Et ça nous gouverne...

* Communication gouvernementale & foutage de gueule.
Entretien de Chatel au JDD. Ca vaut le détour.

Chatel : "J’embauche 17.000 personnes"

JDD.- C’est un coup de pub qui risque d’en énerver certains. Une campagne radio, presse et Web dont le coût devrait s’élever à 1,3 million d’euros, pris sur le budget com’ du ministère. Il n’y avait pas eu, dit-on, une telle campagne de recrutement depuis une dizaine d’années. Syndicats d’enseignants, élus et parents d’élèves qui se battent contre la suppression de 16.000 postes à la rentrée 2011 pourraient voir là comme une provocation…

Vous lancez une campagne de recrutement dans l’Éducation nationale, pourquoi?
Luc Chatel - L’objectif, c’est d’abord d’attirer les meilleurs talents. Ensuite, nous voulons rappeler que l’Éducation nationale, malgré les restrictions budgétaires, reste aujourd’hui le premier recruteur de France. Nous embaucherons 17.000 personnes en 2011 dans des métiers très différents : 3.000 dans le premier degré, 8.600 dans le second, des agents administratifs, du personnel de santé scolaire, des métiers extrêmement variés. Enfin, nous voulons, à travers cette campagne, rappeler que nous avons revalorisé le métier d’enseignant. Nous avons augmenté la rémunération des jeunes profs de 10% en 2010 : 153 euros net par mois pour les certifiés, 259 euros pour les agrégés.


Lancer une campagne sur le recrutement au moment où vous supprimez 16.000 postes, n’est-ce pas contradictoire?
Justement, non. En 2007, Nicolas Sarkozy a expliqué que si on voulait revaloriser la Fonction publique, il fallait moins de fonctionnaires mais mieux payés. Cette année, nous ne remplaçons pas 16.000 postes, mais nous allons chercher 17.000 jeunes talents. Il faut cesser les caricatures. On a l’impression que l’Éducation nationale est laissée pour compte. Mais regardons autour de nous. En Angleterre, en Grèce ou au Portugal, des professeurs sont licenciés, leurs rémunérations baissent.

Va-t-on les écouter sans rien dire encore longtemps ?

Une traduction immédiate à Tahiti. Voir ici. Et c’est sans doute pour cela que l’Association des maires de France commence à faire entendre sa voix.


*Comm’ toujours : plus de sport, moins de profs


JDD. Jeudi matin, Luc Chatel a annoncé l'extension du dispositif "Cours le matin, sport l'après-midi" dans la rentrée prochaine. Initialement, l'expérimentation lancée à la rentrée 2010 devait durer 3 ans. "C'est la politique du buzz", dénonce Serge Chabrol, le secrétaire général de Snep-FSU. "
(...)
"Depuis 2007, 2.800 postes de professeurs d'EPS ont été supprimés"

Ca c’est fait.


* Contre-comm’ : les fonctionnaires en France sont bien moins lotis que dans les pays scandinaves

Le café pédagogique publie ces jours-ci une analyse d’un très intéressant document du Centre d’Analyse Stratégique, sous la tutelle du Premier Ministre, tableau de bord de l’emploi public » qui a pour vocation de situer la France dans un ensemble de pays de l’Union Européenne et de l’OCDE.

La note de synthèse est là et le café péda la reprend là.


On y trouve les infos suivantes :
- la France est plutot sous administrée.
- le coût moyen de chaque emploi public est moins élevé que dans de nombreux autres pays.
- il y a plutôt moins de profs qu’ailleurs.
- et que le nombre de prof pour 100 élèves est faible (primaire et sup) et baisse continuellement.
- Les salaires sont faibles rapportés au PIB (par rapport aux autres pays.




* Qu'est-ce qu'on fume au SNES ?


Selon un sondage du SNES :
"Plus de la moitié des enseignants est favorable à un allongement du temps de présence sous réserves de contreparties"

Alors que le rapport sur les rythmes scolaires devrait sortir d’ici peu le gouvernement doit apprécier ce geste.

Pour rappel,
les représentants FSU lors de la discussion sur les rythmes soclaires se sont déclarés prêts à "aider les enseignants à évoluer".

Le SNES pourra sans doute trouver d'intéressants sujets de discussion avec certains candidats en 2012 ...

Au fait, est-ce que ce n'était pas déjà une proposition de Ségolène en 2007 ?


* Cherchez l’intrus : Ecole - service public - bien commun - équitable développement - Murdoch.

Ou la vision ultra libérale de l’école de demain au e-G8 qu’on a.

Et c’est pas beau.


Un blog de Médiapart - eG8: Murdoch s'offre une tribune sur l'éducation

Pour l'homme d'affaire, l'ensemble du monde a évolué sous la pression des technologies, sauf l'éducation. «Nos écoles restent l'un des bastions qui résistent à la révolution numérique. Les écoles sont encore presque les mêmes qu'à l'époque victorienne: un enseignant avec un manuel, un tableau et un morceau de craie devant une classe d'enfants.»
Sa solution pour le monde est précisément ce que propose Wireless Generation. Les entreprises, explique-t-il, ont appris à personnaliser leur offre, à cibler leurs clients. «Les chefs d'entreprise doivent faire la même chose pour les écoles. Nous pouvons assurer à l'enfant pauvre de Manille les mêmes chances que l'enfant riche à Manhattan». Le marché ne se limite plus aux 500 milliards des Etats-Unis, Murdoch vise la planète.
Avant le début de la manifestation, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) avait prévenu:
«il semblerait que le G8 agisse comme représentant des seuls intérêts commerciaux». Il était suivi en cela par Consumers International: «Délibérer et décider à huis clos sur ces sujets numériques aussi fondamentaux nous conduit à douter de la méthode et de la légitimité. Quels intérêts sont représentés? Les internautes et la société civile ont été relégués au rang de spectateurs alors que le big business de l’internet est invité à en redistribuer les cartes
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C'est possible (et maintenant)

* Victoire à l’ENS :

A l’ENS, en lutte depuis de longues semaines, on s’achemine vers un protocole d’accord sur les points suivants :

- CDI pour tous les grévistes (transformables en titularisation selon les modalités de la loi Tron),
- éloignement du chef et l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre lui.
- 80% de remboursement des jours de grève
- et 900 euros de prime annuelle.



