Délabrement à bon compte...

*«Faillite silencieuse» de la fac de Saint-Quentin

Libé (Par Un collectif de chercheurs et enseignants-chercheurs de l'Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

« En quasi-cessation de paiement, l’université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) connaît de grandes difficultés pour assurer sa mission d’enseignement et de recherche.
Pourtant, il y a quelques mois, tous les voyants étaient au vert dans cette université louée pour la qualité de son service et ses choix d’avenir. Parmi les premières universités à accéder aux compétences élargies et à «l’autonomie financière», dès 2010 ; signant les premiers «partenariats public - privé» (les fameux PPP) de l’enseignement supérieur et de la recherche ; développant des coopérations avec des entreprises et des fondations, s’engageant dans les projets d’investissements d’avenir mis ..."

Les difficultés rencontrées par les universitaires à l'UVSQ et ailleurs montrent que le passage «aux compétences élargies» est inadapté à un fonctionnement correct du service public d'enseignement et de recherche »

la suite sur Libé (édition abonnés)
ou ici


* ANALYSE : L’école peut-elle réduire les inégalités sociales ?

13 décembre 2013 -
Face aux inégalités sociales, l’école ne peut pas tout. Mais elle ne fait pas assez. Et certaines réformes ont même accentué les écarts. Une analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Les inégalités sont en partie indépendantes de l’école


Plusieurs facteurs poussent à la montée des inégalités sociales, sans que le système éducatif n’y puisse grand chose.
Dans des sociétés où les savoirs formels prennent de plus en plus d’importance, le diplôme joue un rôle croissant dans la définition des positions sociales. C’est moins l’école elle-même que la croyance des employeurs dans la valeur des « titres » scolaires qui est en jeu. Réussir sans-qualification scolaire est difficile. Ce phénomène est renforcé en France, dans la mesure où l’expérience professionnelle est moins prise en compte qu’ailleurs par les employeurs. Pour ne rien arranger, la formation continue bénéficie en priorité à ceux qui ont déjà une bonne formation initiale, limitant encore les chances de réduction des écarts.
[...]
Le système scolaire français, en dépit de ses dysfonctionnements, demeure l’un des meilleurs au monde. Il ne peut pas tout contre les inégalités, mais encore faudrait-il que les politiques publiques ne le rendent pas davantage inégalitaire... La réforme en cours a pour l’instant totalement oublié l’essentiel : la façon d’enseigner et le type de savoirs. Le problème principal aujourd’hui semble être la faible mobilisation des parents et des acteurs du monde éducatif : la question des inégalités à l’école semble désormais secondaire par rapport à la production d’une élite d’excellence.
L’intégralité



* Quand les écoles privées hors contrat (mouvance Sos Education) créent leur propre chèque éducation...

Evasion fiscale scolaire.

Très (très) proche de Sos Éducation qui lui avait fait une campagne de promotion choquante lors de son lancement à Amfreville-Sous-les-Monts [27590], souvenez-vous, l'école privée hors contrat Scolaria excellence finalement ouverte en 2013  à Ernée [53500] , dirigée par un membre notoire de SOS Education, propose aux parents d'élèves de faire financer la scolarité de leurs enfants par les contribuables grâce à une utilisation dévoyée des niches fiscales.

En confondant ainsi les dons défiscalisés aux associations ou aux entreprises et les frais de scolarité et d'internat, l'école "Scolaria excellence" réussit à
faire payer (en grande partie) la scolarité des élèves par l’État..., comme l'indiquent ces captures d'écran du site internet de l'école.

Mais comme il est très douteux que le fisc contrôle en même temps les déclarations d'impôts des parents et les comptes de l'école, pourquoi se gêner ?


Ecole privée et niches fiscalesEcole privée financement public des frais de scolarité

Et pour plus d'informations sur l'école "Scolaria excellence", qui est aussi une fort belle opération immobilière pour laquelle la seule mise aux normes des locaux a été d'environ 400 000 €, voir ici: http://www.mymajorcompany.com/projects/rehabilitation-du-couvent-d-ernee-en-ecole

Pour les levées de fonds nécessaires à la restauration des locaux,
le mécénat et les dons sont bien sûr vivement encouragés. Et comme expliqué sur ces pages par le directeur de l'école, comme là et encore là ils peuvent eux-mêmes être défiscalisés et ouvrir droit en plus à des réductions des frais de scolarité pour les familles et amis des familles...) ...

