CLAIR-obscur

Nouvel article dans Du fond de la trompe :
L'école : terrain de racolage des ultralibéraux

* Dernière trouvaille : des profs sans poste sur des postes d’aides-éducateurs.

Mammouth déchainé - On arrête pas le progrès de la flexibilité en marche.
De plusieurs établissements nous vient cette trouvaille géniale de l’administration, alors que se font des derniers ajustements pour la rentrée 2010.

Face à la pléthore de profs de matières techniques sans postes (cf les dernières réductions horaires des matières ex-STI pour la seconde) et avec la volonté de faire des économies, l’administration a l’astucieuse idée de les affecter sur des postes d’aides-éducateurs. Et ça tombe bien, comme par hasard, ceux-ci connaissent un amaigrissement certain.

Belle opportunité en tout cas ! Il sera difficile pour les enseignants en question de refuser la demande d’un proviseur qui voudrait leur faire surveiller un devoir, leur faire faire de l’aide personnalisée, voire remplacer au pied levé un enseignant. Chers payés ? sans doute, mais comme ils sont payés de toute façon... Et les économies sont à prendre sur les postes d’Aides éduc qui eux sont bien supprimés, petit à petit.

Auront-ils la possibilité de refuser le poste ? Une fois, deux fois, ... n’y-a-t-il pas une réforme récente de la fonction publique qui pourrait alors entrer en application ?


* C’est CLAIR : nouveaux types de postes, sur projet d’établissement. Toujours plus fort.


CLAIR : Collège et lycée pour l'ambition, l'innovation et la réussite
L’innovation majeure du programme Clair consiste à autoriser le recrutement sur profil des enseignants afin de stabiliser les équipes pédagogiques dans les établissements les plus difficiles, où sont souvent affectés par défaut des enseignants débutants. « Il faut que quand un professeur vient dans un établissement, il y vienne parce qu’il partage son projet et qu’il s’engage sur cinq ans, a dit, vendredi 25 juin 2010, Luc Chatel. On veut des enseignants supermotivés et qui seront récompensés pour ça. » A la clef « une formation préalable avant que l’enseignant soit muté dans l’établissement » et « une rémunération et des évolutions de carrière tenant compte des choix réalisés par les enseignants », a promis le ministre de l’éducation


Mammouth déchaîné -
Dans certaines académies, fleurissent de nouveaux postes fixes mais provisoires. J’explique :
Certains collègues viennent de se voir nommés sur des postes spcifiques à l’issu du mouvement postes qui sont liés au projet d’établissement.

Ces postes sont de durée limitée : 4 ans, renouvelable ou non ensuite en fonction justement de l'évolution du projet d'établissement. Si le projet change et n'induit plus de besoin spécifique sur ce poste, le poste disparaîtra. L’enseignant affecté repasserait au mouvement "normal". Il disposerait alors d'une bonification pour retrouver un poste, mais moins importante que dans le cas d'une mesure de carte scolaire.

Dans l'académie de Versailles, ce type de poste vient d'être créé dans le cadre du dispositif expérimental lancé par le ministère et appelé postes CLAIR dans le but officiel de stabiliser les équipes enseignantes.
Ces postes ne passent plus au mouvement et sont réservés à des enseignants (titulaires ou non)
proposés par le chef d'établissement.

Ca promet un sacré copinage, ou mieux de nouvelles formes d’inféodation.


* Chatel se prend (encore) pour un fonctionnaire (et refuse de baisser son salaire)

Faut lui dire qu’il n’est pas fonctionnaire et qu’il risque d’être virer au prochain remaniement ministériel...

AFP - Chatel ne voit "pas pourquoi" les ministres devraient baisser leur salaire

Luc Chatel, porte-parole du gou­ver­ne­ment, a affirmé mardi sur Europe 1 que les annonces de Nicolas Sarkozy sur le train de vie de l'Etat n'étaient "pas des mesures gad­get" et qu'il ne voyait "pas pour­quoi" les ministres devraient voir bais­ser leur salaire.
"Réduire le train de vie de l'Etat de 7 mil­liards d'euros comme nous l'avons fait depuis 2007, je n'ai pas le sen­ti­ment que ce soit une mesure gad­get", a-t-il argué, esti­mant que "depuis 2002, il y a eu la volonté des gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs d'aller vers une trans­pa­rence et une exem­pla­rité des membres du gouvernement". (...)

Quant à une éven­tuelle baisse du salaire des ministres, "
c'est dif­fé­rent", a fait valoir le porte-parole, "la France ne s'est pas engagé dans une poli­tique défla­tion­niste où on va deman­der à tous les fonc­tion­naires de réduire leur salaire. Il n'en est pas question".
Aussi, "à par­tir du moment où il n'y a pas de réduc­tion des salaires des fonc­tion­naires, des agents publics et autres, je ne vois pas pour­quoi
les chefs des admi­nis­tra­tions qui sont les ministres, les res­pon­sables poli­tiques qui sont à des niveaux de rému­né­ra­tion équi­va­lents aux plus hauts res­pon­sables de l'administration, seraient ame­nés à réduire leur salaire", a-t-il dit.

Il pourra d’autant mieux supprimer les réseaux d’aide...


*
Les subventions accordées à la FCPE ont été divisées par 2 depuis 2007.

Source
Explication du ministère publiée au JO le 22/06/2010:
"L'aide apportée par le ministère de l'éducation nationale aux associations s'inscrit dans une logique de financement sur projets. De ce fait, les associations sont invitées à orienter résolument leurs actions dans le champ des priorités définies par le ministère."

