Souffler le froid et le froid

* Un rapport du Sénat annonce 106 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale d’ici à 2012

Il s'agit du rapport de Joël Bourdin, sénateur UMP de l’Eure, sur « les perspectives macroéconomiques et les finances publiques à moyen terme (2009-2013). Le rapport dans son intégralité est là. Les chiffres présentés ci-dessous par un syndicat, sont tirés de la page 116.


Synthèse syndicale - S’appuyant sur les chiffres officiels du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, M. Bourdin souligne que 372 000 fonctionnaires de l’État prendront leur retraite entre 2008 et 2012 et que conformément aux engagements du Président de la République, un sur deux seulement sera remplacé. Le ministère de l’Éducation nationale regroupe à lui seul 57% des départs projetés soit 212 040.
Cela signifie qu’entre 2008 et 2012, 106 000 postes seront supprimés dans l’Éducation nationale. Il y a eu 11 200 suppressions au budget 2008 et 13 500 sont prévues au projet de loi de finances 2009. Il y aurait donc 81 300 suppressions supplémentaires de 2010 à 2012 soit plus de 27 000 suppressions par an pendant 3 ans.


Conscient des conséquences d’une telle saignée, le sénateur de l’Eure écrit : cette règle « aboutirait à une réforme en profondeur de l’enseignement en France ».

C’est le moins que l’on puisse dire !
Allez, première alerte de la soirée. Amis veilleurs, ce soir vous avez du boulôt.


* Pack illimité ? Méfiez-vous des pâles imitations sur le pouvoir d'achat : HSA bientôt illimitées. Le gouvernement prépare les suppressions de postes et la flexibilité des fonctionnaires.


C'est ce qui se prépare pour les trois fonctions publiques : c'est l'objet d'un décret qui serait tout prêt d'être publié autour du décontingentement des heures supplémentaires.
L'affaire est dans l'air depuis un an au moins, il se précise un peu plus aujourd'hui.


resistancesociale.fr qui reprend une source syndicale- Le lundi 24 novembre 2008, la Direction Générale de l’Administration de la Fonction Publique (DGAFP) a organisé une réunion « d’information et de présentation » d’un projet de décret interministériel visant à faire « sauter » toutes références à des plafonds d’heures supplémentaires dans les trois versants de la Fonction Publique.
Les responsables de la DGAFP ont présenté cette nouvelle « réforme » comme étant la mise en œuvre des engagements du président de la République pour permettre à tous les salariés de « travailler plus » pour « gagner plus » ! Cette mesure est d’autant plus inacceptable qu’elle conduit à la suppression d’emplois, ce qui est déjà constaté dans le secteur privé.
Le projet de décret qui nous a été présenté passe en revue les décrets spécifiques aux trois versants de la Fonction Publique qui limitent actuellement juridiquement les régimes d’autorisation d’heures supplémentaires qu’un agent peut effectuer.

La question est encore de savoir dans quelle mesure l'EN y sera soumis (car les profs ont des régimes dérogatoires)
Certaines sources laissent penser de plus que les HSA pourraient devenir obligatoires dans certains corps (à confirmer cependant)

Bon amis veilleurs, vous direz au ministre que là c'est quand même un peu gros heim ? Allez, tiens, je lance une seconde alerte.


* Les solutions libérales sont-elles les meilleures ? Mauvaise expérience en GB, d'après le café péda.

Café péda - Grosse déception outre-atlantique. Le programme d'apprentissage de la lecture "Reading First",  subventionné pour 6 milliards de dollars par de gouvernement fédéral, aurait de mauvais résultats.
 
Ce programme repose sur une "instruction explicite"  de la lecture : apprentissage systématique des syllabes et du vocabulaire par exemple. Or, selon une étude fédérale, il serait efficace en ce qui concerne le décodage. Les élèves qui le suivent obtiennent de meilleurs résultats sur ce point.
 
Mais il est inefficace pour l'apprentissage de la lecture.
Les élèves ânonnent mais ne comprennent pas mieux que les autres le sens de ce qu'ils lisent. Ces six milliards dépensés en vain nous ramènent à un vieux débat français…

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Agitation et provocations

* Cela bouillonne à la FSU. Après avoir tergiversé des semaines, participé aux négociations, dit vouloir le changement, la FSU enfin semble vouloir entrer dans l'action et ce même si elle doit y aller seule. Quel courage soudain, mais on me dit qu'il y aurait eu quelques réunions syndicales houleuses. Elle proposera vendredi aux autres organisations syndicales une grève pour la semaine du 8 au 15 décembre sur la base des mots d'ordre suivants (extrait du texte rédigé ce jour en CDFN) : (la totalité du texte en pdf : action


"- Pour un autre budget répondant à l’ensemble des besoins sociaux et pour le retrait des suppressions d’emplois programmées
- Pour l’abandon des réformes qui remettent en cause la réussite de tous les jeunes  et  pour l’ouverture d’un véritable dialogue social sur les questions éducatives 
- Pour nos statuts, les droits syndicaux et le paritarisme et pour le pouvoir d’achat et la revalorisation de tous"


De source autorisée on nous dit que toutes les tendances ne semblent cependant pas avoir été dans le même sens... ça nous rassure quelque part.


* "Effort résolu en faveur de l'Ecole". Qui a dit ça ? X. Darcos. Foutage de gueule, alors qu'il dit lui-même qu'il faut réduire les dépenses liées à l'école
Extraits de la conférence de X. Darcos devant conférence mondiale de l'UNESCO sur l'éducation, le 25 novembre. Je vous laisse juger :

Le ministre a affirmé que
« l’investissement dans l’éducation et la formation est essentiel pour préparer nos sociétés à affronter les défis de l’avenir et pour que chacun puisse y prendre sa place »

"l’équilibre et la cohésion des sociétés contemporaines passent par l’accès de tous les enfants à la connaissance, par l’élévation du niveau général de qualification et donc par un effort résolu en faveur de l’école »

« Qu’elle soit primaire ou plus encore secondaire, l’éducation est absolument incontournable pour favoriser le processus « d’inclusion » auquel cette conférence est consacrée. [...] De fait, c’est d’abord à l’école que peuvent et doivent se corriger les inégalités liées à la naissance. »


Il se met au Sarkozisme primeur ? Le Sarkozisme primeur est au socialisme ce que le beaujolais primeur est au vin : une pâle imitation libérale.

* L'école avant 3 ans n'a jamais existé. La preuve : tout le monde y est allé. Les IG croient-ils à ce qu'ils font ou sont-ils totalement inféodés? tout le monde votera pour la seconde solution, on en doute pas. Voici encore un bel exemple, toujours à propos des couches de l'école maternelle. Cela se passe sur l'île de La Réunion. Un article de Clicanoo.com.

"ce n’est pas la très souriante inspectrice générale de l’Éducation nationale, Viviane Bouysse, en visite sur l’île, qui rassurera les inquiets [sur la scolarisation des moins de 3 ans]. Invitée hier à visiter l’école maternelle des Badamiers (Saint-Denis), Viviane Bouysse rappelle que l’école à 2 ans a toujours été un dispositif dérogatoire. “C’était pour donner plus de chances aux enfants de bien réussir à l’école”, notamment pour ceux des quartiers défavorisés [NDLR : on ne veut donc plus donner aux enfants plus de chances de réussir, oups, c'est bien lâché cela]. Or, que constate-t-on ? “Dans la majorité des cas, l’accueil des élèves de 2 ans ne s’est pas développé dans ces zones-là. Les mères qui n’ont pas de vie professionnelle gardent leurs enfants à la maison. La demande d’accueil précoce vient de foyers où les deux parents travaillent” note Mme Bouysse. Or, “l’école n’est pas une garderie”. Ce dont tout le monde convient. Notamment les professeurs, qui enseignent le langage, les règles de vie sociale, et se sentent particulièrement humiliés d’être considérés par le ministre (voire par certains parents) comme de simples surveillants de sieste. D’ailleurs, une classe de 28 élèves de 2 ans, ce n’est pas gérable. “Il vaudrait mieux un enseignant pour 15 élèves” suggérait hier Marie Constans, professeur aux Badamiers. Mais ce n’est pas le chemin que prend la maternelle. L’Éducation nationale se désengagerait-elle de la scolarisation à 2 ans ? “Non, riposte Mme Bouysse. L’Education nationale a été investie par la société de quelque chose qui n’était pas à sa charge. Cela a peut-être empêché d’autres formules de se développer comme dans les pays du Nord”.

Oui des formules privatisées, crêches d'entreprises ou partenariat public privé un bouffe fric terrible, mais qui ouvre des marchés. Je croyais que tout fonctionnaire dans l'exercice de son service devait s'éfforcer d'être le plus politiquement neutre possible. Celle-ci confond la neutratité avec le politiquement correct.


* Enfin pour nos amis veilleurs. Vous n'imaginez pas le travail à la con qu'ils peuvent avoir. Alors ce soir une leçon spéciale . A moins, à moins, qu'il y ait derrière cette vidéo un message d'opinion, une alerte particulière. Allez savoir.

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En attendant Godot...

Retour sur la traque des étudiants étrangers c'est là

* C'est clair : "nous n'avons pas besoin de davantage de chercheurs" (V. Pecresse). Bien au moins ça a le mérite d'éviter les coups tordus pédagogiques pour trouver de faux prétextes.

* Dans le coin de la tête aussi :
« Les premiers rapports sur le chef d’établissement pédagogue datent de très longtemps. Un jour il faut arrêter les rapports et passer à l’action » (X. Darcos).

* Pendant ce temps là les syndicats préparent la rentrée 2078.
Libé- «Mobilisation syndicale massive» début 2009

Les huit principales centrales syndicales se sont accordés ce lundi sur «le principe d'une action massive des salariés», notamment pour défendre l'emploi et le pouvoir d'achat.

La date n'est pas arrêtée, mais le principe est acquis. Les huit principales centrales syndicales se sont accordées ce lundi sur «le principe d'une mobilisation massive des salariés au début de l'année 2009», notamment pour l'emploi, le pouvoir d'achat et «les conditions d'une relance économique».

CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, et Unsa, dont la première réunion avait eu lieu le 5 novembre, se reverront le 15 décembre et le 5 janvier «afin de préciser le contenu et d'arrêter les modalités de l'action». FO a rappelé son souhait d'une «grève massive interprofessionnelle».
Les syndicats, réunis ce matin au siège de la CFDT à Paris, ont dénoncé le fait que «les salariés, les retraités, les demandeurs d'emploi soient les premiers à payer une crise dont ils ne sont pas responsables».


Attention, ça va chauffer, ça fait peur.

Un mouvement le 10 décembre est cependant annoncé par ailleurs. Une GREVE aura lieu ce jeudi dans la région parisienne.

Ils sauvent l'honneur ceux-là...

*Vers la fin des IUT autonomes ? C'est marrant alors que dans le reste de l'E.N. ceux qui nous dirigent hurlent à l'autonomie, les IUT n'y auront pas droit. Comme quoi, du pipeau je vous dis.

SLU-« Les Instituts Universitaires de Technologie sont actuellement confrontés à de graves attaques de la part du Ministère. Le site "Sauver l'Université résume ainsi le problème d'actualité brûlante qui émeut étudiants et enseignants :

"Dans le cadre de la mise en application de la nouvelle loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU), le nouveau système de répartition des moyens par l’Etat retire toute dotation directe (financière et humaine) aux IUT. Ceux-ci négocieront désormais leurs moyens au sein de leurs universités de rattachement pour des formations qui pourront devenir celles que décideront les conseils d’administration d’université."

Autrement dit, les IUT ne seront plus libres de rien dans la gestion de leurs moyens :
le système de financement appelé S.Y.M.P.A. (ça ne s'invente pas !) attribuera l'ensemble des moyens à l'Université, qui décidera ensuite ce qu'elle fera de cet argent (libre à elle de le donner ou non aux IUT, et de leur demander de l'utiliser à telle ou telle fin).

Une lettre a été adressée par Jean-François Mazoin (IUT A Paul Sabatier à Toulouse) à l'ensemble des chefs de département des 116 IUT de France.
Tous les cours en IUT seront suspendus mardi 25 novembre (il semble que, même lors de la révolte contre Claude Allègre, cela ne s'était pas produit).

Dans l'esprit du système S.Y.M.P.A., les IUT seront en effet réduits au simple rôle d'exécutants d'un budget décidé par l'Université, alors qu'ils étaient jusqu'ici responsables des moyens qui leur étaient directement attribués par l'Etat. La journée de mobilisation des IUT le mardi 25 novembre et la pétition en ligne lancée par l'Association des Directeurs d'IUT ont pour but de s'opposer à cette réforme, qui introduira nécessairement de graves disparités entre IUT, et
qui rendra les IUT financièrement et administrativement dépendants des décisions de leur Université de rattachement.


* Darcos fait le coq devant les fédérations de parents d'élèves pour le SMA. La PEEP a déjà répondu positivement.

Les échos —"Xavier Darcos a proposé de passer convention directement avec les fédérations de parents d'élèves, à la place des municipalités [qui refusent de mettre en place le SMA] et le temps que la justice ait tranché, pour qu'elles mettent à disposition des vacataires. Message reçu par la PEEP. Hier, Corinne Tapiero, sa vice-présidente, s'est fait fort d'indiquer que des parents d'élèves et des étudiants étaient prêts à participer au SMA dans l'académie de Paris."


* Inspection. Voici donc aujourd'hui le rapport Dubreuil qui traite de la réforme de l'inspection. 27 propositions pour une nouvelle professionnalité des IPR. Apparemment il n'y est pas question des chefs d'établissement mais on signale que le recrutement va s'ouvrir...

Eux aussi auront droit à la contractualisation et aux contrats d'objectifs (proposition 7), à leur cour de gentils professeurs qui les aideront (proposition 8), seront évalués par les IG (proposition 12), mais ne seront plus amenés à être aussi mobiles qu'en ce moment (sauf si ils veulent de l'avancement, et ils en veulent, proposition 20).
Seront aussi repérés (traqués ?) les potentiels candidats (proposition 13) pour préparer l'ouverture du vivier de recrutement (?).
Mais surtout, de la revalorisation, un meilleur reclassement, de meilleures indemnités (et ça ils aiment les inspecteurs, vu qu'ils vous parlent toujours de votre carrière...) (propositions 24, 25, 26, 27)


*Société du spectacle. C'est pas neuf.



Bonne nuit les veilleurs

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Précresse joue avec le Hortefeux

* Et voici le fruit de leurs péchés : appel à délation des étudiants étrangers (et des profs récalcitrants). Voyez la circulaire relative à l'appréciation du caractère réel et sérieux des études des étudiants étrangers. Ou : comment les profs d'université vont devenir les auxiliaires du ministère de l'intérieur ?

Tout est prévu, pensez donc. La circulaire en pdf ici :
norimii0800042c.pdf

On y lit qu'il faudra :

1/ Apprécier le sérieux des étudiants étrangers en dénonçant à la préfecture ceux qui sont absents ou en échec scolaire.

extrait : "Vous apprécierez si (...) l'étudiant est toujours en mesure d'obtenir un diplôme de niveau licence à l'issue de cinq années d'études tout cursus confondu."

2/ Donner un rôle pédagogique au préfet : Cette circulaire est adressée aux seuls préfets qui sont sans doute les mieux placés pour juger de la qualité universitaire des personnes.

3/ Alerter sur tout ce qui va à l'encontre de l'application de ces circulaires :

extrait : "Nous nous demandons de veiller à l'application stricte de la présente circulaire. Vous voudrez bien signaler toutes les difficultés auxquelles vous pourriez être confrontées lors de leur mise en oeuvre".

Si ce n'est pas un appel à dénoncer tous ceux qui ne veulent pas "collaborer" ça, on ne s'y connaît pas.
Et puis c'est bien connu, les étrangers sont des fraudeurs en puissance...

Pour compléter sérieusement l'analyse critique de ce texte, voir cette page
puis aussi celle-ci.

* Mépris (episode 6528) : RASED : "Dispersion inutilement coûteuse" (X. Darcos).
C'est ce que déclarait le ministre le 14 avril dans une réponse adressée à une député de la Haute Vienne, M.F. Perol-Dumont dont voici la copie.



Bonne nuit les veilleurs...

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L'Etat s'autodétruit ?

A l'inverse de certains sites d'enseignants, le Mammouth ne sera pas fermé pendant les manifs.
Au contraire il faut l'ouvrir, car qui ne dit mot consent et c'est bien fait pour sa gueule.

Darcos, RTL :
"Les suppressions de poste se poursuivront, parce que ce qui compte (...) c'est la manière dont nous nous organisons, et pas simplement le nombre de professeurs".

Perso dans mon bahut on est passé de 26 à 33 élèves par classe avec le retrait de 7 postes l'an dernier, si on continue on va monter à 38, et il va me faire croire que je m'organise mal...

* Education artisitique et histoire des arts : globalisation et rabotage.
Voici un petit résumé de ce qui s'annonce autour des enseignements artistiques au collège et au lycée.

De source syndicale - Dès la rentrée prochaine l'histoire des arts sera enseignée au collège et les connaissances acquises sanctionnées par une épreuve au brevet des collèges. Cet enseignement vient remplacer pour moitié l'heure d'arts plastiques et d'éducation musicale (en histoire il occupera un quart du programme). L'an prochain les collégiens n'auront plus qu'une demi-heure d'arts plastiques et de musique. La culture patrimoniale sera privilégiée au détriment des questionnements liés à l'idée de modernité.

Des ateliers animés par des intervenants extérieurs pourront être proposés après les cours, ces matières deviendront donc des activités péri-scolaires (dénaturées et non obligatoires).

De plus le gouvernement cherche à développer une éducation artistique et culturelle hors de l'école en développant par exemple les cours à domicile grâce à leur paiement ,en chèque emploi service !

Les connaissances acquises hors de l'école pourront être validées au brevet des collèges.
L'option de spécialisation en lycée sera réduite à 3 heures hebdomadaires ( au lieu de 5h actuellement ) si elle n'est pas supprimée ( toujours pas d'information claire à ce sujet ! ).
Jusqu'à présent les élèves en difficulté dans des disciplines ayant exclusivement recours à l'écrit pouvaient réussir en arts plastiques ou en musique parce que ces matières mobilisent d'autres langages...
Et pourtant Xavier Darcos affirme faire de l'aide aux élèves en difficulté sa priorité.
Les modes de recrutement et de formation des professeurs sont également transformés.

tout le dossier en pdf ici :
Arts-Plastiques

Mais encore une fois nous faisons certainement du mauvais esprit.

* Meirieu prêt à tout. Hier pour le Bac à unités capitalisables (voir plus bas), aujourd'hui le voici qui dit "nous sommes tous des professeurs d'école" et qui dit :

" Nous assistons aujourd’hui à une attaque en règle contre l’école primaire" écrit-il. "C’est, en même temps, une attaque contre la pédagogie que l’école primaire incarne : une pédagogie rigoureuse et exigeante, mais qui n’exclut pas, pour autant, l’attention aux difficultés de chacun et la construction du collectif. Cette attaque s’inscrit dans un contexte de libéralisation générale : on nous ressert, sous les oripeaux de la « modernisation », la vieille idée du 18ème siècle selon laquelle « les vices privées font les vertus publiques » et « la concurrence garantit la qualité » ! Cette attaque s’effectue en flattant tous les individualismes et en imposant, simultanément, une technocratie de plus en plus insupportable… Elle vise, en réalité, un des fondements de la République, indispensable plus que jamais à notre démocratie : la formation d’un sujet, capable, parce qu’il s’inscrit dans un passé et se projette dans un futur, de « penser par lui-même »".