Et on en est pas, chez
"Scolaria excellence" à une flatterie près :

scolaria piège à gogos
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Performitude

* « Dialogue de performance » dans la salle des profs.

Pour ceux qui croyaient que cela n’arriverait jamais jusque dans leur salle des profs, et que le discours sur les compétences était vertueux, voici ce qui se passe dans le 49.

Un DASEN très performatif.

Le DASEN du 49 en effet, fait en ce moment la tournée des établissements (des lycées en particuliers) pour tenir des « rencontres », lycée après lycée, convoquant, à chaque fois, le proviseur et deux élus du CA de chaque établissement . Les rencontres provoquées portent le doux nom de «  DIALOGUE DE PERFORMANCE » (sic).

Pris sur le vif, ou profondément en phase avec ce genre de discours, ou tout simplement encore imbéciles, un certain nombre de collègues enseignants se retrouvent autour de la table pour discuter avec le DASEN sous la férule de leur chef d’établissement,
sous couvert de représentativité démocratique.

Performance de quoi ?

C’est bien la question qu’il faut poser.
De quoi va-t-on parler ? Qu’est-ce que la performance ? Chacun enseignant a peut-être une idée ce que peuvent-être ses « performances » (de bons résultats, la reconnaissance de ses élèves, le sentiment d’avoir intéressé...), mais le sujet est ailleurs. Pas question de s’intéresser à des éléments aussi subjectifs et inclassables.

L’enjeu est tout autre et doit bien être compris dans le
cadre conceptuel de la novlangue manageriale qu’on nous impose depuis l’OCDE ou le Conseil Européen, et qui ne cache que des préoccupations comptables, la nécessité d’un retour sur investissement, au coeur de « l’économie de la connaissance » (rappel sur ce point, une analyse édifiante là).

Il faut moins de redoublements, moins de savoirs enseignés, moins de profs titulaires, plus d’élèves dans les classes … Ne l’oublions pas : il faut « identifier les besoins en matière de formation », puis « augmenter la pertinence de l’éducation et de la formation vis-à-vis du marché du travail » afin qu’ils fournissent « un dosage approprié d’aptitudes et de compétences » (Conseil européen). Et en plus « tous [les élèves] n’embrasseront pas une carrière dans le dynamique secteur de la « nouvelle économie » – en fait, la plupart ne le feront pas – de sorte que les programmes scolaires ne peuvent être conçus comme si tous devaient aller loin » (OCDE).

Ainsi le dialogue proposé, c’est la mise en concurrence des établissements, des personnels, des disciplines, en surfant sur l’individualisme ambiant. Objectifs proposés (imposés) par l’OCDE, et mis en place par Darcos, Chatel puis Peillon, (Cf.
Le rapport 2011 de l’OCDE sur l’éducation, un manifeste pour une école « rentable » ? article en ligne là)

Et pour donner le change, le DASEN appâte les braves gens avec la promesse d’une poussière d’heures sup qu’il réserverait aux établissements les plus « méritants ». De quoi assurer quelques danses du ventre et appâter le goujat.



* Ambiance de rentabilité, toujours. A l’Université.

C’est à l’Université de Tours que cela ce passe.

La Rotative. FERMETURE TEMPORAIRE DE LA LICENCE D’ALLEMAND : « ON NOUS DEMANDE DE FORMER DES ÉTUDIANTS POUR LES EMMENER AU TRAVAIL »

Entre gestion managériale et recentrage sur les formations conduisant le plus rapidement à l’emploi, l’université évolue… La fac de Tours ne fait pas exception et lorsqu’on ajoute à cela l’image négative de l’allemand en France cela conduit à la fermeture, pour l’instant temporaire, de la licence 1 d’allemand. Interview avec Emmanuelle, maître de conférences du département d’allemand de l’université de Tours.

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* Pour faire passer ses réformes, Peillon a besoin de "chefs" dans les écoles

La mise en œuvre des réformes Peillon ne peut se faire sans la promotion de vrais petits chefs dans les écoles:

C'est ce qu'on peut lire sur le Portail du Gouvernement: http://www.gouvernement.fr/gouvernement/premiers-arbitrages-sur-la-reforme-des-metiers-de-l-education-nationale

"La mise en œuvre des priorités de la refondation de l’école - scolarisation des moins de 3 ans, dispositif "plus de maîtres que de classes" et nouveaux rythmes scolaires - nécessite un recentrage des missions pédagogiques et une reconnaissance financière du métier de directeur d’école."


Ce sont le GDiD, le SE-UNSA et le SGEN qui vont être contents...