* Journée de formation au fichage des élèves (pour les élèves, par les élèves) .

Même Pécresse s’en inquiéte, c’est dire...

AFP :
Luc Chatel souhaite démarrer l'orientation post-bac en classe de première

A l'occasion d'un dépla­ce­ment hier dans un lycée pari­sien, le ministre de l'Education Luc Chatel a dit sou­hai­ter "étendre les jour­nées de for­ma­tion" au por­tail Admission Post Bac aux classes de première...
Luc Chatel a affirmé hier vou­loir "étendre les jour­nées de for­ma­tion au por­tail APB [Admission Post Bac, ndlr] et d'orientation post-bac aux classes de pre­mières à par­tir de l'année pro­chaine", lors d'un dépla­ce­ment au lycée Maurice Ravel à Paris. Selon le minis­tère, l'orientation dès la pre­mière "s'inscrit en cohé­rence avec le par­cours de décou­verte des métiers et des for­ma­tions mis en place à par­tir de la 5ème et l'accompagnement per­son­na­lisé au lycée".

Valérie Pécresse, qui l'accompagnait, a tou­te­fois sou­li­gné le côté "un peu effrayant" du dis­po­si­tif APB, qui réper­to­rie "9.000 for­ma­tions". Pour trou­ver leur voie dans l'enseignement supé­rieur, elle conseille aux lycéens de "ren­con­trer des étudiants, des uni­ver­si­taires" au lieu de s'appuyer sur les conseils de leurs parents : "Ils ont fait leurs études il y a long­temps. Ils vous par­le­ront de l'université d'il y a 20 ans", estime-t-elle.


* Nouveaux master enseignement :

AFP -
Des masters en alternance pour améliorer la formation des futurs enseignants

Des mas­ters "en alter­nance" seront créés à la ren­trée pro­chaine pour amé­lio­rer la for­ma­tion des futurs ensei­gnants, a annoncé lundi le ministre de l'Education natio­nale, Luc Chatel, lors d'une table ronde à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise).
Le dis­po­si­tif sera lancé dans
une tren­taine d'universités et huit aca­dé­mies "pilotes" dont celles de Versailles, Lille ou encore Aix-Marseille et visera "quelques cen­taines d'étudiants", selon le ministre.

Il per­met­tra à ces der­niers d'effectuer dès la qua­trième année d'études supé­rieures (mas­ter 1) un contrat d'enseignement de trois à six heures par semaine, ou bien d'occuper un poste d'assistant péda­go­gique à mi-temps, paral­lè­le­ment à leur for­ma­tion universitaire.
Les deux seront rému­né­rés, de 3.000 à 6.000 euros par an dans le pre­mier cas, 560 euros par mois dans le second, et cumu­lables avec des bourses.


Assistant pédagogique ? Nouveau concept, nouveau prolétariat...


* Le SNES en grève pour le BAC ?

... ou que de la gueule ?
Le figaro/ Europe 1. - Baccalauréat: menace de grève

Un préavis de grève a été déposé par le SNES, premier syndicat d’enseignants en Ile-de-France, pour le jeudi 16 juin, soit le premier jour du bac, traditionnellement consacré à l’épreuve de philosophie. Selon Europe 1, les professeurs reprochent à la maison des examens d'Arcueil, qui organise l’examen dans la région, de mettre trop de temps à payer les 27.000 correcteurs. «Certains, qui avaient corrigé des épreuves en juin 2010, n’ont toujours pas reçu leur prime», explique la radio. La raison invoquée étant un problème technique avec le logiciel de paye. Le directeur de la maison des examens précise «que le logiciel fonctionne à présent normalement, et que les primes pour le bac 2011 seront versées beaucoup plus rapidement».

De la révolution dans l’air ? non!!


* L'académie de Paris recrute des enseignants avec Pôle emploi.

« Job Dating »

C’est pas neuf, mais cela se généralise.

AFP PARIS — L'académie de Paris va organiser jeudi 26 mai, avec Pôle emploi, une "journée de recrutement d'enseignants non titulaires", dans le but de faciliter les remplacements de professeurs de collèges et lycées absents en 2011-2012, ont annoncé jeudi l'académie et Pôle emploi.
Les candidats, amenés à être recrutés comme vacataires ou contractuels, doivent postuler dans un premier temps sur le site internet de Pôle emploi, selon le communiqué de deux services.
Les présélectionnés devront ensuite se présenter le 26 mai entre 10h et 16h, dans un lieu encore à préciser, avec curriculum vitae, lettre de motivation, original et photocopie de leur diplôme.

Les postes à pourvoir concernent 25 disciplines (électrotechnique, économie gestion, génie thermique, techniques hospitalières, puériculture, langues étrangères, éducation physique et sportive, philosophie, biotechnologie, mathématiques, musique, sciences de la vie et de la terre, etc).
"Ce n'est pas la première fois que l'académie de Paris recrute avec Pôle emploi, mais c'est la première fois que nous organisons une telle journée. Les postes à pourvoir concernent des disciplines où nous n'avons pas forcément assez de remplaçants", a-t-on précisé à l'académie de Paris.

Aveu d’échec tout de même du nouveau système de remplacement de Luc Chatel... à moins que ce soit ça le nouveau système de remplacement...


* De l’origine de l’échec scolaire...

Guéant vert... ou l’incroyable Hulk ?

« Contrairement à ce qu'on dit, l'intégration ne va pas si bien que ça: le quart des étrangers qui ne sont pas d'origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés".

C’est ce qu'a déclaré dimanche Claude Guéant au Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien.

Et ça nous dirige ça ?


* Vidéo de la fin qui s’impose par conséquent :

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Grâce à la méthode Chatel, tout va bien

ou presque...

Pour ceux qui viennent là en direct, rappel : la Une est à jour. C’est là.

* Luc Chatel : "Les moyens sont là pour une rentrée de qualité"


La Preuve...

