Désengagement et engagement...

Pour la Sainte nuit le Mammouth Déchaîné vous offre son podcast de Noël : à écouter absolument (si vous ne l’avez pas fait l’année dernière ou celle d’avant). Sainte nuit

sainte nuit

Et bonus : de la sainte lecture : de notre envoyé très spécial : Fondations pieuses. De leur bonne influence sur la destruction des services publics d’éducation. C’est dans la rubrique Du Fond de la trompe.

Et en plus, comme d’habitude, les nouvelles du jour :



* Université de Montpellier, privée de dinde (et mise à l’Idex).

la   Région Languedoc-Roussillon   menace  de  son  désengagement  de  l’enseignement supérieur  et  de  la  recherche

De source syndicale
- Ce   mardi   21   décembre,   les  enseignants-chercheurs  et  chercheurs travaillant  dans les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche  de  Montpellier  ont eu la surprise de recevoir un courrier du Président  de  la  Région  Languedoc-Roussillon (voir ci-dessous). Après avoir rappelé l’importance  et  la  qualité  scientifique  du  site  de Montpellier, le président  de  la  région  s’inquiète  que  le  projet  Idex  (Initiative d’Excellence)  ne soit pas déposé dans les temps (7 janvier) au motif que la   gouvernance   ne   soit  toujours  pas  formalisée.

Alors  que  les organisations  syndicales  ont  dénoncé  les  risques  de nouveaux  reculs  démocratiques   liés  à une «
gouvernance resserrée » - critère   présidant  à  la   désignation  des  lauréats  aux  IDEX  -  et au   prétexte    que   les  représentants    institutionnels   n’arrivent pas    à  conclure   sur  la « gouvernance   de  l’IDEX  »,  le  Président de     région    «    annonce    aux    enseignants-chercheurs   et   aux chercheurs  sa  décision de suspendre tous les  financements de la Région sur   le  Contrat  de  Projet  Etat-Région,  dont son  volet Recherche et Enseignement   supérieur  ».  «  Il  réserve  de  plus  sa  position  sur l’opération Campus  telle que portée aujourd’hui par le PRES ».

La lettre du père fouetard : lettre aux enseignants-chercheurs et aux chercheurs

Et pendant ce temps là Sarko lui entend poursuivre la réforme de l’autonomie dont on voit désormais tout l’intérêt...
AFP - Nicolas Sarkozy est déter­miné "à pour­suivre la réforme de l'autonomie" des uni­ver­si­tés et a assuré qu'il n'y aurait "pas de baisse de finan­ce­ment", a rap­porté mardi à la presse le pré­sident de la Conférence des pré­si­dents d'universités (CPU), Louis Vogel.
M. Vogel s'exprimait à l'issue d'une réunion de tra­vail avec le chef de l'Etat, à laquelle ont par­ti­cipé une dou­zaine de pré­si­dents d'université, en pré­sence égale­ment de la ministre de l'Enseignement supé­rieur Valérie Pécresse.
"Nous avons fait savoir au pré­sident qu'on était au milieu du gué, qu'il fal­lait que la réforme se pour­suive" mal­gré "les dif­fi­cul­tés de finan­ce­ment qui se pointent à l'horizon", a-t-il dit.
Selon lui, M. Sarkozy a affirmé à ses inter­lo­cu­teurs "qu'il ne lâche­rait pas, que pour lui, les uni­ver­si­tés étaient une prio­rité et que l'effort en leur faveur serait main­tenu autant que possible".
"L'autonomie a un coût, il faut que l'argent arrive. Nous n'avons pas le per­son­nel suf­fi­sant ni suf­fi­sam­ment qua­li­fié", a affirmé le pré­sident de la CPU, égale­ment pré­sident de l'université Panthéon Assas Paris 2.
Il a rap­pelé que "la France dépen­sait, avant la réforme de l'autonomie, 6.800 euros par an et par étudiant. Depuis la réforme, on est au-dessus des 9.000 euros", contre "15.000 euros pour un pays comme la Suède".


* Pour les recteurs, ça va.

