme Bougrab dans un entre­tien sur le site inter­net de La Croix.

Concrètement, il s'agit d'"inciter les établis­se­ments (lycées pro­fes­sion­nels, centres de for­ma­tion des appren­tis, ins­ti­tuts uni­ver­si­taires tech­no­lo­giques, uni­ver­si­tés, etc.) à conclure des par­te­na­riats avec les auto-écoles et la sécu­rité rou­tière pour que la for­ma­tion au code puisse se faire dans leurs murs, dans un cadre péri­sco­laire ou péri-universitaire", explique-t-elle.

Elle pré­cise qu'une "expé­rience sera menée pro­chai­ne­ment dans le cadre d'un par­te­na­riat entre la Mission locale de Bondy et l'IUT de Marne-la-Vallée, ainsi que plu­sieurs lycées professionnels".



* Le SNES veut négocier le statut des enseignants.

Mais pourquoi ?

Touteduc.fr- Le SNES n'est "pas fermé à des discussions" sur les missions et le statut des enseignants, à condition qu'il y ait relance de la démocratisation de l'enseignement. C'est ce que répondent ses trois responsables, interrogés par ToutEduc sur l'après 2012, Nicolas Sarkozy ayant annoncé une refonte du statut, et Martine Aubry une "refondation du système éducatif". Le syndicat FSU des enseignements de second degré est inquiet de l'un des schémas possibles. Le collège et l'école élémentaire constitueraient une école du socle commun, qu'il voit comme un retour au primaire supérieur d'avant la réforme Haby, tandis que le lycée (général et technologique) serait attiré vers le supérieur, et ne recevrait que la moitié des élèves. 


* CIO : nouvelles missions au BO : les jeunes adultes.

Source syndicale — Plus d’un an après la fin du groupe de travail ministériel, près de 6 mois après sa présentation au CTPM, le décret statutaire réactualisant les missions des CIO vient d’être publié au JO. Il préserve l’existence des CIO, leur ancrage dans l’EN et le travail auprès des élèves, mais il étend le public aux « jeunes adultes » donc bien au delà du public de la formation initiale.


* Et les niches scolaires ?

Un blog du Monde nous rappelle que...

Cours de soutien scolaire : une niche fiscale à supprimer ?

« Bachelier ou remboursé »

En lançant en septembre 2009 son opération « Bachelier ou remboursé » pour promouvoir son pack de réussite au bac, l’organisme de cours de soutien Acadomia avait provoqué un beau tollé. 1 770 euros (déductions fiscales déduites) les 60 heures de cours : est‐ce le prix de la réussite ? Faut-il absolument payer pour assurer l’avenir de ses enfants alors que l’école est censée être gratuite ? Peut-on dire aux enfants des familles défavorisées « débrouillez‐vous » et accorder des réductions d’impôts aux enfants des familles aisées pour avoir elles de meilleurs résultats?
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Argent et culture (reprise)

* Progressisme (ou barbarisme) :

AFP - La fon­da­tion Terra Nova, proche du PS, pro­pose d'augmenter de manière "modé­rée et étalée dans le temps" les droits d'inscription à l'université, afin d'accroître les moyens des établis­se­ments, dans un rap­port révélé par Le Monde, consul­table à l'adresse www.tnova.fr.
Terra Nova sug­gère "un tri­ple­ment des droits d'inscription en licence et un qua­dru­ple­ment en mas­ter et en doc­to­rat sur cinq ans pour remettre plus d'égalité dans le sys­tème et aug­men­ter les moyens des uni­ver­si­tés, en main­te­nant une exo­né­ra­tion totale pour tous les boursiers".

Parmi ses 42 pro­po­si­tions, Terra Nova pro­pose aussi de "créer une allo­ca­tion d'études supé­rieures (ALES) en faveur de tous les étudiants, uti­li­sable tout au long de la vie active, d'un mon­tant de 25.000 euros per­met­tant aux étudiants de rece­voir 500 euros men­suels pen­dant une durée de 50 mois".
Cette allo­ca­tion serait "com­plé­tée" par un "prêt à taux zéro garanti par l'Etat" qui pour­rait s'élever à 150 euros par mois au niveau licence et 300 euros au niveau master.

Heureusement qu’ils sont proches du PS...


* Prime à la carotte et avantages de carrière pour les personnels de direction.


Weka (l’Information professionnelle des décideurs publics) —
Voici le relevé de conclusions, donné le 27 juin, fixant les différents points sur lesquels le ministère de l'Éducation nationale s'engage vis-à-vis de la situation des personnels de direction.

Le régime indemnitaire
Une indemnité mensuelle de fonction, de responsabilités et de résultats, dénommée IF2R, est instaurée à compter du 1er septembre 2011. Elle se compose de deux parts :
• la 1re qui est en fait une
fusion de deux indemnités actuelles (indemnité de responsabilité et indemnité de sujétions spéciales). Elle « tient compte des responsabilités et des sujétions » ;
la 2e dite de résultats, versée tous les trois ans. Elle se détermine suite à l'entretien professionnel. Elle peut atteindre 2 000 euros.


La carrière
Désormais, pour accéder à la première classe et à la hors-classe du corps des personnels de direction, la condition d'ancienneté passe à 6 ans (au lieu de 7 actuellement).
Parallèlement, ces personnels ne seront plus contraints à mobilité pour obtenir une promotion.


La formation professionnelle initiale et continue
La formation initiale des stagiaires est ramenée à 1 an (au lieu de 2) et se fera sur le mode de l'alternance. À cela s'ajoute « une période obligatoire de formation continue intervenant au cours des deux années suivant la titularisation ».


L'entretien professionnel
En plus de fixer la part « résultats » de l'IF2R,
l'entretien professionnel pourra être un élément d'appréciation pour étudier les promotions et les mutations.


* Désherbage sérieux de la culture : cela se passe à la BNF

Mediapart —
Les sections syndicales de la BNF alarment sur la politique du vide que prône la direction de l’établissement, sous prétexte de réforme. Comme toujours...
Derrière un discours officiel volontiers «branché» mettant en avant le remodelage des espaces, censés favoriser le «nomadisme», offrir plus de «convivialité» et de «confort» (on supprime des rayonnages pour installer des fauteuils !), ou l’implantation de «nouveaux services» jamais clairement définis, se profile un projet réellement destructeur. Mais cela ne se sait pas, la direction prenant soin d'en édulcorer le contenu à travers des campagnes de communication (cf. Chroniques, le bulletin d'information des lecteurs) qui n’abordent jamais le point nodal du projet, à savoir une réduction drastique de l'offre documentaire : il faut qu’il y ait moins de livres, que ceux qui restent soient plus «frais» (au détriment d’ouvrages plus anciens mais qui peuvent avoir conservé toute leur pertinence documentaire), plus «français» (au détriment des ouvrages en langues étrangères, censés être «moins consultés»), moins «difficiles» (au détriment d’ouvrages risquant de manquer aux étudiants dès qu’ils atteindront le niveau Master 1) ! Bref, on nivelle, on sacrifie la diversité, la qualité, l’originalité…
La bibliothèque d’étude finira-t-elle par ressembler au rayon livres des grandes surfaces ou encore à la boutique tendance du MK2 voisin ?

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