Réformes Education : suites et dégats collatéraux

Bonus / malus sur les DGH : voir ici.
Réforme de la réforme de la masterisation :
voir ici.
Financement des lycées privés en Ile-de-France: voir ici
Prof sarkophage en Egypte, rapatrié « par sécurité » : voir ici
La chasse, les armes, et l’école : voir plus bas.


* Proposition de loi pour une école du « socle commun »


Dans la suite des propositions faites par le HCE en octobre, voici une proposition de loi pour une « école du socle commun" qui donne un sens aux évaluations CE1 et CM2 et au livret personnel de compétence....
La proposition est là :prposition loi Ecoles socle commun 15-02-2011

Cette proposition d’expérimentation, déposée par quelques députés (et pas n’importe lesquels) va en effet loin : les écoles du socle commun seraient prévues pour couvrir l'ensemble du cursus scolaire obligatoire, de 6 à 16 ans, du début de l'école élémentaire à la fin du collège (Article 1er : Les établissements publics d’enseignement du socle commun sont constitués de classes du premier degré et de classes du premier cycle du second degré) et venir combler le hiatus qui existerait aujourd’hui entre le primaire et le secondaire.

Dans ces établissements, il n'y aura plus que deux types d'enseignants (pratique pour simplifier la formation des maîtres... et puis ça diminuera d'autant le nombre de maîtres spécialisés à former pour les écoles et les collèges classiques ) :
- des enseignants spécialisés en langue (que des profs d'anglais venus du secondaire ?)
- et des enseignants "généralistes" (d’abord des professeurs des écoles), tous formés de la même manière pour pouvoir enseigner du CP à la fin de la scolarité obligatoire... avec un seul objectif : que chaque élève maîtrise les compétences du socle commun à la fin de sa scolarité obligatoire (on rappellera à ce propos que le socle commun est une demande des entreprises européennes, voir l'article de Nico Hirtt paru dans le Monde Diplomatique en octobre dernier par exemple :
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4162).

Pour qui ces écoles ? Comment va se faire l’affectation et/ou le tri des élèves ?
Rien est dit mais une chose est certaine c’est que le livret de compétence trouve là toute son application car il « s’inscrit dans le continuum pédagogique de 6 à 16 ans ». On peut raisonnablement penser aussi que certains logiciels de gestion d’élèves (Affelnet) vont trouver là une application imparable...
Certains syndicats revendiquent toujours eux d’aller plus loin dans le mise en place du livret et sont donc bien entendus pas les députés de droite.

Vers la fin de la mixité scolaire ? Certains pensent déjà qu’il y a là préfiguration de la disparition totale de la carte scolaire, et de la mixité sociale et éducative car, comme le précise ce projet de loi, les élèves scolarisés dans une école du Socle commun seront ceux identifiés comme ayant besoin d’un suivi individualisé dans le cadre d’un PPRE (plan personnalisé de réussite éducative), mais pas seulement : "La continuité éducative au cours de chaque cycle et tout au long de la scolarité sera favorisée par des échanges d’enseignement entre le premier et le second degré ; des enseignants du second degré pourraient ainsi contribuer à l’apprentissage précoce des langues vivantes et des professeurs des écoles, véritables généralistes de l’enseignement, pourraient apporter leur expertise aux élèves ayant besoin d’un suivi individualisé en 6° et 5°, dans le cadre d’un PPRE (plan personnalisé de réussite éducative) ou non."
On peut se demander comment se ferait la sélection des élèves autorisés à suivre un cursus normal (école élémentaire nationale jusqu'en CM2, puis collège national jusqu'en 3ème). Serait-ce par le biais des évaluations nationales CE1 et CM2 ?

Reste la question des financements qui semble difficile. Mais quant on veut on peut...

Enfin, Il n'y aurait plus qu'à créer des "écoles d'excellence" destinées à former l'élite - repérée dès le plus jeune âge- pour que le dispositif soit "parfait". Et ça tombe bien l’école privée, choyée par le gouvernement et les classes moyennes (voir plus bas) s’y prête parfaitement.


* Projet de circulaire relatif à la philosophie en Seconde et en Première

De source syndicale -
Un projet de circulaire est élaboré en ce moment par le Ministère à l’intention de l’ensemble des Recteurs d’Académie, des corps d’Inspection et des Chefs d’établissement, portant appel à des expérimentations du « projet "Philosophie au lycée avant la classe de terminale" ».

L’enseignement de philo au long du lycée s’intègrerait dans un cadre thématique
en articulation avec certaines notions du programme de l’ensemble des disciplines, et devrait développer « l’exercice réfléchi du jugement » ainsi que l’accès à une « culture philosophique initiale » et préparer les élèves à « développer l’aptitude à l’analyse », à percevoir « l’unité des savoirs » et à acquérir « le sens de la rigueur intellectuelle ».

Mais
cela se fera à moyens constants, en l’absence de toute prescription réglementaire, puisqu’il sera organisé « dans le cadre des projets d’établissement et dans le respect des marges d’autonomie offertes par la réforme du lycée », à savoir par une participation à l’AP ou les enseignements d’exploration, et surtout nous dit le projet de circulaire cela passerait par « des pratiques interdisciplinaires », par l’intervention dans d’autres cours, l’utilisation des nouvelles technologies de l’information ou la participation à l’encadrement des TPE, etc. D’ailleurs, en dehors de ces derniers, ces nouveaux enseignements ne feraient l’objet d’aucune évaluation sous forme de notation.



* Inquiétudes autour de la fusion de certaines disciplines téchnologiques.


C’est le résultat de la réforme des filières techno.

On apprend aujourd’hui
la fusion de fait des disciplines sciences physiques et physique appliquée et la création d'un CAPET et d'une agrégation uniques de technologie fusionnant ainsi les disciplines précédemment enseignées en STI et la technologie actuelle.

On redoute pour demain
la meme chose pour les SES et l’éco-gestion. En effet le même processus est déjà amorcé dans le secteur tertiaire. Préalablement et discrètement, on a défini dans ce secteur  des référentiels prévoyant l’enseignement de façon indifférenciée par des professeurs de sciences économiques et sociales ou d’économie-gestion, notamment avec l’introduction du « management ».
 
Après la « simplification » de la voie technologique industrielle, la même « simplification » se poursuit pour le tertiaire pour aboutir à la fusion entre SES et économie-gestion.



* Synthèse des changements du système éducatif.

Une synthèse sous forme de diaporama sur les changements du système éducatif ... complet et convainquant !
(évitez open office) DIAPORAMA_l--cole_de_demain


* L’université, marché ouvert aux consultants.

educpro.- Investissements d’avenir : quelles missions confiées aux consultants ?

Deloitte, Ernst & Young, Capgemini… Tous les grands noms du consulting, mais aussi des cabinets plus spécialisés comme Erdyn ou Ineum, ont répondu aux appels à projets lancés par les établissements, PRES et universités, ayant besoin d’aide pour monter leurs dossiers de candidature aux Investissements d’avenir. Avec une implication de la part des consultants plus ou moins forte.

D’une manière générale, les établissements mettent en avant la nécessité d’avoir un regard extérieur et neutre sur leurs dossiers, ainsi qu’un soutien méthodologique : « Le rôle des cabinets a notamment été de nous rappeler en permanence le cahier des charges et l’agenda », témoigne Bernard Saint-Girons, président du PRES université Paris-Est. Les cabinets sont également considérés comme utiles pour faire le benchmark d’un marché pas toujours bien connu des universitaires, alors que le ministère avait insisté sur l’importance de la valorisation économique des projets et des liens avec des acteurs extérieurs à l’université.

Lire la suite...



*L’école et les petits bourgeois. Ou comment expliquer la marche vers la privatisation.

"Société fermée" sur Arte

Les craintes de la classe moyenne face aux évolutions économiques et sociales lui font rechercher à tout prix le moyen de rester dans l'excellence et de se rapprocher autant que possible des classes aisées. C'est pourquoi les familles qui le peuvent encore misent le plus souvent sur l'enseignement privé pour leurs enfants. Les meilleures conditions de travail et l'encadrement plus strict qu'elles pensent y trouver les rassurent sur les chances de leur progéniture dans un futur encore plus concurrentiel, comme en témoignent les propos recueillis à Hambourg ou à Lyon. De même, le choix d'une résidence fermée dans un quartier privilégié leur donne le sentiment de continuer à vivre dans un univers homogène et sécurisé. Ce repli sur soi ne fait bien sûr que renforcer le recul de la solidarité et de la tolérance, mais la plupart refusent de voir dans cette évolution une véritable menace pour l'avenir.


Comments

Tout va bien... (Et c'est même mieux que si c'était pire!...)


Dans la rubrique "situation en France: c'est mieux que si c'était pire!"

... petits voyages à l'étranger :


* Désengagement de l'état, misère économique et sociale: le cas ( catastrophique) du Portugal.

Alors que le Portugal connaît une violente crise économique et sociale, le gouvernement doit faire face à des manifestations organisées par les associations de soutien aux écoles privées au moment même où il a bien du mal à maintenir l'enseignement public et la ministre de l'Education explique qu'elle est bien obligée de remettre en cause les privilèges des écoles privées sous contrat d'association et les subventions qui leur sont accordées.

C'est ce que rapporte La croix:

Extrait:
« Isabel Alçada se montre intraitable sur le principe de la diminution de l’aide d’état : « Les Portugais ne comprendraient pas que l’on continue à dépenser sans compter en ces temps difficiles, que nous continuions à financer des privilèges et des avantages, la construction de piscines, de golfs et de terrains d’équitation dont l’enseignement public ne pourra jamais bénéficier. L’objectif de rigueur que nous nous sommes fixé ne peut pas être remis en cause. » »

Le secteur public est en effet particulièrement sinistré! Comme le souligne Courrier International:

“De nombreux professeurs achètent le matériel scolaire avec leur propre argent et l’offrent aux élèves” et "de nombreuses écoles font tout pour minimiser les carences alimentaires des enfants"

Et ce n’est pas tout. Allez découvrir comment dans ce beau pays les écoles se transforment en organisation caricatives et sont obliger d’ouvrir les cantines les jours feriés alors que parfois la moitié des élèves souffrent de mal nutrition... L’absence de manuels scolaire devient quelque chose de subsidiaire dans ces conditions...


* Après les distributions de nourriture dans les écoles, les distributions d'armes?

(Pas tout à fait, mais on n'en est pas loin). C'est aux USA que cela se passe... D’après Le post.

Extrait: "Le Texas va autoriser les élèves et les enseignants à porter une arme dans les locaux de leur université !

500 000 étudiants concernés

L’idée semble improbable en France, mais aux Etats-Unis,
il semble que cela soit tout à fait naturel. Selon l’Associated Press, le Texas prévoit l’adoption d’une loi qui permettra aux étudiants, ainsi qu’à leurs professeurs, de porter une arme à feu au sein de leur établissement. Une mesure qui intervient après de récentes tueries dans des établissements scolaires en Virginie et dans l’Illinois, et la fusillade dans l’état voisin de l’Arizona qui avait fait six morts et blessé l’élue américaine Gabrielle Giffords le 8 janvier dernier. Plus de la moitié des membres du Parlement du Texas aurait signé ce texte, et le Sénat devrait également donner son approbation, après l’adoption d’une loi similaire en 2009. Le Texas deviendrait ainsi le second état, après l’Utah, à adopter une telle loi, impliquant les 38 universités publiques et les plus de 500 000 étudiants qui les composent."

On n'en est pas là, mais...

Après ces petits voyages à l'étranger, retour en France:


* Les chasseurs font la promo des armes dans les écoles (suite):

(source)

"Attention : polémique entre les chasseurs et les écolos, deux mondes qui semblaient avoir pourtant enterré la hache de guerre.

Objet du conflit : la Convention de partenariat pour l’éducation au développement durable, signée le 4 mars 2010 par Luc Châtel, ministre de l’Education, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, Charles Henri de Ponchalon, président de la Fédération nationale des chasseurs, et Claude Roustan, président de celle de la pêche.

Cette convention formalise les interventions des chasseurs dans les classes, une pratique qui existait déjà dans de nombreux départements mais qui se voit du coup officialisée.

Une officialisation qui hérisse les écolos C'est cette reconnaissance qui hérisse le poil de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et plusieurs associations de défense de l'environnement regroupées au sein du collectif "Non aux chasseurs dans les écoles !"

Dans une pétition à faire signer sur internet, ce collectif ne prend pas de gants : "Le gouvernement autorise les amateurs d’armes à entrer dans les écoles pour donner des leçons de « développement durable», favorisant ainsi le prosélytisme du lobby chasse envers les enfants."

Estimant que les chasseurs n'ont aucune légitimité pédagogique et ne sont pas des biologistes, le collectif et l'Aspas réclament "l’arrêt immédiat de ces opérations illégales, immorales et inutiles."

Le collectif veut des garanties.
Mais conscient que cette exigence d'abrogation a peu de chances d'être exaucée, le collectif ajoute trois autres demandes :
  1. des garanties afin que la réglementation interdisant le prosélytisme soit exécutée avec rigueur sur le terrain ;
  2. que les ‘‘animateurs cynégétiques’’ soient obligatoirement accompagnés de naturalistes non chasseurs ;
  3. l'encouragement "des défenseurs avérés de l’environnement diplômés, compétents et expérimentés" par des subventions ou des collaborations avec les organismes d’Etat."

Et aucune réaction des organisations pédagogiques et syndicats d’enseignants...


* Désengagement de l'état et laïcité bafouée : toujours plus loin!

Certes les profs n'en sont pas à acheter eux-mêmes les fournitures scolaires de leurs élèves et les collectivités locales n'en sont pas à organiser des distributions gratuites de nourriture aux écoliers, mais, sous couvert d'autonomie des établissements, l'Etat entend bien poursuivre son désengagement, et ce, de la maternelle à l'enseignement supérieur...

Maternelle:

"15% . C’est le taux de scolarisation des enfants de moins de 3 ans à la rentrée 2009 contre 35 % à la rentrée 2000, selon le Haut Conseil de la famille, un organisme sous la présidence du Premier ministre.
«En moins de dix ans, le nombre d’enfants préscolarisés avant l’âge de 3 ans a diminué de 130 000, soit une baisse de 51,4 %», précise le rapport qui attribue cette chute «à la contrainte pesant sur les effectifs d’enseignants». Des écarts importants subsistent entre les académies : celle de Lille scolarise encore 32 % des 2 ans contre seulement 4 % à Créteil, l’académie qui a connu la plus forte baisse (- 85 % entre 2000 et 2009), et 1,5 % à Paris."

