Résistances

* Menaces sur la liberté d'expression des enseignants (suite et pas fin): L'inspecteur d'académie à Paris a-t-il menacé de démettre une directrice d'école de ses fonctions parce qu'elle avait répondu aux questions de Rue89 ? Mercredi soir, Edouard Rosselet démentait. Or c'est pourtant ce que rapportent plusieurs témoins d'un entretien qui s'est déroulé mardi après-midi dans les bureaux du représentant du ministère dans la capitale.


l'affaire est détailée dans cet article de Rue89


* C'est pour ça qu'il ne faut pas fermer notre gueule. Après le SNES, voici SUD qui se désolidarise de l'intersyndicale de lundi.

SUD éducation ne suspend pas la mobilisation

jeudi 29 mai 2008
Dernière mise à jour 29 mai 2008

La Fédération des syndicats Sud Education se désolidarise des décisions et des déclarations publiées après la réunion de l’intersyndicale de l’Education mardi 27 mai. En effet, lors de cette rencontre, nous avons rappelé que, depuis l’automne 2007, le syndicat Sud Education n’a cessé de dénoncer les attaques gouvernementales pernicieuses faites à l’Ecole, de la maternelle à l’université et à la Fonction Publique. Sud Education a cherché à impulser la mobilisation contre la casse de l’Education Nationale, en appelant à la grève, en soutenant les mouvements de résistance et les blocages d’établissements. Seule la détermination de la mobilisation peut arrêter le rouleau compresseur des réformes gouvernementales. Sud Education s’insurge contre les annonces de suspension de la mobilisation. La Fédération des syndicats Sud Education continue à participer activement aux luttes en cours, notamment aux mouvements de grève reconductible dans le 1er degré à Paris. Elle envisage les suites à donner pour la période des examens et pose, dès aujourd’hui, un préavis de grève pour le 16 juin.


* Et puis parce que en face, la propagande continue : redoublements
(20minutes.fr)

Le redoublement scolaire ne préoccupe pas que les parents d’élèves. Selon la radio
RTL, Xavier Darcos «invité les chefs d’établissement à limiter les redoublements». «Plusieurs principaux de collège, proviseurs de lycée et directeurs d'école ont reçu des lettres avec des objectifs chiffrés, affirme RTL. Raison invoquée: le redoublement coûte trop cher et ne serait pas efficace.»

Une information aussitôt démentie par le ministre de l’Education, qui soutient n’avoir donné «aucune consigne» qui rappelle dans un communiqué que «seuls les professeurs réunis en Conseil de classe autour des chefs d’établissements sont habilités à décider du redoublement d’un élève». Et le ministre de rétorquer: «La baisse du redoublement sera la conséquence de l’amélioration du système scolaire engagée par Xavier Darcos. Elle ne se décrète pas.»

Sauf que les chefs d'établissement en bons serfs sont notés sur le taux de redoublements et qu'on leur tape sur les doigts si il y en a trop. Alors à d'autres heim, se démenti.

* Pour que cela ne devienne jamais ça les nouveaux programmes : l'esprit, par Bruno Candidat (un must)

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Canneries diverses

* Fin des hostilités syndicales promulguée par décret depuis l'Elysée. Je ne plaisante qu'à peine... [MAJ allez jusqu'au bout]
AFP
Le mouvement est terminé... jusqu'à la rentrée
- le 27/05/2008 - 19h36

Huit syndicats, dont la FSU, l'Unsa-Education, le Sgen-CFDT,[mais aussi les autres...?] ainsi qu'une fédération de parents d'élèves et l'Union nationale lycéenne, réunis mardi à Montreuil, près de Paris, ont décidé de suspendre le mouvement contre les suppressions de postes " pour la période des examens". "Le mouvement se poursuit sur le plan local contre les suppressions de postes mais il n'y aura pas de nouvelle grève d'ici la rentrée, notamment en raison de la période des examens", a déclaré Frédérique Rollet, du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes).

Mais tout n'est pas fini. Les syndicats, qui préciseront leur position mercredi dans un texte commun, ont décidé de se revoir les jours précédant la rentrée de septembre pour examiner la question d'une éventuelle poursuite du mouvement. Car "il faut que le gouvernement entende que la colère et l'exaspération de la communauté éducative sont toujours là", a expliqué Dominique Thoby, secrétaire nationale du SE-Unsa. "Nous nous reverrons en août une fois les lettres-plafond (qui détermineront les grandes tendances du budget 2009 par ministère, ndlr) connues", a confirmé Frédéric Rollet.

Ces organisations étaient à l'origine de la journée de manifestations samedi dans toute la France qui a réuni entre 18.400 et 40.000 personnes.

C'était gentil d'être venu...
Ah, tiens un rectificatif du SNES à 21 h 30 : c'est pas cela ! Mais que croire ? Panique à bord ?

SNES - fsu
Communiqué de presse

Pour le SNES, l’action ne s’arrête pas en juin !

Lors de la réunion de l’intersyndicale de l’éducation du mardi 27 mai,
le SNES et la FSU ont proposé de poursuivre l’action en appelant dès maintenant à une journée de grève nationale unitaire le vendredi 6 juin.
Aucun accord n’a pu être trouvé sur cette orientation : le Sgen-Cfdt et l’Unsa notamment considérant qu’aucune action nationale d’ampleur n’était envisageable dans cette période.
Ni le SNES ni la FSU ne sauraient envisager un tel arrêt de l’action alors que le gouvernement s’entête à maintenir les suppressions de postes pour 2008, que le Président de la République vient encore de confirmer comme non négociable le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qu’aucune négociation n’est ouverte sur la revalorisation du métier d’enseignant. A cela s’ajoute le dépôt par le gouvernement d’un projet de loi remettant en cause le droit de grève dans l’éducation nationale à travers le « service minimum d’accueil ».
Lors de la réunion des fédérations de la fonction publique tenue ensuite, il n’a pas été possible non plus de parvenir à une décision d’action dans le cadre le plus large. Le SNES et la FSU sont déterminés à parvenir dans les prochains jours à une décision d’action unitaire avec tous ceux qui considèrent que l’action doit être poursuivie en juin.
Le SNES appelle les syndiqués et les personnels à faire connaître ces propositions, à débattre dans les établissements des suites immédiates de l’action pour imposer la prise en compte de leurs demandes.
Paris, le 27 mai 2008 – 21 h 30

* Cela marche pour notre hyperprésident
, mais aussi bien d'autres de nos représentants (syndicaux entre autres), et bien sur d'un certain nombre de nos collègues (je me comprends). "Tu parles trop !"

Visitez leur site : h
ttp://www.lesfilmsdevacances.net/LRK/index.html

* Réglementation sévère du droit de grève (alors que de nombreux syndicats viennent de signer un accord avec le gouvernement sur le dialogue social - sauf FO c'est à souligner). Voici selon l'AFP ce que propose Darcos aux syndicats.

"Droit d'accueil/primaire: au moins 10% des enseignants en grève, négociation préalable obligatoire

Les communes devront organiser un dispositif d'accueil des élèves lorsqu'au moins 10% du nombre total d'enseignants des écoles publiques de la commune ont l'intention de participer à une grève, selon l'avant-projet de loi sur le droit d'accueil des élèves en primaire les jours de grève, qui oblige aussi Etat et syndicats à une "négociation préalable".
Cet avant-projet de loi devait être soumis à la discussion des syndicats avec le ministre de l'Education Xavier Darcos qui les reçoit lundi et mardi.
"Dans le cas où un préavis de grève a été déposé (...), toute personne qui exerce des fonctions d'enseignement dans une école maternelle ou élémentaire publique informe, au plus tard quarante-huit heures avant de participer à la grève, l'autorité administrative dont elle relève, de son intention d'y participer", stipule en outre le texte, transmis lundi à l'AFP.
L'article 3 du projet prévoit que "lorsque le nombre des enseignants qui ont déclaré leur intention de participer à la grève est égal ou supérieur à 10% du nombre total des enseignants exerçant leurs fonctions dans les écoles publiques d'une commune, celle-ci organise le dispositif nécessaire à l'accueil des enfants".
Un autre article ajoute que "le dépôt d'un préavis de grève par des organisations représentatives des personnels enseignants du premier degré ne peut intervenir qu'après une négociation préalable entre l'Etat et ces organisations syndicales". Cette négociation ne peut excéder 8 jours après le dépôt d'une notification de préavis de grève par un syndicat.
Les règles d'organisation et de déroulement seront fixées par un décret en Conseil d'Etat."