Les recteurs pour la première fois reçoivent une prime au mérite (jusqu’à 21 000 € quand même). C’est là.
(Quelle prime de Noël peuvent bien toucher les AVS qui employés à mi-temps gagent 480 € par mois ? Mystère...)

* Chatel rend hommage à J. de Romilly en se payant les langues anciennes.

« La France perd aujourd'hui sa plus grande helléniste », « Le plus bel hommage que nous pouvons lui rendre est de perpétuer la mémoire et l'esprit de son œuvre. » «Elle n'a eu de cesse tout au long de sa vie de révéler à nos contemporains l'infinie richesse des humanités et de transmettre sa passion pour une période et une langue fondatrices. »

Et le grec dans tout cela ?


* Piloter l’éducation. L’OCDE pond un nouveau rapport qui sans doute illuminera les chaumières pédagogiques pour la décennie à venir :

Cet ouvrage a pour objet de fournir aux responsables politiques, aux chercheurs, aux chefs d’établissements, aux administrateurs scolaires et aux enseignants une source d’informations fiable et générique pour étayer la planification stratégique et stimuler la réflexion sur les défis auxquels doit faire face le secteur éducatif à tous les niveaux d’enseignement (écoles, universités ou encore programmes de formation continue). Cet ouvrage s’adresse également aux étudiants et à la société dans son ensemble, notamment aux parents d’élèves.
Curieusement. Il n’est pas accessible en ligne. On en trouve des extraits sur
ce blog là.

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Le sapin et les boules

Surtout les boules (voir la suite).
Et avec tout cela le Mammouth vous souhaite bonnes vacances. Enfin...

Sauf pour les recteurs qui pour la première fois reçoivent une prime au mérite (jusqu’à 21 000 € quand même). C’est là.
(Quelle prime de Noël peuvent bien toucher les AVS qui employés à mi-temps gagent 480 € par mois ? Mystère...)


* D’un côté (à droite), il faut tout privatiser.

Un dossier spécial de l’iFrap nous l’explique (et c’est terrible).

iFRAP

« Les privatisations étaient déjà un mouvement de fond dans les années 1980-1990 et ont touché de nombreux pays qui ont diminué la part des prélèvements publics en réduisant le poids des entreprises publiques grâce à la libéralisation des activités économiques et financières et l’ouverture du capital des opérateurs publics. Mais trente ans plus tard, ce mouvement ne suffit plus pour faire baisser durablement l’emprise des dépenses et des prélèvements publics.

C’est le chantier des « privatisations fortes » qu’il faut désormais ouvrir, c’est-à-dire des privatisations qui transfèrent au secteur privé non seulement la gestion d’une activité publique, mais tout ou partie de l’activité elle-même, qui n’est plus décidée par des choix politiques. « 


L’Ifrap est un Think tank libéral et semble-t-il influent dont le but est de casser les services publics. Reconnue d'utilité publique, la Fondation iFRAP « analyse » depuis 1985 l'efficacité des politiques publiques et des administrations afin de proposer des réformes concrètes. et pour être concret, c’est concret... Voyez leur site.

Ceci dit la droite, c’est la droite.


* De l’autre, les socialistes ont des idées sur les collèges.

Cela s’appelle le Laboratoire des idées. Voir le site.

Ce labo publie ces jours-ci un rapport sur les collèges. On le trouve en ligne là. Fait par tout pleins de spécialistes qui s’y connaissent (un seul des auteurs sur une trentaine est prof en collège, le reste que des penseurs universitaires...).

Bon, on ne vous dit pas si elles sont bonnes ou de gauche. Voyez plutôt par vous-mêmes...