Enseignement supérieur:
Les profs du public bientôt formés par le privé? Il fallait y penser, et la droite y a pensé en s'attaquant au monopole de la collation des grades! ...
En témoigne une
récente convention signée entre l'Université d’Artois et l'institut catholique de Lille qui permet à ce dernier de délivrer des masters préparant aux concours de recrutement dans la fonction publique!
la Présidence de l’Université d’Artois a en effet choisi d'empêcher au niveau académique une formation publique des futurs enseignants en préférant s’allier à l’Institut catholique de Lille.

Comme le souligne le SNESUP, "cela soulève un problème de laïcité dans notre pays, c’est-à-dire de l’application de la séparation entre l’Etat et les religions. Car l’adoption d’une convention de l’Université d’Artois avec l’Institut Catholique de Lille pour la formation des enseignants (qui pourront donc passer, grâce à leurs diplômes universitaires, des concours de la fonction publique d’Etat) est une « faveur » pour un établissement privé qui dépend de l’Eglise catholique. Rappelons que, comme nous en informe le site Internet de cet institut, son Conseil Supérieur comprend l’archevêque de Lille, l’archevêque de Cambrai et l’évêque d’Arras.
Alors qu’on ne se prive pas de rappeler aux musulmans à juste titre d’ailleurs, la laïcité obligatoire dans l’Education Nationale (par exemple en matière de « signes ostensibles »), on
entérine des accords Kouchner-Vatican qui reconnaissent la valeur des diplômes ayant reçu l’approbation du Vatican et on prolonge maintenant cet accord jusque dans la délivrance de diplômes conduisant au professorat de l’Education Nationale. Nous ne pouvons pas ainsi cautionner cet usage scandaleusement détourné du principe de laïcité."
Comments

Poisson pilote...

Bonus / malus sur les DGH : voir plus bas.
Réforme de la réforme de la masterisation : voir plus bas.

La RGPP au CNRS : suppression d’un poste sur deux : voir plus bas
Financement des lycées privés en Ile-de-France
: voir plus bas
Prof sarkophage en Egypte, rapatrié « par sécurité » : voir plus bas


* Les idées de la droite : mutualiser les moyens enseignants du public avec ceux du privé.


J. Arthuis, sénateur, dans une lettre adressée à Chatel, lui fait état de propositions tout à fait dans le vent :


Secteur public. -N’y-a-t-il pas nécessité de mutualiser les compétences enseignantes au plan départemental? Ne peut-on concevoir des conventions entre les établissements et les professeurs afin qu'ils puissent intervenir aussi bien en collège public qu'en collège privé? L'objectif étant d'assurer la continuité et la qualité des cours. "



* L'ECDI version learning centre : vers 39 H de gestion ?

On en a déjà parlé, les inquiétudes, aujourd’hui, demeurent...

Le projet de circulaire de mai 2010 faisait glisser les CDI vers des ECDI, Espaces de Culture, de Documentation et d'Information, étroitement inspirés des learning centres anglo-saxons. Un rapport de l'Inspection générale des bibliothèques intitulé "Les learning centres : modèle international de bibliothèque intégrée à l’enseignement à la recherche" était paru sur le sujet en décembre 2009. Si la mention de l'ECDI n'existe plus dans le nouveau projet de circulaire, un certain nombre de considérations présentes dans le rapport de l'Inspection générale des bibliothèques y sont visibles : le rapprochement des bibliothécaires [des documentalistes] et des informaticiens ; la notion de service, de soutien, d’aide et d’assistance à l’usager, avec en toile de fond une interrogation sur la limite de la polyvalence des personnels qu'entraîne la multiplication des services ; le learning centre, un environnement pédagogique seulement complémentaire aux dispositifs existants de formation initiale. Et enfin, une ouverture maximale 24h/24 et 7j/7. Une amplitude d'ouverture qui pourrait bien s'étendre dans les CDI grâce au rapprochement avec la fonction de chef de travaux.

Pour plus d’info, voir ce site.


* Une autre façon de parler des stages gratuits, de la diminution de l’encadrement... sans le dire :

Le bénévolat de compétence...
une façon aussi pour retrouver les vraie valeurs du sens de la patrie ?


Famille chrétienne - L’image du bénévole – généreux en temps sans être forcément compétent – a vécu. Pour preuve, le développement de ce qu’on appelle le « bénévolat de compétence ». L’idée, pour des professionnels en activité ou à la retraite, est de mettre leurs compétences professionnelles et leur expertise au profit d’associations qui en ont besoin. Et pour les associations de recruter des bénévoles au profil « pro » : « Signalez vos compétences, et nous vous proposerons une mission qui corresponde à vos capacités et à vos disponibilités. » De fait, elles recrutent ces nouveaux candidats avec lettre de motivation, entretien d’embauche, et engagement écrit du bénévole, renouvelable chaque année.

Nécessaire « bénévolat de compétences »

Aujourd’hui, les associations sont de plus en plus nombreuses : plus d’un million en activité. Elles se trouvent en concurrence avec les entreprises, mais aussi entre elles. D’où l’importance de recruter des bénévoles efficaces ou déjà formés. Douze millions de Français de plus de 15 ans donneraient de leur temps gratuitement, avec une hausse de 4 % par an. Un réservoir d’énergie et un potentiel qui ne passent pas inaperçus dans une société plutôt matérialiste et individualiste. Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative, a d’ailleurs annoncé une « vaste campagne de labellisation » pour soutenir l’action des bénévoles en France, dans le cadre de l’année européenne du bénévolat. « Avec le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, nous allons faciliter et accompagner les initiatives à travers une vaste campagne de labellisation [qui concernera] plus de 3 000 projets locaux et 200 projets nationaux »

Contreparties en nature


Les jeunes (15-30 ans), seraient moins investis que leurs aînés, l’engagement sans aucune contrepartie n’aurait plus vraiment la cote. Disons qu’ils ont aussi derrière la tête d’acquérir des compétences. D’où les compensations offertes par certaines associations : échange temps contre places de concert par exemple, qui a connu un franc succès. Ou encore, la bourse au permis de conduire. La mairie de Carcassonne a ainsi proposé un financement de 50 à 80 % du permis à des jeunes en échange de 50 heures de bénévolat en faveur d’un projet humanitaire ou social…
Sans aller jusque-là, les associations ont compris qu’elles devaient non seulement recruter leurs bénévoles mais aussi les choyer, les évaluer, les former, les valoriser.

* Perspectives européennes :

Recommandations de l’Union européenne pour lutter contre les abandons scolaires


De source syndicale.—Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le 31 janvier dernier, Andoulla Vassiliou, Commissaire européenne responsable de l’éducation, a présenté les initiatives de la commission pour lutter contre le décrochage scolaire. Celles-ci s’inscrivent dans le cadre de la stratégie Europe 2020.


Les propositions se déclinent en 3 volets : prévention, intervention, compensation.

Prévention :

- un meilleur soutien linguistique pour les enfants issus de l’immigration et moins de ségrégation à l’école
- des mesures de discrimination positive comme les ZEP (Chypre) et des programmes qui apportent un soutien ciblé aux écoles dans les zones défavorisés (France, Espagne), améliorent l’offre pédagogique.
- recours à des parcours éducatifs flexibles
- renforcement de l’éducation et de l’accueil préscolaire de bonne qualité
- amélioration de la qualité et du statut des filières d’enseignement professionnel



Intervention :
- mise en place d’un système d’alerte rapide
- meilleure coopération avec les parents
- mise en réseau des intervenants en dehors de l’école
- parrainage et tutorat
- apprentissage personnalisé
- meilleure orientation
- soutien financier (allocation scolaire)


Compensation :
- école de la seconde chance
- reprise d’une scolarité ordinaire (méthodes alternatives de pédagogie et de conseil)
- mise en place d’un environnement individualisé. Exemple : projet d’apprentissage pour jeunes adultes (Slovénie), centres SAS (Belgique), E2C (France).

Tiens, tiens.Tout est dans tout. Et réciproquement.

Comments

Procès de civilisés et xénophobie d'Etat

Bonus / malus sur les DGH : voir plus bas.
Réforme de la réforme de la masterisation : voir plus bas.

La RGPP au CNRS : suppression d’un poste sur deux : voir plus bas
Financement des lycées privés en Ile-de-France
: voir plus bas
Prof sarkophage en Egypte, rapatrié « par sécurité » : voir plus bas


* Procès des 4 de Tours : Hortefeux, on le voit toujours pas.

Le feuilleton du procès des 4 de Tours continue !

Le site.

Un troisième report, au 5 avril 2011, a été ordonné par la présidente du tribunal correctionnel de Tours lors de l'audience du 17 février 2011. Elle était prévue depuis la dernière, le 3 décembre 2010. Il était clair pour tout le monde que le 17 février devait enfin avoir lieu le débat de fond de ce procès intenté par Hortefeux contre deux militants de SOIF D'UTOPIES et deux de RESF 37.

Rappel:
Ils sont poursuivis pour diffamations publiques d'administrations publiques. Ces deux collectifs ont publié le 12 février 2010, un communiqué de presse intitulé « Les baleiniers » Ils faisaient part de soupçons quant à l'utilisation du fichier Base-Elèves par les préfectures d'Indre-et-Loire, d'Iles-et-Vilaine et de la Guyane. Ils ont ''osé'' comparer ces méthodes de chasse, consistant à transformer des enfants en appât pour expulser des familles sans papiers, à celles employées par le régime de Vichy.

Le procès des 4 prévenus de Tours de renvoi et renvoi se transforme en une mascarade, du grand guignol !

Cette fois, toujours pour éviter le débat de fond, le procureur a fait valoir que l'offre de preuve fournie par les 4 prévenus dans les délais (dix jours après avoir reçu l'assignation à comparaitre devant le tribunal) et selon la procédure prévue (cette offre de preuve doit être remise par un huissier au procureur) n'était pas recevable. Selon ce magistrat les 4 prévenus auraient « glissé subrepticement » des documents inclus dans cette offre de preuve. Ils auraient « tenté de glisser sous son coude » les dits documents. Ainsi le procureur remet en cause la véracité des pièces fournies dans l'offre de preuve et le fait qu'elles lui aient bien été transmises selon la procédure prévue.

De là à dire que l’institution ne veut pas qu’il y ait de procès...

En effet, dans un communiqué les accusés dénoncent :
« Nous sommes de plus en plus convaincus que des fonctionnaires du ministère de l'intérieur suivent de près cette affaire. L'enjeu politique est important pour le ministre. Condamner les 4 prévenus signifiera que la justice conforte la volonté de l'Etat d'imposer le silence sur ses dérives, qu'elle entérine sa censure, qu'elle avalise son traitement inégal selon qu'on soit notable ou manant et qu'on ne peut pas se mobiliser lorsque l'Etat met en œuvre des circulaires racistes ou des pratiques du même ordre. »



* Procès du Mirail : trois mois pour avoir mangé des petits gâteaux.

Le procureur requiert de "3 à 18 mois de prison avec sursis, assortis d’une inscription de la condamnation au casier judiciaire et d’une peine complémentaire d’interdiction d’exercice de toute profession dans la fonction publique pour un an", contre 7 étudiants qui, le 9 mars 2009, avaient participé (parmi d'autres) à une occupation des bureaux du président de la fac du Mirail à Toulouse et qui comparaissaient le 3 février 2011 devant le tribunal correctionnel pour « destruction de bien mobilier  » et « soustraction de fournitures de papèterie et de denrées alimentaires  ».
Compte rendu ici:
http://www.article11.info/spip/Les-sept-du-Mirail-proces-d-un

Certes, il semblerait qu'il y ait eu lors de cette occupation (outre les petits gâteaux volés et mangés) pour au moins 15 000 € (30 000 € ?) de casse (portes cassées, matériel de bureau volé ou détérioré...), mais il faut replacer ces faits dans le contexte d'exacerbation lié au pourrissement d'un long conflit et
il faut aussi admettre qu'il est très rare que la justice prononce de telles condamnations dans ce genre d'affaires, notamment lorsqu'il s'agit de sanctionner les dégradations commises dans certaines manifestations du secteur agricole, dégradations pourtant souvent bien plus importantes.
En requérant ces peines,
le procureur (une vielle connaissance du Canard Enchaîné dont le numéro 4503 du 14/02/07 rapportait que le conseil supérieur de la magistrature avait demandé son déplacement d'office après des « propos au caractère objectivement raciste ») n'y est pas allé de main morte même si les peines ont été différenciées en fonction de la gravité des actes de délinquance (trois mois pour les petits gâteaux...).
Verdict le 31 mars...


* Réécriture de l'histoire : alliance du sabre et du goupillon au service de la réhabilitation du passé colonial de la France?

« Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu'un rêve de civilisation. » Nicolas Sarkozy. Toulon, 7 février 2007.

A l’aide de Médiapart. - Président d’honneur d’Axa, fondateur et président de l'Institut Montaigne, Claude Bébéar aime particulièrement les fondations : non seulement ce catholique pratiquant que l'on dit proche de l'opus dei est membre du comité d'honneur de la Fondation Saint-Matthieu, spécialisée dans la collecte de fonds défiscalisés au profit des écoles confessionnelles catholiques, mais il est aussi président de la Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie reconnue d'utilité
publique par un décret du 3 août 2010 et inaugurée dans la foulée le 19 octobre 2010 : mise en place conformément à l'article 3 de la loi du 23 février 2005, la création de cette fondation (dont le conseil d'administration comprend de hauts gradés ayant pris part à la guerre d'Algérie) s'inscrit dans le cadre d'une campagne de réhabilitation du passé colonial de la France qui est  "le seul Etat démocratique et la seule ancienne puissance impériale européenne où des dispositions législatives qualifient de façon positive cette période de l'histoire.
[...]
Et pour que le tableau soit complet, rappelons que
l'un des proches conseillers de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, qui dirige un institut de sondage, préside aussi aux destinées de la Chaîne Histoire, filiale de TF1. Auteur, avec Pascal Gauchon, ancien secrétaire général du groupuscule d'extrême droite, le Parti des forces nouvelles, d'un livre intitulé : OAS. Histoire de la résistance française en Algérie paru en 1981, Buisson a récemment publié chez Albin Michel un ouvrage à la gloire de l'armée française : La guerre d'Algérie 1954-1962 Dans cette situation inédite et scandaleuse, celles et ceux qui représenteront les gauches parlementaires et radicales lors des élections présidentielles à venir doivent prendre l'engagement solennel d'abroger la loi scélérate du 23 février 2005 et de faire disparaître l'indigne Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie."



