Ordre (et désordres)

Réforme [MAJ4],
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toujours ici

* Darcos est bien du parti de l'ordre. Il soutient les proviseurs qui interdisent la tenue d'AG dans leurs établissements.
AFP — Blocages: Darcos "soutient" les proviseurs
Xavier Darcos a assuré dans une lettre rendue publique jeudi les proviseurs de son "soutien plein et entier", tandis que parallèlement la Fidl a protesté contre une lettre du recteur de Nantes demandant aux mêmes proviseurs d'interdire les assemblées générales.
"Voués au savoir et à l'étude", les lycées "ne sauraient être affectés, en aucune manière, par les revendications qui s'expriment au delà de leurs murs", écrit le ministre de l'Education aux proviseurs, alors que certains établissements sont bloqués depuis une quinzaine de jours par la contestation lycéenne de la loi Pécresse.
"J'ai pleinement conscience qu'aujourd'hui vous êtes confrontés à des situations difficiles et je tiens à vous assurer de mon soutien plein et entier", ajoute-t-il, en les encourageant à se méfier "des inquiétudes infondées".
"Je vous rappelle notamment qu'il n'y a jamais eu le moindre projet de création d'un +baccalauréat unique+ ni de suppression du diplôme du BEP", deux inquiétudes exprimées par les lycéens, dont les mouvements d'humeur sont très redoutés par les gouvernements."

"Pas le moindre" en effet ...

*Darcos recrée les BEP. Finalement et face à l'émoi, le diplôme (seul reconnu par les conventions collectives) existera toujours. On le donnera à la fin de la deuxième année de Bac Pro. Déclaration de Darcos, en ligne sur le site du ministère.

* Ordre, toujours du même ministre, mais cette fois de ne pas mettre la pagaille avant les élections : C'est le syndicat des inspecteurs qui nous l'apprend, Darcos aurait demandé que les questions de fermeture et ouverture de classes soient reportées. Extrait du site dudit syndicat (l'original est ici):


"Carte scolaire : information sous embargo ?

Le SNPI-fsu reçoit de toute la France des informations qui indiquent que le ministère a transmis des consignes orales aux IA-DSDEN, via les recteurs d’académie, pour que les opérations de gestion d’ouvertures et fermetures de postes dans les écoles du premier degré n’aient pas lieu avant la fin des élections municipales. La plus grande discrétion leur a été prescrite sur ce dossier, notamment envers les maires qui sont leurs premiers partenaires en matière de carte scolaire. Or, d’ordinaire, la procédure commence en décembre et s’achève en février.

Le SNPI-fsu s’interroge sur les conditions et les conséquences d’une telle mesure.

Son caractère furtif interpelle. S’il s’agit simplement de ne pas perturber le débat électoral, la mesure peut être annoncée en toute transparence républicaine et démocratique. Ce n’est pas le cas. On peut supposer que les limites du budget qui a été voté par le Parlement, plus basses que ce qui avait été annoncé, aboutissent à une carte scolaire particulièrement tendue juste avant les élections. Il s’agirait alors de ne pas handicaper les listes des candidats proches de la majorité présidentielle : ce serait donc une instrumentalisation purement politicienne du service public d’enseignement au détriment de la transparence et de l’équité du débat public.

Enfin, ce retard des opérations, s’il se confirme, provoquerait forcément des retards et des contraintes de calendriers extrêmement importants pour les personnels enseignants et administratifs. Le mouvement des personnels pourrait être repoussé fin juin ou début juillet. (...)"

* A Caen la révolte ? Dans le supérieur, on use du mail pour diffuser les infos et essayer d'atteindre des média qui, on l'a vu, rapportent une vision très partielle de la loi LRU. Cela part de l'Université de Caen, dont les personnels seraient à la pointe de la contestation . Extrait du mail adressé mercredi à de très nombreux journalistes :

"Cette loi ne répond en rien aux problèmes des Universités :
  - elle marque le désengagement financier de l'Etat dans la transmission du savoir au plus grand nombre : les Universités doivent se tourner de plus en plus vers les entreprises et les collectivités territoriales pour trouver des fonds leur permettant de fonctionner ;
  - elle exacerbe la concurrence entre établissements, entre filières et entre individus sans garantir une offre de formation de qualité sur l'ensemble du territoire ;
  - elle accentue les inégalités entre Universités et Grandes Ecoles, au lieu de remettre en cause ce système d'enseignement supérieur à deux vitesses ;
  - elle accroît la précarité des personnels par un recours plus important aux contractuels ;
  - elle remet en cause le fonctionnement démocratique des institutions universitaires en ce qu'elle accorde les pouvoirs, quasi-exclusivement et sans garde-fou, au Président de l'Université, assisté d'une poignée de conseillers.

*Pagaille toujours : les étudiants anti-LRU, eux préfèrent aller au devant de la loi et vendre leur université. C'est sur ebay.
Hier c'était l'université d'Evry qui était en vente. Vous remarquerez ci-dessous que les enchères ont été élevées... Aujourd'hui, c'est au tour de l'Université de Nice (en vente encore ici)

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Réformes (suite) : discours sur la méthode

Pour voir les principaux points de la réforme,
et les précisions mises à jour [MAJ4],
c'est plus bas sur la page ou
toujours ici.

*Les BEP supprimés depuis déjà un mois ?
C'est en effet on apprend dans une déclaration du SNUEP-FSU, que le Darcos a fait passer une note le 29 octobre aux seuls recteurs, pour ordonner la généralisation du Bac Pro en 3 ans. On peut alors considérer que la mise en application est pour la prochaine rentrée. Tous les documents sont publiés sur le site dudit syndicat, à savoir ici.
Le SNUEP-FSU, comme d'autres, appelle à la mobilisation générale.

*En plus, cela commence à tanguer sérieusement à la commission Pochard-Rocard, d'où sortent une partie des annonces publiées précédemment.

On avait déjà évoqué certaines de ses interventions [—dont celle d'Allègre— rappel : toutes les vidéos sont placées en ligne sur le site du ministère], on avait vu aussi son étrange sondage (ici, souvenez-vous) réalisé par une non moins étrange société de sondage OpinionWay qui s'avère être un bon serviteur du pouvoir en place (voir l'article de SABOTAGE).

Il y a quelques jours c'était le SNES qui écrivait à Pochard ses sentiments sur le déroulement du débat, semble-t-il pas en rapport avec un véritable dialogue, ni même une concertation (mais plutôt des invitations privées).

Une autre déclaration du SNES (sur le site du SNES) fait le point et révèle qu'en fait :
" L’organisation d’une première table ronde sur "les enseignants dans leur établissement", à laquelle n’étaient pas invitées les organisations [syndicales] les plus représentatives d’enseignants ne peut que renforcer les inquiétudes. [les sujets abordés : autonomie des établissements , annualisation des services d’enseignement, évaluation des enseignants, locaux, le projet d’établissement...]
Le SNES a protesté auprès du président du comité Marcel Pochard avec envoi du courrier au ministre et à la presse
Le lendemain 22 novembre la FSU était invitée en catastrophe à une deuxième table ronde prévue le 23 novembre sur la formation des maîtres.
Une 3eme table ronde se tiendra le 26 sur les missions des enseignants ." [Elle s'est tenue quelqu'un en sait quelque chose ?]

Petite note, dans la première table ronde les invités étaient triés : 1 chef d’établissement (le proviseur du lycée Hoche à Versailles), 1 directeur d’école, 3 enseignants (école collège et lycée), 1 parent d’élève FCPE, 1 représentant de conseil général et 1 de mairie + 2 syndicats, le SNPDEN (chefs d’établissements, UNSA) , et le SGEN(-CFDT) ; L’un des professeurs était un jeune maître des écoles précédemment... chef d’entreprise ; l’animateur était Constant Lecoeur (du ministère de l’Agriculture).

Aujourd'hui, c'est le SNALC qui s'en retire (on en déduit donc qu'il y était aussi), voici leur déclaration :

"LE SNE-CSEN ET LE SNALC-CSEN CLAQUENT LA PORTE

Le Syndicat national des Lycées et Collèges (SNALC-CSEN), second syndicat le plus représenté de l’enseignement secondaire, et le Syndicat National des Ecoles (SNE-CSEN) s’abstiendront dorénavant de participer aux « travaux » de la Commission Pochard sur la « modernisation du métier d’enseignant ». Par avance, ils déclarent qu’ils considèrent comme nulles et non avenues toutes les conclusions auxquelles pourrait parvenir cette commission, dont ils contestent radicalement la composition et les méthodes.

Le SNE-CSEN et le SNALC-CSEN ont quitté la table ronde du 26 novembre sur le métier d’enseignant, après avoir été pratiquement
privés de tout temps de parole par son animateur. Les deux organisations dénoncent la totale opacité dans laquelle se déroulent les débats, où les syndicats représentatifs ne sont secrètement admis que selon l’arbitraire et le « bon vouloir » des principaux responsables de la commission. Le SNALC et le SNE notent, par ailleurs, que la commission semble ne vouloir prendre en compte que le discours de spécialistes auto-proclamés ou de personnalités individuelles sans représentativité, choisies pour leur totale allégeance à la doxa pédagogiste. "

*Stratégie syndicale, encore, pour terminer. Voici un extrait du du Compte-rendu du BDFN de la FSU du 26 nov 2007 : on s'orienterait vers une menace de grève fonction publique, ou un accord syndical plus restreint (mais plus efficace ?) :
"Un accord se dégage autour de la stratégie suivante : si annonce de négociations proposer aux fédérations de fonctionnaires de décider d’un préavis de grève pour début décembre et le lever si les négociations donnent un résultat positif ; s’il n’y a pas accord large sur une proposition de ce type, l’avis majoritaire est de rechercher un appel dans une configuration plus étroite (FSU, CGT, FO, Solidaires). "

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[MAJ4] Projets de réformes lycées

Attention cette page est ancienne (11/2007). Pour des infos récentes sur les réformes rendez-vous en page d'accueil c'est ici.
Comme vous ne le savez pas, les syndicats de l'éducation nationale participent actuellement à des groupes de travail ministériels mis en place par le ministère de l'éducation nationale et portant à la fois sur l'avenir des filières, des examens et du métier d'enseignement.

Suite des annonces au 20/01/08 : voir ici.
[Les MAJ sont placées en fin d'article]

Il en circule quelques fuites qui permettent de cerner clairement les orientations. L'article suivant est la reprise de certains messages qui circulent sur la toile et d'informations glanées par le Mammouth.
Les propositions faites par le ministère ne sont pas totalement inconnues car elles sont issues de la commission sur l'évolution du métier d'enseignant présidée par Marcel Pochard, conseiller d'Etat.

Les annonces officielles sont prévues pour janvier. Pourquoi donc ? Allez savoir ... Les contenus semblent donc déjà arrêtés alors que la commission Pochard lance une consultation auprès des profs. Un vrai foutage de gueule donc.

Lors de ces réunions le ministère aurait annoncé entre autres :

- la suppression des BEP et donc des classes d'adaptation permettant aux meilleurs élèves de BEP, de passer par la suite un bac technologique et par conséquent de poursuivre des études supérieures. Annonce confirmée par l'inspection à certains collègues de lycées professionnels et également confirmée implicitement par une déclaration de la FCPE du 23/11 qui semble bien informée, elle.
[nota : le BEP étant un des rares diplômes reconnu par les conventions collectives, à la différence du Bac Pro, le supprimer participe à la dérégularisation des emplois les plus bas, ainsi qu'à l'abolir le salaire minimum. Cavous surprend ? On en parlait justement là il y a peu . Curieuses coïncidences...]
[Le programme de Math/sciences dans certaines sections devait changer en 2008. Le gouvernement a donné ordre aux éditeurs de tout arrêter]


- le transfert des BTS vers les lycées professionnels. Il reste à savoir comment on va financer l'agrandissement des lycées qui ne sont pas polyvalents. Comme par hasard il apparaît que le gouvernement a dans les cartons un projet Darcos sur l'autonomie des lycées qui est la copie conforme du projet de loi Pécresse. On peut gager que les financements privés constitueront la solution pour la voie professionnelle...

- la mise en place de Bac pro en 3 ans à la place des BEP avec volonté d'atteindre 50 % des effectifs en apprentissage. (Annonce faite d'ailleurs ce jour par le ministre - déclaration de la FCPE comme quoi elle est d'accord, ici).