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Poésie et sale air

* Un poète a disparu à l'Educ Nat, un autre est né à l'Elysée !

On se souvient que Xavier Darcos, encore ministre de l'Education Nationale, avait ainsi usé de la métaphore pour évoquer son irrésistible ascension vers le firmament étoilé de la politique (on l’avait dit là):

« Une lettre de mission, c'est  une  rampe  de lancement que vous donne un président. Sur cette rampe,  une  fusée  ne  s'arrête pas en cours de route parce qu'elle a décollé. Il faut continuer. » Libération, 23/1/2009.

Eh bien nous pouvons maintenant mesurer combien la fusée darcosienne, avant de retomber, avait marqué l'esprit du Président qui, manifestement inspiré lui aussi par la Muse, aurait déclaré à Luc Chatel avec une élégance toute imagée:

« Je te mets une fusée au cul qui va faire décoller ta carrière. »
Canard Enchaîné du 23/06/2010


*Perte de salaire. Ca vient, si on change pas de nain.

Outre le fait que les cotisations retraite vont passer de 7 à 10 % pour les fonctionnaires, et faire perdre ainsi l’équivalent d’un jour de salaire par mois, soit 12 jours par an (on compte bien au Mammouth !!), la menace de ne pas augmenter le point d’indice au 1er juillet, contrairement à ce qui était prévu, laisse supposer une perte encore plus importante de pouvoir d’achat.


Le Monde nous apprend "que le gel des salaires est la perspective la plus vraisemblable pour 2011, 2012 et 2013". Ce scénario "représenterait 8 % de perte de pouvoir d'achat", a affirmé la CGT, dans un communiqué, calcul effectué sur la base des prévisions d'inflation utilisées pour la programmation triennale des lois de finances.


* Privatisation de la formation. C’était le but.

Voici la pub de l'enseignement Catholique pour ses Masters de l'enseignement, etc, etc (voir ci-dessous, ou le pdf qui est là :MEF Catho ). Il est très intéressant de se rendre sur l'adresse indiquée par cette publicité : www.devenir-enseignant.org. Dans la rubrique 7 Masters spécifiques on peut lire que ces masters cathos visent à former les futurs enseignants du privé mais aussi du secteur public.

Oui, parce que ces masters sont des diplômes d'Etat (ah 1905, c'est loin !).



* Fonctionnaires qui fonctionnent.

Ces instituts privés (voir ci-dessus) auront-ils la fibre pour faire passer les vraies valeurs de la fonction publique ?
N’en doutons pas, car voici clairement énoncées sur les site de certains
ex IUFM, les dix points retenus pour évaluer les futurs enseignants.

"1.     agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ;

2.      maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer ;

3.      maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale ;

4.      concevoir et mettre en œuvre son enseignement ;

5.      organiser le travail de la classe ;

6.      prendre en compte la diversité des élèves ;

7.      évaluer les élèves ;

8.      maîtriser les technologies de l’information et de la communication ;

9.      travailler en équipe et coopérer avec les parents et les partenaires de l’école ;

10.  se former et innover. "


* Un site à la loi.


En ces temps agités, si vous vous interrogez sur les obligations qui vous incombent et les limites qu'assigne la loi à la liberté d'agir contre la politique actuelle du gouvernement, vous devez consulter régulièrement ce site : « 
Loi Education Nationale ».

Les enseignants sont-ils tenus au devoir de réserve? Ont-ils le droit de critiquer le ministre lors d'un conseil d'école ? Quelles informations peuvent-ils divulguer ou pas? Etc.

 

Ce site s'adresse à tous ceux qui sont curieux de connaître la réalité des droits et des devoirs qui s'appliquent aux fonctionnaires de l'Éducation Nationale. Vous y découvrirez les écarts impressionnants entre la loi et les rumeurs ordinaires


* Notre ami Jean-Robert, à la com’

AFP - Jean-Robert Pitte, pro­fes­seur d’université et ancien pré­sident de l’université Paris-4 Sorbonne (on en avait déjà parlé là), a été nommé mer­credi en conseil des ministre ”délé­gué à l’information et à l’orientation”, sur pro­po­si­tion des ministres Luc Chatel (Education) et Valérie Pécresse (Enseignement supérieur).
M. Pitte, 60 ans, a été pré­sident de Paris-4 Sorbonne de 2003 à 2008.
Agrégé de géo­gra­phie, spé­cia­liste du pay­sage et de la gas­tro­no­mie, il avait été élu en mars 2008 membre de l’Académie des sciences morales et poli­tiques, dans la sec­tion his­toire et géographie.

M. Pitte est connu pour des prises de posi­tion franches contre les occu­pa­tions et blo­cages des facultés et pour la sélec­tion des étudiants à l’entrée à l’université, notam­ment dans l’ouvrage ”Jeunes, on vous ment! Reconstruire l’université” (2006).
Il a été can­di­dat en 2010 aux élec­tions régio­nales en Ile-de-France sur la liste UMP de Valérie Pécresse.


Il suc­cède à Bernard Saint-Girons, qui était depuis 2008 ”délé­gué inter­mi­nis­té­riel à l’orientation”, poste créé en sep­tembre 2006.

Il n’y aurait pas une espèce de communautarisme dans tout cela ?


* Victoires à la con. C’est reparti.

Saison II, des victoires de la modernisation de l’Etat.