* Sciences po en région pas mieux financé que les instituts cathos...

IEP de Lille: "La part de l'Etat [dans notre budget de fonctionnement] n'est plus que de 31%, reconnait le directeur lillois, Pierre Mathiot." source

Autrement dit, l’État ne refile pas plus de fric à ces établissements publics qu'aux instituts cathos d'enseignement supérieur...

IEP bientôt privatisés ?


* Pas de bisou dans les écoles !

A six ans, il est accusé de harcèlement sexuel pour un bisou sur la main

(C'est aux USA que ça se passe).

source "Un petit garçon américain de six ans a été suspendu de l'école pour avoir embrassé une camarade de classe sur la main. Hunter a été accusé de harcèlement sexuel. Vous avez bien lu. La maman du petit garçon est évidemment outrée. "Une action aussi extrême n'a pas lieu d'être avec un enfant de six ans", a-t-elle déclaré à CNN. "Maintenant, mon fils me demande: C'est quoi le sexe, maman?"

Hunter avait déjà eu des problèmes à l'école auparavant. Il avait été suspendu pour s'être bagarré et pour avoir embrassé la même petite fille sur la joue.

Pour l'école, ce comportement se classe dans la catégorie "
harcèlement sexuel" pour la simple raison qu'il s'agit d'"attouchements non désirés". "Notre principal intérêt est que ce comportement cesse", a confié Robin Gooldy, de la Canon City Schools dans le Colorado. "Parce qu'il ne s'agit pas seulement de l'élève sanctionné mais aussi de l'élève qui a reçu les avances non désirées. Nous devons penser aux deux élèves dans cette situation."

La maman de Hunter affirme que son fils et la petite fille "agressée" sont copains. "Elle aime bien être avec lui". Elle demande que le dossier de son fils soit nettoyé de toutes les accusations.

De nombreuses personnes s'insurgent sur la toile et prennent la défense du môme affectueux. "L'école a probablement traumatisé cet enfant pour la vie", écrit une internaute. "Pauvre enfant, il est trop jeune pour savoir ce qu'est le harcèlement sexuel", écrit une autre. "

Et en plus, les parents du petit garçon donneur de bisous osent se plaindre! Les ingrats devraient plutôt se confondre en remerciements car leur fils a eu beaucoup de chance de ne pas être arrêté et menotté comme cela arrive parfois dans les écoles américaines...

Mais le cas n’est pas rare aux USA : voir par exemple sur ce sujet:
Une fillette de 6 ans menottée dans une école américaine : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120417.FAP2749/une-fillette-de-6-ans-menottee-dans-une-ecole-americaine.html

Le dernier cri de la modernité: les "Velcro handcuffs" (parfaitement adaptées pour menotter les enfants dès la maternelle)!
http://gothamist.com/2008/01/27/cuffed_kids_the.php
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On a gagné ! (ou presque)

* Refondation en recul : une victoire à la Pyrrhus ?

A la plus grande joie de tout le monde, visiblement.

Bilan du coté syndical : chacun a gagné :

- le SNALC a une éjaculation et se félicite. Mais de quoi ? du retrait sur les HS des CPGE mais aussi de « l’ambitieuse mise à plat des missions des enseignants ». Bref à la fin de l’envoi, ils signent ! (mais soignent leur électorat bien corpo).

- Pour
FO « ces annonces prouvent que les personnels enseignants qui prennent position pour le retrait du projet du ministre dans des centaines de lycées et collèges avec les organisations syndicales ont raison ». Si tant est que Peillon ait toujours raison... Mais raison de quoi ou de qui d’ailleurs ?

- Pour la
FSU : grand soulagement. Il n’y aura pas à subir les pressions de la base pour faire grève. Ça tombe bien cela commençait à s’agiter alors que les directions s’étaient montrées très conciliantes avec le ministre.

- Pour le
SE Unsa et le SGEN: la reprise des discussions en janvier va permettre au chantier de refondation d’aboutir « et d’avancer ». On craint le pire.

-
pour les asso des profs de CPGE, victoire sur toute la ligne. Leur devise : Peillon-nous en une tranche !

Sinon, vous votre revalorisation comment elle va ? Toujours autant d’élèves dans vos classes ? Leurs petites compétences vont bien ?
Ne plus déranger. Prière de nous réveiller quand les choses sérieuses commenceront.