- Enfin la suppression des bacs technologiques STI (sciences et techniques industrielles) qui deviendraient une filière du bac S. [D'ailleurs la réforme des STI qui devait être engagée est officiellement repoussée à 2009].
La mise en place de la réforme semble bien avancée car déjà le recteur de Nancy sait comment vont être évalués les futurs Secondes et Premières STI. Lors d’un CTPA celui-ci aurait dit que les futurs formations se feraient sous forme de modules, ce qui signifierait aussi des validations par module. (Merci FO de nous le préciser - voir la déclaration sur la suppression des BEP).

- le passage d'une partie du bac technologique ST2S en contrôle continu en EPS et pour la première langue vivante; et ce dès la rentrée prochaine.

- Un tiers des postes seraient supprimés dans l'enseignement agricole, déjà touché par un certain malaise depuis la parution de cette note de service là et voir aussi l'article du Café Pédagogique qui fait le point sur cette espèce en voie de disparition (c'est celui-là)

- l'organisation du bac devrait connaître pour des raisons de coût des bouleversements. En effet le gouvernement envisage d'envoyer les copies aux enseignants chez eux et de les faire bosser jusqu'au 16 juillet pour ce qui est des séries générales.

Et il semblerait que les fédérations syndicales qui participent à ces réunions gardent ces infos sous le coude, attendant janvier et les annonces officielles pour appeler à la mobilisation. Cela risque d'être trop tard...

Nous pas. Faites circuler.

[MAJ1 du 24/11, 18 heures]

Réaction du SNETAA contre le projet Bac Pro 3 ans à cette adresse là.
Le SNES, lui, vient d'adresser ce courrier à Pochard pour souligner l' absence de transparence des travaux de sa commission.fr_21-11-07_lettre_pochard SNES National

[MAJ2 du 26/11, 10 heures]

Motus syndical ?
Voici les dernières réactions syndicales qu'a reçu la rédaction. Alors que tout le monde semble bien au fait des propositions de réforme, curieusement on ne se bouscule pas pour les dénoncer :
- la lettre flash du SNES, qui annonce que peut-être il y aurait une réforme et qu'ils en saurons plus à la mi décembre :

"Préparation de la rentrée 2008

Une réforme importante des lycées est en préparation pour janvier, touchant sans doute les 3 voies technologique, générale et professionnelle.et ayant des conséquences sur l'orientation des élèves en collège. D’ores et déjà les informations remontant des académies sont très inquiétantes  en particulier avec de très nombreuses fermetures de BEP et le développement de BAC pro en 3 ans permettant au passage d’économiser de très nombreux postes. Nous disposerons d’informations plus précises d’ici la mi décembre." Roland Hubert Claudie Martens Daniel Robin Frédérique Rolet, co secrétaires généraux du SNES FSU (24/11/2007)

-
Une déclaration de FO qui aurait rencontré le ministère le 9 novembre pour évoquer la réforme des STI et qui annonce aussi le calendrier.
FO-STI

Un bon point à FO, tout de même qui publie la liste des sections des Bac Pro touchés par la réforme des 3 ans, avec l'effectif touché par ladite réforme. Objectif : virer un prof sur 4.

La lettre du ministre précise les pourcentage des effectifs qui devront être concernés par le bac pro 3 ans dès la rentrée 2008 :
Vente action marchande 50%
Métiers de la comptabilité 50%
Métiers du secrétariat 50%
Métiers de la communication et industries graphiques 50%
Métiers de l’électrotechnique 30%
Métiers de la restauration et de l’hôtellerie 30%
Electronique 30%
Métiers de la productique mécanique informatisée 25%
Maintenance des équipements industriels 20%
Techniques des installations sanitaires et thermiques 15%
Métiers du bois 10%
Maintenance des véhic
ules et des matériels 10%

[MAJ3 du 27/11, minuit]

Rattrapage de glissade du ministre sur le Bac Pro en 3 ans. Communiqué du ministère, repris par l'AFP :

AFP — "Le ministre de l'Education Xavier Darcos a défendu lundi sa réforme du bac professionnel en trois ans au lieu de quatre, comme une "valorisation" selon lui de l'enseignement professionnel, avec en ligne de mire l'objectif "d'amener 80% d'une génération au bac".
Cette réforme, qu'il avait annoncée à la rentrée et qu'il a détaillée jeudi, vise à multiplier par 10 à la rentrée 2008 le nombre d'élèves qui en fin de 3e choisiront un bac pro en trois ans et à généraliser ce nouveau cursus à la rentrée 2009.
En réponse aux très nombreuses inquiétudes et critiques qui se sont succédé depuis de la part de cinq syndicats enseignants (Sgen-CFDT, SE-Unsa, Snetaa-EIL, Snalc-CSEN, SNFOLC) et des parents d'élèves FCPE, le ministère a repris dans un communiqué les points de la réforme.
"Ce cursus d'une durée de quatre ans limite aujourd'hui le nombre d'élèves de la filière professionnelle susceptible d'atteindre le niveau du baccalauréat", dans le cadre de l'objectif des 80% au bac, a-t-il estimé.
Il a rappelé la création de "passerelles supplémentaires" pour poursuivre après un CAP ou au contraire rejoindre un CAP et a certifié que "le BEP sera rénové", sans préciser sur quel support, mais en assurant que celui-ci permettrait "une insertion professionnelle".
Enfin, la généralisation du bac pro en 3 ans "conduira à
la création de filières bac pro dans des établissements qui n'en ont pas pour l'instant", selon le ministère."

Bref, on ne sait pas ce que l'on gagne, il faut croire...
Ne nous prendrait-on pas pour, comment dire, des imbéciles ?

[MAJ4 du 27/11, 19 heures]

Début de mobilisation ?
Voici un extrait d'une dépêche de l'AFP qui en témoigne. Mobilisation des élèves pour l'instant.

A Villeneuve-sur-Lot, élèves et profs "bac pro" inquiets pour l'avenir

"Si les élèves n'ont pas le bac pro en trois ans, que vont-ils devenir?" Réunis mardi en AG, enseignants et élèves d'un lycée de Villeneuve-sur-Lot tentent de se mobiliser contre la réforme du baccalauréat professionnel en 3 ans au lieu de 4.
"Avec la réforme du bac pro qui va passer de quatre à trois ans, on ne se pose pas la question du devenir des élèves. S'ils échouent au bac pro, que va-t-il leur rester, puisqu'il n'y aura plus de BEP ?", s'énerve Bernard Baugier, prof d'électrotechnique au lycée Couffignal, un établissement de 400 élèves consacré aux métiers de l'habitat.
"Aujourd'hui, même si un élève n'est pas capable d'aller en bac pro, au moins il a son BEP en poche", insiste M. Baugier.
Son collègue Francis Foulou, prof de génie civil, déplore pour sa part l'abrogation "d'une filière en France sans que personne ne soit consultée, d'autant qu'un rapport de l'inspecteur général de l'Education nationale a jugé l'expérimentation du bac pro en trois ans peu concluante".
Florence, élève de troisième, renchérit: "je suis contre la suppression des BEP parce que c'est le seul diplôme que je peux avoir. Le bac pro, ce n'est pas possible pour moi, je ne suis pas assez forte", dit-elle d'une petite voix.
"Ils ne pensent pas à la destruction de l'éducation", lâche cette jeune fille de 15 ans, qui rêvait d'être architecte mais optera plutôt pour un BEP peinture en finition.
"Ici, on est tous contre la réforme. Mais comment faire passer le message auprès de tous les élèves, même ceux qui sont en lycée général ?", s'inquiète une lycéenne en baskets, foulard noué autour du cou.
Une enseignante se lève: "le blocage est une action lourde. Il faut du monde... Envoyez des messages, vous qui passez votre temps sur MSN!"
Puis les débats se concentrent sur la participation à une manifestation jeudi à Agen.

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Manipulation du discours

Face à la manipulation du discours sur le monde éducatif que faire ?

1/ Tout d'abord le dénoncer :

*Pour cela commencez par aller voir la page spéciale du
Mammouth Déchaîné, à ne pas manquer : un Copé d'honneur vient d'être décerné par la rédaction, au premier tour de vote, à l'unanimité. Devinez à qui.

Vous aurez accès à la réponse sur la page de Une du Mammouth (à droite du titre).
http://www.le-mammouth-dechaine.fr

2/ Ensuite le dénoncer :
* Voici encore un sociologue qui s'y colle et qui est clair :

« En matière scolaire, l'apocalypse est à la mode et le saignant fait la une. Qu'on se hasarde à faire état d'une initiative où des élèves, contre toute attente, témoignent de leur capacité de réflexion et de création... et l'on est considéré comme un pauvre attardé qui s'attendrit sur des bluettes de patronage. Qu'en revanche, on décrive l'École comme un chaos livré à de petits tyrans vindicatifs et machistes – d'origine étrangère de préférence - où règnent l'ignorance et la barbarie... et l'on est considéré comme un intellectuel lucide qui ose regarder la réalité en face »

C'est l'objet de la publication de G. DE, VECCHI, Ecole : Sens commun... ou bon sens ? Manipulations, réalité et avenir. Delagrave, 2007, 352 pages, 18,5 €.

4e de couverture : Sous le prétexte que tout le monde est allé à l’Ecole, chacun pense s’y connaître, savoir ce que l’on doit y faire. Mais qu’y a-t-il de vrai dans toutes ces croyances ? (...) Cet ouvrage fait le point sur tous ces sujets et propose une analyse argumentée de tous les problèmes que pose aujourd’hui l’éducation. Il montre comment on manipule les parents… mais aussi les enseignants. Il analyse comment va véritablement l’Ecole aujourd’hui, ce qu’il en est exactement du niveau des élèves (...). Il fait le point sur les résultats et la valeur des méthodes traditionnelles. Il montre ce qu’il y a derrière cette « pédagogie » moderne que beaucoup voudraient voir bannir. Et il avance un grand nombre de propositions sur ce que pourrait, ce que devrait être l’Ecole de demain.

Pourvu que ces dernières relèvent aussi du bon sens ...

3/ Enfin, le dénoncer (encore) :
En essayant de réflechir à ce que veulent dire les sondages
(ou à ce qu'on veut leur faire dire), ce que ne font pas franchement les journalistes. Par exemple, voyez comment l'AFP de ce jour détourne dans son titre un sondage demandé par le SNIUPP.

AFP — 54% des jeunes instits contre l'idée de "recentrer l'enseignement sur les fondamentaux" (sondage)
[ou : sont-ils vraiment tous cons ces enseignants ? ]

Un peu plus de la moitié (54%) des professeurs des écoles débutants sont en désaccord avec l'idée de "recentrer l'enseignement au primaire sur les fondamentaux, lire, écrire, compter", selon un sondage du CSA pour le SNUIpp-FSU (majoritaire au primaire) publié jeudi.
A la question "certains estiment que pour lutter contre l'échec scolaire, il faut recentrer davantage l'enseignement au primaire sur les fondamentaux, lire, écrire, compter, quitte à délaisser certaines matières", 54% répondent qu'ils ne sont "pas d'accord", contre 46% qui se disent "d'accord".
[mais plus loin on lit :]
Selon le sondage, les facteurs qui expliquent le mieux l'échec scolaire sont "les effectifs trop importants par classe (73% des sondés), puis "la situation sociale des familles" (61%).
Les "différences de niveaux au sein de la classe" sont "les problèmes les plus importants auxquels ils sont confrontés".
Pour 75% d'entre-eux, "baisser le nombre d'élèves" par classes est l'"accent à mettre en priorité en maternelle et élémentaire dans les prochaines années."
Par ailleurs, 82% des professeurs des écoles débutants ont le sentiment d'exercer un métier "plutôt dévalorisé" (contre 59% lors d'une enquête de 2001).
84% des professeurs des écoles estiment que l'objectif de la réussite de tous les élèves peut être atteint "dans une école transformée".
Les choses qui satisfont le plus ces enseignants, sont "la réussite des élèves" (69%) puis "le fait de transmettre des connaissances" (55%).

Donc finalement les 54 % du titre ne veulent pas dire ce que dit le titre : ils disent juste qu'avant de se préoccuper des apprentissages, les professeurs des écoles pensent qu'il faudraient mieux que le classes soient moins chargées. Ce qui est tout autre chose... et qui à vrai dire n'est pas très original.

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Code du travail

* Vous vous y connaissez, vous, en code du travail ? Non ? Eh bien écoutons les spécialistes qui évoquent les réformes qui arrivent. C'est pas du joli.

C'est la casse du code du travail

C'est le résultat et la référence à un travail d'un ancien inspecteur du travail, Richard Abauzit, qui a mis à profit le temps libre de la retraite pour analyser en détail les incroyables « réformes » mises en œuvre par nos « représentants » qui, manifestement, ne défendent plus du tout l’intérêt général mais autre chose.

