Et pendant ce temps là, à droite...

* Un recteur qui ne manque pas d’à propos

Déjà plusieurs fois remarqué ces derniers temps (affaires Chazerans et aussi de la traque des djihadistes à l’école), le recteur de Poitiers ne nous déçoit pas encore une fois. Et c’est l’Allemand qui en prend pour son grade.

Paru dans la Charente libre du 22 mai 2015, voici ces propos qui répondaient à une question syndicale : après avoir réduit l’offre d’allemand dans 7 collèges du département, il termine son entretien par une pensée à haute valeur ajoutée :“Si cette langue est si peu attractive, ce n’est pas de notre faute.”



*Fromages numériques et Solidarité...

C'est un domaine où "l'humaniste" Madelin s'est particulièrement illustré, puisque, comme le rapporte cette page, il s'est vu confier ces dernières années la présidence du Groupement d’intérêt public pour l’éducation numérique en Afrique, opérateur public (si si) chargé de promouvoir l'usage du numérique dans les écoles africaines, avec le soutien de l’Education nationale.
Cette promotion passe en particulier par le biais de partenariats public-privé dont on sait que via des loyers versés à des boites privées, les PPP reviennent au final à payer deux à trois fois plus cher le coût de l'équipement initial" (source). On se rassure donc, on a cru un instant que Madelin avait viré gauchiste, fonctionnaire presque.

Mais ici il s’agit d’accompagner la promotion du logiciel libre du projet Sankoré, projet déjà largement critiqué en 2010 (voir « France-Afrique, la révolution numérique accouche d'une souris »
source). Installer des TBI n’est peut-être pas la première des priorités…

Madelin n'a cependant pas eu de chance puisque malgré ses éminents mérites, le Groupement d’intérêt public pour l’éducation numérique en Afrique (GIP ENA) a été dissous en 2013, ce qui lui a fait perdre sa présidence (voir là).

Lui qui aime bien les postes à forte valeur "éthique", avait pourtant tout pour réussir à la tête du GIP ENA... En effet, il s'était déjà distingué entre 2007 et 2009 avec sa double casquette de président du Fonds Mondial de la solidarité numérique (institution dissoute en 2009 qui présentait beaucoup de projets mais peu de réalisations) et d’administrateur de Rentabiliweb, propriétaire de sites porno, ce qui avait jeté la consternation au sein du FSN... http://www.lespotinsdangele.com/tag/Madelin

Solidarité numérique et économie de la connaissance: le marché n'est jamais très loin...


*Création à Marseille d'une école de "mermaiding"

Création à Marseille d'une école de mermaiding pour apprendre à nager en milieu aquatique profond standardisé ou non standardisé mais avec la queue idoine adaptée à son anatomie!

Et n'en déplaise à la Manif pour tous et ses stéréotypes de genre, cette nouvelle discipline aquatique consistant à enfiler  une monopalme en forme de queue de sirène plaît aussi beaucoup aux hommes :

"Claudio Lemmi [co-fondateur de l'école, pas gender pour deux sous semble-t-il] avoue avoir été très étonné du nombre d'hommes qui se sont renseignés avant de s'inscrire." […] "Pour les hommes il est plus difficile de serrer les jambes. Aussi proposons-nous des leggins adaptés, mais ceux qui le souhaitent peuvent revêtir une queue de sirène ou enfiler un costume de triton que nous faisons aussi." source

Bientôt une option au bac « triton » pour les garçons et « sirène » pour les filles. Encore un truc qui tourne en queue de poisson.


* Le commerce, ça eut payé !

Enfin une école de commerce (et de management) qui met elle-même en application ce qu’elle enseigne (et en saigne).

La Rotative - L’école de commerce de Tours s’applique les principes qu’elle enseigne : 60% des employés pourraient être licenciés

De source syndicale, la direction de l’Escem aurait annoncé la suppression de 127 postes sur les 212 répartis sur les trois campus de Tours, Poitiers et Orléans. On se souvient que la fusion de plusieurs écoles de commerce au sein d’une seule entité — France Business School — s’était révélé calamiteuse. En moins de deux ans le site de Tours avait perdu 90% de ses étudiants.

Alors que le but principal d’une école de commerce est de formater ses étudiants en bons petits soldats de l’idéologie libérale : managers, auditeurs, experts et consultants en tous genres, traders, licencieurs de masse, spécialistes de marketing...
On ne peut, sans pour autant se réjouir des difficultés dans lesquelles vont se retrouver les nombreux salariés licenciés, que s’amuser de ce retour de bâton et de la manière dont il met en exergue l’imbécilité des principes enseignés dans ce type d’institutions. On doute alors que les spécialistes du management moderne et des licenciements de masse de l’ESCEM seront cette fois ravis d’avoir un cas pratique sous la main.



* Identité française et éducation, un débat où droite et extrême droite se font quelque concurrence...

