Ça bouge : un peu, beaucoup, pas du tout ?

* Abrogation de la LRU : pour bientôt ?

Une proposition de loi pour abroger la LRU déposée au Sénat

Une proposition de loi a été enregistrée à la Présidence du Sénat le 23 mai 2012. Cette loi ne comprend qu’un seul article qui abroge la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU).
Motifs (Extraits) : La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) a contribué à détruire les fondements du système éducatif français par la mise en concurrence des universités et des étudiants. (...) La présente proposition de loi qu’il vous est proposé d’adopter vise donc à supprimer une loi qui, loin de répondre aux besoins des universités, a définitivement rompu avec la vision républicaine de l’enseignement supérieur.

La proposition de loi est là.

* Du côté des partenaires sociaux.

Si les syndicats de l’Education nationale prennent bien soin de ne surtout pas se rencontrer pour ne pas que dès fois certains aient envie de proposer un jour de grève (à la veille du Bac, vous n’y pensez pas, z’etes fous ?), l’intersyndicale Fonction-Publique, elle a tenue une réunion le 22 mai, à la veille de la rencontre (semaine du 29 au 2) en bilatérale, de chaque confédération avec les ministères nouveaux.

Voici un CR de ladite intersyndicale :

Tout d’abord FO n’était pas présent bien qu’invité, car la centrale syndicale considère que dans la période de campagne électorale, ce genre de rencontres n’a pas lieu d’être. Ça c’est dit.

Certains thèmes et revendications se sont dégagés à peu près au consensus :
- ceux du pouvoir d’achat et de l’augmentation du point d’indice, de l’ouverture de négo sur la grille indiciaire et un retour sur la loi dite de mobilité, ainsi que le débat sur l’intéressement collectif.
- remise en cause de certains textes du gouvernement précédents notamment sur les « personnels sociaux » (infirmières).
- les doutes sur les promesses autour de la RGPP.
- la précarité dans le FP.
- le jour de carence.
- les droits syndicaux.

Si un accord global sur ces points a émergé, une fois encore les intérêts des uns et des autres divergent. Ceux qui freinent sont toujours les mêmes :
-
L’UNSA est favorable à l’action et à une expression communes, mais juge que ce n’est pas le moment !
- pour La
CFDT il ne faut pas se précipiter, on verra après le bilatérales avec le ministre.

La
CGT et la FSU veulent eux une interpellation du gouvernement (un courrier).

Solidaires ne s’y oppose pas, bien au contraire, mais fait remarquer que sur certains points lors des discussions ministérielles ils se sentaient bien
seuls pour condamner certains reculs.

Prochaine étape donc après les bilatérales de la semaine. Mais pour quoi faire ? Déposer des bougies devant le ministère ?


** Art de gouverner (I): Redéfinition du service des enseignants: c'est pour juillet...

... période où il est beaucoup plus facile de « négocier ». La question le sera certainement avec une autre : celle des remplacements. LEs deux font la paire...


Lemonde.fr- Les inspecteurs abordent cette question sensible de manière frontale :
"
Tout le monde s'accorde à dire que les obligations [de service] des enseignants doivent être revues. (...) Cela est de première importance pour résoudre les difficultés du remplacement de courte durée." Il faudrait aussi, selon eux, modifier le temps de présence dans l'établissement: prévoir des permanences régulières et rémunérées - "toujours à tout le moins un enseignant de permanence" dans l'établissement. "Le but serait de rendre des enseignants immédiatement disponibles en cas d'absence d'un de leurs collègues. (...) De cette manière, on peut escompter parvenir à une couverture quasi totale des heures non effectuées pour cause d'absence d'un ou de quelques jours", estiment les rapporteurs.

On aurait voulu détruire le système de remplacement (un "système arrivé à un point de rupture") pour pouvoir mieux contraindre à une redéfinition des services qu'on ne s'y serait pas pris autrement ...


* Art de gouverner (II): Peillon, toujours.


Et ceci n’est pas une gaffe (cette fois)

C’était au Congrès de la FCPE. Du Peillon dans le texte, propos de la casse organisée par le droite : « nous n’aurons pas les moyens de revenir [sur celle-ci] « 
Lemonde.fr -Extrait: Sans annonce nouvelle, son discours a été longuement applaudi, par une salle debout, alors que la FCPE avait vigoureusement contesté la politique éducative du quinquennat Sarkozy.
Pendant le discours, des parents avaient déployé des banderoles indiquant "Argent public = Ecole publique", "Le changement, c'est maintenant !" ou encore "Urgence Rased", en référence aux milliers de postes d'enseignants spécialisés dans la lutte contre l'échec scolaire qui doivent disparaître à la rentrée.

C’est incroyable comme en ce moment certains ne veulent pas pas voir que le changement c’est pas pour maintenant...


* La paye au mérite et le bon sens : cherchez l’erreur

L’OCDE (le groupe de lobbying libéral planétaire) publie une synthèse sur la paye au mérite des enseignants, pour conclure que ça serait efficace... ou pas. « Cette position embarrassée de l'OCDE s'explique par une caractéristique propre au métier d'enseignant : il est très difficile d'évaluer le mérite d'un enseignant.

Comme le remarque Bruno Suchaut, dans
un article donné au Café Pédagogique en 2008, "l’efficacité de l’acte pédagogique (est) en partie liée au contexte d’enseignement, c'est-à-dire à la classe et aux élèves qui la composent. Pour le métier d’enseignant, la définition même du concept de mérite ne va pas donc de soi et nécessiterait de mobiliser des indicateurs nombreux pour l’appréhender dans son ensemble". »

* ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE ET STRATÉGIE NÉOLIBÉRALE

Une étude d’un groupe autonome de réflexion sur le beau monde moderne qu’on à. C’est là. Extraits de l’intro :


Dans les mouvements des enseignants et des chercheurs opposés aux réformes de l'éducation et de la recherche, qui se sont déroulés en France et ailleurs, ces derniers se sont entendu opposer l'argument de la compétition, de la concurrence, qui seraient devenues
indispensables au développement de "l'économie de la connaissance". Qu'appelle-t-on "économie de la connaissance" ? En quoi rendrait-elle ˝ légitimes ˝ ou ˝ nécessaires ˝ de telles réformes ?

En outre, dans toutes les procédures d'évaluation (fiches de poste, indicateurs de performance, entretiens), auxquelles sont soumis les salariés en activité, y compris les fonctionnaires, de même que les chômeurs et précaires, un critère prédomine, explicitement ou non : l'injonction à innover. Car travailler, désormais, ce serait innover. Une ˝ économie de la connaissance ˝ serait-elle une ˝ économie de l'innovation ˝ ?

La stratégie de Lisbonne
1 affirme vouloir ˝ faire de l'Europe l'économie de la connaissance la plus dynamique et la plus compétitive du monde à l'horizon 2010 ˝. Elle a été reformulée en mars 20102 en des termes plus modestes : ˝ développer l'économie de la connaissance et de l'innovation ˝.

Saine lecture...