Article d'Olivier Le Cour Grandmaison, Le passé colonial français à l'heure du révisionnisme et de l'histoire officielle, La Découverte/Zones, 2010.

A ce propos piqûre de rappel, très d’actualité, par TV Mammouth :


La Xénophobie d'Etat, par Olivier LE COUR GRANDMAISON
envoyé par blogmammouth. - L'info video en direct.
Comments

Lycées privés, censure... tout va bien

Toujours et encore : une mise à jour par jour. Revenez souvent.


Bonus / malus sur les DGH : voir plus bas.
Réforme de la réforme de la masterisation : voir plus bas.
Rentabiliser l’Université : voir plus bas.

La RGPP au CNRS : suppression d’un poste sur deux : voir plus bas
Prof sarkophage en Egypte, rapatrié « par sécurité » : voir plus bas


* Financement des lycées privés en Ile-de-France : un « livre noir »

Un groupe politique d’Ile de France vient de publier une analyse du financement des lycées privés franciliens et en dénonce les d’excès. Il dénonce des empiètements au principe de laïcité, dont voici les principaux éléments.

Constats
En Ile-de-France, on dénombre 470 lycées publics (81 %) et 202 lycées privés sous contrat (19 %).
La loi oblige les régions à contribuer au budget de ces derniers, ce qui représente 7 % du budget de l’éducation nationale.

Les financements obligatoires concernant le privé portent sur :
· La rémunération des personnels non enseignants.
· Les dépenses liées à l’acquisition de matériels.
· Le financement d’une parti des impôts locaux.
Or, 37 % des financements régionaux vont bien au delà des obligations légales : ces 37 % sont des subventions facultatives et relèvent d’un choix politique.


Que fait la Région ?
Elle finance le lycée privée Jean-Paul II à Sartrouville : 1,36 millions d’euros.
Sur les 61 millions dévolus aux lycées privés, 19,537 millions consistent en des subventions facultatives.
· 15 millions d’euros sont dégagés pour la rénovation ou l’équipement technique des lycées privés.
· 4 millions financent l’achat de manuels scolaires.
· Le maintien de la majoration de 5 % du forfait d’externat représente 2 millions d’euros.


Conséquence : une inégalité public/privé encouragée
Dans le public, un élève bénéficie en moyenne de 1 606 euros de financement. Dans le privé, les frais d’inscription et les subventions permettent un financement de 2 106 euros par élève !

Et Google indique bien qu’il s’agit d’une région dirigée par une majorité politique de gauche. Enfin...


* Epidémie de lettres de dénonciation et censure qui touche l’EN

Mammmouth déchainé - Lettres de dénonciation, pouvoir de nuisance et censure: la musique n'adoucit pas forcément les moeurs à l'Educ. Nat.

Les lettres de dénonciation sont à la mode ces temps-ci!
En témoignent des événements survenus récemment dans une petite commune du Gard et à Blois dans le Loir-et-Cher.

En ce qui concerne les
faits survenus dans le Gard, le Midi Libre nous apprend que certains parents n'ont pas hésité à faire circuler dans leur ville une lettre anonyme pour y dénoncer les agissements, intolérables selon eux, d'une professeure des écoles, celle-ci ayant fait apprendre aux enfants une berceuse en langue arabe à l'occasion d'un travail mené en classe sur le film français d’animation Azur et Asmar (2006) de Michel Ocelot.
L’inspection académique, nous dit le Midi Libre, a tenu (comme tous les élus locaux) à manifester très clairement son soutien à l'enseignante en apportant les précisions suivantes:
« Ce travail autour de la berceuse s’inscrit totalement dans le cadre de l’opération nationale baptisée “école et cinéma” qui rentre dans le cadre des projets sur l’ouverture au monde et aux cultures de l’éducation nationale et des programmes d’instruction civique »
Il n'y a pas place pour la polémique: la fin de non-recevoir opposée aux rédacteurs de la lettre anonyme est sans appel et celle-ci pourra donc rejoindre la poubelle!

Si cette lettre anonyme n'a pas été suivie de tous les effets escomptés par ses auteurs, ce n'est pas le cas
d'une autre lettre, signée celle-ci, et envoyée à l'inspection académique du Loir-et-Cher, au ministre de l'Education Nationale et au Président de la République! Il faut dire que l'affaire, comme nous le révèle la Nouvelle République, était d'importance, puisque des centaines d'écoliers devaient chanter les malheurs des "lutins crétins", chanson extraite d'un opéra de Louis Denoyer de Segonzac déjà joué une cinquantaine de fois.

C'en était trop pour un parent d'élève
mécontent et à tel point affligé par les "néologismes idiots" du texte qu'il a tenu à en faire part aux plus hautes autorités de l'Etat: c'est ainsi que l'Inspectrice d'Académie, pensant peut-être que l'hôte de l'Elysée serait comme elle très choqué de l'expression "lutins crétins" (et autres termes d'une grande familiarité!), a décidé de faire diligence pour censurer le texte afin d'en faire disparaître promptement les insupportables néologismes que , nous dit la NR, "les quelque sept cents enfants de CM1-CM2 scolarisés dans une vingtaine d'écoles de la ville, les équipes pédagogiques et les professionnels du Conservatoire à rayonnement départemental de musique de Blois, eux, trouvaient plutôt très sympas. Par courrier, l'inspectrice [les] a informés de sa décision sans équivoque :
«
J'ai moi-même été alertée personnellement par ce parent. Après avoir pris connaissance des paroles de cet opéra, j'ai immédiatement décidé d'en faire supprimer l'acte 5, dont sont extraits les Lutins. »
Pas adapté à des enfants de cet âge-là, tel est le seul argument qui a pu transpire
r."

Envoyez donc toutes vos lettres de réclamation à l’inspectrice d’académie du Loir-et-Cher, elle saura faire quelque chose pour voir (pour plus de sécurité, mettez l’Elysée en copie).


* Semestrialisation de l’année. C’est au Luxembourg que cela se passe.

Comment ne pas voir cela comme une « expérimentation » européenne ? Bientôt chez nous ? On peut voir dans Le Quotidien que toute l’argumentation est en place pour que le modèle soit diffusé.

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle [de Luxembourg] envisage de structurer l’année scolaire en semestres au lieu de trimestres.
« L’organisation semestrielle  concernerait tous les niveaux scolaires : l’enseignement fondamental, l’enseignement secondaire et secondaire technique et l’éducation différenciée.

L’introduction de semestres est préconisée par le Conseil supérieur de l’Éducation nationale, par les Collèges des directeurs de l’enseignement secondaire et secondaire technique et par le Collège des inspecteurs de l’enseignement fondamental.

Elle permettrait une répartition plus harmonieuse du temps d'enseignement. Les périodes d’apprentissage plus longues donneraient davantage de temps à l’élève pour progresser dans les différentes matières. Elles permettraient aux enseignants d’évaluer de manière plus nuancée le développement des compétences et de proposer aux élèves des mesures de remédiation plus efficaces. » 


*Encore des chefs d’établissement rebelles ! C’est à Caen...
Ouest France - Les chefs d’établissements manifestent devant le rectorat de Caen

Venus de toute la Basse-Normandie, environ 120 principaux de collèges, proviseurs de lycées et adjoints de direction se sont rassemblés devant le rectorat de Caen en fin d’après-midi, à l’initiative du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale). Les chefs d’établissements, qui n’ont pas pour habitude de manifester, ont tenu à exprimer leurs vives inquiétudes à la rectrice à propos de la prochaine rentrée scolaire.

Lors d’une brève entrevue avec celle-ci, une délégation a mis en avant les augmentations d’effectifs par classe, notamment en collèges et en lycées professionnels, ainsi que les « difficultés de mise en œuvre de réformes que nous avons voulues », rapporte Christine Barbe, la secrétaire académique du SNPDEN. Le syndicat demande aussi « un vrai dialogue social ».

De grands naïfs les chefs d’établissement, et toujours les dindons de la farce, mais ils le savaient...


* Ras les palmes (d’or). Un dessin de Miles

(
visitez son site)

Comments

[MAJ]Chatel, Allègre, Bougrab : il n'y a pas d'intrus.

Pour ceux qui viennent ici directement,
la Une du Mammouth déchaîné vient d’être mise à jour.
Allez y faire un tour.

Toujours et encore : une mise à jour par jour. Revenez souvent.


Bonus / malus sur les DGH : voir plus bas.
Réforme de la réforme de la masterisation : voir plus bas.
Les classes préparatoires touchées : voir plus bas.
Rentabiliser l’Université : voir plus bas.
Les chefs se rebellent : voir plus bas

La RGPP au CNRS : suppression d’un poste sur deux : voir plus bas

[MAJ]* Un Prof sarkophage en Egypte trop visible

Pour rappel le devoir de réserve n’existe pas dans la fonction publique. Nous en parlions il y a peu, là.

Yahoo.fr Un prof de français sanctionné pour un "casse toi pauvre con".... au Caire

Le 1er Février dernier, en pleine révolution Égyptienne, les équipe de BFM TV avaient remarqué la présence d'un manifestant  Français venu soutenir les manifestants du Caire.
Cet homme, prof de français au lycée français du Caire, avait décidé de ne pas mettre le slogan souvent vu "Dégage Moubarak". Voulant certainement faire preuve d'originalité, il y a inscrit :  "CASSE TOI PAUVRE CON"... Une phrase-culte depuis la sortie du président de la République au salon de l'Agriculture 2008...

Le quai d'Orsay pas content.

D'après BFM TV, le quai d'Orsay a peu goûté la présence dans les manifestations de ce prof français, et l'a rapatrié, soit-disant "pour sa sécurité".

Arrivé en France, il a failli être rétrogradé. Il s'en sort finalement avec un simple blâme contre la promesse de ne pas communiquer sur l'affaire. [trop tard, Moubarak, je te vois]

Comme le note le site de Télérama:  "morale de l’histoire :
mieux vaut être ministre des Affaires étrangères et proposer de l’aide à un dictateur qu’être un simple prof et en conspuer un autre…"


* L’UNEF fait des propositions pour réformer la licence ou a vraiment envie de déconner ?

AFP -«  L'Unef, pre­mière orga­ni­sa­tion étudiante, fait plu­sieurs pro­po­si­tions pour "révo­lu­tion­ner" la licence, notam­ment plus d'heures et plus d'encadrement, alors que Valérie Pécresse vient d'installer un comité pour réécrire l'arrêté de 2002 qui défi­nit les conte­nus de ce diplôme.
L'organisation défend une aug­men­ta­tion des volumes horaires, avec un mini­mum de 25 heures de cours par semaine, selon son communiqué.
Elle sou­haite un enca­dre­ment amé­lioré pour mul­ti­plier les cours en petits groupes et mettre fin aux cours en amphi­théâtre en pre­mière année, ce qui pas­se­rait par un plan de recru­te­ment en cinq ans de 2.500 ensei­gnants et 2.500 per­son­nels biblio­thé­caires, admi­nis­tra­tifs, tech­ni­ciens, etc. »

Pécresse va apprécier, c’est certain.


* Maire-remplaçant ? c’est possible.

En l'absence de remplaçant, le maire de Vénissieux (Rhône) assure la classe

AFP - Michèle Picard, maire PCF de Vénissieux (Rhône), a fait la classe mardi à des élèves dont l'enseignante n'était pas rem­pla­cée depuis une semaine, pour dénon­cer "les absences et les non-remplacements d'enseignants" qui sont "récur­rents" dans cette com­mune située au sud de Lyon.
"
Je me suis ins­crite sur le tableau en sou­tien" aux parents d'élèves qui ont mis en place lundi "une classe sau­vage", assu­rée à tour de rôle par des volon­taires, pour main­te­nir l'activité sco­laire après une semaine sans rem­pla­çant, a déclaré Michèle Picard. L'enseignante de cette classe de mater­nelle du groupe sco­laire Jean Moulin est en congé mater­nité, une absence pré­vue depuis octobre selon la direc­trice de l'école.
Pendant l'intervention du maire, qui s'est dérou­lée entre 10H00 et 11H45, la direc­trice de l'école a indi­qué que l'Inspection d'académie venait de lui annon­cer l'attribution d'un poste de rem­pla­çant à mi-temps pour les dix jours à venir puis à plein temps après les vacances d'hiver qui com­mencent le 26 février dans l'académie de Lyon.

Comme quoi...


* Chatel et l’indignité des renvoyeurs de palmes.

C’est dans Le Monde.
Question dignité, comme chacun le sait depuis le mémorable épisode des ménagères UMP d'intermarché (événement qui avait même fait ricaner la presse internationale),  il est expert...


* La dignité du piston.


Et en effet, en dignité républicaine le gouvernement s’y connaît. Elle n’a pas pris de jet privé (pour l’instant) mais Jeannette Bougrab elle connait déjà un certain nombre de principes pour y arriver dans la vie. Et elle le dit sur Fun radio : pour elle rien de mieux qu’un bon piston, un coup de main, pour entrer dans les bons réseaux et s’assurer que le CV reste au dessus de la pile.

Voir ce qu’en dit Rue89.


* Réthorique sarkozyste par le DRHache du gouvernement. Mai 68 a bon dos.


CR d’une audition de L. Chatel devant le Sénat.
Appréciation : Toutes les capacités sont là pour arriver au degré d’approfondissement de son prédécesseur. Luc doit en remettre une couche cependant.

Allez tout lire ici, ça vaut le coup.