Bac capitalisable. C'est ce qu'il dit ce mois dans la revue de la FCPE :

"Dans un lycée idéal, il est important de combiner hétérogénéité et homogénéité. Dans certaines matières (histoire, expression artistique, philosophie, éducation physique, etc.), il est possible de mélanger des élèves d'origines différentes, voire de filières et de cursus différents, pour éviter des ghettos et permettre de créer des ponts, pour fabriquer une véritable culture commune.
D'autres matières, en revanche, doivent être organisées en modules progressifs, adaptés aux besoins de chacun. Par ailleurs, pour en finir avec le bachotage, il faudrait que les élèves travaillent par projets, avec des tâches concrètes à présenter pour valider des acquisitions. Je suis pour le retour des TPE, les travaux personnels encadrés, et pour un baccalauréat non par contrôle continu mais par unités capitalisables. Dans ce cadre, bien sûr, la recherche documentaire doit avoir une place importante, car, face à l'information pléthorique, il faut absolument apprendre à la décrypter et à l'utiliser de manière critique qu'elle soit écrite ou en images.
Enfin, le statut des élèves doit aussi évoluer pour qu'ils soient bien plus associés à l'organisation même de la scolarité."

Nous sommes pas tous des profs de lycée et collège il faut croire... car c'est à peu près le fondement de la réforme Darcos.


* Les universités
collaborent (bien) à la destruction des concours nationaux d'enseignement et préparent au mieux leur régionalisation.

AEF -
Métiers de l'enseignement: les universités de Bordeaux et de Pau préparent un master régional commun

Les cinq universités d'Aquitaine - les quatre bordelaises et l'université de Pau et des pays de l'Adour - s'orientent, pour la formation des maîtres, vers un master régional "métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation", selon un document de travail que s'est procuré l'AEF. Ce master Meef sera porté principalement par l'IUFM, aujourd'hui école interne de l'université Bordeaux-IV, et co-habilité avec les autres universités. Il est conçu comme complémentaire aux masters existants, notamment les masters recherche, autour d'une architecture qui comprend 40% d'enseignements disciplinaires, 40% d'enseignements professionnels, 10% d'heures consacrées à l'initiation à la recherche et au mémoire et 10% à l'accompagnement et à l'exploitation des stages. Le document propose aussi que la régulation des flux étudiants soit assuré à l'entrée de cette formation, soit à l'entrée du M1.
Cette formation permettra l'accès aux concours de recrutement de l'enseignement (premier et second degrés) et de CPE mais ne concernera pas les préparations à l'agrégation. Elle vise la maîtrise des dix compétences professionnelles décrites dans le cahier des charges de la formation des maîtres; elle inclura l'intervention de professionnels en exercice et des stages, dont la mise en oeuvre reste à l'IUFM. "

Pour lire la suite et le détail de l'organisation régionale de leur préparation, c'est là .


* Mise en concurrence de l'Etat par l'Etat.
Suite. On en parlait il y a peu à propos d'un institution privée, Paraschool. En voici un autre exemple, toujours autour du domaine informatique ou semble-t-il tout peut se faire avec beaucoup de discrétion. Retour sur une commission mise en place il y a quelques mois.

info trouvée sur http://www.tice-toulouse.org, exactement là.

La Commission E-éduc : l’Education Nationale marginalisée par son Ministre
lundi 10 mars 2008
par
Patrick GATINES


Xavier Darcos ouvre grande la porte au lobby de l’informatique et au MEDEF

Alors que la mise en œuvre et les travaux des commissions Attali (sur la libération de la croissance) et Pochard (sur la rénovation du métier d’enseignant) ont été largement médiatisées par le gouvernement, la commission Mounet à été activée dans un cadre beaucoup plus confidentiel, sans aucune couverture de la presse, des radios et des télévisions. Pourtant alors que sa composition est proprement scandaleuse et se présente comme une entreprise de lobbying organisée sous l’autorité ministre Xavier Darcos, la mission de cette commission, dite E-educ, est d’une portée fondamentale pour les missions de l’Education Nationale dans le cadre de leur modernisation relativement à l’emploi et à l’implication des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE). Qu’en est-il au juste ?

Jean Mounet à la tête de la Commission E-éduc : un omni président

Jean Mounet est Ingénieur de l’École Supérieure de Chimie de Lyon, Docteur ès sciences physiques, diplômé de l’Université de Stanford (USA) en marketing stratégique, il a occupé plusieurs fonctions au sein du groupe Bull pour finir directeur marketing groupe. Jean MOUNET est aujourd’hui Président de Syntec Informatique, la chambre syndicale qui regroupe les Sociétés de Services et d’Ingénieries Informatiques (SSII) et les Editeurs de Logiciels . La Syntec a été créée en 1970, compte 650 entreprises adhérentes, représentant 85 % du marché des entreprises comptant 10 salariés et plus : soit un chiffre d’affaire représentant 33 milliards d’Euros pour des activités cumulées occupant 337 000 salariés. Syntec informatique, c’est un peu l’IUMM des services informatiques.
On ne croit pas si bien dire quand on sait que Jean Mounet a été récemment missionné comme
Président d’un groupe de travail du MEDEF pour rédaction d’un rapport intitulé « Faire de la France un leader mondial de l’économie numérique » publié en Janvier 2008 et prestement transmis au gouvernement. Rapport dans lequel le MEDEF donne nombre de conseils au gouvernement, notamment en matière d’éducation. (...)

Une commission aux mains des intérêts privés organisés
En effet les 19 membres restants se ventilent comme suit :

5 représentants de SYNTECH INFORMATIQUE (dont Jean Mounet est Président), ce sont : Gérard CLAVERIE, Cécile COCHARD, Claire HEITZ, Carole HUYVENAAR et Francis JUBERT.

2 représentants de SOPRA GROUP (dont Jean Mounet est vice Président, Sopra Group étant membre de Syntech), ce sont : Jean Claude Lamoureux et Jean Mounet (lui-même !)

2 représentants, l’un de Sopra group et de Pasc@line (dont Jean Mounet est Président) : Noël BOUFFARD l’autre de Syntech et de Pasc@line (Mounet est le président des deux) : Marie MOUCHOT

8 membres représentants de sociétés-membre de SYNTECH INFORMATIQUE : Pierre Lachaize pour CAP GEMINI Bernard LE MASSON et Nicolas MONSARRAT pour ACCENTURE Jacques MISSELIS pour HP/ Hewlett Packard France SAS Eric LE MAROIS, Valérie GASSER et Thierry de VULPILLERES de MICROSOFT et Jean-Charles ANDRE d’IBM

Enfin,
2 représentants de sociétés de conseil en stratégie et management spécialisées en informatique : Philippe MOLES pour STRAT-UP, membre au niveau européen du réseau d’experts d’E-gov solutions… et Gilles MOUTET pour … E-GOV SOLUTIONS


On remarquera que le « Système Moutet-MEDEF » au sens strict représente 17 représentants soit 74% des 23 membres de la Commission, pour des sociétés de services informatiques privées qui représentent en tout 83% de l’ensemble des représentants de la Commission. Toutes sociétés pour lesquelles l’Education Nationale constitue un marché juteux et qui se sont particulièrement bien organisées pour en faire tomber des pans entiers dans leur escarcelle, et ce avec la bénédiction du Ministre.
On soulignera également
l’absence de tout représentant de logiciels libres et gratuits dans la commission ! Aucun représentant significatif non plus d’organismes d’Etat développant des produits informatiques ! A croire que l’Education Nationale est d’une telle inculture et incompétence en la matière, alors qu’elle a déjà développé des produits logiciels innovants, opérationnels et … amortis.

Le secteur privé maître d’œuvre du secteur public : le projet ministériel comme collusion de pouvoirs

Avec la commission Mounet missionnée par le Ministre de l’Education Nationale, ce sont les représentants des intérêts privés qui sont assurés du pilotage et de la maîtrise de la définition de l’intérêt général et de sa dynamique en matière d’enseignement à l’heure des technologies de l’information et de la communication portant sur la politique à mener en la matière pour préparer aux défis du XXIe siècle nos élèves, étudiants et apprentis . De fait les intérêts privés vont y définir l’intérêt général tout « en se payant sur la bête », c’est-à-dire en faisant force propositions leur permettant, n’en doutons pas, de s’octroyer nombre de parts de marchés dans le cadre de partenariats public-privé (PPP). La part du lion que se taillent les entreprises du secteur et le MEDEF dans cette commission n’augure pas d’autre-chose tout en portant la signature du cynisme. Un cynisme dans lequel les représentants des logiciels libres et gratuits n’ont aucune place, bien sûr, tout comme ceux de l’Education nationales qui ont développé des produits amortis.

* Le Mammouth déchaîné chie dans la colle et dans les géraniums ? C'est à croire. D'après une info Mammouth, il apparaît que les pages de notre site ne sont pas consultables en Alsace à partir des ordinateurs des établissements scolaires, bien irradiés par les serveurs du rectorat. Après la surveillance, début de la répression ?

Alsaciens de tous pays informez-nous de l'évolution de la situation...

* Ca ne marche pas si mal que ça l'EN. On apprend aujourd'hui que les résultats des élèves de banlieue seraient en amélioration. L'ironie du sort c'est que cette info résulte d'un étude de 2006-2007, donc avant l'arrivée de Darcos. Donc c'est pas certains que cela dure...

Le Rapport qui le dit
est là.

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Tout est écrit (et dit et vu aussi) [MAJ]

Rappel :"La plupart des mesures que je prends servent surtout d'habillage aux suppressions de postes." X. Darcos (Canard Enchaîné, 22 octobre

* Réforme Lycée. Annonce des horaires des matières fondamentales pour la seconde. L'AEF a publié le 14/11 des éléments sur les répartitions horaires. Elles nous sont relayées par une source syndicale. Voici l'ampleur des dégâts :

Les 21 heures d’enseignements "généraux" se répartiraient entre:
4 heures de français, 3h30 à 4 heures de mathématiques, 3 heures à 3h30 d'histoire-géographie et d'éducation civique, 3 heures de sciences expérimentales, 5 heures de langues vivantes (1 et 2) et 2 heures d'EPS.
Selon le ministère cette "hypothèse de travail" devrait "peu évoluer".
M.Pochard (AEF du 14/11) se réjouit de voir « progressivement la plupart des thèmes abordés par la commission (commission Pochard) mis sur la table ». M.Pochard insiste sur « l’autonomie des établissements » et la « rémunération au mérite ». Le Ministre n'a apporté aucun démenti.

Attention, il n'est pas précisé dans ces chiffres les horaires des éventuels dédoublements (si il y en a...).