Il s'agit d'un travail de 45 pages (ne me maudissez pas) qui est disponible ici.
Un résumé de 8 pages (bénissez-moi) est ici.

En gros :
L’ordonnance du 12 mars 2007 [réformant le code du travail] est sortie dans un silence médiatique d’autant plus impressionnant que l’on était en campagne électorale. Pourtant, 964 pages format A4, des milliers d’articles réécrits, recodifiés et ...sans table de correspondance pour pouvoir faire la comparaison .... auraient dû pousser les organisations syndicales - qui pourtant ont participé aux séances de relecture (même si – et d’autant plus que- leur avis n’a pas été pris en compte) - à crier au feu, à faire et à faire faire l’analyse...qui est la suivante :

1/ la réécriture ne s’est pas faite à droit constant, certaines dispositions disparaissant, d’autres apparaissant, d’autres enfin se voient modifiées notamment par le changement de compétences.
2/ la technique générale consiste à transférer le droit du travail du législatif (parlement) au réglementaire (gouvernement) ce qui assure la rapidité, l’opacité et donc l’efficacité de toutes les régressions. Les règlements et décrets doivent paraître d’ici le 1er mars 2008 au plus tard.
3/ la dépénalisation des infractions patronales au droit du travail s’y fait notamment par la suppression presque systématique des peines de récidive !
4/ la résultante, ce sont des régressions : toujours plus de liberté d’exploiter pour les employeurs, toujours moins de droits individuels et collectifs pour les salariés et des promesses, déjà perceptibles, de régression

Il explique avec une démonstration s'appuyant sur les textes de loi comment vont se faire les opérations suivantes :
I / SUPPRIMER LE STATUT DE SALARIÉ
II / DIVISER LES TRAVAILLEURS EN DIVISANT LES DROITS
III / DES CONTRATS DE TRAVAIL PLUS PRÉCAIRES
IV / DES CONDITIONS DE TRAVAIL PLUS DURES
V / DISSOLUTION DE LA LOI
VI / DISSOLUTION DES JUGES
VII / DISSOLUTION DE LA DÉFENSE COLLECTIVE DES TRAVAILLEURS

Tiens, tiens ! Et voilà qu'aujourd'hui
Parisot propose de supprimer la durée légale du travail (Reuter, repris par Le Monde ici)
Pour Laurence Parisot "les deux axes principaux à travailler" sont de baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises et de remettre sur la table la question de durée légale du travail pour aller vers une durée du travail négociée branche par branche."Les heures supplémentaires, le dispositif (d'exonération de charges sociales) mis en place par la loi TEPA va dans le bon sens mais a-t-il assez de force, assez d'intensité pour qu'il y ait des effets significatifs et rapides. Je ne suis pas certaine", a déclaré Laurence Parisot."Si j'additionne les assouplissements antérieurs plus cet assouplissement, on arrive à de telles usines à gaz que c'est rébarbatif", a-t-elle dit."C'est là que je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail"
Ceci dit, si elle ne le demande pas sous un gouvernement de droite, elle ne le demandera jamais...

* Vous vous croyez épargnés parce que vous êtes profs dans le public ? Pas certain. Voyez plutôt ce que l'on demande aux profs d'EPS de faire pour les "orphelins de 16 heures" :

Accompagnement éducatif :
La circulaire n° 2007-115 du BO du 19/07/2007 donne le cadre du dispositif qui est destiné à favoriser la réussite de tous [et à nous faire travailler après 17 heures au lieu de partir en courant].
[….] Avec l’aide aux devoirs et aux leçons et la pratique artistique et culturelle, la pratique sportive sera au cœur même de ce dispositif. Aussi, pour répondre à ce dispositif, il nous semble opportun que chaque équipe pédagogique d’EPS engage dès maintenant une réflexion sur la modalité de mise en œuvre
[d'un inspecteur : "Et je ne comprendrais pas que vous fassiez la politique de la chaise vide !"]

Trace écrite de l’enseignement dispensé :
L’intérêt de cette trace n’échappera à personne : informer la communauté éducative de la réalité de l’enseignement en EPS [parce que l'on risquerait d'en douter ?], support de jugement en cas d’accident, exigence institutionnelle.

Coordination :
Le coordonnateur EPS joue un rôle fondamental localement. Il est un animateur pédagogique, un moteur de la réflexion didactique et un collaborateur administratif du chef d’établissement.
[Collabo : c'est une catégorie officiellement reconnue maintenant]

Merci Luc

Une question à l'Assemblée nationale a justement été posée sur ce point. Vous pouvez admirer la réponse du ministère, c'est ici.

*Confusion des genres et code éthique à revoir : selon le sondeur Opionway, les Français soutiennent à 66 % le gouvernement. Rappellons que Opionway est l'organisme qui a reçu la charge du gouvernement de faire les études d'opinion sur le bien être des profs et qui doit servir à la commission Pochard (dont nous parlions avant hier, ici).

* Enfin, Guy Môquet appelle à la grève reconductible ! On parle du collège (92) cette fois : un collège de résistants il faut croire. Bravo ! Cela a le mérite de bouger un peu les représentations syndicales.

Motion pour la grève reconductible du collège Guy Môquet de Gennevilliers (92)
La réunion intersyndicale (avec des syndicalistes de CNT, SUD et SNES notamment) du collège Guy Môquet, Gennevilliers (92) réunie le 19 novembre 2007,

- considère que les convergences actuelles des mobilisations peuvent enfin permettre de stopper la politique de Sarkozy, en cours ou annoncée, la casse et la privatisation de la protection sociale et des services publics (à commencer par l’éducation nationale asphyxiée par les milliers de suppressions de postes), la fin des statuts et de la fonction publique, l’atteinte aux libertés fondamentales et la répression des mouvements sociaux...

- se prononce pour la reconduction de la grève dès le 21 novembre, pour que la grève du 20 appelée par l’ensemble des fédérations de l’Education Nationale et de la Fonction Publique ne soit pas un succès sans lendemain. Même si le Pouvoir apparaît moins sûr de lui, pour espérer gagner sur le budget, l’emploi, les salaires et les retraites, il faut se donner les moyens d’un mouvement fort et durable, en synergie avec les autres fonctionnaires, avec les étudiants, de plus en plus nombreux contre la loi LRU, avec les travailleurs des entreprises publiques, de l’Opéra, avec les avocats...

La réunion intersyndicale du collège Guy Môquet, Gennevilliers (92) mandate 2 délégués pour défendre cette position à l’assemblée générale régionale qui suivra la manifestation (18 h Bourse du travail de République), aussi à l’AG 92 nord, qui se réunira mardi 20 novembre de 10h à 11h à l’école Joliot Curie, à Gennevilliers.
Si suffisamment d’établissements appellent à la reconduction de la grève, les personnels se réuniront le mercredi 21 au matin pour mettre en œuvre cette reconduction. Nous tentons de contacter les parents d’élèves, les établissements proches du collège, ainsi que les travailleurs et les jeunes actuellement mobilisés sur la ville.

L’intersyndicale du collège Guy Môquet (92) demande aux syndicats d’appeler, dans l’unité la plus large possible, à la reconduction de la grève dès le 21 novembre.

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Retours de manif

* Tout d'abord comme une mise en bouche (par Vidberg (revu par Bruno) et Cabu), les résultats de la journée :





* Ensuite qui pourrait nous confirmer cette info trouvée sur le site de la CNT et relayée par IndymediaGrenoble.

Le gouvernement remplace des grévistes pour casser la grève dans l’Education Nationale. Le service minimum mis en place dès le 20 novembre ?! Le ministre de l’Education Nationale a écrit une lettre aux recteurs les enjoignant de faire en sorte que les élèves soient pris en charge un jour de grève des enseignant-e-s. Il leur demande de prévoir l’accueil des élèves en lien avec les collectivités territioriales. Cela s’appelle payer des travailleurs-euses pour briser une grève.C’est une première dans l’Education Nationale. Devedjian, à Antony (92), a ainsi prévu que les centres municipaux de loisir s’occuperaient des élèves des enseignant-e-s grévistes ! Le service minimum ne devait être « discuté » qu’à partir de janvier prochain mais le ministre le souhaite effectif dès ce 20 novembre !

Cela manque un peu de précision et de faits exacts... dommage.

* Puis cette déclaration de la PEEP, qui n'étonnera personne :

Les parents de la Peep indignés par la grève des enseignants mardi


La Peep, deuxième fédération de parents d'élèves, s'est élevée lundi contre le mouvement de grève mardi chez les enseignants, dans le cadre d'un mot d'ordre dans la fonction publique.
"Les revendications affichées sont loin des intérêts directs des élèves et de leur réussite. Une fois encore les enseignants grévistes vont imposer aux écoliers, collégiens et lycéens une journée sans classe", a déclaré la fédération dans un communiqué.
"Ce n'est pas avec des messages tronqués que le monde enseignant sensibilisera utilement les parents à la difficulté de leur métier", dit la Peep.
Evoquant
des professeurs "désertant" les écoles, elle a ajouté qu'ils ne contribuaient pas ainsi à "la valorisation de leur fonction".
La Peep a enfin ironisé sur la demande du ministre de l'Education Xavier Darcos aux recteurs d'"aider les parents dans l'organisation de cette journée", la jugeant "louable" mais "qui confine l'école à un simple rôle de garderie".

* Enfin, "Quand j'entends siffler le train..." de la CFDT et bien je le prends. Aller simple même pour son patron.

Fonctionnaires: Chérèque (CFDT), chahuté, quitte en courant la manifestation


Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, cible de huées mardi dans la manifestation parisienne des fonctionnaires, est parti en courant de la manifestation, protégé par son service d'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.
Après une heure environ dans la manifestation, et alors que son homologue de la CGT, Bernard Thibault, avait déjà quitté, dans le calme, le cortège,
François Chérèque est parti en courant avec une escorte.
Les quolibets et les sifflets émanant de quelques dizaines de personnes, ininterrompus le temps de son trajet dans la manifestation, ont redoublé au moment de son départ.
Certains de ces manifestants ont tenté de le suivre, mais il s'est engouffré rapidement dans une voiture, qui a filé.

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Préparons la grève ...

*Tout d'abord se méfier de ce que l'on dit : Comment désinformer en informant ? Et bien faire comme l'AFP qui publie la dépêche ci dessous. On lui demmanderait bien pourquoi. Parce que présenté de cette façon il est difficile de prendre bien au sérieux les revendactions des fonctionnaires, et en fait même une bande de branleurs privilègiés.

La Voici :
AFP— Les salaires des fonctionnaires constituent l'une des principales sources de grogne des syndicats, qui demandent des négociations sur le point d'indice, base de calcul des rémunérations, afin d'améliorer leur pouvoir d'achat.
- En 2004, le salaire moyen net mensuel (primes comprises) était de 2.108 euros dans la fonction publique d'Etat (FPE) et 1.578 euros dans la fonction publique territoriale (FPT), contre 1.849 euros dans le secteur privé. Dans la fonction publique hospitalière (FPH), il était de 1.909 euros en 2003, médecins inclus (pas de données disponibles pour 2004).
- La rémunération indiciaire de base constitue l'essentiel du salaire d'un fonctionnaire: elle s'obtient en multipliant l'indice de l'agent (calculé selon son grade et son échelon) par la valeur du point d'indice fonction publique.
La valeur du point d'indice est actuellement de 54,41 euros brut par an.
Une augmentation de 1% du point d'indice représente plus de 1,5 milliard d'euros de budget pour couvrir les trois fonctions publiques, dont 800 millions pour la seule fonction publique d'Etat.

2 100 € c'est sûr c'est plus que les autres. Rien dans le texte ne vient expliquer les raisons structurelles de cette situation, ce qui est quand même fort dommage. Pourtant elles sont simples les raisons (peu d'ouvriers dans la fonction publique, peu de temps partiels imposés, pyramide des âges...).

Bref, l'intoxication au service des journaux.

* Ensuite essayer de réfléchir et y voir clair. Là n'ont plus c'est pas simple. Cette vidéo apportera peut-être des éléments de réflexion. Il y a beaucoup de choses dans le discours qui suit. Cela ne concerne pas que l'E.N., loin de là. C'est toute une vision de la société que développe Loïc Wacquant, sociologue. Et c'est pas celle qu'on voit sur TFI et France 2.



