Valorisation du capital (scolaire)

* Quand l’argent (public) de l’Ecole privée (sous contrat) sert à engraisser des actionnaires :

Boite à bac, boite à fric.

De source syndicale + presse locale. - C’est au collège-Lycée sous contrat EPIN (Vitry-sur-Seine) que cela se passe.

Alerté depuis un an du transfert de 1,36 million d'€ vers la holding financière J2M qui est propriétaire de cet établissement, le conseil général du Val de Marne (qui subventionne le collège) vient de voter la « suspension » de la subvention (269 000 €, un paille) qu'il devait verser cette année. Vote à l'unanimité du conseil général, dépassant les clivages partisans, droite et gauche, face aux dérives budgétaires de l’établissement.

En effet, ill apparaît que l’établissement en question a touché une subvention du CG en augmentation de 40% en 3 ans et, pendant ce temps là, remonte plus de 250 000€ de dividendes nets d'impôts par an dans la holding financière J2M, alors que les investissements pour entretien des locaux, eux, baissent.
Manifestement les employeurs du privé sous-contrat profitent de
l'absence de contrôle public pour détourner de leur usage les fonds publics. Plus de 240 000 € de remontées de dividendes ont pu être enregistrées encore cette année d’après le syndicat (le SUNDEP Solidaires), alors que l’établissement réalise en moyenne plus de 250 000 € de bénéfices par an, d’après un rapport financier paru l’an dernier.

Depuis un an les représentants du personnel et les syndicats alertent les enseignants, les parents, les autorités rectorales, le conseil général et régional et l(Etat (ces derniers donnant pas moins respectivement de 243 000 € 148 000 €, et 249 000 € par an). L’an dernier déjà la presse c’était fait écho de ces malversations (Le Parisien).
Le Rectorat de Créteil, quant à lui, qui finance les enseignants et une partie du forfait d’externat et qui doit être garant de la bonne exécution du contrat, est au courant des malversations depuis plus d’un an, n’a pendant ce temps jamais voulu réagir alors que l’établissement (comme tout établissement privé sous contrat) est financé à plus de 80 % par des fonds publics.

Plus largement à travers cette affaire,
ce qui est dénoncé c’est l’absence de contrôle des affectations financières dans les établissements privés sous contrat. Et peut-être aussi un peu l’opacité dans laquelle se donnent les subventions publiques qui dépassent bien souvent le cadre légal.

Alors, pourquoi se gêner hein ?


* Le CNRS et la CPU "valorisent" le doctorat !

Vous croyiez que s’engager dans un travail de thèse, c’était tenter d’aborder la complexité du monde ? Détrompez vous, aujourd’hui c’est avant tout "parfaire son aptitude à la communication" !!!
A lire sur le site "ma thèse en 180 secondes" en partenariat avec France Inter, la caisse des dépôts et la Casden :
« un défi pour les doctorants ! Le concours "Ma thèse en 180 secondes" permet aux doctorants de présenter leur sujet de recherche, en français et en termes simples, à un auditoire profane et diversifié. Chaque étudiant ou étudiante doit faire, en trois minutes, un exposé clair, concis et néanmoins convaincant sur son projet de recherche. Le tout avec l’appui d’une seule diapositive  ! »

Et puis en prime, à la fin, tous les candidats pourront s’inscrire sur les listes des précaires qui fleurissent comme chargés de cours ou de recherche, pour des salaires dérisoires et des CDD. D’ailleurs ça commence à chauffer comme on le voit là.


* Robert Ménard propose d'offrir des blouses aux écoliers (Le Monde)

A ceux d’origine étrangère aussi ?

Source - "Le maire de Béziers fait encore parler de lui. Après le couvre-feu pour les mineurs, la chasses aux crottes de chien et l'interdiction d'étendre son linge aux fenêtres du centre-ville, Robert Ménard a déclaré, mardi 27 mai, son intention d'offrir une blouse à tous les écoliers de la ville (maternelle et primaire), qu'ils soient en école privée ou publique.


La blouse, sur laquelle sera cousu le blason de la ville, ne sera pas imposée aux enfants. Mais toutes les familles qui le souhaitent pourront la demander, la municipalité prenant en charge son coût de fabrication."


Et des shorts aux garçons et des jupettes aux filles aussi ?