* Festival de Crânes. Tout le monde s'accorde pour dire que le cinéma c'est l'Art par excellence surtout depuis qu'il félicite le cinéma français. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais on peut trouver curieux cette absence de commentaire sur le contenu réel du film primé à Cannes (enfin je veux dire quatre chose que du "on est les meilleurs !").

Voici peut-être
un début d'explication avec cet article de Marianne2 (on lit ce que l'on peut. Il y aurait pour son auteur, qui a vu le fil, de quoi réagir s'étonne quand même un peu.
(C'est dommage que sa seule contre référence soit Brighelli, mais bon...)

Cannes : Bégaudeau, il vaut mieux le voir au cinéma que le lire

Auteur du roman «Entre les murs» qui a inspiré le film éponyme de Laurent Cantet, primé à Cannes, François Bégaudeau incarne jusqu'à la caricature cette pensée à la mode qui prétend que toute faute d'orthographe est une preuve nouvelle de créativité. L'intégration suivra…L'auteur aura, au moins lui, réussi son intégration dans le microcosme médiatique.


Télérama adore, les Inrocks en redemandent, Le Nouvel Obs en raffole [déjà c'est vrai ca part mal, c'est un peu comme lorsque Santini félicte les syndicats]. Et Cannes, la luxuriante et frénétique, y discerne même un message politique. Bref, c'est tout Saint Germain et sa lointaine banlieue festivalière qui aime à se reconnaître dans la vision de l'école que propose François Bégaudeau, auteur du roman «Entre les murs» qui a inspiré le film de Laurent Cantet.
Clone professionnel de Beigbeder, Bégaudeau a vite fait son trou dans le Paf. Prof en disponibilité, il occupe les médias à tour de bras : auteur de papiers d'humeur dans des magazines tendance, chroniqueur télé et, désormais, acteur. Etonnante d'ailleurs que cette déclaration d'amour, que l'on voudrait croire sincère, pour le métier « d'enseignant de banlieue » quand on se met en disponibilité pour se consacrer à des activités bien plus hype comme le cinéma, la télévision, les chroniques littéraires et les débats mondains.

Prof devant les caméras
A croire que le métier de prof en banlieue n'est, en effet, jamais aussi formidable que quand on ne l'exerce plus - ou pour les seuls besoins du septième art. Car si François Bégaudeau se plaît à répéter qu'il connaît véritablement l'école et ses difficultés, il est aussi sans doute le seul prof qui attend le « ça tourne ! » du réalisateur pour commencer son cours.
Jean-Paul Brighelli, prof, essayiste et auteur de «La Fabrique du crétin», se félicite d'ailleurs de l'attribution de la palme d'Or au film de Laurent Cantet :
« Je crois que Bégaudeau est en vacances de l'éducation nationale depuis deux ans. Grâce à cette Palme d'Or, il va pouvoir gagner suffisamment d'argent pour ne pas y revenir. C'est le seul vrai bon point que je vois ». [la palme d'or du meilleur bon mot attribué à l'unanimité à Brighelli, même si je ne l'aime pas]

Une littérature sans estomac
Brighelli tient tout de même à faire une très nette distinction entre le film de Laurent Cantet et le livre de François Bégaudeau :
« Le film est peut-être très bien. Personnellement, j'avais beaucoup aimé Ressources humaines. Dans l'histoire du cinéma, il y a des exemples d'adaptations de romans moyens qui ont donné des chefs d'œuvres. Le roman de Kessel, Belle de Jour, adapté par Bunuel en est un exemple. De même, il est fort possible que Bégaudeau soit très bon acteur dans son propre rôle car comme le disait Diderot un comédien c'est « une structure vide dans laquelle on peut faire entrer n'importe quoi » » ajoutet-il « mais le livre est à la hauteur de son auteur. C'est la description d'un monde irréel, la vision du prof qui a beaucoup à apprendre de ses élèves. Il correspond exactement à la définition que Pierre Jourde faisait de la littérature sans estomac ».

Un film à destination des vieux
Une littérature consensuelle à souhait, convaincue de faire oeuvre de salubrité publique. D'ailleurs, tout juste distingué de sa palme, suffisant comme jamais, Bégaudeau y allait de ses certitudes :
« C'est plutôt un film à destination des vieux, si je peux me permettre. Il y a un discours sur la jeunesse qui est vieux comme le monde et qui a tendance à s'intensifier depuis quelque temps, à savoir: les jeunes sont cons, les jeunes jouent aux jeux vidéo, ils sont analphabètes etc. » ["de l'édification des sarkosystes donc"]
Un discours aussi platement binaire qu'angélique auquel on aimerait presque adhérer. Malheureusement aussitôt démenti, malgré lui, par l'un des jeunes acteurs du film, réagissant à l'attribution de la Palme d'Or au film de Laurent Cantet: « Si on nous aurait dit qu'on irait à Cannes, je l'aurais pas cru. Si on nous aurait dit qu'on aurait la Palme d'or, non plus ».
Il est des retours brutaux à la réalité.

Brûler des voitures, une preuve de puissance
Si la plupart des politiques ont salué le prix attribué au film de Laurent Cantet, à l'époque de la sortie du livre de François Bégaudeau peu s'étaient félicités de sa formidable clairvoyance :
«Si on est dans la rue et qu'on brûle des voitures, d'une certaine manière, on fait preuve de puissance et on essaye de revendiquer une forme d'énergie. Et ça, ça n'est pas rien» , expliquait ainsi l'ex-prof dans un débat l'opposant à Alain Finkielkraut.
Bégaudeau ne disait pas si le constat était aussi valable quand les énergiques jeunes gens prennent pour cible l'école du quartier…
Régis Soubrouillard

Evidement si on l'oppose à Finkielkraut c'est sûr....Attendons de le voir ce film et on en reparlera.

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Avenir

* Accord syndicats fonction publique - gouvernement sur le dialogue-social. SGEN-CFDT, CGT, FSU, UNSA, en attendant la CGC et FO. Seule la CFTC a refusé.
C'est sans doute toute la recomposition syndicale de l'année prochaine qui est en jeu...

Fonction publique: cinq syndicats signent un accord sur le dialogue social


PARIS (AFP) — Cinq organisations syndicales de fonctionnaires sur huit représentant plus de 65% des agents, ont accepté vendredi de signer un texte sur le dialogue social dans la Fonction publique, qualifié d'accord "historique" par le ministère du Budget et de la Fonction publique.

"C'est le premier accord fruit d'une négociation sur le dialogue social et son organisation au sein de la Fonction publique depuis sa fondation en 1946", ont indiqué vendredi dans un communiqué le ministre du Budget et de la Fonction publique Eric Woerth et le secrétaire d'Etat à la Fonction publique André Santini qui l'ont signé.

Selon les ministres, cet accord est "historique pour le dialogue social dans la Fonction publique".

La CGT, la FSU, l'Unsa, Solidaires ont donc accepté de signer le texte, se joignant à la CFDT qui avait déjà donné son accord mardi, a précisé le ministère à l'AFP.

A l'issue d'une ultime séance de négociation début mai, le gouvernement avait remis deux relevés de conclusion aux syndicats qui avaient jusqu'à ce vendredi pour se prononcer.

Le premier texte prévoit de renforcer le poids des élections pour mesurer la représentativité des syndicats, sur le modèle de l'accord récent dans les entreprises privées, et de mieux prendre en compte les voix des agents non titulaires.

Il fixe aussi des critères pour définir la validité d'un accord, une première dans la Fonction publique, qui emploie 5,2 millions de personnes.