* Plus spécifiquement E.N., cette fois, les contributions de N. Mons, dont on a déjà parlé. Extraits :

"L’étude montre que ni le libre choix dans le réseau public, ni le développement du secteur privé ne sont associés à une amélioration du niveau général des élèves. Ce résultat met en défaut les théories néo-libérales qui affirment que le libre choix permet une émulation entre les établissements et donc une stimulation des équipes pédagogiques, ce qui au final se traduirait par de meilleurs apprentissages des élèves. Les choses ne sont pas aussi simples".
"En France, les enseignants et parents pensent que les résultats seraient meilleurs dans un système qui présenterait des classes voire des filières scolairement plus homogènes. Or, c’est le contraire. Il y a désormais un quasi-consensus sur le sujet dans la recherche, et mon étude va dans ce sens. Ce sont les systèmes qui, dans l’enseignement obligatoire, mixent le plus possible les élèves de niveaux scolaires et de conditions sociales différents qui sont les plus efficaces".
"Au milieu du gué, confrontée à la persistance d'un échec scolaire prégnant qui la singularise désormais par rapport à la majorité des pays de l'OCDE", écrit-elle, "la France ne peut demeurer dans ce statut quo de façade... Face aux deux modèles d'avenir qui se dessinent - l'école de la « différenciation intégrée » ou l'école de la « différenciation désarticulée » -, le pays devra choisir".

Un entretien à lire sur le site du Café pédagogique.


*Les solutions pour s'en sortir ? On nous reparle autonomie des établissements et décentralisation. Cette fois c'est la région Ile de France qui s'en charge en signant une convention pour copiloter le système éducatif. Ca vous étonne ? Le Mammouth vous le disait déjà il y a au moins 5 ans.

Convention entre le Ministère de l’Education Nationale et le Conseil Régional d’Ile-de-France concernant l’échange d’informations nécessaires au pilotage du système éducatif (C'est là)

On y apprend que la région :
- participera activement à la construction d'indicateurs de pilotage partagés ;
- accédera aux bases de données de l'E.N. [souvenez-vous du fameux fichier base-élèves] elle ne les vendra [l'E.N. sait faire ça toute seule, cf. le bac] ou ne les utilisera dans le but de faire de la gestion individuelle. Jamais, craché, juré.

Tout cela si c'est pas pour développer une politique particulière et remettre en question la portée nationale de l'Éducation, c'est pour quoi alors ?


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Pochardisation de l'école

* C'est un brin surprenant cette enquête d'opinion. Tout d'abord, elle est commandée par la commission Pochard pour la revalorisation de condition d'enseignant. Ensuite, elle se fait sur le net et par une entreprise privée (on s'y attendait). Puis, il semblerait que seuls certains enseignants aient été choisis (un panel représentatif certainement, les chanceux) pour y répondre. Le But : repérer les perceptions des enseignants sur leur métier et leurs attentes.
Enfin, des questions à la con (à réponses prédéfinies) assez extraordinaires :
- Qu'est-ce qui vous soucie en ce moment ? [des hémorroïdes diront certains, mais y a pas la case]
- Quelles sont vos sources de joie ? [là, dans la liste : mes revenus ; la situation politique en France ; vivre à Paris / en province]
- Quel prestige pour certaines professions ?
- Questions sur le prestige des profs, comment se considèrent les profs par rapport aux cadres du privé .
- Questions plus professionnelles sur la charge de travail, les relations avec les parents, le stress.
- Des questions à choix multiples pour les quelles tous les choix peuvent être bons (sans que l'on puisse y répondre). du genre :


Ou encore :


Puis des salves du même tonneau sur l'inspection (je ne vois pas comment elle peut s'en sortir), le travail en équipe, puis on trouve ça :


Puis questions sur la vocation, avant que vienne cela :



Séries sur l'enseignement en ZEP et le mouvement de mut.

Puis une des dernières questions (avant que l'on vous demande ce que fait votre conjoint) :



On sent que derrière tout cela il y a de l'analyse fine...


le vrai test n'étant accessible avec un
login personnel
il m'est impossible de vous en donner l'adresse. Mais c'est pas une farce.


* Ce délégué syndical là est-il du Sgen-CFDT ? Je ne crois pas...
(Derniers en grève, premiers au boulot)

Je sais cela a déjà été publié ici, mais on ne s'en lasse pas.




* Martine, encore. Cette fois Bruno est très créateur. Mais c'est sans doute la dernière fois car il apparaît (sur le site du générateur de Martine) que, sur la demande de Casterman, ils ferment.

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Serviteurs volontaires

* Cette fois cela ne relève plus des idéologèmes comme le signalait l'autre jour Judith Bernard (relire ça), car c'est clairement dit. Ce-ci dit, c'est sur TF1. Un article de Libé fait le point sur les écarts de langages des JT, profondément antigrève. Ou plutôt pro-Sarko.

C'est là

Extrait :
«La mobilisation syndicale se heurte à la volonté très claire du gouvernement de créer un système plus équitable de retraites, c’était dans le programme de Nicolas Sarkozy, il a été élu en partie pour ça.» Non, ce n’est pas du François Fillon, ni même du Xavier Bertrand, mais du Jean-Pierre Pernaut, ministre du 13 heures de TF1.

@rrêt sur Images enfonce le clou

et publie un papier sur le sujet avec les extraits des journaux de TF1 qui fait de la pub pour une association bien précise.

C'est là


* Sinon, ça vous étonne ?
Moi pas.
AFP —

Adoption des crédits de l'enseignement supérieur, coup de pouce au privé


L'Assemblée a adopté vendredi en fin d'après-midi les crédits alloués à la Recherche et à l'Enseignement supérieur en 2008, la droite ayant décidé d'accorder un coup de pouce de 5 millions d'euros aux établissements privés.
La gauche a voté contre un budget "dramatiquement insuffisant", l'UMP et le Nouveau Centre pour.
Alors qu'Eric Woerth (Budget) s'y est fermement opposé au nom du gouvernement, la majorité a adopté un amendement de plusieurs députés UMP - dont l'ancien ministre Laurent Hénart - qui augmente les crédits aux établissements d'enseignement privé de 5 millions d'euros,
prélevés sur la dotation à la recherche industrielle.

Et, comme c'est étrange, que fait Darcos ce lundi ? Il inaugure la semaine école entreprise avec Parisot. C'est sur le site du MEDEF.

"Devant plus de 1 200 élèves de 3e, Laurence Parisot, présidente du MEDEF et Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, lanceront officiellement la 8e édition de la Semaine Ecole-Entreprise à Carcassonne lundi 19 novembre 2007."


*Enfin, pour la grève du 20, une déclaration de la FCPE :

Communiqué de la FCPE - 16/11/2007

La FCPE appelle les parents d’élèves à manifester le 20 novembre 2007


La FCPE s’associe aux enseignants, aux lycéens et aux étudiants contre la politique gouvernementale qui va à l'encontre de la réussite de tous les jeunes. Elle appelle les parents d’élèves à se joindre aux manifestations organisées le 20 novembre pour la défense du service public d’éducation et demander un nouveau budget pour l’Education nationale.
La suppression de 11200 postes à la rentrée de 2008, s’ajoutant aux milliers de suppressions de ces dernières années, aura pour conséquence d'accentuer encore la dégradation du service public d'éducation.
La dégradation des conditions d'encadrement et d'enseignement aura des répercussions dramatiques pour ceux qui sont les plus fragiles, accroissant les difficultés scolaires et les inégalités. Avec une offre de formation réduite, la réussite de tous les élèves est compromise.
L
a volonté du gouvernement de faire des économies à tout prix traduit un désengagement de l'État et par conséquent un réel manque d’ambition pour les jeunes. Le risque est grand de voir les officines privées prendre de plus en plus la place du service public d'éducation.
De cela, nous ne voulons pas ! Nous réaffirmons le principe d'égalité d'accès au savoir sur tout le territoire.

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L'art du discours...

* ... c'est le moins que l'on puisse dire. Et c'est à l'assemblée nationale, et c'est notre ministre. Voici ce qu'il déclare :

AFP — Xavier Darcos (Education nationale) a défendu jeudi devant les députés la décision du gouvernement de supprimer 11.200 postes au sein de son ministère en 2008, qualifiant celle-ci de "choix résolu et courageux" pour contribuer à "la maîtrise de la dépense publique". (...)
"En 2008, 22.700 fonctionnaires partant à la retraite ne seront pas remplacés. La moitié d'entre eux seront issus de l'Education nationale, avec 11.200 non remplacements", a dit M. Darcos. "Le ministère dont j'ai la charge fait le choix résolu et courageux d'un schéma d'emploi maîtrisé sans pour autant renoncer à ses ambitions et même en améliorant les conditions de travail et de vie des élèves et de leurs enseignants", a-t-il affirmé.
M. Darcos a également défendu "l'assouplissement de la carte scolaire", annonçant que "77% des demandes ont été satisfaites à l'entrée de la sixième, et 67% à l'entrée de la seconde".
S'agissant de l'accueil des élèves handicapés, il a indiqué avoir "engagé le recrutement rapide de 2.700 auxiliaires de vie scolaire" (AVS), et que le financement correspondant (15 millions) devait être soumis au vote des députés par voie d'amendement.
Pour la suppression des cours du samedi matin, décriée par l'opposition, M. Darcos a assuré que
son objectif était de permettre aux enseignants de "donner plus de leur temps à ceux qui en ont le plus besoin".
Les deux groupes de l'opposition (SRC-PS et GDR-PCF) ont déjà annoncé qu'ils voteraient contre ces crédits.

* Les universitaires s'y mettent ? Pas ceux de Jean-Robert, non non. A Toulouse. Un peu, pas trop, faudrait pas non plus trop provoquer...

AFP- Enseignants et personnels de Toulouse III votent la grève

Les enseignants et personnels non enseignants de l'université Paul Sabatier-Toulouse III ont voté vendredi à la quasi-unanimité la grève en assemblée générale pour protester contre la loi Pécresse, a-t-on appris auprès d'André Mayet, responsable CGT.
Quelque 110 personnes se sont prononcées pour cette grève, reconductible lors d'une prochaine assemblée générale lundi, et ont voté une plate-forme de revendications identiques à celle des personnels de l'université de Toulouse II-Le Mirail, en grève depuis mardi.
Les enseignants et le personnel Biatoss (bibliothécaires, ingénieurs administratifs, techniciens, ouvriers de service et de santé) ont également décidé de participer à la manifestation nationale prévue mardi.
Certains ont rejoint vendredi après-midi une trentaine d'étudiants des comités de lutte des trois universités et des personnels du Mirail devant la préfecture, où une délégation a été reçue.


* Encore Martine, de la part d'El Bruto :

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Grandes idées

* On les aime ces débats télévisés où nos grands intellectuels viennent dire à la France ce qu'il faut penser. Ce soir un petit tour chez G.Durant qui recevait Darcos, Onfray, Attali et encore Ruffo. Débat sur l'E.N. (le rôle de profs, la fonction de l'école). Bon, c'est quand même de l'édulcoré.


"Il faut beaucoup de travail pour faire un homme libre"

Cela me donne des aphtes mais force est de reconnaître qu'il y en a qu'un qui dit des choses intéressantes c'est Darcos (c'est lui l'auteur de la citation). On le trouverait même fort sympathique si ignorait qu'il est en train de dézinguer l'EN pour raison financière. Onfray en est ridicule, et Attali avec son "la société rend l'école illégitime" est à la pointe de la recherche intellectuelle. Où ils sont les intellectuels de gauche ?
(Attention, temps affiché 17 minutes, mais seule la première partie concerne le débat sur l'E.N. Après Onfray et Attali se mettent gentiment sur la figure et franchement on s'en fiche).



On le trouverait même fort sympathique si on ignorait qu'il est en train de dézinguer l'EN pour raison financière et on ne le coinçait pas régulièrement en train de dire (aussi) des bétises. Du genre,Chez Ockrent le 11/11 :
" Si un enseignant qui gagne 2000 euros par mois fait deux heures supplémentaires par mois, son revenu mensuel progresse à 2 300 euros. Avec la défiscalisation des heures supplémentaires, il paiera 300 euros d’impôts en moins. Au total, il gagnera donc 2 600 euros par mois." Etrange calcul.

Là ni A. Finkielkraut, et Ph. Meirieu n'ont réagi. Ici cette fois c'est Onfray qui est ridicule, et Attali avec son "la société rend l'école illégitime" est à la pointe de la recherche intellectuelle. Où ils sont les intellectuels de gauche ?


* On vous le disait que c'est social et culturel, la réussite scolaire. Et bien voilà une étude de l'INSEE sur les familles nombreuses qui fait le point et montre que plus on est nombreux moins le niveau scolaire est élevé. C'est dans le portrait social de la France qui vient de paraître.
On peut écouter un des auteurs sur le site de France info.