En vrac quelques pistes de réflexion. Pour le PS il faut :

- un horaire de pratique et d’enseignement de " culture médiatique " ;
- une formation au jugement pour « 
identifier les différents régimes de vérité » ;
-
accorder beaucoup plus d’importance aux arts du faire et aux arts du dire (usages poétiques de la langue, débats, langage non verbal) ;
- valoriser une
logique de " chefs d’œuvre " ;
- une culture technologique qui doit se fonder sur la
démarche de projet ;
- un
système d’unités capitalisables pour les élèves en déshérence scolaire au sortir de la 5ème ;
- la systématisation de
l’évaluation en deux temps : l’évaluation d’un premier travail, puis de sa reprise à partir des remarques et conseils formulés par l’enseignant ;
- des
élèves davantage impliqués dans l’entretien des locaux et dans la chaîne de restauration scolaire ;
-
donner le rôle pédagogique des agents d’entretien et de restauration doit être particulièrement développé et conforté ;
- « 
on pourrait songer au partage d’un bureau entre quatre ou cinq enseignants, à une dotation en ordinateurs » ;
- des parents qui pourraient participer à des
actes bénévoles et ponctuels d’enseignement ;
-
des enseignants pleinement responsables de 25 % de la DHG ;
- un
nouveau binôme à la tête des établissements : un chef d’établissement recruté selon le système actuel et un poste d’adjoint tournant confié à un enseignant désigné par l’équipe éducative sur une liste départementale de postulants, pour un mandat de 3 ans (ces formes de responsabilisation des enseignants seraient de nature à réduire le clivage très fort dans le second degré entre la hiérarchie (" l’Administration ") et les enseignants qui critiquent la hiérarchie mais n’ont au fond aucune envie de se confronter aux questions d’intendance) ;
- une organisation supposerait
une dotation de 17 h d’enseignement par sixième et cinquième pour les heures de cours là où l’on accorde aujourd’hui 25 h, mais une dotation d’une trentaine d’heures pour toutes les activités de travail personnel et dirigé ;
- enfin
des collèges 400 semblent être le modèle de travail de ce Labo.

La gauche finalement, c’est ... pas si facile.


* A leur gauche, les communistes ne savent plus où ils sont :

Une info Politis - Un communiste au ministère de la Ville

Secrétaire général du groupe GDR (PCF, Verts, PG) à l’Assemblée nationale, Dominique Touraine, élu municipal PCF de Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire), rejoindra à compter du 20décembre le cabinet du nouveau ministre de la Ville, Maurice Leroy (Nouveau Centre), qui fut lui-même secrétaire général du groupe communiste au Sénat entre1984 et1990. Un transfert embarrassant pour les communistes, épargnés jusqu’ici par les débauchages de la pseudo-ouverture sarkozyste.

La gauche de la gauche ça l’est encore moins...

Et pourtant :


* Livret (ouvrier) de compétences...

Pour tout savoir sur ce livret de compétence dont certains nous vantent les mérites, et surtout sur ses applications à long terme et les croisements qu’il permet.

Un travail du CNRBE. Bravo.

lpc2010


* Petit rappel : lutte des classes et Ecole.

Pour en finir une bonne fois pour toute avec les considérations pédagogiques en tout genre et en revenir aux fondamentaux (enfin !).




Whet else ?

Et pour mémoire (ce que le Mammouth a souligné depuis sa création en 2000) :

« ...Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.... »
© OCDE 1996 (Cahier de politique économique n° 13 - Faisabilité politique de l'ajustement - page 30)

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Ah, la niche...

* Mariages syndicaux : CGT/ FSU union en vue.

Alors que se dessine un rapprochement SNALC / FO, voici un doc qui aujourd’hui traduit le rapprochement FSU/ CGT, rapprochement de plus en plus imminent en raison des élections professionnelles de 2011.

Les deux centrales « entendent ne rien s’interdire dans la période qui s’ouvre» « sur la base d’un syndicalisme renouvelé » pour oeuvrer a un « rassemblement des forces syndicales ».

Le projet de communiqué commun entre les deux orga est là (suite à une réunion du 16 décembre):
prjet-communiqué-fsu-cgt


* Les écoles privées hors contrat bientôt cotées au CAC 40 grâce à la défiscalisation ?

Selon la revue économique Challenge, "près de la moitié des patrons des sociétés du CAC 40 ont sorti leur carnet de chèques" pour financer la Fondation pour l'école d'Anne Coffinier (proche des milieux traditionalistes) qui redonne ensuite de l'argent à des écoles privées hors contrat (en majorité catholiques).


