"Ajuster notre organisation scolaire"

Aujourd'hui (est-ce un hasard ?) deux déclarations importantes qui concluent la même chose. L'une médiatisée, l'autre moins.

* La première relève de
DarKosy, et c'est on ne peut plus limpide :

Education:"aux alentours de 10.000" postes supprimés au budget 2008 (Darcos)

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a estimé, jeudi sur BFM TV, "aux alentours de 10.000" le nombre de postes supprimés dans l'Education nationale au budget 2008, dans le cadre de l'objectif gouvernemental de non-remplacement de 30 à 40.000 fonctionnaires.
"
Si nous obtenons que des professeurs, dans le cadre de la réflexion sur leur métier, acceptent d'être moins nombreux mais d'avoir un temps de travail différent, volontaire, évidemment, grâce à des volants d'heures supplémentaires importants, nous pouvons sans doute trouver des ajustements", a-t-il précisé.
Evoquant "une question difficile", M. Darcos a assuré que "le ministère de l'Education nationale ne s'abstiendra pas, évidemment" de participer au projet gouvernemental d'économie d'emplois publics, mais "l'Education nationale a une difficulté: c'est une entreprise de main d'oeuvre, c'est-à-dire quand on vous supprime un professeur dans le premier degré, vous fermez une classe", a-t-il nuancé.
"Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, bien sûr il faut le faire,
mais cela exige des aménagements de ce qu'on appelle l'offre scolaire", a-t-il argumenté, demandant: "comment organise-t-on le travail ? Comment organise-t-on les partenariats ? Qui peut concourir à l'action éducative si les professeurs sont moins nombreux ? Comment peut-on regrouper les options ? Comment peut-on changer les programmes ?"
"Il y a un dispositif assez compliqué parce qu'il concerne quand même 13 millions d'élèves", a-t-il rappelé.
M. Darcos a en outre rappelé qu'il était "
favorable à la bivalence initiale" des enseignants, c'est-à-dire pour ceux qui ont obtenu une "mention complémentaire" à leur Capes ou agrégation dans une deuxième matière.
"
C'est bien pour le professeur, c'est bien pour les élèves, qui verront le professeur plus longtemps (dans les deux matières enseignées, ndlr), qui les connaîtra d'ailleurs mieux et puis c'est plus pratique pour ajuster notre organisation scolaire", a-t-il ajouté.

(Selon AFP)

* La seconde, vient de l'OCDE, organisme progressiste :

Selon les études récentes de l’OCDE, le système éducatif français ne souffre pas de carences majeures, mais un certain nombre de pays obtiennent de meilleurs résultats avec des ressources comparables. Pour améliorer les résultats, il faut tout d’abord pouvoir les mesurer correctement. Il existe déjà en France des indicateurs de « valeur ajoutée », qui sont rendus publics pour les lycées, mais il faudrait les  améliorer et les étendre aux collèges. Lorsque ces indicateurs seront en place, il sera difficile pour les établissements scolaires de ne pas réagir aux signes de mauvais résultats". C'est la logique du pilotage par les résultats que l'Ocde souhaite voir introduite dans le système éducatif.

Comment améliorer le système français ? L'Ocde recommande l'autonomie des établissements scolaires. "L'une des caractéristiques traditionnelles du système français est le manque d’autonomie des chefs d’établissement. Ils n’interviennent guère dans le recrutement des enseignants ou dans leur rémunération, et les programmes sont établis dans le détail au niveau national. Pour améliorer les résultats dans l’enseignement secondaire, il faudrait soit que l’inspection nationale réagisse davantage lorsque la performance d’un établissement est insuffisante, soit que les chefs d’établissement aient plus d’autonomie et soient responsables des solutions à mettre en œuvre, dans le cadre de normes nationales claires de résultats des élèves. Il est difficile de savoir quelle démarche est préférable, mais l’étude PISA de l’OCDE semble montrer que les systèmes où l’autonomie est la plus développée donnent les meilleurs résultats".
 