La destinée sociale varie avec le nombre de frères et sœurs

En général, on occupe une position sociale d’autant moins favorable qu’on a plus de frères et soeurs. Ces différences de destinée sociale pourraient s’expliquer par un nombre de frères et soeurs plus élevé dans les milieux modestes. Cependant, à origine sociale donnée, les différences de destinée sociale restent liées à la taille de la famille d’origine. Cette relation ancienne est persistante. Elle est plus visible pour les femmes et pour les enfants d’ouvriers et d’employés. Les différences de destinée socioprofessionnelle découlent en grande partie de celles des diplômes obtenus. Elles s’expliquent par une répartition inégale des ressources familiales, mais aussi par d’autres facteurs tels que les styles éducatifs. Un effet propre et défavorable de la taille de la famille, qui serait indépendant des caractéristiques sociales auxquelles elle est liée, peut être mis en évidence à partir d’un nombre de frères et soeurs assez élevé (quatre ou plus). Dans les familles de taille petite ou moyenne, le nombre de frères et soeurs ne semble en revanche pas avoir par lui-même d’influence négative sur la destinée sociale.

*Sinon, le cahier des charges de la réforme du primaire a été publié. Il est là. En résumé il faut :
- diviser par deux le nombre des redoublements ;
- renforcer des fondamentaux
et prioritairement du français ;
-
piloter par l'évaluation. Deux évaluations nationales seront imposées au milieu de l'année en CE1 et CM2 ;
- multiplier les
travaux en petits groupes, pour les élèves en difficultés ;
-
évaluer autrement les professeurs des écoles ;

* Enfin, Martine (encore), un petit envoi de Le CorBBeau :

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lutte

* Tout d'abord le satisfecit de la rédaction : 5000 visites en 6 mois (dont 2 de vacances) pour Compléments de service, le Blog-à-part du Mammouth déchaîné. Certains semblent vraiment accro à l'E.N. car ils y reviennent (on a les adresses...). Merci de suivre, de vous exprimer dans les commentaires (surtout, bandes de fainéants), et de diffuser l'adresse.

* Pour fêter cela,
un grand moment du Claude Allègre (le retour). Vidéo extraite de son audition par la commission pour la revalorisation du métier d'enseignant (Pochard-Rocard).

C'est limite haineux malgré une déclaration d'amour au prof de ZEP. Une haine du prof de musique. Un racisme latent. D'une hésitation rare. Du grand Claude.
C'est sûr ils sont bien avancés à la comission pochard.




* Ensuite petit rappel : pour suivre l'actualité des luttes estudiantines, inutile d'aller sur le site de Paris IV (de notre ami Jean-Robert, souvenez-vous) mais plutôt consultez les sites suivants :

celui de la CNT, ou Celui sur Tuuut.com,


Un point a été fait par l'AFP mardi matin :

Plus de 27.000 personnes ont participé mardi à 39 assemblées générales dans les universités, dont 16 étaient bloquées, au moins partiellement, selon un nouveau comptage établi peu après 18H00 par les bureaux de l'AFP et des sources étudiantes.
Lundi, on comptait 17.000 participants aux AG et 13 universités bloquées.
Selon ce nouveau comptage, plus de 27.000 personnes, entre 250 (Nice) et 2.500 (Bordeaux III), se sont rendus à 39 assemblées générales, entraînant le vote d'un blocage dans au moins cinq nouveaux sites universitaires : Metz, Brest, Amiens, Paris VIII et Bordeaux III.
Un précédent comptage mardi effectué avant 18H00, faisait état de 22.000 personnes en AG et de 15 facs bloquées.
En tout,
16 universités sur 85 étaient bloquées mardi, pour tout ou partie : outre les cinq déjà citées, Lille I et Lille III, Toulouse II-le Mirail, Montpellier III, Caen, Nantes, Tours, Pau, Limoges, Paris I-Tolbiac, Lyon II.
Quatre autres doivent être bloquées mercredi (Rennes I, Toulouse III, Angers, et Besançon) ce qui portera à vingt le nombre des facs bloquées.


Et c'est certainement pourquoi Fillon à déclaré hier soir (sur TF1) :
François Fillon a jugé mardi soir "pas fondées" les revendications des étudiants en grève, soulignant que la loi d'autonomie des universités ne comprend pas les éléments dénoncés par les grévistes.
S'agissant des étudiants "
extrêmement minoritaires" qui manifestent, "je vois surtout que leurs revendications ne sont pas fondées", a déclaré le Premier ministre sur TF1.

Mercredi : 33 établissements universitaires touchés par la grève.

* Le secrétaire du SNESUP dans Libé explique clairement les choses, remet un peu d'ordre dans le déroulement des non négociations avec le gouvernement et tance un peu les journaux pour leur communication partisane.

C'est à lire là.



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Martine

Un petit best of Martine en relation avec l'E.N.
Voilà en vrac.








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Convergences libérales

Les discours autour de l'éducation s'avancent aujourd'hui tous vers une même direction. Réformer pour rentabiliser. Hasard ?

* Prenons tout d'abord cette boite privée qui fait de l'éducation son marché : une véritable assurance scolaire !
(Il paraît que les parisiens en ont plein les yeux en ce moment)

KeepSchool invente la Garantie de Progrès


KeepSchool présente "la garantie de progrès". Lancée le 25 octobre 2007, cette nouvelle offre assure un meilleur bulletin scolaire au troisième trimestre pour chaque élève ayant souscrit des heures chez KeepSchool.
 
Si à la réception du bulletin scolaire du troisième trimestre en juin prochain, les parents ne constatent aucune progression chez l’enfant dans la matière étudiée avec l’enseignant dédié, KeepSchool s'engage à rembourser tout ou partie des heures souscrites* !


Pour bien cerner l'ambition de ladite entreprise voyez plutôt l'entretien donné par son patron (N.V. : Nicolas Vauvillier) :

N.V : « Aujourd’hui beaucoup de mesures sont annoncées et prises par la Ministère de l’Education Nationale. Réduction d’effectifs, soutien scolaire pour les orphelins de 16H et suppression de l’école le samedi matin. Beaucoup de changements s’opèrent depuis la rentrée 2007. »
 
 
Cela empiète t’il sur votre marché ?
 
N.V : « Pour KeepSchool, ces réformes ne sont pas une menace car ces nouveautés ministérielles ne touchent que les collégiens, alors que nos cibles principales sont les collégiens en fin de cycle et les lycéens. 
Si les parents font appel à nous, c’est parce que leurs enfants sont en conflit avec les membres de l’Education Nationale. Il y a une rupture et ils attendent de nous une autre vision de l’enseignement. »
 
 
Si vous deviez dresser un bilan de ces dernières années concernant le secteur du soutien scolaire ?
 
N.V : « On peut dire que depuis 2000, le secteur s’est très fortement développé puisque le CA des organismes, tels que KeepSchool, a triplé. On constate une très forte professionnalisation. KeepSchool entame une démarche de certification qualité telles que ISO 9001.
 
Il y a une volonté de se concentrer sur la réussite de l’élève et d’améliorer toujours l’efficacité du service. De plus en plus, KeepSchool propose des cours à domicile, du soutien scolaire en ligne (exercices, quiz) mais aussi des conseils d’orientation pour assurer une meilleure qualité de service proposée à nos clients. Cela fonctionne d’ailleurs très bien car d’après nos études, 95% de nos clients sont satisfaits. »
 
Quels sont pour un organisme comme le votre les objectifs à court et long terme ?
 
N.V : « À court terme, il s’agit d’un objectif d’entreprise. KeepSchool veut d’abord poursuivre son développement et sa croissance. Nous travaillons toujours sur l’offre et la qualité du service proposé. Ca passe par une meilleure professionnalisation qui comprend des démarches qualités.
 
Sur le long terme, se pose la question de l’innovation technologique sur le service éducatif. Nous travaillons sur un système de testing et des systèmes d’apprentissage en ligne qui viennent en complément du soutien scolaire à domicile. 
KeepSchool veut également développer sa présence en Europe. Nous sommes implantés en Allemagne depuis trois ans et en Angleterre depuis le début de l’année avec un chiffre d’affaires cumulé de 6M€ et un objectif de 20M€ d’ici trois ans. »
 
La qualification des enseignants du soutien scolaire privé est souvent remise en cause. Chez vous, comment sont sélectionnés vos professeurs ? Proviennent-t’ils de l’Education Nationale comme cela a souvent été reproché?
 
« 80% de nos enseignants sont des étudiants du supérieur. Nous avons très peu de professeurs de l’Education Nationale. Nous ne sommes pas concurrents mais complémentaires car nos enseignants sont principalement des étudiants. 
Notre sélection se fait en plusieurs étapes. Nous recevons d’abord les CV (diplôme minimum bac+3 ). Ensuite nos conseillers de recrutement procèdent à un entretien téléphonique avec le professeur postulant, suivi d’un entretien en face à face dans les grandes villes, pour juger de la pédagogie et de la cohérence du profil.
Une fois, les premières heures de cours finies, l’enseignant est évalué par la famille et reçoit une note afin de qualifier ses aptitudes pédagogiques. »
  
Vous innovez et proposez à partir du 25/10/2007 une nouvelle offre « La garantie de progrès ». De quoi s’agit t’il ? Dans quelles perspectives ?
 
N.V : « Le soutien scolaire fonctionne bien. Il fait progresser et nous avons constaté que 90% de nos élèves ont amélioré leurs notes. Nous proposons à nos clients de se faire rembourser s’il n’y a pas de progression chez leur enfant. Nous nous y engageons financièrement. Nous affirmons aux familles qu’en souscrivant des cours avec KeepSchool, leur enfant progressera. Pour cela, nous nous basons sur le bulletin scolaire pour constater l’évolution des notes.


*Ensuite, l'OCDE s'y met (c'est pas nouveau) et sort un rapport sur les chefs d'Établissements pour développer encore leur efficacité. C'est un travail d'un certain Obin. Le dernier quart du rapport (lien vers le pdf plus bas) expose des recommandations.

Du genre :
Renforcement de l'autorité des chefs d'établissement et des directeurs. Selon trois principales trois mesures :
"- L’évaluation des dirigeants eux-mêmes, avec ses conséquences sur leurs carrières, pourrait être davantage centrée sur les résultats éducatifs et cognitifs des élèves que sur les modes de gestion des moyens.
- Leurs référentiels de métier et leur formation pourraient être recentrés sur leur responsabilité pédagogique et éducative, et les tâches de gestion logistique et financière déléguées à des collaborateurs spécialisés.
- L’évaluation des enseignants pourrait être réformée, en remplaçant le dispositif formel de notation par une véritable évaluation qualitative débouchant sur des conseils, de l’aide et de la formation, à partir d’une pluralité de regards, dont celui du dirigeant local". Cela implique, dans le primaire, de venir à bout de résistances syndicales qui sont présentées comme contradictoires avec les vœux des directeurs…
 - Enfin, J.-P. Obin souhaite le rapprochement de l'école et du collège. "L'école obligatoire de 6 à 16 ans reste profondément coupée en deux, et les enfants de 11ans doivent vaille que vaille subir cette rupture".

Rapport Obin

* Ensuite, petit retour en arrière, qui permet de comprendre certainement beaucoup de choses, entre autres que c'est la faute de ces enseignants gauchistes. Ce sont les déclarations de Jean-Robert. (dans la série Jean Robert est un con ...)

Jean-Robert Pitte, président progressiste de l'Université non moins progressiste de Paris IV, qui dans l'émission Du Grain à moudre, du 22 septembre, sur France Culture, en évoquant une possible augmentation des droits d'inscription à la fac, se serait repris en déclarant qu'une telle augmentation entraînerait les pires manif d'étudiants. Enfin, non pas des étudiants car, auraiit-il dit, les manif d'étudiants sont en fait des manifs de lycéens poussés par leurs professeurs du secondaire à descendre dans la rue. Ce sont donc ces derniers les fautifs.

Merci Florence
* Enfin, venez savourer les idéologèmes de Judith Bernard, d'Arrêt sur Image. Un vrai bonheur cette analyse du discours et ça tombe bien c'est autour de l'Education (et de la dernière émission d'Ockrent).

Et il y avait Darcos, Finkielkraut et d'autres... C'est là

Judith y démontre comment pour ceux là  "réel » = « monde de marchandises »; « conservation des acquis sociaux » = « passéisme »; et « modernité » = « pipolisation populiste »

*Demain présentation des plus belles couvertures du concours Martine à l'EN. Vous n'avez pas été très forts dites-moi...

