Fuite en avant.

* ORS et IMP : réaction molle.

A la suite du CTM de jeudi 10, finalement il y a assez peu de réaction syndicale sur les nouvelles dispositions statutaires pour le Second degré et leur mise en application (vois post précédent).

Limite silence Radio à la FSU ou au SNES, pas grand chose non plu chez la FNOLC-FO (qui met en avant la rentrée du 28 août), pas mieux au SNALC (soucieux surtout de son autopromotion),… et bien sur rien au SGEN et au SE-UNSA, favorables à toutes ces nouveautés…

Sans doute, le fait que les IMP vont devoir être remontées avant début avril va tendre un peu les salles des profs et secouer le cocotier. Espérons…


* Réforme du collège : quand syndicats et associations pédagogiques réclament… la réforme que va annoncer le ministère.

Heureux hasard ? (mon oeil !)

Pour « traduire en termes concrets les engagements de la Loi de Refondation », les organisations FCPE, Sgen-CFDT, SE-Unsa, Crap-Cahiers pédagogiques, Éducation et Devenir, Terra Nova écrivent au ministre. La lettre est là.
Elle date du 16 février. Et demandent : plus d’autonomie, plus de «travaux interdisciplinaires », plus de projets collectifs, plus de coéducation, et plus de reconnaissance (du frits et du pouvoir ?) pour les
professionnels « respectés dans leurs compétences didactiques, pédagogiques et éducatives ». Si si.
Et aussi, la fin de la guerre dans le monde.



Et justement, par des bruits de couloirs, on (enfin le SNES, c’est ici) apprend que la réforme en question déjà largement ébauchée correspond exactement à cela. Qu’elle coïncidence…

Mais, mais, il y aurait quelques dommages collatéraux :
- Diminution des horaires de toutes les disciplines, globalisation des horaires dans d’autres …
- Généralisation des TPE ou des travaux (qui donnent de si bons résultats en lycée).
- Augmentation des enseignements bi-disciplinaires…
- Et tout cela dans le cadre d’établissements de plus en plus … autonomes !

Si c’est pas préparer sa sortie ça…


* Education à… la lutte des classes.

Source Etat de santé des Français « globalement bon » mais des disparités sociales et territoriales toujours « importantes »

« Globalement bon », c'est le niveau de l'état de santé de la population française comparé aux autres pays développés, selon un rapport publié hier par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees).

Aux disparités de sexe, s'ajoutent les disparités sociales, toujours « importantes » et persistantes : « à âge et sexe égal, l'existence et l'importance des problèmes de santé sont d'abord liés à la position sociale et au niveau d'études », résume l'étude. Parmi les facteurs : les conditions de vie, de travail, le mode de vie, mais aussi le système de soins, et les disparités territoriales. Ces inégalités sont marquées « à tous les âges de la vie », insiste la Drees. C'est ainsi, par exemple, « que les enfants d'ouvrier ou scolarisé en ZEP ou en zone rurale » ont un état de santé buccodentaire plus mauvais que les autres ou une surcharge pondérale plus fréquente. « Les inégalités de santé d’une région à l’autre s’expliquent en grande partie par les différences de structures démographiques et sociales. D’autres facteurs peuvent intervenir, comme certaines expositions environnementales, ou encore une inégale répartition de l’offre de soins », explique l'étude. Cela s'illustre de façon majeure avec la mortalité infantile : 5 points plus élevée dans les DOM qu'en métropole.
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ORS et IMP

Retours sur les nouveaux textes en discussion :
- nouvelles obligations réglementaires de service (ORS)
- texte sur les Indemnités de Missions Particulières (IMP)


Suite logique de l’adoption, l’année dernière, des nouveaux statuts des enseignants du Second degré, ces textes envoyés ces jours-ci aux syndicats viennent apporter des précisions sur la mise en place des nouveaux statuts. Certains croyaient encore pouvoir « sauver » des choses, c’est encore une fois raté. Le pire est là.

Ces textes sont publiés là : pour les IMP ; pour les ORS.