M. Luc Chatel, ministre. Monsieur le sénateur, pendant de nombreuses années, en conséquence sans doute de mai 68, notre système éducatif a en effet oublié qu’enseigner, c’est d’abord transmettre des savoirs. La loi Jospin de 1989, qui plaçait l’enfant au cœur du système, au détriment du maître, a marqué l’apogée de cette période.
(...)
M. Luc Chatel, ministre. Monsieur le sénateur, je crois comme vous à un système éducatif fondé sur la transmission des savoirs et d’un certain nombre de valeurs, pour former les futurs citoyens.
Nous avons donc décidé de redonner la priorité à l’apprentissage d’un certain nombre de fondamentaux. Tel était l’objectif de la réforme du primaire mise en place par mon prédécesseur Xavier Darcos. Pour ma part, j’ai décidé de
réinstaurer systématiquement le calcul mental afin de développer, dès le plus jeune âge, la mémoire et l’agilité d’esprit. En ce qui concerne la lecture, nous avons choisi de revenir à des méthodes permettant un meilleur apprentissage.
Par conséquent, comme vous pouvez le constater, monsieur le sénateur,
nous avons décidé de recourir à des méthodes qui ont fait leurs preuves, car éduquer, c’est d’abord transmettre le savoir

Qu’il soit bien clair, désormais, c’est le ministre qui fixe les méthodes pédagogiques.



* Allègre, clown pitoyable, bouge encore.

Qui va lui dire qu’il n’a plus aucun avenir politique ?

Extrait (
mais lisez tout là)

« Certains professeurs refusent aujourd'hui d'appliquer les directives ministérielles, confondant ainsi politique et engagement professionnel !
Comment voulez-vous que des enseignants qui ne respectent ni l'État ni leur ministre soient respectés par les élèves, les parents d'élèves et plus généralement par la société ? Bien sûr, ces comportements ne représentent que 20 % des enseignants, mais c'est cette "couleur" qui imprègne tout.
 »


* Ca se Corse :

Agoravox . - Un "self-service de la fraude" dans l’Education nationale ?

Il faut rappeler que l’académie de Corse se trouve dans la tourmente depuis l’automne 2008. Plusieurs personnels de l'Education nationale (dont l’ancien secrétaire général du rectorat et deux enseignants cortenais) sont alors mis en examen dans le cadre d’une enquête sur le recrutement des professeurs des écoles en 2007, à laquelle est venu s’ajouter, d'une part, un soupçon sur un concours de documentaliste, et, d'autre part, un doute sur le Bac 2008. Les écoutes téléphoniques dont les autorités académiques ont fait l’objet révèleraient que des notes de ce dernier auraient été remontées sur commande, afin de privilégier certaines familles. Clanisme ? Clientélisme ? Une accusation que les syndicats d’enseignants insulaires, qui soutiennent leurs collègues mis en cause dans la dernière affaire, rejettent catégoriquement. Pour eux, elle devrait être dissociée des deux autres, et ne relèverait que d’une méprise quant à une banale procédure d’harmonisation. Les intéressés, en somme, seraient poursuivis… pour avoir fait leur travail.

Comments

Recherche et RGPP : ça va mal...

Pour ceux qui viennent ici directement,
la Une du Mammouth déchaîné vient d’être mise à jour.
Allez y faire un tour.

Toujours et encore : une mise à jour par jour. Revenez souvent.


Bonus / malus sur les DGH : voir plus bas.
Réforme de la réforme de la masterisation : voir plus bas.
Les classes préparatoires touchées : voir plus bas.
Rentabiliser l’Université : voir plus bas.
Les chefs se rebellent : voir plus bas


* La RGPP au CNRS : suppression d’un poste sur deux (dans les fonctions administratives)


Encore une fois, la recherche est à la pointe...


Mammouth Déchainé (de source syndicale).— L’inquiétude grandit au CNRS à la suite du Grand Emprunt et de la restructuration envisagée des organismes de recherche (EPST). De source sûre certains syndicats annoncent que la direction de CNRS est prêtre à anticiper la suppression d’un poste sur deux dans les fonctions administratives.
Six des deux délégations de la région parisienne seraient fermées et en province, les mêmes délégations se fondraient dans les plates-formes IDEX, pour accélérer la Délégation Générale de Gestion.
Dans le même temps la direction des services informatiques prépare son externalisation (du moins pour les labo les plus petits).
Déjà l’INRA a pris de l’avance. Son siège parisien va être vendu, et la délégation de Lille a été fermée.

Et il est fort à craindre que les labos qui ne rentreront pas dans les futurs IDEX auront la vie dure... Bonne manière de la y faire rentrer...

Et si ça marche tout ça, on peut craindre une application à tous les autres secteurs de l’enseignement ? Qu’est-ce qui les en empêcherait ?


* Dépalmés :

Ils seraient 47 ce mois de février à avoir rendu les palmes .

L’express. Ils sont peu nombreux mais leur protestation est hautement symbolique. Début février, 47 enseignants, proviseurs, inspecteurs ou conseilleurs pédagogiques, en activité ou retraités, ont décidé de rendre leurs Palmes académiques à Luc Chatel pour protester contre la politique du gouvernement en matière d'éducation. 

Dans une lettre au ministre de l'Education Luc Chatel,
publiée ce mercredi dans Charlie Hebdo, ils précisent être "fiers et heureux de servir ou d'avoir servi l'école de la République française". Pourtant, ils "constat[ent] avec une infinie tristesse, que l'Éducation nationale souffre de plus en plus d'une politique où la logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale". Et d'ajouter: "L'école que nous avons aimée et construite est progressivement désorganisée, dégradée, et disparaît." 


*Délinquants juvéniles (suite)

Sept ans après son premier rapport où il avait "inventé" l’idée fallacieuse du dépistage dès la crèche des bébés agités pour prévenir la délinquance, J.A. Benisti récidive dans un second rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes.

On aurait pu s’attendre à des propositions qui aient atteint l’âge de raison. Malheureusement les mêmes présupposés erronés persistent, malgré un langage plus policé et des précautions oratoires.

Ainsi, finaud, M. Benisti concède que tous les enfants présentant "des signes de mal-être à 3 ans ne deviendront pas des délinquants à 15 ans". Mais ne cède pas quand il maintient qu’"on constate à l’inverse, parmi les mineurs délinquants, un certain nombre de points communs dès leur plus jeune âge".


Bref :
http://www.pasde0deconduite.org/


* Validation des diplomes universitaires à l’aide du service civique.


Mammouth déchaîné. - On n'entend pas beaucoup parler de J. Bougrab, sauf quand, après avoir fait des déclarations sur l'Egypte, elle se fait recadrer comme une petite fille en présence de son ministre de tutelle et, vexée des fuites dans la presse, menace ensuite de démissionner. Ce serait dommage, car même si on ne la remarque guère habituellement, cela ne l'empêche pas d'être très active dans son secrétariat d'Etat:
un décret est en cours de préparation, permettant de valider certaines unités pour des diplômes universitaires grâce à une expérience du service civique.
Plus d'infos sur les activités de J. Bougrab



* Aux niches des catho.


Des changements en vue du côté des niches fiscales cathos?
Mammouth déchaîné - Les niches fiscales permettant d'obtenir des déductions fiscales pour les dons faits aux écoles catholiques se portent encore bien, mais la République refuse désormais de "subventionner" les pélerinages cathos:

"La chasse aux niches fiscales prend parfois des allures assez inattendues.
Le ministère de l'Économie vient de mettre fin à l'une des plus méconnues. Celle qui permettait de financer en partie le voyage des bénévoles qui accompagnent les malades à Lourdes tous les ans. Ils pouvaient déduire leurs frais des impôts. Cela leur est désormais impossible, depuis le 1er janvier." (RTL)


* L’apprentissage par Sarko : reprises, erreurs et approximations... (encore ?)
Les annonces de Nicolas Sarkozy sur l’apprentissage jeudi 10 février, s’avèrent du "déjà vu". Il aurait repris les idées déjà lancées ces derniers mois par ses ministres Xavier Bertrand et Nadine Morano : "donner aux apprentis le même statut que les étudiants", "construire 'des dizaines' de nouveaux CFA", "instaurer un système de bonus sous forme d’allégement de charges pour les entreprises de plus de 250 salariés qui dépassent le quota de 3% d’apprentis, et un malus pour les autres". Ce système de malus existe déjà, il a été créé par la loi du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances et modifié en 2009 avec la "Contribution supplémentaire à l’apprentissage". Le président de la République "a annoncé qu’il souhaitait atteindre l’objectif d’1million d’apprentis", mais en 2010 "le compteur des contrats d’apprentissage et de professionnalisation n’a pas dépassé 550 000".

Michel Abhervé dénonce sur son site les erreurs du président, qui oublie que "le principal frein à la croissance de l’alternance réside incontestablement dans l’insuffisant nombre de postes ouverts par les employeurs", puisque les candidats ne manquent pas. Par ailleurs, N. Sarkozy explique qu'un jeune qui choisit une formation en alternance "a deux fois plus de chances de trouver un emploi que s’il suit une formation théorique“ .

L'expert demande "d’où sort ce chiffre" ? Pour le HCE (Haut conseil de l’éducation), "80 % des titulaires d’un baccalauréat professionnel obtenu par apprentissage avaient un emploi [en 2006], contre 64 % pour la voie scolaire". L'écart est du même ordre pour les CAP. Ces chiffres "doivent être pondérés en tenant compte de l’importance des ruptures de contrats, et souvent d’un plus faible taux de réussite aux examens". Pour l'INSEE, l'avantage serait finalement d’environ 7 points.

Comments

Révolte, rebellion (des personnels de direction) ?

Pour ceux qui viennent ici directement,
la Une du Mammouth déchaîné vient d’être mise à jour.
Allez y faire un tour.

Bonus / malus sur les DGH : voir plus bas.
Réforme de la réforme de la masterisation : voir plus bas.
Les classes préparatoires touchées : voir plus bas.
Rentabiliser l’Université : voir plus bas.


* CQFD : retour sur les propos de sarko.


Il n’y a pas que Chatel qui ment.

Mammouth déchaîné . -Le président de la République vient de déclarer : "depuis le début des années 1990, il y a 600.000 enfants de moins et il y a 45.000 enseignants de plus". Mais de qui et de quoi parle-t-on ?

En 20 ans, la durée de scolarisation des jeunes a augmenté de
1,7 année, il faut donc plus de profs pour s'en occuper. Il a aussi fallu créer des filières, des diplômes, des formations, notamment professionnelles. On est tout de même passé de 3 % de bacheliers en 1945, à près de 66 %. Par ailleurs, si le président veut un lycée à la carte avec plein d'options, cela réclame de nouveaux emplois !

Ensuite,
s'il y a plus d'enseignants, sont-ils tous à plein temps ? Temps partiels, mi-temps, congés maternité et parentaux, ça existe aussi. Deux profs à mi-temps n'occupent qu'un poste ! Et puis, l'encadrement dans notre système éducatif était-il satisfaisant en 1990 ? Il faudrait savoir d'où on est parti. Encore un oubli sans doute... c'est le privé qui a recruté 14.000 professeurs de plus sur 20 ans !

Enfin, les chiffres officiels du ministère font état d'un passage sur cette période de 882.640 à 852.907 enseignants, soit 30.000 profs en moins et non 45.000 en plus !

Voilà sans doute pourquoi
le ministère recrute étudiants, retraités et vacataires pour faire classe. D’ailleurs un rapport tombé ce jour précise quel la France a le taux d'encadrement (nombre d'enseignants pour 100 élèves-étudiants) le plus faible de l'OCDE, selon la note de syn­thèse "Tendances de l'emploi public" de février 2011 du Centre d'analyse stra­té­gique (CAS), une ins­ti­tu­tion pla­cée auprès du Premier ministre.

« seule­ment 6,1 ensei­gnants pour 100 élèves-étudiants contrai­re­ment à des pays comme la Suède, la Grèce ou le Portugal où le taux d'encadrement dépasse neuf ensei­gnants"


* Révolution des petits chefs.


NRCO - Les personnels de direction refusent d'appliquer la réforme [C’est à Poitiers que cela se passe]
Les cadres de l'Éducation nationale sont sortis de leurs établissements pour se rassembler devant la préfecture. Une première.


Leurs cravates nouées serrent leurs cols blancs. Droits dans leurs chaussures de ville, ils sont venus nombreux, hier matin, devant la préfecture de région pour montrer leur détermination à résister contre les mesures gouvernementales qui frappent leurs établissements. Une centaine de proviseurs et de principaux, accompagnés de leurs adjoints, de la région Poitou-Charentes, ont décidé d'alerter l'État, à travers le préfet de Région, Bernard Tomasini, qui, durant une heure, a pu observer sous ses fenêtres ce rassemblement exceptionnel.

'' Le mammouth est dégraissé depuis longtemps, on est à l'os ''
Jamais les personnels de direction de l'Éducation nationale n'avaient monté pareille opération. C'est unique. Parce que la situation atteint un tel degré de gravité : « Le mammouth est dégraissé depuis longtemps, on est à l'os », rappelle Christian Macheteau, secrétaire académique SNPDEN (*). Cette période de vache maigre met les personnels de direction sur les dents. « Cela va être extrêmement difficile pour certains établissements qui accusent, en terme de dotation globale horaire, jusqu'à - 200 heures. Ce qui représente 10 postes », explique le syndicaliste.

Ainsi, au lycée scientifique et technologie industrielle et laboratoire Louis-Armand, ce sont 275 heures hebdomadaires qui sont retirées. L'établissement entre dans le cadre des mesures de carte scolaire. Cela signifie que des professeurs vont devoir demander leur mutation. Huit à neuf enseignants seraient exposés si la réforme est mise en place à la rentrée prochaine. Et les conditions de travail se dégraderont avec une augmentation des effectifs par classe pour atteindre jusqu'à 35 élèves par section. Le regroupement des filières deviendra alors inévitable pour l'enseignement commun. Avant de remettre le courrier de doléances au préfet, le syndicaliste Christian Macheteau a dénoncé « la politique actuelle, qui organise le démantèlement du service public ».

Pour mémoire, l’UNSA (confédération du SNPDEN) a voté en faveur de la réforme au Comité technique ministériel.
Arroseur arrosé ? Il n’y a pas de raison.



*EDF à la tête de l’Université de Clermont, pour avoir une « vision externe »

Ou l’effet direct de la réforme de PRES. Bientôt dans le secondaire ?

AEF - Alain Martel, délégué régional du groupe EDF en Auvergne, a été élu président du PRES « Clermont Université », à l'unanimité des votants, le 7 février 2011, pour un mandat de deux ans. Il succède à Philippe Dulbecco (Université d'Auvergne Clermont-I), qui présidait le PRES depuis février 2010 (AEF n°128274), à la suite de Nadine Lavignotte (Université Blaise-Pascal Clermont-II), élue en janvier 2009 (AEF n°107688).