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Méthode Darcos

* N'oubliez pas notre grand concours Martine du week end, voir article précédent. Et bougez-vous un peu !

*Primaire : Darcos a publié vendredi ses propositions de discussion sur l'école primaire. Un résumé dans Le Monde.

On y apprend que "la discussion reste ouverte, même si les principes sont tracés". Soit ! Donc on sait à quoi s'en tenir.
Il y a plus : plusieurs éléments révèlent certainement ce que seront les grandes évolutions des mois à venir sur tous les profs cette fois :
"Parmi les éléments les plus saillants et qui n'avaient pas encore été évoqués ces dernières semaines figure un renforcement de l'évaluation : celle des acquis des élèves, qui sera systématiquement communiquée aux familles, comme celle des écoles et des enseignants, contrepartie d'une "liberté pédagogique" solennellement réaffirmée, laissant aux enseignants le choix des méthodes."

On ne comprend pas bien ce que cela veut dire (pour les profs), mais il se murmure ici et là que en effet les fiches d'inspection des profs pourraient être publiques (cela se fait dans d'autres pays).


*Secondaire : Toujours dans le Monde, Darcos clame sa volonté de rétablir le consensus républicain à l'école. Il expose en fait sa méthode de gouvernance pour détourner les syndicats des éventuels conflits. Et on a déjà vu quelques unes de ses réussites encore cette semaine. Extraits :

"Je suis un homme du Sud-Ouest, j'ai toujours vécu dans le contact. Il se peut aussi que je déteste les situations conflictuelles", confie-t-il au Monde. Jusqu'à présent, sa manière d'agir le singularise : il ne se reconnaît pas d'adversaires, seulement des "partenaires". Revendiquant "l'esprit de réforme" de Nicolas Sarkozy, auquel il se réfère en permanence, il adhère totalement au projet "d'alléger la charge de l'Etat" et de desserrer "le carcan des statuts" dans l'éducation nationale. Mais la réforme s'accompagne, selon lui, d'un impératif de méthode : "Je suis absolument convaincu que cela ne peut pas se faire contre les profs, dit-il. Ils n'ont pas voté pour nous, tant pis, c'est comme ça." Ce principe est en phase avec une visée générale qu'il définit ainsi : " Retrouver le consensus républicain entre les familles et l'école." Le ministre se méfie cependant de trop de proclamations et préfère communiquer dossier par dossier. " Dans l'éducation, explique-t-il, on ne vit plus sous l'empire de la grande réforme. Lorsque vous montez une citadelle, vous déclenchez l'assaut général. Ce qu'il faut, c'est un processus de lente appropriation." [On peut aussi lui donner d'autres noms...]
Dans la même logique, malgré le principe non négociable de "réduire la voilure" budgétaire, M. Darcos tente d'amener les syndicats sur son terrain en les invitant à formuler leurs propositions sur une multitude de dossiers. Leurs responsables balancent entre la satisfaction d'être pris en considération, l'exaspération devant une politique qui, en d'autres temps, aurait déclenché leur résistance acharnée et la fascination devant une habileté qui les ligote.
Certains, tout de même, il faut le croire, aiment bien être ligotés ...

* Copsy, en complément d'un article précédent, la référence du rapport voulant les supprimer est là. On en débat sur un site spécial Copsy, que je vous conseille pour suivre l'affaire, celui-là.

*Supérieur : De quoi réfléchir sur la loi LRU Pécresse. Cela vient de la CNT, mais d'après les spécialistes c'est le résumé le plus complet et le plus pertinent (lien en bas de l'image).

Merci Florence.


brochure

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Martine et l'E.N.

Détente, pour commencer aujourd'hui...
Vous connaissez tous la dernière vogue MARTINE ? Non ? j'explique : il s'agit de créer des couvertures parodiques de la célèbre série Martine.
Alors aujourd'hui et pour ce week end
GRAND CONCOURS.

Ce sera à celui qui réalisera la plus belle couverture Martine,
mais attention, tout doit être en relation +/- directe avec l'Éducation nationale.

Choisissez votre couverture favorite. Placez votre titre. Envoyez-nous votre réalisation en passant par Contact (en bas de la page).
Pour générer ces couvertures, tout est sur ce site là
http://martine.logeek.com/index.php

Un petit exemple pour vous donner l'eau à la bouche :


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Copsy, c'est fini...

* C'est peut-être ce qui s'annonce ! Aujourd'hui, dans un comuniqué le SNES dénonce la suppression des Copsy présentée hier à l'assemblée par un député de droite dans un rapport.

SNES (extrait du communiqué que vous pouvez voir là) —Frédéric Reiss député UMP du Bas Rhin a présenté le 8 Novembre le rapport de sa mission des affaires scolaires devant la commission des affaires culturelles de l’assemblée nationale sur le rôle et la place des conseillers d’orientation-psychologues. Sous prétexte de « remettre à plat » le métier de co-psy, celui-ci propose ni plus ni moins la disparition du service d’orientation de l’Education nationale ! (...) Ce 7ème rapport depuis 2004, propose de supprimer la qualification de psychologue et de nommer les conseillers dans les établissements scolaires. (...) Ces propositions si elles étaient suivies, aboutiraient également à la dilution des CIO dans des structures régionalisées.

C'est vrai après tout, à l'E.N. on a pas besoin de psychologues... on l'est tellement.

*Enfin saluons ce soir (pour une fois c'est pas coutume - et ça me fait même mal de le faire) la FCPE qui souhaiterait une école pendant l'école et refuse l'école après l'école de Darcos.

L'HUMA — La FCPE 94 revendique une « école pendant l’école »
La fédération de parents d’élèves FCPE du Val-de-Marne a réclamé hier « une école pendant l’école » à la veille d’une visite dans le département de Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale, portant notamment sur le dispositif « L’école après l’école ». La FCPE 94 dénonce, dans un communiqué, un « nouveau désengagement de l’État ». « L’école après l’école » est, selon elle, un dispositif « inéquitable socialement et scolairement » car il « s’accompagne d’une réduction drastique des moyens de l’école pendant l’école », en référence aux 11 200 suppressions de postes prévues à la rentrée 2008. La fédération départementale a l’intention de distribuer des tracts durant le déplacement de M. Darcos jeudi au collège Jules-Ferry de Maisons-Alfort. Après une visite d’ateliers divers comme le soutien scolaire ou la découverte de la bibliothèque, le ministre devrait « dresser le bilan de la mise en place de l’accompagnement éducatif », a annoncé le rectorat de Créteil.
Ils ont tout compris.
La FCPE 94 n'est malheureusement pas toute la FCPE...

Sinon, demain revenez,
un grand concours s'annonce sur ce blog.
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Accord Darcos-syndicats, le vrai "plan primaire" ? Et petite lettre entre amis

* A deux semaines d'un appel à la grève déposé par tous les syndicats, cette annonce est vraiment surprenante.
Il apparaît que deux syndicats du primaire (et pas des moindres oh!, la bonne blague) signent un accord de discussion avec le ministre Darcos.
La décence aurait voulu qu'ils attendent au moins le 21 novembre...

EN — Le ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, le secrétaire général du S.N.U.I.P.P., Gilles Moindrot et le secrétaire général du S.G.E.N.-C.F.D.T. Thierry Cadart, ont décidé de travailler ensemble pour améliorer les résultats de l'école primaire et utiliser de la manière la plus efficace les heures libérées le samedi matin au profit des élèves en difficultés. Pour cela, ils ont conclu un protocole de discussion qui pose des principes communs et fixe un calendrier de travail. Ce protocole est ouvert aux autres syndicats représentatifs qui souhaiteraient s'engager dans cette discussion sur la base de ces principes.

Des principes communs ? Discussion, c'est bien là le problème ...

AFP — Darcos et deux syndicats du primaire signent un "protocole de discussion"

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a signé jeudi avec deux syndicats du primaire, le Snuipp-FSU et la Sgen-CFDT, un "protocole de discussion" sur la réforme de l'école primaire, à deux semaines d'une grève à laquelle appellent les cinq fédérations de l'Education.
"C'est un peu une première que deux syndicats majoritaires et un ministre signent un accord sur un protocole de travail", s'est félicité M. Darcos devant la presse à l'issue de la signature.[si le ministre s'en félicite, alors là il faut craindre le pire]
Ce protocole est
un préalable à la discussion qui sera engagée entre le ministre et les syndicats, "pendant un gros trimestre", sur la réforme de l'école primaire, après l'annonce de la suppression de deux heures de classe le samedi matin.
M. Darcos a annoncé la finalisation "d'ici 48 heures d'un document d'orientation", constituant "ses propositions" de réforme et devant servir de base à la discussion.
L'objectif est de finaliser en janvier les mesures et les textes réglementaires, selon le protocole. M. Darcos avait annoncé la présentation du "plan primaire" fin octobre-début novembre.
Interrogés sur l'hypothèse d'un désaccord à l'issue des discussions, le
Snuipp a précisé qu'il ne s'agissait "pas d'un contrat de mariage", tandis que le Sgen-CFDT assurait que le document d'orientation du ministre serait soumis à ses "critiques constructives".

L'objectif est donc de gérer au mieux la pénurie si on comprend bien entre les lignes. Mais est-ce le rôle d'un syndicat de gérer la pénurie ? Le SNIUPP et la CFDT seront-ils encore en grève le 20 novembre ?


*Les étudiants auraient-ils raison de se mobiliser ? Voici une lettre révélée par Rue89 qui montre -si on en doutait- que cette loi sur les universités est bien dangereuse.


Rue89Voici un courrier qui pourrait bien contribuer à jeter beaucoup d'huile sur le feu qui couve actuellement dans beaucoup d'universités françaises à propos de la loi sur l'autonomie des universités. Le 6 novembre dernier, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, a adressé une lettre aux anciens élèves du prestigieux établissement de la rue Saint-Guillaume. Elle mérite d'être ici reproduite dans son intégralité et se passe presque de commentaires:
Paris, le 6 novembre 2007
Cher X,
Révolution dans le monde de l'Université et des Grandes Ecoles : le Parlement a décidé cet été que c'est de plus en plus par des crédits d'impôts au bénéfice des particuliers et des entreprises que seront financés les établissements d'enseignement supérieur et de recherche.
Ainsi, 66 % des dons que vous accepteriez de faire à Sciences Po en 2007 seront déductibles du montant de l'impôt sur le revenu que vous paierez en 2008 (dans la limite de 20 % de votre imposition). Et si vous êtes redevable de l'ISF, vous pourrez verser à Sciences Po jusqu'à 50.000 euros au titre de cette imposition.
En somme, vous avez désormais le choix entre verser vos impôts à l'Etat ou bien vous en acquitter, à hauteur des 2/3, par une affectation dont vous décidez vous-même.
Cette révolution financière est aussi une révolution culturelle.
Elle me conduit à vous demander de soutenir Sciences Po, à titre personnel, ce que, contrairement aux universités anglaises ou américaines, on n'a pas l'habitude de faire en France. Nous allons être sûrement nombreux à nous concurrencer pour tenter de vous convaincre. Saine émulation !
Alors pourquoi choisir Sciences Po plutôt que les autres ? Et, dans ce cas, à quoi servira votre argent ?
Choisir Sciences Po aujourd'hui, c'est nous juger sur des résultats : l'intégration internationale des études, la diversité sociale du recrutement de nos élèves, la professionnalisation de notre diplôme qui confère désormais le grade de master, la présence de nos chercheurs dans tous les grands débats de société.
Soutenir financièrement Sciences Po aujourd'hui, c'est nous permettre d'être un champion universitaire français dans la compétition internationale. Les idées, le sens de l'innovation, l'énergie, nous les avons, vous le savez. Avec vous, et seulement avec vous, nous réunirons les moyens de réaliser cette ambition.
Vous pouvez plus précisément vous informer sur notre campagne de levée de fonds sur le site :
www.construire.sciences-po.fr
Avec toute ma gratitude et l'engagement personnel de mériter votre confiance,
Richard Descoings
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Évacués

Les évacués du jour sont les étudiants de Nantes et de Tolbiac. Virés par la police.