* Même Copé s’y met :

L’ump croit avoir eu un rôle majeur dans le recul de peillon :

"C'est une nouvelle démonstration que notre rôle à l'UMP est majeur, s’est félicité Jean-François Copé. A force de relayer l'inquiétude des profs de prépas, le gouvernement a reculé." source l’Express.com


* Les beni-oui-oui bien corpo, eux, allient lobbying associatif et syndicalisme

Le GDID (groupement de défense des idées des directeurs), encore une asso de corpo, se félicite des négociations en cours avec le ministère:

source "le lobbying intensif du GDiD depuis des années porte aujourd'hui ses fruits, avec l'aide du SE, du SGEN, de la CFTC et d'autres. [...] Les directeurs d'école auxquels est aujourd'hui proposé un GRAF, ou "grade à accès fonctionnel", vont être reconnus et leur mission distinguée de celle de l'enseignant lambda comme un métier spécifique[...] Deo gratias".

Tiens, la CFTC n'a pas voulu s'associer à la lettre commune que le GDID, le SGEN, et le SE-UNSA ont adressée il y a peu à Vincent Peillon... souvenez-vous
A moins qu'après tout ce soient le GDID, le SGEN et l'UNSA qui aient jugé la CFTC trop timorée et pas assez béni-oui-oui à leur goût ?

Quoi qu'il en soit, les idées du GDID sont bien accueillies au ministère et le directeur d'école gédésidien peut donc se prendre à rêver, comme le résume le Café pédagogique, de  "devenir  un chef de service, un leader pédagogique capable de faire passer les réformes", car "il faut une contrainte pour que le pilotage marche". source


* Pendant ce temps là le MEDEF sait où il va :

Fabula.org. G. FIORASO : LE MEDEF ET LE GOUVERNEMENT PRÊTS AU « COPILOTAGE » DES FORMATIONS""

"Après avoir voulu faire entrer davantage l’entreprise à l’école, le gouvernement cherche à faire de même à l’université. Jean-Marc Ayrault et le ministre de l’Education, Vincent Peillon, avaient placé, le 18 octobre, l’ancien patron d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, à la tête du Conseil national éducation-économie (CNEE). La ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, installe ce matin le comité Sup’emploi. Il sera coprésidé par deux chefs d’entreprise, Françoise Gri et Henri Lachmann.

Lire la suite ...


* Fuite de données concernant les lycéens de PACA

Selon Zataz. Une fuite de données (maintenant corrigée par le Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur) permettait il y a quelques jours d'accéder à plus de 31.000 fiches de collégiens et lycéens de la région PACA : noms, adresses postales, téléphones, étaient ainsi en libre accès... à partir d'un simple navigateur connecté à l'url officiel de l'opération Pass Culture+ mise en place par le Conseil Régional pour les collégiens et lycéens.
Les personnes concernées par cette fuite n'ont pas été prévenues par l'administration.


* Fichage des élèves, toujours (SCONET / SIECLE)

SUDéduc vendée"Les parents d’élève du collectif vendéen contre Base Elèves s’apprêtent à déposer des recours contre SIECLE.
Les parents d’élève dénoncent de nouveau le fichage des données personnelles figurant dans le fichier SIECLE ex SCONET utilisé dans tous les établissements scolaires du second degré : ainsi la nationalité, la profession des parents...sont des champs à compléter..."

On retrouve ainsi dans sconet/siècle la plupart des renseignements litigieux présents dans la première version de Base élèves premier degré... Mais "Contrairement à Base élèves, la mise en œuvre de Sconet n’a provoqué aucune réaction d’envergure, ni des parents ni des enseignants, probablement en raison de la séparation des fonctions administratives et pédagogiques dans le secondaire et de l’absence d’information faite aux familles."

pour plus d’info...

Mais voilà l’idée : créer de vrais directeurs d’école bien au pas...

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Corporatisme, nationalisme et néoconservatisme

* Divisons-nous pour mieux nous aliéner.

En avant pour l'individualisation des carrières et la multiplication des statuts et sous-statuts (ou encore la négation pure et simple du statut, ce qui revient à peu près au même...) !

Sylvie bonnet, présidente de l'UPS, Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, estime-t-elle ne pas exercer le même métier que les profs du secondaire?
C'est en tous cas ce que tendent à montrer ses déclarations:
"Le chantier qui s'est ouvert sur le métier d'enseignant –sans s– ça ne nous semble pas pertinent, dit-elle, parce que les enseignants qui travaillent sur le terrain n'exercent pas tous le même métier".