Diplômé de l'École centrale de Paris et de l'IAE de l'université d'Auvergne, Alain Martel, 57 ans, est aussi titulaire d'un DEA en géophysique interne de l'université Blaise-Pascal. Il est membre du conseil scientifique de l'université d'Auvergne et du conseil d'administration de l'IFMA depuis 2007. Entré dans le groupe EDF en 1977, Alain Martel est notamment conseiller économique et social d'Auvergne, élu de la CRCI, administrateur de l'Agence régionale de développement économique et de la « Plateforme Auvergne pour la reprise et l'innovation ».

« JE PEUX APPORTER UNE VISION EXTERNE »

En tant que président de Clermont Université, Alain Martel,
qui garde ses fonctions à EDF, souhaite « poursuivre la structuration du PRES », déclare-t-il à AEF. « Je peux apporter une vision externe, une compétence supplémentaire », indique le délégué régional d'EDF. Selon lui, le PRES clermontois, « qui fonctionne déjà bien, a peut-être besoin maintenant d'un projet collectif de développement ». Dans le domaine de la recherche, Alain Martel souhaite poursuivre le travail mené « dans les domaines d'excellence et les grandes thématiques des investissements d'avenir ». En ce qui concerne la formation, le nouveau président estime que le PRES « peut viser un doublement des effectifs d'étudiants dans les 15 ans ».
Pour Philippe Dulbecco,
l'élection d'une personne autre qu'un des chefs des établissements membres fondateurs permet à l'EPCS d'avoir « un président de plein exercice, maintenant que ses bases sont construites ». Le choix d'une personnalité extérieure au monde de l'enseignement supérieur s'inscrit aussi « dans le changement positif » enclenché par le PRES, qui « sert à fédérer les établissements fondateurs et associés, mais aussi les pôles de compétitivité, les collectivités, les entreprises et le monde associatif »

Comments

Bonus, malus, redoublements et DGH...

Pour ceux qui viennent ici directement,
la Une du Mammouth déchaîné vient d’être mise à jour.
Allez y faire un tour.


Le Blog du Mammouth Déchaîné ouvre des commentaires (en fin de post).
Vous pouvez y apporter vos compléments d’information.
Le Mammouth.

* Dernière idée (de prime) en matière de management de l’éducation nationale :


La « discrimination relative au taux de redoublement »

Voici une pétition intersyndicale (en pdf ici : Petition IATous)en provenance du Calvados contre contre une idée du nouvel IA à propos de l'instauration d'un système de bonus/malus en collège.

Le principe en est simple : si vous avez un bon taux de « non redoublement », on peut vous accorder jusqu'à 6 HSE supplémentaires sur votre DHG, dans le cas contraire, si les redoublements sont trop nombreux dans le bahut, vous pouvez perdre 9, 12, voire plus encore d’heures sup sur la DHG.

C’est pas beau la vie ?


* Cela finit par se voir. Même la presse financière reconnait que ça va mal !

Les Echos.fr- La presse financière est en train de s'apercevoir que les enseignants sont mal payés et que "parmi les pays de l'OCDE « la France présente le taux d'encadrement (nombre d'enseignants pour 100 élèves) le plus faible, tous niveaux et tous établissements confondus (publics et privés) avec seulement 6,1 enseignants pour 100 élèves »".

Si c'est la presse de droite qui, maintenant, s'attache à montrer que le ministre de l'Éducation Nationale dit n'importe quoi...



* Pour en finir avec la question de la fin de l’emploi à vie des enseignants.

Alors que la droite (et pas que...) revendique de plus en plus de vouloir préserver l’emploi à vie des fonctionnaires que pour les services régaliens (donc pas pour les enseignants), voici un petit bilan sur l’intérêt d’avoir justement des profs fonctionnaires d’Etat. Il apapraît en effet que les enseignants constituent un excellent rapport qualité/prix (pour la république bourgeoise qu’on a) !

De quoi faire disparaitre certains poncifs et de couper les « espoirs » de certains qui sont toujours prêts à négocier.

C’est sur le site du Monde. Démonstration en 6 points, d’un professeur en sciences de gestion.


* Audace 2012 : bien à droite, ils n’en manquent pas ceux-là :

Mammouth déchaîné - Audace 2012, un collectif d'associations chrétiennes souvent proches de milieux conservateurs et traditionalistes et de l'Association pour la fondation de service politique milite actuellement pour peser sur le prochain scrutin présidentiel de 2012: ce collectif très "Tea party" entend en effet mener une campagne de démarchage auprès des candidats afin de les amener à prendre des positions claires sur ses 12 propositions (création d'une Garde nationale formée de volontaires pour aider la police et la gendarmerie, loi Veil "revisitée", rétablissement du service militaire obligatoire, interdiction de l'immigration, etc.).

La douzième mesure concerne l'éducation: il s'agirait de promouvoir "la création, à côté du secteur public, d'un secteur totalement libre, par lequel les écoles et université libres auront la maîtrise complète de leur budget et de leurs programmes ; l'État affectant un financement par élève qui permettra de couvrir l'intégralité des coûts de chaque établissement."

Le président, de cette association, François Billot de Lochner, est à la tête de la Fédération Banque-Finance-Assurance de l’UMP (les milieux d'affaires ne sont jamais très loin des milieux cathos les plus "droitistes" et l'UMP montre que certains de ses membres peuvent avoir des positions très proches de celles du FN)

Billot de Lochner signe les pétitions de SOS Education, (ce qui n'a rien d'étonnant compte tenu de la teneur de ses 12 propositions pour 2012...)




* Rhétorique UMP, suite, si vous voulez vraiment vous énerver...

« Il faut dédramatiser l’ampleur ces suppressions de postes : 16 000 postes, c’est à peine 1,4% des 1,1 millions d’emplois de l’Education nationale ! L’impact de ce phénomène sera donc invisible dans les classes pour les professeurs et les élèves ! Surtout, les enseignants seront les premiers bénéficiaires de la politique menée, puisque 50% des économies réalisées par le non remplacement d’un professeur sur deux partant à la retraite, soit 198 millions € en 2011, sont reversées aux enseignants sous la forme d’une revalorisation des salaires. »

Et ce n’est que la conclusion, conclusion d’une lettre de la fédération UMP de l’Ariège à une autre fédération, celle du PS. Un discours bien rodé,
que vous retrouverez là.

Comments

Réforme de la réforme : le master par alternance

* Réforme de la réforme de la masterisation en vue

Mammouth déchaîné -
Le recteur de Versailles donne ces jours-ci à l’AEF un entretien qui annonce une expérimentation relative à une nouvelle réforme des concours d’enseignement. Corollaire direct (et dû au hasard ?) de l’installation par Précresse du Comité d’orientation de la nouvelle licence (voir plus bas). Implicitement c’est aussi un constat d’échec de la masterisation. Mais comme toujours avec le gouvernement, lorsque une réforme ne marche pas c’est qu’elle ne va pas assez loin et qu’il faut poursuivre.

« Nous devons dépasser la logique actuelle d'une maquette préparée par les universités dans laquelle on aménage des temps de stages [pour les futurs enseignants]. »

Ledit recteur veut ainsi
expérimenter à la rentrée de nouveaux master enseignement en alternance.

Voici les premières pistes que ledit recteur dessine sous nos yeux :

1/
Dès la licence, les étudiants pourraient conjuguer temps de formation en université et séquences en établissement. La mission qui leur serait confiée d'assistant d'éducation puis d'assistant pédagogique.
Puis, en master, sur le même principe, il leur serait proposé d'intervenir toute l'année en tant que personnel enseignant vacataire en établissement (et cela selon des contrats classiques de maximum de 200 heures par an)

2/
Fin des stages de pratique accompagnée ou des stages en responsabilité

3/ La place du concours, encore une nouvelle fois, pourra changer.

4/
Il en fait enfin une ressource pour le remplacement dans l’académie « indiscutablement, ils constitueront des moyens d'enseignement complémentaires dont l'académie a besoin dans certaines disciplines. Nous cherchons à monter un dispositif où tout le monde est gagnant : l'étudiant comme le chef d’établissement. »

Autant de propositions qui interrogent sérieusement :

On peut voir la dedans un bon moyen d'habituer les futurs enseignants à un temps de présence plus important dans les établissements (idée que l'on retrouve aussi bien à l'UMP que chez certains au PS...).

Cela confirme aussi qu'il est bien prévu que le système de remplacement se fasse désormais (si possible) en interne (d'où augmentation du temps de présence demandé aux enseignants) sans faire appel aux étudiants de master qui auraient des postes à l'année : il s’agirait donc une sorte de pré-recrutement d’un professorat bien servile avec exercice immédiat du métier à temps partiel de façon à pallier un peu la pénurie créée par le dogme du non-remplacement d'un départ sur deux à la retraite.

Les campagnes de refus d'heures supp se développent aussi actuellement... Un bon moyen aussi d'y pallier ?

Le master par alternance, avant le master participatif ?


* Une sénatrice fait remarquer à Chatel qu'il dit n'importe quoi.

Voici l’ntervention de Brigitte Gonthier-Maurin sur le dispositif CLAIR lors des questions cribles à Luc Chatel - Sénat le 8 février 2011
La vidéo est là.

« Monsieur le ministre, je souhaite vous interroger sur le dispositif CLAIR et sur le démantèlement de l’éducation prioritaire qu’il induit, de fait.

Je voudrais d’abord vous citer : « Le dispositif CLAIR, s’il réussit, si l’expérimentation fonctionne, a pour objectif d’être étendu et de remplacer les dispositifs d’éducation prioritaire qui existent aujourd’hui ». Marseille le 25 juin dernier.

Puis : « Ce programme qui est une expérimentation n’a pas, a priori, vocation à se substituer à toute l’éducation prioritaire. Nous en dresserons le bilan, nous l’évaluerons et nous réfléchirons à la façon de coordonner les différents dispositifs (…) »
Au Sénat, le 26 octobre dernier ».

Bref, faut savoir (mais en fait on sait).


* L’esprit entrepreneurial a encore du mal à rentrer dans l’école. Quoi que...

Le commerce de «couilles de mammouth» est rigoureusement interdit dans les établissements scolaires.
C’est 20minutes.fr qui nous le rapporte.

Comments

Quelle logique pour la prochaine réforme du supérieur ?

Allez, vous avez cinq secondes pour deviner. Après lisez :

* Les classes préparatoires touchées par la crise


Il n’y a pas de raison...

De source syndicale. - Certains rectorats ont décidé de réduire la dotation horaire globale de certaines classes Prépa en fonction de l’insuffisance du nombre d’étudiants par rapport à l’effectif supposé normal (de 48), et de diminuer de 10 % le nombre d’heures d’interrogation.

Comme pour les lycées il s’agit de simples mesures d’ordre budgétaire qui ne font aucun cas des besoins de fonctionnement des CPGE. Elles conduisent, craint-on, au mieux à des regroupements ou à des non-dédoublements, au pis à la suppression d’options obligatoires ou à la non-rémunération de certaines tâches assurées par les professeurs.

On s’inquiète également de la
fermeture de plusieurs CPGE, notamment scientifiques, notamment des classes dites « de proximité », les enseignants étant affectés par des mesures de carte scolaire.
La chose est d’autant plus surprenante que le 24 janvier dernier Valérie Pécresse a annoncé l’ouverture de 44 nouvelles CPGE et de 12 CPES, sur lesquelles 12 ouvertures relèvent de l’enseignement privé. Ces ouvertures ont parfois lieu là même où on ferme des classes de l’enseignement public, comme dans l’académie de Lille.

Tout aussi inquiétant pour les structures publiques, est le fait que la majorité d’entre elles font l’objet de conventions avec un établissement d’enseignement supérieur,
permettant « de décloisonner les formations de niveau Licence et d'assurer ainsi la fluidité des parcours pour le plus grand bénéfice des étudiants. »

En d’autres termes, de quoi faciliter leur fermeture future...

Et ça tombe bien Pécresse relance une réforme :


* Rentabiliser l’Université (et autres filières du supérieur), l’objectif du nouveau plan Licence de V. Pécresse

« Parce que l’objectif, bien sûr, c’est l’emploi »

Valérie Pécresse a installé le Comité d’orientation de la nouvelle licence, chargé d’examiner les évolutions souhaitables de l’arrêté licence et d’élaborer un cadre commun des référentiels de formation articulant savoirs académiques et compétences professionnelles. À cette occasion, la ministre a réaffirmé son objectif de faire de la licence un diplôme de référence pour l’emploi et pour la poursuite d’études.

C’est ce que dit clairement le site du ministère qui présente ces nouvelles idées pour la licence,
bel exercice de communication/autosatisfaction

Selon la conclusion du *Plan Réussir en Licence* , cela se traduirait par la mise en place de trois chantiers :

1-"Rénover la formation et l'organisation de la Licence" (dont introduction obligatoire d'un semestre de professionnalisation) ;
2- "Rendre lisibles les compétences" ? « Référentiels de formation" qui articulent étroitement savoirs académiques et compétences professionnelles. ;
3- "Décloisonner les 4 filières post-Bac" (soit en finir progressivement avec IUT, BTS, CPGE).
4 - Donner [encore] plus d’autonomie aux universités.

Tout cela doit passer par la conception de nouvelles formations, de nouveaux parcours, plus différenciés, plus attractifs, mieux adaptés au projet, au niveau et à la trajectoire individuelle de chaque étudiant : parcours d’excellence, de soutien, bi-licences, cycles préparatoires, passerelles.., afin de décloisonner les différentes voies.


* L’inspection sacrifiée sur l’autel de la RGPP


A défaut de défiler massivement dans les rues, les inspecteurs montrent leur mécontentement en s'exprimant publiquement dans la presse pour dire tout le mal qu'ils pensent des réformes en cours et du mépris que leur témoigne le pouvoir politique:
http://www.mediapart.fr/journal/france/090211/education-les-inspecteurs-leur-tour-en-greve

De récentes déclarations de Luc Chatel (
signalées ici et déjà rapportées par le Mammouth) ont en effet profondément agacé les inspecteurs qui n'ont pas envie que l'on se passe de leurs services (même au nom de la RGPP!). Or le petite phrase ministérielle qui a mis le feu aux poudres laissait entendre que le ministre envisageait bien une telle hypothèse: «Il faut revoir le fonctionnement du corps de l'inspection et créer des entretiens d'évaluation avec des personnalités indépendantes».

