Expérimentationisme

* A la hussarde, les nouvelles expérimentations de Cohn-Bendit. Celui-ci a lancé l'idée de collèges pilotes avec une pédagogie dite moderne et performante. Voilà ce que nous apprend SUD-éduc au sujet de leur implantation :


"Par voie de communiqué de presse, 5 établissements (collège Jules Vallès de la Ricamarie - 42, collège Les explorateurs à Cergy Pontoise - 95, collège Beaumarchais à Meaux - 77, Collège Chevreul à L’Haÿ les Roses - 94 et collège Jean Jaurès et lycée Lumière à La Ciotat –13) ont appris le lundi 5 février qu’ils étaient désignés « sur proposition des recteurs concernés pour accueillir des équipes d’enseignants portant des projets innovants /…/ formées à l’initiative de Gabriel Cohn-Bendit. Ces équipes proposeront des projets innovants qui s’inscriront dans le cadre de l’article 34 de la loi de programme et d’orientation pour l’avenir de l’école (article L. 401 du code de l’éducation)… » Hormis les établissements de la Ciotat, porteurs d’un projet construit de pédagogie Freinet, les autres l’ont découvert via le site du cafepedagogique. A aucun moment, les communautés scolaires n'ont été contactées, et encore moins concertées, sur ces propositions. Ce sont donc des projets extérieurs qu’on essaiera de leur imposer. Ces établissements ont été choisis car subissant un fort « turn over » des enseignants - « turn over » sensé faciliter l’arrivée de nouvelles équipes. La référence à l’article 34 montre bien que ce qui est en jeu n’est pas l’expérimentation proprement dite - l’application de cet article permettant de déroger à la loi commune. Ce qui est en jeu c’est la dérogation aux règles de mutation des enseignants, la labellisation « collège expérimental » permettant de définir des postes à profil – les enseignants volontaires signant en quelque sorte un engagement à respecter le « cahier des charges » rédigé par le Collectif d’Initiatives Educatives initiateur avec Gabriel Cohn Bendit du projet. L’expérience étant appelée à s’étendre (dixit M. Héron IPR chargé de mission à l’innovation de l’académie de Créteil) nous allons nous retrouver dans la situation de France Télécom avec une double gestion des personnels. Derrière l’extension des postes à profil d’abord gérés par les rectorats se dessine le caractère propre des établissements et le recrutement des enseignants par les chefs d’établissement en adéquation avec les projets des établissements. Les enseignants de ces établissements ne sont pas prêts à céder leur place et leur liberté pédagogique."




* Faute de sondage, on invente les chiffres. C'est mieux, et puis aux moins on est sûr qu'ils disent ce que l'on veut.

«Alors que nous nous sommes tant battus pour que l’on en parle, nous nous sommes sentis remis en cause»,
explique Hubert Tisson, de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie (APHG), qui a demandé d’où venaient ces chiffres : «Il ne s’agit pas d’un sondage, a admis l’entourage de Darcos, mais de remontées de terrain des recteurs. Le ministre les a interrogés après un sondage de 2000 indiquant que plus de 50 % des jeunes de 16 à 24 ans s’estimaient insuffisamment informés.» Pour l’APHG, c’est une«dérive dans la communication». Lu dans Libé.
C'est vrai que les recteurs ils sont vraiment sur le terrain de l'élève de troisième ou de première ... D'ailleurs j'en ai encore croisé un il y a dix ans.


* Allègre le retour annoncé. On ne résistera pas à diffuser ce petit mot d'Hollande :

A propos de la possible nomination de Claude Allègre au gouvernement, M. Hollande a affirmé que "si l'objectif de Nicolas Sarkozy est de mettre des milliers de Français dans la rue, je ne saurais trop lui recommander la nomination de Claude Allègre". "Il a du talent, et notamment celui-là", a-t-il souligné.

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notation et agreg de droit

* Notation des profs par le site à la con. On n'est pas aidé par notre administration c'est le moins qu'on puisse dire. Voici le genre de page sur lequel on tombe lorsqu'on est débouté. La publicité est j'espère malencontreuse.



ou aussi , ça :


Rappel : le contre site note2be est toujours à visiter
et propose de quoi emmerder au maximum les propriétaires du site.
Résultat du référé, le 3 mars.

* On n'aime pas les fascistes. Pour une fois la mobilisation vient de la fac de Droit, c'est un peu le monde à l'envers. Mais c'est vrai qu'il y a danger. C'est à Poitiers...

Faculté de Poitiers: mobilisation contre l'affectation d'un ancien du GUD

Des étudiants de la faculté de Poitiers, soutenus par la présidence, des professeurs et des politiques, se sont mobilisés lundi pour refuser l'affectation d'un professeur en raison de son passé au sein du mouvement d'extrême droite GUD, a constaté un correspondant de l'AFP.
Une pétition en ligne a été lancée et a recueilli plus de 250 signatures, dont celles de trois députés socialistes de la Vienne et du doyen de la faculté des sciences humaines et arts.
"Les affectations ne posent pas de problème la plupart du temps. Mais la venue de ce juriste et nouvel agrégé d'histoire de droit est une source de trouble", a déclaré à la presse le président de l'université Jean-Pierre Gesson.
Les étudiants ont annoncé qu'ils "perturberaient les cours du nouvel agrégé en lui rappelant à chaque fois son passé". Ils lui demandent "de renier ses engagements" passés au sein du GUD où il a été président du groupement d'extrême droite universitaire de 1995 à 2000.
Benoît Fleury, en tant que major de l'agrégation, a pu choisir l'université où il voulait enseigner et son choix s'est porté sur Poitiers.
"Le conseil d'administration prend acte avec la plus vive inquiétude de l'éventuelle nomination de Benoît Fleury et regrette que la procédure d'affectation des agrégés du supérieur ne laisse aucun droit aux instances de l'université, ni à son président, de s'opposer au recrutement d'un ancien dirigeant d'un groupuscule violent d'extrême droite", indique l'université dans un communiqué.
"Compte tenu de l'opposition de la communauté universitaire et afin d'apaiser les tensions, le conseil d'administration demande au président de la République de ne pas procéder à la nomination et à l'affectation à Poitiers de Benoît Fleury", conclut le texte.

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Prescriptions ministèrielles et syndicales

* Maîtrise de la société. Voici un montage autour des propositions de notre hyperactif de président sur la recherche des gènes de la délinquance
(première partie)

La seconde partie est là (à voir au moins pour la première minute et pour plus largement comprendre l'actualité du débat entre l'inné et l'acquis).