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Peillon estive les réformes

* De l’art de gouverner : décisions sur l’Ecole fin juillet

Quant tout le monde dort.


AFP - Peillon: décision "fin juillet" après concertation sur tous les sujets éducation
La déci­sion aura lieu "fin juillet. Ce calen­drier est fixé par le pré­sident de la République (...) concer­ta­tion au mois de juillet –rapide– puis loi d'orientation et de pro­gram­ma­tion à l'automne, ce qui sup­pose que les arbi­trages soient ren­dus fin juillet", a déclaré M. Peillon, qui était invité de "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP.
Cette loi sera "une loi de refon­da­tion de l'école de la République dans laquelle nous abor­de­rons (...) la créa­tion des écoles supé­rieures de pro­fes­so­rats et d'éducation, la ques­tion des temps sco­laires, celle de l'éducation prio­ri­taire, la ques­tion de l'éducation, tous les thèmes que nous avons déjà mis en débat durant l'élection (pré­si­den­tielle) et évidem­ment en lien avec les spé­cia­listes, les orga­ni­sa­tions syn­di­cales et les autres depuis plu­sieurs mois", a-t-il poursuivi.
S'agissant des rythmes sco­laires, M. Peillon a réaf­firmé que per­sonne n'était "pour la semaine des quatre jours". "Ca n'existe pas", a-t-il insisté. Il a sou­li­gné qu'il y avait eu "une concer­ta­tion très longue" sur ce sujet. "C'est d'ailleurs la seule que j'ai saluée du minis­tère Chatel" et elle "est arri­vée à un cer­tain consen­sus en asso­ciant tout le monde. Il faut le dire aux Français. Cette concer­ta­tion a duré plu­sieurs mois, a été appro­fon­die et tout le monde en a conclu qu'il faut reve­nir aux 9 demi-journées", a-t-il dit.
"La concer­ta­tion qui a débuté en novembre, nous allons la reprendre dès la fin des légis­la­tives", a ajouté le ministre.

Une refondation en deux mois ? La classe.

Pendant ce temps là à droite JFCop’ nous tient informé de ses dernières pensées de mauvais perdant :

AFP toujours :
Le secré­taire géné­ral de l'UMP, Jean-François Copé, a estimé mer­credi que le "vrai pro­blème" à l'école n'était pas la semaine de 4 ou 5 jours mais la durée de l'année sco­laire, jugeant "inte­nable" la quan­tité actuelle des vacances.
"Je n'ai pas de pro­blème phi­lo­so­phique qu'il y ait un débat sur la semaine de quatre ou cinq jours. Le vrai pro­blème, c'est pas la semaine, c'est l'année", a-t-il déclaré lors de sa confé­rence de presse hebdomadaire.
"
On ne va pas faire de langue de bois dans ce domaine. La France est le pays qui a le plus de vacances sco­laires. C'est inte­nable. 15 jours à la Toussaint, 15 jours à Noël, 15 jours en février, 15 jours à Pâques, plus deux mois de vacances (l'été), c'est inte­nable !" a-t-il affirmé.
"M. Peillon, qui a de telles proxi­mi­tés avec les syn­di­cats de l'Education natio­nale, serait bien ins­piré de leur par­ler de tous ces sujets-là", a ajouté M. Copé.


A propos de Copé et sa langue de bois, souvenons-nous tous de cela : les Copé d’honneur du Mammouth. What else mister Copé ?


* Dure lutte (pas finale)

AFP - Deux collèges de Montreuil bloqués par un collectif opposé aux restrictions
Les col­lèges Jean Moulin et Georges Politzer étaient blo­qués par des parents d'élèves selon le rec­to­rat qui avait déjà fixé un rendez-vous ven­dredi aux repré­sen­tants du col­lège Jean Moulin.
"Les autres col­lèges de la ville qui ne peuvent être blo­qués affichent des ban­de­roles de sou­tien", selon le col­lec­tif sou­tenu par les sec­tions FCPE, Snes, FO, CGT, Sud, Snep et UCL.
Il devait être reçu mer­credi après-midi au minis­tère de l'Education natio­nal par George Pau-Langevin, ministre délé­guée à la réus­site sco­laire, selon un communiqué.
Le col­lec­tif s'oppose "aux mesures d'austérité bud­gé­taire annon­cées pour la ren­trée 2012" qui se tra­duisent par "la sup­pres­sion pré­vue de 2.000 heures d'enseignements heb­do­ma­daires dans les col­lèges et lycées du dépar­te­ment et loca­le­ment dans la ville de Montreuil par une perte
de 206 heures d'enseignements dans les collèges".
"Au col­lège Jean Moulin cela signi­fie la sup­pres­sion de 44 heures d'enseignement" et donc "la sup­pres­sion de l'allemand en 2e langue vivante à par­tir de la 4e, des demi-groupes en anglais et en mathé­ma­tique en 3e" ou encore "du sou­tien en mathé­ma­tiques en 5e". C'est aussi "
l'impossibilité de res­pec­ter les heures légales de sou­tien indi­vi­dua­lisé en 6e" et "d'assurer les 4 heures légales d'EPS en 6e", selon le communiqué.


* Désobéir aux mesures de droite c’est toujours pas bien.

Putain, et le changement, bordel ?

Les désobéisseurs en appellent à V. Peillon. Le Conseil d'Etat rejette les requêtes de Bastien Cazals
AFP - 60 ensei­gnants déso­béis­seurs ont lancé hier un appel récla­mant la recon­nais­sance sym­bo­lique de "leur action pour l'école de la République" et la levée de "toutes les sanc­tions qui [les] ont frappés".
"Nous n'avons pas de ran­cune, mais nous n'oublions pas les silences gênés, les mises en qua­ran­taine, l'indifférence et la sinistre théo­rie des sanc­tions bles­santes et ridi­cules : blâme, baisse de note, rétro­gra­da­tion d'échelon, refus de pro­mo­tion, retrait de direc­tion, rete­nues sur salaire, sus­pen­sion. Comme nous n'oublierons jamais la confiance des élèves, de maints parents et d'élus conscients de la jus­tesse de nos com­bats", écrivent-ils.
Les signa­taires de "l'appel des 60" demandent égale­ment à "être reçus col­lec­ti­ve­ment par le ministre de l'Education natio­nale (Vincent Peillon) pour deve­nir dès à pré­sent une force de pro­po­si­tion dans le débat sur l'école qui s'annonce". "Notre réflexion sur les enjeux sco­laires ne sau­rait être igno­rée par le nou­veau minis­tère", estiment-ils, rap­pe­lant avoir "dénoncé sans relâche et non sans décou­ra­ge­ment, jour après jour, les atteintes répé­tées à la liberté péda­go­gique, la « capo­ra­li­sa­tion » des esprits, l'absence de dia­logue avec la hié­rar­chie, la soif de com­pé­ti­tion, la course à l'évaluation, l'obsession du fichage".