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Toujours pas dans les rythmes


* Plus de la moitié des élèves handicapés privés d'activités périscolaires

Et le défenseur des droits s'en émeut:

Le Monde - D’après "les résultats, à paraître, de l'appel à témoignages du Défenseur des droits sur les « temps de vie scolaire et périscolaire des enfants en situations de handicap », il ressort que "65 % des 1 146 familles ayant répondu à son questionnaire (entre octobre 2013 et janvier 2014) indiquent ne pas avoir accès aux activités de loisirs, culturelles ou sportives, organisées par les communes après la classe. Parmi elles, 53 % l'auraient pourtant souhaité. La moitié ne bénéficie pas de l'accueil le matin ; le tiers n'a pas accès à la cantine."
|...]
"A qui la faute ? Ministère de l'éducation nationale et communes se renvoient la balle. Le premier rappelle que, même s'il « s'en préoccupera au niveau local », ses responsabilités ne portent que sur le temps scolaire. Les secondes soulignent leurs difficultés à mettre aux normes les locaux, et surtout à recruter du personnel formé et qualifié pour prendre en charge les enfants pendant les activités."


*Disparition des départements et prise en charge des collèges: casse-tête en perspective

Et la FCPE en rajoute...

Mammouth Déchaîné - Dans l'éventualité de la disparition des conseils généraux (annonce de Valls), le financement des collèges (entretien, construction...)  ne pourra plus être pris en charge par les départements, et il faudra que d'autres collectivités s'y collent: les régions s'occupant déjà des lycées, c'est aux communautés de communes que l'on songe tout naturellement pour les collèges...

A part pour les grosses communautés d'agglo capables de faire face (financièrement) sans trop de difficultés, nul doute que les collèges risquent de plomber sérieusement le budget de nombreuses communautés de communes, surtout si, en plus, comme le suggère la FCPE (qui souhaite le rattachement de 4 ou 5 écoles à un collège avec un seul conseil d'administration pour gérer l'ensemble), les écoles devaient elles aussi passer sous la coupe des communautés de communes...

Après les rythmes, voilà un autre sujet qui risque de secouer les prochaines élections territoriales...

* Florilèges des idées à la con de la FCPE (ou réformes à venir ?)

Et ils n’en manquent pas. FCPE ; co-éducation ou co-gestion des réformes de l’EN ?
L’autre outil du PS.

P. Raoult dixit :
-« Les devoirs à la maison doivent être bannis du primaire à la fin du collège. C'est une mesure d'égalité ». Surtout pour les classes aisées qui pourront donner des cours particuliers à leur progéniture sur le temps dégagé.




- « Rien n'empêche les collectivités de faire des projets éducatifs de territoires qui concernent aussi le collège ». En effet, rien. Rien ne les empêche non plus de tout privatiser pendant qu’on y est.




- “@AEFeduc: Collège : la FCPE propose d'annualiser certaines matières et d'introduire la bivalence des enseignants en 6e et 5e”. Mais pourquoi que en 6e et 5 e après tout ? Ils sont encore un peu complexés à la FCPE...




- Collège :
trop de spécialisations et d'options (sport, musique, etc.), trop de profs en 6ème, souhait de voir 4 ou 5 écoles primaires rattachées à un collège avec un seul conseil d'administration pour gérer l'ensemble et pour améliorer la continuité entre école et collège (source)
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Habillés pour l'été

* Désormais, l’académie de Paris tient ses stages chez Microsoft !

C’est plus simple !

En effet, la prochaine « Journée académique 2014 de l’innovation et du numérique éducatif » aura lieu directement au siège de la multinationale de l’informatique.
Mais en toute neutralité. A telle point d’ailleurs qu’elle en profite pour glisser sa « Classe immersive » au programme de la journée.
Faut-il que l’académie de Paris manque à ce point de locaux pour devoir organiser cette journée chez Microsoft ?

Accepterait-on que le ministère de l’Agriculture organise son colloque chez Monsanto ?msoftedu2_m


* Encore des hommes en jupe qui vont corrompre notre belle jeunesse.

#jupealors.
Encore une œuvre subversive pour la jeunesse dans nos bibliothèques publiques !
Que font La Rochère, Bourges, et Belghoul ?
Tintin ile noire


*Vêtements de bon et mauvais genres à l'école...

