Nouveau dialogue social (2)

Voici en vidéo quelques événements qui viennent d'avoir lieu, ce samedi dans un lycée professionnel de la banlieue parisienne, bloqué par les élèves qui manifestent pour avoir des postes de profs.

Les CRS ont chargé sans véritablement entamer le dialogue. Vidéos + témoignage (Des infos Rue89).




Témoignage d'un prof :

"Ce matin, vers 7h30, quelques élèves ont démarré un blocus du lycée. Le nombre d'élèves massés chemin de la Renardière a augmenté jusqu'à 8h30. Ce blocus laissait, plus ou moins, passer les professeurs et les élèves souhaitant aller en cours. Des policiers de la ville de Gagny étaient présents. Vers 8h45, des professeurs ont pu discuter avec les élèves, leur proposant la tenue d'une AG lundi.
Vers 9h15, une deuxième brigade est arrivée (brigade départementale de sécurité). Ces policiers étaient casqués, armés (flash-ball et gaz lacrymogène). Ils ont directement chargé, en remontant le chemin de la Renardière afin de dissoudre le blocus ce qui a entraîné un mouvement de panique des élèves refluant vers le lycée. Il y a eu plusieurs allers et retours, plusieurs charges consécutives. De nombreux élèves ont été aspergés de gaz,
un professeur a été molesté, des élèves ont reçu des flash-ball. Les pompiers ont dû intervenir. Un élève a été arrêté.
Tout ce ceci en dépit de la présence du proviseur et de quelques professeurs qui se sont interposés pour calmer la situation; ce qui était difficile
compte-tenu de la violence des propos tenus par les membres de la brigade.
Vers 10h00, des professeurs ont réussi à convaincre les élèves de tous rentrer dans le lycée, tandis que la brigade se retirait. Une AG s'est tenue, sur les marches de l'escalier, à la suite de laquelle les élèves sont rentrés chez eux. Tous les présents ont été particulièrement choqués par la violence de cette répression injustifiée.
Les professeurs se sont réunis, en présence de quelques parents et élèves. Il a été décidé que les professeurs soient présents et se réunissent au lycée lundi dès 7h30. Des parents seront présents aussi.
M. le maire (et un adjoint) ainsi que l'inspecteur d'académie sont arrivés au lycée. La réunion s'est poursuivie en leur présence. A l'issue de cette réunion M. le proviseur et M. le proviseur adjoint se rendaient au commissariat pour récupérer notre élève."

On ne peut pas s'empêcher de repenser (et de revoir)
ce détournement de Mozinor. On va finir par y arriver.
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Le niveau baisse

* Recteurograde toi-même. Voici les propos éclairants sur l'état d'esprit de la haute administration de l'EN. Il s'agit de ceux du recteur de Toulouse. Antisyndicalisme primaire, sarkoziste à mort, bref, un fonctionnaire qui fonctionne. Cela restera dans les annales bien sûr.
Entretien trouvé dans la Dépêche du Midi (Publié le 27 mars 2008)

Le recteur dénonce «les syndicats rétrogrades»

"La réforme de l'école primaire prévoit que « dès les prochaines vacances, le mois prochain, les élèves en difficulté pourront être accueillis dans les écoles pour des cours de soutien ». Une formule basée sur le volontariat des familles… mais aussi des enseignants, invités ainsi à raccourcir leurs vacances. Cette proposition, bien qu'assortie d'une rémunération substantielle (+25% en heures supplémentaires), a été immédiatement rejetée par les syndicats qui appellent à la boycotter. Une position qui fait bondir le recteur Olivier Dugrip.

Que vous inspire ce refus ?

Je suis un recteur en colère, car cette attitude est contraire à l'intérêt des élèves, des familles et des idéaux républicains de solidarité. En fait, je suis atterré devant ces syndicats réactionnaires qui n'ont rien compris et qui vont à contre-courant de l'école républicaine. Je les invite à se ressaisir.

Plus largement, les syndicats protestent contre les réductions de postes…

Il y en aura en tout et pour tout 46. Soit 0,3 % de l'effectif global.
Le reste n'est qu'un transfert de moyens en heures supplémentaires.

Et pas pour autant de réductions de moyens ?

Non, car cette cuisine interne modifie les conditions de service des enseignants, mais pas les volumes horaires ni les moyens mis en place pour les élèves.

Et là, la question des heures sup va se reposer. Les enseignants vont-ils accepter de les faire ?

Chacun devra prendre ses responsabilités. Mais je veux dire à chacun qu'on ne peut pas prétendre défendre le service public d'éducation et dans le même temps en organiser le sabotage. Sur le fond, je reste confiant. Tous les enseignants, loin s'en faut, ne sont pas aux ordres de syndicats dont encore une fois, je regrette le caractère rétrograde. "

Propos qui ont entraîné un certain scandale. Pour la réaction des syndicats, parents d'élèves et élus, voir un autre article du même journal.
Ils ne doivent plus avoir beaucoup d'arguments pour faire passer leurs conneries, car on remarque que maintenant ils tapent dans l'affectif des profs et appellent à la responsabilité (soi disant professionnelle). Et ces pauvres élèves qui n'auront pas leur heures de soutien pendant leur vacances, cela pourrait bien être votre faute ...
Pour ce recteur, il va falloir acheter du Dugripant.

* Baisse du niveau en Français. Nouvelle étude dont Le Monde fait état (dans cet article), en extrait ci dessous. Nous rappellerons pour mémoire et explication, la pétition de Sauver les lettres qui fait un état de l'horaire de français (et le compare à celui de 1976). Edifiant. On en a déjà parlé, on vous encourage à aller voir là.

Nouvel élément à l'appui de la "baisse du niveau" scolaire : qu'il s'agisse de la lecture, du calcul ou plus encore de l'orthographe, une "note d'alerte" , émanant des services statistiques du ministère de l'éducation et dont Le Monde a pu prendre connaissance, conclut à une baisse importante des performances des élèves en fin de CM2 entre 1987 et 2007.
La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a tenté de "mesurer objectivement l'évolution des compétences des élèves" à vingt ans d'intervalle. Pour cela, elle a repris à l'identique en 2007 et auprès d'un nouvel échantillon d'élèves de fin de CM2 une enquête "Lire, écrire, compter" menée en 1987. Les élèves ont été soumis à des épreuves de lecture (compréhension de huit textes courts et variés), de calcul (portant sur les quatre opérations) et d'orthographe (une dictée d'une dizaine de lignes assortie de questions).
Synthétisés dans la "note d'alerte", les premiers résultats de cette reprise comparative montrent que la baisse des performances est la plus marquée en orthographe. Sur une dictée de 85 mots, la proportion d'élèves faisant plus de 15 erreurs, qui était de 26 % en 1987, est passée à 46 % en 2007. Ce sont principalement les erreurs grammaticales qui ont augmenté, passant de 7 en moyenne en 1987 à 11 en 2007. Ainsi, alors que 87 % des élèves écrivaient correctement "tombait" dans la phrase "le soir tombait", ils ne sont plus que 63 % en 2007. Alors que 61 % des élèves orthographiaient correctement le mot "certainement" en 1987, ils ne sont plus que 50 % en 2007. En revanche, sur des conjugaisons difficiles pour les élèves de CM2, comme l'accord du participe passé avec l'auxiliaire avoir, le pourcentage de réussite n'évolue pratiquement pas : en 1987, seulement 32 % des élèves, écrivaient correctement "vus" dans la phrase "elle les a peut-être vus" ; en 2007, ils sont 29 %. (...)
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Déclarations diverses

* Réforme des lycées. Dernières nouvelles et bruits de couloirs (venant de l'inspection):

Donc : suppression de toutes les options en seconde. Les élèves feront tous un peu de chaque enseignement autrefois optionnel. Tout cela pour ne préparer que deux bacs : un général et l'autre technologique.

* SA SUFFISANCE... Le Glaude.
[extrait de Politis, en ligne]
jeudi 27 mars 2008 

L’ancien ministre et tout aussi ancien socialiste Claude Allègre « ne sait pas » les raisons pour lesquelles il n’est pas entré au gouvernement et ne croit d’ailleurs pas que celui-ci « ait été remanié ». Avec un argument imparable lancé dimanche au Grand Jury-RTL : « S’il avait été remanié, il n’est pas totalement impossible que j’en aie fait partie. » En somme, rien d’important n’existe s’il n’y est pas associé. Difficile d’afficher plus de suffisance ! Mais puisque Môssieur le Professeur prétend entretenir « un dialogue assez suivi avec le président de la République sur un certain nombre de sujets »...