Les inspecteurs, c’est pas eux qui soutenaient toutes les réformes ?


* Faites-le vous-mêmes !

Pour la prochaine visite d’un établissement scolaire par le chef de l’Etat faut-il s’’attendre à une déclaration du genre : « vos élèves ont des mauvaises notes : faites les contrôles vous-mêmes » ?






* On peut craindre le pire :

Ségolène vient de partir en Finlande pour y étudier la performitude finlandaise !

C’est Le post qui nous le dit.
Comments

Performitude

Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très très) souvent.

* L’extrême (nouveau) Centre frappe encore :

La réforme de l’école vue par Hervé Morin.

Le monde. - L’ »école » selon Hervé Morin serait un établissement allant de la maternelle à la fin du collège ; un moyen de couvrir les années d'enseignement obligatoire.
"A la tête de cet établissement, il y a un chef qui choisit ses enseignants mais aussi ses programmes, au sein d'un cadre national, et qui reçoit des moyens en fonction des populations qu'il scolarise", détaille l'homme politique. Pour lui, le moyen de répondre aux besoins du terrain passe aussi par une "scolarisation obligatoire à 2 ans là où c'est nécessaire".

De plus, l'ancien ministre de la défense estime que l'annonce récente par le ministre de l'éducation,
Luc Chatel, d'enseigner l'anglais aux enfants de 3 ans est "une connerie, ou quelque chose de cet ordre-là. Mais tout le monde sait bien que ce se sera jamais appliqué ».

Mammouth déchaîné -
Le Nouveau Centre ne précise pas comment s'effectuerait le financement (construction, entretien...) par les collectivités locales. Alors que jusqu'ici les collèges étaient financés par les départements, seraient-ils, après une telle réforme de l'école et après celle des collectivités locales, financés par les communautés de communes comme les écoles primaires? Les départements perdraient-ils leurs prérogatives en ce qui concerne les collèges.Le système de remplacement (sujet sensible actuellement compte tenu de la pénurie de personnel) pourrait-il être organisé uniquement en interne par ces nouveaux établissements ou recruteraient-ils eux-mêmes des vacataires jetables après utilisation? Le Nouveau Centre ne précise pas non plus ce qu'il entend exactement en évoquant des moyens financiers alloués en fonction des populations scolarisées. S'agirait-il de mettre en place le "chèque éducation" demandé par une partie de la droite (les ultralibéraux et une partie des partisans des écoles catholiques, notamment ceux qui scolarisent leurs enfants dans les écoles privées hors contrat)?


* Vous avez toujours rêvé d’être le ministre du budget ?


Allez vous entrainer sur le site du gouvernement Pour la performance publique.

Ce n’est pas une blague. Des jeux vous attendent pour voir si vous avez les capacités. De quoi passer le CAP de ministre.


Bienvenue sur l'espace ludique du Forum de la performance [il est là ce machin] ou vous trouverez toutes les dernières nouveautés pédagogique pour envisager votre futur métier de ministre (attention, il n’est pas dit comment choisir les jets privés que l’on prend pendant ses vacances, mais c’est une autre histoire)

 "Cyber-Budget" - Le jeu de simulation budgétaire Cyberbudget permet de prendre virtuellement les commandes du budget de la France. Le joueur, amené à remplacer le ministre en charge du Budget, accomplit successivement quatre missions, en phase avec le calendrier budgétaire : la préparation, la programmation, le vote et la gestion du budget de l’État. Il est, à l’issue de chacune des épreuves, confronté aux réactions de la presse et des relais d’opinion. 

« LolfFlash »- Le nouveau jeu LOLF-Flash invite l’internaute à se glisser dans la peau d’un haut responsable public. Après avoir choisi une mission (ou politique publique), le joueur se fixe des objectifs, choisit des indicateurs, et pilote sa mission en prenant des décisions face à des évènements parfois imprévus. À la fin de son parcours, le verdict tombe ; le Parlement établit si le joueur a mené sa politique avec efficacité.

« BudgetFlash »- Très didactique, l’outil BudgetFlash permet de comprendre et de connaître l’essentiel du budget de l’État en 5 étapes : le budget de l’État, c’est quoi ?Quelles sont les dépenses ? D’où vient l’argent de l’État ? Comment s’élabore le budget ? Comment s’équilibre le budget ?

Bon avec des outils didactiques aussi poussés, on peut m’expliquer pourquoi les nouilles qu’on a au gouvernement depuis des années sont incapables de gérer le budget de l’Etat ? Faut-il en conclure qu’ils le font exprès ?






* Prix de moralité de l’Education nationale, décerné par le ministre.

En début de semaine deux lycéennes ont reçu
le prix national de l’Education, remis par le ministre. Ce prix est décerné tous les ans depuis 5 ans, il se veut la récompense de l’excellence. Récompense : 1000 € (tout de même). La sélection se fait d’abord par académie.

Voici ce qu’en dit la page du ministère :


La récompense de l’excellence : le Prix national de l’éducation
« Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, et Emmanuel Rodocanachi, président de l’Académie des sports, remettent, mardi 8 février 2011 à 12 h 30, le Prix national de l’éducation 2010 à deux lauréates :


    Ces deux lycéennes se sont fait remarquer tant par leurs résultats scolaires et leur valeur sportive, que par leur participation à la vie de la communauté éducative et leur adhésion à une citoyenneté active et responsable
    Un lycéen ou une lycéenne est donc récompensé(e) pour
    sa valeur scolaire et sportive, son esprit d’initiative, son sens de l’équipe, son rayonnement, son équilibre entre les qualités physiques, intellectuelles, morales et humaines. »

    On peut raisonnablement penser que l’élève qui a manifesté sa citoyenneté en dressant des barricades et en se faisant poursuivre par les flics pendant le mouvement sur les retraites n’aura pas ce genre de prix. Pourtant ses valeurs morales et sportives ont bien été sondées.

    Comments

    Réservistes de tous pays...

    Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très très) souvent.

    * Droit de réserve du ministre :

    Le ministre déclare sans rire que c'est son devoir de réserve qui lui impose de cacher aux électeurs les fermetures de classes prévues jusqu'aux cantonales !

    Les annonces d'ouvertures et de fermetures de classes dans les écoles pour la rentrée prochaine auront lieu après les élections cantonales de mars, une "manœuvre politique" selon les syndicats, le ministère de l'Éducation assurant qu'il s'agit de respecter une "période de réserve », nous fait savoir le Télégramme.com.


    * Une centaine d'école occupées en Seine-Saint-Denis

    Le parisien - Seine-Saint-Denis : des parents d'élèves «occupent» une centaine d'écoles
    Un vent de colère souffle sur les écoles de Seine-Saint-Denis. Des parents d'élèves d'une centaine d'écoles de Seine-Saint-Denis dénoncent lundi les absences non remplacées d'enseignants en «occupant» les bureaux de direction des établissements, a annoncé la FCPE, la principale fédération de parents d'élèves.

    «Une centaine d'écoles sont occupées par des parents, principalement à Epinay-sur-Seine, Saint-Ouen, Bagnolet et Pierrefitte», affirme Michel Hervieu, président de la FCPE en Seine-Saint-Denis, qui précise que «les cours se tiennent normalement».


    * Le redoublement porté au stade de « croyance » pédagogique.

    Une étude européenne en remet une couche sur le redoublement. C’est pas bien, qu’on se le dise ! La preuve ailleurs on ne le fait pas (ou moins), on n’a pas la « culture du redoublement ».
    Elle est consultable là .

    « Dans les pays où cette pratique est récurrente, la conception selon laquelle répéter une année est bénéfique pour les apprentissages de l'élève reste très présente. Cette vision est partagée par le corps enseignant, la communauté scolaire et les parents eux-mêmes. En Europe, c'est surtout en Belgique, en Espagne, en France, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Portugal que cette conception persiste dans la pratique. L'adaptation des réglementations en matière de redoublement n'est pas suffisante pour changer cette conviction. Celle-ci doit être remplacée par une autre approche de la gestion des difficultés d'apprentissage des élèves. En définitive, le défi majeur réside plus dans la remise en question de certaines convictions et croyances qu'en des changements de réglementations. »

    Et comme par hasard, la conclusion de proposer, de pondérer l’évaluation, de proposer des devoirs et des examens de rattrapage (stages passerelle pendant les vacances ?)


    * Grève du 10 : Sud interroge la FSU

    Alors que la FSU part toute seule dans son coin dans une grève à la veille des vacances, Sud éducation s’interroge sur la stratégie syndicale de la centrale concurrente et lui pose des questions (alors que la FSU n’a pas vraiment poussé à la grève pendant les retraites...). Des arguments ma fois...

    C’est en pdf ici :
    article_a3587-1


    * Dans le supérieur le gouvernement a réussi à mettre un bordel pire que dans le secondaire ?

    Faut croire... voici ce qu’en dit un nouveau rapport sur le supérieur , tel qu’il est rapporté dans Le Monde :

    « Si l'objectif du gouvernement est, depuis 2006-2007, l'éclosion de pôles universitaires cohérents au niveau des régions, le comité s'inquiète, comme beaucoup d'observateurs du système d'enseignement supérieur, de l'actuel empilement de dispositifs de coordination universitaires. Des pôles de compétitivité aux réseaux thématiques de recherche avancée (RTRA) ou de santé (RTRS) en passant par les pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES), toutes les "alliances" thématiques nationales de recherche et le nouveau dispositif créé dans le cadre du grand emprunt : les initiatives d'excellence (IDEX) .

    Comme le rappelait Axel Kahn, le président de Paris-V, à La Lettre de l'éducation du Monde : "Les universités ne sont pas des enfants que l'ont appâte avec des sucres d'orge ! Je suspecte que certains, au gouvernement, veuillent profiter de ces investissements d'avenir pour aller plus loin que la loi d'autonomie de 2007... En autorisant la mise en place de grands établissements, certains pourront, par exemple, organiser une gouvernance avec davantage de personnalités extérieures à l'université ou fixer des frais d'inscription plus importants... » »


    *
    Complaisance pour les signes religieux à l'école publique

    Sous couvert d'activités bénévoles des parents, les signes religieuxostentatoires seront-ils bientôt admis dans les écoles ?



    La présence de ces signes dans les activités scolaires menées sous la responsabilité d'un enseignant semble en tout cas considérée comme possible (et même souhaitable?) selon les services de l'inspection académique, dès lors qu'un enseignant organise une sortie scolaire et fait pour cela appel à des parents bénévoles pour encadrer les élèves : à propos de la directrice d'une école primaire de Pantin qui avait refusé une telle situation ,  l'adjoint de l'inspecteur d'académie de Seine-Saint-Denis déclare ainsi face à la presse que l'enseignante a fait preuve d'une forme de "zèle" et de "maladresse".
    "Pour le moment, le texte de référence est celui de Xavier Darcos il y a trois ans [NDLR. une simple circulaire qui n'a pas valeur de loi...], mais cette position peut encore changer. Ainsi, la Haute Commission à l’intégration vient de rendre un rapport dans lequel elle préconise d’assimiler les parents accompagnateurs sous le même statut que les agents publics, et donc soumis à la loi de 2004",
    explique cet inspecteur d’académie.


    La mère dont la directrice d'école a refusé les services estime pour sa part pouvoir "vivre [sa] religion sans être ostracisée", et la
    FCPE déclare quant à elle : ""En 2007, la question s’était déjà posée et, pour y répondre, l’inspection avait tout simplement décidé de ne plus faire appel à des accompagnateurs bénévoles. C’est pourtant un moyen formidable d’intégrer les parents dans la vie éducative."

    Mais ce "moyen formidable d’intégrer les parents dans la vie éducative" justifie-t-il que les parents viennent "vivre [leur] religion" à l'école en arborant des signes ostentatoires de leur foi jusque dans les activités scolaires organisées par les enseignants ?

    Et pourquoi pas des curés en soutane pour accompagner les voyages scolaires, tant qu'on y est? Après tout, il doit bien leur arriver parfois de faire quelques marmots à leurs paroissiennes et d'être ainsi au nombre des parents d'élèves de l'école publique...

    Comments

    Devoir de fermer sa gueule ou obligation de l'ouvrir ?

    Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très très) souvent.


    *MAM confond fonctionnaires et militaires


    Mediapart - Alliot-Marie fait taire les chercheurs français en Egypte

    Le Quai d'Orsay continue de se prendre les pieds dans les révoltes du monde arabe. Alors que Michèle Alliot-Marie s'embourbe chaque jour davantage dans ses affaires tunisiennes, voilà que le Quai cafouille désormais en terre égyptienne. Le ministère vient de demander à des chercheurs français basés en Egypte de ne plus intervenir dans les médias hexagonaux. Dans le jargon diplomatique, il leur est demandé d'«exercer, en qualité de fonctionnaire, leur devoir de réserve». Du jamais vu, ... (lire la suite)

    Mammouth déchaîné - Encore heureux que cela soit du jamais vu car il faut que ce soit clair le devoir de réserve pour les fonctionnaires n’existe pas. Il a même été expressément retiré de la loi de 83 (Loi Le Pors) qui régit le statut des fonctionnaires.

    Ce qui existe en matière de devoir de réserve, c'est "une construction jurisprudentielle complexe" qu'on peut résumer par : plus on a de responsabilités hiérarchiques, plus le devoir de réserve est grand. Moins on en a, moins on a de devoir de réserve.

    Au devoir de fermer sa gueule, ce que la loi ne prévoit pas, il convient d’opposer la notion de fonctionnaire citoyen . C’est ce que rappelait en 2008 Anicet Le Pors, dans une tribune du Monde intitulée : « Obligation de réserve : “Les fonctionnaires, citoyens de plein droit” ».

    Leur statut accorde la liberté d’opinion aux agents publics.

    Bref :


    Merci Faujour


    * L’appui des maires permettrait de sucrer plus facilement les allocs aux parents défaillants

    Mammouth déchaîné - Dans une table ronde sur la prévention de la délinquance où se sont retrouvés acteurs de la prévention et du monde éducatif autour du Président de la République à Orléans, Nicolas Sarkozy a déclaré en le regrettant que «seuls 106 maires sur 36.500 communes» mettaient en place «des conseils des droits et devoirs des familles».