Pour autant, l'Ocde est sceptique sur les résultats de la désectorisation.  "Le libre choix de l’établissement risquerait d’aggraver le problème de la ségrégation du fait de l’avantage dont disposent les familles aisées bien informées, et de conduire à un écrémage de la part des établissements scolaires. Pour éviter ces phénomènes, des réformes profondes seraient nécessaires pour garantir que les ressources allouées aux établissements publics d’éducation s’ajustent aux choix des familles. À défaut de telles réformes, la carte scolaire devrait être maintenue".
Pour le détail voir sur le site de l'OCDE

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Les enfants de la télé

Ce que vous allez voir si vous activez la vidéo ci-dessous, c'est du journalisme moderne. De l'investigation, de l'appareil critique, de l'analyse et de la pensée à l'état pure. Et c'est sur l'Education nationale. On fait avancer le schmilblick y a pas de doute, même si tout n'est pas forcément faux.


Alors dans la même série, il y a aussi : les instits sont tous des pédophiles, les syndicalistes des planqués (ou des profiteurs, rayez la mention inutile), ... Vous en trouverez bien d'autres...

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Carte sur table

Pour être bien clair aujourd'hui, voici les propositions de différents corps au sujet de la carte scolaire (et plus si affinités). (trouvé sur le site du SNES). Certaines datent d'un certain temps.

-
Les parents :
La PEEP, en vrac :
"
il faut redonner une réelle importance aux projets d’établissement, que leurs objectifs soient un élément de communication vers les familles, que les enseignants « adhèrent » à ce projet d’établissement en préalable à toute nomination.
(...) ne faudrait-il pas revoir l’idée généreuse des années 70-80 de la totale hétérogénéité des classes en terme de niveau ?
La PEEP a toujours affirmé sa volonté de voir mise en œuvre l’autonomie des établissements basée sur de réels projets d’établissement.
les établissements doivent être évalués en fonction de leurs propres objectifs afin d’établir un bilan de la situation. la prochaine réforme des IUFM devrait le permettre.
La mise en place de ces bassins d’affectation.
Les établissements peuvent être mis en réseau, afin de proposer des options spécifiques, alors communes à ces établissements.
il peut être envisagé la fermeture des établissements « ghettos » et répartir les élèves entre tous les autres établissements avoisinants." (octobre 2006)

La FCPE :
"Nous souhaitons la constitution d’une commission de la carte scolaire, qui réunisse élus, administration et parents d’élèves, et qui permette de gérer en commun les besoins, les possibilités et les évolutions"

- Les chefs d'établissements : le SNPDEN (Unsa) :
"le « retour » à une sectorisation stricte, qu’impliquerait la simple défense du principe de la carte scolaire sans autre considération, n’est pas envisageable en l’état actuel des choses. (...)

Autrement dit, renoncer à la régulation par la carte scolaire oblige à définir d’autres modes de régulation : à défaut, la désorganisation des flux ne ferait que conduire à une explosion des mécontentements, au-delà de ceux que l’écart entre les attentes et les possibilités de satisfaction des demandes risque de créer. Moins de carte scolaire, c’est rendre nécessaire une régulation et une organisation par d’autres moyens."
Donc : ils sont contre, mais il se peut qu'ils soient pour si on leur donne les moyens de bien gérer leurs flux. Comme d'hab les chefs d'établissements...

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Continuité gouvernementale

* Dans la nouvelle politique de rupture qu'on a, du passé on a fait table rase, il paraît. C'est curieux, autour des propos du ministre rapportés dans le post précédent, voici ce que l'on trouvait déjà dans des audits d'octobre 2006. Justement ils portaient sur les grilles horaires. En gros pour résumer voici ce qu'ils disaient :

- diminution des heures d'enseignement dans quasiment toutes les disciplines et toutes les classes (suppression recommandée d'un tiers des heures de français en 2nde) ;
- limitation des redoublements à 2% du nombre d'élèves ;
- annualisation du temps de service des enseignants ; etc.


"les premières concrétisations pourraient intervenir dans le cadre de la loi de finances pour 2008."