Cela rappelle un peu Darcos (lui-même ex-prof de prépa) lorsqu'il estimait que le métier de professeur des écoles n'était pas du tout le même dans les maternelles et les classes élémentaires puisqu'en maternelle il consistait surtout selon lui à changer les couches des marmots (et à leur faire faire la sieste)... souvenez-vous

En défendant le statut des profs de prépas, l'UPS n'a cure en tous cas de ce qu'il peut advenir du statut des autres enseignants: il y a enseignants (de prépa) et enseignants; cela tombe bien, c'est aussi le point de vue du Snalc qui soutient "l'ambitieuse mise à plat des missions" voulue par le ministère à l'exception des mesures concernant les prépas... (voir post précédent)

Et comme cette "ambitieuse mise à plat"
plaît bien aussi au Sgen et à l'Unsa... et que le SNES en est toujours à s'interroger sur son positionnement, le profession pourrait bien avoir quelques inquiétudes à se faire...

Quant au positionnement socialiste sur le statut des enseignants et des fonctionnaires (car il y a aussi fonctionnaires et fonctionnaires...), il a comme un petit air de ressemblance avec la pensée sarkozyste:

"
Dans l'Education nationale, comme dans toute la fonction publique le carcan des statuts doit s'ouvrir pour permettre que circulent les hommes, les idées, les compétences." (La Lettre aux Educateurs, Nicolas Sarkozy, p. 29.)

Le changement dans la continuité ?


* La mauvaise herbe prospère, elle, pendant ce temps là.

- Racine et Bara : A l'heure où le collectif Racine perd certains de ses membres fondateurs ( voir ici) qui ont pu être choqués par des déclarations racistes de profs marinistes ( voir ici ou encore ici ) ou par les indignes propos de Marine Le Pen sur l'aspect (tenue vestimentaire et barbe) des otages d'Arlit, ( c’est là ) à l'heure où ce collectif voudrait se prévaloir du soutien de quelques membres d'honneur médiatiques (on leur laisse) le FN toujours en quête d'une dédiabolisation bien incertaine veut lancer le collectif «Bara» (ou «Barra») pour essayer de recruter dans les milieux étudiants. C’est ce que nous apprend le Figaro.

Après Sarko  qui n'avait pas hésité à instrumentaliser Guy Môquet pour chercher à redorer son blason, voilà maintenant que le FN veut récupérer Bara,
"enfant-soldat" tué à 14 ans par des royalistes vendéens et mort, selon la légende,en pressant la cocarde tricolore sur son cœur.
Voilà en effet une initiative qui
ne devrait pas manquer d'exciter le "patriotisme" de la jeunesse étudiante de France...

Selon le Figaro toujours, le
Collectif Racine aurait maintenant 350 adhérents ; il envisagerait même de monter des sections locales dans 3 ou 4 départements où il serait parvenu à trouver au moins 5 profs acceptant de s'afficher comme des groupies de Marine Le Pen (la plupart des profs frontistes ont encore honte et ont du mal à assumer leurs convictions "républicaines").

-Le racisme et la xénophobie récompensés au Collectif Racine ?
Alors que la presse nationale ( voir ici) a récemment épinglé pour ses propos racistes Jean-Bernard Formé, un des membres fondateurs du Collectif Racine par ailleurs tête de liste FN à Lorgues (Var) aux prochaines municipales, celui-ci se voit confier la direction de la section départementale varoise du collectif Racine. ( source)


* Réfléchissons un peu, soyons moins cons (ça changera).

(et faisons nos courses de noêl)

La guerre des idées. Une analyse du néo-conservatisme dans les expressions françaises.

Voici un recueil de plusieurs contributions rédigées par des auteurs qui ont vu depuis le début des années 2000 des choses changer. L’ouvrage aborde le développement en France d’une étrange alliance stratégique entre des idées économiques ultralibérales, un conservatisme religieux – surtout catholique – qu’on croyait passé de mode et un projet politique très proche du néo conservatisme américain.

Il montre comment se sont répandues dans les milieux universitaires comme dans les revues de vulgarisation des thématiques comme le retour de Dieu (pas un numéro sur l’Univers sans que la parole soit donnée à un spécialiste de “théologie rationnelle” (sic)), la naturalité des normes sociales ou du marché, la nécessaire “liberté” de l’éducation dans un État républicain présenté comme quasi totalitaire, ou la ringardise d’une laïcité française liberticide, voire blasphématoire, et encore la vaine prétention des sciences modernes (depuis Galilée) à expliquer le monde, sciences à qui il faut d’urgence fixer une nouvelle “quête de sens”.