Pour info, l’année dernière, la victoire était allée à un service décentralisé (Pôle Emploi) de l'Etat, à Tours, qui avait mis en place une opération "pour courir après l'emploi": des chômeurs ( des vrais, qui en veulent..)  ont été entrainés avec coach pour courir les 30 kms de Tours. Journalistes et parieurs les suivaient "en temps réel" tout le long du parcours en partenariat avec des employeurs "attentifs" qui surveillaient la performance...

 on achève bien les chevaux...

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Pression, répression, dépression

* Répression syndicale : un nouveau cas, pire que REDON et les autres...



Christian Marion, PLP à Albi (l'an dernier) puis à Toulouse (cette année) et militant syndical (déchargé cette année en Haute-Garonne), est convoqué devant un conseil de discipline, au rectorat de Toulouse, le jeudi 8 juillet après-midi.

Si la procédure va à son terme et la demande de l'administration suivie, le motif invoqué - "insuffisance professionnelle" - se soldera par le licenciement  automatique de Christian  (il n'y a pas en la matière d'échelle des sanctions, comme dans le cas des fautes professionnelles).

Peine lourde qui aboutit à le priver immédiatement de son emploi et de son traitement, mais aussi d'indemnisation (Christian a 61 ans et, en conséquence, étant retraitable, n'a plus droit à l'indemnisation légale en cas de licenciement pour insuffisance). De plus, n'ayant qu'onze années d'exercice dans la fonction publique (car ayant exercé antérieurement un emploi dans le commerce), il sera privé de tout droit à la retraite de fonctionnaire. Il a besoin d'exercer comme PLP jusqu'à 65 ans pour pouvoir en bénéficier. Il est donc dans une situation très grave.

D'autant plus inacceptable que Christian est victime d'un véritable acharnement d'une inspectrice qui veut sa peau (il y urgence, car elle part à la retraite) depuis des années - depuis qu'elle n'a pu empêcher sa titularisation -  et, conséquemment, du rectorat de Toulouse.

L'an dernier, déjà, il avait été convoqué pour le même motif mais, devant la défense juridique appuyée par des témoignages favorables de collègues et d'anciens élèves, l'administration avait dû jeter l'éponge au bout de deux heures.

A la rentrée dernière, Christian a même reçu une lettre l'informant de la clôture de la CAPA et l'arrêt de la procédure, mais laissant entrevoir une reprise possible (qui se vérifie aujourd'hui après une nouvelle inspection surprise de la même inspectrice).


*1 200 établissements scolaires construits sur d'anciens sites industriels potentiellement pollués



Mammouth déchainé - Le gouvernement a pris moult précautions avant de rendre publique, lundi 21 juin, une liste de quelque 1 200 établissements scolaires construits sur d'anciens sites industriels potentiellement pollués nous apprend Le Monde. CEtte liste semble trop sensible pour être mise en ligne.

Une circulaire du 4 mai 2010 (éducation nationale, santé et écologie,
elle est ici) fait justement le point de ce que doivent respecter les bâtiments accueillants les enfants en matière de pollution de sols. On y apprend qu’il n'est prévu d'informer les profs qu'en dernier lieu en même temps que les parents.




* Menaces sur les résultats du bac.

Le nouveau schéma directeur des infrastructures inquiète le syndicat national des personnels techniques de l'enseignement supérieur et de la recherche. Le plan de restructuration des services prévu devrait réduire par trois le nombre de centres de services infomatiques. Et donc impacter les quelque 2 000 informaticiens employés par le ministère de l'Education nationale. Une menace de grève compromettant la diffusion des résultats du bac a été agitée.



Le Ministère emploie environ 2 000 informaticiens. Un projet concernant le système d'information pourrait conduire à des réductions d'effectif.
Baptisé Schéma directeur des infrastructures (SDI), ce système porte sur la restructuration des services informatiques existant dans chaque rectorat. « Le projet ramènera de 30 à 10 le nombre de centres de services informatiques qui existent actuellement, évalue Daniel Juraszek, secrétaire académique du SNPTES. Nos revendications portent sur le retrait du schéma directeur des infrastructures, l'arrêt des restructurations de services, des redéploiements et des suppressions de postes, ainsi que sur le maintien de l'informatique de proximité. » Environ 2 000 informaticiens sont employés par le Ministère de l'Education nationale. Pour l'heure, l'administration est restée sourde aux demandes des représentants syndicaux. Ces derniers rappelleront donc leurs  revendications début juillet au conseiller social du ministre. En attendant, ils prévoient de déposer un préavis de grève pendant la période du baccalauréat, examen au cours desquels les informaticiens sont très sollicités.


* Forestier, rythmes scolaires et Opus Dei : OPA des cathos contre l’école (suite et pas fin)


On sait déjà que la fondation Saint-Matthieu destinée à faire supporter par les contribuables le financement des établissements privés sous contrat (investissements lourds, bâtiments, etc.) est co-présidée par C. Bébéar, qui, comme le note E. Khaldi, est un "ancien patron d’AXA, dont le catholicisme fervent, presque traditionaliste, le pousse, à accepter des invitations du centre Garmelle, tenu par l’Opus Dei".


Eh bien à cela, il faut ajouter que les cathos entendent désormais "piloter" aussi les réformes de l'Education Nationale"!
Et pour cela, ils ont de bons petits soldats (
source):

Un des co-présidents du comité de pilotage de la conférence nationale sur les "rythmes" scolaires, par exemple, est Christian Forestier, qui est aussi membre du Comité directeur de l’Institut Montaigne... institut justement dirigé par C. Bébéar...
Une fois encore, l'opus Dei n'est pas très loin! (
voir ici)


Est-ce pour cela que cette offensive tous azimuts semble coordonnée ?