Avec un peu plus de détails :
Pour le Lycée : L'objectif est une baisse de plus de 20% des dépenses. Relevant que "l’investissement massif dans le volume d’heures d’enseignement n’a amélioré ni la performance ni l’équité du lycée français" il en conclut que la baisse des coûts est légitime. Le rapport préconise une méthode : "désamorcer les tensions portant sur l’horaire hebdomadaire en considérant que les arrêtés ministériels n’ont plus vocation à sanctuariser des volumes de services d’enseignants négociés entre disciplines, mais à offrir un référentiel national, un point de départ à partir duquel se construisent localement des projets adaptés aux attentes des élèves". Pour cela il faut fixer un plafond horaire par niveau et annualiser l'enveloppe horaire de chaque discipline.

Pour le collège : "le coût moyen du collégien a augmenté de 33% entre 1990 et 2004". Aussi le rapport demande-t-il, comme pour le lycée, une réforme du pilotage " fondé sur les objectifs et l’évaluation des résultats". Il s'agirait d'adopter "une démarche progressive visant à confier nettement plus de responsabilités aux échelons déconcentrés, en contrepartie d’une exigence pédagogique et budgétaire accrue". Ainsi il préconise de libérer 20% des moyens pour les affecter à la réalisation des objectifs de progrès de l'établissement. " Dès la rentrée 2007, l’assouplissement des obligations horaires est amorcé, dans la limite de 20% de la dotation, par les équipes qui souhaitent prendre le risque du changement… Dans un second temps et après évaluation, sont abrogées pour l’ensemble des années au collège les grilles horaires hebdomadaires au profit d’un référentiel qui fixerait pour chaque enseignement une base horaire par cycle (annuelle pour le cycle d’initiation 6e, bi-annuelle pour le cycle central 5e- 4e, annuelle pour le cycle d’orientation 3e). Cette base est inférieure à la dotation actuelle, car elle est appelée à être complétée à hauteur de 20% par des moyens non fléchés".

Ainsi pour le cycle central, on n'aurait plus que 250 heures de français pour les deux années, 230 de maths, 280 de langues, 100 de SVT, le tout sur 36 semaines. S'y ajouteraient 200 heures annuelles de dotation non affectée. Les horaires de langues seraient fusionnés et la carte des langues "rationalisée". Chaque établissement aurait le choix d'offrir ou non une seconde langue en cinquième.

Rupture tranquille donc...


Les rapports sont là :
pour les horaires collèges ; pour les horaires lycées.

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Pourquoi tant d'E.N. ?


* Que se cache-t-il derrière la volonté de supprimer la carte scolaire ? Une réponse dans les propos de DarKos devant les syndicats (le SNES, pour ne pas le citer, qui en publie le C.-R.). On s'aperçoit que tout est dans tout (et réciproquement) et que le problème est bien de réduire le nombre de fonctionnaires (si c'était encore à prouver...)

En vrac, on lit :

Xavier Darcos affirme la nécessité de travailler de façon plus prospective sur les missions de l’école, le fonctionnement, les contenus, l’offre éducative, l’ambition scolaire de la nation, en souhaitant atteindre un consensus large en terme au moins d’objectifs. A partir de discussions sur le métier d’enseignant, il s’agit bien dans son esprit d’éviter un traitement morcelé des questions éducatives. Il réaffirme aussi s’inscrire pleinement dans la politique gouvernementale et sa « réflexion sur la fonction publique » : le remplacement au budget 2008 de la moitié de 75 000 fonctionnaires partant à la retraite concerne l’éducation nationale même si ce c’est pas automatiquement à hauteur des 50 % qu’elle représente. Même si le ministre n’a pas évoqué explicitement les audits collège et lycée, on comprend en creux que les sources d’économies se feraient par réduction des horaires élèves. Ainsi X. Darcos revient sur la lourdeur des horaires élèves en 2nde, la nécessité de mieux rééquilibrer dans la journée enseignement des disciplines générales (le matin), artistiques et sportives (l’après-midi). Il revient aussi sur une présence des élèves dans l’établissement de 16h à 18h pour de l’aide aux devoirs ou la pratique d’activités culturelles ou sportives.
[Sur l'abolition de la carte scolaire] Les établissements qui perdront des élèves auront leurs moyens maintenus mais s’il le faut, des fermetures d’établissement pourront être envisagées à terme.

*Enfin, encore une fois pour bien rire, ce billet de SOS éducation, force progressiste qui tire tout azimut désormais, un truc à donner le vertige politique.