Rien a dire de plus.


* Meilleur titre de la presse sur les manifs de ces derniers jours revient à 20 minutes :
Manifestation: «Non à l'éducation bling-bling»
"Etudiants et enseignants ont battu le pavé ensemble, ce jeudi, pour protester contre la suppression des postes dans l’Education nationale, prévue à la rentrée 2008. A Paris, les milliers de manifestants ont défilé du quartier Saint-Michel au ministère de l’Education nationale. Sur leur pancarte, des slogans comme «Profs au rabais», «Président grossier=mauvaise éducation» et «Non à l’éducation bling-bling»."


*Enfin, dormez braves gens, tout va bien dans l'éducation nationale. C'est Darcos qui le dit en mentant un peu (mais si peu...).

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a assuré aux lycéens jeudi sur France 3 que "à la rentrée prochaine ils retrouveront le même service public" car, a-t-il entre autrers argumenté, "sur ces 8.000 postes il y en a 5.000 qui sont en fait des conversions en heures supplémentaires".

Ah si tous les profs voulaient un petit peu être de droite dans ce pays et acceptaient les HS cela fonctionnerait mieux...

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Aller plus loin dans les réformes...

* Plus loin dans la réforme des lycées. Qui le veut ? Darcos ? NON. C'est l'édito de ce mercredi du café pédagogique qui sent ce réformisme à plein nez. La parole est donnée à Olivier Masson de la Ligue de l'Enseignement.

Qui dit :

"En attendant ces groupes de travail, rêvons un peu. Rêvons que les lycées de demain soient durablement installés sur les territoires, ce qui intéressera les collectivités territoriales qui peinent à stabiliser les cartes des formations. Qu’ils offrent des ressources pour les habitants : des centres de documentation, un accès accompagné aux équipements numériques, aux enseignements qui profitent aussi aux adultes, et à tous ceux qui reprennent un parcours de formation. Ces « Maisons des savoirs et de la formation » que doivent devenir les lycées et collèges avec le concours des collectivités territoriales et des mouvements d’éducation populaire, devraient rester largement ouvertes en dehors des heures de classe.

 
Rêvons que les enseignements qui y seront dispensés libèrent et unissent au lieu d’enfermer. C’est autant affaire de contenu que d’approches pédagogiques, de finalités assumées que d’accompagnement quotidien. Le choix de l’interdisciplinarité et de l’autonomie de l’élève qu’impliquent par exemple les Travaux Personnels Encadrés en est une illustration. Ne pas le voir, c’est enfermer le débat sur l’école dans des considérations corporatistes sur le nombre d’heures par disciplines. Par-dessus tout, il est utile de rappeler l’importance de l’évaluation « terminale », qui, depuis longtemps, ouvre sur des pratiques de bachotage, lesquelles irriguent tout l’enseignement secondaire - voire bien en amont - et qu’on retrouve, bien en aval, comme déterminant supplémentaire à la préparation au métier enseignant."

Voilà c'était juste pour rappeler que vraiment il y en a certains qui militent pour la destruction de l'Education nationale. Et dans toutes les dimensions...On en déduit que pour ces gens là le lycée (et sans doute aussi le collège) est un élément d'oppression (un appareil idéologique d'Etat sans doute ?), que le savoir disciplinaire n'est pas si fondamental que cela, et qu'il faut une finalité doctrinaire à l'Education. Et vive les TPE qui permettent surtout à certains enseignants d'en faire le moins possible et d'être payer le mieux possible et de faire croire à des élèves ignares (sur des sujets qu'ils préparent pourtant longuement) qu'ils sont de férus spécialistes.
Pour ceux qui doutaient encore de la nature de Cafépédagogique.net...


* Toujours plus loin même, et cette fois c'est le Mammouth déchaîné qui s'y met.
Comme bientôt les idiomes locaux seront de nouveau enseignés, nous devançons l'appel et traduisons notre site en Ch'timi. Merci à ceux qui avaient déjà inventé le Martine Cover generator pour leur Ch'timisator. Allez le voir là : http://chti.logeek.com/ (je vous conseille surtout la traduction de la Une du Figaro, une vraie poilade).

Voila ce que cela donne sur la page d'hier :

L'Canard absolu
24/Mar/2008 10:00
* Chans vouloir reprendre les idéologèmes ed' Judith Henri (chouvenez-vous), voici une nouvelle déclaration ed' notre ministre Darcos, aveu qui n'étonnera personne. Voici ch'qu'il répond dans un Tchiot biloute chur Lemonde.fr à l'kose : quel avenir envisagez-vous pour l'cayelle ES [économique et chociale] ? Pourquoi vouloir absolument chauver une filière littéraire qui n'a plus trop ed' chuccô, hormis dans certains grands lycées ed' grandes villes ?  

Xavier Darcos : "Il n'est pas exact que l'filière littéraire choit chans trinqueballer.
Nous avons besoin de linguistes, d'historiens, ed' personnes capables de rédiger, et les entreprises chont ed' plus en plus à la recherche ed' bons généralistes qui aient une maîtrise ed' capacités littéraires au tchiot biloute large.  "

Il est donc bien clair que faire ed' l'histoire en choit en chert à rien, que la linguistique on ch'en fiche chi ch'n'est pas applicable dans l'glou-bec ed' l'entreprise.

Dans l'quinquin chat, il annonce ed' proposition chur le recrutement en 2009. Puis il précise :

"Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec les partenaires syndicaux l'cayelle deul' Tchiot jaune blanc qui ch'appuiera chur chon biloute travail."

Avec les syndicats. On retient.

* Le checteur privé a l'kose deul' gueulard ed' haut fourneau. L'école privée churtout. Ch'n'est pas nouveau, Charko l'avait dit dans cha vaque, mais voici que Médiapart nous fait part deul' balayeux chelon lequel l'école privée va être développée en banlieue. (Première partie de l'article. Attention l'coron devient payant)

Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue
21 Mar 2008Par Mathilde Mathieu

L'cococolo de l'Education nationale ch'apprête à mucher ed' budgets inhabituels pour quehir l'essor ed' l'enseignement catholique dans les quartiers défavorisés, bousculant ainsi les règles traditionnelles de financement ed' l'école privée, dictées par l'principe ed' laïcité. Un balayeux Fonds d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les détails, chera bientôt mis en place rue ed' Grenelle, pour chubventionner l'kose d'une cinquantaine ed' classes dans les cités dô cheptembre 2008, dans l'gueulard ed' haut fourneau du plan "Espoir banlieues" annoncé par Nicolas Charkozy, le 8 février.   «Cette décision, prise en catimini, risque ed' mucher un picon bière majeur avec les professeurs deul' gueulard ed' haut fourneau, prévient Daniel Robin, responsable ed' questions ed' laïcité au Glou-bec, principal syndicat deul' gueulard ed' haut fourneau. Nous n'accepterons pas que l'Etat chupprime ed' postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons ed' faire grève, je l'boubourse, contre la liquidation ed' 11.200 postes à l'cayelle prochaine ! L'kose fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser l'balayeux, un canard ed' Français chont descendus dans l'quenoule...».   Critiquée pour cha concentration dans les centres-villes et cha mixité chociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans l'public), l'coron privé chous contrat affichait depuis longtemps cha wassingue de participer davantage à l'carabistoulle contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un biloute ed' pouce budgétaire, ed' chubsides chupplémentaires. «Il faut nous faciliter l'tâche», avait choufflé l'picon bière "patron" de l'enseignement catholique, Eric ed' Labarre, lors ed' cha mine ed' charbon ed' presse ed' rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose faite.   Si l'nombre d'établissements aidés par l'« Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, l'kose ed' ch'dispositif spécifique révèle l'volonté présidentielle ed' faire bouger les lignes, et la détermination ed' l'école privée à «rénover» – plutôt redéfinir – ches relations avec les pouvoirs publics. «Nous chommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé deul' glou-bec auprô d'Eric ed' Labarre. «Nous aussi !», répond chans ambages un boubourse de Xavier Darcos, ministre ed' l'Education nationale...