C'est en tous cas ce que suggèrent le récent colloque tenu au sénat par A. Coffinier (proche des milieux traditionalistes) et sa fondation chargée de promouvoir l'enseignement privé hors contrat ou encore les prises de position des responsables de l'enseignement catholique sous contrat qui
présentent ainsi au ministre la liste de leurs attentes:
"organisation des réseaux d’établissements, allégement des programmes et des horaires pour les élèves, libérant ainsi des besoins en moyens d’enseignement plutôt que de fermer des structures scolaires, nouvelle gestion des classes et de leur regroupement possible pour certains enseignements, nouvelle gestion de la dotation globale horaire par les établissements."
(source)

Souhaitée tant par les responsables de l'enseignement catholique sous contrat que par les partisans de l'enseignement privé hors contrat, la déréglementation est en marche, et si les établissements publics ne sont pas encore à vendre, Luc Chatel envisage d'en fermer le plus possible...

au plus grand profit des établissements confessionnels!

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Bénédiction scolaire

* Nouvelle matière scolaire : l’hagiographie (ministerielle)

Objectif disciplinaire : mieux connaître les grands hommes.
Objectif civique : travailler au respect.
Objectif professionnel : préparer aux métiers du journalisme.

C’est incontestablement ce que l’on trouve dans Les échos. Luc Chatel, le bon élève de la classe Sarkozy

Chatel l’homme qui « mène les enseignants où il veut »


* Le ministère sort ses spécialistes de littérature pour faire le programme du bac : le secrétaire d’Etat aux anciens combattants


AFP -
Chatel : le débat sur "Mémoires de guerre" au bac "n'a pas lieu d'être"

PARIS, 15 juin 2010 (AFP) - 15/06/2010 10h40 - Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a estimé mardi que le débat à propos de l'inscription des "Mémoires de guerre" du général de Gaulle au programme du bac L (littéraire) n'avait "pas lieu d'être".
"Ce débat n'a pas lieu d'être", a déclaré le ministre, en marge d'une visite au collège Jean-Moulin à Paris (XIVe), où il
inaugurait, avec le secrétaire d'Etat aux anciens combattants Hubert Falco, un "kit pédagogique" pour enseignants et élèves sur l'Appel du 18 juin 1940.
"Je ne comprends pas cette polémique qui existe, assez minoritaire, je dois le dire. J'étais ravi d'entendre de grands auteurs membres de l'Académie française s'exprimer sur ce sujet, en disant que de Gaulle avait toute sa place dans le travail de nos élèves dans les disciplines littéraires", a-t-il affirmé.
"De Gaulle est un auteur qui est édité à La Pléiade, reconnu parmi les grands écrivains, il a marqué cette époque. Et donc ce débat n'a pas lieu d'être".
"Les +Mémoires de guerre+, c'est une véritable oeuvre littéraire", a renchéri M. Falco.


* Saint Matthieu, priez pour nous.

Une offensive sans précédent de l'enseignement catholique appuyée par le gouvernement
 par Eddy Khaldi
 
Sous la houlette de Luc Châtel, le ministère de l’Education nationale transforme l’éducation publique, en catimini. 60 000 postes d’enseignants supprimés en cinq ans n’auront pas suffit. Dans un document confidentiel, le ministère promet d’en sabrer de 15 000 à 17 000 supplémentaires en 2011.
 
Pas touche par contre à l’enseignement privé, qui au contraire, a l’heur de lui plaire. Ainsi, février 2010 a vu naître la très catholique fondation Saint-Matthieu. Son objet ? Réunir des fonds – un milliard d’euros d’investissements prévus sur les dix années à venir –  afin de financer la construction et la rénovation d’établissements privés catholiques.
 Ce n’est pas tout. Grâce à l’association sur laquelle elle a été fondée (l’Association d’Entraide des Etablissements d’enseignement privé d’Ile-de-France), Saint-Matthieu est
reconnue d’utilité publique. Une gageure, qui lui permet d’offrir à ses donateurs la possibilité de déduire de leurs impôts un pourcentage de la somme versée. Une gentille niche fiscale en quelques sortes, pour qui en manquerait.
 
Ces aides publiques font le bonheur de la fondation Saint-Matthieu, qui ne manque pourtant pas de “recettes”. Rêvée par le journal d’extrême droite Minute dans les années 1980, la fondation est co-présidée par Claude Bébéar, l’ancien patron d’AXA, dont le catholicisme fervent, presque traditionaliste, le pousse à accepter des invitations du centre Garmelle, tenu par l’Opus Dei.
Lire la suite ...


* Censure chez un éditeur.

Il est interdit de dire des choses méchantes sur un ancien ministre.

toute l’affaire ici. - Insolite, voire ahurissant ! La collection Perspectives comparatistes des éditions Classiques Garnier a escamoté l’un de ses titres un mois seulement après parution. L’ouvrage, qui figurait encore sur le site des éditions Garnier vendredi 28 mai 2010, n’apparaît plus que sur le site des « caches » de Google. En fait, après coup et publication, puis diffusion on ne peut plus restreinte, l’ouvrage de l’universitaire Anne Larue, Fiction, féminisme et postmodernité a été estimé en substance « mal pensant » et nuisible à l’image de la collection !


