2 mois de salaire en plus ? Ca vous dit ?

Le pré rapport Pochard a été publié ce matin par un site spécialisé. Il est reproduit dans la dernière partie de ce post.

Cependant, Le Monde, lui, s'est procuré le rapport et en fait un résumé sévère. Comme prévu le pire est à craindre (extraits ci-dessous). Les deux se complètent.


Auparavant de quoi rire :

* Un rocard, sinon rien.
Mimi donne la substance du rapport de la commission pochard dans LE journal (Le figaro). C'est là. Je vous laisse découvrir l'intrevue, mais au passage on peut relever toute la maîtrise dialectique de notre ancien premier ministre (pour ceux qui l'auraient oublié) :

"Je veux être clair : nous n'évoquons pas directement dans notre rapport une rémunération au mérite. Mais c'est certain : il faut améliorer la prise en compte de la performance dans le déroulement des carrières des enseignants."

ou encore :
"Il faut améliorer la gestion quotidienne, multiplier les améliorations de détail les miniréformes et accompagner les enseignants plutôt qu'accumuler les grandes réformes, et mieux connaître le système."

Puis, il démmissione, pas content du tout. C'était bien la peine. Il n'est pas content de l'article du Figaro qui en fait une exploitation politique. C'est du moins ce que dit la dépêche AFP. Il est né de la dernière pluie ou quoi ?

[Suite : sur Libé. Déclaration dudit Rocard : «Je suis l’objet d’une agression de la part du Figaro», pouf, pouf]


* Un rapport explosif, titre encore le Figaro. C'est sûr il aura comme les autres une grande capacité à exploser en vol car on voit mal coment toutes les réformes qu'il contient pourront être envisagées à moyens constants. 150 pages il paraît. D'abord Le Monde, puis l'AFP puis le pré-rapport publié ce matin :

Le Monde


Etablissements plus autonomes
La commission souhaite une "responsabilité" accrue de chaque établissement en matière pédagogique. La "complexité", écrit-elle, ne peut pas être gérée au niveau national, en appliquant "indistinctement" les mêmes normes, par exemple pour dédoubler une classe. Mais "les programmes et les diplômes doivent rester nationaux". Les établissements devraient avoir la maîtrise d'au moins 10 % de leur dotation en heures d'enseignement.
Rôle accru des chefs d'établissement
Ceux-ci auraient une "marge d'appréciation" dans la fixation des "modalités locales de travail". L'instauration d'un "lien contractuel" entre l'établissement et l'enseignant est envisagée, mais en complément de l'application des règles de la fonction publique et non pour s'y substituer.
Evaluation des établissements
"Plus libres", les établissements seront aussi "plus comptables de leurs résultats". Mais "c'est la performance de l'établissement qu'il faut évaluer", plutôt que celle de chaque enseignant. "Le temps n'est pas encore venu" d'une rémunération à la performance, qui serait "source d'interrogations sans fin".
Clarifier les missions

La commission rappelle qu'un cahier des charges de la formation des maîtres a fixé, en 2006, un ensemble de compétences que chaque enseignant doit maîtriser en sus du savoir académique.
Elle propose de distinguer trois parties : un "cœur du métier" commun à tous les enseignants (transmission des savoirs, préparation des cours, correction des copies, gestion de la classe); une liste d'activités "indissociables de l'acte d'enseignement" (de l'accompagnement des élèves à l'aide à l'orientation); enfin, des "activités modulables", selon les enseignants et les établissements. Cette dernière partie serait volontaire et rémunérée de manière spécifique.
La commission se prononce aussi pour un développement de la bivalence (capacité d'enseigner deux disciplines) au collège en classes de 6e et 5e.
Temps de travail annualisé
Les 18 heures de cours par semaine des professeurs certifiés, sur 36 semaines scolaires obligatoires pourraient, selon un des scénarios retenus, définir une obligation annuelle de 648 heures de cours. L'intérêt d'une prise en compte annuelle est de permettre des modulations : par exemple, demander à un professeur une action plus intense pendant une période, quitte à le décharger ensuite.
Prenant note des "fortes réticences" exprimées par les syndicats, la commission les juge "sans réels arguments", mais propose néanmoins une "expérimentation". Elle envisage aussi de modifier les obligations des professeurs pour y inclure d'autres activités que les cours, mais juge cette option coûteuse et suggère une solution au niveau de l'établissement.
Nouveaux modes de recrutement
La commission suggère de recréer des dispositifs de prérecrutement (consistant à payer des étudiants se destinant à l'enseignement). Elle souhaite que les concours d'enseignement soient réformés et leurs épreuves "simplifiées". Elle se prononce pour la création de "masters d'enseignement" dont le rapport n'explique pas clairement s'ils viendraient précéder les concours où s'ils les remplaceraient. L'agrégation n'est pas abordée.
Gérer autrement les carrières

Le rapport explore différentes pistes possibles de revalorisation salariale : du relèvement de l'indice de début de carrière à l'éventuel octroi de primes, mais toujours avec une contrepartie sous forme de temps de présence supplémentaire.
Pour les jeunes enseignants, la commission ne dit pas comment éviter qu'ils soient nommés dans les zones les plus difficiles, mais préconise l'attribution d'une "dotation à l'installation", comprenant notamment la fourniture d'un ordinateur.
Luc Cédelle

Mesures phares (d'après l'AFP)

Le pré-rapport de la commission Pochard sur la revalorisation du métier enseignant propose une "clarification" des missions des professeurs, passant éventuellement par une "annualisation" de leur temps de travail, ainsi que des pistes pour augmenter leur rémunération.
Révélé par l'Agence éducation formation (AEF), ce pré-rapport de la commission présidée par Marcel Pochard et installée fin septembre par le Premier ministre, doit encore être finalisé avant de devenir le "livre vert", remis lundi au ministre de l'Education Xavier Darcos.
Celui-ci annoncera fin mars les mesures qu'il entend retenir avant de s'atteler à des négociations avec les syndicats.
Le temps de travail des enseignants ne se calculant aujourd'hui qu'à partir des heures qu'ils passent devant élèves, la commission préconise dans ce pré-document de "
déterminer les points d'accord sur les missions et activités qui doivent relever du métier enseignant" et de "voir reconnues des activités jusque là assurées parfois sur la bonne volonté".
Dans ce cadre, elle envisage plusieurs scénarii, dont celui d'une "
obligation de service d'enseignement annuelle" dans le second degré, afin d'éviter "une source de rigidité dans l'emploi du temps des élèves", et ceci malgré "les fortes réticences" syndicales sur cette question.
Autre possibilité,
l'exercice effectif de taches définies comme "indispensables" (travail en équipe, coordination, aide aux élèves, relation avec les parents), se traduirait soit par une baisse du temps d'enseignement, soit par une augmentation du temps de présence des enseignants dans les établissements, moyennant un meilleur équipement en bureaux, informatique, etc.
L'annualisation pourrait être "couplée" avec un "dispositif reconnaissant et rémunérant des activités complémentaires", suggère encore la commission.
Elle souhaite par ailleurs "une nouvelle donne" en matière de rémunération, formulant plusieurs idées: une "
prime" pour compenser les activités complémentaires, une "dotation" pour les jeunes enseignants de collège et lycée, une "marge d'initiative" plus importante aux chefs d'établissement dans la répartition des taches rémunérées en heures supplémentaires, ou encore une augmentation équivalente à deux mois de salaire en échange d'un service de 22 heures hebdomadaires au lieu de 18 heures.
Se refusant à aborder la prise en compte du mérite dans les salaires, la
commission rejette le principe d'une évaluation de la "performance" des enseignants en fonction des résultats de leurs élèves, prônée par Nicolas Sarkozy.
Elle propose également d'encourager les professeurs à
enseigner deux matières au collège et de réformer les concours de recrutement."



AEF -

CONFIDENTIEL. Commission Pochard: repenser les carrières enseignantes

Rénover la gestion des ressources humaines dans l'Éducation nationale est un "axe d'évolution susceptible de recueillir l'adhésion", estime la commission Pochard, dans la conclusion de son pré-rapport, document que l'AEF s'est procuré (L'AEF n°90742). Le rapport sera remis officiellement au ministre de l'Éducation nationale, lundi 4 février 2008. La commission propose de diversifier et d'ouvrir les carrières, de mettre en place des cycles de carrière, d'organiser des parcours professionnels pour les enseignants, et de repenser leur évaluation et leur affectation.

ACCOMPAGNER ET DIVERSIFIER

Pour diversifier les carrières, la commission recommande de s'appuyer sur les moyens existants: détachement, mise à disposition, mise en disponibilité, en les utilisant davantage. Le dispositif de seconde carrière qui permet à un enseignant d'être détaché dans d'autres ministères doit être davantage exploité, tout comme le détachement européen mis en place en 2002 pour développer la mobilité des fonctionnaires au sein des États européens. Autre solution: promouvoir les passages entre les premier et second degrés, via les détachements de carrière en classe de 6ème. La commission insiste sur la gestion du retour de détachement, souvent difficile.
Pour la commission, les enseignants "ont besoin d'accompagnement". Ils doivent bénéficier des possibilités d'une diversification professionnelle:
- soit par la mobilité fonctionnelle: service mixte entre formation initiale des élèves et formation continue des adultes, temps partagé entre 1er et second degré et un établissement du supérieur.
- soit par la mobilité externe: avec d'éventuels débouchés sur le marché de la formation professionnelle, la mise en place autour des préfets de Région de bourses d'échange entre les emplois des trois fonctions publiques, ou grâce à des partenariats avec des branches professionnelles pour l'insertion temporaire d'enseignants.

RECONNAÎTRE LES CYCLES

La reconnaissance des cycles professionnels constitue un des axes forts du document. La commission identifie trois cycles:
- l'entrée dans le métier, qui nécessite un accompagnement managérial développé (par un tuteur ou le chef d'établissement),
- le tournant de carrière, quinze, vingt ans après l'entrée dans le métier: "c'est à ce moment que doit avoir lieu un rendez-vous de carrière fonctionnel", qui donnerait aux enseignants l'occasion de "faire le point". Des rendez-vous de carrière pourraient aussi être menés tous les 10 ans, avec l'inspection et le service ressources humaines du rectorat. "Ces rendez-vous de carrière devraient déboucher sur un véritable contrat de développement professionnel engageant le cadre et l'institution". Enfin, estime la commission, tous les enseignants devraient avoir droit à un bilan de compétence.
- la fin de carrière nécessite également un accompagnement, et une "gestion dynamique", en valorisant l'expérience acquise, en assurant le développement et le maintien de leurs compétences et en leur offrant de nouvelles perspectives professionnelles (coordination pédagogique par exemple).

RESPIRER

La commission ne manque pas de souligner l'importance de temps de respiration pendant la carrière, tous les dix ans par exemple. Cela doit permettre à l'enseignant de conserver un lien avec la recherche universitaire dans sa discipline, et de se former à de nouvelles techniques.
Au total, la commission se prononce pour une diversification des carrières: carrières programmées pour des enseignants dont la qualité professionnelle est attestée, sous forme d'un contrat entre le professeur et l'institution, carrières conseillées pour les enseignants dont "l'appétence a été repérée" et des carrières "plus classiques" avec un avancement à la seule ancienneté.
RÉNOVER LA NOTATION
La commission souhaite rénover profondément le système de notation. Plusieurs hypothèses sont envisagées:
- supprimer la notation, sans la remplacer par un autre mode dévaluation: la commission n'y est pas favorable;
- remplacer la note chiffrée, ou au moins en faire l'économie certaines années, par un entretien professionnel tous les 3 ou 4 ans, avec l'inspecteur et le chef d'établissement;
- évoluer vers des formes d'évaluation "plus collectives": auto-évaluation par les enseignants, évaluations collectives à la performance comme en Finlande, ou organisation d'audits collectifs réalisés par des organismes indépendants;
- développer la pratique de regards croisés des inspecteurs et de chefs d'établissement dans le processus d'évaluation: une hypothèse à laquelle la commission est "sensible".
La commission suggère en outre de rendre obligatoire la formation continue, et la considérer comme "un des accélérateurs du déroulement de carrière".

MIEUX AFFECTER LES JEUNES ENSEIGNANTS

La politique d'affectation, en particulier des jeunes enseignants, doit être revue: l'Éducation nationale doit ainsi cesser d'affecter par défaut les néo-titulaires dans les postes difficiles, souligne la commission. La solution consistant à renforcer l'attractivité de ces postes, notamment financièrement, est jugée insuffisante. La commission prône une autre politique: être beaucoup plus exigeant dans l'affectation des néo-titulaires, encadrer les conditions de ces affectations, fixer un taux maximum de néo-entrants dans le corps enseignant d'un établissement, mobiliser les enseignants volontaires pour travailler en zone difficile, personnaliser les mesures d'attractivité sous forme d'un contrat par exemple, instaurer des dispositifs complémentaires d'accueil en particulier pour le logement.