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Le Privé absolu

* Sans vouloir reprendre les idéologèmes de Judith Henri (souvenez-vous), voici une nouvelle déclaration de notre ministre Darcos, aveu qui n'étonnera personne. Voici ce qu'il répond dans un Chat sur Lemonde.fr à la question : quel avenir envisagez-vous pour la série ES [économique et sociale] ? Pourquoi vouloir absolument sauver une filière littéraire qui n'a plus trop de succès, hormis dans certains grands lycées de grandes villes ?  

Xavier Darcos : "Il n'est pas exact que la filière littéraire soit sans avenir. Nous avons besoin de linguistes, d'historiens, de personnes capables de rédiger, et les entreprises sont de plus en plus à la recherche de bons généralistes qui aient une maîtrise des capacités littéraires au sens large.  "

Il est donc bien clair que faire de l'histoire en soit en sert à rien, que la linguistique on s'en fiche si ce n'est pas applicable dans le monde de l'entreprise.

Dans le même chat, il annonce des proposition sur le recrutement en 2009. Puis il précise :

"Je vais, dans les jours qui viennent, entamer avec les partenaires syndicaux la rédaction du Livre blanc qui s'appuiera sur son excellent travail."

Avec les syndicats. On retient.

* Le secteur privé a la faveur du gouvernement. L'école privée surtout. Ce n'est pas nouveau, Sarko l'avait dit dans sa campagne, mais voici que Médiapart nous fait part du plan selon lequel l'école privée va être développée en banlieue. (Première partie de l'article. Attention le site devient payant)

Le gouvernement va aider l’école privée en banlieue
21 Mar 2008Par Mathilde Mathieu

Le ministère de l'Education nationale s'apprête à dégager des budgets inhabituels pour favoriser l'essor de l'enseignement catholique dans les quartiers défavorisés, bousculant ainsi les règles traditionnelles de financement de l'école privée, dictées par le principe de laïcité. Un véritable Fonds d'intervention spécifique, dont Mediapart dévoile les détails, sera bientôt mis en place rue de Grenelle, pour subventionner la création d'une cinquantaine de classes dans les cités dès septembre 2008, dans le cadre du plan "Espoir banlieues" annoncé par Nicolas Sarkozy, le 8 février.   «Cette décision, prise en catimini, risque de déclencher un conflit majeur avec les professeurs du public, prévient Daniel Robin, responsable des questions de laïcité au Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Nous n'accepterons pas que l'Etat supprime des postes en masse dans les ZEP [zones d'éducation prioritaire] et finance parallèlement l'arrivée d'établissements catholiques ! Nous venons de faire grève, je le rappelle, contre la liquidation de 11.200 postes à la rentrée prochaine ! La dernière fois qu'un gouvernement a prétendu favoriser le privé, un million de Français sont descendus dans la rue...».   Critiquée pour sa concentration dans les centres-villes et sa mixité sociale défaillante (deux fois moins d'enfants boursiers que dans le public), le secteur privé sous contrat affichait depuis longtemps sa volonté de participer davantage à la lutte contre les inégalités, mais réclamait en contrepartie un coup de pouce budgétaire, des subsides supplémentaires. «Il faut nous faciliter la tâche», avait soufflé le nouveau "patron" de l'enseignement catholique, Eric de Labarre, lors de sa conférence de presse de rentrée 2007. C'est aujourd'hui chose faite.   Si le nombre d'établissements aidés par le « Fonds » reste limité, voire symbolique en 2008, la création de ce dispositif spécifique révèle la volonté présidentielle de faire bouger les lignes, et la détermination de l'école privée à «rénover» – plutôt redéfinir – ses relations avec les pouvoirs publics. «Nous sommes décomplexés», revendique aujourd'hui Fernand Girard, chargé du dossier auprès d'Eric de Labarre. «Nous aussi !», répond sans ambages un conseiller de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale...
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Réforme des concours : précisions aujourd'hui et annonces dans un mois

Voici des informations récentes sur l'avancée de la réforme des concours. Deux documents en provenance du supérieur.

*Tout d'abord le C.-R. d'un entretien entre des universitaires et M. Sherringham, conseiller du ministre de l’Education Nationale (en date du 13 mars).

"A propos des projets sur le recrutement des enseignants, M. Sherringham a répondu sur les questions suivantes :

[Calendrier : ]Année 2009 : maintien des concours à l’identique
 
Pourquoi une réforme ?
C’est en relation avec la lettre de mission de M. N. Sarkozy envoyé en juillet 2008 à X. Darcos dans le cadre de la revalorisation des enseignants.  Le décalage entre le LMD et le calendrier des concours actuels (Bac + 3 ou Bac + 4) ainsi que la formation réelle des candidats souvent plus longue rend la réforme indispensable
 
Quel projet ?
Actuellement le ministère est en cours de réflexion, mais s’oriente vers les propositions suivantes :
.
Recrutement à bac + 5 des enseignants du secondaire (cf. lettre de cadrage), après un master qui n’a pas à avoir un caractère professionnel. Seule l’acquisition d’un master serait exigé sans dissociation master enseignement/master recherche. M. Sherringham a insisté sur l’intérêt pour le niveau des étudiants et pour les masters recherche. Il n’y aurait plus d’année de préparation au concours spécifique. Aux universités de maintenir le niveau disciplinaire. Ce niveau permettrait une revalorisation des salaires de recrutement des enseignants
.
Maintien du concours de l’agrégation, dans son architecture actuelle, comme concours d’excellence, mais avec l’exigence du master pour s’y inscrire. 
.
Un deuxième concours qui serait l’ex-Capes serait donc créé et serait un concours de culture plus générale. Il serait simplifié par rapport à l’actuel concours.
M. Sherringham, à plusieurs reprises, a indiqué qu’il était
à l’affût de toute proposition et qu’il les attendait. En revanche, l’urgence est grande puisqu’elles doivent parvenir dans un délai d’un mois.
. Question des docteurs : il a évoque la possibilité de postes réservés pour les docteurs avec un aménagement d’un des concours.
 
Quand ? Le projet ministériel devrait être prêt avant l’été, quels que soient les aléas électoraux ou ministériels."



* Un second document qui montre que le monde universitaire est en pleine ébullition intellectuelle et propose des solutions (au gouvernement, comme le demande le document précédent). Et après ils vont nous dire qu'ils ont sauvé les concours , certainement. Comment retourner ce qu'on pourrait appeler de la collaboration...

Tous semblent d'accord pour un recrutement à Bac + 5 (MASTER), au lieu de BAc + 3.

Plus spécifiquement ici il est question des épreuves d'histoire-géo de ces concours(les noms indiqués sont ceux d'historiens et plus spécifiquement des médiévistes et modernistes).


 Quelques propositions émanant des associations d’enseignants de l’Université pour la réforme des concours de recrutement de l’enseignement secondaire
  

"Consensus ? À la suite de la publication des projets émanant de la Conférences des directeurs d’IUFM du 7 novembre 2007 et en tenant compte du fait qu’une commission ministérielle se réunit actuellement en vue d’aboutir à un « concours simplifié » de recrutement des enseignants du secondaire, les associations signataires de cette lettre formulent les propositions suivantes :
 
Consensus ? 1. Au titre des principes généraux, nous tenons à marquer notre attachement au maintien de concours, de programmes et de jurys nationaux. Nous rappelons que les Universités ont vocation à dispenser des savoirs scientifiques et méthodologiques et à assurer la formation de l’ensemble des enseignants, en collaboration avec les enseignants des IUFM, y compris pour la formation continue. Tout enseignement reposant sur l’acquisition et la transmission de connaissances, les concours de recrutement doivent sanctionner la maîtrise des disciplines qui seront enseignées à l’Université et dans les IUFM, désormais intégrées aux Universités.
 