    Depuis sa création, le
    dispositif en effet peine toujours à convaincre les élus locaux des villes de plus de 10000 habitants auxquels il s'adresse (et qui ne sont pas 36.500 mais 950, comme indiqué par Nadine Morano lors d'une précédente visite à Orléans alors qu'elle était en charge de ce dossier ...), beaucoup d'élus ne souhaitant pas se transformer en substituts de la justice.


    Pour rappel, voici,
    résumé par Laurence Ollivier (Femina, supplément de Var-Matin, 25/03/2007, sur le l-site de la LDH de Toulon) ce que prévoit la loi sur la prévention de la délinquance qui renforce les pouvoirs du maire qui "se voit confier quatre moyens d’action : Rappel à l’ordre /Suspension des allocations familiales / Surveillance de la commune / le conseil local de sécurité et de prévention /


    * Chatel et ses mesures « imbéciles » : ça tangue à droite ?

    L’association Education et devenir qui se targue pourtant d’être une force de proposition on ne peut plus dans le vent du management moderne de l’Ecole (ils aimeraient bien oser le changement c’est-à-dire revoir les statuts, déveloper la multivalence ou le socle commun, enraciner le rôle du projet d’établissement pour qu’il pilote vraiment lesdits établissements, ... voir là) traite aujourd’hui de décision « imbecile » la prime donnée aux chefs d’établissement. Voir ici.

    Essentiellement pour de mauvaises raisons, mais bon...


    * SES encore un appel

    Des intellectuels lancent un appel pour les sciences économiques au lycée
    Voir le site du Monde

    Comments

    On nous casse les palmes

    Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très très) souvent.


    * Rendre les palmes. Une campagne de Charlie Hebdo :

    Michel Ascher, le proviseur qui, en décembre dernier, a renvoyé ses palmes académiques à Luc Chatel pour protester avec force contre la politique actuelle de démantèlement de l'Education Nationale, fait des émules : depuis, d'autres lui ont emboîté le pas.

    Charlie Hebdo veut fédérer et amplifier cette action et lance un appel aux personnels de l'Education nationale pour protester  contre les réformes actuelles du ministère (suppression des IUFM, suppressions de 16 000 postes encore cette année, "prime au mérite" pour les recteurs, "primes de résultats" pour les chefs d'établissements,...) : contre cette politique de dégradation du service public de l'Education nationale, renvoyez vos palmes à Luc Châtel !

    Si vous êtes palmés et intéressés par cette action, faîtes-vous rapidement connaître auprès de Charlie Hebdo (ou adressez un mail à
    rendrelespalmes@yahoo.fr) pour faire partie des premiers signataires de cet appel.


    * Aux ordres citoyens !

    Un député propose une « Journée de la république » à l’école

    La Croix (et la bannière) - Dans un rapport rendu public le mercredi 3 février, le député UMP Patrick Beaudouin plaide aussi pour que les élèves portent un uniforme

    « 
    Le moment est venu d’accomplir une réforme qui adapte aux conditions du temps présent l’enseignement de la citoyenneté, du civisme et de l’esprit de défense. » Patrick Beaudouin, député UMP du Val-de-Marne (1), n’y va pas par quatre chemins dans le rapport qu’il a remis à Nicolas Sarkozy – à la demande de ce dernier – sur la transmission aux jeunes des « principes de notre vivre-ensemble » et qui est rendu public le 3 février.

    Dans ce document commandé fin 2009 lors du débat sur l’identité nationale, le parlementaire estime que ces principes font l’objet d’une « remise en cause » pour des raisons diverses (effacement du rôle directif de l’État et de la famille, disparition du service national, mondialisation des moyens de communication…) et propose d’y remédier par
    l’instauration d’un « parcours » obligatoire de sensibilisation aux valeurs républicaines pour tous les jeunes dès l’école primaire.

    Patrick Beaudouin suggère, par ailleurs, que
    les établissements scolaires puissent, sur la base de la liberté de choix, doter leurs élèves d’« un uniforme », dans la perspective de la Journée de la république.



    * IFRAP toujours plus fort

    IFRAP : fondation (de droite); reconnue d’utilité publique (par la droite), analyse (d’un point de vue de droite) l’efficacité (hum) des politiques publiques (de droite) et des administrations afin de proposer des réformes concrètes (encore plus à droite) et en particulier pour l’Education nationale.

    Mammouth Déchaîné -
    Dans la série des fondations qui ont l’air sérieux mais qui en fait ne sont que des paravents à la pensée néo-libérale (légèrement) à la mode, l’IFRAP se pose là. On en avait déjà parlé dans ce blog (voir Le sapin et les boules), mais voici que depuis quelques jours le site de ladite fondation a mis en ligne un mémo sur les « 10 idées fausses sur l’enseignement public/privé ». Encore de quoi s’assurer une bonne publicité dans les médias qui semblent se montrer peu regardant face à l’idéologie véhiculée par ladite fondation car il n’est pas rare de voir ses analystes dans certains journaux nationaux diffuser la bonne parole.

    Une sorte de
    Brave Patrie, mais sans ironie, au premier degré cette fois.

    Ainsi sur ces quelques pages
    on peut lire tout le bien que pensent les libéraux des enseignants et sur de vraies questions de fond, du genre : « Combien de temps travaillent les enseignants ? Combien l’enseignement public coûte-t-il vraiment aux parents et au contribuable ? Qui a inventé l’école gratuite en France ? D’où viennent les bons résultats des écoles privées ? »

    Dans la rubrique « les enseignants sont des fainéants ? », titre suffisamment accrocheur pour attirer le goujat,  il faut peu de temps pour comprendre qu’on navigue vraiment en eau trouble :
    « Avec 16 semaines de vacances, et 14 à 18 heures de cours par semaine, les enseignants ne semblent pas surchargés de travail… Le rapport PISA 2009 rappelle qu’en France comme dans d’autres pays (Communauté française de Belgique, Finlande, Italie par exemple), « le temps que les enseignants doivent consacrer à des activités autres que l’enseignement n’est pas réglementé ». Libre à l’enseignant de s’investir ensuite plus ou moins dans la préparation de ses cours (9 heures par semaine en moyenne [3] en France), la correction des copies (6 heures) ou encore la recherche documentaire (3 heures et demie), pour une moyenne de 21 heures de travail par semaine en plus des cours dispensés aux élèves (les « face à face pédagogiques » dans le jargon de l’Education nationale).

    Les enseignants ne sont donc pas des « fainéants », puisqu’ils travaillent en moyenne autant que les salariés français (39.5 heures contre 39.4 heures pour les salariés, source : Eurostat). Mais c’est un métier où, curieusement, plus on est diplômé, moins on travaille. Une situation paradoxale résumée par le sociologue François Dupuy : « Le bénéfice obtenu [par la réussite au concours et l’ancienneté] est avant tout celui d’enseigner le moins possible et de choisir sa classe.  » En effet, un professeur n’ayant que le CAPES ou un suppléant à temps plein devra effectuer chaque semaine 18 heures de cours. Un agrégé, lui, ne doit en effectuer que 14. Le temps de préparation des cours évolue lui aussi avec l’expérience : un jeune professeur y consacrera plus de temps qu’un professeur plus expérimenté. Au contraire donc d’autres professions, où le temps de travail augmente avec l’âge et les diplômes. Pourquoi ne pas demander aux professeurs agrégés de consacrer 4 heures à la formation de leurs jeunes collègues ? »

    Outre les quelques erreurs d’horaires (faut le faire quand même), que de belles propositions ils nous font là !

    Rien d’étonnant pour un site qui fait remonter le principe de gratuité de l’école au IIIe concile de Latran (en 1179), qui veut démontrer en long et en large que les écoles hors contrat ne sont pas hors la loi et fait de la publicité gratuite pour certaines institutions privées. Et bien sûr, de vanter le système de remplacement dans les établissements privés, bien plus efficace que « la rigidité du système des TZR ». On en attendait pas moins.

    En tout cas un parfait exercice rhétorique d’une droite décomplexée qui veut se montrer sous un visage humain, plein de bon sens peut-on penser,
    mais d’une beaufitude subtile.
    Et d’une malhonnêteté intellectuelle crasse. C’est ça le nouvel esprit des fondations.


    * Dupond et Dupont-Aignan


    Les propositions de Dupont-Aignan (dans Valeurs actuelles)


    Extrait:
    "
    Je veux qu’on révoque les proviseurs qui ne font pas régner l’ordre dans leur établissement. Ils devront respecter une charte nationale de sanctions minimales, parce que l’école doit redevenir impérativement sereine."

    Et pour ceux qui renvoient leurs palmes ?


    *Les chefs d’établissement se réveillent ? Il est bien tard.

    Voici la déclaration du responsable académique du SNPDEN (UNSA) d’Aix-Marseille à propos des réformes en cours. Vaut mieux tard que jamais.

    « 1. En lycée professionnel, pour économiser des heures, on observe des regroupements de section industrielle et tertiaire. Le programme n’est pas le même : où est le souci de faire réussir les élèves ? 2. En lycée, il n’y aurait donc plus de 1° littéraire ou économique et sociale, etc mais des 1° troncs communs avec des options qu’il faudrait aligner en « barrettes » En effet, l’effectif des premières est divisé par 35 ou 30 (ZEP) pour obtenir un nombre virtuel de classes. Dans la série S, les heures de physique sont réduites à la plus simple expression de la même façon que le français en L. 3. Toutes ces mesures posent très clairement la question des emplois du temps des élèves et des enseignants ! C’est là encore un moyen pratique de diminuer les heures d’enseignement et de chaire sous prétexte qu’on peut changer de série si l’on s’est trompé d’orientation ! Comment expliquer qu’il y a des dynamiques de classe à mettre en oeuvre et que ces phénomènes participent à la réussite individuelle des élèves. Une 1° littéraire ne se conduit pas comme une 1° ES.
    Et que sont ces 2 heures d’accompagnement généreusement accordées pour 35 élèves ? »
    Avec la diminution des heures d’accompagnement éducatif, le gel de l’opération Ecole Ouverte et la suppression des postes de CAE -CUI, la dégradation de tous les moyens d’éducation ressemble à un véritable saccage du service public.
    Contact Gilles AUTEROCHE - Secrétaire académique - Proviseur Lycée Diderot Marseille

    Depuis le temps qu’on leur dit...
    Mais dites-moi, ce n’est pas l’UNSA qui a voté en faveur de la réforme au CTPM ? Je sais, c’est mauvais esprit (mais quand même).


    * En voici un qui n’aura pas 6000 €.

    Les enseignants qui faisaient grève pour réclamer le départ du principal ont obtenu gain de cause...
    Reprise des cours ce jeudi au collège Jean-Mermoz (Lyon 8e). Les enseignants, qui avaient cessé le travail depuis le 25 janvier pour obtenir le départ de leur chef d'établissement, ont obtenu satisfaction, mercredi. Ils ont appris du rectorat qu'un nouveau proviseur, venant d'un collège de Charbonnières-les-Bains, allait prendre ses fonctions jeudi jusqu'à la fin de l'année scolaire.
    Les profs reprochaient à leur proviseur «un manque de soutien, du mépris et des brimades», alors que «la violence prend de l'ampleur» dans ce petit collège de 187 élèves, classé en zone d'éducation prioritaire.
    Rattrapage pour les élèves
    En poste depuis cinq ans, ce chef d'établissement avait toutefois le soutien des personnels administratifs qui déploraient «un lynchage». Les parents d'élèves s'étaient joints au mouvement de contestation en début de semaine, réclamant une sortie de crise rapide. «Nous sommes soulagés d'avoir été entendu. C'est une bonne nouvelle», a réagi François Gaag, porte-parole des enseignants.
    Les profs ont prévu des cours de rattrapage pour leurs élèves.

    Comments

    La hiérarchie pense à votre carrière...

    Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très très) souvent.


    Fausses alertes sur l’agrégation - Préférence au privé -
    Refus d’inscription à des élèves de nationalité étrangère - Maths et sciences : mieux que la bivalence - PISA : l’autre façon de gagner de l’argent (sur le dos des élèves et des Etats)


    * « Les entretiens de carrière », pour gérer votre deuxième carrière (ou vous foutre à la porte ?)

    Encore un levier d’efficience pour une meilleure gestion de flux (de profs) ?

    AFP -
    Les enseignants vont expérimenter des "entretiens de carrière"

    Le minis­tère de l'Education natio­nale va pro­po­ser en 2011 des "entre­tiens de car­rière" aux ensei­gnants ayant 2 ou 20 ans d'expérience et mettre en place en 2012 des "entre­tiens pro­fes­sion­nels" dans le cadre de leur évalua­tion, a-t-on appris auprès de la direc­tion des res­sources humaines (DGRH).
    Un docu­ment de la DGRH envoyé aux chefs d'établissement et dont l'AFP a eu copie, le minis­tère évoque deux nou­veau­tés, dans le cadre du "pacte de car­rière" pour les ensei­gnants, dont les grandes lignes avaient été pré­sen­tées en mars 2010.

    Première nou­veauté: il s'agira de pro­po­ser, en mars-avril 2011, après "une phase de test qui vient de se ter­mi­ner", des entre­tiens "de car­rière" aux quelque 36.700 ensei­gnants ayant deux ans et vingt ans de métier, a affirmé à l'AFP Josette Théophile, direc­trice des res­sources humaines.
    L'entretien
    après deux ans d'exercice sera l'occasion "de per­mettre à l'enseignant de s'exprimer sur son entrée dans le métier", de "véri­fier la maî­trise (voire l'aisance) dans son exer­cice" et visera, si néces­saire, "à défi­nir un éven­tuel accom­pa­gne­ment", pré­cise le document.
    L'entretien après 20 ans de métier, qui por­tera sur "une éven­tuelle mobi­lité fonc­tion­nelle", devra aider le pro­fes­seur à "se pro­je­ter sur la deuxième par­tie de sa carrière".
    Ces entre­tiens seront
    assu­rés, dans le pri­maire, "par l'inspecteur de la cir­cons­crip­tion", selon Mme Théophile. Le docu­ment ini­tial envoyé aux chefs d'établissement pré­voyait qu'il puisse être mené égale­ment par "un conseiller péda­go­gique, voire par le direc­teur de l'école", ce qui consti­tue­rait un "casus belli" a déclaré l'Unsa Education jeudi lors d'une confé­rence de presse.
    Pour les pro­fes­seurs de col­lège et lycée, il sera réa­lisé par le chef d'établissement ou son adjoint, selon Mme Théophile.