Désormais, un accord sera considéré comme valide s'il recueille la signature de deux syndicats représentant au moins 20% des voix et s'il ne rencontre pas l'opposition d'organisations représentant une majorité de voix.

Et à partir de 2013, un accord sera valide seulement s'il est signé par des syndicats représentant une base électorale de plus de 50% de votants.

Le projet prévoit aussi la création d'une instance consultative commune aux trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) qui sera appelée à se prononcer sur les sujets "transversaux"

Enfin, désormais, seuls les syndicats voteront dans les instances consultatives et en cas d'opposition unanime à un texte, une nouvelle discussion devra se tenir.

"Portées par les mobilisations qui ont eu lieu de manière très forte depuis des semaines, les organisations syndicales ont obtenu des avancées importantes dans ce texte" et "certaines revendications portées depuis des années par la CGT ont été reprises", s'est félicité Jean-Marc Canon (CGT).

Se félicitant que "des négociations avec le gouvernement aient enfin eu lieu" sur ce sujet dans la Fonction publique, la FSU estime que les dispositions du texte "vont dans le sens d'un renforcement de la démocratie et d'une plus grande légitimité syndicale".

Dans un communiqué, l'Unsa a cependant indiqué qu'elle signait "avec réserves", critiquant les dispositions de l'accord relatives aux "négociations et à la valeur des accords".

La CFTC a refusé de signer tandis que ni FO ni la CFE-CGC n'avaient fait connaître leur position vendredi en fin d'après-midi.

On a toujours pas de nouvelles de ces derniers.
Par contre, il y a du rififi sérieux à la FSU ou Aschiéri aurait fait un puputch contre les statuts de son syndicat pour emporter le fait de signer cet accord.

* Notation des établissements c'est reparti... On se souvient de Note2be. Voici un nouveau site de notation, cette fois conforme à la loi, qui note les établessements scolaires et non plus les profs.

http://www.aucoeurdesecoles.com


* Enfin, bonne blague. C'était un peut trop irréaliste, c'est vrai, mais comme tout est possible. La dépèche suivante est malheureusement fausse :

Le "Che" de Soderbergh, Prix de l'Education nationale 2008

"Che", le diptyque de Steven Soderbergh sur la vie du révolutionnaire Che Guevara, en compétition officielle au Festival de Cannes, a remporté le Prix de l'Education nationale 2008, a annoncé samedi à Cannes le ministère de l'Education nationale.

En fait :
ZE wineur is Tulpan, le film du kazakh Sergey Dvortsevoy, film sur la vie d'un berger kazakh. Sans doute un révolutionnaire bien sûr.
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Réformation

* Réforme du lycée : ça se précise : le poisson pilote serait ...

Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l'académie d'Aix-Marseille depuis juillet 2004.

Un habitué des salons parisiens de l'EN paraît-il.

* Promesses et protocole d'accord sur la rénovation de la voie professionnelle signé avec trois organisations syndicales. Et pas n'importe lesquelles....

"Trois premières organisations syndicales (le SNETAA-EIL, syndicat le plus représentatif des professeurs de lycées professionnels, le SNPDEN-UNSA éducation et ID-FAEN, syndicats des chefs d'établissements) signeront avec Xavier Darcos, ministre de l'Éducation nationale, le protocole d'accord relatif à la rénovation de la voie professionnelle, le vendredi 23 mai à 12 heures.
Ce processus de signature, qui reste ouvert à d'autres organisations, est l'aboutissement des réunions engagées le 18 décembre 2007 dans le cadre du « protocole de discussion ».
La rénovation de la voie professionnelle permettra à tous les jeunes d'accéder à un diplôme de niveau V. Elle contribuera à augmenter le niveau général des qualifications en créant un « cycle de référence en 3 ans » pour l'obtention du baccalauréat professionnel. Les modalités pédagogiques et organisationnelles de la rénovation, qui visent notamment à introduire plus de souplesse en développant les passerelles entre les formations et à développer des parcours plus individualisés pour les jeunes, sont précisées dans le relevé de conclusions annexé au protocole d'accord.
Des modules de soutien et de remédiation permettront d'aider les élèves qui seraient en difficulté. En outre, il est rappelé que le diplôme du B.E.P.  sera maintenu et qu'une session de rattrapage sera introduite au baccalauréat professionnel au fur et à mesure de l'avancement de la rénovation de la voie professionnelle.
La rénovation s'accompagnera
d'améliorations statutaires pour les professeurs de lycées professionnels."

ah, ben alors ça va mieux....
Sinon,
la question Mammouth du jour : comment entretenez-vous votre sinistrose ambiante dans votre établissement ?
Nous, on ne se regarde plus à a photocopieuse, on s'ignore dans les couloirs, on s'interroge sur le temps et la hauteur de la pelouse...
Exprimez-vous dans les commentaires...
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Une journée d'action le 15 août ?

* Si ça continue, c'est bien ce que l'on va avoir. Et ce sera bien fait pour nous. Voici une dépèche issue d'un comuniqué des organisations syndicales :

Une nouvelle journée d’action est prévue dans l’éducation le samedi 24 mai, à l’appel de 19 organisations dont la FSU, UNSA-Éducation, SGEN-CFDT, les parents d’élèves de la FCPE, l’UNL, l’UNEF, la Ligue de l’enseignement, le CRAP... avec des manifestations dans tous les départements. L’intersyndicale de l’Éducation nationale, réunie ce 19 mai, a confirmé son appel à l’action pour le 24 mai. Les fédérations de l’Éducation nationale se réuniront à nouveau pour décider des suites de l’action en fonction des réponses qui seront apportées par le gouvernement et en particulier, par le ministre de l’Éducation nationale. Côté fonction publique, la réunion des fédérations de fonctionnaires à laquelle participaient FSU, CGT, Solidaires, FO, a évoqué la piste à confirmer d’une nouvelle journée d’action à la mi-juin.

On parle déjà du 16 juin ici et là.

* La CFDT toujours plus proche de Dieu (Les échos; d'après AFP):

La CFDT signe un accord sur le dialogue social dans la Fonction publique
L'Union CFDT des fédérations syndicales de fonctionnaires (UFFA-CFDT) va signer le principal relevé de conclusions issu des négociations sur le dialogue social dans la Fonction publique, a-t-elle annoncé mardi dans un communiqué.
L'UFFA-CFDT, "à l'unanimité des fédérations qui la composent, décide de signer le relevé de conclusions relatif à la rénovation du dialogue social dans la Fonction Publique". "Ce relevé de conclusions vise à une rénovation en profondeur des relations professionnelles dans les trois versants de la Fonction publique", précise la deuxième organisation syndicale de fonctionnaires, estimant que les "mesures clés" du texte "vont permettre d'apporter par la négociation des réponses concrètes et pertinentes aux attentes des agents".
L'union syndicale souligne par ailleurs qu'elle ne signera pas le second volet relatif à la modification des commissions administratives paritaires (CAP), instances consultatives chargées de gérer la carrière professionnelle des agents. A l'issue d'une ultime séance de négociation sur le dialogue social dans la Fonction publique, le 6 mai, le gouvernement avait remis aux organisations syndicales deux projets d'accord, comportant des "avancées" selon les syndicats, qui ont jusqu'à vendredi pour se prononcer.
Le premier relevé de conclusions prévoit notamment de renforcer le poids des élections pour mesurer la représentativité des syndicats et de mieux prendre en compte les voix des agents non titulaires. Le second relevé sur les CAP rencontre l'opposition unanime des syndicats qui craignent que ces instances ne perdent une partie de leurs prérogatives. (source AFP)


*En attendant le grand jour de la grève générale, une sélection musicale pour patienter (à retrouver aussi sur la page Best of):


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Les cons, ils osent tout ...

...et c'est à cela qu'on les reconnaît. Encore une fois aujourd'hui, les preuves :


* Après la manif du dimanche Darcos annonce aux syndicats une lettre.

C'est bien, mais on préférerait des mots, voire des phrases.