AFP — Mercredi matin, plus de 600 étudiants avaient voté au cours d'une assemblée générale le blocus de l'UFR de Lettres et Sciences humaines de l'université de Nantes.
Environ 200 étudiants avaient l'intention de continuer le blocus durant la nuit et de dormir sur place mais, à la demande du président de l'université, quelque 80 agents des forces de l'ordre ont procédé à l'évacuation des étudiants, a indiqué à l'AFP Michel Vilbois, directeur de cabinet de la préfecture de Loire-Atlantique.
À Tolbiac, la police a évacué mercredi soir, après 22HOO, environ
75 étudiants opposés à la loi Pécresse sur l'autonomie des universités qui occupaient les locaux de Paris I situés rue de Tolbiac, dans le XIIIe arrondissement, a-t-on appris de sources concordantes.
Les étudiants, qui occupaient les lieux après un vote en ce sens d'une
assemblée générale réunissant plus de 1.000 étudiants dans l'après-midi, sont sortis "dans le calme, sans discuter, alors que c'était une vraie provocation de la part de l'administration d'envoyer les CRS", a déclaré à l'AFP Juliette Griffond de l'Unef qui de plus est convaincue que, cette fois, le président "souhaite que le mouvement se radicalise" pour l'éteindre. Le centre Tolbiac restera fermé pour une durée encore inconnue.

Pour suivre la mobilisation :
- un site donne la température fac par fac : celui de CNT, mais attention c'est plein de vilains gauchistes.
- un autre issu du web coopératif essaie aussi de tenir l'info à jour C'est celui-là, sur Tuuut.com.

Pendant ce temps là, en
contre feu, Pécresse dit vouloir lacher des choses sur le logement étudiants (article de Le Monde). On sait ou cela ira.
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Externalisation scolaire et luttes (suite)

* On voulait y arriver. Et bien voilà on y est. Voici des élus de la République qui agissent sans remords. C'est sur l'île de la Réunion que l'on fait appel à des sociétés privées pour faire le soutien scolaire qui normalement est fait par l'E.N.

Article de Clicanoo journal de l'île — Saint-André : le soutien scolaire assuré par une société privée
Un million d’euros pour lutter contre l’échec scolaire”, titrions-nous dans notre édition du 27 septembre dernier. À Saint-André, la municipalité et la caisse d’allocations familiales partagent le coût de ce projet, destiné à lutter contre l’illettrisme du CP au CM2. Le but est de proposer aux élèves les plus en difficulté (1 500 à 2 000) un soutien scolaire gratuit, qui sera assuré par une société privée, bientôt recrutée dans le cadre d’un appel à projets. L’objectif est incontestablement légitime et s’inscrit dans le cadre légal. Mais pourquoi doit-on passer par des prestataires privés, alors que l’Éducation nationale possède le personnel compétent ? “Le maire a proposé récemment le projet au recteur”, explique Marielle Lebon, directrice générale adjointe des services à la mairie de Saint-André. “Celui-ci a répondu que des heures supplémentaires sont prévues pour le soutien scolaire mais que c’est basé sur le volontariat des enseignants”.
“Moins d’emplois aidés dans le futur”
Faute d’une organisation complète de ce soutien scolaire par l’Éducation nationale, la mairie a choisi de passer par une structure privée pour créer ce service dans ses 19 écoles élémentaires. “Regardez l’école privée : le soutien scolaire y est intégré, il est financé par l’association des parents d’élèves”, plaide Mme Lebon [ça c'est de l'argument...]. La sous-traitance privée coûtera-t-elle moins cher aux contribuables que si l’Éducation nationale assurait le soutien scolaire en recrutant les enseignants nécessaires ? Difficile à dire. Pour Marielle Lebon, cette initiative permettra de prendre le mal à la racine : “Si on veut lutter contre l’illettrisme, il faut commencer très tôt. Actuellement, 50% des élèves de CE2 ne maîtrisent pas les acquis. Plus on commence tôt, moins ça coûtera cher. La lutte actuelle contre l’illettrisme fera baisser dans le futur le nombre de personnes qui dépendent d’emplois aidés pour vivre.” Et les emplois aidés, ça coûte cher.

C'est extraordinaire qu'un maire, devant une soit-disant défaillance d'un service de l'État (notez bien que le recteur n'a pas dit que le soutien ne fonctionnerait pas d'ailleurs ...), ne milite pas pour son amélioration. Un jour il y aura des associations de quartiers qui diront que les services municipaux ne font pas leur travail et qui développeront des services privés pour y remédier. Alors il n'y aura plus de mairie et se sera trop tard pour ledit maire qui a donné l'exemple.

* Lutte toujours et suite : La Sorbonne évacuée par la police cette nuit :

Reuters - Les forces de l'ordre sont intervenues dans la nuit de mardi à mercredi à Paris pour empêcher les étudiants en grève contre une loi sur l'autonomie des universités d'occuper la Sorbonne, apprend-on de source policière. La préfecture dit avoir chassé des locaux une centaine de personnes, sans incident. L'université parisienne est en proie à une grogne contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, depuis la fin du mois d'octobre.

Une vidéo d'une AG (PAris 8) : c'est là sur le site du Parisien.
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Facultés de blocage [MAJ]

... où l'inverse plutôt. Ce mardi, plusieurs universités ont été bloquées (d'après AFP). Il s''agit de :

[MAJ de 17 h en fin de post]


Tours

Une centaine d'étudiants ont bloqué mardi matin l'entrée des bâtiments de la Faculté de Lettres de Tours, les Tanneurs, pour protester contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, a-t-on appris de source policière.
Les étudiants, qui revendiquent "une action collective sans étiquette", avaient décidé de bloquer la Faculté des Tanneurs au cours d'une assemblée générale lundi soir, pour exprimer leur inquiétude face au vote cet été de la loi sur les universités.
Des chaises et des tables interdisaient mardi matin l'accès aux salles de cours et les étudiants attendaient la tenue d'une assemblée générale en début d'après-midi pour décider de la poursuite ou non du mouvement.


Toulouse
Des étudiants de l'université Toulouse-Le Mirail ont bloqué mardi matin l'entrée des bâtiments de la faculté pour protester notamment contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des chaises et des tables interdisaient l'accès aux salles de cours et des étudiants attendaient la tenue d'une assemblée générale dans la matinée pour décider de la poursuite ou non du mouvement.
Le mouvement, lancé par l'Aget-étudiants, Sud-étudiants et les Jeunesses communistes révolutionnaires, est "devenu un mouvement étudiant qui marche en assemblée générale", a-t-il précisé. Le blocage de la fac avait été voté mardi 30 octobre.
Dans un tract distribué aux étudiants, la présidence de l'université a jugé que "cette situation est en contradiction avec les principes de liberté de circulation et d'expression qui plaident pour une université ouverte garante du débat démocratique".


Rouen

A Rouen, les étudiants bloquent depuis le 30 octobre les facultés de lettres et de psycho-socio. Une assemblée générale a réuni 1.200 étudiants qui ont voté la reconduction du mouvement et appelé à une manifestation dans les rues de Rouen jeudi soir. Cette initiative doit s'inscrire dans le cadre de la journée nationale d'action appelée par une coordination nationale qui s'est réunie le 28 octobre à Toulouse.

Paris Tolbiac

Entre 100 et 200 personnes ont occupé lundi pendant quelques heures le site de Tolbiac de l'université Paris I avant de le quitter en fin de journée, alors que celui-ci est fermé administrativement, pour réclamer notamment l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités, a-t-on appris de sources concordantes.

Pour la ministre c'est bien sûr totalement injustifé :
(AFP, toujours) - Les déctracteurs de la loi estimant notamment que ce texte va se traduire par un désengagement financier de l'Etat, la ministre dit :
"C'est tout le contraire", a répondu Mme Pécresse, qui a ajouté: "
c'est un investissement, car on va mettre cinq milliards d'euros en cinq ans dans l'université".
"C'est paradoxal
qu'au moment où l'Etat se réengage, au moment où l'Etat décide d'accompagner les universités pour qu'elles soient plus puissantes, plus fortes, pour qu'elles assurent une meilleure insertion professionnelle des étudiants (...), qu'à ce moment-là, il y ait un mécontentement qui ne me paraît pas justifié", a-t-elle dit.
"Il faut un peu de patience pour que la loi puisse porter ses fruits", a-t-elle ajouté.
A la question de savoir si elle était prête à négocier avec ces étudiants, elle a répondu que
"la concertation" avait été "intense depuis (son) arrivée au ministère". "Aujourd'hui, on est en permanence en concertation sur les décrets d'application de la loi", a-t-elle dit.
La ministre a par ailleurs affirmé qu'
allait "sortir cette semaine" un décret d'application de la loi "qui permet le travail des étudiants dans les universités".

Ca veut dire quoi cette dernière phrase ? Un décret anti grève d'étudiant ?

[MAJ] A 17 heures s'ajoutent les universités suivantes :

Aix-Marseille I

Les étudiants de l'Université Aix-Marseille I ont voté "le principe de la grève" pour protester contre la loi Pécresse, mardi au cours d'une assemblée générale qui a réuni environ 450 personnes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ils ont reporté leur vote en revanche sur un éventuel blocage des locaux, jugeant qu'il était "trop tôt" pour en décider.
Un "barrage filtrant" sera organisé mercredi matin à l'entrée de la Faculté de lettres et de sciences humaines, avant la tenue d'une nouvelle assemblée générale destinée à préciser la suite du mouvement.


Lille III

Des étudiants de l'université Lille III (Lettres et sciences humaines) ont voté mardi après-midi le blocage de l'établissement pour protester contre la loi Pécresse, lors d'une assemblée générale qui a rassemblé jusqu'à 1.200 personnes, a constaté une journaliste de l'AFP.

Rennes II

Quelque 800 des 18.000 étudiants de Rennes ont participé à cette AG selon l'Unef. Des militants de ce syndicat, de Sud, de LO, la LCR, ou la CNT ont dénoncé cette loi sur l'autonomie qu'ils considèrent comme une "privatisation" de l'université.Des barrages ont été montés à l'aide de tables et de chaises à l'entrée des bâtiments juste après l'AG. Quelques altercations isolées se sont produites à cette occasion entre partisans et opposants au blocage voté jusqu'à la prochaine AG prévue mercredi midi. L'accès aux bibliothèques est resté libre.
Les étudiants de Rennes 1 (droit et sciences) ont de leur côté voté l'organisation mercredi et jeudi de "barrages filtrants", ralentissant l'accès des étudiants aux cours pour leur distribuer des tracts. Leur AG a rassemblé 150 personnes selon Sud.


et Toulouse
annonce être bloquée jusqu'à jeudi.

Contre ces mouvements les présidents d'université ont la parade : fermer les locaux afin de rendre plus difficile les rassemblements.

AFP -Le collectif contre l'autonomie des universités (CCAU, [extrème gauche]) a protesté mardi contre les fermetures administratives décidées par les présidents des universités où "la grève et le blocage sont votés", limitant ainsi fait "la massification du mouvement".
"Pendant le CPE, il y a eu quelques fermetures mais pas en début de mouvement. Là, on a l'impression que les présidents d'université se sont consultés et que, quand une AG vote la grève ou le blocage, ils décident la fermeture administrative", a déclaré à l'AFP, en marge d'une conférence de presse, Igor Zamichiei, de l'UEC.
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Discours sur les affaires scolaires

* Aujourd'hui, d'abord une petite histoire de la déclinologie scolaire.
Qui a dit ?
« Le baccalauréat est devenu dérisoire. Notre élite ne sait pas raisonner, elle ne sait pas exposer » (René Soudée, 1936),
« L’enseignement secondaire se primarise… Les élèves n’ont ni l’orthographe, ni vocabulaire exact et varié, ni connaissances grammaticales, ni analyse logique, ni méthode d’exposition écrite ou orale » (Paul Laumonnier, 1929),
« J’estime que les trois quarts des bacheliers ne savent pas l’orthographe » (Victor Bérard, 1899),
« L’orthographe des étudiants en lettres est devenue si défectueuse que la Sorbonne s’est vue réduite à demander la création d’une nouvelle maîtrise de conférences, dont le titulaire aurait pour principale occupation de corriger des devoirs de français des étudiants de la faculté de lettres » (Albert Duruy, 1886)

Un bon article fait le point sur l'utilisation du discours du déclin, sur le consensus du constat, mais aussi sur l'absence de débat car derrière tout cela il y a volonté d'imposer une idéologie dominante. C'est un papier de Ugo Palheta sur Betapolitique, blog politique connectif. Extrait de l'intro :

"L’analyse des nombreux articles parus à l’occasion de la rentrée scolaire constitue un bon moyen de cerner, dans la monotonie des jugements cent fois proférés et des « débats » sans cesse réactivés, une des formes privilégiées du discours médiatique, consistant non à rendre compte mais à régler des comptes, cela par le biais d’une indignation morale savamment distillée. Or, ce à quoi il s’agit de régler son compte ici, à travers la promotion d’une idéologie tout imprégnée de pessimisme élitaire, c’est à l’idée même de démocratisation scolaire."
et la conclu, une vraie leçon de démocratie : "Cette accumulation de citations, issues d’articles différents parus dans de multiples organes de presse, vise non à stigmatiser telle information, erronée, tel argument d’autorité ou telle sottise, mais à montrer à l’œuvre la logique de médias consensuels, voués aux impositions de problématique et à la « circulation circulaire de l’information ». Le champ médiatique fonctionnant le plus souvent en vase clos et produisant une multitude de censures invisibles, on voit ainsi les mêmes thématiques, exposés dans les mêmes termes et souvent par les mêmes individus, constituer un ordre du jour politique contre lequel il est difficile de faire émerger d’autres problèmes et d’autres manières de les poser."

