Souffrance au travail

* Souffrance au travail : ça existe dans l’EN...

Et cela ne touche pas que les profs bordelisés. Au contraire même... Ici on reproche à quelqu’un le fait de faire trop bien son travail...

Et n’oubliez par de vous servir des Registres de Santé et sécurité au travail et autres instances. Le point sur cette page syndicale.

Harcèlement à Sup de Co Amiens: le stress évoqué à la barre du procès
AFP - La cour d'appel d'Amiens a commencé lundi à rejuger pour harcèlement moral quatre dirigeants de Sup de Co Amiens, dont un seul avait été condamné en première instance, avec le témoignage d'une ancienne employée sur les vexations et le stress qu'elle affirme avoir subis.
A la barre, Elisabeth Lemaire, 34 ans, ex-responsable des concours au sein de l'école de commerce, tailleur sombre et cheveux bruns noués en chignon, devenue totalement aphone depuis le premier procès en 2012 à la suite du "traumatisme lié à ce management aux méthodes vexatoires qui a ruiné sa vie", selon son avocat Hubert Delarue.

"Jamais je n'ai voulu lui nuire, d'autant que j'appréciais sa compétence mais
Elisabeth avait tendance à se surinvestir dans son travail", a répliqué M. Pouzot, directeur de l'Institut supérieur d'administration et de management (ISAM) qui avait été relaxé en première instance.
"Il y a des façons plus rapides que d'autres de travailler", a-t-il ajouté, en soulignant la "manque d'organisation" de son ancienne collaboratrice.

La justice avait commencé à s'intéresser à l'école de commerce après le
suicide de Mireille Dimpre, une ancienne membre du comité de direction âgée de 48 ans, rétrogradée en 2003, qui s'était défenestrée depuis son bureau en juillet 2009.
"Un geste désespéré dans l'enceinte même de l'école pour démontrer la souffrance qu'elle a subie là", a affirmé à la barre sa soeur Brigitte Dimpre.
Quelques mois après le suicide de Mme Dimpre,
une assistante pédagogique avait tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours en laissant une lettre dénonçant ses conditions de travail.
En 2010,
l'inspection du travail avait pointé dans un rapport de nombreux dysfonctionnements au sein de l'école de commerce.

Plus d'un tiers des salariés interrogés par les inspecteurs évoquaient des "pressions", des "brimades" ou des "mises au placard". Une dizaine d'entre eux se déclaraient en souffrance après des mesures ou des propos du genre "la fatigue c'est un problème d'organisation, personne n'est indispensable".

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* Le SNACL, content du gouvernement...

Alors qu’il n’est plus considéré comme représentatif, même si il peut avoir des élus, ce petit syndicat (très conservateur) se déclare aujourd’hui content de pouvoir discuter avec le gouvernement autour du protocole sur les futures évolutions des métiers et des statuts.
Oui, celui-là même qui doit arriver à la casse des statuts mais qui « reprend en effet point par point les demandes faites par notre syndicat « (sic). Et le SNALC en rajoute : il se veut force de proposition.

Les grands esprits de droite se rencontrent...


*Réforme des rythmes scolaires : appel aux bénévoles pour encadrer les élèves !

Voici donc LA solution économique...

« L'école de XXX lance un appel aux bénévoles qui souhaitent partager un moment avec les enfants, (jardinage, travaux manuels, travaux d'aiguilles, lecture, jeux de société…). Ces interventions auront lieu à partir de 15h30 dès la rentrée prochaine en septembre 2013. » (Source)

Ah ben oui, c'est vrai, finalement, s'occuper d'enfants, c'est pas si difficile, n'importe qui peut y arriver, non ? Quoi ? Vous dites ? Une formation ? Un diplôme ? Un salaire ? Un « projet éducatif », alors ? Un casier judiciaire, peut-être ?
Allons, pas de gros mots, on vous dit ! Merci M. Peillon...



* Le projet éducatif du Medef : on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

L’appel à contribution « pour la refondation » de l’école lancé par Vincent Peillon cet été, aura eu au moins le mérite de relancer le débat sur la question éducative en France et d’inciter l’ensemble des partenaires du système éducatif (associations de parents d’élève, mouvements pédagogiques, syndicats enseignants....) à rédiger leur profession de foi en matière éducative.
A cette occasion le MEDEF, au même titre que d’autres syndicats ou associations, a publié un document reprenant l’ensemble de ses analyses sur l’école. Ce document constitue un excellent témoignage sur l’approche néolibérale de la question éducative. Il illustre de façon remarquable les analyses prémonitoires du néolibéralisme formulées dès la fin des années 70 par Michel Foucault et les mutations « éthiques » du système capitaliste analysées par Luc Boltanski dans « le Nouvel esprit du capitalisme ». Ces deux références majeures nous servirons de guide afin d’analyser le projet éducatif du MEDEF.

