Devoirs de vacances

Toujours sur la plage ? Pas la peine de gratter fort pour trouver des pavés :


* Peillon confirme : réforme des statuts des profs en vue

L’AEF avait repris les propos de Peillon. Le Figaro s’engouffre en divisant et en parlant de privilèges. Bref de quoi attiser tous les beaufs.
L’UNSA entre en érection car «La volonté politique de changement est là».
Début des discussions pour la rentrée.

Rappel : TEMPS DE TRAVAIL : la note du ministère (juillet 2013). Elle est là. Pourvu que ledit ministère ne l’oublie pas...


* Réduction des vacances d’été : après 2015.

Source Nous commencerons peut-être à en discuter après 2015 donc rien n’est encore fait. C’est donc “progressivement” que le ministre veut aller de 37 à 38 semaines de cours par ans contre 35 actuellement. Si les professeurs ont grogné, ce n’est rien comparé au quasi raz de marée de tweets qui a déferlé sur la toile.


* Problème de place pour les handicapés

source. « HANDICAP - 5.000 enfants n'auraient pas de place à la rentrée...
Des milliers d'enfants handicapés n'auront pas de place à la rentrée dans des établissements spécialisés, a alerté vendredi le Défenseur des droits, appelant les pouvoirs publics à l'action."

A force de supprimer des instituts de et les remplacés par des AVS sous payés, évidement...


* Rappel : Europe, éducation et industrie (cherchez l’intrus)
La mise à mort du service public de l'éducation est programmé depuis longtemps en Europe...
Et après il y en a qui disent que certains crient toujours au loup.




* [Lecture obligatoire] Le coût du Capital et son surcoût.

C’est une étude universitaire (qui est en lien ici) faite à la demande de la CGT, et qui démontre comment le coût du travail n’est pas responsable de la mauvaise situation économique alors que au contraire la question de l’accumulation d’argent (et les jeux à la bourse) explique beaucoup de chose.

Extraits de la conclusion :
« Ce régime de concurrence mondialisée, parfois qualifié de dépressionnaire, est un jeu tragique, à somme négative, qui ne fait que des perdants. Parmi ceux-ci, certains sont plus perdants que d’autres. On dit alors de ces derniers qu’ils ont un problème de compétitivité. Mais si l’on veut être juste, et prendre à ses propres mots la pensée vulgaire du moment, on doit reconnaître que dans le contexte de la globalisation libérale, c’est la terre entière qui a un problème de compétitivité ! Un problème qui pousse chaque pays à se réfugier dans des stratégies néo-mercantilistes, à base de rigueur budgétaire et salariale, qui aggravent le caractère dépressionnaire en question.
Ce problème, qui est structurellement lié au mouvement de globalisation irréfléchi, se double de celui que nous avons qualifié dans cette étude de « surcoût du capital ». La libéralisation financière a en effet promu les marchés d’actifs et les institutions financières au rang de juges suprêmes et de censeurs des projets d’entreprise censés valoir la peine (ou pas) d’être mis en œuvre. « 


* Que sont-ils devenus ? Ferry en short (mais fait des affaires)
Ils « tournent bien » ceux là :
Ferry (qui bossait peu comme prof de fac...) travaille maintenant pendant les vacances dans la petite entreprise de sa femme...
L’image a déjà un an mais peut peut-être resservir (elle montre ferry en train de faire de la pub en posant à coté de sa femme pour vendre des produits dérivés " Nicolas Reviens" (photo initialement associée à cet article). Ces ventes auraient fait fureur il y a peu à la "fête de la violette" organisée le 6 juillet en Sologne  par la Droite forte (évidemment ce n'étaient pas les violettes, fleurs printanières depuis longtemps fanées..., qui pouvaient y faire fureur...)

L article ne dit pas qui, parmi les ministres socialistes (à part Peillon qui se serait fait
offrir un mug "Nicolas reviens"), a commencé sa collection de goodies
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Sous la plage...

Les pavés de l’été. Made by le MEN (ministère de l’éducation nationale).

