Devoir de vacances

* Blague de l’été, par L. Chatel :

16 000 suppressions de postes, les doigts dans le nez.
no comment.


* Un sujet de bac : (re)
Education civique, justicière et sportive.

Extrait des nouveaux manuels de Rééducation Civique, Justicière et Sportive © Mammouth Déchaîné, édition 2010

On publiera les meilleures copies. Vous avez les vacances...

Le voilà (cliquez sur l’image pour l’agrandir)





* Le livret de compétences : une autre manière de mieux contrôler le monde du travail


Sources
du livret personnel de compétences à l’application numérique LPC

Où l’on assiste à la mise en place d’une application numérique nationale, “expérimentée” de façon technique, mais sans l’accompagnement d’une information digne de ce nom (une même expression pouvant désigner des éléments de nature différente ...) et en l’absence de réflexion sur les dérives possibles.
Une mise en place au pas de charge : trois mois après l’annonce de l’expérimentation, une circulaire du 16 mars 2010 nous apprend que, à la rentrée 2010, tous les collèges auront accès à l’application numérique. Questions : dans quel délai l’utilisation de cette application sera-t-elle rendue obligatoire ? et qu’en pense la CNIL ?
Peut-on espérer une prise de conscience des dangers que ce laisser-aller fait courir à notre société en l’amenant insensiblement à un fichage généralisé ?

« [On peut s’inquiéter] de la mise en place par l’Éducation nationale du futur “livret électronique de compétences” qui retracera, entre autres éléments, tout le parcours scolaire du jeune. On connaît déjà les problèmes posés par l’omniprésence de l’approche par compétences dans l’éducation, transformant celle-ci en fabrique de “ressources humaines” au service de l’employabilité des individus, comme le souligne Angélique del Rey dans son dernier ouvrage [1]. Quand on lit les instructions du Bulletin officiel de l’Éducation nationale du 7 janvier 2010, concernant les contours de ce livret de compétences (certes expérimental mais pour combien de temps encore ?), on voit bien qu’il y a là les prémices d’un “super CV” numérique qui pourrait être accessible aux employeurs. Rappelons que ce livret permettra d’enregistrer les compétences acquises dans le cadre de l’éducation formelle, celles acquises hors du cadre scolaire, mais aussi des éléments qui “concourent à la connaissance de soi” ».

Extrait de « Surveillés et surveillants : des professionnels en résistance », par Françoise Dumont et Jean-Claude Vitran, respectivement vice-présidente et membre du comité central de la LDH,Mouvements N° 62 avril-juin 2010.

On peut donc considérer le livret de compétences comme un super CV numérique, dans lequel sont enregistrées toutes sortes de compétences validées par l’élève. Ce qui a amené à demander à la CNIL si les compétences d’une personne ne constituent pas une donnée sensible au même titre que les opinions – religieuses, politiques, etc. – ou la santé.

On ne sait d’ailleurs pas si le ministère de l’Éducation nationale a informé la CNIL de cette expérimentation qui la concerne à plusieurs titres.
Notons pour terminer que l’article 11 de la loi du 24 novembre 2009 précise : « lorsque l’élève entre dans la vie active, il peut, s’il le souhaite, intégrer les éléments du livret de compétences au passeport orientation et formation prévu à l’article L. 6315-2 du code du travail ». On peut donc s’attendre à ce que, une fois terminée la phase d’expérimentation, le livret soit connecté aux services de Pôle emploi.

Comment pourra-t-on alors empêcher que les [in]compétences soient utilisées pour sélectionner les futurs salariés ?

* néo-libéralisme à outrance

source

L'OMC s'en frotte les mains !

" Une autre tendance importante a été l'acquisition d'établissements d'enseignement privés par de grandes sociétés. Dans ces acquisitions, les universités et les collèges sont la propriété d'une même entité, mais chaque établissement maintient ses propres programmes accrédités au niveau national. Le groupe américain Laureate International University gérerait en 2009 40 campus répartis à travers l'Amérique du Sud et du Nord (Brésil, Chili, Costa Rica, Équateur, Honduras, Mexique, Panama, Pérou et États-Unis), la région Asie-Pacifique (Australie, Chine, Malaisie) et l'Europe (Allemagne, Chypre, Espagne, France, Suisse et Turquie). Le groupe Apollo, auquel appartient l'Université de Phoenix, a des campus en Inde, au Mexique et en plusieurs endroits en Amérique du Sud ainsi qu'en Europe orientale et occidentale. Le Groupe indien Manipal Education qui avait déjà une présence au Népal, en Malaisie et à Doubaï a acquis tous les intérêts de la American University d'Antigua et a fait son entrée sur le marché caribéen de l'enseignement médical en 2008. Il a annoncé qu'il comptait acquérir des opérations en Oman, en Indonésie et au Viet Nam. Les opérations internationales du Groupe Manipal génèrent plus de 50 pour cent de ses revenus."