Source
D'ailleurs, dans certains domaines, l'Etat pourrait bientôt être en situation de cessation de paiement: les remplacements de personnels malades ou démissionnaires seront par exemple encore plus problématiques à partir de la rentrée prochaine ; de nombreux rectorats auront alors épuisé l'enveloppe budgétaire qui leur est octroyée pour payer les frais de déplacement de leurs remplaçants...






* Une quête pour renflouer les caisses :

L’école primaire des Chesneaux montre l'exemple

Source

"Jeudi matin, les enfants de l'école primaire des Chesneaux faisaient la queue pour remettre aux délégués des parents d'élèves les pièces « rouges » collectées pour « renflouer les caisses de l'État » et plus précisément celles du ministère de l'Éducation nationale.
Dans une petite boîte, ce petit pécule et une lettre adressée au ministre Luc Chatel ont été envoyés au 110, rue de Grenelle à Paris.

«
Par ce geste symbolique, nous exprimons notre volonté du maintien des classes en maternelle et en primaire, pour que nos enfants aient une éducation digne d'une République qui mise sur l'avenir », confie l'un des parents d'élèves élus."

D’autres appelleraient cela un grand emprunt...



* C'est la "réussite" du système Chatel ! Vu à la télé.

Source - "France 2 | Société Hier 13:25

Le village de Détrier, en Savoie, a décidé de tout faire pour ne pas perdre son école. Il s'agit d'une classe unique de 10 élèves. Le conseil municipal a donc voté une subvention pour payer un instituteur à la rentrée prochaine. Un enseignant privé donc, qui officiera dans une école publique. Il y a une faute d'orthographe là. "Les autre", que faut-il mettre à la fin de "autre" ? Dans l'école de Détrier, il n'y a qu'une seule classe. Dix élèves de la grande section au CM2. Une institutrice aux petits soins, quasiment du sur-mesure. Mais pour l'administration, l'effectif est insuffisant et l'école doit fermer au grand dam des parents d'élèves. Nous sommes attachés à notre école, à ce petit effectif qui nous permet d'avoir une pédagogie adaptée à chaque enfant. Pour éviter la fermeture, la municipalité a décidé de financer l'embauche d'un instituteur et de créer une cantine. L'idée est d'ouvrir une classe de petite et moyenne section qui faisait défaut. L'objectif est de faire revenir ici les enfants de 3 et 4 ans scolarisés dans le village voisin. Mais la commune a-t-elle le droit de créer une classe ?
Notre seule obligation est de respecter les normes de sécurité en matière d'accueil et d'hygiène. L'instituteur sera sous contrat privé dans une école publique. La scolarité sera gratuite. Pour le village, cela coûtera 30.000 euros par an. Tout est question de priorité : soit on met l'argent sur les routes, soit on privilégie l'école et à Détrier, on a choisi l'école. Deux instituteurs ont déjà fait acte de candidature. En ouvrant une deuxième classe, l'école espère attirer 29 élèves et consolider les rangs pour la photo de classe.


©France 2


*La vie des ex : près la remise d'une médaille, un petit rapport à rédiger...

Working girl, le "blog des femmes actives", ironise sur le ministère de l'Educ Nat qui donne maintenant dans le "défilé de Luc"...


"Luc Chatel devra partager quelques mois les questions sur la jeunesse avec Luc Ferry, ministre de l'éducation de 2002 à 2004. En effet, le Premier ministre, François Fillon a chargé l'ancien ministre de l'éducation de réaliser un rapport sur les aspirations des jeunes"...


* Histoire géo : révolte contre les programmes de Première.

La remueur commence à enfler. On n’en veut pas, on en peut plus. 53 thèmes à faire passer, soit au mieux 2 h 30 par thème (sans compter les heures de préparation aux méthodes du bac pour les S qui désormais le passent en Première).

La révolte gronde autour d’un texte issu de collègues marseillais. Il est là.


En voici le début :

Pourquoi nous ne ferons pas ce programme de Première (tel qu’il nous est imposé)

Au-delà de la critique salutaire et nécessaire, nous ressentons parfois l’urgence de poser des actes concrets. À propos du programme de Première d’histoire-géographie qu’il faudra mettre en œuvre l’an prochain, et en attendant la correction de fond en comble qu’ils appellent de leurs vœux, les signataires de ce texte (et tous ceux qui voudront les rejoindre) proposent une démarche pour éviter, en pratique, ce qui leur paraît remettre gravement en cause d’idée qu’ils se font de leur métier.


*
Pas d'opération "Les essentiels de la rentrée" en 2011:


C’est dit là.

Intermarché pourra donc se passer de recruter des figurantes (fausses clientes mais vraies militantes UMP) pour recevoir le ministre, comme cela avait été le cas en 2009 à Villeneuve-le-Roi, épisode mémorable qui avait fait ricaner la presse internationale...

souvenez-vous ce que l'on peut revoir ici: http://www.dailymotion.com/video/xa7ods_luc-chatel-en-visite-chez-intermarc_news


* Nouvel ordre syndical.

On apprend que Bernard Kuntz, dirigeant du SNALC - syndicat classé à droite de la gauche socialiste - passe aujourd’hui dans l’appareil syndical FO (classé majoritairement Lambertiste POI).


* Et pendant ce temps là à La Défense ...

Les traders français ont perçu deux milliards d'euros de bonus en 2010

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Continuum Lycée -Supérieur...


* la CPU défend un continuum de la seconde au bac+3, avec une professionnalisation dès la licence

Déjà que tout élève qui entre en 6e est destiné à entrer en seconde ...

Voici les modalités de la scolarisation qui se dessine pour le siècle qui s’ouvre...


Educpro. - Le président de la CPU, Louis Vogel, et la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, ont conclu le colloque annuel des présidents d’université, vendredi 13 mai 2011, à Toulouse. L’occasion de dessiner les contours de la nouvelle licence et d’afficher des points de vue relativement convergents sur le sujet. Si Louis Vogel appelle les universités à travailler davantage avec les lycées, la ministre insiste une nouvelle fois sur l’indispensable « meilleure professionnalisation » du premier cycle universitaire.