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Syndicaleries

* Minimum syndical ? Suite à la FSU...

C’est au tour du SNES d’avoir l’air louche alors que ça réforme dur au ministère. Et que fait le SNES face à une évolution majeure des décrets de 50 ?

C’est la question que pose le site
initiative communiste, qui visiblement flaire bien l’ambiance, et mène une analyse (en bon connaisseur semble-t-il dudit syndicat) que confirme d’ailleurs le dernier numéro de l’US tout aussi flottant dans la définition de la position syndicale.

Le SNES-FSU et Vincent Peillon : Drôle de jeu, ou l’illusion du « qui perd gagne » ?

Face [ces réformes], le SNES, principal syndicat du Second degré, a usé d’une stratégie de communication qui est apparue de plus en plus suspecte aux yeux des bases militantes :
  • pas de protestation forte contre les modalités de ces discussions (calendrier hallucinant : projet transmis le 18/11 et discussions achevées à la mi-décembre ; aucune consultation des personnels) ;
  • l’acceptation de « l’entrée par les missions » (donc de la liste du bloc 2), sous prétexte de « rendre visible la réalité du travail enseignant » ;
  • des modifications qualifiées « d’avancées importantes » (par exemple le fait de remplacer « 1607 heures » par « le temps de travail applicable à l’ensemble de la Fonction publique »), alors qu’elles laissent en l’état les mesures les plus dangereuses ;
  • pas de contestation ferme du pouvoir renforcé des chefs d’établissement par rapport à l’attribution de missions rémunérées ;
  • pas de rejet clairement exprimé du redéploiement opéré entre catégories de professeurs (ceux qui bénéficient d’une diminution de leur temps de service, grâce à une « pondération » / ceux qui voient le leur s’allonger, parce qu’ils perdent leur décharge statutaire ou la prise en compte des effectifs lourds de leurs classes).
Face au tollé déclenché par ce projet chez les professeurs de classes préparatoires (dont la plupart verraient leur temps de service en CPGE augmenter de 10 à 20%), le SNES a lancé un appel à la grève pour le lundi 9/12, mais en le limitant aux seuls professeurs de CPGE, laissant le reste de la profession dans une position d’attente du résultat de « discussions en bilatérale » avec le ministre.
Absence de critique ouverte et ferme contre le projet ministériel, priorité donnée à une démarche de lobbying, tendance à l’attentisme…, un positionnement syndical est à l’œuvre, qui nous éloigne un peu plus du syndicalisme de lutte pourtant revendiqué par le SNES dans son dernier Congrès, et qui désarme les bases militantes dans leur volonté de construire les mobilisations convergentes indispensables pour gagner la revalorisation nécessaire (augmentation des salaires – reconnus parmi les plus bas d’Europe -, et diminution du temps de travail – inchangé depuis 63 ans… -).

* Que veut/pense/dit le SNALC ?

Et bien on ne sait plus trop non plus. Voici que, dans un communiqué, il fustige Peillon qui s’attaque aux CPGE mais se réjouit de la mise à plat des statuts du secondaire et soutient l’ambitieuse réforme en cours.

Faudrait leur dire que de l’un dépend l’autre... L’art de la rhétorique a de plus en plus de mal à cacher un appui bien embêtant...

Snalc

Le SNALC, ni à gauche, ni à droite ! A l’extrême centre alors ?


* Avenir de la fonction publique: Des négociations pour tout changer ?

C'est du moins ce que voudrait l'iFrap... (et une bonne partie de la droite). Le gouvernement va-t-il le faire ?
Voir ce qu’en dit 20minutes.


Grilles indiciaires et traditionnelles catégories (A, B, C) pourraient voler en éclat au profit de grilles par filières professionnelles (enseignement, médicosocial, etc).
Les ultralibéraux de l'iFrap rêvent déjà d'une individualisation totale ou quasi totale des carrières et souhaiteraient que la France s'inspire du modèle allemand où la plupart des agents publics sont recrutés sous contrat de droit privé et où le statut de fonctionnaire est réservé à une minorité d'agents publics (1,6 million sur cinq millions d’agents publics) .