Darcos-Sarkozy : la grande gabegie continue

Prosternés devant le SNES, Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos ont  décidé de recommencer à payer aux professeurs de sport qui n'assurent aucun service dans l'association sportive de leur établissement les trois heures de cours qu'ils n'effectuent pas. Et ce, une nouvelle fois, sans obtenir la moindre contrepartie de la part des syndicats. (...) Le ministre de l'éducation sortant, Gilles de Robien, s'étant aperçu que beaucoup de professeurs de sports touchaient ce forfait sans participer à aucune association sportive, avait voulu mettre fin à cette injustice, et ne payer leurs heures qu'aux professeurs effectuant réellement ces trois heures de cours. Mais cette réforme évidente a été annulée par la "courageuse" nouvelle équipe au pouvoir


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Bac 1966

Un extrait d'archives télévisées étonnant ce soir. Le Bac comme si vous y étiez, mais en 1966. Ceux qui s'en souviennent peuvent nous écrire. C'est sur le site de l'INA. Et dire que la télévision a su faire des reportages comme celui-là !

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Nouveau coup dur

* Bivalence, conseil pédagogique, TZR, remplacement des professeurs absents, ... comme si cela ne suffisait pas. Voici aujourd'hui une terrible nouvelle :

Le catalogue de la Camif passe sous le contrôle d'un fonds d'investissement
C'est dans Le Monde


* Pour vous consoler : vous vous souvenez de la belle Manif de droite de 2003 (pour la revoir allez voir ici) ? Une nouvelle manif du même genre a eu lieu le 12 juin à Paris. Désormais un site est consacré à ce nouveau genre de manifestation. On y trouve tout plein de beaux slogans.

C'est là

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Al1jup

Un peu de pub à BravePatrie.com qui lance une pétition d'intérêt national pour un grand échevelé :



C'est là.

Et n'oubliez pas, toujours d'actualité le groupe
LIBERAL D
Son site, son tube : Libérez Juppé

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Demandez le programme

Selon un communiqué de SUD-Education, voici les principaux points sur lesquels devront porter les négociations sur les statuts des enseignants qui commencent lundi 19.

"Affichant la volonté de poursuivre la politique libérale en vigueur depuis plusieurs années en livrant le secteur scolaire au marché et à la concurrence, M. DARCOS passe à l’offensive et annonce la transformation en profondeur du métier (sur la base des audits réalisées sur les lycées et collèges) :
 
 Suppression de la totalité des décharges des enseignants.
 
 Annualisation du service pour que le temps horaire dû soit effectivement assuré avec un allongement de la durée de l’année scolaire (de 32 à 36 semaines effectives).
  
Réduction de 20% des heures de cours.
  
Suppression des dédoublements partout sauf en langues, sciences expérimentales et enseignements technologiques.
  
Augmentation des heures supplémentaires via les études dirigées, le soutien scolaire, le remplacement de courte durée.
 
 Prime au mérite au vu du résultat de nos élèves ! "
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"Tout est négociable"

*C'est sans doute cela le plus important de la dépêche del'AFP qui rapporte l'abrogation des décrêts Robien. En voici des extraits, mais la dedans quid de la polyvalence ? Rien. A vérifier donc (voir plus bas). De plus tout va donc être négocié.
Par qui ? comment ? Pour quoi ?
AFP :

"Abrogation totale" des décrets Robien sur le travail des enseignants


Le président Nicolas Sarkozy a annoncé lundi l'"abrogation totale des décrets Robien" sur le métier d'enseignant, aux syndicats qu'il recevait en table ronde et qui se sont dits "satisfaits" puisqu'ils faisaient de la disparition de ces décrets un "préalable" à toute discussion.