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Ca se dessine... (sur tous les plans)

Actualité chargée en provenance du ministère aujourd'hui. On sent qu'à la veille des vacances il est temps de balancer quelques annonces, cela minimise les risques de dérapage social. Progressivement le puzzle pend forme.

* La commission Pochard va pondre. Le livre vert, c'est pour lundi (AFP).

* Retour sur l'évaluation des profs. C'est toujours dans le même discours de Darcos, fait à Poitiers (à l'ESEN) qu'il faut bien prendre le temps de lire. Il est en ligne là. On y apprend tout un tas de trucs sur la réforme de la notation des profs, au mérite.

Pour résumer :

- les profs seront évalués et notés en fonction des résultats de leurs élèves.
- les résultats des élèves seront publiés école par école.
(fin de la carte scolaire, deuxième étape)

Mais aussi (extraits) :
l'évaluation à l'école est à l'aube de grands changements. Il y a naturellement la question de l'évaluation globale du système, à laquelle se consacrent les deux inspections générales du ministère avec lesquelles vous travaillerez [future élite de l'EN - il parle aux inspecteurs stagiaires] de façon quasi-quotidienne. Mais nous devons surtout redéfinir la façon dont nous évaluons le travail des enseignants. Cette réflexion, qui touche au cœur du métier d'inspecteur, a d'ailleurs été engagée dans le cadre de la commission Pochard sur la redéfinition du métier d'enseignant.
Il existe actuellement deux pistes de réflexion. La première est liée au plan primaire mais la dépasse largement : il s'agit de tirer toutes les conséquences de la liberté pédagogique que je souhaite garantir aux enseignants. J'ai toujours dit que je préférais évaluer les résultats plutôt que d'inspecter la conformité des méthodes employées aux injonctions ministérielles.
Cela suppose de
réorienter l'évaluation [des enseignants] vers les acquis et la progression des élèves. Il s'agit d'une révolution copernicienne, qui suppose que l'inspecteur soit face à la classe pour en observer les réactions [?]. Nous allons ouvrir prochainement une réflexion sur les modalités de mise en œuvre de cette réforme et je souhaite que les stagiaires de l'ESEN puissent y apporter toute leur contribution.
Dans le second degré, je veux réfléchir au rôle respectif de l'IA-IPR et du chef d'établissement dans le processus d'évaluation, afin que celle-ci prenne en compte non seulement la qualité disciplinaire des enseignants, mais aussi leur capacité à animer une équipe pédagogique, à conduire des projets avec des élèves, à s'impliquer dans la vie de l'établissement. Je veux que les enseignants soient récompensés de leurs efforts et nous devons pour cela croiser les regards de l'inspecteur responsable de leur discipline comme du chef d'établissement chargé du bon fonctionnement de l'équipe pédagogique.

On pourrait donc imaginer des trucs comme : plus de formation continue pour amener tous les profs au niveau master 2 au moins ; toujours plus d'heures de concertation par équipe disciplinaire (on en a déjà tellement) ; toujours plus de moyens pour les projets ; et la participation de tous les enseignants dans les CA... Je ne sais pas pourquoi, ce n'est pas ce qui se dessine...


*Du l'art ou du cochon ? C'est la nouvelle du jour : des cours d'histoire de l'art en primaire dès 2009 et une épreuve obligatoire d'histoire de l'art au brevet. Et les musées gratuits pour les enseignants.

AFP— L'histoire des arts enseignée en primaire à la rentrée 2009

L'histoire des arts sera intégrée aux enseignements de l'école primaire à la rentrée 2009 et en 2009-2010 au collège et au lycée, ont annoncé mercredi les ministres de l'Education Xavier Darcos et de la Culture Christine Albanel.
Le
brevet des collèges comprendra une épreuve obligatoire dans cette matière, ont-ils indiqué lors d'une communication en conseil des ministres.
Au collège, l'histoire des arts devra représenter un quart du programme d'histoire générale.
En outre,
l'accès aux musées et monuments nationaux dépendant des ministères de la Culture et de l'Enseignement supérieur sera gratuit pour les professeurs à la rentrée 2008.
La pratique artistique "sera étendue à tous les collèges et aux écoles primaires" situées en zone prioritaire à la rentrée prochaine dans le cadre de "l'accompagnement éducatif après 16 heures".
"Les projets d'école et d'établissement devront tous intégrer, d'ici septembre 2009, un volet culturel concernant tous les élèves, élaboré avec les institutions culturelles", ont aussi annoncé les ministres.


* Remplacement des profs, Darcos règle le problème ? (mais il reste mystérieux quant à sa nouvelle organisation).

Darcos veut avoir "réglé" le problème des profs absents "à la rentrée"

AFP / RMC -Le ministre de l'Education Xavier Darcos a assuré mercredi sur RMC-Info qu'il espérait "avoir réglé" à la rentrée prochaine le problème du remplacement des enseignants absents pour une courte durée, par une "réorganisation complète".
"J'espère, à la rentrée prochaine, avoir réglé une réorganisation complète du remplacement pour éviter les disparités folles" qui existent entre les établissements en matière de remplacement pour de courtes durées.
Selon le ministre, ce problème, gros cheval de bataille des fédérations de parents d'élèves, ne concerne pas "deux-tiers des établissements". Mais, a-t-il nuancé, "il y a des endroits où ça va moins bien et surtout lorsqu'un professeur n'est pas là, ça se voit".
"Nous sommes en train de réorganiser complètement notre système de remplacements", a-t-il encore répété.
Egalement interrogé sur une des propositions de la commission Attali visant à ce que les élèves évaluent leurs enseignants, le ministre a écarté cette hypothèse, tout en jugeant que la proposition "a du sens à l'université".
"J'imagine assez mal des élèves qui, en fin de semaine, cocherait une note précise vis-à-vis du professeur", a-t-il déclaré.

On peut se demander ce qu'il entend par réorganiser le système de remplacement ... refonte totale des statuts des enseignants au sein d'établissements complètement autonomes [c'est sa lettre de mission ça, il me semble] où ils deviendront des salariés présents 35 heures ?
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On vous le disait

* Il y en a encore et toujours qui refuseront de vous croire, pourtant l'idée est bien dans l'air. Comme feu les Itinéraires de découverte, il est bien question de supprimer les TPE en première (ils avaient déjà été supprimés en terminal pour raison financière). C'est une rumeur insistante que publie le Café pédagogique. Et cela relève d'une certaine logique qui se poursuit et qu'on []Le Mammouth Déchaîné, au moins] expliquait dès leur création. Fin d'un cycle qui a permis d'économiser des milliers d'heures en y associant les enseignants.

Les TPE sacrifiés à la rentrée ?

De premiers échos parviennent au Café sur les conséquences concrètes des économies budgétaires dans les établissements. Parmi celles-ci, le cas particulier des TPE (travaux personnels encadrés) attire l'attention. Puisqu'une bonne partie des emplois supprimés est transformée en heures supplémentaires, certains rectorats exerceraient des pressions pour pouvoir remplir leur quota d'heures. Dans la logique du système, certains ont décidé de transformer en heures supplémentaires tout ce qui est un peu innovant : aide individualisée et TPE. Alors que ceux-ci sont couramment appelés à la rescousse pour l'éducation à l'orientation, la découverte des sciences ou l'EDD, ils sont également menacés par les économies.



* On arrête pas le progrès et le problème c'est que Darcos s'en occupe du progrès. Il veut mettre en place des stages pour élèves en difficulté pendant les vacances (pas en difficulté pendant les vancances, mais en difficulté et pendant les vacances, bref, on se comprend). Voilà surtout de quoi occuper ces instits qui fichent rien pendant leurs vacances. Encore un coup sur la cafetière du temps de travail.
Donc est-ce vraiment un progrès ?
Cerise sur le gâteau, tout ça il le dit devant un public conquis : les chefs d'établissement et inspecteurs. Quel courage !

Darcos: stages pour les écoliers en difficulté dès les vacances de Pâques

AFP— Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, veut mettre en place des "stages de remise à niveau" destinés aux élèves de CM1 et CM2 en difficulté dès les congés de printemps 2008 et pendant les grandes vacances, a-t-il déclaré lundi à l'Ecole supérieure de l'Education nationale à Poitiers.
"Des stages de remises à niveau (...) seront proposés aux élèves en difficulté pendant les congés scolaires. Ces stages d'une semaine se mettront en place dès les congés de printemps 2008 (vacances de Pâques, ndlr) ainsi que pendant les grandes vacances", a-t-il affirmé, selon une copie de son discours transmise à l'AFP.
Son entourage a précisé qu'il s'agirait d'élèves de CM1 et CM2.
Ces stages seront assurés "par des enseignants volontaires et payés en heures supplémentaires", a-t-il ajouté.
Cette mesure fait partie du dispositif que le ministre met en place
dans le cadre de la suppression du samedi matin à l'école primaire, destinée à dégager du temps scolaire pour "apporter une aide individualisée en français et en mathématiques pour les élèves qui rencontreraient des difficultés dans l'apprentissage de ces disciplines".
Il a
par ailleurs rappelé qu'il souhaitait mettre en place "une double évaluation" des classes de CE1 et CM2, et que "les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance".



*Darcos prolixe, aujourd'hui. Il lance quelques pistes (sans surprise) sur l'évaluation des profs :

AFP — Enfin, sur l'évaluation des enseignants, M. Darcos a dit vouloir,
"dans le second degré", "réfléchir au rôle respectif de l'inspecteur pédagogique régional et du chef d'établissement dans le processus d'évaluation, afin que celle-ci prenne (...) la qualité disciplinaire des enseignants (et) leur capacité à animer une équipe pédagogique, à conduire des projets avec des élèves, à s'impliquer dans la vie de l'établissement".


*Enfin l'info du jour: Darcos y los toreros :

Tauromachie: Renaud saisi Darcos
Renaud, chanteur engagé et parrain de l'Alliance Anticorrida, vient de saisir Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale. Il lui demande de se positionner sur la question de la propagande tauromachique en milieu scolaire. Selon un dossier "Protection de l'enfance" de la fondatrice de l'Alliance Anticorrida, il existe "une bienveillance complice dont bénéficient certains toreros, invités dans les établissements scolaires pour y donner des leçons de corrida". Renaud déclare, en tant qu'artiste, mais aussi en tant que parent : "Je soutiens l'initiative de l'Alliance Anticorrida, qui demande, depuis des années, la mise en oeuvre d'une circulaire interdisant le prosélytisme en faveur de la corrida dans lesétablissements scolaires".


* Allez, une petite vidéo de la fin. Rien à voir avec l'EN, quoique avec tout ce que l'on dit sur les SES. En tout cas c'est d'actualité. Il y en a qui sont réactifs...

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Modalités de recrutement des enseignants

Aujourd'hui reprise en image de ce que l'on a déjà évoqué là, au sujet de l'organisation des futurs concours. C'est peut-être plus clair. Il s'agit de l'option (3) de recrutement que favoriseraient les directeurs de l'IUFM (dans leur rapport qu'on trouve là). Il s'agit d'un recrutement par paliers successifs. De quoi bien trier les bons étudiants qui deviendront des bons fonctionnaires. Et de bien les inféoder aussi. C'est ça la nouvelle fonction publique moderne et qui en veut.

Quelque soit le scénario, il en ressort que l'on va vers :

- une
fin progressive des Masters de recherche (de toute façon, on nous l'a dit, cela ne sert à rien la recherche dans certains matières littéraires ou humaines notamment), et en perspective diminution des postes universitaires dans ces matières (qui ne sont pas rentables rappelons-le).

- la
fin du recrutement national en faveur d'une procédure de certification (même si l'on maintient l'idée d'une session nationale), puisqu'il s'agirait de Masters d'Université. C'est une autre façon de dire la territorialisation : on a une capacité ou certification et on est placé sur une liste d'aptitude, au candidat de chercher un poste. C'est déjà le régime des concours territoriaux (Assitante sociale, entre autres...) c'est aussi le modèle de ce qui se passe dans d'autres pays d'Europe (All., Esp.).

- un
renforcement des hiérarchies intermédiaires de l'Education nationale (Rectorat, Inspection) à qui serait confié ce recrutement. Nouvelle étape dans la régionalisation. Ce que l'on ne peut pas faire au plan national, on le fera ainsi localement. Tout est possible on vous disait.

Une lecture politique de ce document permet aussi de supputer que
les directeurs d'IUFM défendent avant tout leur bout de gras et veulent faire la nique à leurs homologues universitaires qui les ont longtemps snobé. Petite revanche ?

