Au Fillon !

Cette mise à jour, c’est un petit peu comme un cadeau de noêl avant l’heure : inespérée !

Les Brèves :
-
programme Fillon, interdisciplinarité pour tous : pas plus de 5 enseignants par classe au collège (en 6è et 5ème pour commencer...). C’est là.
- Certains ministres ou ex-ministres n'ont pas attendu Pisa pour être nuls en math.
Rappel ici.
- Longuet en progrès : il ne réclame plus le port de l’uniforme. C’est déjà ça !



* Travailler plus pour travailler plus.

Longuet, qui n’est pas la moitié d’un con (d’ailleurs il est sénateur), lance une bouteille à la mer sur la question du temps de travail des enseignants. Ces petits chouchous, ils ne font pas leur 1607 h, fait-il mine de découvrir!

Scandaleux, outrage à la Nation !

Il oublie aussi de stipuler que le statut des enseignants fait partie des statuts dérogatoires de la fonction publique donc que de toute façon, il n’y a pas alignement possible sur les 1607 h.
Mais c’est bien joué pour enfoncer un clou dans une brèche que certains syndicats à l’occasion des dernières négociations sur les statuts (de l’UNSA à la FSU) ont bien pris soin de laisser à moitié ouverte. On ne les entend pas trop ces jours-ci monter au créneau.

On ne s’attendait pas moins ceci dit de la part des syndicats réformistes et patronaux comme l’UNSA...
A cela si vous y ajoutez un
discours syndical tout aussi peu clair comme celui de FO (dont le syndicat des chefs d’Etablissement se mobilise pour que ces derniers aient un plus grand contrôle pédagogique sur leurs enseignants, autre façon d’entériner les dernières réformes - campagne les Venredis de la colère), on comprend vite que le prof de base va devoir serrer sérieusement les fesses pendant les cinq années à venir.

En demandant à ce que les services des enseignants soient augmentés de 5 à 7 h (et annualisés), Longuet laisse ainsi de la marge pour que certains syndicats crient victoire lorsque les enseignants s’en verront imposés 2 à 3 !

Ce doit être du management syndical cela...


* L’enquête PISA  ou comment se mettre le doigt (là où ça fait mal).
Comme tous les trois ans, elle revient. L’enquête PISA ou comment aider les organismes mondiaux à aligner l’école avec leurs prérogatives.

Nous voilà, en 27ème position, une régression…de deux rangs. Avec comme constat majeur : un système inégalitaire. Et là, tout de suite, que se passe-t-il ? Et bien, les médias, les politiques, l’Europe, le marché commun cherchent des coupables. Tout y passe : les options dans le secondaires pas assez nombreuses, les options dans le secondaire trop nombreuses, le socle pas assez mis en avant, le socle trop formel, les journées trop longues, les journées trop courtes, les programmes trop lourds, les programmes trop légers, les enseignants trop payés, les enseignants pas assez reconnus…tout et son contraire.
L’idée étant de faire passer le message que le monde global veut faire passer. Celui d’une marchandisation de l’école, avec des inégalités efficientes, et pas des inégalités subies. Par contre, nulle part trace du fait que le nombre d’élèves par classe est corrélé aux difficultés, nulle part trace du fait de l’existence des cartes scolaires qui pourtant créent des ghettos scolaires, nulle part trace du fait que le système de notation français ne prend en compte qu’un certain nombre de compétences et ne reconnait pas, par exemple, le plurilinguisme…


Donc, comme chaque année, on ne commentera pas les résultats de l’enquête PISA, qui se contente de mesurer l’adaptabilité des élèves du monde entier à l’enquête PISA elle même !

* Le plan Fillon : "Autonomie" et privatisation à venir de l'Educ Nat : tout va pour le mieux !

Il n'aura échappé à personne que Fillon propose la suppression de 500 000 emplois publics , et non de 500 000 fonctionnaires
Ouf! Le plan social concocté pourra passer presque inaperçu et les syndicats réformistes pourront continuer à s'asseoir autour des tables de négociation.

Et comme, pour atteindre cet objectif, il sera à l'évidence beaucoup plus facile de supprimer des postes de contractuels que des postes de fonctionnaires, il faut s'attendre à voir le nombre de contractuels diminuer très fortement parmi les emplois publics, et donc tout particulièrement dans l'Education, gros employeur de contractuels depuis plusieurs dizaines d'années. En effet, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne permettra pas d'atteindre l'objectif de 500 000 emplois publics.

Or chacun sait que
ce sont principalement les contractuels qui assurent les remplacements dans le secondaire. Fillon devra donc nécessairement accompagner la réduction des effectifs d'une réforme du remplacement en favorisant les remplacements en interne comme cela se pratique dans l'enseignement privé , mais aussi en laissant la possibilité aux établissements de recruter eux-mêmes des remplaçants vacataires sous des statuts de droit privé comme le permettra la prochaine réforme de l'éducation avec la mise en place de "l'autonomie" des établissements promise par Fillon...

Cela aura l'avantage pour les ultra-libéraux et leurs alliés cathos de faire
un pas de plus vers la privatisation totale de l'école en habituant progressivement  les établissements à recruter eux-mêmes leurs personnels sous statut de droit privé (en commençant par les remplaçants avant bien sûr d'étendre le système...).


*Le centre des œuvres universitaires (Crous) de la capitale victime d'une supercherie des anti-IVG


Le centre des œuvres universitaires (Crous) de la capitale a été victime d'une supercherie des anti-IVG, tout comme d'autres institutions (les villes de Colomiers ou de Lorient, le centre hospitalier de Bordeaux ou encore les portails d’informations jeunesse des départements de Moselle ou de Charente-Maritime) qui relaient en toute bonne foi le numéro vert du site IVG.NET pensant qu'il renvoie à un service officiel alors que ce site cherche en réalité à dissuader les femmes de recourir à l'avortement.

C’est ce que révèle
un article du Monde qui met bien en relief les liens existant entre ce site et la droite catholique réactionnaire.

Le site
IVG.NET a en effet été créé par l'association SOS détresse fondée par un couple de militants catholiques soutenus par l’European Centre for Law and Justice (ECLJ), un lobby européen proche de La Manif pour tous, dont les principaux combat sont la dissuasion du recours à l’avortement et l’interdiction de la gestation pour autrui en Europe et qui a enthousiasmé la fachosphère catho en militant pour la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes comme on peut le voir ici.


* En prime : un uniforme ça rend l’air moins con :

unpeutroplonguet

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