Le Conseil d'État rejette les requêtes de Bastien Cazals, enseignant "désobéisseur" qui refusait de mettre en oeuvre les deux heures d'aide personnalisée selon les modalités prévues par le ministère. La Haute juridiction considère "qu'il n'y a pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité" puisqu'il a déjà déclaré conforme à la Constitution la règle du "trentième indivisible" pour le calcul du montant des retenues pour absence de service fait.


* Surveillance générale

La France n'est pas un État policier. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas essayer

OWNI.fr - L’ARRIÈRE-CHAMBRE DE LA PRESSE
À Paris, la justice est rendue au nom du peuple français, pour le plus grand plaisir des agents secrets. Ce mardi 22 mai, au Tribunal de grande instance de Paris, notre journaliste, appelé à témoigner dans une affaire, a fait la découverte d'une salle qui servirait de planque à des services spécialisés. Une magistrate s'en est émue. Et la hiérarchie du tribunal réclame des explications. Témoignage sur le site d’OWNI.
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Le changement, c'est pour quand déjà ?

*Base élèves, évaluations nationales, Affelnet 6ème... : les menaces et les sanctions continuent !

C’est ce dont s’inquiète le collectif national retrait base élèves (CNRBE).

Malgré les récentes annonces de Vincent Peillon, nouveau ministre de l’Education Nationale, concernant la prochaine disparition des évaluations CE1 et CM2, l’administration menace toujours de mettre au pas les directeurs d’école et les enseignants qui refusent de ficher les enfants.
Voir l’état des luttes et des sanctions , et le courrier envoyé à Peillon après la victoire de Hollande.


* A propos de la nouvelle ministre de l'ESR

Article11 publie un article très documenté sur la nouvelle ministre. C’est là. Extraits.


Geneviève Fioraso™, l’élue augmentée

Vous avez certainement déjà entendu parler de «  l’homme augmenté ». Ce vieux rêve de la science fiction, des eugénistes et des transhumanistes – augmenter les performances humaines grâce aux progrès technologiques – devient réalité dans les laboratoires du monde entier. Le jour où l’on verra des cyborgs dans la rue se rapproche. En attendant, on peut observer un prototype grenoblois : l’élue augmentée, plus connue sous le nom de « Geneviève Fioraso™ ». Actuellement au poste de députée, d’adjointe à la Ville de Grenoble (chargée de l’économie, l’emploi, l’université et la recherche), de première vice-présidente de la Métro (chargée du développement économique, universitaire, scientifique et de l’innovation), et de présidente de la SEM Minatec Entreprises, c’est une innovation développée par le Parti socialiste en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. La preuve de la réussite de ce produit ? Geneviève Fioraso™ a été chargée de l’« innovation  » dans l’équipe de campagne du candidat à la présidence de la République François Hollande.

Et donc ministre.
Lire la suite...

D’autres infos
(sous le même article signalé ci-dessus), ou encore là.


* Semaine de 5 jours: le gouvernement fait régner la terreur et s'apprête à affamer la population (des hôteliers-restaurateurs)

Les hôteliers jouent à se faire peur: en rétablissant la semaine de 5 jours dans le primaire avec école le samedi-matin, les dangereux socialo-communistes qui nous gouvernent leur feraient perdre 60 millions de nuitées par an,  soit 3 milliards d'euros...

C'est
le figaro qui nous apprend cette terrible nouvelle.


* Un gouvernement de dialogue. C’est au Quebec. .

rtbf. - Québec: le gouvernement impose sa ligne dure contre les étudiants

Le Parlement québécois a adopté vendredi à l'initiative du gouvernement de Jean Charest une "loi spéciale" illustrant la ligne dure adoptée face aux étudiants en grève depuis plus de trois mois et critiquée par beaucoup pour les limitations aux libertés qu'elle met en place.

Ce texte, approuvé par 68 voix pour et 48 contre, restreint notamment le droit de manifester et prévoit de lourdes amendes pour les contrevenants.
Plusieurs milliers de personnes - les estimations de témoins allaient de trois à dix mille - ont manifesté vendredi soir à Montréal contre la nouvelle loi, baptisée "
loi matraque" par ses adversaires.

En réaction un billet de l'universitaire Normand Baillargeon (la suite sur son blog) :

Je porterai dorénavant un carré noir. [Ajout: sans enlever le rouge, bien entendu.Et les deux ensemble font un bien beau
drapeau]

Je le porterai d’abord en solidarité avec ces jeunes gens que l’on  a sans répit humiliés, battus, matraqués, et gazés et pour ne jamais oublier ce qu’on leur a fait.

Je le porterai pour me rappeler que je suis en deuil de la démocratie, pour dire à tous et à toutes ma tristesse devant ce qui ressemble désormais plus, et je pèse mes mots, à une association de malfaiteurs qu’à un Gouvernement, à un rassemblement de mafieux gangrénés par la corruption et autour desquels flotte, immanquable, la nauséabonde odeur du scandale et du mépris de la société civile.

Je le porterai pour me rappeler qu’on m’a menti en assurant que le débat sur les frais de scolarité a eu lieu : les étudiants et les professeurs se sont en effet retirés de ces consultations bidon organisées par les Libéraux et durant lesquelles il ne pouvait être sereinement traité; et pour me rappeler que ce gouvernement a ensuite refusé de discuter de cette question dans toute son ampleur et avec sérieux, ce que seuls des états généraux peuvent accomplir.
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Recadrages

* Discours de la méthode :

Mammouth déchaîné. Premier entretien à la radio de V. Peillon, première gaffe. Voici notre ministre qui confond vitesse et précipitation et annonce tout de go le rétablissement de la semaine de 5 jours, au grand dam de la méthode.

Vincent, la méthode, nom de Dieu, la méthode ! On veut de la négociation, on te dit.

D’ailleurs c’est pas comme si cela n’avait pas déjà commencé, puisque depuis décembre les syndicats (du moins certains) sont régulièrement consultés par ton équipe et certains (on l’a vu plus bas) sont déjà capables d’annoncer ce que tu vas dire. Bref, c’est pas comme si tout était déjà décidé, cadré. Vincent, de la méthode, on te dit.

Tu l’as dit : un travail d’orfèvre, pas des cris d’orfraie ! Faut « mettre l’école en mouvement « (sans contrepet stp) 

2000 postes à la rentrée c’est bien (même si ça fait pas beaucoup par école... et qu’il y en a toujours 14000 de supprimés). Après...
Il faut discuter avec le SE-UNSA qui par exemple pense que le changement pourrait passer par des discussions sur le temps de service des enseignants (comme Ségolène voulait en persuader certains syndicats en 2007...). Puis avec Bernadette (Groison, FSU) se dit prête à discuter des pratiques (pour ne pas dire des statuts).

Et puis, Vincent, c’est quoi ce nouveau « corps de sécurité » qui manquerait dans les Ecoles ? Une sorte de vigile militaire comme le voulait déjà Ségolène ?

Nooon, t’as peut-être raison de ne vouloir pas tant discuter que cela ...