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Service minimum généralisé

* Déclarations syndicales (I). Voici les réactions de nos représentants syndicaux rassemblées par l'AFP suite à la volonté de Darcos de mener des négociations pour établir le service minimum.
Je vous laisse les apprécier :

AFP -"Le résultat de la discussion est déjà écrit avant même qu'elle ait commencé! Quelle conception du dialogue social !", a protesté Gilles Moindrot, secrétaire général du Snuipp-FSU, majoritaire au primaire.
"Quelles sont les marges de discussion ? Le ministre présente les choses comme étant déjà fermées", a renchéri Luc Bérille, son homologue du SE-Unsa (2e dans le premier degré).
Accord ou pas, loi ou pas loi, l'objectif d'instaurer l'obligation de se déclarer gréviste est fixé d'avance par le ministre, a-t-on reconnu dans l'entourage de M. Darcos.
De son côté, Thierry Cadart (
Sgen-CFDT) s'"agace du côté comminatoire" du discours de M. Darcos: "on ne travaille pas sous la menace !"
Les syndicats reprochent également au ministre d'avoir dit qu'il ne "pouvait pas y avoir d'argument en faveur de ne pas se déclarer grévistes". "Il va bientôt parler à notre place !", a réagi M. Cadart, tandis que M. Bérille ironisait: le ministre "fait les questions et les réponses".
"C'est quand même surprenant qu'au soir d'un mouvement puissant chez les enseignants, M. Darcos se borne à ne répondre que sur le service minimum, ignorant complètement les revendications des personnels", a dénoncé M. Moindrot.
Les grévistes protestaient notamment contre la suppression de 11.200 postes dans l'Education à la rentrée 2008 et des coupes encore plus importantes attendues les années à venir dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).
Enfin,
les syndicats estiment que le ministre "aurait pu avoir la courtoisie de (les) prévenir" (Snuipp-FSU) sur l'ouverture de ces discussions. "Nous sommes en contact hebdomadaire avec les syndicats", a-t-on répondu au ministère.
"M. Darcos est dans une grande difficulté car le budget que Bercy lui concède ne va pas lui permettre de mener sa politique éducative. De ce fait, il cherche un dérivatif et tente de déplacer les sujets dans les domaines où il peut avoir l'appui de l'opinion publique", a analysé M. Cadart.



*Déclaration syndicales (II). Attention, ça fiche les jetons. C'est le communiqué de presse des syndicats suite à la grève du 25. A minima (et même moins).

Communiqué commun des organisations syndicales de la Fonction publique
UNSA - CGT - FO - FSU - CFDT - CFTC -Solidaires

Après la journée d'action du 20 novembre, la mobilisation du 24 janvier confirme l'ampleur du mécontentement et des attentes des personnels de la Fonction publique en matière de salaires, d'emploi et de missions. Ce mouvement rencontre l'adhésion majoritaire de l'opinion.

Pour l'instant, la seule réponse ministérielle est un rendez vous tardif le 18 février, alors que la revendication unitaire est portée depuis l'été 2007. A cela s'ajoute une menace inacceptable de remise en cause des conditions d'exercice du droit de grève dans l'Education voire au-delà.

Les organisations soussignées appellent le gouvernement à prendre d'urgence la mesure des exigences des personnels et à apporter les réponses qu'ils attendent. Elles exigent l'ouverture de négociations salariales dès la première semaine de février. Il serait incompréhensible que le gouvernement organise une "semaine de la Fonction publique" sans répondre aux revendications des personnels : si le ministre a des propositions à faire, il n'y a aucune raison d'attendre trois semaines. Elles écrivent dans ce sens au Premier Ministre. Elles se réuniront le 1er février pour apprécier les réponses du gouvernement.

D'ores et déjà les organisations appellent les personnels à maintenir la pression par des initiatives unitaires (conférences de presse, interpellations des élus, rassemblements, manifestations,...) en particulier à l'occasion de la "semaine de la Fonction publique" organisée par le gouvernement du 1er au 8 février
.
Communiqué de presse du vendredi 25 janvier 2008.
Et pendant qu'on y est on pourrait peut-être harceler de messages vengeurs tous les représentants de l'Etat...


*Une vidéo de la fin d'actualité mais qui traduit (aussi) un certain énervement (de ma part au moins, surtout après ce que l'on vient de lire). Attention c'est plein de gros mots.



Bref, quant est-ce qu'on se réveille ?
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Prévisions de réformes (lycées + Attali)

* Précisions normandes ? On peut se demander pourquoi Darcos lance quelques infos dans LeFigaro sur ses orientations pour le lycée, alors qu'il a dit qu'il n'annoncerait rien avant mai (et surtout avant les élections).
Voilà ce qui ressort de l'entretien qu'il donne au journal officiel de la république de droite qu'on a (l'article est là):

Le fig. :Où en est la réforme des filières générales du lycée ?
Darcos : C'est un sujet très complexe, sur lequel nous souhaitons engager une réflexion approfondie d'ici 3 ou 4 mois. Le diagnostic est connu de tous : il existe un fort déséquilibre entre les filières, avec une section S (scientifique) qui n'oriente pas assez ses élèves vers les filières scientifiques de l'enseignement supérieur, une section L (littéraire) qui est réduite à la portion congrue et ne fournit pas non plus l'élite littéraire du pays. Tandis que la section ES (économique et social) n'en finit pas de grossir alors qu'on connaît mal sa finalité. Une chose est sûre, elle ne forme pas non plus les dirigeants de nos grandes entreprises, qui passent très souvent par la section S. La sophistication de notre dispositif est beaucoup trop lourde. Il faut que nous regardions ce que font nos voisins, chez qui le lycée s'organise la plupart du temps autour d'un tronc commun avec de grandes options. Le cas le plus original est celui de la Finlande, où il n'y a pas de cours en terminale : les élèves vont suivre les enseignements qui les intéressent, travaillent le plus souvent seuls, rencontrent leurs enseignants pour faire le point sur leurs recherches et sont responsabilisés très tôt.
[Donc, résumons : il faut que nous étudions une réforme, mais on sait que ce que l'on va faire ce sera un tronc commun avec des options. alors pourquoi étudier la réforme si on sait déjà ce que l'on va faire ? Pour que la CFDT s'y sente associée ? A moins que ce soit pour tester les réactions et faire autre chose... de pire.]

La lettre de mission du président de la République vous poussait à inciter les élèves des lycées sensibles à tenter leur chance en prépa…
Dans les jours qui viennent, une circulaire va être adressée à tous les proviseurs de lycée, en particulier ceux situés dans les zones sensibles, afin qu'ils présentent de manière systématique 5 % de leurs élèves les plus méritants des filières générales et technologiques et 8 % pour les seules filières générales en classe préparatoire. Toute demande formulée par ces élèves sera automatiquement acceptée dans une classe préparatoire. Nous devons résoudre deux problèmes : d'une part, celui des 400 lycées qui chaque anné ne présentent jamais aucun dossier de classes préparatoires pour leurs élèves , d'autre part, la sous-représentation dans les classes préparatoires des élèves issus des milieux défavorisés et qui ont eu un mérite particulier pour se hisser parmi les meilleurs. Les élèves issus de milieux défavorisés bénéficieront en outre de mesures d'accompagnement personnalisé, et notamment d'une priorité d'accès aux internats et aux logements étudiants. Nous avons la même ambition pour tous les lycées de ce pays.

Votre volonté de faire passer la durée d'obtention des diplômes de lycée professionnel de quatre ans à trois ans a-t-elle pour objectif de supprimer des postes d'enseignants ?
Je ne raisonne pas de cette façon. L'idée du bac pro en trois ans n'est pas nouvelle, puisque c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a initiée en 2001, aux côtés de Lionel Jospin. Avec cette réforme, qui sera généralisée en 2009, je veux augmenter le nombre de lycéens obtenant un baccalauréat professionnel, diplôme davantage valorisé que les brevets d'études professionnelles (BEP). Aujourd'hui, les lycéens mettent quatre ans pour obtenir un bac pro, alors qu'ils mettent trois ans pour obtenir un bac technologique. Cette année d'étude en plus décourage des jeunes souvent en échec scolaire. La déperdition est énorme dans la filière. Seuls 39 % vont jusqu'au bout.
[Bac pro et Bac techno, ne concernent pas tout à fait les mêmes élèves... c'est là le problème]

Comment faire évoluer les carrières des enseignants lorsqu'ils n'ont plus la foi ?
Le travail que je veux entreprendre à partir des constats que formulera la commission Pochard vise, justement, à redonner aux enseignants le plaisir et la fierté d'exercer leur métier. Cela étant, je crois qu'il est nécessaire de réfléchir aussi à la mise en place de passerelles vers d'autres fonctions pour ceux qui ont envie d'entreprendre une seconde carrière.
[Donc ceux qui veulent une revalorisation, qu'ils se cassent ! ]


* Pochard, c'était déjà bien. Attali ce sera encore mieux sans aucun doute. Voici quelques extraits de son rapport (qui n'engage à rien, mais bon...). Sur les prof, c'est tout ce que promettait Sarko, avec une louche en plus. Le rapport est disponible ici. Ce qui concerne l'école est à partir de la page 20. Comme la lecture est aisée, je ne ferai pas résumé.

En gros vous prenez tout ce que vous avez entendu de plus libéral dans les propos de Sarko, vous en rajoutez une couche et vous y êtes.


* Pas de vidéo de la fin aujourd'hui, MAIS un document de la fin. De retour de manif, et si comme moi vous en avez plein le dos de ces non-grévistes qui au lieu de vous dire qu'ils ne veulent pas perdre un rond vous font la morale et disent que cela ne sert à rien la grève car on ne peut rien faire, dites leurs que si la grève échoue c'est peut-être bien de leur faute car ils ne la font pas et placez sous leurs yeux le document suivant.

Il s'agit de la fiche de paie d'un salarié d'une entreprise de démarchage par téléphone qui -avec toute sa boite- est en grève depuis dix jours. Ca calme.
Chapeau.

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53 % de grèvistes demain !

* On sera 53 % de grévistes demain. Et oui, c'est le SNIUPP qui a déjà les chiffres. Il paraît que ce sera moins que pour le 20 décembre (et plus que pour la prochaine grève ?). Mais, c'est déjà un Moindrot mal.


* TIC, l'entrée des entreprises privées dans l'éducation nationale.

Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, installe la mission « E-educ » sur les technologies de l'information et de la communication pour l'Enseignement le 23 janvier 2008 de 9h00 à 9h40 au ministère.
Le ministre va confier à Jean Mounet, président de SYNTEC informatique, une réflexion globale et ambitieuse visant au développement des technologies de l'information et de la communication pour l'Enseignement (TICE) au sein du monde éducatif.
Cette mission, d'une durée de trois mois,
rassemblera des représentants de l'Éducation nationale et des professionnels du secteur informatique. Les propositions feront l'objet d'un rapport qui sera remis à Xavier Darcos courant avril aux fins d'envisager de nouvelles actions dès la rentrée 2008.
De plus, un forum d'une durée d'un mois sur ce sujet sera installé sur le site du ministère.
Ce forum sera ouvert aux enseignants et aux familles qui souhaitent s'exprimer sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication en milieu scolaire.


* Service minimum et droit de grève. Darcos veut une loi obligeant les enseignants à se déclarer gréviste deux jours avant la grève. Propos tenus sur RTL reportés par LaTribune.fr

AFP - Le ministre de l'Education Xavier Darcos a reconnu mercredi qu'il n'excluait pas une loi obligeant les enseignants du primaire à se déclarer grévistes deux jours à l'avance et accusé la direction du parti socialistes d'avoir donné des "directives" aux maires pour ne pas organiser de service minimum d'accueil des enfants du primaire le 24 janvier, jour de grève dans la fonction publique.
"Si le service d'accueil ne fonctionne pas bien (...) je suis disposé à aller plus loin et à souhaiter que les grévistes veuillent bien le faire savoir 48 heures à l'avance", a-t-il déclaré sur RTL, précisant "je ne l'exclus pas" à la question "ça veut dire qu'il faut faire une loi?".
Le ministre a ensuite accusé "la direction du parti socialiste" qui "visiblement a donné des directives très précises" aux maires pour refuser d'organiser un service d'accueil minimum pour les élèves du primaire.


* Grève du zèle chez les intendants ? Cela fait suite aux contestations liées à la prime des chefs d'établissement. Libé nous le dit (article ici):

"Après les protestations des enseignants de la FSU, de la CFDT, du Snalc (Syndicat National des lycées et collèges), c’était au tour hier du syndicat Administration et Intendance, regroupant des gestionnaires et des administratifs, de dénoncer l’injustice et d’appeler à une grève du zèle ".


* La vidéo de la fin. Aujourd'hui l'Américano.