"
Nous sommes satisfaits car les décrets ont empoisonné la vie des enseignants", a déclaré Patrick Gonthier, secrétaire général de l'Unsa-Education dans la cour de l'Elysée.
"
On a été entendu, c'est positif", a commenté Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première fédération de l'Education.
Le porte-parole de l'Elysée David Martinon a confirmé l'abrogation de ces décrets. "Le président de la République a confié à Xavier Darcos le soin de
mener des débats de longue haleine sur le métier enseignant", a-t-il ajouté.
Annoncés pendant la campagne, ces débats doivent
s'ouvrir en juin et se poursuivre toute l'année prochaine. "L'abrogation des décrets était un préalable à la négociation sur le travail enseignant", a rappelé M. Gonthier.
En revanche, les 3.058 postes supprimés par le biais des décrets ne seront pas restaurés: les heures équivalentes seront compensées en heures supplémentaires.
"On nous a rappelé les +contraintes budgétaires+, la promesse de +remplacement d'un fonctionnaire sur deux+ et le fait qu'il n'est pas possible d'améliorer la fonction enseignante" sans limiter le nombre d'enseignants, a regretté Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT.
"Sur le travail enseignant, M. Sarkozy a dit que tout était négociable", a assuré Bernard Kuntz, président du Snalc-CSEN.
M. Sarkozy a par ailleurs garanti aux syndicats le renouvellement de 34.400 emplois vie scolaire sur 42.400. Ils seront en revanche
divisés de moitié dans les lycées, où ils assurent notamment des tâches de surveillance (16.000).
"
Le président a confirmé la suspension de l'apprentissage à 14 ans", a ajouté M. Martinon.

*
Bivalence toujours d'actualité. Voici des propos de DarKos paru le 11/06 dans Le Point, journal progressiste. C'était le jour même ou N.S. (Notre Sainteté) recevait N S (nos syndicats).

Déjà, les syndicats réclament que soit enterré l'autre volet du décret Robien : la possibilité pour un professeur volontaire d'être bivalent, c'est-à-dire capable d'enseigner deux matières. Or, sur ce sujet, Darcos est droit dans ses bottes : « Même si le décret est abrogé, nous retrouverons la bivalence dans la grande discussion qui doit avoir lieu sur le métier d'enseignant » , a-t-il affirmé.

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35 h, 35 h, ouais ! ouais !

Ca c'est sûr, on y va.
C'est ce que l'on déduit de la déclaration de Fillon (AFP).

François Fillon a estimé jeudi que la promesse électorale de Nicolas Sarkozy d'accueillir les élèves en études dirigées après les cours allait permettre aux enseignants de "travailler plus" et de "gagner plus".
"Nous allons accueillir les enfants en études dirigées après les cours,
pour qu'il n'y ait plus d'orphelin de 16H00"[orphelin ? où gosses à garder ?], a déclaré le Premier ministre lors d'un meeting UMP pour les élections législatives à Béziers (Hérault).
La mise en oeuvre de cette mesure "représentera pour les enseignants une
opportunité de travailler plus et donc de gagner plus", a-t-il lancé [l'opportunité pourrait être aussi de revaloriser le salaire, qui a perdu 20 % depuis 1981].
Elle leur permettra "d'accomplir jusqu'au bout
leur vocation de service public, de relever le défi que la tradition des hussards noirs de la République leur lance dans le monde d'aujourd'hui", a-t-il ajouté [on reprépare 14 ? ].
"Les modalités de ce dispositif devront naturellement
être arrêtées de manière souple, dans le cadre d'un dialogue au sein de l'établissement et en liaison avec les collectivités territoriales qui contribuent, elles aussi, à l'accompagnement éducatif", a indiqué M. Fillon. [Notez la porte ouverte : si le chef d'établissement est un nul qui est incapable d'imposer la contrainte à ses troupes, les conseils généraux et régionaux paieront, bien fait pour eux, z'ont qu'a pas être socialistes. Mais au fait, les conseils généraux, ils ne le sont pas tous ! ]

Il y a des chances que lundi, lors de la rencontre entre les syndicats et le Président de la République, il y ait négociation : on retire le décret de Robien (que sur les heures de première chaire), contre l'obligation de travailler plus pour gagner plus (bien sûr, cela va de soi, enfin, on vous l'avait promis non ? ... Quoique, les hussards noirs sont entièrement dévolus à leur mission...).
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Bleu horizon

* Tout d'abord le dessin du jour de Viderg dont je vous recommande le site (Everland)






* A la lecture de cette dépêche de l'AFP
on croit rêver. Quelle sera l'exigence de résultats dans la filière lettres classiques par exemple ? On peut s'inquiéter aussi pour l'histoire de l'art, l'éthnologie...
Mais surtout le
"pas de dogme" est fort, très fort, encore une fois.