Si l'hyperactivité est une maladie (génétique), qu'il aille se faire soigner.

* Maîtrise de la révolution. Grève annoncée le 18 mars. Annoncée par la FSU et la CFDT. Les autres suivront-ils ? Pas certain. Et encore moins certain qu'il y ait des grévistes... Surtout qu'il y a un éclatement certain dans cet appel. Voici ce que cela donne :

Texte Action (BDFN [bureau délibératif fédéral national] FSU)

Le BDFN appelle les personnels de l’éducation et de la recherche à amplifier leurs mobilisations :


Contre les choix (budget, politiques éducatives, programmes, loi LRU, démantèlement des organismes de recherche…) qui menacent le service public d’éducation et sa capacité à assurer la réussite de tous et qui dégradent les conditions d’exercice de leurs métiers, développent la précarité et contribuent à leur dévalorisation.
Pour une transformation du service public d’éducation pour la réussite de tous.
Pour une revalorisation des métiers de l’éducation et de la recherche

Dans cette perspective il décide d’un plan d’action :

- une semaine d’action éducation du 12 au 19 mars marquée notamment pas une journée contre la précarité le 12, une grève intersyndicale dans le second degré le 18 et une journée nationale de mobilisation et de manifestations dans le premier degré le 19.

- développement d’initiatives unitaires au plus près du terrain avec d’éventuels nouveaux temps forts dans la période de poursuite de l’action contre la loi LRU et ses conséquences, de préparation des cartes scolaires, d’annonces des réformes des lycées (LP, LG et LT) et de préparation du livre blanc sur les métiers.

- manifestation à caractère national le week-end du 17-18 mai.

Avec ça débrouillez-vous...

*Maîtrise de la réforme. Voici une analyse que tout le monde devrait coller dans sa salle des profs car tous les enseignants n'en sont pas encore conscients. Le résultat : le Flexiprof. C'est sur politique.net (et plus particulièrement ici).On le savait déjà mais le répéter c'est toujours bien.

Extrait :

Objectif recherché : créer artificiellement le surnombre pour aboutir au "flexiprof"

En ne remplaçant pas des retraités, et en augmentant le nombre d'heures supplémentaires, de nombreux enseignants, qui ont vu leur poste supprimé dans leur établissement, doivent être réaffectés. Dans tous les lycées de Seine-et-Marne (77), pour la deuxième année consécutive, des postes sont supprimés dans toutes les matières. Il y a alors une situation de sureffectifs : le rectorat a beaucoup de mal à trouver une affectation à tous ces enseignants. Résultat, il n'est pas rare de voir un enseignant être nommé sur poste fixe dans... trois établissements différents pour combler quelques heures par-ci par-là. C'est le cas pour les matières générales. Mais lorsqu'il s'agit de matière plus pointue, comme en génie mécanique, un enseignant peut se retrouver affecté dans une autre matière. En définitive, sans le dire, le gouvernement est en train de modifier entièrement la nature du métier d'enseignant : le ministère augmente le nombre d'heures supplémentaires pour que chaque professeur augmente son temps de travail. Mais cette hausse des heures supplémentaires passe obligatoirement par la suppression de postes (pour augmenter la part du gâteau, il faut diminuer le nombre de personnes qui se le partagent). Et les enseignants qui ont vu leur poste supprimé sont alors affectés sur plusieurs établissements, voire sur des postes qui ne correspondent pas à leur formation. C'est l'avènement du flexiprof : il enseigne plus d'heures, plus de matières, pour un coût moins élevé.

*Enfin, Maîtrise des notes ? Le site de notation des profs en ligne, est examiné en référé ce lundi.
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Après Pochard...

* Depuis un certain temps (déjà) c'est au tour du Sénat de mettre son nez dans la grande réforme de l'EN. Encore une fois, la question telle quelle est posée indique déjà la réponse :

(Trouvé sur le site du Sénat, commission des affaires culturelles)

A quoi sert le baccalauréat ?

A l'initiative de M. Jacques Legendre (UMP - Nord), la commission des affaires culturelles, présidée par M. Jacques Valade (UMP - Gironde), vient de créer un groupe de travail chargé de réaliser un « état des lieux » du baccalauréat.
Le groupe est composé de :
M. Jacques Legendre, président, M. Yannick Bodin (Soc ‑ Seine‑et‑Marne), M. Pierre Bordier (UMP ‑ Yonne), M. Jean-Pierre Chauveau (UMP ‑ Sarthe), Mme Brigitte Gonthier-Maurin (CRC ‑ Hauts-de-Seine), Mme Colette Mélot (UMP ‑ Seine‑et‑Marne), Mme Catherine Morin-Desailly (UC-UDF ‑ Seine-Maritime) et M. Michel Thiollière (RDSE ‑ Loire).
Le groupe de travail s'attachera à montrer les évolutions qu'a connues cet examen, aussi bien du point de vue historique que sociologique, à un moment où la valeur du baccalauréat en tant que diplôme comme en tant que sésame vers l'enseignement supérieur fait débat.
Le groupe de travail entend
proposer des pistes de réforme qui feront l'objet d'un rapport d'information présenté au mois de juin 2008.
Et hier, (le 20/02) , ce groupe organisa une table ronde avec les représentants des parents d’élèves : Faride HAMANA, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE) ; Anne KERKHOVE, présidente de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) ; Véronique GASS-DINTROZ, présidente, et Dominique DHOGGE, membre du bureau national, de l’Union nationale des associations de parents d’élèves de l’enseignement libre (UNAPEL) ;
Cela pour auditionner Guy VAUCHEL, secrétaire national des Syndicats généraux de l’éducation nationale - Confédération française démocratique du travail (SGEN-CFDT) ; Roland HUBERT, cosecrétaire général, Mireille BRETON, secrétaire nationale, et Philippe LAUDOU, secrétaire académique, du Syndicat national des enseignements de second degré - Fédération syndicale unitaire (SNES-FSU) ; Luc BENTZ, secrétaire national de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA-Education).

Rappelons que c'est cette commission qui a auditionné au début du mois un certain Pochard et devant laquelle celui-ci a donné trois pritorités absolues d'une éventuelle réforme :
"- le développement de la responsabilité des établissements, avec la création notamment d'établissements publics dans le primaire ;
- le développement d'une gestion de proximité des enseignants ;
- la mise en place d'un temps de présence obligatoire des enseignants dans l'établissement scolaire."