* "Manuel pour bien préparer son entrée dans un gouvernement de droite quand on s'est dit un jour de gauche", par Claude Allègre, sortie imminente. Chapitre 278 : sachez être d'accord avec votre futur maître. Exemple (sur le site d'Europe 1, bien sûr) :

Allègre veut dégraisser les syndicats d’enseignants
Créé le 17/05/08

L’ancien ministre de l’Education a affirmé sur Europe 1 samedi matin qu’il était en faveur du projet de loi sur le service minimum d’accueil dans les écoles proposé par Nicolas Sarkozy jeudi après une journée de mobilisation des enseignants. "Il ne faut pas espérer des propositions des syndicats, il n’en ont pas", a assuré Claude Allègre.
Je pense qu’à terme, ça arrêtera les grèves parce qu’à partir du moment où on verra qu’on ne gêne pas d’une manière terrible les citoyens, on verra l’inefficacité de la grève qui est à mon avis un moyen archaïque de négociations" : Claude Allègre, invité d’Europe 1 samedi matin, a salué la proposition faite par Nicolas Sarkozy jeudi soir d’imposer un service minimum d’accueil dans les écoles les jours de grève. "Moi je suis pour le service maximum", a expliqué l’ancien ministre de l’Education nationale.

Claude Allègre a attaqué au passage les syndicats d’enseignants dans leur ensemble. "Il ne faut pas espérer des propositions des syndicats, ils n’en ont pas", a jugé l’ancien ministre.
Celui qui en son temps avait créé une vaste polémique en affirmant qu’il voulait "dégraisser le mammouth" a par ailleurs à nouveau réaffirmé son opposition à tout maintien ou augmentation des effectifs dans l’Education nationale. "Depuis 20 ans, depuis 30 ans, pas un projet, de n’importe quel ministre de droite ou de gauche, a recueilli l’accord des syndicats d’enseignants. La seule chose qui recueille un accord c’est l’augmentation des postes", a lancé Claude Allègre.


* Grève et complot médiatique ? C'est ce que croit ce grand site ou l'objectivité règne en maître, S.O.S. Education. La preuve.

La grève du 15 mai a échoué
 
La majorité des grands médias se félicite à sons de trompe du succès qu’aurait prétendument connu le mouvement de protestation du 15 mai au sein de l’Education nationale. Les chiffres montrent qu'il a au contraire essuyé un échec.
• La manifestation nationale organisée à Paris n’a pas rassemblé plus de 18 000 personnes selon la préfecture de police, dont les chiffres sont généralement fiables. Encore ce cortège ne réunissait-il pas seulement les lycéens en goguette et les enseignants en grève, mais surtout des fonctionnaires n’ayant rien à voir avec l’Education nationale. Pour mémoire, on recense en France 884 000 enseignants (dont 739 000 dans le public) et près de 5,5 millions de collégiens et lycéens (filières générales et professionnelles confondues). Moins de 2 % d'entre eux participaient au défilé.
• Selon le ministère, le pourcentage d’enseignants grévistes a atteint en moyenne 46,16 % pour les professeurs des écoles et 33,55 % pour les enseignants des collèges et lycées : « près d’un instit sur deux étaient (sic !) en grève, un tiers des profs des collèges et lycées », triomphe dans un français approximatif le quotidien Le Parisien, qui parle d’ « un mouvement de grève particulièrement suivi dans l’Education nationale ». Inversons le rapport : plus d’un instituteur sur deux et près des deux tiers des enseignants des collèges et lycées n’ont pas jugé nécessaire de suivre le mouvement. On peut en conclure que la majorité du corps enseignant s’accommode du projet de réforme de Xavier Darcos.
Les réactions de certains médias qui jugent nécessaire de travestir la réalité, soulignent l’enjeu de la bataille qui se livre. En prétendant notamment réformer les programmes, Xavier Darcos porte atteinte à l’idéologie égalitariste dominant à la fois au sein de l’Education nationale et de la petite classe médiatique.
Un article publié dans le Monde le 14 mai, veille de la journée de débrayage, est particulièrement révélateur de cette collusion idéologique. Revenant sur le faible taux de grévistes enregistré parmi les enseignants lors de la précédente « journée d’action », les journalistes Luc Cédelle et Catherine Rollot tentent de l’expliquer en reprenant à leur compte les arguments des syndicats.
Selon eux, certains enseignants seraient favorables au mouvement sans y participer formellement : « Dans le secondaire, écrivent-ils, les professeurs qui ne sont pas de service le jour de la grève évitent, sauf zèle militant, de perdre une journée de salaire. » L’argument ne tenant pas pour le primaire, où les instituteurs travaillent tous les jours, d’autres raisons sont avancées : « Même le plus militant des syndiqués ne fera pas grève s’il accompagne une classe de neige. » Au mois de mai ???
La mauvaise foi médiatique ne parvient pas à masquer l’échec global des syndicats opposés aux réformes de Xavier Darcos. Le ministre est en passe de gagner le bras de fer parce qu’il a jusqu'à présent tenu bon, avec notre soutien. Il doit continuer.

Un seul truc à retenir : mauvaise foi, en effet...


* Vive la réforme. Retour de la vidéo de la fin. Merci encore à la Chanson du Dimanche.

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Plein la gueule... et c'est pas fini

Alors que notre Petit Timonier met en place un grand service public du babysitting, pour permettre aux parents de venir manifester avec les profs sans être chargés de leur progéniture, puis une Grande Agence pour le remplacement des enseignants, pour qu'ils puissent désormais aller faire grève tranquilou car, remplacés, le programme avancera toujours, voyons ce qui se passe dans le reste du monde :

* Le lycéens en grève sont semble-t-il assez sanctionnés : le Contre-journal lance un appel car il semble bien que L’administration et les proviseurs ont été en première ligne pour dissuader les lycéens de manifester contre la loi Darcos. Interventions policières, exclusions temporaires, menaces de sanctions… Le Contre-journal a réuni des premiers témoignages publiés dans Libération. Une suite est prévue: apportez vos témoignages.

Lycéens sanctionnés : vos témoignages, allez voir ici.

Exemple dans mon bahut : outre les "ils ont enfin compris" lâchés par les collègues en voyant des élèves entrer malgré le blocus, outre un "votre blocus n'est pas démocratique" lâché par le proviseur mardi dernier alors que les AG se tiennent régulièrement sans expression de contestation face au mouvement, les "bloqueurs" ont eu droit à 5 arrestations dans la nuit de mercredi à jeudi, avec un tour au poste, des chefs d'inculpation redoutables : "vol de ficelle", "leader"... Tous les jours la BAC, la Police municipale, les coups de bigo au proviseur qui a fini par craquer et dit qu'il allait appeler les flics (ça a même été rapporté à la télé).

* Un service qui ne fait pas le maximum ? En tout cas il ne fait pas le plein partout. A Nice par exemple, même si Christain Estrosi, nouveau maire et caniche fidèle de Sarkozy, était tout fier de mettre en place le service minimum d'accueil à l'occasion de la grève dans l'enseignement hier. Ce fut un bide retentissant :
«Nous avons pris nos dispositions pour accueillir 1200 élèves dans les centres de loisirs de la ville. Tout à bien fonctionné», analyse Christian Estrosi. Mais il y a un hic : seulement 186 enfants se sont rendus dans les centres de loisir (source).


* L'université n'est pas encore suffisamment réformée ? Il faut le croire si l'on suit le dernier colloque de la CPU (Conférence des Présidents d’Universités) intitulé: «Les Universités Européennes: nouvelles frontières, nouvelles perspectives» s’est tenu du 2 au 4 avril 2008 à Bruxelles. En voici un C.-R. (merci à hg du Forum unitaire)

Le Colloque de la CPU «de 2008 profite d’un contexte exceptionnel qui lui donne une importance stratégique: celui de la future présidence française de l’Europe en juillet prochain». Comme la CPU en février 2007 avait élaboré ses «20 propositions» à l’intention des candidats aux élections présidentielles (les principaux les ayant approuvées et l’élu les ayant appliquées), c’est le programme de la présidence française que la CPU dessine, la présence très appuyée de la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche lui donnant tout son caractère officiel.