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Toujours plus

[Dernière minute : grève à l'imprimerie de Choisy qui imprime les sujets de concours de l'EN. Les sujets des agreg et capes internes qui arrivent ne partiront pas. Voir là. ]


* Puisqu'on vous a dit décompléxé. Il n'y a pas de raison que cela s'arrête. Darcos s'étend encore un peut sur le service minimum.
Service minimum à l'école: Darcos prêt à aller "plus loin"

AFP — "Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, s'est dit prêt dimanche [sur Canal +] à aller "plus loin" sur le service minimum à l'école en cas de grève, en affirmant qu'il pourrait demander à l'avenir aux enseignants de se déclarer grévistes deux jours à l'avance.
Invité de l'émission "Dimanche+" sur Canal+, M. Darcos a réaffirmé que le service minimum d'accueil n'était "pas une atteinte au droit de grève". Le ministre a ajouté que "si ça ne marchait pas", il irait "peut-être plus loin, en particulier en
demandant aux professeurs de se déclarer grévistes deux jours avant" le mouvement.
Le ministre a par ailleurs estimé que "
ce n'est pas avec des grèves que nous règlerons les problèmes de l'école de la nation".
"Croire que la réponse aux problèmes que nous avons aujourd'hui, y compris à l'Education, c'est de protester contre des ministres qui ne rêveraient que de démanteler le service public, de lui faire du tort (...) c'est une vision qu'il faudra peut-être un peu réviser. Il faut que ce pays bouge", a ajouté M. Darcos."

Ceci dit allez voir sur le site du ministère l'agenda du ministre vous remarquerez combien, en cette semaine grève, il est omniprésent dans les média. Mieux vaut attaquer que défendre, c'est sûr.

* Le MEDEF travaille aux programmes scolaires (suite). Après une offensive sur les manuels de SES puis d'Histoire-géo (voir nos articles des semaines passées), le MEDEF entend encore "renforcer la formation dans les Tic et développer la formation par les Tic" (et toc). Pour cela voici qu'il publie un rapport, soutenu par l'industrie de l'informatique, qui dit par exemple :

"qu'il convient désormais d’innerver toutes les disciplines avec les TICE, dont il est démontré que l’application peut concerner aussi bien les arts plastiques et le développement de l’infographie, les disciplines littéraires avec des ateliers d’écriture collaboratifs, des processus pédagogiques ludiques ou des exercices d’entraînement. La recherche dans ces domaines mérite d’être largement encouragée"
"Pour susciter et repérer des vocations d’ingénieurs informaticiens, il est souhaitable d’intégrer dans les programmes de technologie ou de mathématiques une première approche de programmation simple soit au collège, soit dans les filières scientifiques et techniques. Cela implique de créer un CAPET et d’une agrégation TIC qui n’existent pas actuellement"

Vous en reprendrez une louche en allant voir le rapport là.

* TIG (et non TIC cette fois).

Darcos veut des travaux d'intérêt général éducatif pour les élèves violents


Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a assuré lundi à Amiens, qu'il souhaitait substituer des "travaux d'intérêt général éducatif" aux habituels jours d'exclusion pour les élèves ayant commis des infractions dans un établissement, a annoncé son ministère.
"Plutôt que d'exclure quelques jours les élèves qui ont commis des infractions dans le cadre scolaire, je veux qu'ils puissent effectuer des travaux d'intérêt général éducatif au sein même de leur établissement", a déclaré le ministre, qui participait à une table ronde présentant les dispositifs de prévention et de lutte contre la violence scolaire en vigueur dans l'académie d'Amiens.
Il s'agit pour lui de "
rompre avec les sanctions qui ne servent à rien".

C'est vrai, cela ne s'est jamais fait dans les étalbissements scolaires. Jamais. Et c'est dire si cela a fait ses preuves.

* Attali ou Attila ? Les Echos (dans cet article là) font le point des propositions du rapport Attali relatives à l'2ducation : pas moins de 30 (sur 300), c'est dire si ce rapport pour doper l'économie nous concerne.

Résumons :
- il faut intensifier les réformes, tout en "faisant beaucoup mieux avec les mêmes moyens".
- des points traditionnels de la la pensée libérale qu'on a : suppression de la carte scolaire, priorité donnée aux enseignements fondamentaux en primaire, autonomie des établissements...
- pour le supérieur ; développer le tutorat, les fondations,
renforcer les stages - un semestre en licence -, aller plus loin dans l'autonomie. Deux risquent cependant de faire couler beaucoup d'encre. D'une part, le rapport préconise que les chercheurs soient aussi enseignants, recrutés sur des contrats de quatre ans.
- il suggère de
« distinguer dix pôles universitaires de taille mondiale », susceptibles d'être financés à 80 % par le privé, et au passage de doubler le nombre d'élèves scolarisés dans les dix grandes écoles d'ingénieurs parisiennes


* Encore un vidéo de la fin qui vaut le détour. Face à tous ces syndicats qui s'accordent de la flexisécurité voilà une nouvelle forme de proposition syndicale mise en musique :

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Réformes de l'Université et des concours

Ne manquez pas aujourd'hui la vidéo de la fin

* L'Université tout d'abord. Il faut savoir que viennent d'être envoyées au ministère, depuis les universités, un certain nombre de maquettes (propositions pour la réforme des cursus) pour la prochaine réforme des premiers cycles universitaires.

Selon nos informations les demandes du ministère qui ont conduit à ces maquettes ont été de ne pas mettre d'enseignements disciplinaires en première année de Licence, mais de placer en grande quantité des heures de méthodologie, un peu de droit, un peu de questions actuelles, des langues, du français.
C'est à partir de cela que les enseignants du supérieur doivent construire un portail commun, c-a-d une première année pour toutes les sciences humaines par exemple(mais sans découverte des disciplines !).
La cerise sur le gâteau, si l'on peut dire, sera en plus la mise en place d'une UE "Projet personnel professionnel"… dont on peut imaginer l'objectif.

En ce qui concerne les emplois de profs on a pas fini de rire non plus, car il est dit qu'à terme ces premiers semestres sans discipline seraient assurés par des enseignants du secondaire, manière sans doute de ne pas recruter de trop chers maîtres de conférences. La course aux places est donc dors et déjà lancée dans le secondaire...

De plus, il semblerait que la meilleure des ambiances règne dans le milieu universitaire. La plus grande opacité est entretenue sur ces réformes, et les projets (maquettes) qui sont formulés au sein même des universités sont tenus secrets. Certains universitaires "gauchistes" sont même carrément exclus de la concertation sur le sujet, de peur qu'ils balancent des infos subversives trop tôt.


* De l'Université aux concours, il n'y a qu'un pas. On (re)parle de leur suppression.
L'affaire n'est pas neuve, le bruit court depuis 1989 au moins. L'intégration des IUFM dans l'université il y a quelques années a montré aussi une direction. Mais voilà que par plusieurs canaux (syndical, université, et IUFM), l'idée de créer un Master professionnel à l'Université qui remplacerait les concours nationaux fait son chemin. Attention les changements vont être nombreux et fondamentaux.

Pour l'instant c'est le snalc qui lance les informations les plus précises, et en particulier la parution en novembre 2007 d’un rapport de la Conférence des directeurs d’IUFM envisageant un certain nombre de possibilités quant au recrutement des profs.
 
Extrait de la déclaration du snalc sur ledit rapport :               
 " Avant même tout recrutement, il s’agirait d’introduire des éléments de pré-formation dès la première année de licence, dans le cadre d’un "parcours professionnel vers les métiers de l’enseignement" : le futur professeur, outre les contenus strictement disciplinaires, recevrait au cours des trois années de licence une formation en recherche documentaire, TICE, langue(s) vivante(s) étrangère(s), suivrait des modules d’épistémologie de sa discipline et d’histoire de son enseignement scolaire, de connaissance du système éducatif (...) ainsi qu’un enseignement dans une ou plusieurs disciplines connexes (permettant, bien entendu, de préparer une future bi, voire polyvalence, que pédagogistes et gestionnaires appellent de leurs vœux !). Cette pré-formation serait complétée par des stages en établissements scolaires, de la maternelle à l’université (...) Après cette primo-formation courant sur l’ensemble de la licence, trois options sont proposées :
Première option : les étudiants passeraient, en même temps que leurs examens de licence, un "concours de recrutement d’Etat" (ce qui laisse supposer qu’un recrutement à l’échelle nationale est maintenu…), dont les épreuves seraient à la fois disciplinaires et pratiques (s’appuyant sur les contenus de pré-professionnalisation antérieurs). Ils entreraient ensuite en M1, avec un statut de professeur stagiaire ou d’allocataire, pour suivre à la fois un approfondissement disciplinaire, une formation à la didactique des disciplines enseignées et des enseignements transversaux articulés en particulier autour de la psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Les futurs professeurs seraient également amenés à accomplir des stages de pratique accompagnée dans les classes de collègues expérimentés. L’année de M2 serait ensuite conçue comme une année de spécialisation dans un niveau d’enseignement donné, "sur la base des choix exprimés par l’étudiant et de ses résultats aux évaluations de première année". La titularisation interviendrait après obtention du master, sur critères pédagogiques (évaluation de pratiques) et universitaires (travail d’études et de recherche).
Seconde option, aucune sélection n’est envisagée avant l’obtention du master lui-même : tous les étudiants le désirant pourraient suivre la formation en alternance précédemment décrite. Le recrutement effectif, a priori par concours national, s’effectuerait en fin de seconde année de master, immédiatement après l’obtention de ce diplôme, et serait suivi d’un stage alternant formation et pratique d’une durée de un an, dont la validation permettrait ou non la titularisation.
Troisième option : le "recrutement par paliers successifs" est la troisième option proposée, et l’on comprend assez rapidement - quoi qu’ils s’en défendent - que c’est celle qui séduit le plus les auteurs de ce rapport. Un premier palier de recrutement serait ainsi mis en place en fin d’année de licence, permettant de sélectionner un nombre d’étudiants en fonction des besoins de l’Institution. Les enseignements de M1 seraient les mêmes que dans les options précédentes. Une seconde sélection serait effectuée pour le passage en M2, les étudiants ayant échoué étant réorientés vers d’autres filières. Enfin, l’obtention du master constituerait le dernier palier de recrutement, "appuyé éventuellement sur le classement établi". "

Autant d'infos qui sont à recouper avec les annonces de la mise en place d'un "Collège universitaire" dont on commence à parler dans le supérieur et qui serait créé par la prochaine réforme de l'Université (maquettes évoquées plus haut), et plus encore avec les propositions présentées en août 2007 par la Commission européenne sous le titre "Propositions visant à améliorer la qualité des études et de la formation des enseignants dans l’Union européenne" et que l'on peut consulter ici .

On peut remarquer dans tous les cas que il n'est plus question d'agrégation. Il semblerait aussi qu'il y ait un autre risque majeur dans ces évolutions, c'est que le recrutement passe totalement dans les mains de l'inspection, des rectorats et des conseillers pédagos divers et variés (sauf les universitaires mettent le nez dans toutes ces histoires ce qui n'est pas certain). On voit bien aussi comment derrière un concours qui pourrait rester national, se profile une territorialisation certaine.


* La vidéo de la fin. On y prend goût a ces petites vidéos. Aujourd'hui, de toutes ces réformes, mieux vaut en rire que s'en foutre, c'est aussi la devise de celui-là qui est en train de réinventer le militantisme :



Didier Super, un grand chanteur social à découvrir de toute urgence si vous ne le connaissez pas : allez sur son site.

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La Bonne Presse

Décidément le Figaro est le gardien de la morale scolaire. Après avoir relayé généreusement les porpos du MEDEF sur les manuels de SES, le voilà qui titre sur ceux d'Histoire-Géo.

Trop altermondialistes, ils critiquent sans nuances le libéralisme
les vilains


Extraits dans lesquels on remarquera toujours la même constante de vouloir dire que le libéralisme c'est mieux :
D'ores et déjà engagé dans un audit des manuels d'économie, le ministère de l'Éducation nationale sera-t-il un jour contraint de se pencher sur les livres d'histoire et de géographie afin de vérifier qu'ils offrent un traitement équilibré de la période contemporaine ? Certains enseignants, franchement troublés par la tonalité antilibérale et antiaméricaine de certains chapitres, ne sont plus loin de le penser. Sans aller aussi loin, André Kaspi, professeur d'histoire à Paris-I, affirmait récemment dans un colloque universitaire : «On peut se demander s'il ne conviendrait pas de réunir une commission d'historiens qui relèverait les erreurs, les préjugés et les maladresses des manuels.»
Certains thèmes qui ont longtemps fâché périodes sombres de la Révolution française, crimes du stalinisme, rôle de Vichy dans la déportation des Juifs ou bilan de la colonisation font depuis une dizaine d'années l'objet d'une approche plus équilibrée. Mais un survol des principaux manuels scolaires suffit à montrer que les enjeux de géopolitique plus actuels sont parfois traités sans nuances.
Dans un ouvrage conçu par l'éditeur Foucher à l'intention des classes de terminale technique, on peut ainsi lire : «Les altermondialistes défendent le droit à l'existence de toutes les cultures menacées par la logique libérale.» À l'intention des élèves de terminale générale, Magnard résume pour sa part, au début d'un chapitre consacré aux «fragilités de l'hyperpuissance» américaine : «Le libéralisme économique a des conséquences douloureuses : des fractures sociales et géographiques.» Pour expliquer le développement du terrorisme islamique, le manuel de troisième publié en 2003 par Magnard indique : «Les États-Unis sont devenus la cible d'États et de mouvements qui refusent l'hégémonie américaine sur le monde.» Comme pour enfoncer le clou, l'éditeur a choisi une photo de militant altermondialiste, prise lors d'une manifestation organisée en Belgique courant 2001, pour illustrer la couverture de cet ouvrage.
La suite est là.