C'est très généreux de leur part : rappelons donc que ces dons se font au mépris de la loi de séparation de l'église et de l'Etat (et également de la loi Debré), et que les contribuables, eux, se trouvent tous dans l'obligation de mettre la main à la poche pour rembourser (en partie) les patrons du CAC 40 qui contribuent, par le biais de cette
niche fiscale (remboursement de 60% de l'argent versé par les entreprises et de 75% pour les assujettis à l'ISF), à creuser encore les déficits publics tout en sapant un peu plus les principes de la République.

Si à cela on ajoute qu’a été adopté la semaine dernière lors du vote du budget éducation 2011, un amendement qui transfère 4 millions d'euros de l'école publique vers l'enseignement privé (à la manœuvre, le sénateur UMP Jean-Claude Carle déjà à l'origine en 2009 d'une loi sur le financement des écoles privées).


* Que les militants se tiennent bien :

Vous l’avez sans doute tous lu, mais vaut mieux le rappeler encore : un militant syndicat de SUD, éducateur spécialisé dans un foyer pour adolescents, détenu "préventivement" lors d'une visite de Sarkozy dans l'Allier. A lire ici.


* LRU II : Diplômes, chercheurs, bâtiments, tout est à vendre !

Source Sauvons l’université.— Une nouvelle loi a été votée le 1er décembre dernier et a suscité une vive réaction de l’Intersyndicale du Supérieur, proportionnée à la gravité des faits. Cette loi Adnot n’aurait dû concerner qu’un pan limité des réformes imposées par la loi LRU : la dévolution, pour les universités passées aux RCE qui en feraient la demande, de la gestion des biens immeubles. Mais ses promoteurs ne se sont pas contentés de mettre ainsi l’université sous le contrôle d’intérêts privés. Ils ont radicalisé la réforme de 2007 et modifié le Code de l’éducation – concoctant par là même une loi LRU II.

Et il ne s’agit pas de simples ajustements techniques...

Quel est l’objectif affiché de cette loi ? Le rapport parlementaire de Françoise de Panafieu indique qu’il s’agit de lever un « obstacle juridique » au fait que « les universités, qui ne sont pas propriétaires de l’immobilier mis à leur disposition par l’État, ne peuvent conclure de contrats conférant des droits réels à des tiers, comme les contrats de partenariat comportant la perception de recettes annexes par un opérateur privé ou les autorisations d’occupation temporaire du domaine public. Or, ce sont ces formules qui sont les plus intéressantes pour les participants à l’opération Campus ». Il s’agit donc d’« ouvrir la voie à des opérations de réhabilitation qui, pour l’heure, sont bloquées ». Le sens de l’opération Campus est clairement énoncé : le plus « intéressant » pour une université serait d’être autorisée à jouer le rôle d’un opérateur privé en louant ses locaux, autrement dit à mettre les moyens et les espaces du domaine public à la disposition d’entreprises et d’intérêts extérieurs, susceptibles d’en user librement.

Disséminer pour mieux étrangler

Cette loi ne se limite pas aux activités immobilières des établissements d’enseignement supérieur. Des « cavaliers » introduisent de nombreux amendements aux dispositions législatives du code de l’éducation et abordent pêle-mêle des questions aussi lourdes que la collation des diplômes, la mise en place des fondations, le périmètre des organismes de recherche.

Effet concret : cette loi permet de créer une super Fondation de Coopération Scientifique (FCS), fondation de statut privé, sur fonds essentiellement publics, sans université, et avec toute « mission de service public d'enseignement supérieur et de recherche"
Initialement présentée comme un lieu de coordination de coopérations scientifiques, la FCS "Plateau de Saclay" verrait, selon ce nouveau texte, ses compétences élargies bien au-delà : elle aurait désormais pour mission de définir la stratégie scientifique du futur campus.