* La MAP (Modernisation de l’Action Publique) pour l’Ecole

Présentation au CTM du 11 juillet d’une information bien intéressante sur ce que doit être ladite MAP dans l’EN.

Chacun savourera le verbiage utilisé, très
new public management. Le powerpoint fourni aux membres du CTM est là : CTMEN 11 07 2013 - point 4 a - PMMS et eĢvaluations

On notera tout de même, qu’en plein été, comme ça, en pleine chaleur, on nous sort comme priorité de ladite MAP :

-
la viso-conférence serait à développer pour l’enseignement des langues.
-
la dématérialisaiton à outrance serait engagée pour différentes livrets : livret scolaire, VAE, ... de beaux fichiers en perspective...
- enfin des “dispositifs d’encouragement de l’innovation”, confirment la multiplication de primes à la charge, pour mieux faire passer à l’arrache les réformes, en toute cohérence avec la prochaine refonte annoncée des statuts. Souvenez-vous on en parlait déjà là .


* Pendant ce temps là dans la vraie vie : la lutte des classes continue (mais tout le monde s’en fiche)

20 minutes.fr Baptiste Coulmont: «Cela ne choque plus personne de dire que les enfants des classes populaires réussissent moins bien à l’école»

Comme tous les ans depuis 2008, Baptiste Coulmont a classé les nouveaux détenteurs d’une mention «Très bien» en fonction des prénoms. Une façon criante d’illustrer la reproduction sociale qui règne dans l’Education nationale. Dans son graphique, on apprend que 20% des Diane et des Adèle ont obtenu leur diplôme avec ladite mention, comme environ 18% des Juliette, Alice, Louise, Anne et Alix. Au contraire, seules 2,5% des Sabrina, 3% des Kevin, Jordan, Dylan, Cindy ont eu plus de 16 de moyenne au bac.

Votre travail n’est-il pas une autre façon de dire une évidence: les enfants de riches ont plus de chances de réussir à l’école?

Exactement. Sauf que cela ne choque plus personne de dire que les enfants des classes populaires réussissent moins bien à l’école. En évoquant les Kevin,  il s’agit de personnaliser, de concrétiser des données sociologiques. Nous évoquons alors un enfant et, à mon avis, cela touche beaucoup plus les gens. Adèle, Rudy, Hortense… On sait tout de suite que l’on n’est pas dans les mêmes classes de la population. Cette façon de faire permet d’incarner des faits évidents depuis des décennies en sociologie de l’éducation.


* [Plein les poches] Cahiers de vacances : un marché juteux de 25 millions d'euros

RTL. Le business est typiquement français : on ne trouve pas de cahier de vacances à l'étranger. Il s'en est vendu 4 millions d'exemplaires en 2012, soit 1% de moins sur un an. En revanche, le chiffre d'affaires progresse et atteint 25 millions d'euros. Explication : les nouveautés sont vendues plus cher. Le prix moyen est de 6 euros. Les trois-quarts des ventes se font en juin et juillet. Souvent, les parents les achètent pour occuper les enfants chez les grands-parents. Mais cette année, comme le soleil n'est pas au rendez-vous, il s'en est vendu 10% de moins au mois de juin.

Sachez qu'il existe aussi des cahiers de vacances pour adultes. Si jamais vous n’avez pas compris qu’il s’agit d’un des paroxysmes de la société de consommation...


* Vaches tuberculeuses au menu des cantines scolaires (et des hôpitaux)

Du bœuf contaminé à la tuberculose exporté vers la France

20minutes.fr Extrait: CONSOMMATION – La plupart des carcasses exportées alimentaient des cantines scolaires et des hôpitaux…

« Nouveau scandale alimentaire à venir? Selon le Sunday Times, repris par
LeFigaro.fr, des carcasses de viande bovine infectées à la tuberculose en provenance de Grande-Bretagne ont été exportées vers la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Le journal britannique avait révélé la semaine dernière que 28.000 bêtes contaminées étaient remises sur le marché chaque année. Les lots de viande sont
en grande partie acheminés vers les cantines ou les hôpitaux. »


Mais qu'on se rassure: la vente de ces carcasses contaminées est parfaitement LÉGALE, signale le Sunday Times :

"The export of the carcasses, which do not require special labelling, is legal because the government’s scientific advisers insist the risk of humans being infected by the meat is “very low”. source

Ouf! Nous voilà soulagés! Les cantines scolaires (et les hôpitaux) pourront donc continuer à bénéficier de ces déchets bon marché jugés peu contaminants...
(Sur les déchets servis dans les cantines scolaires, voir aussi nos diverses notes en ligne)

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Azurément...