La CPU a clairement indiqué, lors de la discussion du projet de la LRU, que, pour elle, cette loi n’était qu’une étape nécessaire, mais transitoire, vers une loi définitive, celle qui abrogerait toutes les lois et décrets: l’Etat ne devrait plus intervenir!
La commission ATTALI, pour sa part, juge que « malgré la réforme de l’été 2007, les universités ne sont pas encore assez autonomes » et demande d’appliquer la « décision 19 : Renforcer l’autonomie des universités ».
C’est ce que propose la CPU à la Présidence Française de l’Union Européenne.

Passer des Universités françaises aux Universités européennes autonomes dans «un nouveau pays : l'Europe»
C’est la proposition 8: «les Universités auront comme partenaires majeurs, comme interlocuteurs privilégiés, les Régions européennes».
Le fondement de l’Université n’est plus républicain et laïque, il deviendrait «territorial, régional ou inter-régional» en partenariat avec le privé dans le cadre de «clusters» (les PRES).

Dans le «pays Europe», remplacer
les statuts de fonctionnaires d’Etat par des «garanties sociales» européennes :
La LRU octroie notamment la «liberté» pour les universités de recruter sans limite des contractuels sous la «responsabilité» de «respecter le plafond de masse salariale» imposé par l’État, remettant en cause le statut général de la fonction Publique. Mais il y a encore des lois et règlements.
Aussi les Présidents proposent-ils
une «charte de qualité» définissant notamment les «garanties sociales» dans le nouveau cadre de «l’autonomie de gestion de l’ensemble des personnels» donné par la LRU. On sait ce que valent de telles garanties…

Dans le «pays Europe»,
des certifications qui remplacent les diplômes :
La CPU propose «l'inscription des diplômes dans le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) qui met l'accent sur les compétences à acquérir doit être favorisée, de même que l'intégration de ce même Répertoire au sein du Cadre Européen de Certification». Les diplômes LMD actuels étaient élaborés localement, mais dépendaient encore d’une habilitation nationale donnée par l’Etat. C’est cette habilitation qui disparait, et donc la notion même de diplôme, remplacé par
un processus de certification commun au privé et au public!

j'aurai un sujet de thèse à proposer aux présidents d'universités : "Progrès social et présidence d'université au XXIe siècle : oxymore ou complot ?"

* Petit répit ? Pas sûr ! Le décret transférant les Tos aux régions est annulé. (AFP, je pense)

"le Conseil d'Etat annule un décret transférant des charges aux collectivités

Le Conseil d'Etat a annulé vendredi un décret de décembre 2005, qui transférait aux départements et aux régions des services du ministère de l'Education nationale, sans toutefois donner à cette annulation un caractère rétroactif. e décret gouvernemental du 26 décembre 2005 fixait les modalités de transfert aux départements et aux régions des "services ou parties de services qui participent, dans les collèges et les lycées, aux missions d'accueil, de restauration, d'herbergement et d'entretien général et technique, à l'exception des missions d'encadrement et de surveillance des élèves". le texte transférait également aux mêmes collectivités les missions "de recrutement et de gestion des personnels techniciens, ouvriers et de service" (TOS, ndlr) exerçant dans les collèges et les lycées. "

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Les pétitions ne vont pas suffire...

Pour ceux qui viennent ici sans passer par la Une du Mammouth, sachez qu'elle a été mise à jour.
Vers le Mammouth Déchaîné

* Bruits de couloirs désormais persistants : passage à 20 heures du service des enseignants. Cela se ferait pendant les vacances d'été. C'est plus discret.


*Nouvelles menaces sur les décharges d'enseignement (retour de De Robien)? Le Snalc nous en informe et rejoint l'intersyndicale.
(trouvé sur le site dudit syndicat)

DE ROBIEN II : LE RETOUR

Le SNALC-CSEN, second syndicat le plus représenté de l’enseignement secondaire, tient à exprimer sa très grande perplexité face aux annonces ministérielles relatives à la réouverture de la chasse aux décharges d’enseignement.
Le SNALC-CSEN croyait pourtant avoir entendu de la bouche même du Président de la République que les décrets de ROBIEN avaient été abrogés à la rentrée 2007/2008 … Il est, dès lors, parfaitement légitime de se demander pour quelle raison le gouvernement a cru bon d’initier une pause d’une année scolaire avant de procéder à une nouvelle baisse des conditions de rémunération des professeurs
Le SNALC-CSEN constate, une fois de plus, que les personnels de l’Education semblent voués, à eux tous seuls, à éponger les déficits qui grèvent le budget de la Nation. Il est désormais clair que, derrière les effets d’annonce, l’actuelle majorité semble surtout désireuse d’assouvir une hostilité jamais démentie à l’égard d’un corps enseignant dont elle feint de méconnaître la dureté des conditions de travail.
Le SNALC-CSEN, qui a rejoint l’intersyndicale du second degré, se battra sans concession contre toute réforme qui conduirait, sous couvert de modernisation, à une nouvelle dégradation ainsi qu’à une nouvelle dénaturation de la mission des professeurs.
Paris, le 15 mai 2008

On attend tout de même des explications un peu plus explicites des autres organisations syndicales.


* Résultats du BAC payants : c'est officiel, au moins dans l'académie d'Orléans-Tours : après une expérimentation l'année passée dans certaines académies, les proviseurs sont sommés par le recteur de ne pas donner les résultats du bac le soir des délibérations des jurys. Ils devront attendre le lendemain matin. Entre les deux, une entreprise privée s'en charge, moyennant finance, bien sûr.


* Désinformation sur ce que l'on dit des programmes de primaire (bon argumentaire repris d'un blog de médiapart, ici):

"- Les enseignants sont favorables aux nouveaux programmes. Ils apprécieraient aussi la simplification opérée... ? (Darcos)
Ainsi, dès le 29 avril, un mouvement spontané des écoles de l’Hérault nous a conduit à réaliser par mail un questionnaire auprès des enseignants des écoles pour vérifier les paroles de Monsieur le Ministre. Plus de 136 écoles ont répondu, ce qui correspond à plus de 950 enseignants, soit près du double des 500 parents d’élèves interrogés dans un sondage commandé par le ministère sur la perception des nouveaux programmes.
Le résultat est sans appel :
A la question, comment qualifieriez-vous l'avis que vous avez rendu lors de la journée de consultation sur les nouveaux programmes ? 91 % des enseignants ont un avis défavorable sur ces nouveaux programmes (36 % défavorable, 55 % très défavorable). Seul 8 % ont un avis nuancé. Il n’y a eu qu’une réponse favorable. Le ministère reste toujours aussi sûr de lui.
A la question, est-ce que ces programmes sont plus simples ? 43 % pensent qu’ils sont plus simples contre 57 %. Mais sur les 43 % estimant que les programmes sont plus simples, 88 % n’apprécient pas cette simplification (certains utilisent le terme de « simplistes » ou « réducteurs »).
Enfin, 81 % des enseignants estiment que les programmes ne permettront pas l’amélioration des résultats des élèves, voire les aggraveront. 15 % pensent qu’ils seront sans aucune influence et 4 % sont sans opinion. Aucun enseignant n’estime qu’ils permettront aux élèves de progresser.

- renforcement du français et des mathématiques ?
Cette désinformation est organisée puisqu’il a été déclaré que ces nouveaux programmes sont l’occasion « d’un recentrage sur le français et les mathématiques ». Rien n’est plus faux quand on sait qu’une heure de français a été retirée au CP, que pas une minute de plus n’a été attribuée en français et en mathématiques pour les CE1 et que les CE2, CM1 et CM2 feront 8h de français (contre 7h30 pour les programmes 2002) et 5h en mathématiques (contre 5h30 en 2002)."