* Public/Privé : La règle de la proportionnelle des destructions se substitue à la règle du 80/20

Alors que jusqu'à présent il ne faisait aucune distinction entre public et privé en matière de créations de postes (règle du 80/20), Vincent Peillon infléchit maintenant ses positions pour respecter les promesses de François Hollande:  les 60.000 postes créés dans le public et le privé le seront "à la proportionnelle des destructions" (toujours le même entretien à la radio).

Encore de dangereux socialo-communistes qui vont faire pleurer dans les directions diocésaines et au Secrétariat Général à l'enseignement catholique !

L’affaire devra d'ailleurs être suivie de près, puisque le ministre a déclaré que les créations concerneront non seulement des postes d'enseignants, mais aussi d'autres postes dont le système scolaire a besoin,  comme des surveillants, par exemple, ce qui sent un peu l'entourloupe et revient à compenser des destructions perennes dans l'enseignement public par des créations provisoires à court terme [des CDD])


* Ceux qui nous gouvernent. Autant les connaître.

Et c’est pas de bon augure...

Mammouth déchaîné - Les hommes de Vincent Peillon : un cabinet placé sous le signe de la rigueur comptable et budgétaire.

Même si la priorité devrait bien être donnée à l'éducation qui disposera du plus gros budget,  les dépenses de ce ministère seront cependant placées sous très haute surveillance, comme en témoigne la composition du cabinet de Vincent Peillon.

Si l'un des membres de ce cabinet,
Jean-Paul Delahaye, le conseiller spécial, connaît bien l'Education Nationale et pas seulement les couloirs du ministère, (successivement professeur, inspecteur de l'éducation nationale, directeur d'école normale et inspecteur d'académie, il est aussi professeur associé à l'Université René Descartes- Paris V et auteur de plusieurs livres sur l'éducation), les autres sont des technocrates, à commencer par le directeur de cabinet.

Pour le seconder à ce poste, Vincent Peillon a fait appel en effet à
Pierre-Yves Duwoye, un habitué du ministère puisque ce haut fonctionnaire y a servi tous les pouvoirs depuis une trentaine d'années, et un excellent connaisseur des rouages administratifs de la maison puisqu'encore récemment (il y a tout juste un an) il occupait la double casquette de secrétaire général des ministères de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ayant été également DRH du ministère et ayant occupé plusieurs fonctions à la Cour des Comptes, il pourra veiller de près au budget du ministère qui, on le sait, crée déjà beaucoup de soucis à Vincent Peillon (voir ci-dessus)

Autre poste-clé du cabinet, le poste de directeur adjoint a été confié à
Alexandre Siné (rien à voir avec le grand Siné), un inspecteur des finances agrégé de sciences économiques et docteur en sciences politiques qui s'est investi dans la campagne de François Hollande où il suivait de près les questions relatives à la gestion des personnels et à celle des masses salariales...

Pour plus de renseignements sur ce cabinet ministériel, http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2012/05/17/les-hommes-de-vincent-peillon_1703179_1473688.html


* Expurger la République : ils n’en loupent aucune...

Ancien ministre de l'enseignement supérieur, Laurent Wauquiez a, au nom de « l’exemplarité » nous dit-on, refusé les indemnités proposées aux ministres privés d'emploi (soit près de 14 000 euros mensuels pendant 6 mois).
Aux dernières nouvelles, Luc Chatel, lui, n'a pas refusé...

C’est pas comme l’Ex de la République qui serait parti jouir  d'un repos bien mérité à Marrakech "dans une villa de près de 700 m2 que lui aurait offert un riche homme d’affaires des Emirats arabes Unis"... (nous dit slate)

Encore une fois, Marrackech, arnakech.
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Le président hybride

* Passation de pouvoirs paranormaux

Mammouth Déchainé. - Cela manquait peut être un peu de drapeaux rouges et de chars soviétiques, hier, au pied de la statue de Jules Ferry dans les Tuileries, à l’occasion du discours (il est là) de FH2012 sur l’éducation. Mais bon, on s’en passera.

Discours radieux, apaisé, humaniste, de réhabilitation de l’Ecole (contre l’argent) de la connaissance et du savoir, limite orgasmique pour les enseignants présents, après cinq ans de performances, d’évaluation, de rentabilité, de suppressions, de gestion de flux et de leviers d’efficacité. Tout cela devrait donc changer. Fini. Dehors. On veut y croire.

L’enseignant devient l’ordonnateur du savoir et de la connaissance, sous Sarko il n’en était guère plus que l’horodateur, bouffe-fric de la Nation qui plus est. « Une génération de bons citoyens » que doit former l’Ecole, comme disait Ferry (qui s’y connaissait en méthodes pour écraser du Germain, et sortir les têtes blondes des griffes du curé - à bas la calotte). Doit-on cependant prendre au sérieux les propos de quelqu’un qui le matin se présente en défenseur de la laïcité, et dont l’après midi, l’avion est  frappé par la foudre ? Est-ce une coïncidence ?

On attend donc avec impatience la concrétisation de tout cela. Le Mammouth rappelait il y a peu les fondements (voir plus bas) : nouvelle formation (tiens on ne parle plus d’évaluation), moyen de retrouver ses missions fondamentales (?), 60 000 postes, mais dans un contexte budgétaire dans lequel on ne touche à rien. Bref, épreuve de force en perspective.

Enfin, pour saluer la science et le progrès technique, FH2012 sait y faire. La sagacité des journalistes n’a eu de cesse de rappeler que FH2012 roulait en DS5 hybride. Il semblerait aussi que FH2012 ait tenté l’avion hybride dans la soirée. Les premiers essais n’auraient pas été concluants.


* Engagements enseignement professionnel de FH2012

Lettre du candidat à un des syndicats d’enseignants de la voie professionnelle :

- abrogation de "la possibilité d'entrée précoce en apprentissage" prévue par la "loi Cherpion". Il estime que "l'objectif doit être le baccalauréat professionnel pour le plus grand nombre", mais "sans néglier le CAP", le titulaire d'un CAP "devant pouvoir poursuivre en bac pro s'il le désire". D'ailleurs, "du CAP au diplôme d'ingénieur, c'est une élite professionnelle que nous avons à former". Il demandera d'ailleurs que, à la suite de conventions avec les branches, "les stages en entreprises soient rémunénés correctement", et que services rectoraux et régions travaillent ensemble à la complémentarité entre formations en apprentissage et sous statut scolaire. François Hollande veut "relancer la dynamique des lycées des métiers", créer des "réseaux d'établissements et des campus des métiers, mettant en synergie les formations professionnelles et technologiques sur un champ donné, du CAP au BTS ou au DUT". 

- revalorisation du métier de professeur des lycées professionnels, et une "grande concertation" pour faire évoluer les métiers de l'enseignement; "la question salariale devra être abordée, en regard de nos possibilités budgétaires". Quant à la formation des enseignants, elle comprendra un "moment commun", "quels que soient leurs niveaux de recrutement et qu'ils se destinent à enseigner en maternelle ou à l'université". En ce qui concerne leur évaluation, elle doit "être repensée en lien avec la formation continue".