Dans les écoles intégristes, pas de jupe pour les garçons , mais surtout pas de pantalon pour les filles non plus !

Pour les intégristes cathos, le "pantalon féminin" est en effet aussi abominable que la jupe portée par quelques lycéens nantais le temps d'une journée de lutte contre le sexisme, dont l'intitulé, "ce que soulève la jupe", reprend le titre d'un ouvrage de l'historienne Christine Bard sur le sexisme. source

C'est du moins ce que
Régis de Cacqueray, prêtre intégriste de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, tient à nous rappeler. Il déclare ainsi après s'être jeté dans la lecture d'un autre ouvrage de Christine Bard, «Une histoire politique du pantalon », livre où selon lui "l'on côtoie la révolution et la perversion sexuelle à toutes les pages" comme on le constate là :

"Si nous faisons un bref recensement des personnalités féminines ayant lancé le port du pantalon chez les femmes, du XIX° siècle, au début du XX°, nous rencontrons George Sand (1804-1876), Rosa Bonheur (1822-1899), Jane Dieulafoy (1851-1916), Sarah Bernhardt (1844-1923), Louise Abbéma (1853-1927), Rachilde (1860-1953), « Marc » de Montifaud (1845-1912), Colette (1873-1954) et la marquise de Belbeuf, Gyp, Madeleine Pelletier (1874-1939), Claude Cahun (1894-1954), Violette Morris (1893-1944), Maryse Choisy (1903-1979), Odette du Puigaudeau (1894-1991) et sa compagne Marion Sénones.

Ces femmes sont toutes des personnalités notoirement scandaleuses entachées par les mœurs dépravées"[...] "si le pantalon féminin ne peut être évité, en raison des malheurs des temps [...]  je me permets de vous le demander,  qu’il ne paraisse plus, désormais, dans nos maisons, dans nos écoles, dans nos chapelles, ni sur les chemins de nos pèlerinages."

On comprend mieux que Belghoul avec son "année de la robe" et ses élucubrations sur la nature première des femmes ait séduit de nombreux cathos intégristes...


* Ramassis sur l’Ecole et c’était mieux avant

La droite propre sur elle a de plus en plus de mal a formuler ses idées sur l’Ecole. Entre nostalgie et vraies postures réactionnaires...

C’est le cas d’une Association proche de Debout la République (Dupont-Aignan) qui fait des propositions pour la jeunesse.

Fervent brighelliste comme il se définit lui-même, membre de Debout la République (le parti de Dupont-Aignan) et par ailleurs admirateur de Dieudonné et Soral,
Rodolphe Dumouch exècre "les anciens gauchistes chevelus crasseux et ignares" tout autant que les adeptes du néolibéralisme qu'il tient pour coresponsables de la ruine éducative.

Ah, comme c'était mieux avant ...

"Par exemple, avec la mémoire de mon enfance-adolescence des années 1980, dit-il avec nostalgie, [...] je me rappelle de (sic) toutes ces petites libertés rognées, de la France bruissante devenue vide de sens et de vie, de cette aseptisation généralisée."

Pourtant, non! Ce passé ne doit pas être trop idéalisé, et à ses révoltes adolescentes , Dumouch reste fidèle . Car il milite depuis la classe de seconde pour faire reconnaître "des droits personnels et opposables à l'autorité parentale pour les adolescents de l'âge du lycée, notamment en matière d'orientation scolaire"
source.

Mais cela va sans dire, pas de jeunisme bobo là-dedans: réagissant aux propos du psychiatre Jean-Pierre Chartier qui, hostile à toute diminution de "l'écart nécessaire entre l'enfant et l'adulte, entre les sexes aussi d'ailleurs", va jusqu'à remettre en cause l'idée même de droits de l'enfant, Dumouch tient à nous montrer toute la profondeur et la subtilité de sa pensée à lui:

"Entendons-nous bien... dit-il, moi aussi, je suis contre la confusion des sexes et même contre la lopétisation (sic) de l'Homme, qui en vient à se parfumer et se poudrer... mais ce n'est pas pour cela que je pense qu'il ne faut pas donner des droits aux femmes... Vous saisissez la nuance ?"

Eh bien, oui, quoi! En tout, il faut de la juste mesure! On peut très bien donner quelques droits aux enfants et ados, sans pour autant tomber dans les excès de vulgaires bobos post soixante-huitards crasseux qui jouent les ados attardés et que Dumouch a en horreur!