* Bac 2013 : des consignes de correction surprenantes en langues vivantes

C’est au tour de
France info de publier aujourd’hui les grilles de notation en LV. Sur 26 en espagnol, sur 36 en anglais, mais cette fois il y a bien un tableau de concordance des notes.

On ne reprendra pas les inspections à gonfler les résultats. Vraiment ?

En y regardant de plus près
on peut être surpris en effet par les consignes. Exemples extraits des consignes :
« Il n’est plus demandé au candidat de rédiger dans cette partie du devoir. Il s’agit seulement d’évaluer ses aptitudes a comprendre un texte en espagnol en lui demandant de réaliser des taches (généralement simples) »
« on ne pénalisera pas un candidat qui rédigera une phrase introductive
 » (sans doute ont-ils peur que seul le SMS soit autorisé par les profs ?

Bref, toujours la même chose expliquant sans doute les bonnes surprises du jour des résultats. Mais ça commence à se voir tout de même...


* Ils n’auront jamais le bac : 30.000 enfants SDF

Environ 141.500 personnes, dont 30.000 enfants, étaient sans domicile début 2012 en France, soit une progression de près de 50% depuis 2001, selon une étude de l’Insee rendue publique mardi. Et mentionnée par Libé.


*PPP (ou comment s'en mettre plein les poches...)

C'était encore il y a peu la mode aux des PPP,  partenariats public-privé,  et il y a fort à parier que cela continue ...

Pourtant il est clair que ces structures coûteuses permettent de faire n'importe quoi, comme on peut s'en rendre compte à Paris-VII (Paris-Diderot)  où
deux bâtiments de l'université ont été construits sans respecter les normes (notamment d'incendie) de sorte que le Tribunal administratif de Paris vient d'annuler les permis de construire!

Selon le Monde,
"ce contrat de partenariat, signé pour vingt-huit ans, prévoyait que Vinci prenne en charge la conception, la construction, mais aussi l'entretien des bâtiments. En contrepartie, l'État s'est engagé à verser pendant toute la durée du contrat un "loyer annuel", intégrant le remboursement de l'investissement réalisé par l'entreprise lors de la construction et le coût de l'entretien des bâtiments.

Un troisième bâtiment de ce campus est par ailleurs au centre d'une information judiciaire pour "contrefaçon, faux et usage de faux et abus de confiance". A l'origine de cette enquête, la plainte en 2011 du cabinet d'architectes In/On, qui avait conçu ce bâtiment et qui accusait Vinci d'avoir dénaturé son projet pour en réduire le coût, en revoyant notamment à la baisse les renforcements prévus pour consolider le bâtiment. Vinci avait fermement démenti." source


*l'Educ Nat aux mains des Rouges !

Selon "Contribuables associés" (proche des très droitières associations SOS Education et Institut pour la justice), "les contribuables financent des incompétents pour gérer l’éducation de leurs enfants"... incompétents d'autant plus condamnables qu'ils sont aussi de dangereux "idéologues marxistes"... source

Les contribuables ont surtout bien tort , par le biais des dons défiscalisés, d'offrir des niches fiscales à des associations antirébublicaines qui passent leur temps à dénigrer les services publics et à pourfendre l'utilisation de l'impôt (sauf quand l'argent va dans leur poche) !


* Vers des des « établissements d’enseignement supérieur privés à but non lucratif » ?