*Darcos for ever. Ce pourait être aussi le titre de l'article que consacre Le Figaro au ministre de l'E.N. Une biographie rapide qui flatte tous les aspects contradictoires du personnage, vante son intelligence et ses goûts intellectels, mais lui fait dire aussi quelques gros mots pour montrer le côté prolo (d'un fils de trésorier payseur). Cependant rien sur une carrière au sein d'un establishment ou se développent de nombreux enjeux de pouvoir. Bref, un ange. C'est sur cette page là.

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Enseignement religieux à l'école publique et concours

* Personne n’y a prêté attention mais dans son discours au dîner du CRIF, le Président de la République aurait-il bel et bien annoncé qu’il entendait introduire un enseignement religieux à l’école publique ? Cette annonce a été éclipsée par celle du parrainage des enfants de la Shoa. C'est Bakchich qui nous décripte le reste du discours de Nique Ola.

"C’est l’autre bombe du discours prononcé par Nicolas Sarkozy au dîner annuel du CRIF, le 13 février. Une bombe encore plus lourde de conséquences que la proposition de confier aux élèves de CM2 la mémoire des 11 000 enfants français juifs exterminés par les nazis.
En violation du principe de séparation de l’’Eglise et de l’Etat, le
Président de la République a tout simplement annoncé son intention d’introduire à l’école publique un enseignement religieux. Une intention formulée en ces termes : « Nos enfants ont aussi le droit de rencontrer, à un moment de leur formation intellectuelle et humaine, des religieux engagés qui les ouvrent. »
C’est donc bien dans l’enceinte de l’école, lieu privilégié de la « formation intellectuelle et humaine » que cette rencontre avec des religieux doit intervenir. Le cheminement rhétorique qui conduit à cette annonce est, sur ce point, sans équivoque.
Premier mouvement, Nicolas Sarkozy se prononce pour l’enseignement d’une morale laïque à l’école. Il souligne aussitôt que morale laïque et morale religieuse sont complémentaires. Dès lors, il peut revendiquer – c’est le troisième mouvement de la démonstration – une place pour l’enseignement religieux, au moins équivalente à celle qu’occupera l’enseignement de la morale laïque.
Raisonnement dont on discerne tout de suite la faille : la laïcité, par un tour de passe-passe sémantique (laïcité/ morale laïque), devient une… confession parmi d’autres, alors qu’elle se borne à organiser leur coexistence."



*Réforme des concours : plus vite que prévu ? Plus radicale en tout cas. Voici ce que dit l'AFP d'un rapport donné ce jour. Tout ce met en place pour avoir des fonctionnaires-à-tout-faire. Avec un couplet sur les concours plus spécifiquement d'enseignement. Voir aussi ici sur le site du ministère le communiqué officiel.

Capes, agrégation: réforme en 2008 de tous les concours de l'Etat

Le gouvernement va engager en 2008 une réforme des concours d'accès à la fonction publique, qui touchera les quelque 700.000 candidats aspirant chaque année à devenir enseignant, contrôleur des impôts, infirmier, policier ou faire carrière dans l'un des 500 corps de l'Etat.
"L'objectif pourrait être de recentrer les recrutements autour
d'un nombre réduit de grands concours professionnalisés, en lieu et place des milliers de procédures annuelles qui existent actuellement" ont annoncé mardi les ministres Eric Woerth et André Santini, qui ont reçu dans la journée un rapport sur le sujet, remis par l'inspectrice générale de l'administration Corinne Desforges.
Les ministres comptent également "modifier substantiellement" les épreuves des concours, pour les rendre "plus adaptées à la recherche des compétences, pour permettre l'égalité réelle des chances entre tous les candidats et pour répondre au souci légitime des fonctionnaires d'être promus en fonction de leurs compétences professionnelles" ont ajouté les ministres.
Les concours d'entrée dans la fonction publique, dont les plus connus sont le Capes et l'agrégation pour les enseignants, sont accusés dans le rapport de Mme Desforges de nuire à la diversité des profils et de privilégier les savoirs académiques sur la valorisation des compétences professionnelles.
Le rapport de Mme Desforges montre que "
l'Etat sélectionne ses agents au lieu de les recruter", souligne le ministère, car les concours sont "des machines à sélectionner des candidats sans objectif précis en termes d'emplois à pourvoir".
Le rapport critique aussi "l'opacité" du cadre juridique des concours. "Chaque statut particulier des plus de 500 corps de l'Etat fixe des règles différentes" avec une information "difficile d'accès, éclatée et incomplète". "
Les savoirs académiques évincent par trop la valorisation d'autres compétences" ajoute le rapport.
Son auteur propose d'organiser des procédures de recrutement autour de quelques grands concours, dont
les épreuves seraient "aussi professionnalisées que possible".
Pour accroître la diversité et lutter contre les discriminations, le rapport propose également la création d'une option bac professionnel "métiers de la fonction publique" et
l'organisation d'une formation universitaire sur les savoirs de base pour entrer dans la fonction publique en catégorie A.

Délirant. Ce la confirme le fait que l'on veut des animateurs et non des enseignants capables d'argumenter leur propre discipline.


* Enfin, on attendait mieux tout de même d'un membre de l'UMP. Le site Note2be annonce qu'il va peut-être migrer à l'étranger si la législation nationale le persécute. Ca c'est du vrai esprit de la droite décomplexée qu'on a : tout est bon pour se faire de l'argent. Bravo à son fondateur membre de l'UMP. Qu'il ne viennent pas nous faire la morale.

Que d'actualité ! Et dire que c'est les vacances...

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Intuition et pédagogie ...

... font-ils bon ménage ?


*Darcos : "dès la rentrée prochaine, nous allons proposer une démarche pédagogique pour répondre à l'intuition du président de la République" (RTL, ce lundi).

Moi j'ai l'intuition qu'il pourrait bien se prendre une raclée aux prochaines élections.

*Réaction du
CVUH (voir le site là) :

Les bataillons scolaires de la mémoire (suite)


Le Comité de Vigilance face aux Usages publics de l’Histoire (CVUH) a déjà largement souligné que, depuis quelques mois, le passé et l’histoire ne sont plus seulement l’objet d’une politique commémorative et d’organisation du souvenir, mais deviennent les instruments privilégiés de contrôle du débat public et de régulation de la vie politique. Nous sommes ainsi face à un pouvoir qui fait de la provocation mémorielle un système de gouvernement.