    Il n’y a donc rien à craindre...

    (suite ) Deuxième nou­veauté: seront orga­ni­sés, à par­tir de la ren­trée 2012, des "entre­tiens pro­fes­sion­nels" dans le cadre de "la mise en place des nou­velles moda­li­tés d'appréciation de la valeur pro­fes­sion­nelle des ensei­gnants (leur évalua­tion, ndlr) qui se sub­sti­tue­ront à la double nota­tion actuel­le­ment en vigueur" en 2012.
    "Il y aura un seul sys­tème d'appréciation", selon la DGRH, qui ajoute que des consul­ta­tions vont se pour­suivre sur ce sujet.

    Pas d’utilisation prolongée de ces entretiens de carrière sans la saine lecture de :
    (cliquez sur l’image pour l’ouvrir)




    * Au coeur du management de l’Education nationale :
    ce blog d’un proviseur.


    * Il n’y a pas QUE des pédophiles à l’EN : il y a aussi des schizophrènes britanniques

    Ou les aléas de la vacation...

    Le Point - Extrait:
    "La procédure de recrutement des vacataires a été respectée", a expliqué une porte-parole de l'Académie d'Aix-Marseille. "On n'a rien fait de plus que ce qui se fait couramment dans toutes les académies de France".

    Pour pallier l'absence de professeurs titulaires, le rectorat a puisé dans son "vivier de candidatures" composé de lettres spontanées et de curriculum vitae déposés auprès de ses services.

    Lewis Alexander Mawhinney, qui possédait les diplômes requis pour le poste, a ainsi été choisi.
    Il a passé avec succès un entretien avec un inspecteur pédagogique régional qui a vérifié son aptitude à enseigner.

    Parallèlement,
    le rectorat a demandé un extrait de casier judiciaire qu'il a reçu mardi, soit une semaine après avoir relevé le vacataire de ses fonctions;

    "De toute façon, ce casier était vierge", a-t-on précisé de même source.
    "
    Ni les élèves, ni leurs familles, ni les enseignants ne nous ont alertés sur un comportement étrange de cette personne lié aux cours dispensés".

    Comments

    Luc Chatel et le piège de la communication

    Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très très) souvent.

    Fausses alertes sur l’agrégation (voir plus bas)
    Préférence au privé (voir plus bas)

    Refus d’inscription à des élèves de nationalité étrangère (voir plus bas)
    Maths et sciences : mieux que la bivalence (voir plus bas)
    PISA : l’autre façon de gagner de l’argent (sur le dos des élèves et des Etats) (voir plus bas)



    * Diffusion des évaluations CM2 sur le net : Chatel va-t-il porter plainte contre l’Education nationale ? (voire contre lui-même, mais alors pour quel motif ?)


    Mammouth Déchaîné - On se souvient que la publication sur le net des fameux (ou fumeuses ?) évaluations CM2, par des parents d’élèves et des (méchants) professeurs, quelques jours avant la tenue officielle desdites évaluations, a créé l’ire de notre bon ministre qui a menacé (au moins) de se porter en justice contre les sites en question. Tricherie, démarche à l’encontre de «  la responsabilité et de l’éthique », « indigne de l’école de la république » et bien d’autres... (voir ici).

    La plainte risque en effet d’être plus large que prévue car voici que la FCPE-CDPE 974 (île de La Réunion) a adressé un courriel à Monsieur le recteur et à Monsieur l’Inspecteur d’Académie (puis au ministère via la FCPE nationale) pour informer de la présence des tests d’évaluations en français et en mathématiques depuis plusieurs jours sur le site internet su Ministère de l’Education nationale. Plus précisément sur le site d’Eduscol (au moins).

    C’est d’autant plus dommageable que l’académie de La Réunion était jusque-là en vacances, et que ces évaluations doivent être passées du 2 au 6 février (soit à partir d’aujourd’hui), comme nous le précise le site de l’académie. De là a considérer que l’on ne fait que peu de cas des Réunionnais...

    La commission Chienlit et Maintien de l’Ordre du ministère a encore du travail...


    * Instrumentalisation de l'enfant à des fins commerciales

    Pétition de médecins scolaires contre les lolitas



    "Dans son numéro daté du mois de décembre 2010, le mensuel Vogue-France publiait, pour promouvoir des articles de luxe, des photos utilisant comme mannequins des enfants manifestement impubères dans des décors, des poses et des vêtements qui faisaient clairement référence à la sexualité adulte.

    Plus de 150 pédiatres, médecins de l'Education Nationale, médecins de le Protection Maternelle et Infantile ont signé une lettre ouverte au journal pour protester contre cette instrumentalisation de l'enfant à des fins commerciales et alerter sur les dangers de l'hypersexualisation dont sont victimes, de façon particulièrement stigmatisante, les petites filles.
    "

    Petition en ligne là :http://www.petitionpublique.fr/?pi=P2011N6214





    * Les fausses bonnes idées de Luc (I) : retour en arrière sur l’Anglais à 3 ans

    Luc Chatel nuance sérieusement ses propos, un peu hatifs il faut croire, sur l’apprentissage de l’Anglais dès 3 ans.

    A voir sur
    Lemonde.fr.

    Cependant ce soir (dépêche AFP), Chatel annonce que l’on pourrait avoir recours aux profs de collège et de lycée pour faire ce qu’il appelle désormais une « sensibilisation ». « Réfléchissons-y. Ouvrons des portes!"

    A quand la désensibilisation ?


    *Les fausses bonnes idées de Luc (II) : Com com com... (c'est contagieux?)

    Comment Luc Chatel donne l'exemple aux députés de l'opposition pour obtenir les réponses qu'on ne veut pas leur donner (et parvient ainsi à faire passer certains de ses collègues pour des menteurs...)?

    Tous se rappellent l'amusante (et ridicule) lettre que Luc Chatel avait envoyée au député de l'Eure, François Loncle, pour expliquer que
    le Président ne parlait pas mal, mais qu'il refusait «le style amphigourique»:
    Ne parvenant à obtenir de réponse à sa question, le député avait insisté auprès des services de Luc Chatel et avait fini par obtenir non pas une réponse orale à l'assemblée, réponse qui aurait alors été retranscrite au JO, mais une réponse écrite adressée par courrier en dehors des procédures habituelles de l'assemblée...

    Cette stratégie de communication du ministre de l'Éducation Nationale, et ancien porte-parole du gouvernement, était particulièrement adaptée puisque plusieurs journaux de la presse nationale allaient se faire l'écho de cette lettre, et même la publier... médiappart ; Le Monde; Libé & Libé-la lettre

    Un bon exemple ne demandant qu'à être suivi, c'est cette fois le Premier Ministre qui écrit à J-M Ayrault, le président du groupe PS à l'assemblée, pour lui fournir la réponse que, semble-t-il, il ne voulait pas lui donner à la Chambre. Certes, J-M Ayrault avait obtenu à l'assemblée une réponse orale à sa question qui portait sur les fournitures d'armes au régime Ben Ali et au soutien que la France lui accordait, mais ne se satisfaisant pas de cette réponse, il a fait part de son étonnement par courrier et a obtenu en retour une lettre de réponse. Voici ce que J-M Ayrault relate dans Le Post à ce sujet:
    "
    Comme j'ai été très surpris par la réponse de Michèle Alliot-Marie et de François Fillon, qui étaient dans le déni, la semaine dernière, à l'Assemblée, j'ai écrit au Premier ministre pour lui demander précisément quelles avaient été les autorisations demandées en ce qui concerne la livraison de matériel à la Tunisie. Et j'ai obtenu ce que je craignais : il y a bien eu quatre autorisations du gouvernement français, avec l'accord des ministères de l'Intérieur, de la Défense et du ministère des Affaires étrangères. "

    Et à la question de savoir si Fillon et MAM ont menti, J-M Ayrault répond:

    ""En tout cas, ils n'ont pas dit la vérité..."

    Comments

    35 h pour les profs : un projet pour 2012 ?

    Toujours beaucoup (mais alors vraiment beaucoup) d’actualité en ce moment, revenez (très) souvent.

    Fausses alertes sur l’agrégation (voir plus bas)
    Préférence au privé (voir plus bas)

    Refus d’inscription à des élèves de nationalité étrangère (voir plus bas)
    Maths et sciences : mieux que la bivalence (voir plus bas)
    PISA : l’autre façon de gagner de l’argent (sur le dos des élèves et des Etats) (voir plus bas)



    * Temps de travail et évaluation des enseignants : idées de ministre.

    Luc Chatel explique l’Education nationale à des électeurs de droite


    Propos tenus lors d'une visite à la fondation Concorde, dont témoigne un blog de l’Express. Quelques questions posées par l’auditoire (progressiste...) :

    35 heures de présence dans l'établissement ?

    Le ministre y songe, mais c'est pour après les élections : « Ségolène Royal a dit, en 2006, que les profs devaient travailler 35 heures [pour revoir la fameuse vidéo, c'est ici]. Certes, elle ne l’a dit qu’une fois… Les syndicats sont trés fermés sur ce point. Mais les enseignants exercent aujourd’hui leur métier différemment, avec le travail en équipe, le soutien scolaire, l’aide à l’orientation… Il faudra, un jour,  s’interroger sur le temps de présence dans les établissements. Mais pas dans l’année qui vient ».

    [voilà un bon programme électoral pour une droite décomplexée... partagé aussi par un bonne partie de la gauche]


    Reconnaissance du mérite et évaluation des compétences et de la performance

    « 850 000 professeurs, c’est beaucoup! C’est une prouesse de parvenir à organiser leur organisation [sic] face à 12 millions d’élèves. Il faut revoir le fonctionnement du corps de l’inspection et créer des entretiens d’évaluation avec des personnalités indépendantes, qui ne soient ni des inspecteurs, ni des chefs d’établissement »


    * Rappel des évolutions en marche : de l’administration au management.

    Les différentes phases du passage de l'administration au management (depuis 1987) dans l'Educ Nat : sur France info.


    * Education à la chaire à canon : les partenariats Ecole-Défense.


    Mammouth Déchaîné - Si les lycées militaires ont pour vocation d'œuvrer au recrutement des futurs officiers de la défense nationale, cela n'empêche pas l'armée d'accorder une attention spéciale à certains collèges de ZEP et d'avoir un regard particulièrement attendri pour les élèves en difficulté scolaire dans lesquels elle voit de possibles recrues pour ses activités de terrain, comme l'Afghanistan par exemple.

    Et c'est le rôle des partenariats Défense-Éducation de préparer dès le collège ce futur recrutement, les professeurs acceptant d'entrer dans ce dispositif faisant alors office de "sergents recruteurs ». La légitimité du savoir en plus.
    Quoique... Leur discours n’est certes pas celui du sergent Hartman. Il se veut plus raisonné, plus porté vers le développement de l’individu, son insertion sociale. Prenons l’exemple de l’enseignante d’Histoire-géographie en charge des classes "Défense globale" au collège Henri-Wallon de La Seyne. Cette professeur est, sauf erreur, officier de réserve et en charge du prosélytisme auprès des professeurs stagiaires.
    Tout d’abord, il y a
    l’argument de la détresse sociale vécue par les élèves : le collège Wallon « est situé dans un quartier défavorisé de la commune de La Seyne sur mer ; 96 % des élèves qui le fréquentent sont boursiers ». Le professeur ne pouvant rester inactif face à ce handicap cherche un moyen pour que ses élèves s’en sortent. À l’argument de la pauvreté s’ajoute, selon l’enseignante, le fait que ces jeunes sont « issus de la diversité », ce qui signifie que ces enfants ont des parents ou grands-parents maghrébins, africains, portugais, italiens, gitans.
    « Quel meilleur creuset donc que l’armée ? »
    [...]
    "
    Les professeurs qui adhèrent aux plans Défense-Éducation disent que la structure militaire permet de donner des normes aux enfants. L’Armée cadre les élèves, leur impose une discipline et les fait sortir de leur milieu."

    Mais que l'on ne s'y trompe pas:
    "Les élèves de ZEP ne sont pas promis à intégrer les grandes écoles militaires telles que Saint-Cyr ou Navale.
    Ils intégreront les postes subalternes, dont le temps d’engagement est limité (le militaire du rang est recruté sur contrat de 3 à 5 ans) et dont l’espoir de promotion est faible (14.000 personnes sont recrutées chaque année, et 14.500 retournent à la vie civile au terme de leur contrat)."

    Plus de détails sur la coopération armée-Education Nationale dans cet article:
    Quand la Marine met du plomb dans l’Éducation nationale



    Les militaires, les fédérations de chasse (voir à la fin de ce post)... beaucoup de monde au portillon de l’école.


    * Dilemme pour séduire.


    On sait déjà que les rectorats ont reçu l'ordre de ne communiquer officiellement le détail des suppressions de postes qu'après les cantonales afin de ne pas trop énerver les électeurs...

    Eh bien le ministère a réussi à se prendre à son propre piège avec cette brillante politique de communication !

    En effet, au moment même où les suppressions de postes sont massives dans le public, l'enseignement catholique s'est vu, lui, offrir par le parlement une rallonge budgétaire de 4 millions d'€ prise sur les crédits initialement alloués au public (correspondant à environ 250 postes) et
    les responsables de l'enseignement catholique, méfiants, n'entendent pas remettre à après les élections la confirmation effective de ce cadeau.

    Eric de Labarre, le secrétaire général de l'enseignement catholique, recommande donc à ses ouailles de ne signer localement dans les rectorats aucun accord sur la répartition des postes tant que le cadeau du parlement n'aura pas officiellement été pris en compte, comme le montre notre document (extrait d'une lettre adressée par le secrétariat général de l'enseignement catholique à ses représentants régionaux, aux directeurs diocésains et aux syndicats de chefs d'établissements).

    En voulant éviter de trop heurter les partisans de l'enseignement public juste avant les élections, Luc Chatel risque donc de froisser l'électorat catho... Cruel dilemme !

    Comments