Les dernières crétineries et élucubrations de l'extrême droite sur l'école. Une véritable compétition…

En effet,
le gouvernement aurait transformé subrepticement les écoles et collèges des Zones d’Éducation Prioritaire en filières élitistes d'excellence au détriment des pauvres écoles de centre-ville pour mettre en œuvre et promouvoir le "grand remplacement" de la population.
Bigre ? C’est ce que soutient très sérieusement Claude Meunier-Berthelot (proche de Jean-Yves Le Gallou et de la mouvance identitaire) qui
milite pour les écoles catholiques hors-contrat et dénonce (dans son livre C'est l'identité Française qu'on assassine) la mise en place d'un «  système éducatif parallèle à celui destiné à nos enfants et qui s’en démarque fondamentalement, système caractérisé par la recherche de l’excellence au seul profit de tous les enfants des ZEP et de la politique de la ville. »
[...]
« Le système français, dit-elle, vise à former une élite étrangère à notre culture pour remplacer les cadres de la nation française dans tous les domaines ».

Ah ? Il y aurait trop d’étrangers à Polytechnique ?
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Sinon, ces vacances ?

* Pour en finir avec la réforme du collège…

Avec le déversement général de propos, du plus assuré ou moins compréhensible, depuis 15 jours (vive les vacances !) on peut dire que l’on a à peu près tout entendu sur la réforme du collège.

Et en particuliers des idées qui nous brouillent l’écoute :

- Le latin est en péril. Soit. Cela fait à peu près 6 ans (depuis la réforme de 2008, au moins) que les langues anciennes ne sont plus enseignées au collège, remplacées par un enseignement de civilisation, qui fait qu’en fin de 3e il n’y a plus un élève qui ne connaisse sérieusement les 3 premières déclinaisons.
C’est curieux, en 2008,
on n’avait pas entendu autant de académiciens et autres penseurs patentés dénoncer la chose. Leur réveil est bien tardif, en tout cas ils arrivent après la bataille (et au passage les profs de collège, largement ignorés et méprisés, les remercient).

- Islam partout (dans les programmes d’histoire), Chrétienté nulle part. Là aussi entretenir ce discours c’est franchement ne pas connaître la réalité du programme d’histoire de 5e depuis des décennies. Rien de neuf, l’Islam a toujours été traitée de la sorte (Islam médiévale, rappelons-le). Et la Chrétienté ? On ne peut guère dire qu’il y a de l’évolution non plus, dans la mesure ou cette question (attention, il s’agit de la chrétienté médiévale) est incontestablement la moins connue et maitrisée par les enseignants (tant il s’agit d’un sujet complexe) qui se limitent à une approche très générale de la situation historique (sur 10 siècles !).

- Les élèves de collèges sont (trop) passifs. C’est sûr ils perdent au long de la 6e (en général) une certaine fraicheur d’esprit pour tomber dans la léthargie de l’adolescence boutonneuse, travaillée par les hormones. La pédagogie (supposée mauvaise) y est-elle franchement pour quelque chose ? Et mettez 30 adultes en induction sur un sujet qui leur est inconnu, voyez si ils sont beaucoup plus actifs.

On vous fait grâce des autres…
qui nous occupent tout autant entre le pain et les jeux.

En revanche personne (ou peu d’observateurs) n’évoque les questions suivantes qui mériteraient bien un peu plus d’attention :

- toujours de 27 à 31 (sinon plus) élèves par classe. C’est sûr cela ne peut qu’arranger la qualité des apprentissages (et des conditions de travail des ouvries de l’Education nationale).

-
toujours plus de flexibilité et de déconstruction non pas de l’approche pédagogique (ça on aimerait) mais du système scolaire, alors que l’espace public (et en particulier scolaire) connaît une privatisation qui se cache de moins en moins (tiens, encore un exemple là, avec les cours en ligne de l’Université de Pau). Et au passage bon courage aux administrateurs (enseignants) de ces établissements qui devront voter le choix des fermetures de postes - il va y avoir du sport).

-
En quoi la réforme atténue (ou fait disparaitre, on peut rêver) le tri social qu’assure à merveille le collège républicain depuis des décennies, qu’il soit unique ou pas ? Ce tri est une des missions premières des systèmes éducatifs (républicains) depuis les lois de 1880. Peut-on sérieusement penser qu’un establishment de « pseudo-intellectuels » (toi même) gouvernementaux ou culturels (ou pseudo-cul) qui a fréquenté les même lycées, classes prépa, connu et adhéré aux même modalités de valorisation sociale, puisse et même simplement veuille ou imagine changer le système ?

Sur ces points les idées ne fusent pas dans le débat. Entre la coalition des idiots (qui croient aux vertus de cette réforme) et la coalition des réacs, il n’y aurait donc pas de place.


* Fichier de Robert
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Ménard: «Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence»

Nous : La proximité idéologique avec le FN dit l'ignominie. Dire l'inverse, c'est nier une évidence.


* Et le grec ?

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Penser à bannir aussi le latin des curés (contrepet).
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