Alors justement que faut-il en penser de ce libéralisme ? Faites vous votre réponse, mais voici ce soir de quoi méditer. Extrait d'une émission avec B. MARIS qui essaie de décrypter certaines questions de base sur le système capitalisme. Analyse du discours économique ambiant et plus (si affinité). Cela permet surtout de renvoyer dans leur camp tous ces libéraux qui ont la science infuse et veulent voir des manuels scolaires à leurs bottes.




Ce week end grand retour sur les réformes scolaires qui s'annoncent. Revenez nous voir.

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A la soupe !

* Les chefs d'établissement en redemandent déjà. Voici la discussion que propose Education & Devenir sur son site. Education & Devenir est une association de chefs d'établissement mais pas seulement (y a des profs aussi et même des documentalistes) et qui sont très comment dire, progressistes, sinon dans le vent.

"Les lois de décentralisation placent les établissements à la croisée de logiques complexes et le champ des missions qui leurs sont confiées ne cesse de s’élargir (...). Il nous semble alors bien difficile de défendre l'idée d'un pilotage des établissements et de maintenir une architecture fonctionnelle quasiment napoléonienne avec un proviseur et un adjoint, deux hémisphères pas toujours synchrones dans le petit cerveau d'un grand corps invertébré, incapable d'embrasser ces ensembles dans leur complexité.
Nous pensons que le moment est venu de lancer la réflexion sur l'organisation de la direction des EPLE.
La responsabilité des missions de management (orientation pédagogique, stratégie, organisation, amélioration, contrôle) ne saurait sans doute échapper aux personnels de direction, non plus que les missions liées à la mise en œuvre des ressources : direction des ressources humaines, gestion des infrastructures, gestion des achats, gestion financière et comptable, gestion du système documentaire. Mais considérons l'ensemble des missions reliées au cœur du métier en plus de l'enseignement : orienter, évaluer, valider, aider, accompagner le travail personnel, participer à la définition des services, gérer des projets, définir en équipe la gestion du temps, aménager des parties de programmes et individualiser des parcours, créer des dispositifs, adapter les pratiques pédagogiques, élaborer des indicateurs, étudier le devenir des élèves, communiquer vers l'exté-rieur, promouvoir l'établissement, etc. Toutes ces missions, et bien d'autres encore, sauraient-elles encore durablement sortir de la responsabilité effective des enseignants ?
On peut se réjouir que ces questions soient abordées dans le cadre des réflexions sur le métier d’enseignant mais il serait absurde de ne pas les articuler à celles du pilotage des établissements.
 
L'avenir du pilotage des établissements ne dépend-il pas nécessairement d'un maillage interne des établissements ? Il est temps de repenser cette organisation avec un jeu redéfini de délégations et de services, aboutissant à un partage des responsabilités, auxquelles devraient être étroitement associés les collectivités locales et territoriales, les parents et les élèves. La décentralisation est-elle aboutie tant que les usagers et les collectivités restent spectateurs plus ou moins actifs de l'organisation de l'éducation ?"

* Crachats rectoraux. Il s'agit de ceux d'un ancien recteur (A. Morvan) qui maintenant à la retraite (c'est plus facile il faut croire) dit tout ce qu'il pense de Nicolas S. C'est sur le site de 20minutes :

Le recteur « kärcherisé » réplique 

« J'ai été congédié comme un domestique [comme un vacataire il veut dire ?] après quatorze années comme recteur au service de l'Etat [recteur-vacataire au service de l'Etat, donc]. On m'a fait taire. Je rétablis ma vérité ». Révoqué en mars 2007 pour s'être opposé à l'ouverture du lycée musulman Al-Kindi, l'ancien recteur de l'académie de Lyon, Alain Morvan, publie aujourd'hui L'Honneur et les honneurs (Grasset), dans lequel il livre ses « souvenirs d'un recteur kärcherisé ». Ou comment cet ancien professeur d'anglais a réussi en quelques mois à se mettre à dos la droite locale, le préfet, ses ministres de tutelle, puis Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, « en ne faisant que son travail ».
Arrivé à Lyon en juillet 2002, ce recteur « de droite » se retrouve en 2004 confronté au cas de l'université Lyon-III, qui tarde à condamner les propos sur les chambres à gaz du professeur Bruno Gollnisch (FN). Le recteur affiche alors une fermeté inhabituelle vis-à-vis de l'université, déjà empêtrée dans des affaires de négationnisme et de gouvernance. Premier coup de semonce du ministère de l'Education, qui lui demande de lever le pied sur ce dossier à la demande d'élus locaux de droite.[non ? l'E.N. est capable de faire ça ?] Alain Morvan se montre ensuite réticent à l'ouverture d'un collège-lycée musulman à Décines, d'abord pour des raisons techniques de sécurité. « Mais Nicolas Sarkozy, ministre et candidat à la présidence, voulait cet établissement. On m'a fait comprendre que je ne pouvais pas m'y opposer », raconte Alain Morvan, qui fut convoqué au ministère de l'Intérieur et pense avoir été placé sur écoute. « Ce livre montre le rôle que peut jouer la peur dans la fonction publique. La crainte que Nicolas Sarkozy inspire est le grand ressort du régime actuel », estime-t-il. Pur produit de la méritocratie républicaine, Alain Morvan continue aujourd'hui de justifier son opposition à un établissement musulman. « L'école est faite pour mettre dans un même creuset des enfants d'horizon différents. Pas pour servir de support identitaire », dit-il. « Le discours de Nicolas Sarkozy à Rome, qui place la foi comme garant de la morale, est ahurissant. Je crois que le chef de l'Etat n'a pas les références culturelles pour accomplir sa mission. »

Encore un recteur qui fait semblant de ne pas savoir qu'il occupe une place éminemment politique... mais comment a-t-il été nommé ?

*Et les croutons ? Encore le Figaro, qui apprécie le sujet et qui donne la parole (entre autres) à Thibaut Lanxade, président de Positive entreprise, vous vous souvenez celui qui trouve les manuels de SES trop gauchistes, et

qui dit : "pour ce que l'on constate aujourd'hui dans les manuels scolaires de sciences économiques, c'est une image pessimiste, incomplète, réductrice de l'entreprise, bref, antibusiness, qui y est présentée. L'entreprenariat et la réussite ne sont pas valorisés, les développements consacrés au travail traitent surtout du chômage, de la précarité, de l'exclusion, du stress, du harcèlement… en revanche jamais l'épanouissement personnel grâce notamment à l'exercice de son métier n'y est traité".
[Allez savoir pourquoi ...]
Et rajoute : "Les entreprises reprochent aux jeunes de ne pas savoir mettre en pratique leurs connaissances et de ne pas connaître le monde économique, alors que les jeunes reprochent aux entreprises d'exiger qu'ils soient déjà qualifiés avant même toute expérience professionnelle. Il est grand temps de résoudre le décalage entre ces deux mondes, d'encourager et de rationaliser les passerelles, déjà fort nombreuses." (la suite ici).

*Et pour finir et subventionner la soupe populaire de ce soir, publicité en relation avec les cérémonies du 22 octobre dernier.

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Nouvelles missions de l'Education Nationale

* E.N. prestataire de services marchands ? On peut le croire à lire le nouvel accord avec les Emirats. Sans doute est-il plus rentable de payer des profs à préparer des programmes pour les Emirats que de les maintenir en poste devant des élèves français. C'est certain. Ceux de Louis-le-Grand vont donc se voir payer de magnifiques voyages vers Abou Dabi, comme le font déjà leur collègues de la Sorbonne. Encore des profs de gauche sans doute...

Lancement d'un projet de coopération entre le lycée Louis le Grand et les autorités éducatives d'Abou Dabi
Communiqué de presse - Xavier Darcos


Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, a signé ce jour, à Abou Dabi, un accord de coopération établissant une coopération entre le lycée Louis le Grand et les autorités éducatives d'Abou Dabi en vue de l'établissement de filières scientifiques d'excellence.
Le lancement du projet est prévu pour la rentrée scolaire 2008.
Les autorités d'Abou Dabi ont pris en 2006 l'initiative de rechercher un partenaire étranger modèle susceptible de les aider à développer des filières scientifiques d'excellence. Leur choix s'est porté sur le lycée Louis le Grand, l'un des plus prestigieux établissements français, qui possède d'ailleurs déjà une expérience importante d'accueil d'élèves étrangers.
Le caractère novateur de l'intervention du lycée Louis le Grand réside dans
sa mission d'expertise et d'ingénierie pour élaborer des programmes de mathématiques et de sciences physiques dans des classes équivalentes à celles de seconde, première, terminale et pour apporter appui et conseil aux enseignants de ces classes. Sur place, il est prévu de nommer quatre professeurs agrégés français qui interviendront dans ces filières en relation avec leurs collègues émiriens.
Le lycée français Louis Massignon à Abou Dabi, établissement de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, sera également acteur de la mise en oeuvre du projet.
Un des enjeux de ce partenariat éducatif innovant est de développer, en amont de l'Université et des Grandes Ecoles, des formations de haut niveau qui pourraient préparer à des coopérations ultérieures visant à établir des formations d'excellence dans l'enseignement supérieur à Abou Dabi.



* Violence. Dans la série on réinvente l'eau chaude, Darcos annonce la rédaction dans chaque lycée d'un "code de la paix scolaire" pour prévenir la violence.

AFP — Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a annoncé mercredi le lancement du "chantier de la rédaction d'un code de la paix scolaire", avec notamment la participation des lycéens, pour consigner les règles en vigueur dans les établissements et les sanctions en cas d'infraction.
"C'est précisément parce que les règles de vie à l'Ecole sont unanimes, universelles, qu'elles sont partout les mêmes, que la loi prend son sens, je vais lancer le chantier de la rédaction d'un code de la paix scolaire national", a déclaré le ministre lors de la signature d'une convention entre son ministère et la garde des Sceaux, Rachida Dati.
"
Ce code rassemblera, dans une langue claire, concise et accessible à tous, et en particulier aux parents, les règles de conduite en vigueur au sein des établissements scolaires de tout notre pays et il rappellera les sanctions prévues à chaque fois qu'elles seront enfreintes", a-t-il précisé.

Ce n'est pas ce que l'on appelle généralement un règlement intérieur ?
Que ne ferait-il pas pour travailler avec Rachida celui-là !

* Augmentation des profs. Mais non, ce n'est pas en France mais en Angleterre. Résumé d'un article de la BBC News :

Suivant les recommendations d'une commission d'arbitrage indépendante, le gouvernement anglais vient d'accorder aux enseignants anglais et gallois une augmentation de 2,45% à compter de septembre 2008 (+ 2,3% en 2009 et 2010) – hausse supérieure à l'inflation (2%). Elle sera de 3,45% pour les salaires supérieurs (décidément, on ne prête qu'aux riches... Ndlr) à Londres (où le coût de la vie est très supérieur, ndlr); l'accord fixe pour Londres un salaire plancher de £25000/an (33000 € après impôts). Le Ministre de l'Éducation a justifié le cadeau en qualifiant les enseignants de "colonne vertébrale du système éducatif". Les syndicats, eux, ne se réjouissent pas: l'indice des prix de détail auquel ils se réfèrent (qui inclut entre autres loyers et taux d'emprunt) révèle une inflation réelle de 4,3%.

A peine un rattrapage donc.

* Rien à voir (quoi que), mais incontournable. Merci à Rue89 de le mettre en Une.

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Sciences économiques (et politiques d'ailleurs)

* Manuels scolaires d'économies, pas politiquement corrects ? C'est ce que laisse penser le journal officiel (Le Figaro) dans un article qui dit que Darcos lance un audit à leur sujet. Extraits (Le fig de ce jour).