* La droite en rêvait, la gauche l’a fait !
Même sarkozy n’avait pas osé…

En effet, ces textes d’application précisent clairement que :

-
Désormais certaines tâches sont rendues obligatoires (et non rémunérées, bien sûr) : par exemple les heures de vie de classe, les Bac et Brevet blancs, les réunions des différents Conseils créés à l’occasion (Ecole-collège…), et aussi toute réunion d’équipe pédagogique (p.9 du texte ORS). Un véritable open bar pour les chefs en mal de réunionnite manageriale et pour les profs un certaine explosion des obligations de service.
Aller, bientôt 35 h dans les établissements (c’était pas Ségolène qui en parlait déjà ?)

- Potentiellement,
multiplication des évaluations en dehors des horaires réglementaires (puisqu’elle rentrent dans les missions ordinaires des enseignants), donc effectuées gratuitement.

-
Soumission de la liberté pédagogique à la volonté de l’équipe disciplinaire (qui saura assurément être bien dirigée par les chefs d’Etablissement, IMP oblige…)

-
Création de hiérarchies intermédiaires (petits chefs), par la mise en place de Mission particulières, et la généralisation de certaines expérimentations : Coordonnateur de cycle, de discipline (aux fonctions de coordination pédagogique désormais), de niveau (6e, 5e, … qui « assiste le chef d'établissement dans l'organisation et l'animation de la vie de l'établissement« ), de référents divers (dont un référent « décrochage », vous ne décrochez pas j’espère ?).
Voilà tout un personnel en charge de la mise en place effective de la progression, des pratiques pédagogiques, des innovations pédagogiques, ou encore qui coordonne la mise en œuvre des projets, organise et anime les réunions.
Une véritable réussite ces IMP…

- Des maxima de service qui passent à 19,9 pour les certifiés, car « lorsque l’application des pondérations donne lieu à l’attribution de moins d’une heure supplémentaire, l’enseignant pourra être tenu d’effectuer, en sus, une heure supplémentaire entière ». Première dénonciation de cet alourdissement ici.
Travailler plus…

- et enfin cerise sur la gâteau : Un vote des IMP par le CA. Pour la première fois, voici les parents, les élus, les élèves (et pire encore les enseignants pour eux mêmes) définir, dans le cadre d’un texte réglementaire très lâche, la rémunération des profs, pour ne pas dire les petits avantages de certains.
Bref, un beau système de caporalisation, si ce n’est de mise en place de procédures mafieuses.

C’est pas beau la vie ?


*FCPE, sens de l'à propos (et des priorités)

La FCPE voudrait deux zones, des vacances d'été raccourcies et des stations de ski bien remplies...

Alors que Najat Vallaud-Belkacem vient de confirmer mercredi 11 février que la rentrée des enseignants se ferait systématiquement le 1er septembre et non pas fin août, la FCPE montre son sens de l'à propos et des priorités en
demandant une rentrée le 17 août et en souhaitant que les stations de ski soient bien remplies...

Extraits:
(source) « Tant qu’à faire de toutes façons des mécontents, il faut faire bouger en profondeur les zones de vacances et les périodes de vacances », a dit Hélène Rouch, secrétaire générale adjointe de la FCPE.

"Avec deux zones et l’alternance « 7/2″, « vous pouvez avoir pendant les vacances d’hiver 4 semaines de congés en février », et des stations de ski remplies, a-t-elle dit.
Cependant, cela suppose deux rentrées des classes à l’automne. « Cela oblige à toucher aux vacances d’été et du coup, la rentrée ne serait pas le 28 août mais le 17 août! » a convenu Mme Rouch, rappelant que le sujet est également très sensible pour les enseignants."

Les gérants de stations trouvent là un alliés de taille…
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Sujets collatéraux

* CTM du jour et annonce des circulaires sur les IMP et décrets sur les obligations réglementaires de service.

[CTM, mise à jour, vote Décret IMP : 5 Abstentions (Unsa, CFDT, …), 10 contre (FSU, FO, CGT, Snalc)
Suite à un amendement du
SGEN, le CA devra VOTER la répartition des IMP. La FSU - 6 voix - sur ce point n’a pas pris part au vote. BRAVO !]
Les CA deviennent de vrais outils manageriaux qui définissent une partie de la rémunération des enseignants…

Les organisations syndicales ont reçu la veille de ce CTM les textes qui vont fixer ces deux points, points sur lesquels beaucoup (sinon tous) attendent des précisions claires.