- "relance de l'éducation prioritaire [qui] ne passe pas par la multiplication des dispostifs dérogatoires - les Eclair, les internats d'excellence, les ERS - qui démantèlent l'Education nationale".


* Sujet de BTS (informatique et gestion)

« L’externalisation des services informatiques permet-elle d’améliorer la compétitivité de l’entreprise ? »

no comment. C’est avant (on va dire...). Maintenant, c’est le changement.

*
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Imposer le changement, maintenant.

C’est la Tulle Finaaaa...leu !
Mise à jour de la Une. C’est là
(pour ceux qui viennent directement sur le blog)

* Des gueux (las) montent à Paris.


Une info http://www.27parclasse.org/
1731 lettres (de parents en colère) remises lundi 14 mai aux députés de l’Assemblée Nationale

Plusieurs écoles se sont réunies pour rédiger une lettre, comme par exemple, dans le Jura, Messia, Saint-Amour et Sampans, trois écoles frappées de plein fouet par des fermetures de classes injustes qui conduiront à des effectifs énormes (28 enfants par classe) à la rentrée.

Deux parents d’élèves vont « monter à Paris » lundi 14 mai pour remettre 1731 lettres nominatives aux députés, écrites par trois Collectifs de parents et d’enseignants du Jura, du Doubs et de la Creuse.
Les missives seront remises
aux députés de la France entière, histoire de maintenir la pression à quelques semaines des législatives, en leur demandant des comptes sur un point : oui ou non, s’engagent-ils à demander un moratoire sur la carte scolaire ?
Ceux de droite assument-ils leur vote catastrophique de la RGPP, doux sigle de la réduction générale des politiques publiques, qui a abouti à la suppression de 14 000 postes cette année, et 80 000 en l’espace de cinq ans ? Qu’ils soient ou non candidats à leur propre succession, les députés recevront le message que parents et enseignants les placent sous surveillance, et qu’on les obligera à se prononcer clairement.

Les parents et les enseignants demandent des comptes

Les Vigies pour l’Ecole du Jura (qui rassemble parents et syndicats enseignants), le Collectif des Parents et Enseignants en Colère du Doubs, et le Collectif des Parents de la Creuse ont ainsi rédigé trois lettres, photocopiées et mises sous pli pour être déposées à la questure de l’Assemblée nationale, lundi 14 mai à 14h00. La questure, c’est le secrétariat, qui remettra donc à chaque député ses trois lettres personnelles.
Et, demandent les lettres, qu’allez-vous faire, Madame ou Monsieur le Député, qui sollicitez nos votes d’ici quelques semaines ? Vous allez nous dire que tout-va-bien-et-votez-pour-moi,
ou vous allez vous battre pour que nos écoles vivent ?

Et comme ces départements ruraux ont aussi massivement voté, dans les campagnes, pour Nicolas Sarkozy, voire Marine Le Pen, aux présidentielles 2012,
il sera d’autant plus intéressant d’observer les réponses des caciques de l’UMP en place, et de leurs challengers socialistes et Front de Gauche.


* Indignez-vous encore et toujours ... (Le changement, c'est maintenant, mais il va encore falloir attendre un peu...)

Mammouth Déchainé - Sarkozy a sans doute perdu les élections, mais le sarkozysme, lui, se porte bien: il a, et peut-être plus durablement qu'on ne le pense, contaminé les esprits.

En témoignent par exemple, comme le relatait Rue89, le refus de scolariser des enfants étrangers dans certaines villes UMP ou encore l'instauration de mesures discriminatoires envers les pauvres et les malades, comme le rapporte aussi actuchomage.org à propos de Saint-Cyr-l'École .

C’est sur cette page.

Extraits :
"Nouvelle offensive à Saint-Cyr-l'École (78) où la mairie instaure des restrictions envers les enfants dont l'«un des parents ne travaille pas»… Révolté par ces pratiques discriminatoires et anti-républicaines, soutenu par la FCPE, un papa au chômage riposte.

Il ne fait pas bon être sans emploi dans les Yvelines. Après les récents scandales qui ont eu lieu à Epône et à Noisy-le-Roi, voici que la mairie UMP de Saint-Cyr-l'École perpétue la tradition. On note que ces discriminations anti-républicaines ne se produisent pas en Seine-St-Denis, dans le Pas-de-Calais ou dans la Creuse mais dans les coins huppés : le département des Yvelines est l'un des plus riches de France et son taux de chômage très inférieur à la moyenne nationale.
Même constat en Haute-Savoie avec l'affaire de Thonon-les-Bains... Là aussi, l'UMP est aux manettes, quitte à faire dans l'illégalité.

Sébastien est un saint-cyrien privé d'emploi qui vient d'apprendre l'exclusion de sa fille de la restauration scolaire deux jours par semaine. En effet, sa mairie a mis en place un «guide de l'enfance» qui prévoit de nouvelles priorités et conditions d'accès aux services périscolaires : cantines, accueils, centres de loisirs. Les enfants dont l’«un des parents ne travaille pas» ont moins de droits que les autres : deux jours de restauration autorisés par semaine au lieu de quatre, centre de loisirs une fois par mois au lieu de tous les mercredis, etc.
Seconde restriction amplifiant cette discrimination : ces enfants stigmatisés ne seront admis que «suivant les places disponibles». Sont en particulier visés les chômeurs, bien sûr, mais aussi les malades de longue durée."

Son site internet => http://www.enfants-tous-egaux.fr

Et ci-dessous un extrait du "guide pour l'enfance" de Saint-Cyr-l'École

discrimination pauvres et malades


* Laïcité: les promesses de François Hollande : abolir les accords France-Vatican

Mammouth déchaîné- François Hollande s'est engagé à promouvoir l'école publique laïque et à revenir sur certaines des mesures phares de son prédécesseur, le " Président-prédicateur de Riyad et de Latran", dans une lettre adressée le 16/04/2012 à des associations laïques réunies au sein du CNAL (Comité national d’action laïque), François Hollande précise ses intentions; et il en ressort que:

- Compte tenu du fait (reconnu par François Hollande) que c'est l'enseignement public "qui a le plus souffert des suppressions de postes" (NDLR: alors que le public a perdu 77.500 emplois, les écoles privées confessionnelles n'en ont perdu que 2.500), François Hollande
s'engage donc à affecter en priorité à l'enseignement public  les 60.000 postes créés. La règle de répartition du 80/20 récemment rappelée par Peillon (ce qui ferait 12.000 postes créés pour le privé!) ne devrait donc pas s'appliquer ici ... (du moins, si la promesse est tenue).

-
La loi Carle sera modifiée et François Hollande s'engage par ailleurs à ce que l’État contraigne les communes à financer la construction d'écoles publiques lorsque celles-ci n'existent pas et que les parents ne se voient proposer pour leurs enfants que la scolarisation dans une école privée.

-
Les accords France-Vatican remettant en cause le monopole d’État de la collation des grades universitaires seront abrogés.

La lettre (Document PDF) peut-être téléchargée ici.

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Début des manoeuvres

* Décret évaluation : et les personnels non enseignants ?