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* En Grèce, le gouvernement décrète la suppression du droit de grève des enseignants.

Voici encore une bonne idée pour résoudre les conflits...

Le gouvernement grec a remis le lundi 15 mai un ordre de « mobilisation civile » à tous les professeurs de l’enseignement secondaire par lequel il interdit la grève dans ce secteur le 17. Les enseignants ont demandé le soutien des deux principaux syndicats afin de pouvoir mener cette grève (…) pendant les examens nationaux des étudiants de la fin du secondaire pour leur entrée à l’université. (…) En cas de désobéissance à leurs obligations professionnelles, ils peuvent être emprisonnés et licenciés. (…)
Le principal parti d’opposition, Syriza, a estimé que l’attitude du Premier ministre est irresponsable et dangereuse car « 
les explosions sociales se produisent quand on use de méthodes dictatoriales ». Il a exigé l’abolition du décret ainsi que la recherche de solutions négociées entre le gouvernement et les enseignants.
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Fin du pacte républicain ?

Il y a des jours ou les « processus de civilisation » (N. Elias) vont plus vite que d’autres. Aujourd’hui la fin d’une certaine idée de la République d’après guerre.

* Acte III de la décentralisation : Analyse.

Le texte entre ces jours ci en discussion devant le parlement. Peu de personnes en parlent, allez savoir pourquoi... Trop subversif ?

Parce qu’il change la nature même du pacte républicain. C’est-à-dire ?

L’architecture de ce projet de décentralisation modifie de façon assez radicale la place de l’Etat dans le fonctionnement quotidien de notre société en organisant un transfert conséquent de nombreuses missions et en attribuant, de façon plus ou moins aléatoire, des moyens et des marges de manœuvre nouvelles aux collectivités territoriales. Il accorde notamment un poids conséquent aux « métroples », ensembles urbains de plus de 400 000 habitants. Et surtout il créé les conditions de la concurrence, à l’échelle européenne, des régions, des métropoles entre elles, et rompt totalement le rôle de redistribution de l’Etat et de péréquation entre les territoires. Chaque territoire aurait ainsi une large autonomie pour se piloter, avec des coeurs, encore plus au coeur de l’activité (on ne vous parle pas des périphéries....). Bref une réinvention des territoires comme le souhaites les néolibéraux...

Plusieurs organisations syndicales (en particulier SOLIDAIRES) ont demandé de
tirer un bilan des deux premières phases de la décentralisation. Le gouvernement a refusé net. Pas le temps. Il semble nécessaire de légiférer dans l’urgence.

Cet acte III sera en fait découpé en trois lois . Dans la philosophie des trois projets de lois, on comprend clairement que le pouvoir transfère une partie de ces prérogatives aux régions principalement, et aux métropoles particulièrement. En effet, dans la nouvelle organisation le pouvoir économique, avec toutes ses composantes (politiques de l’emploi, de la compétitivité, de la formation professionnelle, des transports ... ), est désormais confié aux régions.
La dimension sociale ne semble vouloir relever que du seul niveau des départements, mais ceux-ci auront la possibilité d’organiser des transferts de ces missions vers les régions et les métropoles.
Dans le même temps, la création de
métropoles à l’autonomie consolidée (fiscale, sociale et économique) interpelle sur ce nouvel échelon politique qui forcément, aura une influence certaine sur le développement des services publics dont l’état se porte en principe garant.
Deux sortes de métropoles devraient voir le jour juridiquement : trois métropoles regroupant plus de un million d’habitants (le grand Paris Ile de France, le grand Lyon et Aix-Marseille-Provence) Pour Lyon et Marseille, la mise en place effective devrait être au début de l’année 2015 (janvier et avril). Dix métropoles regroupant chacune plus de quatre cent mille habitants (les principales grandes villes de France et leur agglomération (ex Nantes-Saint Nazaire). Seule Strasbourg serait déclarée « euro-métropole ».
Ces dispositions font l’objet du premier projet de loi présenté en mai.