Et pour le montrer, Dumouch a
créé en 2012 l‘Association pour la Capacitation Juridique des Adolescents et la Pré-Majorité, avec un site web où il expose les droits effectifs qui selon lui pourraient être accordés aux lycéens.

Au-delà de droits faciles à accorder et qui ne mangent pas de pain (demande d'un acte de naissance, facilitation de certaines démarches administratives) ou de droits déjà reconnus et sur lesquels tout le monde peut s'accorder, comme ceux concernant le respect de la correspondance privée (droit déjà explicitement reconnu par la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant du 20 novembre 1989 et confirmé par un arrêt de cassation du 18 mai 2005 n° 891 , pourvoi n° 02-20.613), les propositions de Dumouch si "émancipatrices" soient elles,
laissent résolument de côté les jeunes en situation de détresse (traitement des mineurs incarcérés, placés en foyer d'accueil, etc) et ne fait pas un tabac chez les lycéens mineurs: ressembler le plus tôt possible aux majeurs qu'ils seront deux ou trois ans plus tard, et ce, grâce à des "paliers" de pré-majorité, ne les fait apparemment pas rêver...

Et de fait, ce n'est pas sous ces pavés-là qu'on entreverra la plage...
En matière de communication, il faudra aussi sûrement beaucoup d'efforts à Rodolphe Dumouch pour promouvoir ses idées auprès des médias ou "merdiats", comme il aime à les appeler, adoptant la position de victime injustement censurée par la "journaloperie" qu'il déteste (surtout Libé et "l'imMonde"):

"Une chose est sûre, dit-il sur un blog proche de Debout la République: à la Libération, les premiers que nous devrons tondre, c'est la caste journaleuse. Ces salopards de journaleux méritent le sort des collabos, mais en plus crade."
http://www.gaullistelibre.com/2013/08/le-monde-neoliberal-mondialiste-et.html

Heureusement pour Dumouch, aucun palier de pré-majorité politique n'est requis pour dire les pires conneries dans les médias...


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Rapacité

* Evaluation/expulsion (des étudiants étrangers)

Certains préfets (comme celui du Bas-Rhin) s'arrogent le droit de juger le niveau d'études des étudiants étrangers pour mieux les expulser...

Le Monde Extrait:

« « Nous avons l'impression nette d'un durcissement », constate Pascal Maillard, enseignant chercheur à l'université de Strasbourg, membre du Snesup. Le syndicat, avec douze organisations, soutient cinq étudiants dont certains sont sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. « Alors que nous avions pu régler à l'amiable des cas comparables l'an passé, cela n'a été possible cette année que pour deux d'entre eux », déplore-t-il.
Certains refus du préfet du Bas-Rhin s'appuient sur les notes insuffisantes obtenues par les étudiants, bien que, dans certains cas, ceux-ci aient validé leur semestre et obtenu la moyenne. « Il n'est pas du ressort de la préfecture de juger le niveau d'études des étudiants, mais du nôtre », martèle M. Maillard. »

Un « Préfet des Etudes » sans doute...


* Beau travail... du MEDEF, pour récupérer le fric de la formation continue :

Beau travail: c'est le nom d'une campagne de pub du MEDEF... pub qui a la particularité d'être financée avec l'argent de la formation professionnelle !
Pourquoi se gêner et changer les bonnes vieilles habitudes ? Ce serait quand même dommage que l'argent de la formation professionnelle ne serve qu'à la formation professionnelle...
source Le Monde

Gattaz espère mieux que ses 30 % d’augmentation ?


* Rapt des contributions publiques par le privé : les rythmes (encore).

Rythmes scolaires (et "caractère propre"?) : le privé touchera les subventions d’État

source le nouvel obs. Pascal Balmand, le secrétaire général de l’Enseignement catholique, va rencontrer aujourd'hui Benoît Hamon pour s'assurer que le privé touchera bien les subventions d’État pour les rythmes scolaires

Cela devrait permettre aux écoles cathos de recevoir des subventions pour financer les activités "périscolaires" liées à leur "caractère propre"...


* Rapt des contributions... (encore) : des partenariats Publics-Privé pour les collèges...