* Et pendant ce temps là certains s’en mettent plein les poches :

Ufal : Financement détourné de l’enseignement privé confessionnel par l’État au travers d’associations


En 2011, plus de 20% des subventions accordées aux associations par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche sont allées à des associations gestionnaires d’établissements privés d’enseignement supérieur confessionnels (26,5 M€ sur 129 M€).
Les instituts catholiques se taillent la part du lion avec 8,2 M€ pour celui de Paris, 7,42 M€ pour celui de Lille, 4,9 M€ pour celui de Lyon et 2,8 M€ pour celui de Toulouse.
Au nom de quoi le Ministère finance-t-il ces établissements privés confessionnels, qui d’ailleurs usurpent illégalement pour la plupart l’appellation d’Université ?
Voilà bien un financement détourné de l’enseignement privé confessionnel par l’État au travers d’associations.

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Réformons, réformons !

* Réforme des statuts. Résumons pour le second degré :

- disparition de toutes les décharges statutaires (heures de vaisselle, labo, cabinet, ...)
- disparition des heures de chaire (1er et term)
- fin de l’heure à effectif pléthorique (36)
- 15 ou 18 h comme « horaire de référence » (et non maxima)
- politique de prime (à la casse) pour des « missions supplémentaires » ou les charges supplémentaires
- définition locale (par les CA) desdites missions (et de l’attribution des primes)
- diminution des pondérations pour les CPGE ET passage des ORS à 10 h pour tous.
...

Face à cela :
- pondération de 1,1 en ZEP
-pondération de 1,1 en 1ere et term
- 3000 € annuels de prime en prépas (que si + de 35 élèves/classe)
- 4000 postes en plus dans les collèges.
- suppression de la note de vie scolaire.


... sinon la revalorisation pour tous c’est pour quand ?


* Primaire : nouveaux programmes ?

Le SNuipp veut qu’ils soient clairs, ambitieux, réalisables (source). Soit.
Mais toujours sous la coupe des compétences ?

Alors ça change quoi de les refaire ?


* Cacophonie au SNUIPP : le cosecrétaire général adjoint accuse ouvertement son syndicat d’avoir fait « le minimum syndical »

Et cela se lit dans Le Monde. : « Nous traversons aujourd’hui des heures difficiles, sans doute sans précédent dans l’histoire du SNUipp-FSU et je pèse mes mots. Nous n’avons pas été capables d’analyser et d’anticiper une situation. Nous n’avons pas été en situation de l’organiser et pour la première fois de notre existence, une partie des événements nous a échappé, laissant le champ libre à d’autres qui s’en sont largement emparé [FO et SUD] ».

A un an des élections professionnelles, l’attaque est d’autant plus violente que ces mots ont été prononcés lors du dernier conseil national, les 19 et 20 novembre, par le secrétaire général adjoint de l’organisation, Christian Navarro, le numéro deux derrière le secrétaire général, Sébastien Sihr. Les nouveaux rythmes scolaires auront-ils la peau du SNUipp ? Officiellement, Sébastien Sihr estime normal « que des voix discordantes se fassent entendre ». Christian Navarro, lui, se refuse à répondre au Monde, précisant par SMS que « Sébastien Sihr est porte-parole ».

"
Le SNUipp, qui a perdu un millier d’adhérents cet automne, comme le reconnaît M. Sihr, se cherche une ligne. S’il appelle à une deuxième grève nationale le 5 décembre, aux côtés de quelques syndicats minoritaires – CGT, FO, SUD et des parents de la PEEP, classée à droite –, il ne s’était pas mobilisé au niveau national le 14 novembre, alors même qu’une trentaine de ses antennes départementales participaient au mouvement. De quoi perdre son latin."

Ll’intervention de Christian Navarro a obligé Sébastien Sihr à changer de tactique.
Qu’un cosecrétaire général adjoint accuse ouvertement son syndicat d’avoir fait « le minimum syndical », et l’enjoigne de « redresser la barre », explique le changement de stratégie. D’autant que Christian Navarro avait pris des accents solennels, rappelant que « ce conseil national est important, sans doute le plus important pour notre organisation syndicale depuis très longtemps ».

Et le SNES, comment il va le SNES ?

* Peillon « ne reculera pas » face aux professeurs de classes « prépas » qui se disent surchargés

source - « Comment vous pouvez dire à la fois “huit heures, je ne peux pas faire plus, je suis surchargé”, et faire huit heures supplémentaires », a-t-il ainsi interrogé.

D'ici à ce que Peillon s'avise qu'au collège ou au lycée, il y a aussi de grands amateurs d'heures sup....


*Des taupes dans l'administration ? Quand l’extrême droite (curieusement renseignée) fait la sortie des classes ...