La dernière proposition présidentielle qui confie à chaque enfant de CM2 la mémoire d’un des 11000 enfants français victimes de la Shoah a suscité de nombreuses réactions critiques que nous partageons. Elles soulignent les risques d’accentuation de la communautarisation et des concurrences mémorielles, d’importation démesurée des affects dans la relation au passé, d’empiètement du pouvoir politique sur les prérogatives pédagogiques des enseignants, et enfin des conséquences psychologiques d’une telle mesure sur les enfants. Il a été remarqué à juste titre que la décision semble exclure de cette politique mémorielle les enfants juifs non nationaux. Ajoutons que l’instrumentalisation politique d’un drame aussi singulier que le génocide des Juifs, qui camoufle au passage les responsabilités de l’ensemble des acteurs de la collaboration, ne permet pas une véritable quête d’intelligibilité de cet épouvantable moment historique. Il y a bel et bien là un processus de déshistoricisation par le choc de la violence qui réduit la raison au silence.

La surenchère du lendemain à Périgueux qui impose l’apprentissage dans les écoles de l’hymne national « à l’écoute duquel ils [les enfants] devront se lever » vient confirmer une mécanique désormais bien rodée : Nicolas Sarkozy poursuit son œuvre de prestidigitateur en amalgamant la loi, la décision personnelle, la morale , l'histoire et l'émotion ou en transformant des figures historiques individuelles ou collectives en emblèmes nationaux. Cette confusion calculée repose sur l’articulation systématique du patriotisme, du sacrifice et de l’identification . La lecture de la lettre de Guy Môquet dans les Lycées a bien créé un précédent .

Le CVUH ne considère pourtant pas l’école comme un sanctuaire à l’abri de toute réflexion mémorielle, et ne dénie aucune légitimité au rôle de l’émotion dans l’enseignement de l’histoire. La transmission d’un passé tragique relève d’une combinaison délicate entre le sensible et l’analyse plus froide de la complexité de l’événement. Dans cette progressive mise à distance repose la possible compréhension. A cet égard, l’école primaire dispose déjà de nombreux outils pédagogiques pour enseigner le génocide des Juifs. Par son approche pluridisciplinaire, elle permet la rencontre entre la parole singulière portée par l’art ou la littérature et la discipline historique, et interdit toute attitude empathique passive. La mémoire de ces enfants morts mérite mieux que l’identification sous contrainte ordonnée par la mesure présidentielle.

Les incessants bricolages mémoriels du gouvernement nécessitent aujourd’hui une véritable réflexion collective sur le fonctionnement de ces nouvelles technologies
de pouvoir qui conduisent à des perspectives très inquiétantes quant aux représentations que nos sociétés produisent d’elles-mêmes et de leur histoire.

On nous signale à paraître un ouvrage de Laurence De Cock, Fanny Madeline, Nicolas Offenstadt, Sophie Wahnich (dir) , Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France, collection Passé/Présent, Agone, avril-mai 2008.


*Vidberg en grande forme ces jours-ci :


Noubliez pas de visiter son site.

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Résistance : tout un programme (petit rappel)

Il est bon peut-être aujourd'hui de redonner de la mémoire à ce qui le mérite et non pas uniquement aux drames larmoyants de l'histoire.

Il faut donc faire bien plus que commémorer ce programme progressiste qui date de 60 ans et qui est de plus en plus d'actualité. Ca c'est du vrai redressement moral.



Voilà ce qui devrait être connu de tous les écoliers de CM2 : créer c'est résister.


Bravo Martin ! un petit Vidberg, de qualité (toujours de qualité quant il évoque la politique)



Noubliez pas de visiter son site.

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L'être de mission

* On arrête pas le progès dans l'académie de Strasbourg : voici les méthodes modernes pour gérer les chefs d'établissement et les profs. Les lettres de mission. Préfiguration des grandes orientations affichées depuis le rapport Fillon (au moins).

L’académie d’Alsace est académie pilote pour la mise en place de pas mal de dispositifs, dont les lettres de mission à destination des profs principaux dans le secondaire.
Un abus de langage fréquemment répandu par les médias confond tout changement, toute « réforme », avec un nécessaire progrès . Dans le contexte actuel d’offensive libérale, il s’agit plutôt d’une attaque en règle des acquis (et non des « privilèges » comme le répètent à l’envi les journaux), entérinés à l’issue de la deuxième guerre mondiale et faisant suite aux propositions du Conseil national de la résistance .
Aujourd’hui, la fonction publique en général et pour ce qui nous concerne l’Education nationale sont victimes de ces « réformes ». En s’appuyant sur la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole du 23 avril 2005 (BOEN n° 18 du 5 mai 2005), les
chefs d’établissement de l’Académie de Strasbourg sont amenés depuis cette année à « proposer » aux personnels une lettre de mission en avançant l’argument d’une reconnaissance personnelle qui reviendra à atomiser le traitement des carrières et rendre quasiment impossible toute revendication collective.
SUD-éducation Alsace avec la Fédération Sud-éducation entend ici les dénoncer et informer nos collègues des logiques à l’œuvre qui,
pour l’instant sur la base du volontariat, vont radicalement transformer le métier d’enseignant ; et ce, non pas pour le bien des personnels, ni pour celui des élèves, puisque nos conditions de travail vont se dégrader au (faux) prétexte de gagner en efficacité, avant de voir pointer l’argument de la rentabilité (termes empruntés au vocabulaire managérial).
Lettre de mission, avant que ce soit, contrat à objectifs certainement...


* «Nous répartissons autrement les moyens, nous faisons des priorités.» C'est la réponse de Darcos aux profs d'Aubervilliers (et aux autres) qui sont en grève pour demander la récupération des postes qu'ils ont perdu. Au moins c'est clair. Il y a des choix politiques assumés.


* Confusion histoire, mémoire, enseignement et pédagogie, encore (épisode 28, si ce n'est plus), après la décision de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah.

Déjà quelques réactions syndicales. On vous conseille toujours l'excellent site du CVUH
(à cette adresse là) qui fait le point sur tous les usages douteux de l'histoire et de la mémoire dans notre belle république (dernier en ligne une analyse autour de l'usage de la mémoire de 14-18).