* Ceci n'est pas un ministre qui s'énerve. C'est bien sûr de la désinformation et un montage. On le prend un peu pour nous quand même. Mais il s'énerve...



Désormais à chaque fois qu'il prend la parole, il devient ridicule ce Darkos. Si tant est qu'il ne l'était pas avant bien sûr...

* Habillage, et propagande aussi (surtout). Visez cette vidéo particulièrement énervante.


L'express fait le point sur tous ces mensonges... c'est là.

* Derrière la réforme des concours d'enseignement, des économies d'échelle à l'université (aussi). Petit bilan en vidéo de la réforme des concours et ses implications : fin de la recherche à l'Université en sciences humaines (mais à quoi ça sert les sciences humaines ?) développement du prolétariat scolaire.




* Ou en sommes nous ? Où allons-nous ? Réponse simple, apportée par Cl. Lelièvre sur Médiapart. Celui-ci a eu la bonne idée de ressortir le projet UMP pour les législatives. En voici les 28 points sur l'éducation. Vous pourrez juger de visu qu'ils sont bien mis en place :

Projet législatif adopté par l’UMP en 2007 en totalité là.
(pour la législature de 2007-2012)
Éducation: le devoir de réussite
1) Affirmer que l’exigence pour tous dans les savoirs et la culture est la condition de l’égalité des chances et la mettre en oeuvre.
2) Garantir la liberté pédagogique des enseignants en les évaluant sur les progrès des élèves et non pas sur les méthodes utilisées.
3) Conforter l’autorité des enseignants.
4) Assurer la sécurité des établissements.
5) Donner de l’autonomie aux établissements scolaires pour leur permettre de mettre en place de vrais projets d’établissement.
6) Donner plus de poids aux chefs d’établissements scolaires et revaloriser leur statut.
7) Prévoir des règlements intérieurs plus rigoureux dans les établissements scolaires et assurer la solennité de leur adoption.
8) Proposer aux enseignants de nouvelles missions et les rémunérer en conséquence : études dirigées, présence dans les établissements, soutien individualisé…
9) Adapter la scolarité aux besoins de chaque enfant au collège par l’individualisation des parcours.
10) Organiser des études dirigées dans tous les établissements après 16h30 pour les familles qui le souhaitent.
11) Évaluer chaque établissement par un organisme indépendant et rendre public cette évaluation. Aider les établissements qui ont de mauvais résultats à améliorer leurs performances.
12) Faire évaluer le système éducatif lui-même par une instance indépendante.
13) Permettre aux parents de choisir l’établissement scolaire de leurs enfants en assouplissant, puis en supprimant, lorsque les conditions en seront réunies, la carte scolaire.
14) Exiger en contrepartie de tous les établissements scolaires le respect d’un équilibre dans la composition sociale et géographique des effectifs.
15) Permettre à tous les parents qui le souhaitent de choisir pour leurs enfants un établissement réservant l’après-midi aux activités sportives, culturelles ou associatives.
16) Desserrer les contraintes qui pèsent sur la répartition des effectifs entre le public et le privé, afin de permettre à tous les parents qui le souhaitent d’inscrire leurs enfants dans une école sous contrat.
17) Donner plus de droits aux parents dans leurs relations avec l’école.
18) Garantir le doit de tout enfant handicapé à être accueilli dans une école de droit commun.
19) Multiplier par deux la place du sport à l’école.
20) Permettre à tous les enfants d’être bilingues, et à ceux qui le peuvent d’être trilingues.
21) Faire de l’école le levier de la démocratisation culturelle par une éducation culturelle et artistique plus soutenue, plus exigeante et par la réaffirmation culturelle des enseignements fondamentaux (lettres, histoire, philosophie, sciences…).
22) Faire intervenir des artistes dans les classes pour renforcer l’éducation culturelle et artistique.
23) Créer un vrai service d’orientation, en phase avec les besoins du monde du travail et de la société.
24) Diversifier les stages qui constituent actuellement un puissant facteur de reproduction sociale.
25) Renforcer le temps consacré à l’enseignement général dans les filières technologiques et professionnelles et dans l’apprentissage, afin que ces élèves conservent la possibilité de revenir dans l’enseignement général.
26) Créer des universités des métiers, parce que les élèves qui suivent l’apprentissage, l’enseignement technologique et l’enseignement professionnel ont également droit à des " grandes écoles " dans leurs domaines.
27) Expérimenter, avec des communes et des enseignants volontaires, une répartition des compétences entre, d’un côté, l’Éducation nationale chargée de " l’école du savoir ", de l’autre côté, la commune chargée de " l’école de la vie " (citoyenneté, culture, sport, activités d’éveil, découverte des métiers…).
28) Transférer aux départements la compétence actuellement exercée par les régions en ce qui concerne les lycées.


* Dégâts collatéraux. Associations scolaires. Faudra-t-il désormais que les associations payent les enseignants qu'elles veulent garder à disposition ? Reportage dans le 7-9, Yo.

LA NRCO (édition du 79) -""N ous sommes dans le couloir de la mort", n'hésite pas à asséner Étienne Pistre, président de la ligue de l'enseignement 79. La nébuleuse d'associations qui travaillent depuis des décennies en imbrication avec les écoles des Deux-Sèvres, se dit menacée de disparition « dans les trois ans » à cause des mesures du ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos.
Ces associations fonctionnent parce que sont mis à leur disposition des enseignants, détachés de l'Éducation nationale. Le mois dernier, Xavier Darcos a fait savoir qu'à partir du 1er septembre prochain, ces salariés ne seront plus payés par l'Éducation nationale. Aux associations de se débrouiller pour financer leurs salaires.
 
“ On est coincés ”
 
« Nous avons dans les Deux-Sèvres quatre enseignants à notre disposition. Si je les garde, cela représente 241.000 € par an. C'est impossible pour notre budget », indique Michel Quillet, secrétaire général de la Ligue 79, catastrophé : « On nous enlève le nerf de la guerre, on est coincés »."

Situation confirmée ce jour par l'AEF :

50 000 emplois" seraient menacés dans les associations éducatives, conséquence du "désengagement de l'État" du secteur associatif, affirme Philippe Deplanque, vice-président de la CPCA (Conférence permanente des coordinations associatives) et président du Cnajep (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'éducation populaire), mardi 18 novembre 2008. Selon le projet de loi de finances 2009, le programme "jeunesse et vie associative" accuse une diminution de 11,2% par rapport à 2008 pour s'établir à 119 millions d'euros (L'AEF n°104045).

Selon la CPCA, ce "désengagement de l'État" a pour conséquence de fragiliser encore davantage l'équilibre financier déjà précaire de nombreuses associations et de les contraindre à se séparer massivement de leurs salariés. "Il existe un risque important de retombées en cascade pour l'ensemble des associations et en particulier pour les postes d'encadrement", ajoute Philippe Deplanque.
Il pointe "un vrai problème de cohérence" dans la politique du gouvernement, qui souhaite recruter 100 000 contrats aidés supplémentaires en 2009: "d'un côté, les associations doivent résister aux suppressions de financement. De l'autre, l'État leur demande de le soutenir alors que l'impact même de la réduction budgétaire vise à détruire de l'emploi qualifié pour le remplacer par de l'emploi non qualifié."


* Appel à la délation scolaire. SOS éducation s'y met et s'instaure en surveillant de la bonne morale éducative. Un formulaire en ligne appelle à signaler aux auteurs du site tout acte jugé anormal. On comprend qui est visé à travers leur appel.

Voyez plutôt :


Le Mammouth vous rappelle qu'il n'y a qu'un seul et vrai site patriotique de délation en France c'est http://www.delation-gouv.fr/
Les autres ne sont que de pâles imitations. Méfiez-vous des contrefaçons.


* Darcos et la rigueur budgétaire : les coups de périgourdin se perdent. Retour sur la gestion financière de Périgueux sous l'administration de Darcos. Ca commence à faire des vagues. Du temps ou il était maire...

Aqui.fr - Pendant la campagne municipale, Michel Moyrand, le nouveau maire, socialiste, de Périgueux avait pointé du doigt la gestion financière de Xavier Darcos, son prédecesseur. Il avait donc commandité un audit sur l'état des finances de la cité périgourdine. Le 17 novembre, les résultats ont été présentés en conseil municipal et le constat est sans appel pour l'actuel ministre de l'éducation. Les finances sont dans le "rouge".
« La ville s'est appauvrie », relève Éric Julla, du cabinet toulousain RCF (Ressources consultants finances), auteur de cet audit. Selon ses analyses l'épargne nette de la ville est passée de « 2,3 millions d'euros en 2001 à 0,5 cette année ». L'étude portant sur les comptes administratifs de 2001 à 2007. Le constat est net : les recettes sont en baisse et les dépenses en hausse. Faute d'épargne suffisante, l'équipe municipale a donc financé ses projets en augmentant la dette de la ville, « surtout sur la fin du mandat », observe-t-il. Parmi les nombreux investissements, le musée gallo-romain, le moulin du Rousseau, la place Francheville, la crèche Magne... Résultat, Périgueux devra rembourser chaque année 5 millions d'euros jusqu'en 2013. Ceci étant, il ne faut pas céder au catastrophisme, l'endettement par habitant de Périgueux reste dans la moyenne des villes de même taille.

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Représentativité

Rappel :"La plupart des mesures que je prends servent surtout d'habillage aux suppressions de postes." X. Darcos (Canard Enchaîné, 22 octobre 2008)


* Elections professionnelles. Darcos gratouille où ça le chatouille. Petits tripatouillages entre amis. Retour sur la validation "démocratique" des listes électorales pour les élections du 2 décembre. Illustration des valeurs démocratiques du ministre de l'Education civique.

A noter avant de lire : le Mammouth n'a aucune sympathie particulière pour les syndicats en question ici.

Info Mammouth, de source syndicale - Tous les syndicats ne semblent pas avoir droit au même traitement et curieusement certains sont reconnus d’une certaine légitimité et pas d’autres. L’affaire touche de “petits” syndicats. Quelle logique ?