Consensus ? 2. La mise en place du LMD, et son architecture, impliquent que l’on repense la place et les modalités des concours de recrutement pour les métiers de l’enseignement.
Nous sommes favorables au maintien de deux concours distincts, mais coordonnés, le CAPES (ou le nouveau concours qui prendra sa place) et l’Agrégation, dont le recrutement se ferait à Bac + 5. Il serait impensable à Bac + 3 (en tenant compte de l’évolution du L) et incohérent à Bac + 4 : les deux années de Master constituent un bloc homogène et ne sont pas dissociables.
Le Master doit permettre la préparation aux concours, mais ne saurait se limiter à cette seule fonction, sinon c’est la condamnation à brève échéance de la recherche, à laquelle le Master doit pouvoir constituer une première initiation. Il demeure un grade universitaire, délivré par les enseignants-chercheurs de l’Université. Le Master est un temps de formation, de progression dans l’acquisition des connaissances et ne saurait se réduire aux seuls aspects didactiques ou épistémologiques d’une discipline, même si ces derniers doivent être pris en compte.
Option 1 (Fr. Collard) Pour les candidat(e)s au CAPES (ou au nouveau concours), l’on peut envisager un Master intitulé « Métiers de l’enseignement, spécialité enseignement secondaire », dont la première année correspondrait à la préparation de l’actuel CAPES théorique et la seconde à la formation pédagogique sans classe en responsabilité mais avec force stages : la barrière sélective M1-M2 serait la réussite aux épreuves théoriques et il y aurait bien un mémoire à la fin du M2, l’actuel mémoire pédagogique. Le principe d’une année entière dédiée à la préparation aux concours du secondaire doit être réaffirmé.
Option 2 (Lyon 2 et autres réactions) Il serait bon que tout futur enseignant du secondaire ait un contact avec la recherche, au moins au cours de la première année de Master. L’année de M1 du Master pourrait être une année à la fois d’initiation à la recherche et de mise à niveau, avec des enseignements généraux, un approfondissement de la culture générale (géographie pour les historiens, histoire pour les géographes, etc.). L’année de M2 pourrait inclure dans la formation proposée des thématiques fondées sur les programmes du secondaire. Des « passerelles » doivent être aménagées en M1 et M2 au sein des Masters, entre ceux qui seraient davantage tournés vers l’enseignement et ceux davantage tournés vers la recherche. Il faut en effet penser à tous ceux qui, échouant aux concours de l’enseignement, pourront rebondir en ayant une formation disciplinaire suffisante.

Consensus sur la proposition de Fr. Collard ? Le niveau d’accès au concours de l’Agrégation doit donc être élevé à Bac + 5. Ceci permettrait de drainer vers nos formations recherches les meilleurs éléments, et de ménager leur éventuelle poursuite en doctorat. Sans doute serait-il souhaitable de proposer un enseignement de concours spécifique (plus poussé) mais sur une base commune avec les candidats au CAPES (ou au nouveau concours). Les titulaires du M entier passeraient donc ensuite l’Agrégation et feraient leur formation pédagogique avec les certifiés, en obtenant ainsi un second master, pro celui-là, comme leurs camarades, la première année leur étant donnée par l’équivalence de l’Agrégation.
Nous demandons donc que la préparation au CAPES (ou au nouveau concours) et à l’Agrégation s’effectue sur un programme authentiquement formateur, fixé et changé chaque année par moitié, commun aux deux concours du Capes et de l’Agrégation, et que l’enseignement de ce programme soit effectué par les universitaires.
 
Consensus ? 3. Afin de maintenir une véritable exigence culturelle, la formation des étudiants doit prendre en compte les quatre périodes historiques.
Pour le CAPES d’Histoire-Géographie (ou le nouveau concours qui le remplacera), nous proposons l’organisation suivante :
- En ce qui concerne le programme de l’écrit : deux questions d’histoire renouvelées par moitié tous les deux ans, avec une rotation des quatre périodes de l’histoire, et deux questions de géographie. Les thèmes de ces questions tiendront compte des programmes de l’enseignement secondaire, programmes qu’il serait souhaitable de rééquilibrer en faveur des périodes ancienne, médiévale et moderne, trop peu traitées au profit de l’histoire contemporaine. Deux épreuves écrites, une d’Histoire et l’autre de Géographie, détermineront l’admissibilité aux épreuves orales. Il s’agira d’une dissertation, conçue selon les modalités actuelles.
- En ce qui concerne l’oral, l’organisation serait la suivante :
- une étude de document, portant sur les questions au programme ;
- une séquence d’enseignement sur une question au programme du Secondaire, suivie d’un entretien didactique et pédagogique ; cette épreuve permet au candidat d’exposer ses objectifs et de justifier ses choix. La préparation disciplinaire est assurée dans les Universités dès le début de la formation ;
- une présentation de l’expérience pédagogique du candidat, s’appuyant sur l’exploitation du ou des stage(s).
 
4. Pour le CAPES de Lettres… (etc. : à décliner selon les spécialités représentées par les différentes associations).
 
5. La présence des enseignants-chercheurs de l’Université est indispensable dans tous les jurys de concours de recrutement.
 
6. Les docteurs de l’Université qui souhaitent intégrer l’enseignement secondaire sont dispensés des épreuves écrites du CAPES (ou du nouveau concours) mais doivent suivre la préparation de l’oral et seront jugés sur leur niveau à l’oral."

Mais ce ne sont que des propositions. Revient-il aux enseignants du supérieur de faire des propositions au gouvernement ? Ce dernier n'est peut-être pas assez grand pour avoir des idées tout seul...
Quel intérêt y ont-ils ?
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Privatisation de l'EN (suite et pas fin)

Aujourd'hui un petit témoignage trouvé sur un forum local de bahuts en lutte. Voici comment on va privatiser pour les plus riches l'enseignement des langues : en transformant l'EN en prestataire de services pour des instituts privés (c'est le monde à l'envers). Le vulgus passera le bac, c'est plus simple (et moins coûteux).


Ce que vous allez lire résulte d'une demande de l'institution et a été mis en place par l'inspection d'Anglais.

"La semaine dernière, le vent de la révolte a soufflé sur la salle 143 du lycée ***, où avait lieu un stage de deux jours, destiné à valider la capacité de ses 22 participants à participer à la phase 1 de la certification de leurs élèves de seconde européenne volontaires, en anglais, soit à l’obtention du Cambridge English Certificate! 

Ordre de mission oblige, nous étions là pour apprendre à maîtriser toutes les subtilités (classées confidentielles !) de grilles d’évaluation des compétences de nos élèves en expression et compréhension écrites et orales, sans toutefois recevoir l’habilitation à délivrer le fameux Cambridge English Certificate, celui-ci restant propriété exclusive de son concepteur, l’Université de Cambridge, organisme privé!

L’irritation se fait sentir lorsqu’on évoque la phase 2 du processus. Elle nous échappe totalement et nous en sommes littéralement dépossédés puisque assurée par Cambridge, qui en garde jalousement la propriété et les secrets. L’irritation fait place à la grogne
lorsque l’on apprend que ce diplôme sera délivré contre paiement des familles des élèves dès l’an prochain, car le Cambridge English Certificate n’est gratuit cette année, qu’à titre exceptionnel! A l’issue du stage, la grogne devient colère à l’annonce de l’absence de rémunération prévue pour cette mission supplémentaire et alors que nous réalisons l’ampleur de la tâche à accomplir!

Stage, passations et corrections des épreuves non rémunérés, déplacements non remboursés, frais de garde d’enfants non pris en compte. On nous prend pour les larbins de ce système qui nous utilise chaque jour davantage… pour nous jeter le jour suivant, sans aucun état d’âme… 

Nous nous sentons floués et bafoués : on nous demande d’assurer une mission de service public, à titre gracieux, pour le compte d’un organisme privé, tout en incitant nos élèves à entrer dans ce système qui les obligera à monnayer leurs futurs diplômes…

Pire, et si nous étions en train de tester la mise en œuvre de ce qui remplacera le baccalauréat ?"


En tout cas, c'est sûr et c'est la cerise sur le gâteau, c'est travailler plus pour gagner moins.
C'est pas comme ça qu'on va sauver les options...
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En attendant mai (ou juin, ou juillet ...)

* Lendemain de grève, c'est encore la grève. Saluons cette initiative parisienne. Voici une partie de la déclaration de l'AG des bahuts parisiens (au passage, il n'y avait pas beaucoup de syndicats présents...)

L’Assemblée Générale d’Ile de France du 18 mars (83 établissements, en présence des syndicats CGT, CNT, SUD Education), propose aux AG d’établissements et de villes (aux personnels, aux parents et aux élèves) ainsi qu’aux syndicats

d’amplifier et de coordonner les mobilisations et les blocages qui se développent en vue de reconduire la grève. D’envoyer des déléguéEs mandatéEs sur les suites de l’action, à l’AG IdF du 20 mars à 17 h 30h à la Bourse du Travail de Paris, 3 rue du Château d’Eau,

de faire converger les initiatives en direction des rectorats : mercredi 19, le matin à Paris, l’après midi 14 h à Créteil, vendredi 21, Rectorat Créteil (10 h), et premier degré IA de Bobigny (11 h).

de faire grève et de manifester au ministère de l’éducation,
le jeudi 20 mars, 14 heures 30, métro Odéon.