Une réaction "utile" :

"Ségolène Royal a jugé jeudi que l'initiative du président Nicolas Sarkozy de confier à partir de la rentrée prochaine à chaque enfant de CM2 la mémoire de l'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah "va dans le bon sens".
"Ce sont des initiatives qui sont déjà prises beaucoup dans des associations et dans de nombreuses écoles. Ça va dans le bon sens"

Elle ose tout celle-là.

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Toujours plus...

* De l'argent pour l'école privée en banlieue. Alors là, cela dépasse tout. Le SNES s'en inquiète à juste titre.

Le Snes juge "intolérables" les mesures de Darcos sur l'enseignement privé

Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans les collèges et lycées, a jugé jeudi "intolérable" la décision du ministre de l'Education Xavier Darcos de créer "un fonds spécifique" pour attirer l'enseignement privé en banlieue.
M. Darcos a annoncé jeudi lors d'une conférence de presse sa décision de créer "un fonds spécifique d'intervention" sur le budget de l'Education nationale pour financer, d'ici la rentrée 2008, cinquante classes d'enseignement privé en banlieue.
"Cette décision est intolérable", a estimé le Snes dans un communiqué. Pour lui, elle vise à "+appâter+ financièrement l'enseignement privé pour qu'il intervienne dans ces secteurs où, sans cette carotte, il refuse d'intervenir" et à "
une nouvelle fois, augmenter les crédits dont (il) dispose aujourd'hui".
Selon le syndicat, le ministre suppose que "les difficultés scolaires dans les quartiers difficiles seraient, au moins pour une part, dues à l'absence de l'enseignement privé dans ces zones, érigeant au passage l'enseignement privé en modèle de réussite".
"Les personnels qui enseignent dans ces quartiers, avec le lot de difficultés qu'ils rencontrent, apprécieront", poursuit-il, ajoutant qu'il "interviendra auprès du ministre pour que ce projet soit abandonné.



* Réactions de Mélanchon au discours de Srrko qui entame encore une fois le rôle de l'école à côté de celui des religieux.


Shoah: Sarkozy veut "infliger une cure de mémoire" à l'école (Mélenchon, PS)

Le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon a vivement critiqué jeudi l'initiative du chef de l'Etat de "confier la mémoire" d'un enfant victime de la Shoah à chaque élève de CM2, jugeant que Nicolas Sarkozy veut "infliger une cure de mémoire" aux écoliers.
"Vraiment ce président est incroyable! Un jour, il est prédicateur, il nous fait des prêches sur Dieu, la religion et le reste. Maintenant le voilà transformé en instituteur!
C'est lui qui décide de ce qui est bon ou mauvais sur la manière de former les jeunes enfants", s'est exclamé M. Mélenchon sur LCI.
"Qui a demandé une chose pareille? Personne, ni le Crif, ni aucune synagogue de ce pays n'a demandé qu'on aille faire cette démarche", a-t-il ajouté.
"On n'en finira plus à ce moment-là! Combien de fois va-t-on, pour des raisons pédagogiques, prendre nos enfants et vouloir à tout prix leur infliger une cure de mémoire sur ceci, sur cela?", a demandé M. Mélenchon.
"On pourrait faire une liste de tous les esclaves qui ont été esclavagisés par des Français, on pourrait faire la même chose pour la Commune de Paris. Franchement, est-ce qu'on ne peut pas laisser la politique et la religion à l'écart de l'école?", a-t-il lancé.
"Les maîtres de l'école publique font leur travail" et "M. Sarkozy n'est pas un maître de l'école publique", a-t-il insisté.
M. Mélenchon a aussi dénoncé
le concept de "radicalité de vie" développé par M. Sarkozy. "N'importe quel fou de Dieu peut être mis aussi sur le plan d'une radicalité de vie. Ce n'est pas ce que nous cherchons à enseigner à nos enfants, nous essayons de leur enseigner l'équilibre, la tolérance", selon lui.
Dans son discours lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) mercredi, le président avait estimé que "
le curé, le pasteur, l'imam ou le rabin" témoignent "d'une transcendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de vie".


* Agrégation contestable. Ce n'est pas de la provoc, mais c'est bien ce que l'on puut dire de l'agrégation de droit —qui n'a rien à voir avec les autres, véritable cooptation qui ouvre sur un poste de professeur des universités— dont le major de promo est un militant nazi de premier ordre. C'est 20 minutes qui se fait écho des remous que cela provoque chez les historiens du droit.
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Mobilisations [MAJ]

* Contre la notation en ligne, la lutte s'organise.

Rappel : toujours un site qui vous dit comment faire si vous vous retrouvez sur note2be ou un autre : http://contrenote2be.unblog.fr/

Une pétition contre ce genre de pratique est aussi en ligne là :


Le comble (I), c'est peut-être aussi qu'apparaît sur ce site de notation de la publicité confiée par une entreprise publique.
Le comble (II), c'est que l'auteur de Le site à la con, ne craint rien et se présente aux municipales à Paris. Les cons ils osent tout c'est même à ça qu'on les reconnaît. C'est l'expresse qui révèle l'affaire dans cet article.

il veut noter les profs... et se présente à Paris
Stéphane Cola, l'un des deux créateurs du site internet note2be.com, qui propose aux élèves de noter leurs enseignants en citant leur nom, est candidat aux municipales à Paris sur la liste de Pierre Lellouche dans le VIIIè.
"Ce sont deux activités totalement distinctes. Le projet de monter ce site internet est un projet de longue haleine, totalement déconnecté du calendrier politique", a déclaré ce chef d'entreprise âgé de 36 ans, affirmant être le "responsable de la campagne" de Pierre Lellouche.
Membre de l'UMP, il a précisé que le co-créateur du site, Anne-François de Lastic, "ne partageait pas du tout (ses) opinions politiques". "Il n'a aucun engagement", a-t-il dit.

aucun engagement, vraiment ?

* Primaire : réforme annoncée dans quelques jours (d'après France info).

*Grève. Après quelques mobilisations voici désormais 15 jours, certains établissements s'installent dans la lutte. Exemple (d'après AFP).