Les syndicats ont beau jeu aujourd’hui de se satisfaire de l’annonce de l’abrogation du décret d’évaluation des enseignants, mais en disent beaucoup mois (du moins la plupart d’entre eux) sur un autre décret, sur l’évaluation des non enseignants.

En effet un décret similaire existe pour cette catégorie de personnel
(décret n°2002-682 du 29 avril 2002). Ironie du sort celui-ci a été signé par Jack Lang, alors ministre de l'Education Nationale, entre les deux tours de la présidentielle de 2002, alors que le PS venait d'être "éliminé".

Rien à envier à Chatel donc...


* Evaluations nationales ; premiers changements

Le SNUipp, en contact avec l'équipe de François Hollande est en mesure d'annoncer un premier changement.
Dès sa nomination, le nouveau Ministre de l'Éducation Nationale devrait annoncer que le dispositif d'évaluation CE1-CM2, programmé du 21 au 25 mai, ne survivra pas à sa forme actuelle.

Pour la session de mai 2012 :

Les DASEN et les IEN devraient être informés de l'abandon de la procédure de saisie et de remontées des résultats au Ministère.
Les livrets, déjà imprimés, seraient mis à la disposition des enseignants pour une utilisation locale au sein de l'école (Utilisation des items qu'ils jugent utiles à leur classe et à la réussite des élèves, support de communication avec les parents...). L'indemnité de 400 euros serait alors maintenue.

Pour l'avenir :

Le Ministre annoncerait aussi l'ouverture de discussions pour une remise à plat complète des dispositifs d'évaluation dès l'année prochaine. Une adresse commune SNUipp/SE/Sgen est en préparation. Elle sera adressée au nouveau Ministre dès sa nomination pour demander de revoir les dispositifs d'évaluation en distinguant pilotage du système éducatif (échantillonnage) et outils utiles aux enseignants pour la classe.
Bref, Vincent Peillon annonce vouloir revoir le décret pour relancer le dialogue social. On n’ose comprendre...
Pourquoi les revoir ? Pourquoi pas les supprimer ?
Sinon, se profile déjà un retour de la cogestion ...

* Recyclage: Chatel va-t-il lui aussi accorder une interview à Minute ?

En tous cas, il est en train de travailler à la "recomposition" de l'UMP avec Novelli et Longuet qui draguait il y a peu les électeurs du FN dans Minute... (Qui se ressemblent s'assemblent ?)

Le point.fr Novelli, Gérard Longuet et Luc Chatel se sont réunis lundi au ministère de la Défense pour évoquer l'avenir de la sensibilité ultralibérale de l'UMP.

De plus le Huffington annonce que Chatel va se présenter dans la 1ère circonscription de Haute-Marne département qui a connu une forte poussée du FN au 1er tour des
présidentielles (25.26%) .



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Perspectives PS pour l'école

Les couteaux s’affinent dans l’entourage de F. Hollande au sujet de l’éducation nationale. Premières salves et retour sur les programmes de campagne. LEs emmerdes commencent.

* Dans l’immédiat « 
la fête va être de courte durée » (B. Julliard)

Lexpress.fr . - « Je pense que la fête va être de courte durée." Bruno Julliard, secrétaire national à l'éducation du parti socialiste et cheville ouvrière du pôle de campagne dirigé par Vincent Peillon tentait hier soir de modérer sa joie. Une chose est sûre aussi, confie-t-il, en matière d'éducation, "les ennuis commencent". "Notre obligation de réussite va être immédiate sur les grands chantiers du quinquennat, dont l'école, et beaucoup va se jouer dans les trois mois qui viennent". 

Et de dérouler le calendrier des semaines à venir. L'urgence, explique-t-il, c'est
la préparation de la rentrée 2012. Les négociations ont déjà commencé avec les syndicats. Le Snes, premier syndicat du secondaire a eu une énième entrevue avec Vincent Peillon quelques jours avant le second tour. Les mois de mai et juin seront consacrés à la préparation d'un collectif budgétaire, et à l'organisation du recrutement de 1000 personnels supplémentaires dès la rentrée dans le premier degré. "En fonction des moyens que nous aurons, il faudra les répartir équitablement sur le territoire et ça c'est compliqué", explique-t-il.

Surtout que 1000 postes sur toute la France, ça fait pas beaucoup par établissement ça...

* Au coeur du programme (de rupture) PS

Annoncé comme une rupture dans sa vision de l’école, le projet du PS intitulé « Éducation et Formation pour l’égalité » se présente en trois parties : 1/ Changer l’école pour la réussite de tous ; 2/ Construire l’orientation tout au long de la vie ; et 3/ Bâtir la continuité professionnelle. Il a été adopté par la « Convention pour une égalité réelle » du PS le 11 décembre 2010. Vous savez c’est celui que vous n’avez pas vraiment voulu regarder.

- Un statut réformé : (Libé) Le PS propose de «reconnaître les missions qui sont accomplies, missions nécessaires, mais non reconnues. Les enseignants y sont prêts, dès lors qu’il ne s’agit pas d’organiser une régression mais d’améliorer en profondeur un système éducatif en les associant pleinement», poursuit Vincent Peillon.
«Il faut une revalorisation matérielle et morale du métier d’enseignant. Mais en même temps, il faudra faire évoluer la définition du métier, de ses tâches, de ses obligations, des services», estime-t-il.

- Des champs disciplinaires multiples ? une formation qui prévoira « une option dans une deuxième discipline ». Cette disposition converge avec la proposition que des enseignants puissent enseigner à la fois en élémentaire et au collège : « nous proposons la participation d’enseignants du primaire au collège et réciproquement dans le cadre de projets communs ».

- Une autonomie toujours plus poussée : Est posée la nécessité de la stratégie de « responsabilisation accrue (des établissements et des équipes enseignantes) pour élaborer des politiques de projets et d’innovation… et ainsi garantir une transmission plus effective du socle commun », le tout dans le cadre d’une « autonomie des établissements et de leurs équipes pédagogiques à qui sera confiée une part importante de la dotation horaire globale pour donner corps au projet d’établissement et aux projets locaux ». Comme le remarque à juste titre un article du journal Le Monde (M. Baumard : « Du jardin d’enfants à la fin d’une carrière : l’école rénovée selon le parti socialiste » in Le Monde, N° daté du 19 10 2010), « c’est une nouveauté pour un parti très attaché à la dimension nationale de l’éducation ».