Le FIgaro — Vision négative de l'entreprise, contenus peu ou pas contrôlés... les manuels d'économie vont faire l'objet d'un audit lancé par le ministre de l'Éducation nationale.
Déjà vive la polémique autour de l'enseignement de l'économie n'en finit pas de rebondir. Aussi Xavier Darcos a décidé de lancer début février un audit externe sur les manuels et les programmes d'économie au lycée. La commission sera présidée par Roger Guesnerie, titulaire de la chaire de théorie économique et organisation sociale au Collège de France.
La tension, relayée par le monde de l'entreprise, montait depuis quelque temps. Jusqu'au coup de sang récent de l'ex-premier ministre socialiste Michel Rocard, qui est allé jusqu'à qualifier de «catastrophe ambulante» l'enseignement de cette matière, qu'il rend «responsable du blocage du dialogue social dans notre pays». En cause, la vision négative du monde de l'entreprise qui serait véhiculée depuis des années par l'Éducation nationale. Édités par Nathan, Bordas, Magnard, Bréal ou encore Hatier, les manuels d'économie sont en principe le reflet du programme. Mais l'Éducation nationale n'impose pas de contraintes et ne peut de toute façon pas en contrôler le contenu. En son temps, Claude Allègre avait déjà tenté de s'attaquer à cette question.
«En réalité, les éditeurs ont intérêt à respecter le programme s'ils souhaitent que les manuels soient achetés», souligne Jean Étienne, doyen des inspecteurs généraux des sciences économiques et sociales. Par ailleurs, alors que la concurrence est grande sur ce marché, les éditeurs s'adaptent à ce qu'ils estiment être la demande des enseignants en matière de tonalité des contenus. Jean Étienne admet ainsi que «la microéconomie est sous-représentée dans les programmes». Pour preuve : en classe de seconde, avant même de parler du monde de l'entreprise, un ouvrage comme Magnard consacre une trentaine de pages à la précarité et au chômage. À peine évoquées en seconde, les relations sociales au sein de l'entreprise sont principalement développées en première puis en terminale. Mais le plus souvent étudiées à travers les conflits sociaux que les différents ouvrages valorisent pour faire évoluer le sort des salariés. (...).



*Jamais contents ces chefs d'établissement. Voilà maintenant qu'ils critiquent leur maiître et trouvent indécente la prime qu'ils ont touché. Ils peuvent toujours la reverser aux associations qui tentent de réinsérer les chômeurs...

AFP — "Pour le Snupden-FSU, l'attribution de cette prime est indécente dans le contexte actuel des négociations salariales et des restrictions de moyens", écrit-il.
"Alors que le Président de la République vient d'affirmer que +les caisses de l'Etat sont vides+, le coût prévisible de cette mesure représenterait le quart des crédits alloués en 2008 à la revalorisation des personnels", ajoute-t-il.
Pour ce syndicat, "l'attribution de primes et d'indemnités ne peut remplacer une augmentation du point d'indice pour tous" (augmentation salariale, ndlr).
"
Le Snupden-FSU n'a jamais demandé de primes mais il revendique davantage de moyens et de personnels pour assurer le fonctionnement des (établissements) et faire face à l'accroissement de nos tâches", affirme-t-il.
Il reproche au ministre de l'Education
Xavier Darcos de faire preuve d'un "machiavélisme certain en divisant pour régner et en cherchant à s'assurer ostensiblement la fidélité des personnels de direction pour mettre en place sa politique en 2008".
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Mobilisation du 24 et après...

* Désordre syndical ? Si tous les syndicats sont d'accords pour être en grève le 24, certaines tendances de certains syndicats commencent à ruer dans les brancards. C'est au SNES que cela ce passe (pour ne pas le citer). Voici les propos d'une des tendances, Emancipation, qui a proposé une action plus longue au Conseil national du SNES de cette semaine, propositions qui ont été rejetées (malheureusement ?). Extraits :

Chacun voit bien qu'une nouvelle grève de 24 h, même unitaire dans la Fonction Publique, même réussie, ne saurait suffire. Il serait irresponsable de persister à se borner à des "temps forts"… qui risquent de l'être de moins en moins : la question de la reconduction de la grève est plus que jamais incontournable.
C'est la durée qui permet de généraliser le mouvement dans chaque secteur, tout en faisant connaître et converger les revendications de chacun d'eux. C'est la durée qui peut permettre l'extension à de nouveaux secteurs et donc la généralisation de la grève qu'il est impératif de ne pas rater une fois de trop. C'est la durée qui permet d'attaquer aussi le pouvoir là où il ne nous attend pas (initiatives de blocage de l’économie, résistance civique…).
Pour s'en donner les moyens, le SNES appelle dès maintenant à réunir des AG d'établissements, de villes pour décider la grève et ses suites. Il propose à la FSU, aux intersyndicales de l'Education et de la Fonction Publique, à toutes les organisations syndicales,
d'appeler les grévistes à des AG de coordination dans un cadre interprofessionnel avec l'objectif de faire converger le maximum de forces dans une dynamique de grève générale.

* Le 24 janvier, pour préparer une mobilisation en février ? Il faut le croire. On va déjà vers un nouveau temps fort dans un mois. Voici la fin d'une déclaration de la CGT du 10 janvier, et dont le titre est : Passer à l'offensive

* Le 24 janvier, pour la journée nationale d'action des personnels de la fonction publique pour la défense de l'emploi public et la revalorisation des salaires et des pensions.

Dans tous les secteurs professionnels, la Commission exécutive de la CGT appelle l'ensemble des salariés, retraités et privés d'emploi à s'engager partout dans la bataille pour l'augmentation des salaires, pensions et minima sociaux.

Pour favoriser une dynamique revendicative puissante,
la CGT propose de construire, dans l'unité syndicale, une mobilisation interprofessionnelle début février pour la revalorisation des salaires et des pensions, la défense du pouvoir d'achat dans les secteurs privés et publics.

De la même façon, la CGT estime indispensable de
construire rapidement une démarche commune des organisations syndicales permettant d'engager de larges mobilisations dès ce premier trimestre 2008 pour la défense des retraites et la pérennité du système par répartition.

La CGT prend dès à présent contact avec les autres organisations syndicales pour concrétiser le caractère unitaire de ces initiatives.

Elle demande à ses organisations de préparer ces perspectives d'action et de mobilisation.



*
Tribune libre donnée à actuchomage.org. Un bon billet sur les non titulaires de l'E.N. et sur le dicours gouvernemental. Bravo.

Le plus grand plan social en France… totalement méconnu
Samedi, 12 Janvier 2008

Septembre 2004. Un matin comme les autres vous vous réveillez, et votre poste a disparu. Sans préavis. Votre employeur ne vous laisse même plus pénétrer dans ses locaux. «Envoyez-nous un CV et une lettre de motivation. On vous rappellera», vous entendez-vous répondre au téléphone...

Trois ans après, on ne vous a toujours pas rappelé. Vous êtes aux minimas sociaux, les agents de l'ANPE ne peuvent vous reconvertir nulle part, se demandent ce que vous faites là, ouvrent des yeux ronds quand vous leur racontez votre histoire.

Dans les médias, rien : le vide, le néant ! Il ne s'est rien passé. Et les gens à qui vous en parlez ont du mal à vous croire.

En tant que citoyen français, tout travailleur est protégé par le Droit du travail, alors un agent de l'Etat, n'en parlons même pas...

Car vous faites partie des 30.000 professeurs non-titulaires que M. Fillon a décidé d'éradiquer.

Vous n'avez pas de statut légal, personne pour vous défendre véritablement, et vous êtes des milliers répartis sur tout le territoire. Malgré vos beaux diplômes, Bac +3, 4, 5, 8, avec une expérience professionnelle dans l'Education nationale de 3, 5, 10, 15 ans, vous avez servi de "variable d'ajustement" ; vous avez travaillé "au noir" pendant des années avec la bénédiction de l'Etat, effectué des dizaines de CDD successifs, une période d'essai de 15 ans parfois, et finalement non, vraiment, après réflexion, vous ne faites décidément pas l'affaire. Alors que les profs absents ne sont pas remplacés dans les classes et les besoins criants.

Le droit du travail : respect des principes CDD/CDI, courriers d'information et de justification, indemnités de licenciement, etc ? Non, vous n'êtes pas tout simplement pas concerné. «Passez les concours, faites la queue, comme tout le monde !!!» C'est la seule réponse qu'on vous balancera à la figure désormais quand vous oserez protester.

Dans les média, vous entendrez parfois :
«Le ministère se réjouit de la disparition du personnel précaire dans l'Education Nationale, c'est une véritable avancée sociale».

M. Fillon, pour cette "avancée sociale" sans précédent dans notre beau pays et pour le silence fracassant qui l'entoure, merci.

Liloux

Ceci dit, il semble que Monsieur Fillon ait aussi décidé d'éradiquer un certain nombre de milliers de professeurs titulaires.
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Mauvaise éducation

* Habemus papam, et pas n'importe lequel. Puisque l'oreille de notre république est à l'écoute du Vatican, soyons au fait des dernières déclarations du Pape sur l'école qui déplore une sorte de déclin de civilisation (comme par hasard). On ne s'attend à rien de progressiste, c'est sûr. Voici précisément ce qu'il dit recevant les élus de Rome et du Latium dans la Salle Clémentine du Vatican, jeudi.

« Si nous considérons la réalité de notre situation, nous ne pouvons nier que nous nous trouvons face à une véritable et grande "urgence éducative". (...) Il semble en effet toujours plus difficile de proposer de manière convaincante aux nouvelles générations des certitudes solides et des critères sur lesquels fonder la construction de leur propre vie. Ils le savent bien, les parents et les enseignants, qui pour cette raison même sont souvent tentés d’abdiquer leur rôle éducatif propre. Les mêmes, du reste, dans le contexte social et culturel actuel, empreint de relativisme et même de nihilisme, parviennent difficilement à trouver des points de référence sûrs pour les soutenir et les guider dans leur mission d’éducateurs et plus largement dans l’ensemble de la conduite de leur vie. (...)
« Il existe ici une claire priorité : le respect et le soutien de la famille fondée sur le mariage. (...) Nous constatons tous les jours combien les attaques et les incompréhensions sont insistantes et menaçantes à l’égard de cette réalité humaine et sociale fondamentale.
Il n’en est que plus nécessaire que les administrations publiques ne se portent pas au secours de telles tendances négatives, mais qu’au contraire elles offrent aux familles un soutien affirmé et concret, avec la certitude d’œuvrer ainsi en vue du bien commun. »


* Aucun respect. En effet il a raison le pape. Voici encore un exemple de manque de respect qui caractérise si bien notre époque. Se moquer comme cela des anciens qui ont travaillé pour l'édification de la grandeur de la France, franchement... surtout quand on est de droite, cela fiche mal. Et si il en restait là encore... prendre aussi les militants de son propre parti pour des imbéciles, c'est pire (mais bon on est militant ou on ne l'est pas). Voyez plutôt ces propos d'un représentant gouvernemental :




* Après tout, tout ce qui arrive on l'a bien mérité. Un peu de musique pour finir. Fallait pas voter à droite.




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Sévère

* Tout d'abord, bonne DHG à tous. Si vous vous attendez à quelque chose de terrible et bien ce sera pire. Chez nous c'est sévère : pour 17 élèves de moins (sur 1057), 130 heures de cours de supprimées, soit l'équivalent de 7 postes. Sévère à tel point qu'on ne pense pas pouvoir donner tous les enseignements obligatoires. Et vous ? Exprimez-vous dans les commentaires on se sentira moins seuls.

*
Prime justifée. Voici comment Darcos justifie la prime des chefs d'établissement : pour bonne féodalité.
Collèges/lycées: prime pour les chefs d'établissement et leurs adjoints

AFP— Les chefs d'établissement ainsi que leurs adjoints des collèges et lycées ont reçu en fin d'année une prime de respectivement 750 et 375 euros destinée à récompenser leur travail, a-t-on appris vendredi au ministère de l'Education qui a confirmé une information de RTL.
"
Ils ont eu à gérer le mouvement lycéen et doivent mettre en place les heures de travail après l'école décidées par le gouvernement", a-t-on commenté dans l'entourage de Xavier Darcos.

L'année prochaine ils auront le double s'ils arrivent à gérer les DHG catastrophiques qui nous arrivent et à faire taire les profs.

*
Ethique d'inspecteur. LE SIEN, syndicat des inspecteurs (Sien-UNSA) appelle ses troupes à na pas collaborer avec le rectorat quant à la mise en place du service minimum. Soit.

AFP —"Le Syndicat des inspecteurs de l'Education nationale (Sien) de l'Unsa-Education a appelé jeudi ses troupes à "ne s'impliquer de près ni de loin dans l'organisation" expérimentale d'un service minimum d'accueil des élèves, le 24 janvier, jour de grève nationale des profs.
"Le Sien-Unsa appelle les inspecteurs de l'Education nationale à ne s'impliquer ni de près, ni de loin dans
l'organisation d'un service d'accueil de substitution dont l'appellation de +service éducatif minimum+ est totalement usurpée", a expliqué le syndicat dans un communiqué.
"
On nous demande d'aller nous renseigner dans les écoles et de faire remonter aux municipalités des informations sur les enseignants qui seront en grève", a détaillé pour l'AFP Patrick Roumagnac, secrétaire général du Sien-Unsa, en rappelant que jusqu'ici les enseignants prévenaient les parents via les carnets de correspondance, sans intervention des inspecteurs.
"Que les municipalités organisent des garderies, nous sommes d'accord mais dans ce cas, ce sont elles qui gèrent l'organisation", a ajouté le responsable syndical.
"Plutôt que de donner des gages faciles à +l'opinion+,
nous suggérons au ministre de l'Education de se préoccuper davantage de l'impact inévitable qu'aura la baisse des moyens humains et matériels sur la qualité du service public", a précisé le Sien-Unsa dans son communiqué, en référence au mot d'ordre de la grève du 24 janvier.
"Au plan de l'éthique, pour nous, que le ministre le veuille ou non, le service minimum est une manière d'atteindre le droit de grève", a ajouté M. Roumagnac."
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Minimum de service

* L'UMP n'est pas à l'unisson sur le service minimum dans le primaire. Voici ce que déclare le président des maires de France (UMP, le président, pas tous les maires, pas encore du moins) :

AFP —AMF: c'est au gouvernement d'organiser le service minimum dans les écoles
Le président de l'Association des maires de France (AMF), Jacques Pélissard (UMP), a estimé mardi dans un communiqué que "c'est à l'Education nationale d'organiser le service minimum dans les écoles primaires en cas de grève des enseignants".
Dans une note adressée aux recteurs mardi, le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a proposé une "convention-type" à passer avec les mairies "volontaires", leur promettant une compensation financière si celles-ci organisent un accueil des enfants, en cas de fermeture d'école.
Selon M. Pélissard,
la proposition du ministre "que ce service soit organisé en externe par les communes qui le veulent" relève "d'une conception originale du service minimum par report de la responsabilité de l'Etat sur des acteurs étrangers aux conflits ayant conduit à la grève".