Tout d’abord faciliter l’accès aux voix de ceux qui négocient avec le ministère. C’est ainsi que l'invalidation des listes du SNCA ne doit sans doute pas grand chose au hasard. Ce petit Syndicat National des Certifiés et Agrégés, présent dans l’enseignement professionnel aurait dû pourtant avoir tout pour plaire car membre de l’EIL, confédération marginale de l’Éducation nationale. C’est également la confédération à laquelle appartient le SNETAA (majoritaire dans l’enseignement professionnel) qui après quelques velléités de résistance autour du Bac Pro en 3 ans est rentré dans le rang, ce qui permet aujourd’hui à Darcos de dire que massivement les organisation syndicales approuvent sa réforme. Tout irait bien si depuis quelques années les deux syndicats de la même confédération n’étaient pas brouillés à mort, le SNCA rejoignant plus ou moins les positions de la FSU au sujet du Bac Pro. Aujourd’hui, curieusement, le ministère retoque les listes du SNCA sous prétexte qu’ils n’ont pas d’infos sur ce syndicat ni sa représentativité. Deux minutes dans Google montrent que ce n’est pourtant pas un inconnu... Comme les autres, ce syndicat est régulièrement reçu par les instances académiques, voire participe à des intersyndicales et est bien présent dans de nombreux départements. Exit donc ce concurrent potentiel du bon vieux SNETAA. Autre façon de limiter les pertes électorales pour celui-ci.

Ensuite, punir ceux qu'on croyait amis. En effet, si on ne sait plus sur qui compter... L’affaire est un peu plus grave car elle met en jeu la droite de la droite. Cette fois-ci le gouvernement joue en faveur du SIES, Syndicat Indépendant des Enseignants du Secondaire qui, lui, vient de voir ses listes validées. Il n’y a pas eu beaucoup d’interrogations sur la représentativité de cette organisation. Adhérent de la CAT, Confédération Autonome du Travail, très à droite, ce syndicat n’existe pourtant véritablement que dans l’académie d’Aix-Marseille (contrairement à ce qu’il dit). Peu de représentativité, aucune participation à de quelconques réunions syndicales... Pourquoi donc le ministère s’est-il précipité pour le reconnaître ? Derrière cela il y a sans doute la volonté de punir le SNALC (traditionnellement considéré comme favorable à la majorité actuelle) qui s’affiche désormais contre les différentes réformes en cours. Et, cela tombe bien, le SIES est apparu pour la première fois en 1999 dans l’académie d’Aix lorsque le SNALC s’est mis en tête de se débarrasser des membres du Front National qui l’infiltraient. Reçu une fois par Gaudemar le voici donc représentatif – représentatif surtout d’une certaine capacité à pomper les voix d’une autre organisation syndicale (le SNALC, donc), soudain devenue gauchiste, il faut croire, et dont certains membres du cabinet de Darcos auraient déjà demandé à ce qu’elle “nettoie son bureau national”.


* L'intérêt de l'accompagnement scolaire à relativiser ? C'est une des conclusions d'une note de Bruno Suchaut, chercheur à l'IREDU, publiée sur le site du SNES. L'intégralité est là. Petit extrait :

« A caractéristiques scolaires et sociales comparables, l’effet global de l’accompagnement à la scolarité est assez ténu : en moyenne, les élèves ayant fréquenté un dispositif, quelle que soit sa configuration, ne progressent pas différemment des autres élèves comparables (non pris en charge dans les dispositifs). Compte tenu de l’hétérogénéité des fonctionnements des dispositifs et du public accueilli, ce premier résultat est d’une portée limitée. Cet impact global neutre peut masquer des effets opposés, tantôt positifs, tantôt négatifs, selon les caractéristiques des dispositifs et des élèves. »


* L'Himalaya de la pensée de droite : Vanneste. Après ses propos homophobes, voici ses propos moraux sur l'Histoire. Une certaine conception de la fonctionnalité de l'histoire et de son enseignement. Ou, une autre vision de l'école émancipatrice. Si vous ne les avez pas déjà vu ailleurs... retour sur les valeurs sacrificielles de l'enseignement de l'histoire.



Petit rappel. En effet, la colonisation a eu des aspects positifs :



* Pour en finir une bonne fois pour toute avec l'éducation civique (I).
La citation du jour.

« C’est l'État qui forme les individus aux vertus civiques, les rend conscients de leur mission, les amène à l’unité ; il harmonise leurs intérêt dans la justice ; il transmet les conquêtes de la pensée dans le domaine des sciences, des arts, du droit et de la solidarité humaine »

Benito Mussolini, le 12 décembre 1929


* Pour en finir une bonne fois pour toute avec l'éducation civique (II). Reportage TF1 (pourquoi pas, de toute façon il n'y a pas grand chose ailleurs) sur la consultation des lycéens de ce samedi. Houleux. Bien fait pour lui.

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Mauvaise foi ou art politique ?

"La plupart des mesures que je prends servent surtout d'habillage aux suppressions de postes." X. Darcos (Canard Enchaîné, 22 octobre 2008)


* Retour sur un audit de 2007. Comment faire pour effectuer des réformes de structures dans l'EN ? Voilà la réponse et c'est ce qui se passe. Repris par Christian Laval sur son blog (Médiapart). C'est ici.

Un rapport d’audit confidentiel rédigé par Pierre Lepetit ( inspecteur général des finances) et par Françoise Mallet (inspectrice générale de l’Éducation nationale) et remis le 15 novembre 2007 à Claude Guéant ( secrétaire général de l'Élysée) et à Jean-Paul Faugère (directeur de cabinet de François Fillon) a étérendu opportunément public par l’ AEF, une agence de presse spécialisée dans les questions d’enseignement (communiqué AEF n°83598),au mois d’août 2008. Il éclaire singulièrementles intentions ministérielles.
La problématique du rapport est simple.
Pour parvenir aux objectifs de réduction du nombre de fonctionnaires, il faut entreprendre des réformes structurelles profondes : "Comment assurer la poursuite voire l'accélération de l'effort d'assainissement budgétaire sur la période 2009-2011-2012 sans réformes structurelles du système éducatif ?" se demandent les experts commandités. Leur réponse est limpide, en dépit d’une certaine langue de bois :"À défaut de réforme, le scénario d'optimisation des moyens sera insuffisant pour atteindre les objectifs budgétaires et conduira à dégrader les résultats du système éducatif", estiment-ils. En d’autres termes, pour parvenir à ces baisses d’emplois, il faut opérer une série de grandes réformes du système éducatif dans tous les domaines : pédagogiques, organisationnelles, statutaires.
Les trois scénarios de réforme proposés valent la peine d’être examinés. Ces scénarios (optimisation, autonomie maîtrisée, autonomie complète),
conformément à la logique strictement comptable de la RGPP, sont évalués uniquement en termes d’économie de postes. Le premier scénario de "l'optimisation de la gestion des ressources sans réforme majeure de l'offre éducative"permettrait "une économie potentielle de 41 000 à 43 000 emplois temps plein (ETP) nets sur cinq ans". Le second scénario d’autonomie maîtrisée, "comprend des réformes importantes sur l'offre éducative et sur les conditions de travail des enseignants dans le cadre d'une plus grande autonomie des établissements pilotée par l'État". L'économie réalisée est évaluée entre 85 000 à 93 000 ETP nets sur cinq ans. Le troisième scénario correspond àune "autonomie complète" du système, c’est-à-dire à la déconcentration totale de l'offre éducative et à la décentralisation des financements. L'économie réalisée est la même que celle du deuxième scénario.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les auteurs valorisent le deuxième scénario, qui permet de réduire le nombre total d’enseignants de plus de 10 % en cinq ans, mais au prix d’une baisse importante de « l’offre d’éducation » et d’une transformation de l’organisation du travail des enseignants.

On s’intéressera ici spécialement aux conséquences de ce scénario sur le second degré, mais il n’est pas inutile de savoir que dans le premier degré, cette politique impose déjà un recul considérable de l’offre d’éducation puisqu’il suppose une réduction du nombre d’heures de cours, la réduction de la scolarisation à deux ans voire à trois ans, la suppression des réseaux de soutien et d’aide aux élèves en difficulté.
Cette réduction importante sera donc prolongée dans le second degré, en commençant par le lycée dès 2009.
Fin des redoublements, plafonnement et annualisation des horaires élèves, simplification des programmes d’enseignement, telles sont quelques-unes des préconisations du rapport concernant l’offre éducative (à côté de celles qui concernent les conditions de travail des enseignants).



* Repression professionnelle.
On publiait il y a queqlues jours la lettre d'un instit dans laquelle il exprimait tous les griefs qu'il formulait à l'EN et son ministre. Le voila aujourd'hui convoqué à l'Inspection.

Toulouse7.com — Professeur à l’école Jules Ferry de Colomiers, Alain Refalo a décidé de critiquer la politique menée par son ministère. Convoqué par l’Inspection d’académie, il serait aujourd’hui l’objet d’une enquête.
Dans une lettre ouverte adressée le 6 novembre 2008 à son inspecteur d’Académie ce militant a décidé d’énumérer  les nombreux griefs formulés à l’égard de la politique menée par le Ministre Xavier Darcos. (...)
Cette lettre a par la suite été publiée sur un site internet.
Alain Refalo a été convoqué par son Inspecteur de circonscription qui l’a reçu, accompagné d’un représentant de l’Inspecteur d’Académie.
Selon des sources non confirmées, l’inspection Académique aurait reçu ordre du Ministère d’ouvrir une enquête au sujet de cette affaire et de lui transmettre un rapport.
L’entretien a duré 1h30 durant lequel il lui a été demandé s’il confirmait le contenu de la lettre. Alain Refalo a confirmé point par point les sujets sur lequels il considérait son devoir de désobéir.
Les inspecteurs ont voulu connaître ses motivations. Alain Refalo a dit que depuis des mois les enseignants n’étaient pas entendus, malgré les pétitions, les grèves, les tribunes dans la presse.
Il a affirmé avoir posé cette acte de désobéissance en souhaitant que d’autres prennent le relais, que ce mouvement s’amplifie afin de créer un débat public et un rapport de forces avec l’administration."

des (pour)suites au prochain épisode ?

*Encore la preuve que Darcos est de mauvaise foi (car il connaît bien le sujet, d'ailleurs il le répète). Vidéo qui fait le point à partir de ses récentes déclarations sur les RASED.