*Désinformation orchestrée à grande échelle et par tous les ministres :

Défiler pour plus de moyens, une façon "égoïste" de voir les choses (Woerth)

Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth a estimé jeudi sur i-Télé que "défiler avec des pancartes pour dire +je veux plus de moyens+, c'est une manière très égoïste de voir les choses".
"Il faut accepter de se remettre plus en cause. Ce n'est pas un problème de droite, ce n'est pas un problème de gauche, c'est un problème d'efficacité du service public", a-t-il poursuivi.
"C'est tellement facile de demander plus d'argent, plus de moyens. Si c'est pour ne rien en faire, à quoi ca sert?", s'est interrogé M. Woerth.
Selon lui, "on n'a jamais mis autant de moyens dans l'école. Aujourd'hui, un lycéen français coûte 20% plus cher qu'un lycéen de l'OCDE".
Il a également estimé que le problème de l'école qui "n'a pas les résultats qu'elle devrait avoir", ne doit pas être posé en termes de coût mais "en termes de contenu des programmes".

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Vers la grève ... pendant qu'il est encore temps (et qu'on le peut)

* Coup dur pour les grévistes : le parti socialiste apporte son soutien au mouvement.

AFP -Le Bureau national (BN) du PS a apporté mardi son soutien à la journée d'action du 15 mai dans la Fonction publique et l'Education nationale, dénonçant une "offensive sans précédent contre l'Etat et ses agents".
"La suppression de 36.000 postes de fonctionnaires en 2009 et le non-remplacement systématique d'un agent sur deux partant à la retraite constituent la seule ambition de la droite pour l'Etat et les services qu'il rend aux Français", déclare le BN dans un communiqué.
"Face à cette offensive sans précédent contre l'État et ses agents, le Parti socialiste apporte son soutien aux manifestations organisées le 15 mai à l'initiative de l'ensemble des organisations syndicales, et appelle ses militants à rejoindre les cortèges présents dans toute la France", ajoute le texte.
Quant à "l'école publique", elle "est violemment attaquée par la droite : progressivement spoliée de ses moyens, elle est aujourd'hui la première victime de la réduction massive des emplois dans la Fonction publique", argumente le Bureau national.

Faut-il rappeler à certains : 1/ qui a lancé les premières réformes ? 2/ Qui est Claude Allègre ? 3 / qui est à l'origine de la LOLF ? 4/ Qui a proposé pendant la campagne que les profs travaillent 30 heures dans leurs établissements ?

* Calendrier. Donc si on retient les infos du Monde de ce week end on a :

- le 10 juillet : nomination d'une personnalité chargée de faire des économies dans l'EN à l'aide du rapport Pochard.
- en septembre, annonce des mesures prises par la dites personnalité, c'est à dire l'officialisation du rapport Pochard + la disparition des redoublement au Lycée + la généralisation des Bac Pro en 3 ans.
- rentrée 2009 : mise en place du bordel.


* SUD appelle à la Grève générale. Encore faut-il déjà être en grève. Et c'est pas gagné, même si, même si...
Au passage, voici l'analyse de ce syndicat de la procédure de démantèlement de l'EN. Cela me semble être plus que plausible :

1ère étape : la formation
Création d’un Master professionnel “Métiers de l’Education et de l’Enseignement” au sein des universités, dont la 5e année verrait les stagiaires - pardon, les étudiants - travailler à mi-temps pendant toute l’année dans les établissements scolaires, pour le plus grand bénéfice de l’Etat. Il y aurait évidemment une sélection à l’entrée en Master (les directeurs d’Iufm proposent même une double sélection, à l’entrée en master 1 puis en master 2, histoire de bien développer le bachotage).
2e étape : le recrutement
A minima, ils proposent d’alléger les concours, de créer des Capes bivalents, voire polyvalents (suite logique du Master des métiers de l’enseignement !), de régionaliser les concours du Second degré.
Mais c’est encore insuffisant ! Le rapport Pochard est explicite : on pourrait se passer de tout concours et se contenter de l’établissement d’une liste d’enseignants à recruter par l’instance locale (Rectorat, IA, BEC, circonscription du 1er degré, ce n’est pas très précis) parmi les titulaires du Master, correspondant aux besoins (enfin, à leurs besoins !). Ou même, troisième hypothèse, la possibilité que les titulaires du master fassent acte de candidature auprès des établissements et passent un entretien d’embauche (auprès du Drh ?). Il faudrait cependant, ajoute Pochard sans rire, fixer des règles nationales.
L’ouverture à la concurrence s’accentue puisque les ressortissants de l’UE, titulaires d’un Master, pourront postuler aux postes d’enseignants en France.
Dans aucun de ces rapports, le mot fonctionnaire d’Etat n’apparaît : sous quel statut seront recrutés les futurs collègues ? Probablement en Cdi pour respecter l’harmonisation européenne.
3e étape : pas de formation, pas de statut
Mais ce n’est pas assez, le rapport propose également le recrutement de “professeurs associés”, pour une durée limitée, éventuellement à temps partiel, et sans aucune condition de diplôme. Le développement de la précarité, il est vrai que le Ministère le connaît déjà…
Le rapport Pochard préconise la promotion de jeunes issus des zones difficiles, celles où les enseignants ne veulent pas rester, par l’attribution de bourses après la troisième : “On renforcerait ainsi le vivier d’enseignants issu de la promotion sociale et dont on peut espérer qu’ils constitueraient une population plus stable dans les académies fuies aujourd’hui par les néo-titulaires.” Belle perspective pour les jeunes des ghettos de s’y voir confiner dans le rôle de grands frères pompiers.
Même si le recrutement par concours est imparfait, il permet un traitement égal des candidats et garantit l’accès à la Fonction publique. Sud éducation, dans l’unité, appellera les personnels à se mobiliser devant toute remise en cause des statuts.

*Puis un faux entretien avec X. Darcos sur Le post. Ce n'est peut-être pas si éloigné que cela de la réalité...

C'est là

* Enfin, la Chine n'a qu'à bien se tenir. Lisez plutôt cela (rien à voir avec l'EN, quoi que...).

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Darcos attaque

Aujourd'hui, tout le monde s'en prend, grâce à Darcos. Il n'y a pas de raison...

* Les grévistes tout d'abord, qui vont être sommés de se déclarer. Une vraie loi antigrève (AFP).

Darcos: "s'il le faut", une loi obligeant les profs à se déclarer grévistes


Le ministre de l'Education Xavier Darcos a affirmé mardi sur RMC qu'il souhaitait ne pas recourir à une loi pour obliger les enseignants à se déclarer grévistes 48 heures avant une grève, mais que s'il le fallait, "il le ferait".
"Je demande aux enseignants de bien vouloir se déclarer 48 heures à l'avance pour que nous puissions nous organiser. C'est ce qui fait l'objet de discussions tendues avec les syndicats et fera éventuellement l'objet d'une loi parce que c'est nécessaire que nous sachions quand et où les professeurs seront en grève", a-t-il déclaré.
"J'espère que je n'arriverai pas à la loi, que je ne serai pas obligé, mais s'il le faut je le ferai", a-t-il insisté, assurant qu'"à la fin du quinquennat le service minimum d'accueil (SMA) se sera imposé".