Ils ne font qu’appliquer ce qui avait déjà été dit et fixé (et voté) par les nouveaux statuts. Et apportent quelques précisions :
- Confirmation que toutes les missions particulières peuvent être négociées dans les bureaux des chefs d’établissement, malgré un cadrage de leur montant (coordo de discipline : 1250 € mais plus « en fonction de la charge effective »).
- Création de coordonateurs de cycle d’enseignement en lycées et collèges pour identifier, promouvoir et accompagner la mise en place d’un projet pédagogique à l’échelle du cycle d’enseignement au sein de l’établissement. 1250 € (et plus si affinités)
- Création de coordonateurs de niveau d’enseignement pour assister les chefs, coordonner, favoriser l’accompagnement individualisé… et gérer aussi de la vie scolaire, chercher des partenariats. 1250 à 2500 €.
tutorat élèves, au modalité laissées à l’appréciation des établissements. 312 à 625 €


La FSU appelle l’UNSA et le SNALC à voter contre dans le but de négocier en réunion avec le ministère. Trop tard, même pour sauver le poids des chaînes.

Fallait pas y croire !
Attendons déjà les votes de ce jour… [Mise à jour imminente]


* Mais où sont les 4e 13 ?

Le Conseil de Paris adopte la création d'un collège à 1500 élèves (Janson) contre l'avis des parents, profs, et CDEN.
Comme dit Goasguen, on s’en branle de tous ces donneurs de leçon d’enseignants et de parents qui ne comprennent rien.

Circulez…

* Rythmes scolaires, fatigants ?

Sans blague…

Selon un sondage SNUipp, repris par l’AFP, trois enseignants des écoles sur quatre jugent que les « dysfonctionnements » liés au temps périscolaire ont un « impact négatif » sur l’attention et la fatigue des élèves.

Pour 74% des professeurs des écoles interrogés, et 82% des professeurs de maternelle, ces dysfonctionnements constituent le « problème majeur » de la réforme, dont les conséquences portent aussi sur le fonctionnement de l’école.

Le périscolaire (activités sportives, culturelles, artistiques) est jugé « très inégal d’une ville à l’autre », parfois « sans locaux adaptés », « bruyant » ou « même synonyme de garderie ».

C’est en maternelle que les critiques sont « les plus vives »: sieste insuffisante, enfants désorientés par « les différents temps morcelant la journée »…

C’est « l’accumulation de tout cela qui conduit les enseignants à s’inquiéter de la fatigue et de la baisse d’attention de certains élèves sur le temps de classe », conclut l’organisation syndicale, sur la base de 16.764 enseignants ayant répondu au sondage.

C’est pas comme si le SNUipp avait largement soutenu la réforme…

Et tout cela alors que le ministère est très satisfait des remontées académiques (source).

Il y a comme qui dirait un fossé entre le terrain et le bureau du ministre…


* Retour sur les vacances, réforme territoriale oblige.

La ministre de l'Éducation nationale, interrogée mardi sur France Inter, prévoit de revoir d'ici le printemps les actuelles zones A, B et C afin d'harmoniser la carte actuelle avec celle née de la réforme territoriale (voir ci dessous, via Lefigaro ).

Et déjà professionnels du tourisme et maires des stations touristiques sont très satisfaits :
Comme le précise un élu des hautes Alpes, c’est déjà une victoire pour l’économie touristique !
La Ministre de l’Éducation Nationale a en effet déclaré ce jour « intégrer dans la refonte du calendrier scolaire d’autres réflexions, comme celles sur les vacances de printemps, sur lesquelles c’est vrai, les élus de la montagne ont régulièrement évoqué des contraintes nombreuses qui affectent les stations de ski » a-t-elle précisé.


* Renforcement prévisible du contrôle de l'assiduité des étudiants boursiers

Dans son dernier rapport annuel, "la Cour [des comptes] préconise de revoir les contrôles "insuffisants" de l'assiduité des étudiants boursiers et demande une "réorganisation en profondeur" du réseau des Œuvres universitaires et scolaires (Cnous/Crous). Elle déplore le fait que, dans le cas d'un étudiant déclaré non assidu, les montants recouvrés sont "très faibles par rapport aux bourses versées".
Au point de créer "une inégalité de traitement entre boursiers" qui peut encourager les fraudes.

La Conférence des présidents d'université a déjà répondu qu'elle engageait "une concertation avec le ministère en vue de clarifier la définition de l'assiduité" et son contrôle. La Cour pointe par ailleurs des "lacunes" dans l'offre de logement aux étudiants."
source


* Europe : les universités, victimes collatérales du plan Juncker ?