Et toc.

* Le SGEN-CFDT a des propos toujours aussi originaux. Lisez plutôt :

AFP— "Le Sgen-CFDT, qui appelle les enseignants à la grève du 24 janvier, a jugé mercredi que le dialogue social était la "vraie solution au problème" des mouvements de grève dans l'Education nationale.
Mardi, le ministre de l'Education Xavier Darcos a demandé aux recteurs et inspecteurs d'Académie de participer avec les communes volontaires à "l'expérimentation" du service minimum d'accueil dans les écoles maternelles et élémentaires, et ce dès la grève nationale du 24 janvier.
"Mener une politique ambitieuse pour l'École,
pratiquer un dialogue social véritable dans le respect des partenaires sociaux feraient disparaître les raisons de la grève... et apporteraient une vraie solution au problème !", écrit le Sgen-CFDT dans un communiqué."

La solution c'est donc de parler. De quoi ça c'est autre chose ! Et une revalorisation du point d'indice ? un retour à 37,5 annuités ? une réduction du nombre d'élèves par classe ? Ca, il ne s'agit pas de vraies solutions aux problèmes sans doute...
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Bande de cons

C'est en substance les propos de Xavier Darcos sur LCI rapportés par l'AFP :

"Les syndicats (de fonctionnaires) doivent comprendre qu'il faut travailler plus pour gagner plus, qu'ils prennent des heures supplémentaires, qu'ils travaillent autrement", a estimé M. Darcos sur LCI. Si les fonctionnaires "veulent, comme tout le monde, avoir une situation plus aisée, il faut sans doute qu'ils paient un peu plus de leur personne."

Décomplexé, on avait dit ! Encore une belle confirùation. Il ne manque plus que le Darcos bling bling et se sera complet.



Sinon 10 000 visites pour le blog du Mammouth en quelques mois d'existence et pour ce qui n'était qu'un blog entre copains. Merci de votre visite. Revenez encore souvent ça nous fait plaisir et on a bien l'intention de continuer. Faites passer l'adresse. Plus on est de fous, moins on rit.
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Scolastique de civilisation ?

Extrait de la nouvelle politlique de civilisation qu'on a :

"Il y a eu beaucoup de changements à l'école en 2007. Maintenant, il est temps d'aller au fond des choses, savoir ce que l'on veut transmettre à nos enfants et former les professeurs dans ce sens(...) Il faut une école où l'on inculque l'envie d'apprendre, mais aussi le respect des professeurs, le civisme(...) C'est à l'école que se construit la société et la civilisation de demain (...) Pendant longtemps, on a reculé. Mais à force de reculer, on va finir par revenir au point de départ(...) L'école doit être remise au coeur de la politique."Propos de Sarkozy, 08/01/2008, rapportés dans Libé.

Qui pourrait me faire l'exégèse de ça, parce que moi là, j'ai justement du mal à aller au fond des choses...

Priorité à l'école Primaire :
AFP — Sarkozy: "priorité à l'école primaire"

Le président de la République Nicolas Sarkozy a affirmé mardi qu'il allait donner "la priorité à l'école primaire", prévenant que "cette politique prendra du temps", pour "être mise en oeuvre" et pour "produire ses effets", lors de sa première conférence de presse à l'Elysée.
"Nous donnerons la priorité à l'école primaire que l'on a trop longtemps délaissée sans voir que son affaiblissement était la cause principale des difficultés croissantes du collège", a expliqué le chef de l'Etat.
Cette politique prendra du temps, du temps pour être mise ne oeuvre, du temps pour produire ses effets mais le rapport de nos enfants à la culture, au savoir, à la pensée est ce qu'il y a de plus essentiel pour l'avenir".


Pour une rupture, c'est une rupture. Ca fait combien de temps que c'est a programme cette chanson ?
En tout cas c'est une façon de dire qu'on ne pourra pas le juger (tout de suite au moins) sur les résultats.


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Nos élites sont en forme

* Un rocard sinon rien. Voici la déclaration du jour de l'ex premier ministre. Il est pour l'enseignement des sciences éco dès le collège. C'est sûr, il y a que ça à faire au collège.

AFP— Michel Rocard préconise "qu'un enseignement de sciences économiques et sociales (SES) soit dispensé à l'ensemble des élèves du secondaire", c'est-à-dire dès le collège, ont annoncé lundi l'ancien Premier ministre et l'Association des professeurs de SES (Apses), dans une déclaration commune à l'AFP.
L'Apses était reçue lundi matin par la commission sur la revalorisation du métier enseignant, présidée par Marcel Pochard et dont M. Rocard fait partie.
Le président de l'Apses, Sylvain David, a précisé à l'AFP que M. Rocard lui avait présenté lors de cette rencontre
un "pré-projet" qui, "sous réserve de discussions ultérieures avec les autres membres de la commission", devrait figurer dans le rapport final de la commission attendu dans les prochaines semaines.
"Selon M. Rocard (...), cet enseignement doit leur permettre de
maîtriser des notions, des concepts et des mécanismes économiques et sociaux nécessaires à la compréhension du fonctionnement de la société dans laquelle ils vivent", poursuit le communiqué.
L'Apses, qui souhaite que les SES soient intégrées aux enseignements obligatoires en seconde, "se félicite que cette rencontre ait permis de dégager les points de convergence qui existent entre M. Rocard et l'Apses".
Selon M. David, cette rencontre avait été prévue à la suite de propos tenus par M. Rocard en décembre dans le cadre des auditions de la commission.
"Il avait dit que l'enseignement des SES était une catastrophe, ce qui avait suscité de nombreuses réactions chez les professeurs de SES", a expliqué M. David.

* Pochard, mi- février en non en janvier. Toujours d'après l'Apses.

*
Darcos, à Périgueux ! Not' bon ministre vient d'annoncer qu'il se présentera à la mairie de ladite ville. Mais pour la dernière fois (a-t-il dit).

*
Régression scolaire ? (Encore). Voici le dernier opus d'une longue série sur la régression du niveau. C'est fait sous l'égide de l'Institut et de l'académie des sciences. Ceux qui savent parlent à ceux qui sont cons. Le tableau est très noir. C'était un colloque tenu à la fondation Del ducas (une fondation qui arrive a donner des prix de 250 000 € pour des travaux de recherche dans le domaine des gaz fermioniques dégénérés, c'est dire, et qui a dans ses conseils scientifiques un certain Claude Allègre). Un résumé par un scientifique L. Lafforgue qui se spécialise dans le discours sur la catastrophe scolaire (nouvelle vache à lait éditoriale ?).

En gros, tous les maillons sont faibles


Vous pouvez l'écouter là.


Si tout n'est pas faux la dedans, si certaines explications parfois se tiennent, encore un exemple d'un esprit d'analyse aussi catastrophique que le tableau qu'il dresse (si ce n'est plus, ce qui laisse planer de gros doutes sur la recherche française). Sa méthode scientifique : "les échos que j'ai de....". Des certitudes qui tuent. Bref, c'était mieux dans le temps, vive le certif. Et il s'y connaît le gars, c'est un spécialiste de la chirurgie des grassmanniennes. Il ne faut pas confondre franc parler et enfonceur de portes ouvertes. Tout le monde en prend pour son grade et finalement on ne comprend plus rien. Même s'il débine Mérieux, c'est du nuisible en boite. Mais cela a de l'audience dans certains milieux visiblement.

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Mises en bouche

Pour reprendre dans de bonnes dispositions, et avant que l'actualité de l'éducation retrouve toute sa vigueur, quelques petites mises en bouche :


*Modèle allemand. Le Monde de ce samedi nous apprend comment en Allemagne on résoud les problèmes de surveillance dans les cours de récréation : on embauche des vigiles d'une société privée. C'est mieux. Surtout quand il y a beaucoup d'étrangers (on n'est jamais trop prudent).
C'est là.


* Prime de noël. On l'avait laissé passer celle-là. Voici que les chefs d'établissement et leurs adjoints ont touché une prime exceptionnelle de noël. 750 et 375 € respectivement. Coût de la mesure 8 millions d'euro. Elle récompenserait "les efforts et la présence". Le SGEN -CFDT s'en émeut (plus particulièrement ici). Ca fait tout de même mauvaise impression alors qu'on ne veut pas augmenter le point d'indice et que les négociations sont au point mort.

Faut-il aussi en déduire que les adjoints travaillent deux fois moins que les chefs ? Faut-il en déduire que les personnels qui ne touchent pas la prime pourraient s'absenter et ne feraient aucun effort ?


* Bulletin de note du ministre. Pour ceux qui ne le savent pas encore, les ministres vont être évalués, par des consultants privés. Le meilleur billet sur ce point très scolaire revient à Bravepartie.com.

Rachida Dati a déjà son bulletin de notes ! (par équivalence)
C'est là.

Un article avec une problématique incontournable : "pourquoi Nicolas Sarkozy va t il s’emmerder à remplir 30 bulletins de notes ce week-end alors que Carla attend, dorée comme une brioche et chaude comme la braise, qu’il lui grimpe sur la pyramide ?". Du grand art.

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Déformation

* Education équitable. C'est la dernière trouvaille idéologique de l'OCDE, qui vient de publier un rapport à la suite des tests PISA pour trouver des solutions. Ils en donnent 10, parce que nous, pauvres nuls on est pas capable de les trouver tout seul (enfin, ce serait peut être pas les mêmes solutions il faut dire...). Tout cela parce que "les coûts sociaux et financiers à long terme de l’échec scolaire sont conséquents". Le document est là.

Extraits :
"Ceux qui n’ont pas les compétences pour prendre leur place dans la société et dans l’économie engendrent des coûts plus élevés en matière de santé, d’aides sociales, de protection de l’enfance et de sécurité.  La montée en puissance des migrations pose de nouveaux défis pour la cohésion sociale de certains pays tandis que d’autres sont confrontés à des problèmes déjà anciens d’intégration des minorités. Face à ces défis, une éducation offrant l’égalité des chances et l’inclusion aux migrants et aux minorités est cruciale. L’équité dans l’éducation conforte la cohésion et la confiance sociales".

Les 10 mesures à prendre (extrait de la page 9 dudit rapport) :
1. Limiter l’orientation précoce en filières et classes de niveau et reporter la sélection par les résultats.
2. Gérer le choix de l’école afin de contenir les risques pour l’équité.
3. Dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, proposer des alternatives attrayantes, éliminer les voies de garage et prévenir le décrochage scolaire.
4. Offrir une seconde chance.
5. Repérer ceux qui prennent du retard à l’école et leur apporter une aide systématique, et réduire les taux élevés de redoublement.
6. Renforcer les liens entre l’école et la famille pour aider les parents défavorisés à aider leurs enfants à apprendre.
7. Tenir compte de la diversité et permettre l’inclusion des migrants et des minoritaires dans l’éducation ordinaire.
8. Offrir une solide éducation à tous, en privilégiant les dispositifs pour la petite enfance et l’instruction de base.
9. Orienter les ressources vers les élèves et les régions qui en ont le plus besoin.
10. Fixer des objectifs chiffrés et concrets pour davantage d’équité–en particulier en matière d’échec scolaire et de décrochage.
"Ce rapport formule des recommandations de hiérarchisation des priorités dans le cadre d’un budget limité, en tenant compte des contraintes des dépenses publiques. Les coûts ou économies découlant de ces recommandations n’ont pas été estimés car ils dépendent des contextes nationaux."

Cette dernière phrase résume tout et donne son sens au reste. C'est curieux comme tout se fait écho en ce moment. De là à voir un véritable complot...