* Les Inspecteurs ensuite (mais qui s'en plaindra ?) :
(AFP)
Education: des inspecteurs indignés par des propos de Darcos sur leur fonction

Le SI-EN-Unsa, majoritaire chez les inspecteurs de l'Education nationale dans le primaire, s'est indigné mardi d'un "commentaire injurieux et vindicatif" selon lui de Xavier Darcos sur le système d'inspection actuel qu'il avait qualifié le 29 avril devant la presse de "fondé sur la défiance".
"Je connais trop la qualité des enseignants pour maintenir un système d'inspection fondé sur la défiance", avait déclaré le ministre de l'Education lors d'une conférence de presse de présentation de son nouveau projet de programmes du primaire.
"Une phrase qui a fait beaucoup de ravages, on a eu tellement de remontées de collègues qui nous ont demandé de réagir !", a expliqué à l'AFP Patrick Roumagnac, secrétaire général de ce syndicat.
Dans un communiqué, il a rappelé que "la confiance des enseignants ne se décrète pas, elle se gagne au quotidien,
à leurs côtés dans l'action". "Les inspecteurs se flattent de cette confiance construite dans la durée et s'attachent à la conserver, par leur travail et leur engagement", a-t-il ajouté. [pouf, pouf]
Pour lui, "ce n'est pas par des déclarations abruptes et démagogiques que vous parviendrez à remettre en cause le crédit réciproque qui lie inspecteurs et enseignants".
"Voulant séduire les enseignants, vous blessez les inspecteurs", a-t-il encore commenté en promettant de "rester les serviteurs vigilants de l'Ecole" mais de "ne jamais devenir des valets soumis à l'exécutif".
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l'UIMM et la réforme des Bac Pro en 3 ans, puis Sarko

* La réforme des Bac pro était-elle prévue depuis longtemps ? OUI. L'info nous avait échappée, mais il semblerait bien qu'elle vienne directement de l'UIMM branche de MEDEF. Voici quelques extraits de la convention-cadre conclue entre le ministère de l'Education nationale et l'Union des Industries Métallurgiques et Minières le 29 décembre 2006, applicable pour cinq années à compter du 1er janvier 2007 :

"Le ministère chargé de l'Education nationale et l'UIMM conviennent de s'associer au niveau territorial pour créer des structures de partenariat de droit privé, à l'nstar des instituts des techniques d'ingénieur de l'industrie (ITII) pour la formation d'ingénieurs en partenariat, pour mettre en œuvre des licences professionnelles et des mastères professionnels correspondant aux métiers de la métallurgie."
"Pour les diplômes de l'enseignement technologique et professionnel relevant de son secteur, les recteurs et les UIMM territoriales adhérentes à l'UIMM se concertent, dans le cadre de la préparation du plan régional de développement des formations professionnelles des jeunes et de ses conventions annuelles d'application sur :
l'évolution de la carte scolaire ;
l'ensemble des formations préparées par la voie de l'apprentissage ;
• le développement de parcours de formation individualisés à durée variable, notamment pour des jeunes préparant, sous statut scolaire et en apprentissage, le baccalauréat professionnel en 3 ans ou en 1 an après le bac général, ou un BTS.Seront ainsi favorisées les actions visant à l'individualisation des parcours de formation et le recours aux îlots de formations techniques individualisées (IFTI), développés par l'UlMM et ses réseaux avec l'appui des partenaires sociaux de la branche ;
la conclusion de conventions entre les lycées professionnels et technologiques et les CFA de la branche, sous l'égide des UIMM territoriales, dans un souci d'optimisation des ressources."»


Ainsi le texte qui fixe le début de l'expérimentation du Bac pro en 3 ans est une Convention générale de coopération entre l'EN et l'UIMM., le syndicat patronal de la métallurgie.
C'est une info SUD-Education (avril mai 2008). Merci bien.


* Mille colombes. Un grand moment d'éducation civique et culturelle.



*Enfin, il faut bien écouter cet entretien d'Emmanuel Todd. Vous avez le temps pendant ce grand week end. D'abord parce que l'analyse de l'oeuvre de Sarkozy est intéressante, ensuite parce qu'il dit que la fracture sociale de Chirac n'a jamais existé (alors que c'est lui qui l'a inventée, enfin parce qu'il remet clairement en cause la société libérale. Alors là, c'est un retournement...
Une vidéo Ru89-France info.


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Divers

* Les profs auront-ils encore longtemps leur liberté de jugement ? Pas certain. Voici comment Darcos justifie le fait de créer un Erasmus pour tous profs bien trop casaniers (d'après AFP):

"Peut-être que nous avons plus besoin de changer l'esprit des adultes que des jeunes, je crois, (...) pour les faire adhérer à l'Europe", a dit M. Darcos." Cela leur redonnerait peut-être de l'intérêt parfois dans leur métier, changer un peu de cadre, aller enseigner ailleurs ou échanger avec d'autres professeurs, voyager, faire valider cette démarche volontaire", a-t-il estimé.

Mais ce n'est que la suite d'un long processus, que rappelle d'ailleurs la même dépêche :

Le ministre s'est félicité des avancées déjà accomplies en matière d'éducation au niveau européen.
Rappelant l'édition d'un livre d'histoire commun pour la France et l'Allemagne, il a aussi évoqué la mise en place du système universitaire européen LMD (licence-master-doctorat) et l'existence de diplômes partagés, comme un baccalauréat commun avec l'Allemagne et l'Espagne notamment pour ceux qui le veulent.


* Une fois n'est pas coutume, nous reprenons un entretien du Figaro. Voici deux journalistes qui détruisent un peu le discours libéral sur la Sécu. C'est constructif (je pense)







"Le trou de la Sécu n'existe pas" - Le Figaro

"Le trou de la Sécu n'existe pas" - Le Figaro
<p class="MsoNormal"><span style="font-size: 12pt;"> </span></p><p class="MsoNormal"><span style="font-size: 12pt;">VIDÉO – Éric Merlen et Frédéric Ploquin, auteurs de « Ma Sécu. De la libération à l’ère Sarkozy » ont répondu à vos questions sur cette institution née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi est-elle en déficit ? Peut-on la quitter ?</span></p><p class="MsoNormal"><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"> </span></p>


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Il ne s'est rien passé...

* Une info du Cafépedagogique (qui lit le JO, lui) :
Arnaud Teullé inspecteur d'académie
Par décret l'ancien candidat à la mairie de Neuilly, qui avait perturbé la campagne électorale avant de rentrer dans le rang, est nommé inspecteur d'académie. On est content de voir qu'il reste encore un peu de marge dans les emplois à l'éducation nationale…


* Petit rappel du soir, une info du Canard Enchaîné. Allez, devinez quel couillu à 35 % de satisfaits a dit ça :
(source: le Canard Enchaîné, n°4564, 16/04/2008)
" Arrêtez de vous raconter des histoires sur le malaise des lycéens. Il y a eu 40000 manifestants dans la rue, et alors ? Il faut dépasser la couardise ambiante et affronter les vrais responsables : les syndicats enseignants. Chez Darcos, ils passent leur temps à être terrifiés : ils doivent cesser les mamours et cogner. On me dit que des dizaines de milliers de profs ne sont pas dans leurs classes. Ils sont en formation, en détachement, en arrêt-maladie, en délégation syndicale. Qu'attend-on pour le faire-savoir ? Evidemment, pour aborder le problème, il faut avoir des couilles."

Les couilles ça il en a. Toute son intelligence y réside même, c'est ça le problème (et aussi la définition du beauf).


* 6 mai oblige. Souvenez-vous, ce n'était qu'un début.

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Quelques infos sur les réformes à venir

On va dérouiller ça c'est sûr. quelques pistes de réflexions sur le comment de cette affaire.

*Tout d'abord une phrase dont l'implicite est vaste. Elle est de Eric Woerth, un gars qui s'y connaît vachement en pédagogie.

(AFP) - "quand on fait faire une dictée par des collégiens en 2007, il y a deux fois plus de fautes qu'en 1987", alors que "le budget de l'Education nationale a été multiplié par deux".

Et ledit Woerth de poursuivre :
"Les lycéens seraient mieux dans leurs classes, je les aime beaucoup et ils ont sûrement beaucoup de choses à dire (...) mais très sincèrement, quand on est lycéen et qu'on va dans la rue pour lutter contre la diminution des moyens, je pense qu'on est un peu instrumentalisé par le système global de l'Education nationale, qui depuis 20 ans demande plus de moyens", a-t-il poursuivi."

Bref, une autre façon de dire que les lycéens sont des pauvres cons. Décidément...


* Ensuite, qui travaille aujourd'hui à la réforme des concours ? Le gouvernement, non ! les inspecteurs ? non plus ! Ce sont les prof du Supérieur qui en sont les petites mains. On avait déjà parlé des entretiens des historiens avec le ministère sur cette affaire, voici aujourd'hui ceux des profs de lettres et les propositions qu'ils font au ministère.