Suppressions de postes: un collège-lycée d'Aubervilliers en grève depuis lundi

Une grande partie des professeurs du collège-lycée Henri-Wallon à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) a fait grève mardi pour la deuxième journée consécutive pour demander le maintien de toutes les classes et postes à la rentrée prochaine, selon des sources concordantes.
Selon le rectorat, la grève a été suivie par
70% des professeurs de collège devant faire cours mardi et 80% des effectifs enseignants du lycée, alors que les grévistes faisaient état de 88 et 77% de participation.
La communication récente à l'établissement de sa future "dotation horaire globale", c'est-à-dire le nombre de postes par discipline dont il disposera pour la rentrée prochaine, suscite l'inquiétude parmi les professeurs, qui s'attendent à la supression de 7 classes (6 au lycée, 1 au collège) et 14 postes d'enseignants.
Dans cette cité scolaire de 930 élèves, "quelques supressions de classes" sont envisagées à la rentrée, a déclaré à l'AFP le rectorat qui précise "que la baisse du nombre de postes correspond strictement à la baisse des effectifs d'élèves prévue dans l'établissement". "Globalement, le taux d'encadrement sera maintenu, ainsi que la série d'autres moyens dont dispose l'établissement", assure-t-on à Créteil.
Reçus mardi au rectorat, les professeurs sont ressortis "amers". "Au moment où l'on nous annonce un plan banlieue, on décapite les équipes et on supprime les moyens, c'est une honte", a commenté Orazio Loris Castellani, du Snes (syndicat majoritaire).
La grève a été reconduite pour mercredi et un appel à une journée morte lancé pour jeudi.

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Glissements progressifs...

Mise à jour un peu tardive, mais mieux vaut tard que jamais. Et puis c'est les vacances.
Pas pour vous ?


*
Usine ou école ? Les deux mon capitaine. Encore un rapprochement E.N. avec une grande multinationale toujours, nous dit-on, pour le bien commun.

L'Education nationale a confirmé le partenariat avec Toyota
Bernard Dubreuil, recteur de l'académie du Nord et Didier Leroy, président de Toyota ont signé une convention de partenariat.
La manifestation s'est déroulée dans les locaux de l'usine onnaingeoise Toyota en présence notamment de Marc Burg, sous-préfet de Valenciennes et de nombreux représentants de l'Education nationale. Cette convention a pour but de rapprocher l'école de l'entreprise. Découverte des différents métiers et de leur évolution, des formations, de l'organisation du travail, préparation à l'insertion dans le monde professionnel pour les jeunes et les personnes en difficulté sont quelques uns des points de ce partenariat. Ainsi, Toyota s'engage pour l'accueil de stagiaires et de jeunes en formation en alternance. Le constructeur japonais apportera sa contribution aux besoins en véhicules et éléments de carroserie à des fins pédagogiques aux établissements publics locaux de l'académie de Lille.
La Voix du Nord

Bref, il faut être conforme.


* Contre la pochardisation de l'Education nationale, voici la Lettre d'info des militants combattants pour le Front Unique des syndicats de l'E.N. Il s'agit d'une tendance de la FSU. C'est dans la suite logique de l'accord syndical signalé à l'article précédent.

En gros, après une analyse du rapport, voici l'objectif de ce front Unique :

Combattre pour que se réalise le Front Unique des syndicats enseignants sur ce mot d’ordre, combattre par conséquent et s’organiser dans ce but pour que les dirigeants syndicaux boycottent la concertation proposée par Darcos sur la liquidation du statut, voilà ce que proposent les militants du courant Front Unique.
La voici en .doc. : LL 125

Bien c'est parfait, si au moins ils arrivent à convaincre la direction de la FSU ...


* La CFDT joue la négociation (ça ne nous étonne pas). Voici les positions de deux branches 'éducation' du syndicat (public et privé).


- Sgen Cfdt partage "l’idée de la commission Pochard de la nécessité pour une plus grande réussite des élèves de faire autrement et de faire évoluer le métier. Mais ces évolutions pour être acceptées par les personnels doivent s’accompagner de contre-parties et de garanties pour une part inscrites dans un statut rénové".

- Fep Cfdt, premier syndicat du privé, "est prête à discuter des mesures permettant d’amener de la souplesse et une meilleure adaptation de l’enseignement aux besoins des élèves" mais relève deux points précis du rapport. "Si l’autonomie des établissements peut être source de progrès et de dynamisme pédagogique, ce ne saurait être la panacée. Le fonctionnement des établissements privés sous contrat, basé sur une certaine autonomie, ne donne pas pour autant la certitude que c’est la condition de la réussite des élèves". Enfin la Fep est satisfaite que la commission ait repris une de ses demandes en vue d'autoriser les profs du privé sous contrat à enseigner dans un établissement public.

Un mot (réel) d'un représentant syndical de la CFDt (non E.N. il est vrai) : "Quant on rétablira l'esclavage, la CFDT négociera le poids des chaînes".


*Encore au service ? Oui, mais pour les retraités. Ca racole dur en ce moment. Voici ce que reçoivent les retraités de l'E.N. du côté de Créteil :

«Madame, Monsieur, Vous avez été admis à faire valoir vos droits à la retraite après avoir exercé des fonctions de professeur dans l’Académie de Créteil. Je vous informe que vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de reprendre une activité enseignante au sein des collèges et des lycées de l’Académie. Cette activité, qui peut être exercée pour quelques heures hebdomadaires sur des suppléances de courte ou de moyenne durée, est rémunérée sous formes de vacations. Elle est désormais compatible avec la condition de retraité de la fonction publique (…). »

*Enfin un extrait audio d'un sketch de Jean Dell, criant de vérité parfois. En podcast. L'instituteur (moderne)

Podcast

Merci Manuel

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La dure lutte (finale ?)

* Une position (presque) commune des syndicats contre Pochard et ses propositions. Appel à la mobilisation pour le moi de mars.
Manquent à l'appel le SGEN et l'UNSA. Vous trouvez ça curieux ?

Communiqué de presse des organisations syndicales de second degré

SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, SNES-FSU, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, SNUEP


Attachés à une amélioration du système éducatif, une relance de la démocratisation, pour la réussite de tous les jeunes, les organisations syndicales du second degré soussignées expriment leur volonté d’une véritable amélioration et revalorisation des métiers de l’éducation.

Le rapport Pochard, qui se fixait officiellement cet objectif, en se plaçant d’emblée dans le cadre d’une logique budgétaire contrainte, d’une aggravation des conditions de travail et de la charge de travail, d’une individualisation des rémunérations et carrières, d’une mise en concurrence des personnels et des établissements, d’une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession l’an dernier, ne peut servir de basse à une négociation.

C’est pourquoi les organisations syndicales SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, SNES-FSU, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, SNUEP signifient au ministre de l’Education Nationale leur exigence d’ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la prise en compte des réalités du métier et que soit revalorisé ce dernier dans le respect du statut.