Le deuxième volet de l’acte trois, décline les schémas d’organisation pour « mobiliser pour la croissance, l’emploi et la promotion d’égalité des territoires ».
C’est donc dans celui-ci, que seront examinés les axes éventuels sur lesquels l’accent sera donné pour y parvenir.
Quelles missions ? (Les fonds européens, la formation professionnelle, l’orientation des jeunes (apprentissage), la recherche et l’université ... ) on note la mise en place de « guichet unique », la réapparition des
maisons de services publics.. Certaines organisations syndicales ont porté cette formule. A ce stade il n’est pas inutile de rappeler l’objectif affiché du gouvernement : « Pour une action publique simplifiée, plus proche des citoyens, donc plus efficace et moins coûteuse ». Avec ce genre de phrase on y trouve le meilleur comme le pire.

Le troisième volet abordera quant à lui de façon concrète les procédures de transferts de compétence. En effet, ce sont autant de transferts de missions qui, une fois confiées aux régions, ne permettront plus d’avoir une vision nationale des politiques menées.A aucun moment, sur les deux cent et quelques pages, il n’y a de référence à l’aspect fiscal et financier.

MAIS :
Rien sur l’organisation de transfert des moyens budgétaires pour garantir les transferts de missions. Rien sur une véritable réforme fiscale garantissant des services publics sur tout le territoire.
Rien de particulier sur la notion de péréquation.

Bref tout va bien...


* FERME TA GUEULE : Vers un devoir de réserve du fonctionnaire...

La réinvention du fonctionnaire-féal (par la gauche sociale-libérale).

Alors que celui-ci n’a jamais existé et toujours relevé de la légende urbaine (voir l’entretien avec A. Le Pors, ministre de Mitterrand), le gouvernement(de gauche, souvenez-vous) envisage de l’intégrer dans le nouveau projet de loi sur la Fonction publique. Ci-dessous un extrait de l'avant projet de loi qui se discute actuellement, visant à modifier la 83-634.

Après l’article 1er de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, il est inséré un nouvel article 1 bis ainsi rédigé :
« Art. 1 bis. – I. - Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, probité et impartialité.
« II. - Il est tenu à l’obligation de neutralité.
« Il s’abstient de tout acte, tout comportement ou toute manifestation d’opinion politique, philosophique ou religieuse à caractère public incompatible avec la réserve que lui impose ses fonctions.

Il s'agit clairement d'une remise en cause du fondement de la loi 83-634 (régissant les droits et obligations des fonctionnaires).

Jusque là, la liberté d'opinion était même une garantie accordée aux fonctionnaires (article 6 de la loi 83-634, dite loi Le Pors, Titre I du Statut Général) et la seule obligation de ce que ce dernier peut et ne peut pas dire se trouvait dans l'obligation de discrétion professionnelle (article 26).

L'article 1bis de l'avant projet de loi, introduit donc l’obligation de neutralité, l'obligation de réserve et supprime la liberté d’opinion. Bref, il refonde un fonctionnaire-sujet. Pire même certains articles marquent le retour à la notion de «délation »pour dénicher d’éventuels manquements à l’éthique dans la fonction publique. Curieusement c’est exactement aussi ce que demande l’OCDE...
A moins que cela ne vise que de hauts fonctionnaires aux comportements douteux ou de hautes personnalités (M. C.).

Ces jours-ci le gouvernement tient des discussions avec les syndicats sur la réforme de la fonction publique et sur la déontologie des fonctionnaires.
SOLDIAIRES en est sorti en claquant la porte. FO semble-t-il aussi. D’autres fédérations syndicales clairement impliquées dans l’accompagnement du gouvernement en feront-elles de même ?

Rien de moins sûr... enfin si, elles négocieront le poids des chaines.

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Refrain libéral toujours...

* Cour des Contes.

Mais Migaud n’est pas Grimm.

Le rapport : Il est là.
A la pointe de l’innovation scolaire... toujours les mêmes recommandations et perspectives (qui ne font pas recettes). Et quant à la revalorisation ...

La Cour des comptes critique la gestion des enseignants
AFP - La ges­tion des ensei­gnants souffre de "mul­tiples dys­fonc­tion­ne­ments", selon la Cour des compte, qui prône une "réforme d'ensemble" pour abou­tir à une reva­lo­ri­sa­tion de leur métier, afin de sur­mon­ter la double crise des voca­tions et de la baisse des résul­tats des élèves.