Or, loin de poser les bases d'une véritable université confédérale - qui pourrait au moins constituer une perspective à débattre- la FCS reste en l'état en complète contradiction avec les principes fondamentaux de l'Université : «gouvernance resserrée » sans représentation directe des personnels ni des étudiants, donc sans collégialité dans la prise de décision, possibilité de recruter des précaires en contrat de droit privé, découplage prévisible entre Licence et Master. Son statut en fait l'accompagnement idéal des initiatives d’excellence (Labex, Idex, ..) qui portent en germe la dislocation des UMR et, en confortant le tout-financement par projet, laissent entrevoir l'abandon de pans entiers de la recherche académique jugée non rentable. Enfin, dans la FCS, l'université et le CNRS auraient ensemble 14% des droits de vote, alors qu’ils représentent 51% des personnels, 64% des étudiants !


* Mal à droite ? ou prémices de guerre scolaire à l’UMP ?

Médiapart + MD — Le sénateur UMP Jean-Claude Carle reconnaît officiellement l'importance du lobbying catho  au parlement (il déclare à propos des débats budgétaires sur le financement de l'Éducation Nationale et les cadeaux faits au privé que « les lobbies œuvrent à cette occasion »), même s'il cherche à en nuancer les résultats : selon lui, la rallonge budgétaire offerte à l'enseignement privé afin de lui permettre de supprimer proportionnellement beaucoup moins de postes que dans le public n'aurait aucun rapport avec le travail des lobbies cathos (« cet amendement ne m’a pas été dicté par l’un d’entre eux [un de ces lobbies, NDLR] »)...


Cette position est si peu crédible et les cadeaux faits au privé sont tellement inéquitables que certains sénateurs UMP manifestent publiquement leurs états d'âme...

C'est ainsi que Gérard Longuet, président du groupe UMP au sénat, déclare: « compte tenu de son poids réel, l’enseignement privé est proportionnellement moins sollicité »[...]


« En 2011, la diminution des effectifs dans l’enseignement privé représentera 11,9 % de la baisse totale, alors que ses effectifs représentent en moyenne 20 % des effectifs totaux de l’enseignement »
( texte reproduit ici: http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4281 )

Le traitement du public et du privé est en effet particulièrement inéquitable et sur les sept dernières années, les cadeaux faits au privé
ont été considérables:
entre 2003 et 2009, 95% des postes supprimés dans l'Éducation l'ont été dans le public (contre 5% seulement dans le privé)
[ chiffres cités dans Le Monde du 16/06/2010 par Nathalie Mons, maître de conférences à l'université de Grenoble II et chercheuse spécialiste des politiques éducatives. ].

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Sainte PISA

Alors que dans la presse s’étalent les considérations accablantes (et partiales) sur le système scolaire à la suite de la publication des résultats de PISA, rappelons :

1/ tout d’abord, les propos de X. Darcos, alors ministre de l’EN :

"
La plupart des mesures que je prends servent surtout d'habillage aux suppressions de postes." X. Darcos (Canard Enchaîné, 22 octobre 2008)

et toujours d’actualité sous Chatel II.


2/ les grands axes de la politique gouvernementale :


- fin de la carte scolaire (quand il faut de la mixité)

- fin de la formation professionnelle (quand celle-ci doit aider à faire travailler autrement)

- fin progressive des RASED (quand les dispositifs d'aides sont encouragés)

- suppression de la semaine de cinq jours (quand les journées sont surchargées)

- fin de l'école à 2 ans (quand l'école pré-élémentaire est saluée)

- gel des salaires (déjà parmi les plus bas) (quand cela motive et mobilise les acteurs)

- manque de lisibilité (ordres et contre-ordres) (quand les systèmes efficaces font dans la clarté)

Sinon, tout va bien...

3/ Des solutions édifiantes :
(Extraits de l’entretien de Chatel à RMC. )

En France, explique Luc Chatel, 40% des élèves qui arrivent en terminale ont au moins redoublé une fois. Pour quels résultats ? Est-ce que ça améliore pour autant les performances de ces élèves ou celles du système éducatif ? Je ne le crois pas.
[Le non redoublement assure-t-il lui des résultats et améliore-t-il les performances ?]


(...) il y a un certain nombre de redoublements qui sont vécus comme des échecs, qui n’apportent rien à ces élèves. Et donc il faut développer des alternatives au redoublement. C’est ce que nous commençons à mettre en œuvre avec les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires où l’on donne une alternative. On leur dit : '' Ecoutez, normalement on devrait vous faire redoubler au conseil de classe de fin de trimestre. Mais si vous faites le stage de 15 jours pendant l’été, on vous fera une nouvelle évaluation en septembre et vous pourrez peut-être passer dans la classe supérieure ''. Je pense qu’il faut encourager ce type de pratique qui va dans le sens de la personnalisation ».