Anne Larue estime que « un homme ambitieux, qui se verra promu au rang de ministre, Luc Ferry, publie en 1985, avec Alain Renaut, La Pensée 68, haineux réquisitoire contre les philosophes des seventies. Par la même occasion, il lance contre le mouvement de Mai un type d’attaque qui sera souvent repris par la suite : à lire cela, il apparaît que les révolutionnaires de Mai 68 étaient en réalité des conservateurs rétrogrades et antihumanistes, individualistes forcenés, purs produits de la société de consommation. Ce genre d’attaque paradoxale, tissée de contre-vérités flagrantes, fera florès. Ce n’est donc pas un hasard si Jean Clair attaque en 2003 les surréalistes pour les désigner comme totalitaristes, tandis que Michel Lacroix s’est acharné à montrer que le New Age, loin d’être, comme on le croit, le fruit d’une pensée hippie, était en réalité tissé de noirs desseins nazis. »

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Ministère du chou farci

* Luc Fait Rire.

George Tron irrité d'être relégué au "chou farci" par Luc Ferry


AFP -PARIS — "Les enseignants apprécieront", a réagi jeudi George Tron aux propos de l'ex-ministre de l'Education nationale, Luc Ferry, selon qui le secrétaire d'Etat à la Fonction publique est relégué au "chou farci".

"Il n'est pas avéré que l'entrée de George Tron dans un secrétariat d'Etat au chou farci suffise tout à fait à renverser la vapeur", écrit M. Ferry à propos du gouvernement, dans une chronique publiée jeudi par le journal Le Figaro.


"J'ai évidemment apprécié la hauteur intellectuelle des propos de M. Ferry sur la fonction publique", a rétorqué le secrétaire d'Etat, dans une déclaration à l'AFP.
"
Je suis certain que le million d'enseignants dont il a eu la charge apprécieront pour savoir s'ils sont le chou ou la farce dans l'esprit de leur ancien ministre", a ajouté M. Tron.

Si Luc nous lit, qu’il envoie son CV au Mammouth, on recherche des « collaborateurs ».


* Les caves se rebiffent :

De source syndicale.
Les inspecteurs et les personnels de direction ne seront pas les fossoyeurs de l’Éducation nationale
Les inspecteurs et personnels de direction, comme tous les enseignants, savent que ces mesures vont renforcer les inégalités et toucher prioritairement les élèves les plus fragiles, les secteurs où les services publics font déjà défaut. Ces propositions auront des conséquences désastreuses pour la réussite scolaire de tous les élèves.

Le ministère attend de la part des personnels d'encadrement la plus grande « loyauté » (synonyme ici d'allégeance).

Il est nécessaire que chaque inspecteur, chaque personnel de direction, refuse les mensonges et les manipulations ainsi que le soutien à une politique de démantèlement de la Fonction publique aux conséquences désastreuses pour l'ensemble de la population.
Le système éducatif, déjà ébranlé par les mesures précédentes, n'a jamais été aussi gravement menacé.
Les inspecteurs et les personnels de direction ne seront pas les fossoyeurs de l'Éducation nationale
Trop tard les gars...

Mais Chatel de répliquer « Dialogue de gestion »:
"Luc CHATEL a inauguré une nouvelle méthode de gestion qui part de la réalité du terrain, qui garantit une meilleure répartition des moyens, dans l’intérêt premier des élèves. Il s’agit d’instaurer un véritable dialogue de gestion avec les recteurs d’académie."


* Le salaire (de la peur) de Chatel (l’homme à la tête du chou ?)

Après l’affaire Boutin, pourquoi pas évoquer les émoluments de M. Luc Chatel. On en parlait déjà il y a un certain temp dans ces colonnes... Rappel donc.

Mammouth Déchaîné - Après les révélations du Canard Enchaîné et l'indignation populaire qu'elles ont suscitées, cri du cœur de certains ministres de la majorité présidentielle, soudainement émus par les difficultés sociales rencontrées par une part croissante de la population : ainsi, selon Woerth, Boutin doit cesser au plus vite de cumuler sa retraite de parlementaire et ses rémunérations de chargée de mission, car bien que légal, ce cumul est indécent en temps de crise (c’était là)

En revanche, il n'est toujours pas question de demander aux ministres comme Luc Chatel de cesser de cumuler leurs salaires (un peu plus de 14000 Euros par mois) avec les indemnités qu'ils perçoivent pour leurs mandats locaux. Et il ne faut y voir aucun rapport si Chatel ne trouve rien à redire aux émoluments de Boutin et les justifie même...


Luc Chatel qui, depuis les dernières élections régionales, n'est plus conseiller dans l'assemblée de Champagne-Ardennes mais conserve néanmoins son mandat de maire de Chaumont, va donc pouvoir continuer à arrondir un peu ses fins de mois, son traitement de ministre n'étant que de 14.000 euros mensuels.


* Choux gras : retour du chèque éducation
(qui n’a rien à voir avec le Chérèque éducation, qui lui est une espèce de limace)

Encore une expérimentation qui ne va pas tarder à faire des petits (et pas dans les choux).

Laffranchi de Chaumont - 20 - 20 = 10 ! Les subtilités du chèque-sport
En attendant le chèque éducation, Chatel joue déjà dans sa ville avec le "chèque sport"dont le principe est schématiquement le suivant: au lieu de subventionner directement les clubs sportifs comme par le passé, les municipalités confient des chèques-sports à leurs administrés.

Nul doute que l'idée devrait avoir un certain succès ailleurs avec l'expérience des après-midi sportifs dans les écoles... On pourra ainsi habituer les parents d'élèves au système du chèque sport (à bon marché pour l'Etat puisque ce sont les collectivités locales qui paieront) avant de passer un peu plus tard au chèque éducation...

(Et pour le sport, les petites communes n'auront pas à se poser des problèmes de conscience comme pour la loi Carle... Elles auront cependant à subir les pressions des villes plus importantes...en attendant de toutes façons de ne plus avoir leur mot à dire quand ce seront les communautés de communes qui les remplaceront...).