Bon, ça c'est fait.
Petite précision trouvée dans le rapport de la cour des comptes sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale et face à la nouvelle attaque du jour de Darcos sur la suppression de l'école avant 3 ans :
La maternelle ne coûte que 4.570 € contre 13.368 € pour les modes de garde alternatifs.

* Capes Histoire géo de plus en plus d'inquiétudes. Info du SNES qui est en relation avec l'inspection qui elle aussi semble s'inquiéter.

"Avis de tempête sur le CAPES d'Histoire-Géographie ?

Nous venons de contacter l'Inspection Générale (IG) sur la maquette du concours qui est en préparation. l'IG doit en effet rendre sa copie fin novembre, mais le cahier des charges est "très contraint" (sic).

La fin des questions spécialisées ?
En effet, il est question d''harmoniser les concours, et pour l'histoire géo cela donnerait deux épreuves écrites de 5h (une en histoire, une en géographie) mais portant sur tous les programmes du secondaire (il s'agit d'une commande ministérielle) ! Cela signifie donc qu'il n'y aura plus de questions au programme, mais une vue très générale et forcément très limitée des contenus disciplinaires.
Nous avons dit qu'il nous semblait pas raisonnable qu'il n'y ait plus de questions permettant une approche plus approfondie et surtout un lien avec la recherche universitaire, qui va se retrouver totalement coupée de la formation des futurs profs, sauf pour les candidats à l'agrégation. On comprend l'inquiétude des profs du supérieurs !

La fin du commentaire de document ?
L'étendue du programme ne permettra sûrement pas, d'après l'Inspection, un commentaire de document, qui demanderait des connaissances "de détails" difficiles à exiger. Exit donc l'évaluation de cette compétence pourtant propre à notre discipline ? Il sera peut être question d'un dossier documentaire, qui serait là en guise d'appoint, pour un sujet de dissertation. Pour l'instant, rien n'est arrêté... ?

Pour l'oral, il y aura deux épreuves : l'une est commune à tous les CAPES ("connaissance du système éducatif"), l'autre spécifique, portera sur une leçon qui devra intégrer les aspects épistémologiques et didactiques !
- Comment se fera le choix entre histoire et géo ? Par tirage au sort ? Par "spécialité" en fonction du choix des candidats ? Nous ne savons pas... - Les candidats, qui devront effectuer un pseudo stage entre l'écrit et l'oral, devront donc, outre les contenus, se préparer aussi à ces aspects, ce qui laisse perplexe... Souhaite-on faire croire que cela suffira à pallier la disparition de l'année de stage ?!
Il nous reste à mobiliser la profession, et à instituer le rapport de force nécessaire pour que le ministère revoie sa copie sur cette réforme des concours !"

Instituer le rapport de force. Voilà, tout est dit. Yzonquà justement au lieu de faire semblant de se retirer des discussions.


*Nouveau rapport sur les Tice : très favorable (bien sûr). Cela peut être la suite de ce que l'on disait hier sur une boite privée prestataire de services internet. Voici donc une nouvelle étude qui ne tarit pas d'éloges sur l'utilisation de l'outil informatique. Elle est en pdf là .

Cette fois il s'agit de
montrer toutes les vertus pédago du bidule informatique.

Cependant
tout le monde n'est pas exactement d'accord sur la question. Le Mammouth publiait en août 2007 déjà un article qui laissait penser le contraire. Selon un journal anglais, (le Telegraphe) qui reprend une étude de la Société royale d'Economie, coroborée par des chercheurs allemands montre que ce n'est pas vrai. Ce serait même les tests PISA qui illustreraient que plus on pratique l'informatique pédagogique plus on est inapte.

Voici un extrait du Telegraph
en réaction à l'idée du gouvernement anglais de dépenser beaucoup d'argent pour acheter des ordinateurs pour l'école :

«
Moins les élèves utilisent les ordinateurs à l'école et à la maison, mieux ils réussissent les tests internationaux de lecture, rédaction et mathématiques, indique aujourd’hui la plus grande étude réalisée sur ce sujet. Celle-ci soulève des interrogations quant à la décision du gouvernement, annoncée par Gordon Brown la semaine dernière, de dépenser encore £1.5 milliards pour des ordinateurs dans les écoles, en plus des £2.5 milliards déjà dépensés. M. Brown a dit : "L'enseignement et la révolution éducative ne peuvent se faire avec des tableaux noirs et de la craie, mais avec des ordinateurs et des cartables électroniques."

Cependant, l'étude éditée par la Société Royale d’Economie indique : "En dépit des nombreuses réclamations de politiciens et de fournisseurs de logiciels, l'utilisation d'ordinateurs dans les écoles n’aide à l’évidence aucunement les élèves à acquérir les qualifications de base en mathématiques, en lecture ou en rédaction". Au contraire, plus les élèves utilisent l’ordinateur, plus leurs performances dans ces domaines sont mauvaises, ont indiqué Thomas Fuchs et Ludger Wossmann, de l'université de Munich. Les chercheurs ont analysé les comportements à l’école et à la maison de 100.000 adolescents de 15 ans dans 31 pays participant à l'étude Pisa. L'étude montre que plus les élèves ont accès à des ordinateurs à la maison, plus leurs résultats sont bas.
De même, les élèves font moins bien dans les écoles généreusement équipées d’ordinateurs, où l'instruction automatisée a remplacé des formes plus efficaces d'enseignement. »

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Solutions éducatives de droite ?

* Privatisation rampante. Connaissez-vous Paraschool ?

Ce n'est pas exactement qu'une énième boite privée de cours de soutien, mais bien un "partenaire de référence des principaux acteurs de l'Education". Partenaire, cela est nouveau. Exit la concurrence ? Pas sûr, bien au contraire...
Comme le dit la page d'accueil du site de l'institution pseudo scolaire, Paraschool a su s'imposer comme le "leader français des plates-formes éducatives, en facilitant la construction des démarches personnelles d'accès aux savoirs grâce à Internet".

Que faut-il voir derrière tout ce blabla ?


Il est clair qu'il s'agit de vendre clés en mains des solutions pédagogiques (par internet) à des institutions en charge de l'éducation.
Et il apparaît que dans certaines régions l'entreprise a déjà largement développé son activité. Le conseil général de l'Oise a ainsi passé un accord depuis deux ans pour permettre à ses 66 collèges de bénéficier des services de Paraschool. Le CG des Côtes d'Armor a fait de même en 2006. La région Centre est également entrée dans le jeu. Et tous les prétextes sont bons surtout les plus charitables : c'est dans le cadre de l’égalité des chances (axe fort du Projet académique de la Région Centre) que le dispositif est expérimenté dans une trentaine d’établissements de l’académie Orléans-Tours. C'est aussi le cas en Alsace, à Versailles ou en Seine-Saint-Denis , dans ce dernier cas c'est directement l'Inspection académique qui a demandé un partenariat. Sur son site Paraschool se vante ainsi de plus de 800 partenariats.

Avec l'annonce de la réforme de la seconde, la multiplication du temps d'autonomie des élèves et des aides individualisées, et après la mise en place de l'école après 16 heures et tous les trucs modernes qui ont été créés ces dernières années, l'entreprise peut voir se dessiner de beaux jours devant elle.

Créée en 2000 cette petite entreprise est passée depuis (en 2006) sous la coupe d'Editis (filiale à 100 % de WENDEL de notre ami Ernest Antoine Sellière) et son chiffre d'affaire atteint 3 millions d'euros en 2007. Elle possède 30 000 objets pédagogiques interactifs qui couvrent les programmes scolaires du CE2 à la Terminale y compris dans les filières professionnelles.

Face à ces perspectives on comprend mieux pourquoi cette institution privée insiste parfois lourdement pour effectuer des séquences de formation auprès des profs pour vendre ses produits. Elle revient à la charge plusieurs fois dans certains établissements où les cadres sont invités à des séances d'information. en effet, il faut les persuader pour mieux faire payer les formations qui accompagne l'adhésion à Paraschool. C'est dans ce cadre qu'elle s'adresse aux collectivités locales qui elles payent (aussi) les droits d'accès.


De quoi avoir des doutes, tout de même...

Quand on parcourt le site de ladite institution on s'aperçoit que que le logo EN est largement présent. il semble donc bien que ce soit l'EN qui en finance une partie ou du moins prête certains contenus. Et Paraschool sait de plus utiliser les moyens d'Etat pour faire sa promo (c'est ici).
Décidément tout converge vers les mêmes horizons dans les réformes en cours.
Une belle façon pour l'Etat, de mettre en concurrence ses propres services, d'opérer ce que l'OCDE réclame depuis des années, à savoir développer encore plus ce grand marché de l'éducationdans le cadre de l'AGCS. Façon aussi à terme de réduire ses propres coûts d'exploitation. Bref,
Paraschool, c'est un peu comme Parapoux en quelque sorte.

La surprise vient aussi des acteurs politiques...

On ne serait pas trop surpris de voir se développer toutes ces solutions innovantes dans nos bons conseils généraux de droite. C'est le cas à Versailles ou en Alsace. Qu'en est-il ailleurs? Le CG de l'Oise est socialiste, et qui plus est dirigé par un ancien enseignant (Yves Rome, qui devait vraiment croire à son travail), le CG du 22 est lui aussi socialiste, la région Centre est socialiste bien sûr (dirigée qui plus est, après Michel Sapin et d'autres par François Bonneau, un ancien conseiller d'orientation, il sait donc où il va).

Et ce n'est qu'une petite étude non exhaustive. Bref une certaine classe politique s'accorde...

Question : quand Paraschool aura vendu ces solutions internet y aura-t-il encore besoin d'autant de profs ? Ah, ça...


* La Mayenne, terre du progrès (de droite) ? Il faut croire. C'est l'un des deux département avec le Rhône à tester les "jardins d'éveil" souhaités par Darcos pour faire reporter le poids financier des maternelles sur les collectivités locales. Voici ce que déclare à Ouest France le président du conseil général : Il veut reconvertir les bâtiments qui abritent les maternelles en crèche collective.