C'est après avoir été "renseignée" sur la liste des écoles susceptibles de participer à un dispositif de lutte contre les discriminations sexistes, que la mouvance extrême-droite-catho-manif-pour-tous s'en est prise à plusieurs écoles de l'Hérault.
Une enquête administrative serait en cours...


Voir article de l'Huma ci-dessous :

«Attention : on poussent (sic) nos enfants vers l’homosexualité », « Protégeons nos enfants ! », « Les couples de demain et donc les familles ne seront ni hommes ni femmes ».
Les tracts distribués il y a deux semaines dans l’Hérault à la sortie de plusieurs écoles élémentaires, dont une primaire du quartier de La Paillade, sont alarmants. « Ces gens se présentaient comme une association chrétienne », explique une institutrice. Les protagonistes sont en fait les
petites mains de la Manif pour tous et des Veilleurs. Ceux-là mêmes qui prient chaque mardi devant la préfecture, s’opposant à ce qu’ils appellent « la théorie du genre ». « Ils m’ont dit que nos enfants allaient subir une expérimentation et qu’il n’y aura plus de différence entre les sexes », témoigne Aurélie, une jeune maman. « L’ABCD de l’égalité, c’est travailler sur l’égalité filles-garçons, sur le respect des autres », reprend l’institutrice. « On prend en compte les évolutions de la société et on sensibilise les élèves car ça ne se fait pas en terminale  ! Le but est d’enrayer les représentations mentales hommes-femmes », renchérit Marc Pirot, directeur de cabinet de la rectrice de Montpellier.



*Activités périscolaires: L'AMF voudrait un nouvel abaissement des taux d'encadrement et des normes de sécurité.

20 minutes L’AMF souligne que les sujets brûlants qu’elle a mis sur la table à la rentrée 2013 n’ont toujours pas été tranchés: «Nous ne savons toujours pas si les aides financières de l’État seront pérennisées après 2014, si les normes d’encadrement des activités périscolaires seront assouplies et si le dispositif sera adapté en maternelle.»

Selon toute vraisemblance, il y aura de toutes façons de nombreuses dérogations en 2014 pour les communes qui ne parviennent pas à recruter le personnel nécessaire...

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Opportunités en tout genre...

* Réforme des statuts / discussions au ministère

Les groupes de travail travaillent ! Le ministère a sorti de nouvelles « moutures » des fiches en discussion.
Pas de grands changements, au mieux des précisions.

Il faut être clair :
certains syndicats se félicitent de tout cela et participent activement à cette « réforme » (SGEN, SE-UNSA et SNUipp), d’autres négocient des primes (SNALC ou SNES), les autres restent pour sauver ce qu’ils peuvent.
Et comme le fond n’est pas négociable...

Bref, tout ce foin,
fait oublier l’essentiel : la nécessité de personnels, de moins d’élèves par classe, ... et tout ça sous couvert de modernité et d’esprit de réforme !

Diverses annonces :
-
On achève bien les RASED, que l’on va placer dans le pôle ressource de Circonscription. C’est un éclatement de leur fonctionnement qui est proposé.
-
3000 € de primes obtenus pour certains profs en classes prépas en dédommagement de leur perte de salaire. Mais pas pour tous. Pour très peu même...
On remarquera que certaines catégories ont un pouvoir de nuisance au ministère bien supérieure à d’autres... Les enseignants en ZEP semblent bien moins dangereux pour le ministre...

A suivre...


* La réforme des rythmes ouvre la porte de l’École Publique à l'Eglise.

Encore deux raisons de faire grève jeudi...
A Lyon, l'Armée du Salut (oeuvre caritative protestante) anime certains temps d'activité périscolaire (voir ici ou .) Et à Paris, les cathos se sont organisés pour ramasser tout le monde (baptisés ou non) à la sortie des classes (voir ici):
C'est la fête...

*Propos racistes du Collectif Racine: premiers départs chez des membres fondateurs bien naïfs...
Est-ce en raison des propos racistes tenus à plusieurs reprises par des membres fondateurs du collectif Racine, voir par exemple
sur notre page ou encore sur cette autre que certains demandent à ce que leurs noms ne figurent plus dans la liste publiée sur le site ?
http://www.collectifracine.fr/?p=200

Ca rappelle d'autres départs du FN ces derniers temps parmi les candidats aux municipales...


* Plein les poches, de subventions publiques

C’est à Montpellier que cela se passe. Aide publique de 100 000 € à Sup de co. Ca choque un peu (tout de même...)

Midi libre.
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