Comme quoi Chatel était assez faux cul lorsqu'il déclarait à la chambre que le chèque éducation n'était pas conforme à la conception française de la liberté d’enseignement...(Pas conforme, cela ne veut pas dire qu'on n'y songe pas!...)


* Masterisation : retour sur le recours.


Petites explication pour comprendre les recours lancés devant le conseil d’Etat par SUD educ, Sauvons l’Université. Il ne s’agit pas uniquement de bloquer le système ou d’une manoeuvre désespérer. les recours portent sur le fond de la réforme.

Ils soulignent d'abord que contrairement à ce qui a souvent été dit, la mise en oeuvre de la mastérisation s'est faite en partie en dehors de tout cadre légal. Il a fallu attendre le mois de mai pour voir les dispositions concernant les concours être publiées. Ils insistent ensuite sur deux éléments fondamentaux bafoués par la réforme : l'égale admissibilité aux emplois publics et la continuité du service public de l'éducation. En effet, chaque rectorat organise aujourd'hui comme bon lui semble la formation des fonctionnaires stagiaires, quand ce n'est pas chaque inspecteur d'académie pour les professeurs des écoles. Si les lauréats 2010 des différents CAPES affectés en Aquitaine enseigneront 15 heures toute l'année et 3 heures de formation, d'autres auront un temps complet, soit 18 heures, dans la majorité des académies et des temps regroupés de formation. Avec de fortes interrogations sur la capacité à assurer leur remplacement, donc la continuité du service public.

Plus grave encore,
la circulaire du 25 février 2010 entre en contradiction avec le Code de l'Éducation (L625-1), c'est-à-dire la loi sur l'école dite loi Fillon d'avril 2005: "La formation des maîtres est assurée par les instituts universitaires de formation des maîtres. Ces instituts accueillent à cette fin des étudiants préparant les concours d'accès aux corps des personnels enseignants et les stagiaires admis à ces concours. La formation dispensée dans les instituts universitaires de formation des maîtres répond à un cahier des charges fixé par arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de l'éducation nationale après avis du Haut Conseil de l'éducation. Elle fait alterner des périodes de formation théorique et des périodes de formation pratique".  Or, la circulaire confie cette responsabilité aux recteurs. Autrement dit, toutes les dispositions prises par les rectorats à ce sujet sont susceptibles de recours au tribunal administratif au motif qu'elles ne respectent pas la loi.


* Rappel au désordre :

Cette année, le concours de recrutement de l’enseignement secondaire comptera 81 postes en moins tandis que le nombre de postes ouverts au concours de recrutement de l’enseignement privé est multiplié par deux, passant de 569 à 1 200 postes.

C’est toute « l’ambition » du gouvernement pour l’école publique.

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Maternelles, Chatel, Darcos...

* Masterisation devant le Conseil d’Etat

Une action qui est désormais lancée :

Le 2 juin 2010, Sauvons l’Université ! a déposé, conjointement avec la FCPE et SUD-Education, 6 requêtes assorties de demandes de référé-suspension auprès du Conseil d’Etat contre certains textes de la réforme de recrutement des enseignants, et notamment :
1/ la circulaire du 25 février 2010 relative au dispositif d’accueil, d’accompagnement et de formation des enseignants stagiaires des premier et second degrés et des personnels d’éducation stagiaires ;
2/ Les arrêtés du 5 mai 2010, appuyés sur les décrets du 28 juillet 2009 et du 28 mai 2010 régissant les modalités d’organisation de différents concours de recrutement (PE, CAPES, CAPLP, CAPEPS, CPE).
La suite...

Pendant ce temps là les cathos qui préparent à tour de bras leurs maquettes de masterisation ne cachent pas leurs ambitions idéologiques : selon eux, les enseignants doivent être choisis «pour l'exactitude de la doctrine et la probité de leur vie» :

(
Le Télégramme)Enseignement fondé sur la foi «L’affirmation est désormais très nette», considère Denis Nicolier, du Sundep Bretagne. Il y voit une «volonté de l'Église de redonner une orientation catholique aux écoles privées». Denis Nicolier s'appuie, pour le démontrer, sur la circulaire du 5mai 2009 rédigée par deux prélats de la Curie romaine. Ils indiquent que l'enseignement et l'éducation doivent être fondés «sur les principes de la foi catholique et dispensés par des enseignants choisis pour l'exactitude de la doctrine et la probité de leur vie». Le syndical y voit une discrimination à l'embauche. Interrogé, le directeur diocésain du Finistère, Patrick Lamour, défend l'idée d'un enseignement «ouvert à tous» et dans «le respect des croyances de chacun. L'orientation catholique a toujours été affirmée. Mais la liberté de conscience de chacun est respectée. Il n'est pas exigé, demandé aux personnes d'avoir la foi chrétienne. En revanche, le projet éducatif s'appuie sur des valeurs et des références chrétiennes. »

Tout le monde maitrise bien la langue de bois.


* Maternelle : Darcos l’avait dit, Chatel va le faire.

Désormais, les enfants de moins de 3 ans ne sont plus pris en compte pour calculer le nombre de postes dans l'Éducation nationale. Les raisons sont budgétaires. Pourtant, le coût d'une scolarité en maternelle est de 5 000 € par enfant et par an, alors qu'il est près du double dans les jardins d'éveil ou les crèches (respectivement 7 500 € et 14 000 €). La différence, c'est qu'en jardins et en crèches, il y a davantage d'encadrants. De plus, ces structures ne sont plus uniquement financées par l'État. Les collectivités locales, les parents et les caisses d'allocations familiales doivent payer (source). Et surtout c’est qu’on peut le rendre payants...
Il n’est pas interdit non plus aux écoles maternelles hors contrat de ce maintenir...