"
Le pro­blème n'est pas celui du nombre d'enseignants ou d'une insuf­fi­sance des moyens" : la sup­pres­sion de 80.000 postes sous le pré­cé­dent quin­quen­nat ou la créa­tion de 60.000 postes en cinq ans "sont vaines si elles se font à règles de ges­tion inchan­gées", juge la Cour dans son rap­port "Gérer les ensei­gnants autre­ment", publié mercredi.
C'est "l'utilisation des moyens exis­tants qui pose pro­blème : la ges­tion des ensei­gnants se carac­té­rise en effet depuis de nom­breuses années par de mul­tiples dys­fonc­tion­ne­ments", dit-elle, énumé­rant une série de recom­man­da­tions autour de "quatre axes".
Il faut "
redé­fi­nir" le métier d'enseignant, car aujourd'hui seules les heures de cours, devant les élèves, figurent dans les "obli­ga­tions de service".
La Cour pré­co­nise aussi de "mieux valo­ri­ser" les ensei­gnants. Selon l'Insee, sur les trai­te­ments per­çus en 2009, "la rému­né­ra­tion nette annuelle des ensei­gnants est infé­rieure de 35% à celle d'un cadre non ensei­gnant de la fonc­tion publique".
La Cour recom­mande égale­ment d'"affecter les ensei­gnants en fonc­tion de la réa­lité des postes et des pro­jets d'établissements" et d'instituer dès la for­ma­tion ini­tiale la pos­si­bi­lité d'enseigner deux ou plu­sieurs dis­ci­plines au collège.
Enfin, les Sages de la rue Cambon sug­gèrent, dans les aca­dé­mies, la
mise en place d'une "ges­tion de proxi­mité des res­sources humaines, com­munes au pre­mier et au second degré".
Il y a 837.000 ensei­gnants, pour 12 mil­lions d'élèves.

La Cour a ana­lysé la ges­tion des ensei­gnants dans cinq aca­dé­mies : Bordeaux, Lille, Limoges, Nantes et Versailles.

Interrogé, le minis­tère estime notam­ment que "la Cour des comptes ne peut igno­rer la réa­lité consta­tée par tous les parents de France d'une dégra­da­tion des moyens don­nés ces dix der­nières années à l'école".

Tout ça pour dire ça ! Original en plus... L’heure de la révolution sociale n’a pas encore sonné.


* L’école privée, ça ne marche pas. Dixit l'OCDE !

L’école démocratique. L’existence d’un secteur privé d’éducation serait un facteur qui stimulerait la qualité globale de l’enseignement. Et parmi les sources qui relaient cette thèse on compte nombre de documents émanant de l’OCDE. Il est donc intéressant — et plaisant — de constater que le think-tank du capitalisme mondial se trouve obligé de reconnaître que l’école privée n’est aucunement un facteur de qualité.

(…)
Dans une note de la série "PISA in Focus", publiée en 2011, des chercheurs travaillant pour l’OCDE indiquent que (...) "les élèves qui fréquentent les écoles privées on tendance à avoir des performances significativement supérieures dans les test PISA que les élèves des écoles publiques". Mais, ajoutent les auteurs, "les élèves des écoles publiques issus d’un même milieu socio-économique que ceux des écoles privées ont des performances identiques". (...)
En fait, les études PISA montrent que lorsque les écoles publiques disposent des mêmes conditions de travail que les écoles privées et lorsqu’elles recrutent les mêmes publics, le surcroît de performance de l’enseignement privé disparaît. Comme ces conditions sont rarement remplies, le choix des parents en faveur d’une école privée traduit généralement davantage une volonté de placer leur enfant dans un milieu favorisé (...) qu’un réel choix de "qualité" d’enseignement. Source.

Mais alors, tout fout le camp ?


* L’université vue comme une bureaucratie professionnelle

C’est l’analyse que fait I. Barth, sur son blog, autour de l’impossible réforme de l’Université.
Par une universitaire qui elle même fait partie de la bureaucratie qu’elle dénonce.
En 1968 on appelait cela le mandarinat (mais c’était pas dans le langage managerial...). Et ça curieusement ce n’est pas dénoncé par l’auteur de cette analyse.
Comme quoi, on ne voit que ce que l’on veut voir.

Extraits :
L’université est rangée par le grand théoricien Henry Mintzberg (1) dans la catégorie des « 
bureaucraties professionnelles », aux côtés par exemple de l’hôpital ou encore des cabinets d’experts-comptables.  Elle est animée par des opérateurs très qualifiés (dans notre analyse, les enseignants-chercheurs)  qui poursuivent leurs buts professionnels spécifiques, ce qui se traduit au niveau de l’organisation par des buts peu opérationnels.  Ces mêmes opérateurs exercent une influence importante sur le fonctionnement au quotidien, tandis qu´un certain flou entoure la prise de décision stratégique. Enfin, le but prédominant d’une telle organisation est l’ « excellence professionnelle ». Selon cette première analyse, l’université est une bureaucratie professionnelle avec comme objectif l’excellence académique.