[A qui peut-on faire croire que 15 jours de travail supplémentaire pendant l’été vont permettre à un élève en difficulté d’obtenir le niveau nécessaire pour suivre l’année suivante ? ]

4/ Toujours plus de MEDEF :

Voici la convention CPU-MEDEF : convention_CPU-MEDEF



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La droite

Entartage du Claude. C’est là.


* L’enseignement agricole malmené au profit du privé?

C'est ce que déclare la députée de la Gironde, Martine Faure.

http://www.sudouest.fr/2010/11/27/4-500-postes-sauves-250395-2757.php

"On se rend compte qu'il y a un glissement cynique des financements de l'enseignement agricole vers l'enseignement privé. On annonce que plus de 200 postes d'enseignants, contractuels et administratifs seront supprimés à la rentrée. Mais cela va bien au-delà si l'on regarde sur ces deux dernières années.

Ainsi, à Bazas par exemple, on refuse des élèves au motif que les effectifs dépasseraient le quota. En d'autres termes, on empêche le développement des filières agricoles. 30 à 40 % d'élèves seraient ainsi refoulés des lycées agricoles publics. In fine,
on aboutit à la fermeture des établissements ; en moyenne deux par an. C'est un non-sens."

(A mettre en rapport avec les projets de mutualisation des moyens du public et du privé dans l'enseignement agricole...
déjà évoqués par le Mammouth)

Déjà qu’on avait Eric de Labarre, Ministre de l'enseignement privé...


* Restructuration du CNED sur fond de RGPP et de modernisation de l'Etat

Ne dites plus "profs" ; dites "chefs de produits"...


Comme le rapporte L’Humanité, ce nouveau vocabulaire emprunté au monde de l'entreprise et désormais très en vogue dans les coulisses du CNED nous vient tout droit de... France Telecom!


Pour son plan de "
modernisation" du Centre National d'Enseignement à Distance, le ministère peut en effet  opportunément s'appuyer sur le savoir-faire de plusieurs cadres issus de France Telecom nouvellement nommés dans les structures dirigeantes du CNED: ces heureuses nominations devraient accélérer la transformation du CNED, dont 80 % des activités relèvent désormais du secteur concurrentiel, en simple officine commerciale: de nombreuses formations jugées peu rentables sont menacées de disparition, et d'autres voient leurs tarifs en forte augmentation pour mieux coller aux prix du marché (et donc des tarifs nettement supérieurs aux droits d'inscription dans les universités!).


* Les mauvaises idées qui coutent plus que prévu...

Marché du container pour étudiants:
Le Mammouth Déchaîné en avait déjà parlé lors du lancement du projet au Havre par Valérie Pécresse et à nouveau lors de la réalisation du projet.
Dès le début, le Mammouth soulignait que les économies réalisées grâce à ces "constructions"  seraient assez illusoires (du moins pour l'Etat) et que le rapport "qualité-prix" semblait très discutable... Nous en avons confirmation maintenant: l'opération est en effet revenue à 48 000 € par chambre (hors prix du terrain, offert par la ville) contre 50 000 € pour une chambre universitaire classique construite avec des matériaux traditionnels, et les containers, pourtant installés depuis peu, ont commencé à rouiller, à prendre l'eau, à présenter des fuites aux plafonds, sans parler d'autres mauvaises surprises comme des chauffe-eaux défectueux ou une mauvaise isolation...

Au total, l'opération est tellement "réussie" que les autres villes universitaires intéressées par le projet se sont désistées!