Une petit rappel alors que l’on entend parler de la suppression totale de l’idée de maternelle avant trois ans : les paroles de Darcos au Sénat. Vous vous souvenez ? C’était déjà sur le Mammouth déchaîné :



Mais qu’on se rassure, les catho savent faire des économies, eux : bureaux de récup et couche lavables : c’est le crédo de l’association ultra libérale, La fondation pour l’Ecole (celle qui a fait un colloque au Sénat...). C’est là.


* Les maires ruraux de plus en plus inquiets par les projets de réforme de l’EN :


Source -« L’AMRF a pris connaissance avec effarement et consternation des intentions révélées dans le schéma de diminution des moyens d’encadrement en date du 5 mai 2010.
Si elles sont confirmées, ces pistes visant à la réduction du nombre de postes porteront un coup sans précédent aux écoles rurales.[...]
Au lendemain des assises des territoires ruraux et des conclusions du CIADT, l’Education nationale ne peut s’exonérer de ses obligations vis-à-vis des ZRR et plus largement des habitants des territoires ruraux.
Si les engagements n’étaient pas tenus, l’Education nationale perdrait toute crédibilité aux yeux des élus, entrainant avec elle l’Etat dans son discrédit."


* La Ligue catholique européenne du crucifix

Condamnée le 3 novembre 2009 par la justice européenne à cause de la présence de crucifix dans ses écoles publiques, l'Italie a réussi à trouver dix grands pays à forte population catho ou orthodoxe pour la soutenir dans son appel contre la décision des juges de Strasbourg. Ce sont l’Arménie, la Bulgarie, Chypre, la Grèce, la Lituanie, Malte, la principauté de Monaco, la République de Saint-Marin, la Roumanie et la Fédération russe.


* Dans la série
des après-midi consacrés à l’expression culturelle (et sportive) :

Aujourd’hui premières expérimentations françaises.
Pas mal, mais peut mieux faire. Doit persévérer dans l’effort (quoi que...).

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Profitation à la française

* Management participatif à tous les étages.

Ou comment faire prendre les décisions délicates aux lampistes ?

Châtel dans le texte :
« soit on agit de manière autoritaire, soit on fait confiance à la réalité du terrain et on part des besoins des élèves, des écoles, de la diversité de nos établissements scolaires. C’est cette dernière méthode que nous avons retenue (...) nous menons une politique volontariste et ambitieuse pour l’éducation nationale" (c’est là)


* Parce que je le vends bien.

Cela s’appelle un retour sur investissement dans le capital humain. En prime, invention d’un nouveau concept : la dynamique d’entreprise apprenante. Fou.

edubourse.com - Le Ministère de l’Education Nationale et L’Oréal signent un accord cadre pour la mise en œuvre de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)



Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale, Porte-parole du gouvernement, et Jean-Paul Agon, Directeur Général de L’Oréal, signeront, jeudi 3 juin au ministère, un accord cadre portant sur la mise en œuvre de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) au sein du Groupe L’Oréal en France.
Ce dispositif vise à favoriser l’accès des salariés à des qualifications reconnues par l’obtention de diplômes de l’Education Nationale.

Dans le cadre de l’accord conclu avec le Ministère de l’Education Nationale, et afin de faciliter la Validation des Acquis de l’Expérience, le Groupe L’Oréal propose à ses collaborateurs en France un accompagnement personnalisé dans le cadre d’un programme baptisé « Hévéa » . Ce projet a pour objectif de reconnaître les compétences des collaborateurs, de tenir compte de l’évolution des métiers et de répondre à un vrai besoin de développement personnel et professionnel.

« En mettant sur un pied d’égalité les acquis de la formation et ceux de l’expérience, la VAE constitue aujourd’hui un horizon stimulant pour de nombreux élèves qui plus tard, engagés dans la vie active, souhaiteront faire valider les acquis de leur expérience en vue de l'acquisition d'un diplôme », a déclaré Luc Chatel, Ministre de l’Education nationale, Porte-parole du gouvernement.

«
En signant cet accord, nous poursuivons notre engagement pour soutenir et encourager une dynamique d’entreprise apprenante. Aujourd’hui, le Groupe veut aller plus loin en valorisant l’expérience professionnelle ainsi que le développement personnel de chaque collaborateur », a ajouté Jean-Paul Agon, Directeur Général de L’Oréal.



* Comment la droite ultra libérale oriente (à son profit) le débat sur l’école.


Mammouth déchaîné - Suite des aventures de la Fondation pour l’Ecole, officine trop progressiste qui prône l’Ecole hors contrat (soi-disant pour des pédagogies modernes et différenciées, mais en fait avec des ambitions religieuses et culturelles certaines et très orientées). C’est elle qui s’expose ces jours-ci au Sénat, avec un public très choisi (tous les sénateurs n’ayant pas été invités). Souvenez-vous c’était là.

Ladite fondation trouve aujourd’hui un
relais de choix dans les colonnes du Monde et la plume de Luc Cédelle, toujours en pointe, lui aussi pour railler l’EN et participer à la décrédibilisation ambiante. Le voici pris en flagrant délit de brico-journalisme, qui en ne disant pas grand chose, laisse ouverte toute grande la porte au libéralisme scolaire que défend l’association d’Anne Coffinier.