Fillon: les universités auront "une exigence de résultats"


François Fillon a déclaré lundi à Lyon qu'avec la réforme sur l'autonomie des universités, qui doit être votée à l'été, les universités auraient "une exigence de résultats" et "un objectif d'excellence".
"Notre objectif est de permettre à chaque université de trouver son chemin, adapté à son histoire, à son organisation, à sa politique scientifique car rien ne serait pire que d'imposer une règle uniforme à tous les établissements", a déclaré le Premier ministre, venu à Lyon soutenir les candidats UMP aux législatives dans la région Rhône-Alpes.
"
Il n'y aura pas de dogme, pas de règle imposée d'en haut. En revanche il y aura une exigence de résultats, et un objectif d'excellence auquel chaque établissement sera tenu", a-t-il souligné.
M. Fillon a rappelé que, parmi les mesures votées à l'été, il y aurait "la défiscalisation du travail étudiant". AFP


L'exigence de résultats ne serait-elle pas, par hasard, une règle imposée d'en haut ? Bref, il est interdit d'interdire...

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Inspecteurs et chevaliers blancs

* Comment les prendre au sérieux ces gens là (les inspecteurs) ? On va les plaindre. Fallait pas devenir inspecteur.
Bref ils sont vexés comme des poux, peut-être parce qu'ils viennent de comprendre qu'ils ne sont pas si utiles que cela et qu'ils ne sont surtout que
des gardes-chiourmes. Il faut leur rappeller qu'ils sont aussi des fonctionnaires comme ils savent si bien le dire à ceux qu'ils inspectent ...

Les inspecteurs s'inquiètent des intentions de Darcos


"S’il s’agit de donner aux chefs d’établissement un rôle d’inspecteur qui n’est pas le leur, on fait fausse route de manière dramatique : ils ne peuvent, par fonction, être seuls juges et parties, dans une communauté scolaire qu’ils doivent animer en toute sérénité pour obtenir l’adhésion et la cohésion de tous les enseignants. Et ce faisant, réduire le champ d’intervention des inspecteurs aux seuls cas de manquements graves et aux récompenses honorifiques (ou sonnantes et trébuchantes) des « meilleurs », consisterait
à dénaturer profondément leur professionnalité pour n’en faire que des censeurs stériles, des gardiens obtus du nouveau dogme d’État : ne réussissent et ne sont récompensés que ceux qui composent la minorité de l’élite, la masse stagne dans son marais, et les « derniers » de la classe sont punis". Le commentaire du Snpi-Fsu, syndicat des inspecteurs Fsu, est sévère. [moi : Ah bon ce n'est pas ce qu'ils sont déjà ? ]

Les inspecteurs ne digèrent pas les propositions de Xavier Darcos : évaluer les enseignants selon leurs résultats et confier cette évaluation aux chefs d'établissement. Pour eux, "la valeur d’un enseignant est en fait toujours relative à un contexte nourri de l’histoire de sa carrière (son âge, sa formation, son expérience professionnelle), de celle de l’établissement, de celle de chaque élève composant la mosaïque humaine d’une classe que seule l’année de naissance a initialement composée ; un contexte conditionné aussi par le profil cognitif de chaque élève et par le travail en équipe pédagogique, engagé dans l'établissement. Oublier cela reviendrait à ne valoriser par l’argent que les seuls enseignants ayant face à eux de « bons » élèves, dans de « bons » établissements (comme par hasard, situés dans de « beaux » quartiers), et à stigmatiser les enseignants qui consacrent leur carrière aux élèves en grande difficulté d’apprentissage (issus ou situés, comme par hasard, dans les espaces socio-économiques modestes, ou marqués par le handicap mental). Ce serait aussi mépriser l’investissement intellectuel et humaniste des enseignants qui s’efforcent d’améliorer leurs pratiques pédagogiques pour prendre en compte la réalité cognitive ou culturelle de leurs élèves afin de n’en laisser aucun sur le bord du chemin. Ce serait donc faire fi de la pédagogie, voire de la didactique, c’est-à-dire de ce qui fait le cœur du professionnalisme enseignant". [
moi : c'est beau le discours d'un inspecteur non ? ]