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Et on jette tout ? Bébé et l’eau du bain ?
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Petits chefs

* Harcèlement au travail :

Ou la méthode de management par les petits chefs.

Près d'Orléans, six enseignants portent plainte pour harcèlement moral
Cela se passe au collège public Charles Rivière, à Olivet, dans la banlieue chic d'Orléans

Radio France Orléans. Ils se disent victimes de harcèlement moral. Six enseignants du collège public Charles Rivière, à Olivet, dans la banlieue chic d'Orléans, ont porté plainte pour harcèlement moral de la part de la principale du collège. Ils dénoncent une absence de concertation, une pression sur les personnes, des menaces, du dénigrement et une intrusion dans la liberté pédagogique.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet. La principale du collège, qui accueille 620 élèves, n'a pas souhaité réagir. Le rectorat lui a renouveler sa confiance en attendant les décisions de justice.
"Ce qui est frappant, c'est qu'autant de professeurs aient sauté le pas et porté plainte", a commenté Christine Blet, secrétaire départementale du syndicat d'enseignants SNES dans le Loiret.
"Cela pose question sur les
modes de fonctionnement dans les établissements scolaires. Maintenant c'est à la justice d'enquêter."
Christine Blet, secrétaire départementale du syndicat d'enseignants SNES, réagit  

 
Déjà une médiation en 2011
En 2010, une enseignante du collège Charles Rivière, avait tenté de se suicider en sortant du bureau de la principale. Le rectorat avait alors conduit une médiation, au printemps 2011. La médiatrice avait conclu que les professeurs en souffrance réagissaient excessivement.


Une médiation objective en effet : le suicide est une réaction excessive ?
Tout notre soutien à ces enseignants...



* Hazan, le petit chef de la FCPE au fin de règne de plus en plus contesté.

Faut dire son soutien inconditionnel (au PS) à la si bonne réforme des rythmes commence à énerver pas mal de monde. Localement les Fédérations ont de plus en plus de mal à suivre...

Le monde. fr - Ecole : la réforme des rythmes divise la FCPE, première fédération de parents d'élèves

Fin de règne difficile pour le patron de la principale fédération de parents d'élèves du public. Jean-Jacques Hazan, le très médiatique président de la FCPE, s'apprête à quitter les fonctions qu'il occupe depuis cinq ans. Il devait officialiser son départ lors du congrès annuel de l'association, du 18 au 20 mai à Toulouse, qui s'annonce houleux.
Première salve en direction du président : son
"suivisme" à l'égard des orientations du ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon. "Il ne cesse de louer ce que fait le ministre. Je ne l'entends pas parler de l'application très mauvaise de la réforme des rythmes scolaires, ni des difficultés de remplacement des enseignants..., dénonce Sébastien Léger, administrateur et membre du collectif. M. Hazan semble croire que tout va bien depuis sa tour d'ivoire parisienne !"

* GREVES du 22 :

- dans le troisième degré : contre la loi Fioraso. Même les écolos risquent de voter contre à l’assemblée, car voilà un projet trop axé sur « l’économie » de la connaissance. Sur cette économie, voir aussi cet ouvrage (gratuit).
- dans les premier et seconds degrés : contre le rattrapage inopportun des journées de novembre. Par le SNES de Lorraine et SUD éducation 76


* Disparition du petit personnel...

Il faut supprimer les assistants pédagogiques pour créer les emplois d’avenir... ou comment soi-disant créer des postes quant on n’a pas les moyens.

C’est dans l’Aisne que cela se passe :
fin des assistants pédagogiques

Aisne nouvelle - Les élèves en difficulté bénéficiaient de l’aide d’assistants pédagogiques. Ces postes seront supprimés dès septembre.

Les syndicats de l’éducation nationale dont le Snes-Fsu sont de nouveau en ébullition et menacent d’une journée d’action. La cause de cette agitation soudaine, la découverte par ce syndicat au retour des vacances de Pâques de la décision de l’académie d’Amiens de supprimer l’ensemble des postes d’assistants pédagogiques dès la rentrée de septembre. Soit plus de 220 postes répartis dans les collèges et les lycées des trois départements picards.
«
Cette décision montre une fois encore le gouffre existant entre les déclarations d’intention du Ministre, mais aussi du recteur, avec la réalité des politiques menées. Cela s’ajoute de surcroît au fait déjà alarmant que nos lycées vont subir en 2013-2014 une nouvelle suppression de postes et ce alors que le nombre d’élèves va augmenter » déclare le secrétaire académique du Snes-Fsu. (...)