Elles appellent leurs organisations au niveau local à se rencontrer pour maintenir la mobilisation pendant la période des congés de février avec des initiatives diversifiées.

Elles conviennent dès maintenant de
se retrouver le 20 février pour envisager des suites communes.
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Notation des profs (encore)

*Tout d'abord chez note2be.com on lit le blog-à-part du Mammouth. La faute, le lapsus très révélateur, que l'on mentionnait avant hier (ici) a été corrigée. C'est déjà ça. Et la résistance s'organise, on l'a vu ici.

Sinon,
Darcos a estimé n’avoir «pas à commenter puisqu’il s’agit d’un site privé» (Libé).


* Le monde universitaire est également touché par cette notation par les élèves. Voyez cet article de Rue89, ou celui de Libération. Mais cette fois, c'est lui-même qui l'organise, la servitude volontaire, c'est bien mieux. Enfin presque ! Car voilà ce que reçoivent les enseignants du supérieur pour leur expliquer tout le bien fondé d'une telle démarche. Bien fondé très rémunérateur pour ces organismes privés qui, à grands renforts de moyens informatiques modernes, vendent des solutions très complètes aux universités. Ce n'est donc pas totalement anodin, et c'est une façon d'ouvrir des marchés dans le domaine de la culture et de l'éducation. Ils l'avaient bien dit que tout serait possible.

Bien sur, on va dire qu'il n'est pas question de noter, mais juste d'évaluer. Des questionnaires sont en cours de réalisation dans certaines universités et dans ceux-ci les questions peuvent tout de même être de l'ordre : "le cours est-il bien structuré ?" " le sujet annoncé est-il celui traité ?" Seuls les enseignants concernés devraient recevoir le résultat de l'enquête, mais ... Ainsi progressivement sous prétexte d'une "démarche qualité", il en revient à l'usager de décider ce qu'il faut dire du service qu'on lui propose. Calibrage des enseignements avec implicitement la définition d'une norme (par ex, c'est bien de faire ce qu'on a dit qu'on ferait, gare à celui qui digresse dans ses cours ou change d'avis en plein semestre ou passe "trop" de temps sur certains textes et ne fait donc pas tous ceux qu'il a choisi pour son fascicule de TD…).
Il paraît cependant, et c'est peut-être par là qu'il faut chercher l'erreur dans ce beau système, que finalement les étudiants ils s'en fichent de noter leurs profs.

Un exemple : Evasys. Voici leur prospectus de présentation:EvaSysPresentation2



* Sinon, petites infos du jour, trouvées ça et là :

- Les chefs d'établissement finissent par dénoncer les dotations horaires minables qu'ils ont reçu. Mieux vaut tard que jamais. Cependant, ce qu'ils déplorent c'est de ne pas pouvoir mettre les contrats Région-établissement en place, faute de moyens.

- Le
Sénat a refusé le texte de loi visant à abroger le financement des écoles privées par les communes. Les écoles privées seront donc financées par les communes.

- Le
SNES déplore que le président de la commission sur internet et l'école soit "un membre actif du MEDEF".

Notez que "un membre actif du MEDEF", moi je vois bien ce que ça peut être en ce moment...

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Et de deux (en attendant mieux)

* Hier on vous parlait d'un second site de notation des profs, en ligne. Depuis quelques jours il est en maintenance nous dit la page d'accueil. Grâce au cache de google, on arrive cependant à trouver la page d'accueil. Tout le monde constatera que l'objectif est tout aussi clair que l'autre.




Le petit "plus" : les meilleurs blagues des profs, avec un classement...
Ca promet...
Sinon, la lutte s'organise et le Mammouth la diffuse : un blog s'y spécialise : http://contrenote2be.unblog.fr/

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Un livre vert (de gris)

Beaucoup de choses aujourd'hui. tout d'abord, le vrai rapport est là. 271 p.

* Une nouvelle étude fait le point sur l'évolution salariale des profs, avec tout un tas de nuances. Les syndicats semblent l'accepter. Son résumé sur Le monde.fr qui donne un titre un peu réducteur (n'en tenez pas compte, lisez jusqu'au bout, cela relativise bien). Extraits :

"Entre 1990 et 2005, les augmentations des salaires nets des professeurs sont similaires à celles des professions intermédiaires de la fonction publique d'Etat (personnels administratifs de catégorie B). Ces augmentations sont également identiques à celles de l'échelon supérieur de la fonction publique (catégorie A), avec toutefois une exception notable : celles des enseignants en milieu de carrière (40-50 ans), pour lesquels la progression salariale est moindre (1,7 % contre 2, 5 %). "Ce décrochage salarial est la conséquence d'une politique de rémunérations complémentaires (primes et indemnités) moins dynamique dans l'éducation nationale que dans d'autres secteurs de la fonction publique, explique M. Maurin. En brut, un professeur du secondaire va avoir une rémunération proche de celle d'un cadre catégorie A, mais il va gagner en net près de 50 % de moins du fait d'indemnités et de primes beaucoup plus faibles."
"Présenté aux syndicats enseignants à la mi-décembre, ce travail n'a pas suscité de critiques de fond. "C'est un diagnostic modéré, qui décrit une situation qui n'a rien de fantastique, considère M. Maurin. Les enseignants continuent à être moins bien payés que les autres cadres de la fonction publique ou du privé tout en gardant leur place dans la hiérarchie salariale."

* Retour sur LE site à la con de la semaine, celui qui note les profs.

En fait il y en aurait un second du même tonneau : http://www.note-tes-profs.com/
(il était en dérangement à 18 heures...)

Plusieurs infos sur note2be.com/:

Ses auteurs seraient : Stéphane COLA Collaborateur politique 35 ans (ancien collaborateur de Philippe Séguin, ancien chef de cabinet de Margie Sudre, Secrétaire d'Etat à la Francophonie , ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Epinal, ancien directeur de cabinet du Député-Maire d'Argenteuil, ancien chargé de mission à la Fédération des Maires de Villes Moyennes (FMVM) -ouf !-) et Anne-François de Lastic (prorpiétaire du château de Parentignat).

sinon, il semble que le SNALC ait saisi la Cnil (voir ici), et qu'il revient à tout à chacun de faire de même. Il semblerait que l'on puisse directement s'adresser à l'auteur du site pour faire enlever son nom (voire le nom d'un établissement), c'est en vertu de l'article 38 alinea 1 de la loi informatique et libertés.