Louis Vogel, président de la CPU (Conférence des présidents d'université) a clôturé le colloque des présidents d’université qui se déroulait à Toulouse, vendredi 13 mai 2011, et qui a réuni plus de 200 participants sur le thème "Une ambition : la licence". Pour que la licence universitaire ne soit plus le "maillon faible" de l’enseignement supérieur, le
président de Paris 2 Assas a présenté deux "novations", résultat de réflexions engagées avant et pendant le colloque.

Un continuum dès la seconde

"Tout jeune qui arrive en seconde est destiné à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur" (D. Filâtre)

Louis Vogel a tout d’abord insisté sur le changement de paradigme autour de la licence, et sur la nécessité d'un continuum de bac -3 à bac+3 entre le lycée et l’enseignement supérieur.

Comme l’a expliqué plus tôt dans la matinée, Daniel Filâtre, président de Toulouse le Mirail et responsable de la commission pédagogie au sein de la CPU, il s'agit de considérer désormais que "tout jeune qui arrive en seconde est destiné à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur". En conséquence, Louis Vogel a appelé à travailler encore plus avec les lycées, et également à multiplier les passerelles possibles entre les filières (licences, BTS, prépas, IUT...). Grande première : quelques proviseurs, comme Michel Bouchaud du lycée Montaigne à Bordeaux, étaient invités au colloque des présidents d'université.

Le lycéen doit pouvoir construire son parcours d’orientation au fur et à mesure des trois années de lycée. Selon les représentants de la CPU, la
procédure d’orientation active de terminale devrait être anticipée dès la seconde et évoluer sous la forme d’une auto-évaluation (sur le modèle plusieurs fois répété du bilan de compétences).


S’aligner sur la recherche

La seconde "novation" présentée par Louis Vogel, est d’avoir pour la licence, "une ambition et des exigences" comparables aux cycles de recherche. "Comme nous avons su mettre en place des équipes de recherche, il nous faut des équipes pédagogiques avec un mode d’organisation spécifique, pour la licence", a précisé Daniel Filâtre.
La nécessité de l’évaluation des formations, de la valorisation de l’innovation et de l’engagement des équipes en ce sens ont été rappelées. Louis Vogel a notamment insisté sur la nécessaire
mise en œuvre d’une prime d’excellence pédagogique, déjà évoquée dans le passé mais qui tarde à se concrétiser.


Voilà de quoi remonter le moral aux enseignants du supérieur. A moins qu’on ne les remplace par ceux du secondaire. Tiens, en voilà une idée qui ferait des économies...



* Décorons, décorons. Mais pas n’importe qui :

Le ministre décore les ministres

Quand on est ministre de l'éducation nationale qui promouvoir dans l'ordre du mérite ? Les anciens ministres , a décidé Luc Chatel. Il a
promu  le 13 mai Luc Ferry et Claude Allègre dans l'ordre du mérite."

source


* Si on laisse accessible la culture à tout le monde... Le Mozinor du jour. Parfait. Comme toujours.


la conference de savigny par mozinor
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Education nationale : ni droite ni gauche

* L’école numérique pour faire une école qui (enfin) sert à autre chose...

La Cyber base scolaire

En visite dans le Centre (en Sologne), Luc Chatel est venu voir une école qui a connu un investissement numérique important.
Ecoutez ce qu’en dit non seulement le ministre mais aussi le responsable de la Caisse des dépôts. Il s’agit bien de faire de l’école non seulement un lieu de vie, mais aussi un outil de prestation de services - non scolaires - pour une plus large population.

Bientôt une Ecole Point relais services ? A mettre en relation aussi avec les learning Center qui se profilent dans les CDI, les lycées qui se transforment en plateforme de stages... Tout est dans tout (et réciproquement).

Et « les enseignants se félicitent de cet outil ». Sous prétexte de personnalisation des pédagogies et des parcours c’est bien autre chose qui passe en douce.




* Insécurité ministérielle ?

Certes, l'hyperministre de l'Éducation Nationale n'inflige pas aux populations visitées le même déploiement de policiers que son hyperprésident lors de ses déplacements, mais 50 pandores dans le petit village de Chabris (dans l'Indre), cela ne passe pas inaperçu... et encore moins une compagnie de CRS (6 cars) à Nohant où le ministre venait faire du tourisme et visiter la maison de George Sand...
C'est qu'il ne fallait pas que quelque syndicaliste irresponsable ou quelque parent mécontent gâchât la visite ministérielle...
Récit détaillé ici

En effet, l’accueil du ministre n’est pas toujours complaisant :



On notera que les reportages de la F3 ou des autres TV locales n’ont pas montré la réelle nature de cette accueil...

* Le PS veut « réformer le statut des enseignants du secondaire »

Tiens donc, eux aussi ?

Source

Bruno Julliard, secrétaire national du PS à l’éducation, rencontre lui aussi les syndicats régulièrement. Et déjà il négocie. « Il faut des mesures d’urgence dès la rentrée de septembre 2012 », explique le socialiste, ancien président de l’Unef. La formation des enseignants sera réformée, les ZEP relancées, les professeurs incités à rester dans les quartiers les plus difficiles.

Le PS veut « réformer le statut des enseignants du secondaire. Il faudra négocier avec les syndicats le contenu des missions, en incluant le lien avec les familles et le suivi individualisé. En contrepartie, il y aura une revalorisation salariale. C’est un travail qu’il faut commencer avant l’élection », explique Bruno Juillard. Il entend aussi allonger l’année scolaire et « prévoir les financements et les marges de manœuvre ». Il y aura un moratoire sur les suppressions de postes dus au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. « Décidons-nous au non entre mai et juin de suspendre ces suppressions de postes ? La proposition est oui », confirme Laurent Fabius. « Ça se traduit par des recrutements supplémentaires d’urgence dès 2012 sur le primaire et les ZEP », précise Bruno Julliard."
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Evaluations en tout genre

* Evaluation de la performance de l’école (et non des élèves) :

un pas de plus, Chatel a lâché le mot.