Décision du Ministre

Du côté du rectorat on déclare qu’il est prévu de positionner ces personnels sur des emplois avenir professeurs (EAP) la plupart d’entre eux étant en bac +2, bac + 3, de professeurs vacataires, remplaçants… voire de surveillants. Cette décision serait la conséquence de la loi de finances 2013, donc du Ministre et non pas du recteur. En effet cela semble entrer dans le cadre de l’application des économies décidées par Bercy dans le cadre de la loi de finances.
Des académies qui seraient donc placées au pied du mur, et n’auraient d’autre choix que de supprimer ces postes d’assistants pédagogiques. Interrogé le service communication du ministère de l’Éducation Nationale assure que cela n’entraînera pas de pertes d’emploi.

* [réfléchissons] L’Ecole et le Capital : deux cents ans de bouleversements et de contradictions par Nico HIRTT

Pourquoi a-t-on "décidé", au début du XIXe siècle, qu’il fallait envoyer les enfants du peuple à l’école ? Comment ont évolué, depuis lors, les relations complexes entre le système économique et le système éducatif des pays capitalistes ? Quelles fonctions l’école a-t-elle été amenée à jouer dans ces pays ? Comment est-on passé d’un instrument essentiellement idéologique à l’actuelle machine à former de la main d’œuvre ? Voilà quelques unes des questions auxquelles nous répondons dans ce volumineux dossier.
Le dossier est là, sur le site de l’Ecole démocratique.
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Des paroles et des actes

* Comment se faire revaloriser la gueule....

Trop vite dit ? La méthode Peillon

Peillon 1ere citation , ce matin, BFMTV : Enseignants du primaire : "il faut leur donner en priorité le peu d'argent dont nous disposons"
Vincent Peillon a réaf­firmé ce lundi sa volonté de rap­pro­cher les rému­né­ra­tions des ensei­gnants du secon­daire et du pri­maire, tout en indi­quant que l'indemnité accor­dée à ces der­niers ne sera pro­ba­ble­ment pas aussi élevée que l'ISOE.
On parle en effet de 90 €, soit, on l’a déjà dit, 2,5 € par semaine.

Peillon, 2de citation du jour (sur Guaino), toujours BMFTV : "les politiques doivent donner l'exemple"
Le ministre de l'Education natio­nale Vincent Peillon a estimé lundi que "les poli­tiques doivent don­ner l'exemple", et a déploré les "outrances" d'Henri Guaino, dans un paral­lèle avec les "sau­va­geons" que dénon­çait Jean-Pierre Chevènement.

Ce qui devient sur le site du PS : »Vincent Peillon agit pour la revalorisation du métier d’enseignant »
Qui rajoute : «L'éducation nationale est le domaine du temps long»

90 €, c’est limite outrancier non ?


* Sihr, à tous les étages

UNSA sors de ce corps !

Pour l’accompagnement de la réforme des rythmes, depuis le 23 avril, 18 membres du comité de suivi de ladite réforme sont en pleine consultation. Il s’agit clairement pour le ministère de passer outre l’opposition syndicale en associant des « acteurs » tout à fait indépendants, jugez plutôt : le président de la FCPE qui affiche son soutien total au gouvernement ; l’adjointe au maire de Paris ; la rectrice de Lyon... Bref que des rebelles.

On aurait pu se féliciter de voir la dedans aucun syndicat. C’est le cas. Ouf... ou presque. En cherchant un peu on trouve cependant dans la liste le nom de  
Sébastien Sihr qui n’est autre que le secrétaire national du SNUIPP-FSU. Ouf, il n’y est qu’en tant que personnalité « représentant des enseignants ».

Encore une fois la FSU n’y est pas, mais y est quand même un peu. Une certaine façon de faire du syndicalisme... Mais alors que le ministre tente d’imposer le cadre contraint d’un « protocole de discution », alors que la dite FSU le rejette officiellement, voila un signe qui en dit long à la veille de négociations sur les statuts.


* Réfléchissons un peu (au lieu de tout gober) :

« Penser l'émancipation scolaire » dans le dernier numéro de Contretemps. Voir le sommaire ici


* Virée : la DASEN du 41

C’est fait. Au JO d’hier. Virée pour être convaincu que tout le personnel de l’IA était composé de nuls. La fronde c’était levée (voir ici).
Le problème c’est qu’elle redevient IPR...

Aie !!