C’est dans le 37, après le 45, le 93... Huit partenariats avec un grand groupe de BTP, sur 20 ans, pour reconstruire des collèges qui couteront une somme folle à la collectivité... mais rapporteront beaucoup à certains actionnaires.

source syndicale.

Une autre version du pact(ole) d’irresponsabilité ?
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Elitisme

* L’EN et le culte de la hiérarchie. Retour sur bilan social du ministère

Un billet fait le point de celui-ci, sur le site « Question de classe ». Il rappelle aussi qu’il n’y a pas que des profs dans l’EN...

Extraits :
« Éducation nationale : plus tu travailles, moins tu gagnes

« Les hiérarchies, c’est comme les étagères, plus c’est haut, moins ça sert »... une vérité à méditer en lisant le nouveau rapport du bilan social du ministère de l’Education nationale... qui nous invite aussi à réfléchir sur l’actualité de cette autre formule : « A travail égal, salaire égal » !

La suite ici.

Mais aussi quelques éléments en images :
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Et surtout un tableau a bien garder :

bilan 2010


* Peut-on encore sauver le SNUipp ?

C’est pas nous qui posons la question, mais une des tendances de la FSU, l’Ecole Emancipée (que l’on sent à la limite du désespoir).
Sur leur site.

Transformer l’école pour transformer la société : le projet éducatif de l’école émancipée ou comment remettre le SNUipp-FSU sur les rails ?


Nous faisons collectivement l’analyse que le SNUipp-FSU est en panne de projet éducatif. Son corpus revendicatif est galvaudé dans la période, réduit à l’énonciation de slogans vidés de leur contenu politique et de leur visée émancipatrice en lien avec un projet de société, quand il n’est pas abandonné tout simplement. Ce corpus revendicatif, qui doit beaucoup au travail de camarades de l’école émancipée, s’est pour l’essentiel construit dans les années 90.
(...) Remettre le SNUipp sur ses rails. Mener un travail pour faire que de nouveau on trouve au centre des discussions éducatives l’idée d’une transformation radicale du système scolaire pour l’émancipation de tous ses élèves, et donc des enfants des classes populaires. Cela nécessite de rebattre toutes les cartes (contenus, pratiques, structures) à l’aune de ce que j’ai pu aborder précédemment et puis de tout ce que j’ai oublié (question de genre, démarche coopérative…), notamment si l’on considère que l’on est plus en train de préparer le 6 février 34 que les grèves de 36…
Lire la suite...
Bon faut leur dire aussi qu’il n’y a pas que la FSU dans la vie.

* [Le syllogisme de Sciences Po] L’échec des élites françaises.

Par Alain Garrigou, blog Régime d’Opinion, Le Monde Diplomatique, 6 mai 2014.
En ligne sur le site de Sauvons l’Université.

Propos autour d’une question : «
 comment expliquer que depuis 15 ans la France ait connu une des plus fortes hausses du chômage en Europe, une des plus fortes hausses de la dette publique et que les finances publiques soient en aussi mauvais état ? Or Sciences Po forme les élites qui ont abouti à ces résultats »

Aie.

Extraits : « Peut-être faut-il en chercher la raison non point dans une exception française comme on le répète depuis des décennies à Sciences Po, mais dans le système de reproduction des élites, qui n’est pas seulement celui de cette école, même si elle l’illustre brillamment. Comment nos élites s’interrogeraient-elles sur leur efficacité puisqu’on ne le fait pas dans l’école d’excellence ? C’est la fonction d’une école d’élite que de légitimer les élites par le mérite. La reproduction sociale s’efface derrière la seule célébration de l’excellence. Il est vrai qu’on s’est donné beaucoup de mal ces dernières décennies pour brasser socialement et interdire le reproche de reproduction sociale. Ainsi fondée sur le mérite, ses anciens obtiendront une assurance qui, si elle n’empêche pas de se tromper, permet de persister. »
« S’il leur faut admettre que cela ne marche pas dans le pays, ce n’est pas la faute de ceux qui réussissent si bien. C’est la faute d’une pression fiscale excessive, de charges sociales élevées, des rigidités du marché du travail, du manque de flexibilité, etc. Bref, c’est la faute de l’Etat et des dominés. On entend donc parler des « résistances au changement » que des classes populaires bornées opposent aux réformes, on entend aussi dire que « la France vit au-dessus de ses moyens », autant de poncifs de la pensée Sciences Po que les étudiants séduits répèteront à leur tour quand ils seront journalistes, conseillers politiques ou « profs à Sciences Po ». 