- Une formation en pré-recrutement (Les échos) : Tout en restant très général, renvoyant pour les détails aux discussions menées par Vincent Peillon et Bruno Julliard avec les organisations syndicales, François Hollande s'est prononcé en faveur d'un pré-recrutement des futurs enseignants, dès le premier cycle (licence).
« Je souhaite aller vers le pré-recrutement », a-t-il avancé, afin, notamment, de « ne pas décourager les jeunes, en particulier des classes moyennes et populaires à pousser jusqu'au bac + 5 ». Ceci, tout en conservant le niveau master. « On garde plusieurs niveaux de recrutement », a-t-il ajouté. « Le pré-recrutement, c'est donner des moyens d'accompagnement financiers, a précisé Vincent Peillon. Ce qui implique aussi des contreparties. Ils pourront contractualiser avec l'Education nationale pour des heures, s'initier, s'immerger. »

- L’évaluation sauce SGEN et SE-UNSA (toujours Les échos) : François Hollande souhaite trouver, dans « la discussion avec les syndicats d'enseignants, des formules plus originales, y compris collectives ». Une des revendications de certains syndicats d'enseignants est en effet d'avoir des évaluations non pas uniquement individuelles mais aussi de l'équipe pédagogique et de ses projets. Bruno Julliard a précisé que l'évaluation était à « refonder », et à lier à la « formation continue ». Ajoutant qu'elle demande « en revanche, un regard croisé », entre l'inspecteur et le chef d'établissement « dont nous ne nions pas la légitimité. »

- et le privé ?(Lexpress) Le candidat socialiste a reçu une délégation d'évêques le 7 mars. Le même jour, une rencontre était organisée entre Vincent Peillon, son responsable éducation, et les représentants de l'enseignement catholique. C'est un vieil ami, l'avocat chrétien Jean-Pierre Mignard, qui a joué les intermédiaires. "Je les vois comme je vois tout le monde, avec bienveillance et intérêt", rapporte Peillon. Il assure que les socialistes ne toucheront pas à la règle du 80/20 qui encadre la répartition des moyens budgétaires entre public et privé. Et si l'école libre veut s'associer aux réflexions sur l'évolution du système, "pas de problème".Pour l'école catholique, "mieux vaut un socialiste humaniste qu'un UMP ultralibéral ». On lit par ailleurs que le privé devrait entrer dans la sectorisation. Doit on vraiment y croire ?


* Pendant ce temps là chez les partenaires sociaux :
- Le SNES fixe des contrats d’objectifs au nouveau gouvernement.

On a peur.

SNES-Lille. « Le SNES-FSU a adressé à ses nouveaux interlocuteurs la liste des mesures d’urgence qu’il compte voir appliquées dès septembre (cf appel du 6 avril). Ce n’est qu’une première étape : c’est tout un projet éducatif que nous portons, pour transformer profondément l’Ecole, en faire un lieu d’égalité des chances pour tous, d’exigence aussi, dans le cadre d’un collège réhabilité et des trois voies (professionnelle, technologique, générale) revalorisées. Sans oublier les personnels : administratifs, enseignants, CPE, COP, personnels de vie scolaire. Il en faut plus, mieux payés, reconsidérés !

Ce programme, c’est le contrat d’objectifs que nous fixons au nouveau gouvernement, mais il faudra le gagner par notre détermination. Le SNES appelle les personnels à se réunir dans les jours qui viennent pour dresser l’état des besoins dans chaque établissement, à réitérer le refus des heures sup, du "travail gratuit", exiger le « dégel » des centaines de postes de stagiaires, … et commencer à préparer les cahiers revendicatifs et les Etats Généraux du second degré que le SNES-FSU organisera dans les semaines de rentrée. »

Oula les gars, du calme, faudrait pas non plus qu’on ait une grève... Si près du bac...


- Heureusement Bernadette (elle est très chouette) Groison (FSU) et M. Escure (Unsa) sont prets à discuter de pratiques des enseignants:
« Nous sommes conscients que la restauration des 60 000 postes ne suffira pas à changer l’école. Et nous sommes prêts à discuter de nos pratiques, de la formation, de l’évaluation. Nous avons déjà posé les bases du dialogue avec Vincent Peillon [chargé de l’éducation dans l’équipe Hollande] durant la campagne », rappelle Mme Groison. M. Escure, lui aussi dans les starting-blocks de la « refondation de l’école », a aussi un message clair : « Nous sommes prêts à pren- dre nos responsabilités pour que le changement, maintenant, s’inscrive dans la durée. » (Le Monde, 9 mai 2012, p. 6)


* Un message privé pour V. Peillon : durée des ministres de l’éducation nationale :

Pasted Graphic

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Décret évaluation enseignant publié ce jour [ABROGEABLE]

MAJ : réaction du PS (voir plus bas)
Le décret sur l'évaluation des enseignants publié au JO

Publication ce jour du décret n°2012-702 du 7 mai 2012 portant dispositions statutaires relatives à l'appréciation et à la reconnaissance de la valeur professionnelle de certains personnels enseignants, d'éducation et d'orientation relevant du ministre chargé de l'éducation nationale.

Signalé par Touteduc.fr. - Il a pour objet la "modification du régime de l'appréciation de la valeur professionnelle et des modalités d'avancement d'échelon" et "entre en vigueur à compter du 1er septembre 2012". Il introduit "un entretien professionnel", selon des modalités qui s'inspirent "du cadre général de la rénovation du système d'évaluation des fonctionnaires de l'Etat", mais qui tiennent compte des spécificités de l'Education nationale. 
Il met "fin au système de notation, au profit d'un dispositif d'appréciation de la valeur professionnelle fondé sur un entretien professionnel triennal", "conduit par le supérieur hiérarchique direct " et "réalisé sur la base d'une autoévaluation.
"Par ailleurs, les grilles d'avancement d'échelon du premier grade des différents corps concernés sont modifiées en profondeur."

il est là sur légifrance.

Réaction du PS :

Le texte portant sur l’appréciation de la valeur professionnelle des enseignants a été publié au Journal officiel du 8 mai 2012, après avoir été unanimement rejeté par les organisations syndicales présentes au Comité technique ministériel du 15 mars 2012. La gestion de ce dossier important a constitué, de la part du gouvernement sortant, un modèle de mépris du dialogue social dont il fut coutumier, mais la date retenue pour la publication constitue aussi un passage en force du point du vue politique peu compatible avec les usages républicains et tout à fait inacceptable. Le jeu de dupe, qui a consisté pour l’équipe de Luc Chatel à laisser croire, durant l’automne 2011, que les discussions au fond de ce dossier majeur se poursuivraient et porteraient à la fois sur la reconnaissance de la valeur de l’investissement des enseignants du service public d’éducation, ainsi que sur l’effet de cet investissement sur la qualité des enseignements dispensés à nos élèves, a constitué une caricature inacceptable de dialogue social. Aucun échange constructif n’a en réalité eu lieu. Les atermoiements du gouvernement sortant ont de plus provoqué un doute sérieux dans l’encadrement des écoles, des collèges et des lycées sur les rôles effectivement dévolus, dans ce dispositif, aux corps d’inspection et de direction dans la pseudo-procédure d’évaluation proposée. Les nombreux amendements du ministre proposés dans une totale improvisation lors du Comité technique du 15 mars ont de plus montré le degré d’impréparation du dossier. C’est pourquoi, dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement, ce texte sera abrogé.

Oui, mais sur le fond, ils en pensent quoi au PS de cette évaluation ?
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Le changement c'était hier.

Mais demain ?

* New Public Management : les contrats de circonscription. Encore un truc à abattre.