* Ensuite, retour sur la remise du rapport tout d'abord :
- Darcos remercie Rocard. C'est dans son discours à Pochard, le jour de la remise du rapport du même nom. Extrait :

"Je veux rendre un hommage tout particulier à Michel Rocard qui, en démissionnant à la veille de la remise du rapport, a voulu exprimer son profond désaccord avec les tentatives de récupération et de déformation des travaux de cette commission. « Rémunération au mérite », « flexiprof », « libéralisation du système » sont autant d'expressions militantes de tout bord qui ne sont pas, en effet, à la hauteur des enjeux de la réflexion que nous cherchons à conduire depuis près d'un an et à laquelle la commission Pochard vient d'apporter une première contribution très substantielle."

Comment renvoyer la balle à l'envoyeur...

- Sinon il fixe le calendrier : 3 mois pour proposer et discuter (mais c'est pas clair...) (même source) :

"Le temps de la décision, sera en effet celui du livre blanc qui rassemblera les propositions du gouvernement pour faire avancer la condition enseignante. Je me donne trois mois pour parvenir à en définir le contenu et à le discuter avec les syndicats, que j'associerai prochainement à la définition du calendrier et de la méthode de travail qui sera la nôtre. J'aurai à cœur, naturellement, d'approfondir les grands thèmes ouverts par la commission Pochard autour de l'amélioration des conditions de travail, de la reconnaissance sociale et des évolutions de carrière."

Donc il approfondira les thèmes mais que fera-t-il des propositions ? Mystère et dialectique.

- Et rappelle son idée fixe (mais couillonnée) :

"Mais j'aurai une préoccupation centrale : celle de permettre aux enseignants d'améliorer substantiellement leur pouvoir d'achat en leur donnant la possibilité de travailler plus pour gagner plus, comme le Président de la République en a déjà offert la possibilité à tous les Français. "

Et encore merci, fallait pas... non, non vraiment. Sans façon.

*Enfin le rapport, en lui même. Le meilleur compte-rendu (pour l'instant) est celui du snalc (pour ceux qui ne veulent pas tout lire, c'est donc là). Extrait sur le temps de service des enseignants :

"Si les rapporteurs de ce texte proposent une classification pour le moins claire des missions et activités des professeurs (définition d’un « socle commun » et d’activités modulables, ceci se justifiant parfaitement dans le cadre de la multiplication « sauvage » des tâches annexes), leur prise en compte peut laisser perplexe. Plusieurs options sont envisagées pour intégrer l’ensemble de ces missions dans le temps de travail, sans qu’aucune ne soit véritablement satisfaisante :

1ère option : l’alignement sur les 1607 h des autres fonctionnaires, mais la commission reconnaît elle-même la difficulté de mise en œuvre…

2ème option : une obligation de service, soit hebdomadaire, soit annuelle, limitée au seul temps d’enseignement, soit 648h, communes aux certifiés et agrégés, avec complément de rémunération pour les agrégés. Si cette solution a le mérite de proposer une contrepartie financière à l’allongement de la durée de travail des professeurs agrégés, il n’est pas évident que cette compensation soit suffisante (c’est-à-dire équivalente à trois heures supplémentaires-semaine). Par ailleurs, cette proposition suppose bien évidemment l’annualisation du temps de travail…

3ème option : une obligation de service incluant enseignement et activités dites « indissociables » (accompagnement des élèves, conseils de classe, orientation, etc), celles-ci étant soit incluses dans le temps de travail (ce qui signifie une diminution des horaires d’enseignement eux-mêmes), soit ajoutées statutairement au temps d’enseignement (avec rémunération supplémentaire), soit modulées au niveau des établissements eux-mêmes (le chef d’établissement décidant d’un nombre d’heures ou de jours dûs, avec rémunération correspondante). "

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Jusqu'où s'arrêteront-ils ? [MAJ]

Hier (et aujourd'hui aussi d'ailleurs), c'était Pochard (le livre vert est là). Mais voilà, il y a encore mieux :

*Attali l'a dit. D'autres l'ont (déjà) fait. La notation des profs par les élèves, tous les outils sont prêts.

C'est sur ce site là :
http://www.note2be.com/

On connaissait ça déjà pour les USA ou encore en Allemagne, mais là tous les établissements français sont en ligne.

Lapsus révélateur ? Un internaute attentif nous signale une petite curiosité sur la page Presse. On y lit la phrase suivante :

"Enfin, l'utilisation du forum de discussion implique l'acceptation par le membre
d'une charte qui prescrit « les propos indécents, insultants, violents, obscènes, sexuellement explicites, choquants, diffamatoires, calomnieux ou à caractère commercial, pornographique, raciste, homophobe ou tout simplement contraire à l'ordre public, à la dignité de la personne et aux bonnes mœurs »".

Un site à proscrire, c'est sûr.
Voici qui en dit long sur le véritable objectif de ce site. Merci Gilles.


*L'anglais pour les nuls.
Des profs plus performants ? même pas. De la vision conférence. C'est mieux. C'est le Figaro qui nous le dit, ici.

Le plan Darcos pour améliorer l'anglais à l'école

Face aux résultats plutôt médiocres des élèves, le ministère veut développer les visioconférences qui permettent de converser avec des anglophones.
Apprendre l'anglais à distance avec un véritable anglophone. Telle est la piste qu'explore l'Éducation nationale face à la disparité de l'enseignement des langues à partir du CE1, obligatoire depuis cette année.
Hier, le ministère a dévoilé la liste des 40 sites pilotes qui vont tester ce mode d'enseignement, à l'image de ce qui se déroule à Élancourt, dans les Yvelines (lire ci-contre). À la rentrée prochaine, le dispositif sera étendu dans 1 000 écoles, en complément d'un cours traditionnel en classe.

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Pochard : la version définitive (?) est arrivée

Le rapport Pochard est en ligne sur le site du café pédagogique. Il ne s'agit plus du pré rapport que nous avons publié il y a quelques jours, mais d'une version presque définitive. 200 pages.


ALLEZ LE LIRE A CETTE ADRESSE.

Et balancez les principales nouveautés dans les commentaires

Un peu partout les lycées (au moins) se mobilisent. Déjà quelques grèves, partout des votes contre la DHG.

Dans l'attente des mouvements qui s'annoncent, souvenons-nous et méditons certaines paroles et certains fats du film suivant.
Le passage "Ëtre gouverné" est un extrait de
J-P Proudhon "idée générale de la révolution du XIXe siècle".

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