* Ensuite, encore une fois l'affaire Guy Môquet, avec un article définitf sur la non lecture de la lettre. Là aussi de quoi bien méditer. C'est une réponse de Fabien Grandjean (un prof de philo) à un article de Joffrin dans Libé du mois de mai.
(comme je n'ai pas trouvé la source originale de cet article (si ce n'est ce blog) je le copie en entier :

L’affaire Guy-Môquet ou les apprentis-sorciers de l’histoire

En écho à l’article de André Gunthert cette réponse à l’article de Laurent JOFFRIN paru dans Libération le 24 mai 2007 sous le titre « Oui, il faut lire la lettre de Guy Môquet ».
SARTRE DOIT SE RETOURNER DANS SA TOMBE…
…si de son « huis clos » il perçoit encore les échos de cette « voix de son maître » qu’est devenu le quotidien Libération. En véritable héraut médiatique, Docteur Mouchard, alias Mister Joffrin, a dénoncé le refus des professeurs de lire à leurs élèves la lettre de Guy Môquet. Il y aurait beaucoup à dire. Objectons lui d’abord que les actes ne sont pas seuls à compter, que l’identité et les intentions de celui qui ordonne (et non pas en l’occurrence « propose ») une commémoration déterminent pour une part essentielle le sens et le respect qu’il faut lui accorder. Et tâchons de l’en convaincre, non de le persuader (différence conceptuelle qu’il ne juge pas pertinente en la matière ni opportune dans l’enseignement… comme si tous les démagogues et manipulateurs, depuis les sophistes grecs jusqu’aux tribuns populistes d’aujourd’hui en passant par les terribles conducteurs de masses des années 30, n’avaient pas fait de cette confusion leur première arme…).
Laurent Joffrin sut pourtant se montrer plus juste dénonciateur quand au cœur de la campagne présidentielle il protesta contre les pressions exercées par Nicolas Sarkozy sur les journalistes par l’intermédiaire des propriétaires de leurs journaux. Mais comment ne voit-il pas, ce Directeur de rédaction, qu’un homme qui gagne une élection par de tels moyens ne fait rien de moins dans le principe, sinon dans le degré, qu’un dictateur montant au pouvoir par tous les canaux de la propagande ? « La propagande, écrit Hitler dans Mein Kampf, vise à imposer une doctrine à tout un peuple… la propagande agit sur l’opinion publique à partir d’une idée et la rend mûre pour la victoire de cette idée. » Et peu importe l’idée car, par principe encore, c’est toujours un peuple que l’on sacrifie quand on le persuade ainsi. Le peuple n’est bien gouverné que par la raison qui l’instruit. C’est là sans doute ce que signifie la présence d’une tapisserie des Gobelins représentant l’Ecole d’Athènes au dessus du perchoir du président de l’Assemblée nationale et d’une autre dans le cabinet du départ de l’Hôtel de Lassay, face à une statue de la République. Pour convertir le peule allemand au nazisme Goebbels reçut la mission de diffuser cette idéologie par la musique, le théâtre, le cinéma, la radio, les livres, bien entendu la presse et, last but not least, les documents pédagogiques. Alors, bien sûr, Sarkozy n’est pas Hitler, mais est-il bien sûr qu’il ne glissera pas doucement vers l’autoritarisme, puis vers la dictature, « doucement » c’est-à-dire sous ces couverts doux et prévenants que Tocqueville et d’autres nous ont appris à reconnaître comme les formes softs du despotisme moderne ? Songeons à la lecture de la lettre de Guy Mocquet devant l’équipe nationale de rugby par celui qui était appelé au gouvernement à prendre en main les sports et une jeunesse galvanisée par une victoire escomptée, tandis que grâce à une médiatisation sans précédent le ballon oval remplaçait déjà le ballon rond dans les cours de récréation !
Mais Monsieur Joffrin n’a pas été le moins du monde troublé par la décision du Président Sarkozy de fabriquer dès sa prise de fonction un mythe pédagogique. Car il s’agit bien d’un mythe. En témoigne par exemple cette incroyable « erreur » historique commise par les auteurs de « La lettre », court métrage sur les derniers instants de Guy Môquet commandé par la Chaîne parlementaire et diffusé par France Télévision : le fait que Guy Môquet a été fusillé évanoui est escamoté. Sans doute ce détail historique n’a-t-il pas été jugé édifiant pour cette jeunesse à qui l’on voulait inculquer « un exemple » de « sacrifice de soi » selon les mots de Sarkozy repris par Xavier Darcos dans le B.O. du 30 août 2007.
Mais Guy Môquet ne s’est pas sacrifié. Il a été sacrifié. Quand s’est décidée son exécution il s’impatientait d’être placé en liberté surveillée, il était en détention administrative après avoir été acquitté en janvier 41 pour des activités militantes qui l’avaient certes amené en prison mais dont il ne pensait sans doute pas, du moins quand il les commença en octobre 39 (1), qu’elles le conduiraient indirectement à la mort… Ce martyr qui « aurai[t] voulu vivre » a été assassiné par les Allemands non « sur l’ordre de l’état-major allemand et du gouvernement de Vichy » (contrairement à ce que dit confusément le court métrage de LCP) mais sur l’ordre du seul Ministre de l’intérieur de Pétain, Pucheu, qui choisit politiquement les otages réclamés par le Général Stülpnagel en représailles à l’exécution de l’officier Holtz … C’est comme cela, voyez-vous, Monsieur Mouchard, que l’on brouille les mémoires et prédispose à tous les égarements. Le glissement subreptice de sens, dont notre gouvernement nous donne presque chaque jour une illustration, est le premier stratagème de la persuasion sophistique…
Vous rendez-vous compte dans quoi vous trempez, Monsieur Mouchard, quand vous exaltez le patriotisme en soi comme ce vieux gâteux de Maurice Druon reprochant aux professeurs réfractaires à la lecture de Môquet de n’être pas de « bons Français » ? C’est rompus à une telle exaltation, notamment par la pédagogie de la troisième République, que les Français de 1940 ont suivi aveuglément les paroles émouvantes du vainqueur de Verdun, là aussi une affaire de cœur et de don de soi… « C’est le cœur serré que je vous dis qu’il faut cesser le combat », « À mon âge, lorsqu’on fait à son pays le don de sa personne, il n’est plus de sacrifice auquel l’on veuille se dérober ».
Alors, que vous ne compreniez pas pourquoi les professeurs désobéissent à Sarkozy, pourquoi ils refusent le baiser de l’araignée que ce racoleur de l’extrême droite veut par leur bouche faire à la Résistance et à la gauche, lequel me rappelle analogiquement les déclarations de Hitler embrassant le pacifisme pour mieux préparer l’Allemagne à la guerre, que vous ne le compreniez pas, Monsieur Mouchard, au point de dénoncer à la vindicte populaire ces professeurs comme des représentants de l’anti-France, cela me glace d’effroi. Songez seulement, Monsieur Joffrin, que vous auriez pu de nouveau vous illustrer comme celui que vous avez eu le cran de paraître quand seul ou à peu près seul vous avez dénoncé au printemps 2007 les pressions exercées par Sarkozy sur les journalistes par l’intermédiaire des financiers dont la plupart des quotidiens de gauche ont été obligés d’accepter peu à peu les capitaux faute de lecteurs, faute de courage éditorial… Vous auriez pu rappeler que le candidat Sarkozy avait contesté aux lycéens le droit de grève et de manifestation pour les renvoyer à leurs chères études, ce qui mutatis mutandis impliquait que Guy Môquet n’aurait pas dû se dresser contre le gouvernement légal de Daladier (qui à l’automne 39 avait décrété l’illégalité du PCF et fait arrêter son père) ni contre celui non moins légal de Pétain. Vous auriez surtout pu dire que tandis qu’il faisait larmoyer les Français sur la lettre de cette victime de la collaboration, Sarkozy démantelait l’une après l’autre les conquêtes de la Libération et, en asservissant les médias, foulait aux pieds le programme du CNR …
« PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE (DU 15 MARS 1944) : EXTRAIT. II – MESURES A APPLIQUER DES LA LIBERATION DU TERRITOIRE […] Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération : 4) Afin d’assurer : […] la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; LA LIBERTE DE LA PRESSE, SON HONNEUR ET SON INDEPENDANCE A L’EGARD DE L’ETAT, DES PUISSANCES D’ARGENT et des influences étrangères ; […] En avant pour le combat, en avant pour la victoire afin que VIVE LA FRANCE ! LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE »
Certes, les choses ne font que commencer avec Sarkozy, mais elle vont déjà bon train, et les espaces de liberté que vous croyez pouvoir occuper dans l’empire de cette pensée unique dont vous prétendez vous faire le critique nuancé, ces espaces ne sont déjà plus que des interstices et bientôt, c’est à craindre, ils confineront au néant comme toute différence de degré entre les démagogues d’aujourd’hui et les dictateurs d’hier… Alors on observera de près si les caméléons de votre sorte, Mister Joffrin, sauront mettre en pratique ces beaux conseils de patriotisme qu’ils prodiguent sans scrupule aux professeurs courageux qui ont choisi de s’engager contre la propagande populiste, de résister à l’ordre de lui prêter leur voix, bref de collaborer. Voilà, Docteur Mouchard, l’exemple qui honore la mémoire de Môquet tandis que la récupération de sa lettre intime pour célébrer la devise « Travail, famille, patrie » en est la trahison absolue qui doit le faire lui aussi se retourner dans sa tombe.
Fabien Grandjean
(1) C’est-à-dire après la mise hors la loi du PC mais avant le décret du socialiste Sérol qui en avril 40 étendit l’application de l’art. 76 du Code pénal (la peine de mort) à « tout Français qui aura[it] participé sciemment à une entreprise de démoralisation de l’armée ou de la nation », ce qui incluait notamment toute activité de propagande communiste… Quant à l’activité militante de Guy Môquet précisément à ce moment-là est-elle bien, selon les mots de Laurent Joffrin, ce « magnifique exemple d’héroïsme manifesté dans la lutte la plus indiscutable qui soit, celle qui a opposé la Résistance aux barbares hitlériens » ? L’émotion que pareille grandiloquence est susceptible de susciter ne saurait prévaloir contre l’exigence « scolaire » d’une enquête historique, seule habilitée à déterminer l’écart éventuel du jeune militant par rapport à la ligne définie par M. Thorez qui n’était pas encore celle de la Résistance, ni prévaloir contre l’exigence politique d’une libre discussion de la légitimité de cette ligne et de cet éventuel écart…

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Les mots pour le dire

* Il semblerait que Le Monde ait bien choisi son camp. Les manifestations d'étudiants (voir post précédent) deviennent de l'agitation sous entendu manipulée par des syndicats gauchistes-passéistes-minoritaires certainement. C'est une bande d'étudiants auxquels il faut apprendre la vraie démocratie.


Bientôt des terroristes ?

C'est là.
Extrait :
"Bien que très minoritaire à ce jour, l'agitation se développe dans une partie du monde étudiant contre la "loi Pécresse" sur l'autonomie des universités, adoptée en août. Prônant la "convergence des luttes" avec les salariés, les militants et sympathisants de différents mouvements d'extrême gauche – SUD-étudiants, JCR, FSE (Fédération syndicale étudiante) CNT (anarcho-syndicaliste) – ainsi que des "inorganisés" cherchent à propager le mot d'ordre d'"abrogation" de cette loi."
Hier (post précédent) on a vu que certains enseignants du supérieur soutenaient la fronde. Des gauchistes eux aussi ? Non ? il y en a dans le supérieur ?

* Il n'y a pas de hasard. Vu dans Le Monde toujours, qui ne l'a pas fait pas exprès, mais la juxtaposition est criante de vérité :

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