Rectificcatif/ précision (mise à jour du 8/06) :
Selon un postulat lancé par Robert Ballion, sociologue de l'éducation, et rapporté par mon chef d'établissement, l'efficacité d'un corps dans l'administration ne peut être apprécié qu'en négatif, par la pertubation qu'entraîne sa disparition. Il y a quelques années, ce fut le cas du corps des inspecteurs dans l'académie de Toulouse (disparus pour des raisons que je ne connais pas). La perturbation entraînée a été nulle.

A écouter en podcast, le nouvel hymne de l'inspection.

*
La bonne nouvelle du jour reste quand même que le privé devra attendre un peu pour empocher les millions :
Voici ce que nous apprend Libé :

La dernière rentrée scolaire à peine faite que la grogne avait monté, le plus souvent chez des élus de communes rurales : pas question de subventionner la scolarisation des enfants inscrits dans une école privée d'une autre commune, alors qu'il existe une école publique sur place. Hier, le Conseil d'Etat a annulé la circulaire, elle-même issue d'une loi sur la décentralisation du 13 août 2004, qui imposait cette obligation.

[Mais] Tout comme le ministère de l'Education, ses responsables soulignaient toutefois, hier, que la circulaire avait été annulée pour un motif «de pure forme» , et que la loi devait donc continuer à s'appliquer.

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Blogothèque

Aujourd'hui un petit tour de la blogosphère comme on dit pour vous instruire un peu des meilleurs blogs du moment.

Aujourd'hui
des blogs de profs (après la mort de celui de Le Prof, blâmé du jour) :

Pour rester en prise avec le terrain :

Le premier (et le
meilleur, même s'il est récent) livre son quotidien en ZEP, et c'est pas marrant :

http://myownblog.canalblog.com/

Charly, lui a plus d'humour, même si dès fois on s'en fou un peu :

http://charlyleprof.canalblog.com/

Tout plein d'études de cas très instructives de la situation en ZEP dans celui-ci :

http://profenzep.over-blog.com/

Les plus célèbres des profs (ils sont deux) sont sur un blog de Libé :

http://profseteleves.blogs.liberation.fr/silnyavaitqueleseleves/
(je vous conseille les commentaires, une mine pour connaître la réaction de l'anti -prof de base)

Un CPE a aussi parfois de bonnes choses à dire sur son métier :

http://nissac.blogspot.com/

L'inégalable Sophie, dessine son quotidien éducatif depuis le nord de la France, avec un vrai talent :

http://lestoujoursouvrables.over-blog.com/


Voilà pour ce soir...
N'hésitez pas à faire connaitre vos lectures préférées dans les commentaires.

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Sarkolkhoze toujours

Comment faire passer une bonne crasse sous couvert d'avancée horaire ?
Cette fois c'est en
EPS qu'on a une bonne illustration.
En effet,
ces pauvres profs obligés de faire encore 20h de présence face aux élèves, vont enfin pouvoir profiter pleinement de leur intégration à l'éduc. Nat! Ils vont être contents nos profs de sport, heu non, de galipette, euh non, de référentiel bondissant! Et oui ils ne feront plus que 18h, comme tous les autres collègues, et pour qu'ils soient encore plus satisfaits, et bien l'AS leur sera payée en heures sup! Travailler moins mais plus, pour gagner plus, mais c'est pas sûr...

Quel cadeau!

Quoi ? ils ont supprimé 60% des postes au CAPEPS?...Ah mais c'est pour ça alors, il leur manque des profs... Donc on leur ajoute une heure de cours, et le tour est joué. Moi qui croyais que c'était pour une plus grande justice!
Quoi ? Qu'adviendra-t-il lorsqu'un chef d'établissement décomplexé par l'autonomie grandissante décidera de supprimer l'A. S. ? Economies, économies...

Merci Luc.

Pour avoir la teneur du rapport de l'IG EPS fourni par un ingénieux formateur voir le pdf ci dessous.

CR_rapport_IG_EPS



 

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