Voir ce qui se passe au Havre


* AVS et EVS provisoirement sauvés pour la prochaine rentrée:

source - Un amendement concernant les emplois et assistants de vie scolaire a permis de sauver 4500 postes pour la prochaine rentrée. On se demande d'ailleurs pourquoi le gouvernement avait laissé planer des doutes sur la pérénité de ces postes, car selon la députée (PS) Martine Faure, à l'origine de cet amendement voté à l'unanimité en l'absence du ministre Luc Chatel, il a été facile de "financer les 20 millions d'euros de ces AVS et EVS en rognant dans le budget des heures supplémentaires des collèges, chiffré à 1 milliard d'euros. Ce d'autant que ce budget est tout juste consommé à hauteur de 50 %. "


* Nationalement votre :

Regroupant des députés UMP de la droite décomplexée (qui , comme Lionnel Luca, Christian Vanneste ou Thierry Mariani, vantent le mérite, la famille, la patrie, l’expulsion des délinquants étrangers, la restriction d'accès à l’Aide médicale pour les étrangers, la « militarisation de certains quartiers, devenus des zones de guerres tribales », etc.), le « Collectif de la droite populaire », à qui l'on reproche parfois une certaine proximité avec le Front National mais qui se défend en déclarant que c'est au contraire "le FN qui essaye de [leur] piquer [leurs] idées de base", propose d'instaurer un service civique obligatoire pour tous les jeunes de 16 à 18 ans : « chaque année, ils se retrouveraient deux à trois semaines, pendant les vacances scolaires, autour du drapeau tricolore, avec des instructeurs, aussi bien militaires que civils, qui leur parleraient des devoirs de tout citoyen, des règles du "vivre ensemble"». (source)


Et dire que leurs copains de l'UMP voudraient raccourcir les vacances scolaires! Comment va-t-on faire si, en plus des cours de soutien et des remises à niveau pendant les vacances, il faut aussi maintenant créer des camps pour inculquer l'amour de la patrie? Ne faudrait-il pas plutôt raccourcir le temps scolaire et rallonger les vacances?


* Pécressement votre :

source - « Et si on parlait de vous » ? », le livre de Valérie Pécresse paru en janvier à L'Archipel, affichait 516 ventes en dix mois [...]
Pour Valérie Pécresse, Jean-Daniel Belfond avoue ainsi que la ministre avait acheté « quelques centaines d'ouvrages », précisant « qu'elle a pris toutes les dispositions légales pour que cela rentre dans son budget de campagne ». Il n'en dira pas plus.

Sollicitée, la ministre ne nous a pas répondu. Quand on sait qu'au 23 novembre, elle avait vendu 516 copies, la question se pose :
a-t-elle acheté -ou fait acheter- tous ses livres ?

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Radioactif [MAJ]

[MAJ] Education: le Sénat réduit les suppressions de postes du privé pour 2011
(AFP) — Un amendement au projet de budget 2011, attribuant 4 millions d'euros soit 250 postes supplémentaires à l'enseignement privé sous contrat, a été voté au Sénat dans la nuit de mardi à mercredi, contre l'avis du gouvernement, ce qu'a regretté le ministre de l'Education nationale Luc Chatel.
"Le débat parlementaire continue, le gouvernement maintiendra sa position en commission mixte paritaire" (CMP,sept députés et sept sénateurs) qui doit trouver un compromis entre les versions différentes d'un texte votées par l'Assemblée et le Sénat.
Dans sa version initiale, le projet de budget 2011 de l'Education nationale prévoyait 16.000 nouvelles suppressions de postes, dont 1.633 dans le privé. L'amendement revient à ce qu'il n'y en ait plus que 1.383.


* Masterisation suite : le master en alternance

Dernière idée de L. Chatel. Cela voudrait-il dire que les actuels masters d’enseignement présentent quelques problèmes ?

Source- Gilles Baillat, pré­sident de la CDIUFM et direc­teur de l'IUFM de Champagne-Ardenne, est favo­rable à la récente pro­po­si­tion de Luc Chatel de mettre en place un "mas­ter en alter­nance" pour les ensei­gnants sta­giaires. La CDIUFM réflé­chit actuel­le­ment à des pistes et Gilles Baillat indique avoir ren­con­tré la Dgesco pour pro­po­ser des "ini­tia­tives à carac­tère expérimental".


* La Culture, plein les fouilles.