Il relaie ainsi le
sondage de l’Ifop commandé par ladite fondation sur Les français et le choix de l’Ecole, dont la méthode présente toute de même quelques points douteux : l'échantillon testé est en effet tout à fait représentatif (de la upper middle classe au moins si ce n’est plus) : 531 parents interrogés, tous forcément connectés à internet puisqu’ils ont eu a répondre à l’entretien par un questionnaire auto-administré en ligne. Quand à la formulation des questions, elle est loin d'être neutre (certaines réponses étant fortement suggérées)... A quelque chose près on dirait les « referendum » d’un autre grande association qui milite en faveur de la démocratie scolaire (surtout quand elle est réac), SOS éducation.

Et les conclusions sont sans appel, nous dit-on : les français plébiscitent les écoles alternatives. Mieux ils réclament le chèque éducation, ce dont Madelin rêve en se rasant, et ce qui est comme par hasard le créneaux de ladite Fondation. Et nous dit-on, l’intérêt vient de groupes sociaux pour le moins inattendus : les sympathisants du NPA et des partis de gauche.
On fume quoi à l’ifop ?

Comme disait Coluche, les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politique, mais ils les répètent ! C’est pire !



* Retour sur le coût de l’Ecole : quelques chiffres qu’il est bon de rappeler.

Médiapart - Dans l’enseignement primaire, la France se caractérise [ selon le rapport de la Cour des comptes, page 42 ] par un coût salarial par élève ( 1625 dollars) nettement  plus faible que dans la moyenne de l’OCDE : elle est en 25° position pour 30 pays. L’écart par rapport à cette moyenne ( c’est à dire 637 dollars ) s’explique par des facteurs de sens divergent : un salaire des enseignants plus faible ( - 256 dollars ), un temps d’enseignement assuré par les enseignants plus élevé ( - 257 dollars ), une taille des classes plus importante ( - 394 dollars ), et, en sens inverse, un temps d’instruction des élèves plus long ( + 270 dollars ) ".

" Au collège, le coût salarial par élève en France ( 2392 dollars ) reste encore inférieur à la moyenne de l’OCDE : la France se situe en 22° position. Ici encore, ce coût moins élevé ( écart de – 526 dollars ) s’explique par un salaire des enseignants plus faible ( - 347 dollars ) et par une taille des classes plus importante ( - 803 dollars ) ; en revanche, le temps d’instruction des élèves est plus élevé que dans la moyenne de l’OCDE ( + 315 euros ), et le temps d’enseignement des enseignants est moins élevé ( + 310 euros ) ".



En définitive, le coût salarial de l’élève français atteint à peine les trois-quarts de la moyenne de l’OCDE dans l’enseignement primaire, et celui de collège seulement les 80%. Au pays de Jules Ferry et de l’Ecole obligatoire républicaine, cela devrait être redressé de façon tout à fait privilégiée, au plus vite, et énergiquement. Mais on est loin d’en prendre le chemin si l’on en juge – entre autres par les ‘’feuilles de route’’ ( les fiches destinées à guider la recherche de postes budgétaires à supprimer ) adressées par le ministre Luc Chatel aux recteurs et inspecteurs d’académie.


* Bac Littéraire nous dit-on...

AFP - Pétition de professeurs de lettres pour retirer de Gaulle du bac littéraire

Un collectif de professeurs de lettres a lancé une pétition dans laquelle il proteste contre la mise au programme du baccalauréat littéraire (L) pour l'année 2010-2011 du troisième tome des "Mémoires de guerre" du général de Gaulle, "Le salut: 1944-1946".

"Proposer de Gaulle aux élèves est tout bonnement une négation de notre discipline. Nul ne songe à discuter l'importance historique de l'écrit de de Gaulle : la valeur du témoignage est à proportion de celle du témoin. Mais enfin, de quoi parlons-nous ? De littérature ou d'histoire ?", est-il écrit dans cette pétition.
"Nous sommes professeurs de lettres. Avons-nous les moyens, est-ce notre métier, de discuter une source historique ? D'en dégager le souffle de propagande mobilisateur de conscience nationale ? Car il s'agit bien de cela : aucun thuriféraire du général ne songerait à comparer l'écriture des
Mémoires de guerre au style et à la portée de tout autre mémorialiste si l'on veut rester dans ce genre littéraire", poursuit la pétition.
Sur le site internet "Les Lettres volées", ses initiateurs indiquent qu'elle a recueilli de mi-mars à mi-mai 1.500 signatures, à l'adresse du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, et de l'inspection générale.

Le Snes-FSU, premier syndicat des professeurs de collèges et lycées, "n'est pas à l'initiative de cette pétition et n'en est pas signataire", a affirmé à l'AFP Roland Hubert, cosecrétaire général, mais il avait aussi "contesté" ce choix auprès "du ministère et de l'inspection générale".
Dans un communiqué du 5 février consacré surtout aux projets de programmes de seconde dans le cadre de la réforme du lycée, le Snes écrivait que "de nombreux collègues s'interrogent sur le choix" de l'oeuvre de de Gaulle.

"Quelle est la pertinence d'un tel choix pour le domaine +littérature et débat d'idée+ ? Devant la difficulté de l'étudier comme un ouvrage +littéraire+, ne peut-on pas voir dans ce choix une nouvelle orientation de la discipline qui semble confondre littérature et histoire, comme c'est le cas pour l'enseignement +littérature et société+ en seconde ?", se demandait-il.
"Le ministère instaure une
confusion entre ces disciplines, particulièrement dommageable dans une série qui se veut littéraire", concluait-il à ce sujet.

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