En confirmant qu’il y aura une évaluation CM2 faite après l’affectation des élèves en 6e, Chatel dit :

AFP -
« Ce sera une évaluation, pas un test, j'ai toujours dit que je n'étais pas favorable à un test à l'entrée en 6ème", a déclaré Luc Chatel dans la salle des Quatre-Colonnes à l'Assemblée. "Cette évaluation se passera après l'affectation des élèves en 6ème et elle permettra de mesurer les performances de notre école avant de passer au collège
Nous avons fait le choix d'une évaluation bilan parce que notre système éducatif, pendant trop longtemps, a manqué de moyens de s'apprécier, de se comparer et c'est très important de l'avoir au niveau national, à la fin de la scolarité obligatoire de premier degré", a-t-il dit.

Au passage il confirme bien que les évaluations actuelles ne sont pas cohérentes :

AFP - Luc Chatel a estimé que "l'évaluation que nous avions en janvier était un peu entre deux, ni évaluation-diagnostic ni évaluation-bilan. Je pense que nous avions besoin d'une évaluation plutôt tournée vers le bilan qui fasse le point sur le premier degré avant l'entrée au collège".


*Les annales de l’évaluation (en primaire)

Le site de la circonscription de Wintzenheim (Haut-Rhin) offre à tous les parents désireux de faire progresser prodigieusement leur progéniture, à tous les personnels, à toutes les écoles inquiet(e)s de leur mise en concurrence... d’y remédier très simplement.
C’est ici :

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Pas de capitulation

* Pas d’accord avec Facebook ?

Elèves privés de Facebook : aucun accord avec le gouvernement selon la presse spécialisée


"Alors que le ministre de l'éducation Luc Chatel annonçait hier que Facebook s'était engagé à fermer les comptes des élèves convaincus de harcèlement, le réseau social nous indique qu'aucun accord n'a été conclu. Les discussions ne semblent même pas avoir commencé."


*Résistance au socle commun : cela s’appelle le refus, c’est tout simple.

Socle commun: un collège refuse de le valider
Les enseignants du collège Voltaire (Asnières, Hauts de Seine) "ont voté à la quasi-unanimité le refus d’évaluer et de valider le socle commun" rapporte "le Café pédagogique". Ils dénoncent "des domaines très larges et 'fourre-tout' ", aux items "très vagues" et supposant "des connaissances implicites que beaucoup d’élèves n’ont jamais acquises". Ils estiment qu'il est de plus impossible d'évaluer "objectivement" des items qui "peuvent être interprétés différemment (par les professeurs, les élèves, les parents…)". Ils ne croient pas de plus "qu’un item puisse être acquis à vie" et "ne voient pas comment exploiter l’attestation de maîtrise des connaissances et compétences du socle commun pour orienter l’élève en fin de 3ème".
Ils s'inquiètent encore des méthodes et des moyens qui devraient être mis en oeuvre "en cas d’item non acquis" et pensent qu'il en ira de cette innovation comme du B2I pour les compétences en informatique et le niveau A2 pour les compétences en langues: "validé systématiquement, superficiellement et arbitrairement sans l’avis des équipes pédagogiques". Les autres inquiétudes qu'ils expriment sont assez proches de celles de leurs collègues du premier degré à propos des évaluations nationales.


* Si tous les EVS du monde se donnent la main :

Si tous les EVS employés par l'Éducation Nationale depuis 5 ans s'adressaient aux prud'hommes pour faire reconnaître leurs droits (Les prud'hommes condamnent généralement l'Etat à leur verser des sommes de 10 000 à 15 000 € quand ils n'ont reçu aucune formation de la part de leur employeur), cela pourrait coûter plusieurs millions d'€ à l'Éducation Nationale.

Voir
l’article de Médiapart.


* Modernisation de l'Etat par la promotion de la précarité

Les titulaires sont incités à devenir contractuels...

De  source syndicale - Il est même proposé à des médecins titulaires de l’Education nationale, qui exercent la médecine de prévention, de démissionner pour être mieux payés comme contractuels.



* Chatel veut développer la découverte des entreprises en 4 e et 3 e

LEs échos - « Certains collégiens de 4 e et de 3 e pourront bénéficier à partir de la rentrée prochaine du développement de trois dispositifs de découverte des entreprises, allant de la découverte renforcée au « préapprentissage » en passant par des classes de 3 e prépro, a déclaré Luc Chatel à l'AEF (Agence éducation formation). L'idée est de « personnaliser les parcours » en collège, a précisé le ministère, relançant le débat sur le collège unique."

Cela fait beaucoup de maux dans une seule mesure...


* Stages militaires pour élèves d'ERS

C’est le parisien qui le rapporte.

"Les collégiens de l’établissement de réinsertion scolaire de Nanterre ont participé à un stage militaire cette semaine. Avec un résultat plutôt mitigé…
[...]
Cette semaine placée sous le signe de l’autorité s’est finalement révélée très tendue. Au point que la hiérarchie militaire a décidé de ne pas la médiatiser plus que cela. Peu désireuse que cette opération soit considérée comme un fiasco, la Grande Muette s’est montrée peu loquace Selon nos informations, le stage a été marqué par des altercations à répétition et une hostilité ouverte à l’égard des encadrants militaires.

Quand à « la Marseillaise », il n’y a pas que sur les terrains de foot qu’elle a été bafouée. «
Certains la chantaient en rap en modifiant les paroles comme on peut l’imaginer, soupire un gradé. On a beau avoir essayé de les séparer, d’isoler ceux qui apparaissaient comme des meneurs, c’était très difficilement gérable. » Une des raisons de ces problèmes tient au statut de ces jeunes. Ils ont beau se trouver dans une enceinte militaire, ils restent mineurs et civils. Pas forcément formés à une pédagogie de pointe, les militaires se trouvaient donc limités dans leurs moyens de coercition. Impossible de leur imposer les traditionnelles séries de pompes en cas de manquement à l’autorité."

Les limites de la pédagogie militaire...


*Numérique à l'école : les associations attendent toujours une convention cadre

Chatel parle mais agit peu ?