Source : OMC,
Conseil du commerce des services, Services d'Education : Note d'information du Secrétariat, avril 2010. [document à lire ou au moins à survoler absolument, même si c'est un peu long et difficile, pour mesurer l'ampleur de l'offensive et des avancées...]



* Résister à Base-Elève : ça continue :

Communiqué du Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE) suite à la décision qui vient d'être rendue par le Procureur de Paris, sur les 2103 plaintes contre X déposées par les parents contre la mise en oeuvre de " Base-Elèves " :

Le CNRBE bien décidé à poursuivre la procédure malgré le classement des plaintes
Le Parquet de Paris vient de classer sans suite les plaintes des 2103 parents concernant le fichier Base élèves 1er degré... tout en adressant un rappel à la loi à la Directrice des Affaires Juridiques du Ministère de l'Education Nationale, ce qui est quelque peu contradictoire, mais c'est son choix selon le principe de l'"opportunité des poursuites" et c'est clairement  ici un choix politique compte tenu des enjeux en cours.
Violation des formalités préalables prescrites par la loi du 6 janvier 1978  :   Le Parquet prétend qu'une simple déclaration du fichier auprès de la CNIL était suffisante car il n'y aurait pas d'interconnexion avec un autre traitement poursuivant un intérêt public différent dans la mesure où selon les contrôles qu'il a fait effectuer, les informations transmises aux maires reposent sur des réponses formulées par courrier sur demande des mairies.  Alors qu’il a été  démontré qu'il y avait bien interconnexion entre la Base élèves et la Base nationale des identifiants élèves (BNIE) d'une part, et d'autre part avec  les fichiers des mairies, mais pas seulement (Ministère de l'Agriculture notamment) de sorte que ces formalités étaient bien soumises à autorisation : infraction à l'article 226-17 du Code Pénal.
Obligation de préserver la sécurité et l'intégrité des données :  le Parquet reconnaît qu'il y a bien eu une faille de sécurité importante. Mais au prétexte que le Ministère de l'Education Nationale aurait toujours manifesté sa "préoccupation" (sic !) de sécuriser ces données, le délit ne serait pas caractérisé pour "défaut d'intention pénale du responsable du traitement" (re-sic !). Or il le savait depuis longtemps puisqu'il a cherché à y remédier sans y parvenir.... de sorte que l'élément intentionnel est ainsi bien avéré : infraction à l'article 226-17 du Code Pénal.
Durée de conservation des données : pas d'infraction pour le Parquet qui estime que la durée maximum de conservation dans la base ne peut excéder le terme de l'année civile au cours de laquelle l'élève n'est plus scolarisé dans le premier degré... oubliant que les données collectées dans Base Elève alimentent le traitement BNIE et en conséquence le parcours scolaire de l'élève pourra être suivi pour une durée maximum (1° degré/2° degré/université) de  35 ans : infraction donc à l'article 226-20 du Code Pénal.
Obligation d'information incombant au responsable du traitement : Le Parquet reconnaît qu'elle n'a pas été "entièrement respectée" (sic !) mais que compte tenu des "efforts (re-sic !) déployés par le responsable du traitement pour se conformer aux demandes de la CNIL », il a procédé "au classement de la totalité de la procédure"... tout en adressant à la Directrice des Affaires Juridiques du Ministère de l'Education Nationale "un rappel à la loi". Or un rappel à la loi est bien la reconnaissance que l'infraction est avérée : ici à l'article R 625-10 du Code Pénal.
En conséquence le Collectif National de Résistance à Base élèves (CNRBE) ne compte pas en rester là et va étudier avec les avocats du Syndicat des Avocats de France (SAF) la suite qu'il convient de donner à cette décision, notamment la possibilité - tant qu'il existe...- de saisir un juge d'instruction.
Le Collectif National de Résistance à Base Elèves (CNRBE), 14 juillet 2010
Contact: base-eleves@orange.fr

Sinon, bonnes vacances, retour prévu : non communiqué. Vous pouvez toujours nous écrire (passez par Contact, en bas de cette page) pour assurer une veille politique et éducative.

Comments

Masterisation : vers la suspension

* Dernière minute : Quelques nouvelles du Conseil d'Etat :

Suite à l’action des organisations FCPE,SLU, SUD éduc, celui-ci a donné gain de cause à la requête en référé-suspension concernant les arrêtés d'organisation des prochains concours de recrutements (inscriptions ouvertes, épreuves d'admissibilité en octobre, admission au printemps 2011).

Concrètement :
le ministère prend une belle claque (il doit même payer 1000 euros) et doit suspendre les opérations. Evidemment, pour une victoire complète, il faudra attendre le jugement sur le fond.

Dans les jours prochains, il doit donner la deuxième décision attendue, celle sur le référé-suspension concernant l'organisation des stages à la rentrée prochaine des reçus au concours 2010.

Les spécialistes de la question semblent assez confiants dans une victoire plus large encore.
Comments