(Plan d’action voté à l’unanimité et soutenu par les syndicats présents)

Nous demandons aux directions des syndicats de rompre avec la tactique inefficace des journées d'action, de fixer l'objectif, de préparer et d'appeler nationalement à la grève jusqu'à satisfaction des revendications, notamment par un appel à la grève nationale, dès la semaine prochaine (Amendement voté majoritairement).


* Dire des conneries, sur le bac c'est facile, et en plus se faire passer pour scientifique c'est mieux. Voici une réaction à ce que nous avons publié il y a quelques jours sur les notes du bac (qui varient d'un correcteur à l'autre). L'auteur de l'étude est aujourd'hui sévèrement mis en cause dans Libé. Mais c'est trop tard, le mal est fait...

Alain Debrabant, inspecteur dans l’académie de Dijon, Françoise Paindavoine-Toulot et Pascal Parmantier, professeurs de SES, accusent Bruno Suchaut de «s’être approprié les données figurant dans son étude» où il montre que les notes d’une même copie peuvent varier de onze points. Et rappellent que ces données ont été obtenues lors d’un stage de formation pour les enseignants de SES justement destiné à améliorer l’évaluation au bac. Les notes et les commentaires avaient été transmis au chercheur pour un travail statistique. Ils lui reprochent en outre d’avoir ignoré les procédures qui existent déjà pour éviter les disparités de notation. «Les formateurs m’ont fourni les données, mais c’est moi qui les ai analysées», a répliqué Bruno Suchaut. Pour lui, la réaction des enseignants s’explique aussi par les critiques dont les SES font l’objet en ce moment

* Allègrement, on ne s'en lasse pas. Vous ne savez pas quoi faire un dimanche pluvieux ? Cherchez les bourdes de Claude Allègre. Allez lire cet article de mediapart, le nouveau journal en ligne. Vous pouvez bien rigoler aussi sur Backchich, c'est pas mal non plus.
Juste un extrait du premier :
Pour Joël Martin, « prise une à une, ces fautes passeraient inaperçues. Mais ce qui est remarquable, c’est la densité d’erreurs par ouvrage, et le refus de les corriger ».

*Les tribulations de Jean-Robert (Pitte, vous vous souvenez ? mais si le gauchiste de Paris IV). Et bien il vient de se faire virer, grâce à la LRU. Comme quoi, il n'y a pas que du mauvais la dedans...
C'est dans l'Express et aussi sur Fabula.org.

L'express : "Georges Molinié a été élu en emportant 11 vois contre 8 pour vous.Comment expliquez-vous ce vote ?

Georges Molinié a gagné grâce à une alliance des conservatismes. Sa liste, Avenir de la Sorbonne, rassemblait aussi bien des gens de gauche que de droite, mais uniquement des opposants à la loi Pécresse. L’université n’est pas prête pour le changement. Pour beaucoup, l’idée d’une professionnalisation des diplômes est encore un cauchemar. Ils veulent une université qui soit uniquement un lieu
d’acquisition du savoir et de la pensée critique
."

Si déjà l'université pouvait avoir 100 % de réussite sur ces points là ...

* L'angoisse du géranium. Ah, l'Alsace, toujours à la pointe. On en avait déjà parlé de ces ordres de mission, ils refont surface aujourd'hui (du moins à l'AFP)
L'Alsace teste un programme pilote de lettres de mission pour professeurs

La région Alsace teste un programme pilote de "lettres de mission" encadrant le travail d'enseignants du second degré en leur fixant un contrat d'objectifs à atteindre, a-t-on appris mardi de sources concordantes.
L'existence de ces lettres de missions, révélée mardi à l'AFP par Sud-Education (minoritaire), a été confirmée par le rectorat de Strasbourg.
Selon le syndicat, qui réclame la suppression de cette pratique mise en place à la rentrée 2007-2008, des professeurs principaux pour la plupart, notamment de ZEP, ont signé un contrat d'objectifs avec le chef d'établissement sur la base du volontariat.
Ces contrats, définis au cas par cas par les conseils pédagogiques d'établissement, fixent par exemple des objectifs à atteindre en terme d'élèves redoublants, a expliqué Gilles Hargous, secrétaire académique du syndicat.
"Ils introduisent des salaires au mérite et des possibilités d'avancement dans la carrière", a-t-il indiqué.
M. Hargous dénonce des lettres qui "contractualisent" le métier de l'enseignant en "cassant" son statut de fonctionnaire d'Etat. Il dit redouter de voir se créer des "superprofs" dans les établissements ainsi qu'une "concurrence entre professeurs pour atteindre les objectifs".
"On est vraiment dans une volonté de transformer l'école dans une perspective libérale", a-t-il commenté.
Le rectorat n'était pas en mesure de fournir dans l'immédiat des précisions sur le nombre d'établissements et le nombre professeurs concernés.
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Heureusement, la droite a perdu

Sinon, qu'est-ce que cela serait... car c'est parti pour de beaux mois de réformes. Et on commence d'abord par les fonctionnaires :

* Quand Darcos disait qu'il n'était pas question de transformer le statut des profs il avait bien raison
. Ce ne sera en effet pas nécessaire... puisque c'est le statut de toute la fonction publique qui va changer. Marianne en aurait la preuve ( voir ici et ci dessous le texte de loi en pdf) :

le gouvernement écorne la garantie de l'emploi des fonctionnaires
Le nouveau statut des fonctionnaires ne permet pas de les virer. Mais en les privant de traitement après deux ans de recherche de nouveau poste, il leur faut trouver eux-mêmes un nouveau job dans le privé ou le public. Explications et textes de loi

Le gouvernement va transformer profondément le statut de la fonction publique et remettre en partie en cause la garantie de l'emploi des agents de l'Etat. Un projet de loi «relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique», élaboré par le Ministère du Budget, a été approuvé par le Premier ministre et a été transmis pour avis aux organisations syndicales, avant d'être soumis aux débats du Parlement. Ce texte donne au gouvernement les outils indispensables à la mise en œuvre de sa politique de réduction des effectifs dans l'administration centrale. [NDLR Il fait suite à une intense concertation *, notamment dans le cadre de la conférence sur les parcours professionnels qui s'est tenue à l'automne 2007 à l'initiative du ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique. ]
En particulier, l'article 7 organise de facto
la possibilité de mettre au chômage technique et sans indemnités tous fonctionnaires d'Etat qui dans le cadre d'un redéploiement n'aurait pas trouvé de nouvelle affectation. L'agent sera dans un premier temps intégré dans un système de formation professionnelle pendant une durée de deux ans maximum durant laquelle il touchera au moins son traitement de base. «Au terme de cette période (…), celui-ci peut-être placé d'office en disponibilité». Autrement dit, s'il veut continuer à toucher un salaire, il doit se trouver lui-même un autre job, soit dans l'administration, soit dans le privé. Ce qui constitue une règle totalement inédite dans le corps des fonctionnaires et modifie le statut de la fonction publique.
Le texte prévoit (article 9) aussi
d'avoir recours, à l'intérim pour assurer la continuité du service public. Dans ce cas, les usagers pourraient se retrouver face à un personnel dont l'Etat n'est pas l'employeur, mais le client. Ce recours à l'intérim est pour l'heure encadré : vacances d'emploi, besoins occasionnels, saisonniers ou surcroîts d'activité. Mais ce dispositif constitue déjà une brèche vers une sous-traitance accrue de certaines missions de l'Etat.

projet-fonctionnaires

* Petite question tout de même : depuis quand les organisations syndicales connaissent ce texte ?

Comme nous le signale un de nos lecteurs, le projet de modification de certains décrets aurait été téléchargeable sur la Gazette des communes dès février.

On peut être surpris de voir ce texte sortir brutalement aujourd'hui car la Conférence sur les parcours professionnels et les conditions de travail, dont il est issu, s'est réunie plusieurs fois et en sont membres les organisations suivantes :

-FSU
-CGT
-UNSA
-FO
-CFDT
-CFTC
-CGC
-SOLIDAIRES
-Fédération hospitalière de France
-Conseil supérieur de la fonction publique territoriale
-Conseil supérieur de la fonction publique hospitalière
-Association des maires de France
-Association des régions de France
-Assemblée des départements de France
-Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins
-Direction générale des collectivités locales
-Direction du budget
-Direction générale de l'administration et de la fonction publique
(voir le site du ministère sur ladite commission)


* Débat sur les programmes.
Quel pédagogiste moderne a écrit à propos des programmes de primaire :

« La seule méthode qui convienne à l’enseignement primaire est celle qui fait intervenir tour à tour le maître et les élèves, qui entretient pour ainsi dire entre eux et lui un continuel échange d’idées sous des formes variées et ingénieusement graduées. »

Jules Ferry.
Il paraît que les nouveaux programmes veulent revenir à cet esprit IIIe république. Serait-il mal compris ?