C’est ce que permet désormais la loi Fioraso. Vive la gauche.

source. - Jean-Philippe Ammeux, le Président de la FESIC (la fédération des écoles supérieures privées) se réjouit de la nouvelle dans une récente interview à l’AEF. Et pour cause. Le Saint Graal est désormais à portée : se retrouver légitimés et reconnus par l’Etat, à l’image de ce qui a été fait dans le secteur de la santé. La loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) portée par Roseline Bachelot en 2009, a en effet repensé la relation entre service public de la santé et structures privées, en créant le statut d’ESPIC (établissements de santé privés d’intérêt collectif), autrement dit des établissements gérés par des associations, des fondations, des congrégations ou des mutuelles qui participent au service public de santé.

Seule différence, et elle est de taille : dans le cas des ESPIC, la reconnaissance du rôle de « service public » permet à ces établissements d’être financés par l’Etat (via les Agences Régionales de Santé, ARS) selon les mêmes modalités que les hôpitaux publics, et avec les mêmes contraintes (service H24, égal accès à tous, etc.). 
Rien de cela bien sûr dans le cas des EESPIG (établissements d’enseignement supérieur privés d’intérêt général). Leur financement demeure privé (droits de scolarité des élèves essentiellement), l’accès y est filtré (généralement par des concours) et les processus pédagogiques y sont spécifiques.
[mais pour combien de temps ? NDLR]

Reste donc comme seul « plus » la reconnaissance, comme le concède volontiers JP.Ammeux : « En pratique, cela ne changera pas grand-chose à la situation actuelle, il n’y a pas un euro derrière : il s’agit surtout de reconnaissance ».

Monique Sassier, la médiatrice de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur, vient d’ailleurs de consacrer une partie de son rapport 2012 à ce sujet. Un des chapitres est ainsi intitulé : « Les liens entre l’État et les établissements d’enseignement privés apparaissent flous et ambigus : il se crée dès lors une situation d’incertitude préjudiciable aux clients de ces établissements ».
Elle dénonce à la fois le fait que l’Etat, par la complexité et la superposition de son arsenal réglementaire et législatif, alimente le flou artistique, et le fait que certains établissements jouent sur les mots ou « bidonnent » carrément leurs « lettres de créance ».


* Education à vendre : les écoles vont devenir des entreprises privées

C'est chez les GB (pour l'instant...) que ça se passe

source ROYAUME-UNI • Les écoles vont devenir des entreprises privées Le gouvernement britannique cherche à se débarrasser du fardeau budgétaire que représente l'éducation. Selon The Independent, le ministre de l'Education projetterait de transformer les écoles en entreprises à but lucratif.

Selon le quotidien britannique, Michael Gove, ministre de l’Education bien décidé à réformer entièrement le système éducatif britannique d’ici 2015, aurait pour projet de transformer l’ensemble des 30 000 écoles d’Angleterre en "Academy schools". Les "Académies" sont des écoles publiques indépendantes des autorités locales, financées par le gouvernement mais aussi par des fonds privés. Plus encore, le ministre souhaiterait faire de ces "Académies" des entreprises à but lucratif, ce qui signifie que des entreprises privées pourraient fonder des écoles et les revendre plus cher - à condition que ces écoles ne fassent pas faillite avant. Il envisage même un recours à des fonds spéculatifs et à des capitaux à risque pour récolter de l’argent. Le quotidien de Londres rappelle que cette expérience a déjà été réalisée en Suède, se soldant par un échec total.

Le projet encore "secret" a été révélé au journal par des membres du ministère de l’Education qui craignent que "l’argent ne soit détourné des classes, que les matières qui coûtent trop cher soient réduites, comme la musique et les sciences, et que cela mette un terme à la vocation de professeur pour le service public."

Autant d’inquiétudes qui amènent un éditorialiste du titre à comparer Michael Gove au dictateur cambodgien Pol Pot, pour souligner l’absurdité de telles réformes: "pour Michael Gove, le Pol Pot de l’éducation, tous les ans c’est l’Année Zéro", faisant ainsi référence au début du règne des Khmers Rouges au Cambodge.

Voir aussi :
http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/cash-for-classrooms-michael-gove-plans-to-let-firms-run-schools-for-profit-8682395.html

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