[Celui-ci] accueille « très positivement » cette annonce. « Nous avons déjà testé, avec succès, le regroupement des assistantes maternelles (elles gardent les enfants collectivement, NDLR). Chez nous, les mamans sont très nombreuses à travailler et nous avons le plus fort taux de natalité de France ».

Des classes reconverties

Par ailleurs, le président du Département a la
« conviction profonde » que avant trois ans, ce que l'on propose aux enfants, « ça n'est pas de l'école, mais de la garderie. Nous n'avons pas les moyens d'y mettre des enseignants à Bac + 5 ».

Pour l'instant, il ignore les modalités du dispositif. Il pourrait être financé par les communes, les conseils généraux, la Caisse des allocations familiales et une contribution des parents.
« Au niveau des locaux, ce qui se profile est la reconversion des classes qui accueillaient des enfants de deux ans, indique Jean Arthuis. Des locaux qui n'auront plus un statut scolaire. D'ailleurs, ce sera sans doute moins coûteux pour les communes que d'ouvrir une classe de maternelle. »


Et je président du conseil général c'est qui ? Bien Jean Arthuis, il n'y a pas de hasard, souvenez-vous :



Pour explorer toute sa pensée reportez-vous à Mammouth Tévé : ici et ici

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Commémoration et explications

Pour ceux qui arrivent directement sur cette page, ou pour les sbires de Darcos
qui font que nous surveiller, sachez que la Une du Mammouth a été actualisée (avec talent).
C'est là.

* Situation et explication :
Visionnez tout d'abord cette vidéo qui reprend certains éléments qui démonte les processus de réformes en cours. La faisabilité politique de l'ajustement



* Ensuite, souvenez-vous bien :


Darcos à l'Assemblée :


* Souvenez-vous de ça aussi :
Darcos devant le Sénat :


* Et puis de ça :
Et encore une couche devant l'Assemblée :


* Si on veut commémorer, rappel de quelques idées (pourtant) simples.

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Dépièger le discours ministèriel

Alors que dans le primaire l'énervement et la mobilisation sont à leur apogée, alors que dans le secondaire la réforme des lycées commence à agiter même les plus mous (on attend encore les modalités horaires des enseignements généraux pour connaître le nombre de postes finalement supprimés) dans le supérieur cela s'anime sérieusement.
Face à la propagande gouvernementale une contre-offensive se met en place.


Chez les historiens-géographes , par exemple, il y a ébullition et production de textes de refus.

* Même si leur plateforme de mobilisation est bien molle (ils ne disent pas refuser totalement la réforme), certains exposent clairement (enfin!) les objectifs du ministère. Extraits du site http://appelcapeshg.blogspot.com/ :

Désossons le mammouth et mangeons-le !

Un train de réformes peut en cacher un autre. Et au milieu de la voie : l’école, le collège, le lycée, l’université… La campagne actuelle de suppressions de postes d’enseignants, les fermetures de classes, les bouleversements incessants des programmes et des parcours empêchent, malgré leur médiatisation, de bien mesurer ce qui se joue en ce moment même, dans l’œil du cyclone. La stratégie est claire : frapper en même temps, dans toutes les directions, dans toutes les disciplines, pour interdire toute réflexion d’ensemble, toute mobilisation commune. (...)

Mais alors, si cette réforme met à ce point en péril le niveau de compétences de nos futurs enseignants,
pourquoi l’université ne se mobilise-t-elle pas comme un seul homme contre ce projet ? Les actions sont nombreuses, même si elles ne sont pas toujours suffisamment visibles mais, suprême succès de la stratégie ministérielle, la crainte paralyse plus qu’elle ne libère : chaque université qui ne se lance pas à toutes forces dans la mise en œuvre de cette réforme (qu’on appelle dans le jargon la « mastérisation des enseignants »), risque de voir l’université voisine, plus prompte à soumettre sa copie au ministère, attirer ses étudiants. Or, on sait que, dans certaines disciplines, les concours d’enseignement sont le débouché majoritaire des étudiants.

C’est ainsi que, précipitées dans une course à l’échalote, les universités sont en train de devenir cannibales…


La finalité de la réforme actuelle ? Elle est clairement affichée dans le communiqué de presse du ministère de l’éducation nationale et disponible sur son site : «
passer dans le concours de recrutement de professeurs d’une logique de revalidation du niveau universitaire à une logique de recrutement conforme aux besoins de l’employeur ». Quels sont les besoins immédiats de « l’employeur éducation nationale » ? Former et éduquer mieux au bénéfice du plus grand nombre ? Ou bien rationaliser ses coûts de fonctionnement dans une logique purement comptable, au détriment du niveau de formation de ses enseignants et de leurs élèves ? Voilà une question de « connaissance de l’institution » qui pourrait être soumise prochainement à la sagacité des candidats à l’emploi de professeur…


ou encore :

« Le recrutement des enseignant-e-s va passer de bac plus 3 à bac plus 5 » c’est-à-dire d’un niveau licence à un niveau master. C’est l’information reprise par différents médias depuis plusieurs semaines. Grand progrès : deux ans d’étude en plus, deux ans de connaissances supplémentaires accumulées. Qui va s’en plaindre ? les futurs enseignant-e-s seront plus cultivés, mieux à même d’enseigner leurs disciplines. (...)
Le piège semble grossier, mais pourtant ça marche. Loi d’airain de la communication efficace : la simplicité du message. Le « plan com » du Ministère de l’Éducation Nationale fonctionne à merveille : laisser filtrer des informations, faire quelques annonces spectaculaires comme ballons d’essai, laisser s’installer la confusion entre ce qui relève de la rumeur et du propos officiel, chasser une « information » par une autre pour donner le tournis aux syndicats et aux médias, et surtout aller vite. N’émergent alors que quelques « vérités » simples, pleines d’apparent bon sens, et donc reprises d’autant plus facilement. C’est par ce biais que des contrevérités se diffusent peu à peu dans les esprits, validant ainsi un projet qui, selon nous, dégrade considérablement la formation des enseignants. Il permet aussi au gouvernement de faire des économies substantielles – ce n’est pas un détail, c’est même une finalité du projet – puisqu’à la différence des enseignant-e-s stagiaires, aujourd’hui rémunérés pendant leur année de formation, la plupart des futurs étudiant-e-s de master devront financer leurs études.



* Si les AG commencent à se multiplier toujours dans le supérieur, de nombreux Conseils d'administration refusent déjà d'entrer dans les processus de réforme. Petit montage vidéo (déjà) édifiant.

Silence, ça tourne

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Performitude Darcosienne

* Mao Darcos, lance sa grande (et glorieuse) révolution de l'Educaiton nationale. Voyez plutôt toutes ces belles annonces.

Darcos annonce un prêt immobilier à taux zéro pour les professeurs mutés

Les professeurs qui obtiennent une mutation vont pouvoir bénéficier d'un prêt immobilier à taux zéro, a annoncé le ministre de l'Education Xavier Darcos dans un entretien au Monde daté de samedi, assurant qu'il venait "d'engager les négociations avec les banques sur ce sujet".
Le ministre a aussi annoncé "une prime exceptionnelle" de 400 euros pour les professeurs de CE1 et CM2 qui seront chargés "en février 2009" des nouvelles évaluations des écoliers de ce niveau mises en place par l'Education nationale.
Enfin,
il assure qu'"avant la fin de l'année", en accord avec la ministre de la Culture Christine Albanel, sera lancé le "Pass Culture", qui permettra aux enseignants "d'accéder gratuitement aux lieux de culture".
"Personne ne doit pouvoir dire que les enseignants sont les mal-aimés de ce gouvernement", a dit M. Darcos au sujet de ces trois annonces.
Le Monde a par ailleurs demandé au ministre si "avec la crise et la remontée du chômage", il était "pertinent de continuer de supprimer 30.000 postes de fonctionnaires pour économiser 776 millions d'euros sur le budget 2009, alors que, pour prendre ce seul exemple, un incident de trading vient de faire perdre 751 millions aux Caisses d'Epargne?"
Réponse de M. Darcos: "Vous ne pouvez pas mettre sur le même plan une logique de désendettement sur le long terme et un gaspillage instantané, aussi scandaleux soit-il".
En nous abstenant de recruter 30.000 fonctionnaires, dont 13.500 dans l'Education nationale, ce n'est pas 776 millions que nous économisons, mais ce chiffre-là répété pendant 40 ans. Soit, sans même compter les pensions, environ 30 milliards. Ce n'est pas rien. Notre devoir est de continuer à alléger le fardeau que nous léguons aux générations futures", a-t-il ajouté.

40 milliards sur 30 ans ? C'est pas énorme non plus (tout juste de quoi inviter 13 fois l'Homme qui valait 3 millards).


* Performance gouvernementale et scolaire. Extrait d'un discours de Darcos sur les objectifs de sa politique : travailler à l'amélioration des performances de l'EN. Propos tenus à la conférence européenne de Poitiers sur le thème "Gouvernance et performance des établissements scolaires en Europe

Très instructif pour comprendre comment toutes les mesures gouvernementales sont liées les unes aux autres. A mettre sous le nez de tous les incrédules.

En ligne sur le site du ministère. Là.

"La performance au coeur des systèmes éducatifs
La performance, c’est d’abord celle du système éducatif dans son ensemble. Il s’agit là d’un enjeu essentiel, notamment pour les décideurs politiques dont la mission est à mon sens de faire émerger des systèmes de plus en plus performants, capables de qualifier un nombre croissant de jeunes à des niveaux toujours plus élevés.

Améliorer les performances d’un système éducatif suppose de porter un regard lucide sur ses résultats, mais aussi d’en identifier les atouts à conforter et les faiblesses à combattre. Dans ce domaine les comparaisons internationales sont d’un grand secours pour parvenir à situer les performances d’un système éducatif par rapport à ceux qui l’entourent.

C’est également cette recherche de la performance éducative qui guide mon action depuis mon arrivée à la tête du ministère de l’Éducation nationale en mai 2007. Ainsi, à l’hiver dernier, la publication des résultats des enquêtes PIRLS et PISA a permis de prendre conscience de la dégradation des résultats de nos élèves, en particulier en ce qui concerne l’apprentissage de la lecture.