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Attaques

*Grève de mercredi ? Il apparaît qu'un peu partout des établissements entrent en grève continue à partir de mercredi, soit après la grève officielle de mardi. CErtains s'annoncent aussi en grève jeudi, et d'autres dès lundi. Le bilan est dur à faire. Vous pouvez toujours laisser trace de votre situation dans les commentaires.

Et la grève reconductible peut marcher. exemple :

A la Cité scolaire Henri Wallon d’Aubervilliers (93), après 10 jours de grève, le Rectorat recule et cède sur les principales revendications !
12 postes sur 17 sont sauvés, 230 heures sont rendues.


*Fait divers ? Ouest France en fait rapport. (c'est là)

Les heures de colle finissent au tribunal
Le proviseur avait sanctionné un collégien de Savenay après un salut nazi. Les parents avaient contesté la punition... et ont obtenu gain de cause.
Au beau milieu de la récréation, le collégien lance un « Heil Hitler ! ». Des propos jugés inadmissibles par le principal de l'époque au collège Saint-Exupéry, à Savenay (Loire-Atlantique). La sanction tombe rapidement : quatre heures de colle un mercredi matin.

Du coup, l'équipe pédagogique avait prévu de mettre la matinée à profit pour sensibiliser l'élève à la Shoah, l'extermination des Juifs par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. « On envisageait de lui diffuser un film », se souvient une conseillère. C'était en mars 2005.

Quelques jours plus tard, les parents de l'élève contactent le principal du collège pour lui dire que leur fils ne ferait pas sa punition. Trois jours passent. Le principal décide d'exclure l'adolescent des cours pour une journée tout en l'obligeant à être présent dans l'établissement.

Mais le collégien fait faux bond sans explication. La journée de colle est alors transformée en journée d'exclusion portée au livret scolaire pour une durée d'un an. Et c'est là que la justice a été saisie par les parents. Et elle leur a donné gain de cause.

Le tribunal administratif de Nantes a récemment estimé que la sanction n'avait pas été prise en bonne et due forme, que l'élève n'avait notamment pas pu présenter sa défense au préalable. « Punition » annulée, donc. Les frais d'avocat restent à la charge des parents.

Le proviseur maintient que, sur le fond, il avait raison même si la forme n'avait pas été suivie à la lettre : on ne peut pas dire n'importe quoi dans une cour d'école. Les parents, eux, se disent satisfaits : « On avait raison. La sanction était abusive. Heil Hitler, c'était les seuls mots d'allemand que notre fils connaissait. »

*Réformes en cours. Prochaines annonces dans quelques jours certainement. En attendant le Mammouth a trouvé la ligne directrice du ministère. Ce n'est pas "on pilote à vue" mais :


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Et ailleurs ?

* Vous êtes virés ! C'est la nouvelle solution du ministre de l'EN face à l'absentéisme des enseignants ou fait de grève. On se calme, cela se passe en Algérie, et ça ne rigole pas.
Un journal en ligne algérien nous le dit.

"«Vous êtes limogés de vos fonctions» a déclaré le ministre de l’Education nationale. Cette décision a été prise après la visite qu’a effectuée le ministre au sein de cet établissement, qui a fait l’objet de beaucoup de carences et de défaillance ces derniers temps. Une situation chaotique et inacceptable de la part des responsables de cette école, selon le ministre. Il faut souligner que le secteur a été secoué, durant plusieurs jours, de grèves successives. Des arrêts des cours suivis de la grève des enseignants. Ils ont contesté la situation dans laquelle se déroule l’éducation au sein des établissements notamment du secondaire.

Avos classes! Désormais plus d’absences pour les professeurs des écoles, notamment celles des examens. Le ministre de l’Education nationale est catégorique. «Il est temps de prendre des mesures nécessaires pour remédier à cette situation et permettre aux élèves de suivre leurs cours normalement», a affirmé M.Boubekeur Benbouzid, en appelant les directeurs des écoles à prendre ces décisions le plus vite possible."

* Baisse de salaire. Et pas qu'un peu. C'est aux USA, 154 $ par semaine en moins... Là non plus ça ne rigole pas. C'est ce que nous dit le Café pédagogique, d'un rapport qu'on trouve là .

"C'est le "pay gap". Selon une étude de THe Economic Policy Institute, une fondation privée américaine; les salaires des enseignants américains ont baissé de 15% depuis 2003. En moyenne il leur manque 154$ par semaine. Pour l'Institut, cela compromet le recrutement de nouveaux enseignants."


* Ils sont quoi ces Canadiens ? A vous de juger ... voyez plutôt le débat du jour :

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Comment dézinguer le Bac ?

Pour cela il faut :

* Première étape : supprimer les moyens pour que cela ne tourne pas. Rappel - 11 200 . Ca, c'est fait.

*Deuxième étape : Montrer que cela ne fonctionne pas. C'est le sujet du jour :
"Bac : 11 points d'écart d'un correcteur à l'autre
Europe 1 : mardi 11 mars 2008 12h18

Une étude de l'Institut de recherche sur l'éducation menée dans les académies de Besançon et Dijon indique qu'une même copie corrigée par plusieurs professeurs de sciences économiques obtient une note qui peut varier jusqu'à 11 points. Un élément de plus dans le débat sur le baccalauréat, examen final du secondaire déjà souvent pointé du doigt.

Une "loterie" : selon l'Institut de recherche sur l'éducation de l'université de Bourgogne, le baccalauréat est bien loin d'être l'examen égalitaire que décrivent ses défenseurs. Le chercheur Bruno Suchaut a travaillé dans les académies de Besançon et Dijon, sur 2006 et 2007. Six copies ont été distribuées à 66 correcteurs différents, tous professeurs de sciences économiques et sociales. Les écarts de notation sont au final en moyenne de 2 à 3 points, mais peuvent aller jusqu'à 11 points.
Le but de cette étude était de s'attacher à la notation de matières moins aléatoires que le français ou la philosophe qui sont traditionnellement pointées du doigt. Le travail de Bruno Suchaut montre que les victimes de cette notation variable sont le tiers d'élèves dont les notes se trouvent autour de la moyenne et qui peuvent décrocher ou rater le baccalauréat à quelques points. Cette étude constitue un pavé de plus dans la mare du bac."

Et puisqu'on le dit à la radio c'est donc vrai.
Ca c'est fait.

* Enfin réformer en profondeur pour faire des économies de structure. On a déjà eu pochard, on attend la version officielle sous peu. Ca, ça va être fait...

* Et toujours, brouiller l'écoute, renvoyer de l'un à l'autre, se contredire pour que personne n'y comprenne plus rien. Exemple (source Europe 1, toujours)

"La réforme de cet examen est un sujet récurrent depuis plusieurs années. Même si une commission parlementaire a été créée pour y réfléchir, Xavier Darcos a assuré que cette épreuve qui vient clôturer le cycle secondaire ne sera pas réformée. Pour atténuer l'effet "loterie", le chercheur Bruno Suchaut propose lui de multiplier les questionnaires à choix multiples en guise d'examen parce qu'ils laissent moins de marge de manoeuvre aux correcteurs."


Bref, on s'y perd. C'est un peu comme pour cette pauvre Brenda :

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Dernier de la classe ?

* C'est bien pochard. Comment a-t-il pu être crédule à ce point? On lui disait bien pourtant. Voici ce qu'il déclare dans Le Monde de ce jour :

"Si piège il y a pu y avoir, il est dans cette étrange mais bien réelle idée, qu'au fond, les solutions à mettre en œuvre étaient bien connues. Et que donc notre travail n'était pas tant un travail d'approfondissement qu'une mise en forme de réformes dont l'administration savait déjà ce qu'elles devaient être."
et il poursuit:
"Le rapporteur général ne l'a au demeurant pas caché, faisant valoir rapidement, en substance que "s'agissant de la question enseignante, comme sur beaucoup de sujets en France, on sait depuis longtemps ce qu'il faut faire ; le propos de la commission, ce n'est pas de réinventer ce qu'il faut faire, c'est de l'instiller, en démontrer l'intérêt et l'efficacité…"
Allez lire la suite de ce stupéfiant entrentien d'un néotitualire de la politique (il faut croire...). C'est là.