*
Formation continue. D'après vous combien on investit par prof pour la formation continue ? Moi, je sais pas. Par contre on avait un peu oublié que la Cour des comptes s'irrite un peu des 122 000 € dépensé par Xavier Darcos pour sa propre formation à la communication gouvernementale (il était alors ministre de la coopération). On appelle ça du media-training. Un article de politique.net qu'on peut lire là nous le rappelle en relisant un article ancien du canard. Extraits :

L'Etat a financé les media-training de Xavier Darcos pour 122 000 euros


L'information du Canard Enchaîné est passée complètement inaperçue. Dans son édition du 11 avril 2007, en pleine campagne présidentielle, le journal satirique a révélé que des magistrats de la Cour des Comptes ont exprimé des réserves sur une dépense du ministère des Affaires étrangères effectuée entre 2004 et 2005. La cour des comptes est chargée d'examiner la gestion financière de tous les ministères et établissements publics. Au milieu de l'année 2007, des magistrats ont analysé les comptes du ministère des Affaires étrangères et ont demandé des explications à propos d'une facture jugée trop élevée.

122 000 euros pour la formation de Xavier Darcos
Il s'agit d'une note réglée à une société de communication d'un montant de 122 000 euros pour la formation accélérée de Xavier Darcos. A l'époque, l'actuel ministre de l'Education nationale était ministre délégué à la Coopération et au développement. Il a bénéficié d'une formation à la communication : média-training pour la radio, la télévision, pour tenir une conférence de presse mais aussi préparer des documents divers (sur l'Afrique, la coopération, etc.). Xavier Darcos a confirmé au Canard Enchaîné avoir bénéficié de cette formation. Sauf que pour la Cour des comptes, celle-ci était beaucoup trop élevée, d'autant que la séance journalière facturée par l'agence de communication est passée de 1913 euros à 2392 euros sans raison. En outre, la Cour des comptes reproche au Quai d'Orsay de n'avoir pas lancé d'appels d'offre pour cette formation si coûteuse.

La question de la formation des ministres
Sous prétexte d'élections, les services du Quai d'Orsay ont botté en touche et n'ont pas donné suite à la requête de la Cour des comptes. L'affaire, révélée en page 4 du Canard Enchaîné du 11 avril, n'a pas été reprise par les médias, trop occupés par la présidentielle. Pourtant, cette histoire pose la question à la fois de la formation des hommes politiques, de leur nomination à des postes sans qu'ils en aient au préalable les compétences, et de la prise en charge par l'Etat de cette formation. En clair, est-ce au contribuable de financer des média-training d'homme politique ?



* Le B2i fait pshitt ? Certains s'en plaignent, pas nous. Un arrêté du 28 décembre provoque l'émoi dans les rangs des défenseurs de cette fausse qualification, car il viendrait remettre en cause son attribution. Celle-ci reviendrait en dernier lieu, pour le niveau collège, au jury de Brevet, qui peut décider ce qu'il veut; décision prise car le B2i est obligatoire pour avoir ledit Brevet mais ledit B2i n'est pas installé dans un collège sur deux. Dans la situation actuelle, cela voudrait dire qu'un collégien sur deux ne pourrait pas avoir son Brevet.
Rappelons que ce B2i est une véritable crasse dont l'objectif n'est pas de pousser les élèves à utiliser les Tice, mais bien de forcer tous les profs à s'y coller. Bruno, nous en reparlera un de ces jours.


*Histoire de l'art (de rêver ?). Quelques petites nouvelles supplémentaires suite au rapport publié il y a quelques semaines. (infos trouvées là, article de Didier Rykner)

"Des différents échos que nous avons pu avoir, il semble que l'on pourrait s'orienter vers les mesures suivantes [nos [de l'auteur de l'article en question, NDLR] remarques sont entre crochets].
- un
enseignement obligatoire d'histoire des arts [et non d'histoire de l'art] serait bien instauré dès le primaire, et jusqu'au baccalauréat ;
- le nombre d'heure n'est pas encore fixé mais il ne devrait pas dépasser
20 heures par an dans le primaire, et 36 heures dans le secondaire, soit dans ce dernier cas une heure hebdomadaire, ou plutôt l'équivalent réparti en quelques sessions de plusieurs heures. [Ce point reste encore incertain, bien qu'il soit fondamental ; décréter l'histoire de l'art obligatoire en ne dégageant pas des horaires spécifiques, comme le suggèrait le rapport Gross, reviendrait à ne rien faire. Il est par ailleurs essentiel que les visites de musées ou de monuments historiques ne mordent pas sur cet horaire réduit, d'autant que les sorties culturelles sont déjà largement pratiquées dans nombre d'établissement scolaire.] ;
- une
option « histoire des arts » serait créée aux agrégations d'histoire et de lettres [il ne s'agirait donc pas d'une véritable agrégation d'histoire de l'art] ;
- les co
urs seraient dispensés en primaire par les professeurs des écoles et dans le secondaire par les agrégés titulaires d'une agrégation avec option d'histoire des arts. Ces derniers formeraient également les professeurs des écoles [en attendant que les agrégés titulaires d'une option d'histoire des arts soient formés, qui tiendra leur rôle ?]. A terme, cela devrait aboutir à la création d'une cinquantaine de postes d'agrégés supplémentaires ce qui pourrait constituer de nouveaux débouchés pour les historiens de l'art.    Notons enfin que la création d'un poste d'Inspecteur Général de l'histoire de l'art a été proosé au ministre par le Haut Conseil et qu'un bilan des classes d'options « histoire des arts » testées depuis 1993 dans des lycées français (actuellement 127) devrait être fait. Cette expérimentation a été organisée sans que jamais les historiens de l'art y soient associés.
Sans vouloir critiquer, il me semble que cet article fait preuve d'un optimisme important. Il semble ignorer que la qualification "histoire de l'art" existe déjà. Créer des agrégés en plus, ce serait vraiment contradictoire avec la politique actuelle. Une mention complémentaire, oui, et encore. On peut se demander si tout ce foin n'est pas plutôt pour obliger les profs de Français et d'Histoire à construire leurs séquence autour des oeuvres d'art. Ce qu'ils ne font pas, bien sûr, ce sont tous des cons.

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L'E.N a la rage

Pour reprendre les bonnes habitudes, en ce premier article de l'année, voici de nouveaux rapports sur l'EN. Et comme l'an dernier, rien ne va plus. Encore une fois, il faut tuer le chien.

* En ce qui concerne les matières scientifiques, voici un rapport sur la Série S qui pousse à retarder la spécialisation des lycéens. Ca vous étonne ? C'est dans la droite ligne des économies budgétaires annoncées (moins d'options, moins de coût). Une fois encore on nous ressort le coup de l'harmonisation européenne. L'Europe a bon dos. Ce n'est qu'un rapport, mais quand même. Pour consulter ce rapport c'est là.

Les grandes lignes :

"La mission ne préconise ni un renforcement de la spécialisation des trois séries générales, ni une fusion de ces dernières qui conduirait à former de la même manière tous les élèves. Au cycle terminal de la voie générale, l’élève doit construire son parcours de formation au fur et à mesure que ses goûts et que ses aptitudes se révèlent, c’est à dire progressivement. La progressivité dans la construction de son parcours permet à l’élève d’affiner son projet, de l’ajuster ou même de le revoir".

On veut y démontrer l'inefficacité du système des options en seconde. "La classe de seconde ne joue pas son rôle de classe de détermination. Cela tient d’une part à la méconnaissance qu’ont les élèves et les familles de la nature et des débouchés des différentes voies de formation, et d’autre part aux effets pervers du choix des options. Ce choix est en effet opéré dans une liste trop étendue et difficile à décrypter qui ne place ni les familles, ni les établissements, en situation équitable et il est souvent ressenti par les différents acteurs comme une prédétermination à entrer dans telle ou telle série". "Cette préparation au choix d’un parcours de formation s’appuierait sur des activités de découverte ; leur cadre réglementaire serait déterminé par un cahier des charges et non par un programme ; les lycées les déclineraient en fonction du projet d’établissement, du contexte local, des partenariats possibles (avec des universités, des établissements technologiques voisins, des institutions culturelles…), des compétences disponibles dans l’établissement, et des intervenants extérieurs susceptibles d’être mobilisés". TPE étendus aux options ?

On y prône : en première et terminale tous les élèves partageraient un tronc commun avec des enseignements d'approfondissement. Ces derniers pèseraient peu en première face au tronc commun et c'est seulement en terminale qu'une véritable différenciation se ferait.

"L’organisation en séries de la voie générale est une particularité française" écrivent les auteurs. "Lui substituer une logique de construction de parcours de formation faciliterait la réussite du projet professionnel de l’élève, et permettrait un rapprochement des pratiques rencontrées dans différents pays de l’Union européenne. Cela favoriserait les échanges et la  reconnaissance des formations et des diplômes entre les pays".

* En histoire géo, les élèves ont perdu le nord. Deux autres rapports pointent le niveau médiocre. C'est Le Figaro qui le dit (qui cite des sources ministérielles). Les instits qui suivent ce blog nous dirons ce qu'ils en pensent dans les commentaires.

Le Figaro — "En fin de primaire, 41,7% des élèves sont jugés en difficulté dans ces matières.
Selon une étude que vient de publier le ministère de l'Éducation nationale, «seuls 28 % des élèves maîtrisent de façon satisfaisante les exigences de compétences et de connaissance attendues par les programmes d'histoire et géographie en fin de primaire». 41,7% des élèves sont jugés en difficulté (26,7%) ou en grande difficulté (15%). À croire que les noms de Jeanne d'Arc, de Louis XIV, la localisation de la Seine ou de l'Asie sont trop souvent méconnus des apprentis collégiens... Au total, 7688 élèves de CM2 ont été testés en 2006 à partir de 32 thèmes contenant chacune 10 questions.
Il s'agissait entre autres de nommer un personnage à partir d'une image, localiser sur une carte un fleuve et un pays, mais aussi situer des personnages et des événements dans le temps ou encore relier des événements par ordre chronologique. À cet égard, l'étude révèle que les lacunes portent plus sur l'interprétation et la chronologie que sur la connaissance ponctuelle des faits historiques.
Faut-il incriminer les programmes, le traitement qu'en font les enseignants ou des difficultés de compréhension liées à une mauvaise maîtrise du français ? Le rapport note à cet égard que beaucoup d'enseignants estiment que les programmes sont très ambitieux et s'autorisent à ne pas traiter tous les points de chaque chapitre (48%), voire des chapitres entiers (28%). Autre point : «Une des difficultés est de distinguer la part qui est due à la maîtrise du langage et de la langue française et ce qui est dû aux compétences propres à l'histoire, à la géographie et à l'éducation civique». Quoi qu'il en soit, le pourcentage d'élèves en difficulté dans ces matières ressemble étrangement à celui avancé fin août par le Haut Conseil à l'Éducation, qui indiquait que 4 élèves sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes en lecture, écriture et calcul.
"Lacunes en français»
Un deuxième rapport évoque le niveau des élèves dans ces matières à la fin du collège. Elle montre que 43,1% des 5856 élèves testés réussissent moins de la moitié des thèmes proposés, principalement sous la forme de questions à choix multiples. Au total, 15% ont très peu de connaissances ou très fragmentaires et restreintes et 28,1% ont plus des difficultés d'interprétation.
Selon Éric Till, secrétaire général de l'association des professeurs d'histoire-géographie, «ces résultats sont loin d'être satisfaisants, d'autant qu'ils montrent qu'il n'y a pas de progression entre l'école et le collège». Et d'ajouter que «les difficultés sont souvent liées à des lacunes en français, ce qui oblige les enseignants en histoire-géographie à mettre également l'accent sur la lecture et l'écriture». Autre point soulevé, certains aspects du programme font l'objet d'un traitement plus léger. Un rapport de l'Inspection générale de l'éducation nationale datant de fin 2005 avait d'ailleurs jugé sévèrement le rôle des enseignants d'histoire-géographie. Par ailleurs, le programme d'histoire et géographie de 6e est en cours de refonte et devrait être présenté au printemps au Haut Conseil de l'éducation pour être appliqué à la rentrée 2009-2010."

Eric Till aurait mieux fait de dire qu'au collège l'objectif n'est pas de de répondre à des QCM, mais qu'il y a des ambitions méthodologiques et intellectuelles que ledit questionnaire semble vouloir ignorer. Quand à l'apprentissage de dates par coeur, il y a bien longtemps que l'on ne fait plus ce genre de truc à la con et tant mieux (savoir que 1515 c'est Marignan c'est bien, mais demandez un peu à ceux qui prônent ces dates quels sont les belligérants et les enjeux de la bataille et vous n'aurez pas fini de rigoler - réponse là). Je signale que le brevet a une épreuve de dates (souvent assez réussie).

* Enfin, il se dit que le CAPES de documentation serait supprimé à partir de 2010. Source à vérifier tout de même.
De toute façon, comme avait dit une élève, avoir un CAPES pour passer sa vie à garder des livres ...

Voilà de quoi fêter la nouvelle année...
Youpi.
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