Il suffit de lire pour comprendre l’intérêt que peut susciter le fait d’être référent « culture », nouveau bidule qui doit révolutionner l’école et auquel on n’avait pas pensé avant :



Il semblerait que la fixation précise du taux résulte d’un va et vient :
le rectorat fixe une enveloppe globale pour toutes les fonctions pouvant relever de cette indemnité.
le chef d’établissement « propose » au recteur les décisions individuelles d’attribution de l’indemnité.
3° L’indemnité est versée après service fait. La 1re sera décomptée à partir du mois de septembre 2010.


* Université à deux vitesses (ou le double effet du Grand Emprunt)

Les "initiatives d'excellence" (IdEx), ce n'est pas pour les lettres et les sciences humaines:

"Sous couvert d'excellence, le projet du gouvernement cible certains secteurs scientifiques et oublie quasiment nos disciplines.", déclare Anne Fraïsse, la présidente de l'université des lettres - Montpellier III - qui menace de quitter le projet au risque de priver l'ensemble du site de Montpellier (Monpellier I et II) du milliard d'euros promis par le gouvernement dans le cadre du grand emprunt...
Des pourparlers sont en cours pour essayer de lui trouver des miettes et la faire changer d'avis. (
source Fabula)



* Remplaçants, remplacés... par des stagiaires (encore)

essonneinfo - Il est 17h30 devant la préfecture d’Evry. Une vingtaine de personnels du corps enseignant manifestent à l’appel de l’intersyndicale FO, Sensa, Sgen-CFDT, CGT Educ’action et SNUipp91. En cause, la récupération des postes d’enseignants en remplaçement long par des stagiaires. La décision a pris au dépourvu ces professeurs investis dans leurs fonctions depuis le début de la rentrée scolaire, en septembre dernier.
Emmanuel Cabiran, coordinateur départemental SNUipp, raconte le désarroi dans lequel se trouvent ces enseignants. « Ils vivent très mal cette situation. J’ai eu des collègues en pleurs au téléphone… Ils étaient tous investis dans leurs classes et beaucoup avaient préparé des chorales ou des activités en vue des fêtes de Noël. Ils ne pensaient pas que leur mission prendrait fin de manière aussi brutale et précipitée ».
30 écoles concernées en Essonne
Les différents syndicats dénoncent le mépris de l’Education Nationale pour ces enseignants, mais également pour les enfants scolarisés et leurs parents ( venus soutenir les enseignants lors de cette action).  » Les stagiaires sont très peu formés, explique Emmanuel Cabiran.
Il faut aussi souligner que ces derniers seront remplacés par d’autres stagiaires une fois leur période pratique terminée. Les enfants pourront donc avoir au cours de l’année de deux à trois professeurs differents, ce qui va à l’encontre de la continuité pédagogique nécessaire au bon déroulement des apprentissages. »


* A-t-on voulu cacher une grave contamination radioactive près d'un collège à Saint-Maur-des-Fossés (94) ?

Un communiqué de presse du Réseau "Sortir du nucléaire" du 26 novembre 2010, qui souligne que la radioactivité aurait été multipliée par 1000 près du collège Camille Pissarro, peut le laisser penser :

Extraits:

"La radioactivité de l'air est multipliée par 1000 et continue à augmenter à 200 mètres du collège Camille Pissarro, selon l'IRSN."

[...]

"
La cartographie des premiers prélèvements de végétaux et d’eaux de surface effectués par l’IRSN dans la zone contaminée est totalement biaisée. Elle oubliait opportunément la direction des vents dominants, qui soufflent en direction du Collège Camille Pissarro, situé à 200 mètres de la source de contamination . Suite au scandale lié à la contamination radioactive, l’IRSN a modifié la cartographie des prélèvements , en prenant enfin en compte la direction de ces vents dominants .

Le Réseau "Sortir du nucléaire" s’interroge sur le brusque changement de cartographie de la radioactivité de la zone contaminée :
pourquoi l’IRSN n’a-t-il pas réalisé des prélèvements dans le sens des vents dominants, au moment où la contamination était maximale ? S’agissait-il de minimiser le plus possible la contamination radioactive de Saint-Maur-des-Fossés ?"


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