* Bientôt en France ? Austérité au Danemark...

avanti4.be. Danemark : les profs jetés à la rue
Le 26 avril 2013 par Jean Peltier
Depuis le 1er avril, près de 70,000 profs de l’enseignement public danois sont privés de leur travail suite au lock-out imposé par leur employeur, la Confédération des pouvoirs locaux. Ce lockout est le dernier acte d’une série de mesures d’austérité prises par le gouvernement de centre-gauche dirigé par le premier ministre social-démocrate Helle Thorning-Schmidt.
Après une première année de mandat pendant laquelle le nouveau gouvernement avait mis en oeuvre quelques changements de politique bienvenus, comme des droits accrus pour les immigrés et pour les homosexuel(le)s, l’enthousiasme est fortement retombé et a fait place à la résignation dans une partie de la population mais aussi à l’indignation et à la résistance - notamment après que le gouvernement ait fait bloc avec l’opposition de droite au parlement et accepté de baisser les taux d’imposition pour les plus riches tout en coupant dans les allocations des chômeurs et des handicapés.
37 heures à l’école ?
Le conflit qui s’est développé dans l’enseignement est maintenant au centre du débat dans le pays. Au Danemark, les conventions collectives dans l’enseignement ont une durée de quatre ans et la dernière arrivait à échéance le 1er avril. Dans le cadre de la préparation de la nouvelle convention, la ministre de l’Enseignement a proposé en décembre une réforme du système scolaire, projet qui s’est encore durci suite à l’intervention de la Confédération des pouvoirs communaux (KL) qui est le pouvoir organisateur pour les niveaux du primaire et du secondaire inférieur de l’enseignement public.
L’objectif affirmé de ces réformes est d’améliorer la qualité de l’enseignement en donnant plus d’heures de cours aux élèves. Mais ce sont les profs qui vont payer le prix de ces réformes. Actuellement, les enseignants donnent au minimum 16 et au maximum 25 heures de cours par semaine. A ceci s’ajoutent évidemment les heures de préparation, de correction (en général à la maison, après leurs heures) et d’encadrement. La KL veut désormais que le nombre d’heures ne soit plus l’objet d’une décision collective nationale mais que les directions d’école puissent décider individuellement. Les enseignants ne pourraient donc plus organiser eux-mêmes leur travail. En outre, la KL veut que les enseignants prestent tout leur horaire – fixé à 37 heures – à l’école et qu’ils donnent davantage d’heures de cours. Ce qui veut dire que les enseignants auraient moins de temps pour la préparation et le suivi, ou alors qu’ils devraient faire ce travail pendant leur temps libre.
La direction du Syndicat National des Enseignants (DKL) avait marqué son accord sur plusieurs de ces mesures mais, lors du vote décisif, la majorité des délégués ont voté contre le paquet global de mesures. Suite à quoi la KL a décrété le lock-out, c’est-à-dire la fermeture pure et simple des écoles, les enseignants ne recevant plus le moindre salaire. Pour le moment, le gouvernement n’est pas encore intervenu directement dans le conflit mais comme la ministre est sur la même ligne que les employeurs, il ne faut pas s’attendre à ce que le "compromis" qu’elle pourrait proposer soit très différent des exigences de la KL.
Article basé sur des informations de Bjarke Friborg, de l’Alliance Rouge-Verte (la coalition de la gauche radicale danoise) parues sur workersliberty.org et de Nikolaj Møller Kofod, du Parti Communiste Danois, parues sur solidaire.org.
Traduction et adaptation pour avanti4.be et skolo.org par Jean Peltier
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Réforme en perspective : les statuts

* Réforme des statuts du second degré. Premières perspectives : carottes en vue pour enseignants serviles ?

Depuis la semaine dernière les discussions (« bilatérales ») vont bon train entre le ministère de l’EN et les syndicats autour d’un « protocole » relatif aux divers chantiers de négociations que veut obtenir le ministre.

Il s’agit clairement de coincer les syndicats dans des ornières de négociation (cf accords de Bercy), de leur donner quelques os à ronger (revalorisation des catégories C, ...) pour ne pas attaquer certains points (titularisation, statut des AVS, rattrapage et primes, et surtout blocage du point d’indice). On en a déjà parlé, voir plus bas.
Certains ont devancé et se laissent volontairement prendre au jeu, ‘
en sauvant’ ainsi, pensent-ils le minimum. Ils ont le droit de choisir la servitude volontaire.

Aucun syndicat ne le dira clairement, mais le coeur de ce qui se discute n’est pas dans le protocole. C’est bien le futur nouveau statut des profs et dans les premiers contacts avec le ministère les différentes organisations n’ont sans doute pas manqué d’en discuter avec leur interlocuteur. Mais silence...

Pourtant, d’après les informations du Mammouth déchaîné,
il sort de ces premières discussions un certain nombre de points, dont le principal qui est la confirmation du chantier de réécriture des décrets de 50 (statuts) à partir de septembre (et jusqu’en décembre).