*Inquiétant quand même : Un instituteur tente de se suicider dans son école

Une info de libé.

Un instituteur de 25 ans a tenté de se suicider vendredi à l'école de Brousses-et-Villaret (Aude), où il a été découvert par un de ses élèves avant les cours, a-t-on appris samedi auprès de la gendarmerie. Il a été transporté à l'hôpital de Carcassonne, situé à une vingtaine de kilomètres du village, et ses jours ne sont pas en danger, ont précisé les gendarmes.
Le jeune instituteur s'est tailladé superficiellement les veines vendredi matin et a absorbé un verre de déboucheur liquide dans une pièce derrière la cantine de l'établissement. Il devait être inspecté l'après-midi. Passionné par son métier, l'enseignant, en poste depuis deux ans au sein du regroupement pédagogique intercommunal (RPI) de Brousses, Saint-Denis et Fraisse, était apprécié par ses d'élèves de CM1-CM2 et se dévouait totalement à son travail, selon le quotidien régional La Dépêche du Midi.

L'inspecteur d'accadémie, Daniel Koch, cité par le journal, a "constaté l'excellent travail de cet enseignant et la qualité des relations établies avec ses élèves". M. Koch, qui n'excluait pas le stress lié à cette visite, a estimé que "s'il a intenté à ses jours au sein de l'école, c'est parce qu'elle est le centre de sa vie et il m'apparaît comme un immense appel à l'aide". Une cellule psychologique a été mise en place vendredi pour l'unique classe de Brousses-et-Villaret et l'enseignant a été remplacé, selon la gendarmerie. La brigade de Cuxac-Cabardès a été chargée de l'enquête

* Enfin éducation civique, pour terminer cette semaine, et à la veille d'une élection. En guise de vidéo de la fin, un vrai film cette fois. Avec L'Elu suivons le cas de monsieur Léon Malville. Une violence politique peu ordinaire. Et si c'était vrai, quelque part... ?

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Acte II : revictoire

*Après cette déclaration de la CNIL, on ne voit pas très bien comment depuis la France, un autre site du même genre pourrait voir le jour.
MAIS, on vous rappelle qu'il en existe un deuxième qui a été en ligne un temps, et qui depuis de longs mois se dit en maintenance (voir notre article là et cette adresse là).

Et il y en a un troisième qui fonctionne déjà : http://www.jenotemesprofs.com/
Ce dernier ne va pas sans détourner un des points de critique formulé par la CNIL (à savoir la divulgation du lieu d'affectation).
Extraits de la déclaration de la CNIl qui fait bien le point de toutes les remontrances que l'on peut formuler à N2B :

Les contrôles effectués par la CNIL les 13 et 18 février 2008 ont permis de constater que le système de notation des enseignants de la société note2be.com poursuit une activité commerciale reposant sur l’audience d’un site internet qui ne lui confère pas la légitimité nécessaire, au sens de la loi, pour procéder ou faire procéder à une notation individuelle des enseignants susceptible de créer une confusion, dans l’esprit du public, avec un régime de notation officiel. La CNIL a également relevé que cette note était attribuée de façon subjective par des tiers dont on ne peut vérifier la qualité.
Conformément à ce que prévoit l’article 7 de la loi informatique et libertés, les enseignants doivent en effet être en mesure d’exprimer leur consentement. Dès lors, la société note2be.com ne saurait se prévaloir d’un « intérêt légitime » pour justifier l’absence de recueil du consentement des enseignants dont les données seraient diffusées sur son site internet.
Ceci étant, tenant compte de la publication de l’ordonnance du juge des référés du 3 mars 2008, la formation contentieuse de la CNIL, lors de sa séance du 6 mars 2008, n’a pas jugé utile de faire usage de son pouvoir de sanction. Toutefois, compte tenu du fait que la mise en ligne sur internet de la notation d’enseignants et de leur établissement d’activité était susceptible de porter atteinte à leur vie privée en diffusant une affectation qu’ils ont pu souhaiter conserver confidentielle pour protéger leur vie privée, leur famille ou leur intégrité physique, la CNIL se réserve la possibilité d’user de son pouvoir de sanction en cas de nouveau manquement constaté.

Victoire donc, mais encore à imposer partout.
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Sale aire

* "il faudrait revaloriser tous les traitements indiciaires de 25% pour remettre les débutants de 2004 au niveau de ceux de 1981". C'est du moins l'avis de deux analystes du niveau de vie des enseignants qui ont publié à plusieurs reprises des articles sur le salaire des profs. aujourd'hui ils expliquent pourquoi, la commission Pochard a préféré gommer cet aspect des choses dans son rapport en triturant les chiffres et conclure par un « Le pouvoir d’achat des rémunérations nettes des enseignants est resté à peu près stable de 1990 à 2005 ».

C'est à lire sur
Plus particulièrement ici.

Bref, si ça continue, on va bouffer que des nouilles.
Il faut s'y préparer.

Là je ne résiste pas, je suis même obligé d'envoyer un Lefred. C'est la vidéo du milieu :


HALLENOUYA
envoyé par chezwat


* Analyse du discours gouvernemental et de ses méandres. Une bonne confrontation dans le café pédagogique du discours du Président (Lettre aux éducateurs) et des dernières déclarations de Périgueux par le même président, autour des programmes de primaire. L'auteur se demande même si les premiers propos ont vraiment été pensés. Bref, analyse d'une nouvelle forme de propagande : le retour au silence.

C'est là.

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Le site à la con fait-il des HSA ?

Pas sûr, étant donné ce qu'elles rapportent. Voyez plutôt :

* Au tour des médecins d'être notés.
Voici le site qui pense se lancer dans l'aventure : http://www.note2bib.com/ (quelle originalité! le nom de domaine a été réservé il y a quelques semaines...).

*HSAhhh ! (heures supplémentaires année). Toutes les heures supp' des fonctionnaires sont passées à 25 % en plus de l'heure travaillée ordinaire. Toutes ? non ! Pas celles des enseignants. Pourquoi? (va savoir). Vu sur Acteur public.com.

"Le 29 février, le décret concernant la majoration de 25 % des heures supplémentaires des fonctionnaires a été publié. Le régime des agents des trois fonctions publiques est aligné sur le privé. Sauf s'agissant du taux horaire de référence et des heures supplémentaires annuelles (HSA) des enseignants. Ces dernières pesaient 542,5 millions d'euros dans le budget de l'État en 2007.
Une enveloppe de 335 millions d'euros (...)
Les profs exclus
La facture aurait pu être largement plus élevée. Pour deux raisons au moins. Primo, le taux horaire utilisé comme base pour calculer la majoration de 25 % reste dans certains cas inférieur à celui d'une heure normale. De ce point de vue, les agents publics continueront d'être moins bien lotis que les salariés du privé. Secundo, les heures supplémentaires annuelles (HSA) des enseignants ne bénéficieront pas du nouveau régime. Celles-ci sont attribuées à chaque enseignant une fois pour toute en septembre, et s'étalent sur l'ensemble de l'année scolaire. L'enjeu financier n'était pas mince, étant donné que les enseignants constituent de loin le plus gros effectif des agents de l'État. Les HSA représentent les trois quart des heures supplémentaires effectuées par les enseignants et pesaient 542,5 millions d'euros dans le budget du ministère en 2007. A en croire le ministère, ces heures sont payées autant que les heures normales. Les syndicalistes assurent, eux, qu'elles le sont moins. D'après Fabienne Bellin du Snes, pour un professeur certifié du 8e échelon, la première heure supplémentaire annuelle, qui est obligatoire, est payée 6 % de moins qu'une heure normale et les suivantes, que l'enseignant peut refuser, le sont de 21 %. Les querelles de chiffres entre syndicats et ministère ne sont pas prêtes de finir."