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Relativisons

* Rythmes, no comment :

Alors que le CSE vote majoritairement contre le projet de décret de B. Hamon, certains ne peuvent pas s’empêcher de la ramener (ou comment voter contre tout en étant pour ?)



Et pendant ce temps là les professionnels du tourisme veulent un zonage pour les vacances d'été (si raccourcies) et des week-ends de 2 jours pleins (source)


* Fotinos : dégradation des conditions de travail : « surtout relativisons »... !? Retour sur des propos de syndicalistes

Le rapport Fotinos (ancien Inspecteur général de l'EN), paru le mois dernier, dénonce une dégradation des relations entre les directeurs d'école et les parents d'élèves. Il souligne l'attitude souvent consumériste des parents à l'égard de l'Ecole. Il en découle des comportements parfois agressifs (harcèlements, menaces, insultes).

Et on peut lire dans la presse régionale (
NR du 30 avril), une déclaration d'un représentant syndical du SNUipp tentant assez difficilement de relativiser la chose. Nononon, pas de ça chez nous, ça se saurait !
Mais c’est pas comme si ledit représentant était directeur d’école à Joué les Tours, voire dans l’école d’à côté de celle qui, il y a un peu plus d’un mois, a subi les assauts de l'association Journées de Retrait de l'Ecole celle-ci proférant des attaques et des menaces explicites à l'encontre d’une maitresse,
accusations accompagnées sur certains forums par des menaces de mort.
Un rien !

Amnésique ce directeur ? Alzheimer déjà ?

Et de poursuivre qu’il y a désormais d’utiles procédures de défense des personnels (CHS-CT), qui juré-craché, sont d’une efficacité redoutable.
Enfin quand elles fonctionnent !
Car ce qu’oublie de dire (encore, décidément) le même responsable syndical c’est que son organisation (et d’autres d’ailleurs) a refusé de mobiliser le CHS-CT à la suite de l’affaire des JRE, jugeant que l’administration jouait bien le jeu (sic) et que cela ne servait à rien, faisant même la morale a qui la voulait entendre. Aucun membre du CHS-CT n’a même pris le temps d’appeler l’enseignante mise en cause publiquement dans la vidéo des JRE.

Bref, nous voilà rassurés sur la protection des personnels. Du moins de la part de l’administration, qui pour une fois a pris ses responsabilités, pas comme une partie du personnel syndical.


* Le 15, une grève pour mieux préparer le recul social du 19 ?

On ne peut pas dire que la grève du 15 ait des ambitions cachées. L’appel intersyndical est clair. Il ne s’agit pas de manifester contre la pacte de responsabilité (non non trop bien), même pas mentionné dans l’appel, à peine faut-il demander une augmentation.

Au détour d’une phrase on comprend l’objectif caché derrière la revendication : « 
Des pers­pec­ti­ves de car­rière et de mobi­lité pour tous les agents ». C’est-à-dire ?

Voilà de quoi réjouir les négociateurs de tous poils qui à partir du 19 mai courent à l’appel de la ministre pour « négocier » la Loi Mobilité dans la Fonction publique, loi qui doit assurer à terme une restructuration de l'administration de l’Etat, qui induit bien sûr une réduction du nombre de ses agents.

Il s’agit clairement de négocier des règles relatives aux indemnités de départs volontaires des fonctionnaires. Elle
oriente les parcours professionnels des fonctionnaires vers Pôle Emploi (sur le modèle du Privé). Aujourd'hui, aucun syndicat ne dénonce cette Loi "Mobilité" et cela commence à tanguer à la CGT ou à SOLIDAIRES. De même FO, dans son appel particulier, n’évoque pas l’affaire. Et pour mieux faire diversion autant parler du point d’indice et autres billevesées...

Ailleurs les perspectives syndicales sont toujours les mêmes: négociation et accompagnement des réformes au nom de la sacro-sainte « responsabilité syndicale », culpabilisation des individus au nom de l’intérêt supérieur (mais de quoi ?) et refus de proposer une alternative syndicale et politique !


Pour une reprise, c’est une reprise...

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