Sous le prétexte d’« accompagner les évolutions du métier » [d’enseignant], ces nouveaux statuts devraient conduire à quantifier le travail fait au delà de 18 h de cours (« reconnaître » dit-on en langage ministériel), et surtout valoriser le travail et l’investissement fait pour les actions que met en place le ministère (éducation prioritaire, action de formation des stagiaires, technologie de l’innovation...) ou la prise en charge de certaines « missions » (d’inspection...).

Voilà de quoi satisfaire les
syndicats des ambitieux car déjà s’annoncent des grades supplémentaires (voire une classe exceptionnelle) et des décharges de service. Seraient bien sûr primés en particuliers ceux qui s’investissent dans des missions prioritaires fixées par le ministère.

L’idée est de mettre en place
une « autre » voie de carrière pour ceux qui s’investiraient toujours plus dans les grandes orientations du ministère. Petits, petits, petits...
Voilà de quoi
rendre encore plus serviles ceux qui le sont déjà et sans doute -pense-t-on en haut lieu- de quoi amadouer les plus récalcitrants en temps de crise. Sans doute aussi une autre façon de trouver une « certaine » efficacité... à bon compte, dans le cadre de la MAP (Modernisation de l’Action Publique) ?

Et avoir aussi une armée d’hussards roses ou bleus à disposition.


* Nouveau jeu scolaire : la balle au pigeonnier.

Les « pigeons » reçoivent donc une écoute bien attentive au plus haut de l’Etat. Il y aura donc un apprentissage à « l’entrepeneuriat » et sans doute bientôt un nouveau livret de compétences ?

Retours, en liens, sur l’affaire :
L’Ecole va-t-elle enseigner la cupidité ? (nouvel obs)
Pour le pigonnariat en marternelle (arrêt sur image)


* La Guerre aux pauvres commence à l’école : sur la morale laïque

Le nouveau site Question de classes revient sur l’ouvrage de Ruwen Ogien, philosophe et auteur de La Guerre contre les pauvres commence à l’école : sur la morale laïque. C’est là.

Extraits :
« Ce que la pensée conservatrice a de plus frappant, c’est sa vision moraliste des urgences politiques. Pour ceux qui la propagent, le problème principal de nos sociétés n’est pas l’accroissement considérable des inégalités de richesse et de pouvoir, le traitement inhumain des immigrés sans papiers, ou les atteintes à la vie privée par le fichage clandestin et la surveillance illégitime des communications. Non. Ce qui les préoccupe, c’est l’effondrement d’un certain ordre moral fondé sur le goût de l’effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs, la fidélité aux traditions, l’identification à la communauté nationale, et la valorisation de la famille « naturelle » et hétérosexuelle. Logiquement, la priorité, pour les conservateurs, n’est pas d’améliorer la condition économique des plus défavorisés, ou de mieux protéger les droits et les libertés de chacun. Elle est de restaurer cet ordre moral. »


*Réforme des universités : des cours en anglais...

Pour attirer le marché des pays en développement...

Lepoint.fr " Geneviève Fioraso, souhaite promouvoir les cours en langues étrangères (notamment en anglais) dans les universités françaises, faute de quoi, affirme-t-elle, "nous n'attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l'Inde, et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table" ... "en formant 500 000 étudiants étrangers supplémentaires, c'est de 8 à 10 milliards d'euros de PIB supplémentaires qui seront générés directement par leur formation et leur vie sur le territoire"

Libé "Nous proposons donc que l’ensemble du dispositif d’enseignement supérieur français se mobilise avec l’appui des politiques, pour accueillir progressivement, sur dix ans, 500 000 étudiants étrangers supplémentaires non originaires de l’Union européenne.

Il existe des conditions nécessaires et indispensables pour relever ce défi. Partant du constat que la langue anglaise est parlée par 25 à 30 fois plus de personnes sur la planète que le français, il ne faut pas faire de la maîtrise de notre langue un a priori. Il faut en faire une condition pour l’obtention du diplôme, tandis que les enseignements leur seront donnés en anglais pendant la première partie de leurs études
."
...
"Refuser de s’engager sur la formation des futurs responsables des entreprises et administrations du monde entier, alors que la France en a la capacité, susciterait sans doute l’incompréhension de nos descendants."

Nouveau volet de l’Economie de la connaissance. Maintenant la rentabilisation à l’international.
Pour Mémoire sur cette « économie : voyez les travaux des Editions de la Grand cour (c’est gratuit en pdf)
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