Il faudra dire à l'auteur de cet article qu'il n'y a pas de querelles de chiffres, mais qu'il faut faire un petit effort pour comprendre. Les HSA sont payées à l'échelon 4 du corps dans lequel le fonctionnaire se trouve. Et qu'on est à l'échelon 4 au bout de deux ans de fonction. Après c'est donc la dégringolade financière. Pour un Agrégé, la 1ère HSA (majoré de 25 % depuis Allègre) doit être autour de 29 € l'heure. Pour rappel le prix des heures de remplacement au pied levé des profs absents pour les Agrégés était de 51 € l'heure (et cela pour faire de la surveillance). Pour info, toujours, une heure de vacation à l'université rapporte 39, 5 €. Chacun appréciera le travail à fournir à chaque fois et la juste rémunération.


*« Les communistes, c’est comme les pédophiles, ça ne devrait pas exister ». Qui est à l'origine de cette fulgurante maxime ? Cela vient d’Anne L., jeune colistière de Darcos à Périgueux. Pour ceux qui ont déjà oublié, on rappelle que Darcos, c’est celui qui veut rétablir l’ « instruction morale et civique » à l’école (trouvé sur Bellacio, merci Lubin). Qu'il commence par balayer devant sa porte.


*Allegrement. IL s'y voit déjà. Le Figaro nous donne quelques confidences à son propos.

Malgré les fortes préventions de l'UMP, Claude Allègre s'imagine déjà remplacer Valérie Pécresse au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche après les municipales. «Il ne doute de rien et a déjà la composition de son cabinet en tête», assure une source gouvernementale, qui précise que, lors du récent dîner du Siècle, l'ancien ministre de l'Éducation de Jospin a pris soin d'éviter Valérie Pécresse. La nomination d'Allègre serait «assez mal ressentie», observe-t-on à l'UMP : «Le bilan de Pécresse est très bon, Xavier Darcos, ministre de l'Éducation, ne porte pas Allègre dans son cœur, et Jean-Louis Borloo, ministre de l'Environnement, comprendrait mal qu'on nomme quelqu'un qui clame haut et fort que le réchauffementde la planète est une fiction.» Le nom de Claude Allègre est cité aussi quand on parle du remplacement de Christine Albanel à la Culture.
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Acte I : victoire.

* Note 2 be condamné à ne plus donner d'info nominatives. Mais il fait appel. voir le site contrenote2be.com.


*J. Lang déclare à propos des nouveaux programmes du primaire: on peut craindre "un appauvrissement intellectuel de l'école" (sur Le Monde.fr). Les rumeurs insistantes font de lui un des prochains ministres. Avec son départ, c'est sûr on a pas à craindre un appauvrissement intellectuel de la gauche (quelle gauche ?)



*Réforme du bac en oeuvre.
Cela se précise ? C'est le Sénat qui s'y colle, du moins c'est sur le Figaro.fr. Et on voit apparaître la référence aux examens européens, à la réduction du nombre d'épreuves, au contrôle continu...

Bac : le Sénat propose un examen sur deux ans

Un groupe de travail sénatorial réfléchit à une série de propositions pour réformer l'épreuve.
Réduction du nombre d'épreuves du bac, étalement de l'examen sur deux ans : telles sont les premières idées d'un groupe de travail sénatorial intitulé «À quoi sert le baccalauréat ?» qui auditionne, depuis la fin du mois de décembre, des spécialistes de l'éducation.
Le sénateur UMP Jacques Legendre (Nord), président de ce groupe, remettra son rapport en mai au moment même où Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation nationale, devrait annoncer ses premières pistes de réforme du lycée. Et il espère bien influer sur ces choix. «Nous ne voulons pas arriver après la bataille. J'espère bien que certaines de mes idées seront reprises», explique le sénateur qui se dit par ailleurs «totalement indépendant du gouvernement».
Son objectif est d'avancer des propositions pour lutter contre l'échec massif des étudiants au cours de leurs premières années dans l'enseignement supérieur, et de présenter un état des lieux du bac qui fête cette année ses deux cents ans. Jacques Legendre se dit convaincu de la nécessité de conserver le caractère national de l'examen. Son groupe de travail étudie notamment la possibilité de passer le bac en deux ans, «alors que l'année de terminale est considérée aujourd'hui comme très lourde». Le nombre d'épreuves nécessaires pour tester la valeur d'un candidat est également l'un des thèmes de réflexion. «Pour beaucoup de spécialistes, quatre ou cinq devraient suffire», rappelle Jacques Legendre.

Le contrôle continu, «un point délicat»

Une meilleure organisation matérielle du bac est par ailleurs à l'étude. Les huit sénateurs participant au groupe de travail, tous membres de la commission culturelle, ne refusent pas l'idée d'une dose de contrôle continu, «même si c'est un point délicat puisqu'on peut nous reprocher de vouloir un bac maison et non plus un examen national».
Ils souhaitent enfin «la fin du bidouillage des notes». Pour eux, il est difficile de dire que les épreuves sont anonymes et de repêcher dans le même temps selon des critères plutôt obscurs. Les consignes d'harmonisation des notes devraient être «rendues publiques car la valeur du bac passe par sa clarté», assure l'un des sénateurs qui souhaiterait par ailleurs que les professeurs d'université s'investissent davantage dans les jurys d'examen, «alors que le bac reste le premier diplôme de l'enseignement supérieur». Le groupe de travail entend promouvoir l'introduction de la notion européenne de compétences à acquérir, validées par un système de crédits. Ce qui permettrait, selon les sénateurs, de mieux tester le niveau atteint par un lycéen. Le groupe de travail a déjà auditionné une série de personnalités, comme Jean-Robert Pitte [gauchiste de Paris IV, vous vous souvenez, voir ici (deuxième partie d'article)], président de l'université Paris-Sorbonne et auteur d'un pamphlet vigoureux contre le baccalauréat l'année dernière, les directeurs de l'administration centrale, les syndicats, ainsi que des historiens et sociologues de l'éducation. Reste à savoir si le Sénat saura faire entendre sa voix au printemps prochain. «Le gouvernement s'est bien inspiré de mon rapport sur la diversité sociale dans les classes prépas, en imposant que les lycées y envoient 5 % de leurs élèves les plus méritants, observe Jacques Legendre. Il faut savoir être persévérant.»


*Statut de fonctionnaire. Il n'est pas certain en effet que le statut des profs soit finalement modifié. En effet, cela ne servirait peut-être à rien parce que l'on pense plutôt à changer en profondeur celui des tous les fonctionnaires d'Etat. Voyez plutôt.

Le 4 février le Ministre de la Fonction publique a communiqué aux organisations syndicales un projet de loi en 15 articles visant à modifier le Statut général.
Selon le calendrier présenté par les autorités ministérielles, ce projet devrait être examiné en session plénière du Conseil supérieur de la Fonction publique dans la 2ème quinzaine de mars, l’ensemble du dispositif ayant vocation a devenir opérationnel dès cette année.

Sans rentrer, à ce stade, dans le détail des différents articles, l’UGFF tient immédiatement à alerter sur les enjeux de ce texte qui, sous couvert de mobilité, comporte notamment trois mesures particulièrement dangereuses.

- Ainsi, l’article 7 prévoit la création d’une nouvelle situation statutaire dans laquelle serait placé le fonctionnaire « privé d’affectation par suite d’une suppression ou d’une modification substantielle de son emploi ». A l’issue d’une période de 2 ans, pendant laquelle l’administration chercherait à favoriser le reclassement professionnel, dans la Fonction publique ou dans le secteur privé, le fonctionnaire pourrait être mis « d’office en disponibilité ». C’est la fin de l’obligation faite à l’administration d’affecter un agent titulaire sur un emploi qui est ainsi programmée.

- L’article 8 envisage de généraliser les possibilités de cumul d’emplois à temps non complet à l’ensemble du territoire. Cette disposition introduite il y a un an dans le Statut était jusqu’à présent limitée aux zones rurales. C’est la porte ouverte en grand au recrutement d’agents publics à multi employeurs et, au moins pour la Fonction publique de l’Etat, une atteinte importante au principe selon lequel un emploi statutaire est un emploi à temps complet.

- L’article 9 prévoit de modifier le Code du Travail pour permettre à l’administration et à ses établissements publics d’avoir recours à l’Intérim « pour pourvoir rapidement des vacances temporaires d’emplois ou faire face à des besoins occasionnels ou saisonniers ou à des surcroîts d’activités ». Cette mesure est présentée cyniquement comme destinée à « limiter la reconstitution d’un volet d’emploi précaire dans l’administration ». En rompant la relation contractuelle avec l’employeur public, elle vise à exonérer l’Etat et les collectivités territoriales de leurs responsabilités envers les agents recrutés sous contrat à durée déterminée.
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