Le plan d'investissements stratégiques européens, grand projet du nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, met à mal Horizon 2020, le programme européen de recherche et d'innovation. (selon Letudiant.fr)

"Écosystèmes d'innovation", "pionnières pour l'économie de la connaissance"... la Commission européenne ne tarit pas d'éloges sur les universités. Bruxelles était d'ailleurs fière du programme de recherche Horizon 2020, qui prévoit d'investir 80 milliards d'euros entre 2014 et 2020 dans la recherche européenne. Et pourtant, ce budget alloué à la recherche sera vraisemblablement raboté de 2,7 milliards d'euros pour les deux prochaines années.

Une paille.
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Ça va réformer

* Et hop, le ministère annonce une nouvelle réforme des collèges et lycées :

Selon Vousnousils (et la FSU, toujours bien informée de ce qui se passe au ministère), la ministre devrait annoncer d’ici peu les grandes lignes de la réforme des collèges, puis, nous dit-on, d’ici 3 semaines, la nature exacte de la refonte des programmes d’histoire de Lycée.

Des premiers propos ministériels, il ressort que :

- c’est la logique curiculaire qui l’emporte et s’appliquera : c’est-à-dire une grande latitude pour les enseignants, dans des programmes aux consignes minimalistes et beaucoup moins détaillés, au nom de la liberté pédagogique.
On pourrait trouver cela bien, mais cela signifie clairement : la fin des examens finaux (Brevet ou bac) puisque tout le monde ne fait pas la même chose ; de fortes variations d’apprentissages et de connaissances d’un enseignant à l’autre ou encore par établissement, bref de quoi les mettre mieux en
concurrence ; et enfin des inspections qui s’annonceront toujours plus cassantes (l’inspecteur pourra d’autant mieux dire qu’il fallait faire autrement).

-
globalisation des horaires, interdisciplinarité (et plurivalence ?), sous prétexte de développement de travail en commun, de projets et de transdisciplinarité, notamment en collège. Et quant on sait avec quel succès cela se fait en lycée… cela laisse rêveur.
Toujours les mots, les mêmes motifs, pour aller toujours dans le même sens, et cela dans toutes les réformes depuis au moins 20 ans : autonomie des établissements, baisse des horaires disciplinaires, bivalence des enseignants beaucoup plus flexibles ainsi (et incompétents partout, mais cela on s’en fiche).

-Enfin,
une mention spéciale nous dit-on pour les programmes d’histoire (histoire officielle et nationale ?), car nous dit-on toujours, les programmes actuels sont incohérents !
Un comble !
Mais qui les a fait déjà ?


* L'école (privée) Alexandre Dumas à Montfermeil: un "modèle implicitement totalitaire", "pas loin de la secte ».

"Si on veut avoir un tas de petits ghettos dans les ghettos, alors continuons comme ça"

C'est ce que dit Claude Lelièvre de
cette école privée hors contrat non confessionnelle adossée à une fondation proche de la mouvance catho traditionaliste et de La manif pour tous, la Fondation espérance Banlieue, une structure "abritée" par la Fondation pour l'école d'Anne Coffinier (source)

Levée du drapeau et port de l'uniforme comme dans les camps scouts, vouvoiement obligatoire, activités physiques à haute dose (7h30 par semaine)... C'est le renouveau éducatif rêvé par Anne Coffinier qui compte bien créer d'autres écoles sur ce modèle...
comme elle le dit là.

« La priorité doit être l’instruction, dit-elle,  pas le conditionnement des comportements »

En effet...


* Choix de lectures :

La prise en otage des enseignants ou l’instrumentalisation de l’école publique, c’est là .

Retour sur la suspension d’un prof de philo à Poitiers. Ce que l’on sait, par ASI.

Logement social et ségrégation résidentielle des immigrés en France, 1968-1999 sur cairninfo.


* A 5 ans mis à la porte de la cantine (et laissée seule).

Ahurissant. "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît"


Et voilà ce que ça donne à Bruay-sur-l’Escaut: une employée municipale donne l'ordre de laisser une enfant de 5 ans seule dans la rue devant la cantine, car ses parents n'avaient pas payé !

Bruay-sur-l’Escaut : elle oublie de payer la cantine, sa fille de 5 ans se retrouve seule, devant l’école…
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