Tout droit sortis de la LOLF (et la RGPP) de nouveaux petits jouets de la réforme de l’administration des établissements scolaires apparaissent et croissent dans la dernière circulaire de rentrée. Abrogée ou pas cette circulaire de rentrée ?

De sources syndicales. La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école de 2005 a introduit le dispositif du contrat d’objectifs pour les collèges et les lycées publics en attribuant à leurs conseils d’administration la compétence de se prononcer « sur le contrat d’objectifs conclu entre l’établissement et l’autorité académique, après en avoir informé la collectivité territoriale de rattachement. »

Jusque-là, la notion juridique de contrat d’objectifs dans le système éducatif ne concernait que la formation professionnelle, et cela dans le cadre des relations entre l’État et la Région (Décret n°93-51 du 14 janvier 1993). Malgré ce fait, depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République Nicolas Sarkozy, le ministère de l’Éducation nationale n’a eu de cesse de tenter d’imposer cette disposition dans le premier degré au niveau des circonscriptions. Elle est apparue à l’occasion de la publication le 29 mars 2012 de la circulaire de préparation de la rentrée scolaire 2012 : le mot « contrat » y apparaît 10 fois et notamment ici : « Les contrats de circonscription du premier degré seront encouragés pour faire progresser les résultats des élèves, en s’appuyant tout particulièrement sur les évaluations des élèves de CE1 et CM2 en français et en mathématiques de la circonscription. Il peut être également envisagé la passation de contrats regroupant un collège et les écoles du secteur, notamment en Éclair. L’ensemble de ces contrats doit contribuer à l’optimisation des moyens qui sont mis à disposition de chaque responsable.  ».

En fait, avec cette tendance à la contractualisation tous azimuts, on perçoit d’abord l’intention et la volonté politiques d’introduire une brèche dans l’édifice de nos institutions scolaires publiques. Il s’agit, par l’introduction des contrats à chaque échelon administratif, de remettre en cause la notion républicaine de « statut » qui libère des intérêts particuliers et garantit la recherche de l’intérêt général. Ainsi, la volonté de tout contractualiser constitue un moyen de désinstitutionnaliser l’école publique au profit d’une personnalisation poussée à l’extrême dans une société de la concurrence, de la compétition, et du retour sur investissement immédiat.

On se situe ici dans la mise en œuvre progressive d’une théorie néolibérale bien connue appliquée aux services publics, celle du New Public Management . De plus, en personnalisant tout, sous couvert de responsabilisation (présentée évidemment comme valorisante), on place les acteurs dans une logique culpabilisation individuelle si les cibles ne sont pas atteintes. Et là, l’individu ne vaut plus grand-chose. À terme, on sait que les initiateurs de cette démarche rêvent de confier les services publics à des opérateurs privés pour qu’ils soient régulés par la loi du marché tandis que la partie rentable des services entrerait dans l’arène commerciale du libre échange, alpha et oméga de la vie humaine selon eux ; en réalité, c’est l’assurance du maintien des inégalités et la poursuite des écarts de réussite en fonction des origines sociales.


*
Stupeur de profs de physique, invités par leur rectorat à... changer de métier


On avait déjà connu cela il y a une dizaine d’années avec le recyclage de profs de philo.

Lemonde.fr - «  Dans l'éducation nationale, la "mobilité professionnelle" est encouragée... parfois un peu à marche forcée. Dans une lettre datée du 10 avril, la directrice des ressources humaines (DRH) du rectorat d'Orléans-Tours "engage vivement" les professeurs remplaçants de physique-chimie à "réfléchir à une reconversion (...) en vue d'un changement définitif de discipline, voire un autre métier".

Stupeur et colère des destinataires. "J'étais choquée. Une lettre pareille, on ne s'y attend pas du tout !", témoigne Nelly (le prénom a été modifié), jeune enseignante dans un collège d'Eure-et-Loir. Changer de métier ? "Non merci, j'aime ma profession et ma discipline."

"ÇA M'A COUPÉ LE SOUFFLE. C'EST UNE ÉNORME BÊTISE !"

La rectrice elle-même, Marie Reynier, se dit choquée. "Ça m'a coupé le souffle. C'est une énorme bêtise !" Sa DRH ne l'aurait pas consultée."


On comprend l'embarras de la rectrice... Certes, supprimer des fonctionnaires et inviter des profs à changer de métier sont bien dans l'air du temps, mais lancer une telle invitation juste avant l'élection présidentielle, ne serait-ce pas un peu comme demander au nouveau président de changer de recteur/trice ?

Etat+de+la+physique


* La lutte continue.
communiqué du réseau des enseignants du primaire en résistance

Quel que soit le résultat des élections présidentielles,
résister se conjugue toujours au présent.

  
Nous, membres du réseau des enseignants du primaire en résistance, réaffirmons que personne ne nous obligera à appliquer dans nos classes des directives contraires au respect des enfants.
 
Nous persistons à refuser tous les systèmes d'évaluations nationales obligatoires qui nourrissent des statistiques erronées et inutiles, interdisent toute liberté pédagogique, et mettent l'école au service d'objectifs économiques libéraux.
 
Nous persistons à refuser de renseigner tous les fichages informatisés et centralisés qui enregistrent et archivent irrévocablement le parcours scolaire de chaque enfant scolarisé, de chaque jeune en formation ou en recherche d'emploi, et à terme la population dans son ensemble, au mépris du droit à l’oubli et de la protection de la vie privée. Ces applications numériques se multiplient sans aucun contrôle et sont destinées à décider arbitrairement de l’orientation et de l’avenir de nos enfants.
 
Nous appelons à nouveau toute la profession, les organisations syndicales et associations partenaires de l'école à se mobiliser dans l'action pour l’abandon total du fichage généralisé incontrôlable et néfaste pour l’orientation et l’avenir de nos enfants et des évaluations obligatoires qui envahissent peu à peu tous les niveaux d'enseignement.
 

Boycott des évaluations nationales
à tous les niveaux !!!
 
Boycott des fichiers Base élèves, affelnet,
et des livrets personnels de compétences !!!



* Les Idex pour les nuls (et pour ceux qui ne sont pas dans le supérieur).

En Vidéo, c’est mieux. Pour comprendre comment on masque le désengagement de l’Etat.


IDEXCCRASS par iepmobilise

Et aussi : un rapport de M. Destot sur l'ESR publié par la Fondation Jean-Jaurès, liée au PS : C’est là.



* Retour sur le débat.
Propos de Sarko : "Nous avons le taux d'encadrement le plus élevé de l’OCDE. »

Mais en fait :
selon un rapport de février 2011 du Centre d'Analyse Stratégique (CAS), un organisme rattaché au gouvernement, "la France présente le taux d'encadrement le plus faible (de l'OCDE), tous niveaux et tous établissements confondus (publics et privés) avec seulement 6,1 enseignants pour 100 élèves-étudiants, contrairement à des pays comme la Suède, la Grèce ou le Portugal où le taux d'encadrement dépasse neuf enseignants".

Que des pros...

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