Source. - Auditionné le 26 avril par la mission commune d'information sur le système scolaire Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, a répété qu'un accord pourrait être signé "avant l'été" avec les associations des départements et des régions autour du numérique à l'école. Aux propos du sénateur de la Somme Daniel Dubois qui constate le "coup de frein" et le risque de retard dans ce secteur de la pédagogie numérique, le ministre a répondu : "Dans ce domaine, les collectivités pourraient investir dans les équipements, l'Etat dans les ressources et la formation des enseignants." Peu d'évolution donc depuis les annonces faites lors du lancement du "plan de développement des usages du numérique à l'école" au salon Educatice en novembre 2010 (lire ci-contre notre article du 25 novembre 2010). Le ministre avait  alors annoncé, pour "clarifier les répartitions de compétences et de responsabilités entre l'Etat et les collectivités", qu'une convention cadre dans le domaine du numérique au collège serait signée le 9 décembre avec l'Assemblée des départements de France (ADF). Il était également question, toujours selon le ministre, d'un futur accord avec l'Association des régions de France (ARF).  A ce jour, aucune convention, aucun accord ne sont conclus.

Mais du retard dans la pédagogie numérique, ce n’est peut-être pas si mal finalement...


* Les groupes de pression de droite sont en forme

Ifrap encore.

Colloque au Sénat sur le système éducatif et ses acteurs
Mercredi, la mission commune d’information du Sénat sur "l’organisation territoriale du système scolaire et sur l’évaluation des expérimentations locales en matière d’éducation" organisait un colloque au Sénat. La Fondation iFRAP intervenait dans la deuxième table ronde : « Fonctionnement du service public de l’éducation : du cloisonnement au partenariat ».

« Nous sommes en phase de recherche et nous constatons pour l’instant un écart de plus ou moins 2.000€ par élève et par an en défaveur de l’enseignement public. »

Bon, on voit où cela va...


* Pressions sur les directeurs d'école opposés à Base élèves : le ministère s'enfonce dans l'irrégularité
Sur le site du CNRBE

En 2009 et 2010, malgré l'intervention de l'ONU auprès de la France, l'Education nationale n'a pas hésité à sanctionner plusieurs directeurs et directrices d'écoles pour la simple raison qu'ils refusaient de remplir Base élèves (retraits de salaire, retraits de postes de direction, obligation de participer au mouvement, blâmes, mutations d'office).

A nouveau, en ce mois d'avril 2011, de nombreux directeurs d'école, dans tous les départements et notamment en Loire Atlantique, Vendée, à la Réunion, dans la Loire, le Gard, le Maine et Loire, le Lot, l'Essonne ou le Loir et Cher, subissent des pressions accentuées pour saisir les données personnelles de tous les enfants de France et de leurs proches dans le fichier Base Elèves 1er degré. Harcèlement téléphonique, y compris pendant les congés scolaires, courriers électroniques comminatoires, convocations individuelles à l'Inspection Académique, chantage à la non inscription au collège des élèves de CM2 qui ne seraient pas dans le fichier, menaces de retraits de salaires, menaces de retrait de la fonction de directeur, l'administration de l'Education Nationale ne lésine pas sur les moyens pour faire "rentrer dans le rang" les récalcitrants.


On oppose souvent à ces directeurs le fait que "le fichier Base Elèves ne contient plus aucune information sensible", qu'ils mènent un combat ultraminoritaire d'arrière garde. L'apparition du Livret Personnel de Compétences, nouveau fichier qui (pour)suivra chaque enfant tout au long de sa vie, par le biais du numéro national d'identifiant élève (INE), généré lors de l'inscription dans la Base Elèves, montre bien qu'il n'en est rien.

Au contraire, ces directeurs d'école, en refusant de ficher leurs élèves, sont ceux qui sont dans la légalité : ils respectent la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, ratifiée par la France et qui de ce fait s'impose en droit, ils respectent les recommandations faites à la France par le Comité International des Droits de l'Enfant de l'ONU, ils respectent l'exercice du droit d'opposition des parents, droit rétabli par le jugement du Conseil d'Etat du 19 juillet 2010.
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Dé-livret-les !

* Harcèlement :

Pour les ministres qui harcèlent la fonction publique en supprimant tous les ans des milliers de postes et en dégradant toujours un peu plus les services publics, qu'est-ce qui est prévu ?


* Voici venus les livrets de compétences... pour les enseignants.


Après le livret de compétence pour les élèves, vient de sortir une circulaire qui crée notamment une sorte "Livret de compétences" pour les maitres eux-mêmes, servant à leur notation et à leur carrière. Il s'agit plus précisément d'un portefeuille de compétences "dématérialisé".

Voici une autre façon de généraliser le fichage. Après les élèves les profs toujours soupçonnés de ne pas faire comme il faut leur boulot, (et d’agir en bon fonctionnaire). Certains s’inquiètent déjà des croisements que va pouvoir permettre ce nouvel outil de gestion des ressources humaines.

C’est au BO.

Il s’agit en fait d’Orientations pour la formation continue des personnels enseignants du ministère de l'Éducation nationale, nous dit le BO, mais le point 3 est clair, même si bien sûr c’est pour notre bien :



Rappel :
voyez le site du CNRBE

Bientôt un LPC pour les parents ?


* Téléservice-scolarité (-réalité)

Le ministère prépare un carnet de notes en ligne :

"Il est créé au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé «Téléservice-scolarité» dont l'objet est de permettre aux élèves des établissements du second degré ainsi qu'à leurs responsables légaux de consulter, via internet, les notes qu'ils ont obtenues dans les différentes matières", stipule un arrêté publié au J.O. du 27 avril. Il fixe les données enregistrées : notes dans chaque matière, dates des contrôles, identifiants des responsables légaux, noms des enseignants.

Rappelons qu'une circulaire prévoit la généralisation d'une autre application informatique à la rentrée 2011 : le cahier de textes électronique. Au J.O. Sur le cahier de textes .

Dans sa série "Le meilleur des mondes", on continue...


* Unique en sont genre : Chatel, pas le collège.

Chatel fossoyeur du collège unique ?

Selon l'AFP, Luc Chatel propose de "personnaliser" le parcours des collégiens. La frontière est étroite entre "personnalisation" la relégation. Les chambres des métiers et la CGPME doivent être satisfaites.