Voici l'intégralité du CR d'une réunion des représentants spécialistes de lettres de chacune des sociétés "par siècle", CR qui devrait être envoyé le plus tôt possible au ministère. A analyser dans le détail, mais en gros ils veulent changer le CAPES le moins possible. Est-ce le cas dans toutes les matières ? Pas sûr ... Les petites mains s'agitent.

Société de Langue et Littérature Médiévales d’Oc et d’Oïl
Société Française d’Étude du Seizième Siècle
Société d’Étude du Dix-septième Siècle
Société Française d’Étude du Dix-huitième Siècle
Société des études romantiques et dix-neuviémistes

Principes et propositions
en vue de la réforme des concours de recrutement
de l’enseignement secondair
e

Depuis l’été 2007, et notamment au cours de ces derniers mois, une concertation a été lancée par le Ministère de l’Éducation Nationale en vue de réformer les concours de recrutement de l’enseignement secondaire. De fait, la mise en place du LMD a rendu nécessaire que l’on repense l’articulation de la préparation à ces concours avec le master, et peut-être l’intégration de ces concours et de leur préparation au système ECTS. Dans ce contexte, les associations d’enseignants-chercheurs de l’Université spécialistes de littérature et de langue françaises se sont réunies pour définir les exigences qui leur sont communes. La Société de Langue et Littérature Médiévales d’Oc et d’Oïl, la Société Française d’étude du Seizième Siècle, la Société d’étude du Dix-septième Siècle, la Société d’Étude du Dix-huitième Siècle et la Société des Etudes Romantiques et Dix-neuviémistes tiennent à rappeler leur attachement à certains principes et souhaitent formuler les propositions suivantes.

Pour le maintien de deux concours nationaux et annuels

Les Sociétés signataires s’unissent pour rappeler la nécessité de concours nationaux en vue du recrutement des enseignants du second degré.
Le maintien de jurys et de programmes nationaux nous paraît indispensable afin d’assurer un contrôle homogène du niveau disciplinaire, que rend d’autant plus nécessaire l’actuelle autonomie des universités.
Dans cette perspective, nous demandons le maintien de deux concours annuels distincts, l’Agrégation et le CAPES (éventuellement désigné par un nouvel intitulé), précédés l’un et l’autre d’une année de préparation spécifique, indispensable à la formation de futurs enseignants.
L’exigence scientifique de ces concours requiert la présence majoritaire des enseignants-chercheurs de l’Université dans tous les jurys pour toutes les épreuves, écrites et orales.
Chacun de ces concours doit reposer sur un programme national et disciplinaire tenant compte des programmes du secondaire, mais ne se confondant pas avec eux. Ce programme doit intégrer toutes les périodes de la culture française du Moyen âge à l’époque moderne.
La réussite à chacun de ces concours doit donner accès à des postes de fonctionnaires sous statut, en nombre équivalent au nombre de places ouvertes aux concours.

Pour l’égalité des chances
Si, comme il en est question, l’obtention du master devenait la condition nécessaire pour se présenter à ces concours, cet allongement de la formation risquerait de pénaliser, voire de dissuader les étudiants dont les moyens financiers sont fragiles. Cette réforme devrait donc s’accompagner d’aides financières : outre des bourses, un dispositif de pré-recrutement, par concours, qui permette aux étudiants de bénéficier d’une aide importante avec un statut d’élève-professeur, assurerait un vivier d’étudiants engagés dans un véritable projet professionnel.

Pour une année de préparation spécifique

Les Universités ont vocation à dispenser les savoirs scientifiques et méthodologiques et à assurer la formation de l’ensemble des futurs enseignants. Que l’année de préparation aux concours soit intégrée au master, ou qu’elle lui fasse suite, elle doit conserver son contenu scientifique et son caractère de formation disciplinaire et non se réduire à une formation didactique ou épistémologique, même si celle-ci est prise en compte.

Pour un nouveau CAPES fondé sur des compétences et des savoirs disciplinaires
Attachés à l’existence et à l’architecture actuelle de l’Agrégation, que nous ne souhaitons pas voir remettre en question, nous formulons pour un deuxième concours les exigences et les propositions suivantes.
L’enseignement des lettres réclame des professeurs une solide connaissance de l’histoire et de l’évolution de la langue française, du patrimoine littéraire ancien et moderne, comme des principales influences qui ont fait sa richesse (cultures antiques, littératures étrangères…). Le recrutement pour l’enseignement secondaire doit donc vérifier l’étendue de la culture historique et littéraire des candidats ainsi que leurs connaissances en langue, d’un point de vue diachronique et synchronique. Il ne saurait se limiter à l’appréciation d’une motivation professionnelle dans un entretien ou à l’évaluation de la connaissances des programmes officiels ou des théories pédagogiques. Nous proposons donc comme procédure minimale d’évaluation l’architecture suivante :

Un écrit fondé sur au moins deux épreuves :
Une composition française permettant d’évaluer les capacités de réflexion personnelle du candidat sur un patrimoine culturel étendu, centré sur la littérature française depuis le Moyen âge, mais incluant aussi l’Antiquité et les littératures étrangères.
Une étude de langue française portant à la fois sur la synchronie (le système du français moderne) et la diachronie (l’histoire de la langue et son évolution depuis ses origines, du latin au français contemporain).

Un oral fondé sur au moins deux épreuves :
L’explication d’un texte littéraire français (du Moyen Age à nos jours).
Une épreuve de didactique disciplinaire.
Une épreuve portant sur un texte littéraire en langue ancienne, étrangère ou régionale doit être également prévue à l’écrit ou à l’oral (selon l’avis des spécialistes concernés).

Pour une concertation entre les Ministères les universitaires spécialistes
Les Sociétés signataires demandent enfin à demeurer partie prenante dans l’élaboration de tout projet de réforme, et notamment dans la concertation indispensable que devra mener le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à propos de la préparation aux concours et de son articulation avec les masters.

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CFDT for never

On a tous un problème avec la CFDT. Depuis 2003 au moins (souvenez-vous les retraites...). Certains en ont un plus gros que d'autres. C'est le cas de certains membres de ce groupe de musique qui se sont invités dans les locaux desdits partenaires sociaux (hic) pour demander pourquoi ils avaient signé le protocole sur les intermittents du spectacle. Ils se retrouvent aujourd'hui devant le tribunal attaqués par ... la CFDT. Faut le faire. Le groupe c'est la Compagnie Jolie Môme (qui chante par exemple ça). Pour saisir toute l'affaire voir là.

Ils ont aussi fait ça :


* Légère accalmie sur le front de la libéralisation : ce n'est que provisoire. C'était dans l'actu d'hier

La justice annule le premier partenariat public-privé pour bâtir un collège

Le tribunal administratif d'Orléans a annulé mardi le premier partenariat public-privé signé en France pour la construction et l'entretien d'un collège dans le Loiret, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
La décision contestée avait été adoptée en 2005 par le conseil général du Loiret pour la réalisation du collège de Villemandeur, près de Montargis, en faisant valoir l'urgence de la construction de l'établissement, à la suite d'un double appel d'offres infructueux.
Dans son jugement rendu le 29 avril, le tribunal administratif estime au contraire que la situation ne présentait pas "un caractère de gravité suffisant pour justifier qu'il soit dérogé au droit commun de la commande publique par le recours au contrat de partenariat".
Le conseil général estime de son côté que cette procédure a permis de "raccourcir de deux ans la réalisation du collège" et de bénéficier "d'un coût d'investissement inférieur de 25% par rapport à une procédure classique".
Le recours avait été déposé par un contribuable et par le Syndicat national des entreprises de second oeuvre du bâtiment.
Le collège qui accueille 450 élèves a été achevé à la rentrée 2007. Le coût de l'opération, qui comprend la construction et la gestion du collège pour dix ans, se monte à 21,7 millions d'euros, dont 13,3 millions d'euros de travaux.
L'UNSA Education, qui s'était opposé au partenariat public-privé, s'est félicitée de la décision du tribunal administratif d'Orléans, dans un communiqué.
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