Leurs idées, exposées le 26 avril au Sénat, semblent avoir été entendues par Luc Chatel, reçu par la même commission le même jour. Pour une meilleure "découverte de l'entreprise", Luc Chatel proposera à la rentrée des dispositifs dérogatoires à la scolarité normale dès la 4ème (14 ans). Des collèges proposeront des classes où les élèves sont un jour par semaine en entreprise "pendant plusieurs semaines".

Des classes de 3ème spéciales de pré-professionnalisation seront crées en lycée professionnel pour "découvrir les différents secteurs de la voie professionnelle".

Enfin un Dispositif d'Initiation aux Métiers, sera relancé. Chatel aurait donc reconstitué dès la 4ème un autre collège, en mettant fin au collège unique. Et comme il annonce aussi que des professeurs des écoles s'occuperaient en 6ème des élèves ayant des difficultés de lecture et que ce sont justement les futurs élèves de ces nouvelles filières, on peut craindre que la nouvelle voie remonte très rapidement à la 6ème.

Pour mémoire : il y a une quarantaine d’année (...) on a connu un collège divisé en trois filières : le cycle 1 qui préparait au lycée général, le cycle 2 préparait à l’enseignement professionnel et le cycle 3 préparait à l’éjection précoce en fin de cinquième, ou la relégation vers des filières d’exclusion, CPPN ou "classes de transition". Et qui s’occupait de ces filières ? Les instits, déjà…

Ce projet de Luc Chatel serait un formidable bond en arrière, retour à la situation d'avant 1975 les enfants des classes populaires étaient mis à l'écart très tôt dans une filière d'enseignement particulière.
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Les avancées de l'ultralibéralisme pour l'Ecole...

*Comment supprimer 16.000 postes d'enseignants l'an prochain en France ?

Solution de l’académie de Toulouse : en sabrant dans les heures d'enseignement qui sont spécifiquement consacrées aux élèves nouvellement arrivés en France. (source)


*Le chèque éducation bientôt abandonné par les ultralibéraux et les partisans de l'école privée hors-contrat?

Mammouth Déchaîné- Le mammouth déchaîné a déjà signalé que les ultralibéraux de l'UMP (par exemple Billot de Lochner, qui est à la tête de la Fédération Banque-Finance-Assurance de l’UMP et qui dirige l'association Audace 2012) faisaient campagne pour la création à côté de l'Education Nationale, d'un secteur totalement libre qui serait financé par l'Etat, ce que réclament aussi des mouvements de soutien aux écoles privées hors-contrat (principalement catholiques).

On en sait maintenant un peu plus sur
les modalités de financement de cet enseignement libre par l'Etat tel qu'il est envisagé par ces mouvements. Et c'est A. Coffinier qui l'explique dans un commentaire à la 12ème proposition de Lochner:
"
Il faudra choisir la formule à la fois la plus conforme à la culture française et la plus simple. Sans doute est-ce de rembourser aux familles le coût des scolarités engagées sur une base forfaitaire fixée par la loi, et ce à travers soit une réduction de l’impôt dû, soit l’octroi d’une prime d’un montant équivalent si la famille n’est pas imposable."
(source)

De nombreux parlementaires sont en effet encore hostiles à la solution du chèque éducation et le ministre a déjà fait savoir  que le gouvernement n'y était pas favorable :
voir là.

Il est à noter que
le système de la déduction fiscale permet déjà de financer indirectement des entreprises comme Acadomia pour les parents souhaitant faire donner des cours particuliers à leurs enfants. Les écoles privées hors contrat ne manqueront sans doute pas de se servir de cet argument pour réclamer le même type de financement public indirect...

Vive la libre entreprise (et les niches fiscales...)!


* Petite fâcherie, écoute brouillée, malentendu ?

Après son débat sur l'Islam et la laïcité (avec le brillant succès que l'on sait) , l'UMP souhaite-t-il éviter de se faire taxer de favoritisme en se montrant moins cul-bénit et en prenant un peu ses distances avec les milieux catholiques? Ou le pouvoir a-t-il été vexé par le rejet très"oecuménique" de son débat par les religieux? Ou déçu par le faible soutien des catholiques malgré les cadeaux qui leur ont été faits, en particulier dans le domaine de l'éducation?

Dans le même temps où le Président renonce à se rendre lui-même à Rome pour la cérémonie de béatification de Jean-Paul II,
Luc Chatel, en tous cas, rappelle les ingrats cathos à l"ordre:
«L'enseignement privé sous contrat représente 20 % de l'enseignement du grand service de l'Education. 20 %, ça veut dire 20 % de moyens, 20 % des postes et ça veut dire 20 % des retraits de postes, quand il y a retraits de postes. Si j'avais appliqué cette règle à la lettre, (sur) 16 000 suppressions cette année, il y aurait eu 3 200 suppressions de postes dans l'enseignement privé sous contrat» . Or «ce n'est pas 3200 postes qui vont être retirés à l'enseignement catholique mais 1 533, c'est moins de 10% de l’effort»(source)

Outre ce changement de ton inhabituel, certaines des dernières mesures du ministère, comme l'autorisation d'un
pass-contraception en Île-de-France, ne sont pas passées inaperçues non plus et ont carrément fâché dans les milieux traditionalistes...
http://www.leparisien.fr/societe/un-pass-contraception-pour-les-lyceens-d-ile-de-france-26-04-2011-1422959.php

... et même jusque dans les rangs de l'UMP...
http://www.ndf.fr/la-une/29-04-2011/christian-vanneste-l%E2%80%99ump-deconne-sur-le-pass-contraception

Tant d'efforts pour en arriver là ? La communication ministérielle est un art difficile...

* Plein d’idées ...

Après les « emplois jeunes », Villepin invente le « service citoyen obligatoire »

http://www.marianne2.fr/Villepin-service-civique-ou-travail-force_a205054.html

Extrait:

"Qu’avons-nous donc là ? Une obligation pour tout jeune de 18 à 25 ans de travailler, pour un peu plus d’un demi-SMIC, au service de l’Etat.

Ou, pour parler autrement, la constitution forcée d’un lumpenprolétariat de jeunes en cours d’études (ou cherchant un vrai travail), venant occuper de façon précaire des fonctions mal payées dans des secteurs dont on doit comprendre, j’imagine, qu’ils ne nécessitent aucune formation spécifique – des secteurs aussi secondaires que « l’éducation », « le personnel soignant » ou encore « l’humanitaire », et plus largement l’ensemble du secteur public."
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Reprise de justice...

... ou de justesse, plutôt.

Finies les vacances. Petit tour d'horizon pour ce 1er mai dans le domaine de l'Education :
(In)justice(s sociales), précarité, « réforme » (= suppression de postes et affaiblissement des services publics), répression...

Voici de quoi se remettre au niveau.

* Justice ! La France suit-elle le chemin des USA et se "judiciarise"-t-elle lentement mais sûrement ?

Les procédures en tous cas se multiplient...

Deux exemples:
-
Du côté des prud'hommes pour commencer, l'Éducation Nationale s'est vue une nouvelle fois (le mammouth en à déjà parlé) lourdement sanctionnée:
source. "Le conseil des prud'hommes d'Angers vient de condamner le lycée David d'Angers (qui est l'employeur officiel des EVS) à payer 14000 € à chacun des 28 EVS qui l'avaient poursuivi pour absence de formation au cours de leur contrat. Cela représente environ 450 000 € à la charge de l'Éducation Nationale qui, nous l'espérons, ne va pas contraindre le lycée David à payer ces sommes sur ses fonds propres."
Reste à savoir en effet quelle sera l'attitude de l'Education Nationale face à ces décisions de justice, l'administration se montrant parfois peu soucieuse d'exécuter les jugements qui lui sont défavorables...

-
Du côté des tribunaux administratifs justement, un licenciement abusif au CRDP de Limoges vient d'être annulé, mais l’Éducation nationale refuse toujours de verser les indemnités compensatrices de dommages et intérêts...
source, source, et source.

Un point commun aux deux affaires évoquées, (et à bien d'autres similaires):
le développement de la précarité, domaine où l’Éducation Nationale montre l'exemple depuis de nombreuses années, y compris dans ses institutions les plus prestigieuses:
Lire par ex à ce sujet cet article de Bastamag:
L’École normale supérieure cultive la précarité, http://www.bastamag.net/article1497.html
Ou encore cet édifiant article de
Rue89 où l'on montre comment la Sorbonne oublie de protèger ses personnels (qu'elle ne reconnaît d'ailleurs même pas comme personnels) dès lors qu'ils sont victimes d'arrestations arbitraires à l'étranger: voir ici


* Et pendant ce temps, l'éducation nationale suit son train-train de « réforme ».

La vitesse de croisière en matière de suppressions de postes ayant été atteinte (?). C'est ainsi que G. Tron estime que l'
on pourra continuer à supprimer du fonctionnaire en 2012 et 2013:
http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/04/24/george-tron-on-peut-encore-reduire-le-nombre-de-fonctionnaires_1512332_823448.html

Tandis que la
réforme de la carte scolaire a rendu l'école encore plus injuste, tandis que les démissions sont de plus en plus nombreuses (jusqu'à un quart des profs stagiaires dans l'académie de Créteil!) tandis que les enseignants (comme les autres fonctionnaires) ont une fois de plus leur salaire gelé et voient leur pouvoir d'achat (et leurs retraites) diminuer, Luc Chatel pour sa part affiche toujours la même résolution et confirme sans états d'âme la fermeture de 1500 classes dans les écoles primaires et maternelles, la disparition pure et simple de l'offre éducative pour de nombreuses sections de 2-3 ans dans les écoles maternelles permettant d'afficher des statistiques à peu près présentables pour les autres niveaux du primaire (tout en soutenant qu'il y a moins d'élèves...)...
voir là.

Peu d'oppositions à cela d'ailleurs, du moins de la part des grandes organisations syndicales: la FCPE, soutenue par plusieurs syndicats, prévoit des actions de protestation dans quelques semaines un mercredi après-midi (18 mai) et une nuit d'occupation symbolique des écoles au début d'un weekend (20 mai).


* Au pas camarade.

A la base, si l'exaspération des enseignants, des parents et de la population est profonde,
tout est fait cependant pour mettre au pas ceux qui auraient la velléité de montrer leur mécontentement. Et pour cela, rien de tel que la bonne vieille technique de la matraque et des lacrymos, y compris contre des enfants, comme cela a été le cas récemment à Besançon où, selon l'Est Républicain, "l’usage de la force par la police ne pouvait absolument pas être justifié par une quelconque menace ou pression des manifestants sur le portail du rectorat. Tout était calme avant les coups de matraque dans les jambes, les bousculades et l’utilisation du gaz.".
Pour plus d'infos sur ces événements, lire aussi:
http://www.bastamag.net/article1500.html
http://owni.fr/2011/04/06/des-lacrymos-contre-les-parents-deleves/


* N’hésitez pas non plus à vous adresser aux tribunaux...

Peut-être quelques bonnes nouvelles en perspective de ce côté:

-
Absentéisme scolaire : Un recours déposé contre la suspension des allocations
http://www.terrafemina.com/vie-privee/famille/articles/3177-absenteisme-scolaire--un-recours-depose-contre-la-suspension-des-allocations.html

-
Lundi de pentecôte / journée de solidarité : la cour de cassation a été saisie à la demande d'un salarié sur la constitutionnalité de ces dispositions (pour rupture du principe d'égalité devant l'impôt), démarche appuyée par le parquet d'Angers qui relève une "apparence d'inégalité".
Les salariés pourraient être en droit de réclamer 10 milliards d'€ de trop-perçu à l'Etat...
http://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/lundi-de-pentecote-la-cour-de-cassation-saisie-a-la-demande-d-un-salarie_967165.html


* Réforme des retraites:

Celle-ci pourrait ne pas être conforme aux conventions internationales signées par la France et des voies de recours seraient alors possibles auprès des tribunaux.
http://blogs.mediapart.fr/blog/poj/250411/le-gouvernment-interpele-propos-de-la-reforme-des-retraites

Revenez demain pour plus de nouvelles fraiches.
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