C’est aussi cette recherche de la performance qui m’a conduit à réformer nos lycées, qu’ils soient professionnels ou généraux et technologiques. En effet, il s’agit à la fois de lutter contre les sorties sans qualification, d’amener davantage d’élèves au niveau du baccalauréat et d’offrir à nos élèves de nouveaux services de soutien, d’accompagnement ou d’aide à l’orientation qui les prépareront à être plus performants dans l’enseignement supérieur.

Comme vous le savez, selon les critères établis par l’O.C.D.E., la « bonne gouvernance » est celle qui repose sur les principes de la démocratie car elle permet d’assurer non seulement les relations entre l’administration, les citoyens et le parlement, mais aussi un fonctionnement conforme aux attentes de l’État. Je sais, à ce propos, que le Conseil de l’Europe travaille sur le concept de gouvernance démocratique de l’école et s’interroge sur l’articulation entre la gouvernance et les responsabilités du chef d’établissement.

Jusqu’à présent, la massification à l’oeuvre ne s’est pas suffisamment traduite par une transformation des modes de pilotage et de gouvernance. Pourtant, si je prends l’exemple de la France, un certain nombre d’initiatives ont été prises depuis le milieu des années 1980.

En effet, les collèges et les lycées sont devenus en 1985 des « établissements publics locaux d’enseignement », dotés d’une autonomie administrative plus grande. La rédaction de « projets d’établissement » s’est systématisée. Plus récemment, en 2005, la loi d’orientation et de programme sur l’avenir de l’école, dite loi Fillon, a ouvert le droit à l’expérimentation pédagogique et les autorités académiques signent de plus en plus de « contrats d’objectifs » avec les établissements du second degré.


* Big Brother. Voici un appel d'offre passé le 15 octobre par le gouvernment pour assurer une veille internet. Tout le doc est là en pdf. Extraits (une info Fabula.org) :

Il devra avoir pour objectifs :

"• Repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
• Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation
• Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)
• Suivre les informations signifiantes dans le temps
• Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires,audience, etc.)
• Rapprocher ces informations et les interpréter
• Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise
• Alerter et préconiser en conséquence "

Parmi les "sources surveillées":
"La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites « commentateurs » de l'actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d'associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d'opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.) […] Les interactions entre des sources de nature différente, les passages de relais d'un media à l'autre seront soigneusement analysées. Et pour les finalités:

"L'analyse attendue des principaux arguments, des critiques et des tendances, à partir du corpus défini, tous les canaux étant pris en compte, donnera lieu à des notes de synthèse (rapport quotidien, note de synthèse hebdomadaire, cartographie commentée des acteurs et débats en présence). Plus particulièrement en matière de veille Internet, l'analyse permettra un suivi précis de l'évolution de l'opinion internaute et des arguments émergents relayés et commentés sur ce canal. "
[…]
Clé de voûte du dispositif de veille, le passage en « mode alerte » visera à transmettre systématiquement les informations stratégiques ou les signaux faibles susceptibles de monter de manière inhabituellement accélérée.
Les notes de veille pourront porter ou sur l'ensemble des canaux (média traditionnels et Internet formel et informel) ou être limitées à l'internet (cf. liste des produits au bordereau des prix). Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel. Des éléments quantitatifs (nombre d'interventions, nombre de commentaires, mots les plus fréquemment cités) seront systématiquement inclus. L'audience et l'influence des sources et des relais seront précisées. "

Et l'étape d'après c'est quoi ?

* Enfin, certains trouvent que Darcos ne va pas assez loin dans sa réforme du lycée, et refusent de comprendre qu'elle est avant tout faite pour supprimer des postes. Alors ils remettent la gomme. Voici donc un nouvel appel des naïfs. Extraits :

La mission de Jean Paul de Gaudemar ouvrait, à nos yeux, des perspectives très positives pour que le lycée soit plus démocratique et prépare mieux à l’enseignement supérieur : elle prônait davantage de souplesse dans les parcours d’études, dans l’organisation de l’année scolaire, dans la répartition
des activités des élèves, dans l’architecture de la classe de seconde, pour favoriser des choix d’orientation plus lucides , pour éviter les redoublements ; ces propositions impliquaient un suivi rigoureux des élèves, la mise en place de nouvelles modalités d’évaluation, y compris en ce qui concerne le baccalauréat, elles nécessitaient une mise à jour des programmes, une clarification des compétences attendues des élèves ; elles impliquaient une évolution des pratiques et une redéfinition du métier et du service enseignant ; elles rendaient nécessaires l’autonomie des établissements et leur accompagnement. Bref, elles promettaient, dans la lignée des rapports précédents sur le lycée, de former des citoyens actifs et ouverts. (...)

Les objectifs qui étaient assignés à la réforme nous semblent hors de portée si elle reste en l’état. (...)

Appel lancé par : Crap-Cahiers Pédagogiques, Education&Devenir, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves, Ligue de l’enseignement

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Grève de désorientation ?

Face à toutes les belles annonces du post précédent (voir plus bas), les syndicats s'ébranlent chacun dans leur sens. Faut dire que tous ne sont pas si contre que gouvernement que SEla.

* Grève le 20 dans le secondaire aussi. Après la CGT hier matin, tous les syndicats présents à l'intersyndicale d'hier étaient d'accord sur ce point mais n'ont pas réussi à ce mettre d'accord sur un texte. Aujourd'hui en gros chacun en propose un aux autres en criant tous à l'unité.

FO dans un communiqué veut l'abandon de la réforme et appelle les autres à le suivre.
SUD veut une grève intercatégorielle dans le primaire et le secondaire et appelle les autres à le suivre.
Le
SNACL veut appeler que sur le lycée et appelle les autres à le suivre.
SE-UNSA ne veut pas signer le texte des autres (parce qu'il y croit à cette réforme).
Le
SGEN veut appeler le gouvernement à négocier mais ne veut pas mobiliser sur la réforme du lycée.
Le
SNES essaie de ce maintenir au centre de l'échiquier syndical et veut un compromis à tout prix et appelle les autres à le suivre.

Voici la proposition d'appel qui découle cependant de cette réunion sur la base des propositions SNES. Le SGEN l'aurait édulcoré de tout ce qu'il ne veut pas (référence aux disciplines, au Bac sans contrôle continu) mais a finalement refusé de le signer (cétait bien la peine...) :

Alors que la rentrée 2008 s’est déroulée dans des conditions matérielles très difficiles pour l’ensemble des établissements du 2nd degré, le projet de budget 2009 ne peut que renforcer l’inquiétude des personnels. Les collèges, pourtant en augmentation démographique subiront les plus fortes suppressions d’emplois. Les lycées et les lycées professionnels ne seront pas épargnés. De surcroît, les diminutions programmées du nombre de places aux concours de recrutement et des moyens de remplacement annoncent un recours massif à la précarité.

Alors que le parlement délibère sur la loi de finances 2009, les organisations syndicales dénoncent des perspectives budgétaires qui vont nuire gravement et durablement aux élèves et aux enseignants. Le gouvernement entend mener une politique pilotée et contrainte par un budget en régression et une logique de réduction de l’offre de formation, en particulier dans la voie professionnelle.

A la dégradation constante et programmée des moyens d’enseignement et des conditions de travail, s'ajoutent des attaques répétées contre le paritarisme  et le droit syndical. La politique du fait accompli et la marche forcée ne peuvent tenir lieu de méthode de dialogue social.

C’est parce qu’elles font du développement du système éducatif un enjeu fondamental pour l’avenir du pays et des jeunes que les organisations soussignées appellent à la grève dans les collèges, lycées et lycées professionnels le jeudi 20 novembre pour :

– Un budget 2009 à la hauteur des exigences, ce qui nécessite notamment de revenir sur les suppressions de postes prévues ;
– Une rénovation du système éducatif avec comme axe principal la réussite et l’élévation de la qualification de tous les jeunes, ce qui va de pair avec l’amélioration des conditions de travail des élèves et des personnels ;
– Le maintien et le développement du paritarisme et des droits syndicaux ;
– Un véritable dialogue social sur les questions éducatives, ce qui nécessite que toute réforme prenne en compte les propositions des personnels, des parents, des élèves et de leurs organisations représentatives ce qui exclut la précipitation dans laquelle le ministère entend actuellement travailler ;
– La revalorisation de l’ensemble des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation ;
– Une réforme des lycées reconnaissant les apports disciplinaires, respectant les métiers, définissant des parcours cohérents dans les 3 voies de formation pour mener davantage de jeunes au Baccalauréat, examen national garantissant l’accès à l’Université.

Bref, à un mois des élections, ils veulent tous faire un truc mais en même temps ils ne veulent pas bouger. En fait, celui qui n'appelle pas est électoralement mort. Rien que du foireux donc...


* "Je refuse d'obéir". Une intéressante lettre d'un de nos collègues à son inspecteur. Faudrait peut-être l'envoyer aussi aux syndicats si dispersés ces jours-ci... C'est là. Voici le début.

Colomiers, le 6 novembre 2008

Monsieur l'Inspecteur,
  
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.
 
Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé  qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.

 Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction

Aujourd'hui, la coupe est pleine ! ...lire la suite.

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Privations (MAJ)

* Contraintes administratives. Au détour de cette dépêche de l'AP on trouve une phrase bien étrange ....

Xavier Darcos veut former les profs en-dehors des heures de cours
AP | 05.11.2008 | 14:13
le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos envisage d'organiser la formation continue des enseignants "en-dehors des heures qu'ils passent normalement devant les élèves" afin de limiter le nombre de profs à remplacer, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Xavier Darcos a présenté mercredi au conseil des ministres une communication qui souligne les "insuffisances" du remplacement des enseignants et propose pour y remédier de limiter "les causes d'absence des enseignants", a expliqué Luc Chatel. Ceci pourrait se faire "notamment en organisant les séquences de formation en-dehors des heures qu'ils passent normalement devant les élèves".
Le ministre propose aussi d'assouplir les "contraintes administratives" qui limitent les remplacements et d'améliorer la gestion des remplacements. "Une agence nationale du remplacement" sera créée pour travailler sur ce dossier, qui devrait être opérationnelle "pour la rentrée 2009", a précisé Luc Chatel.

C'est quoi ces contraintes administratives ? Les statuts ? En d'autres temps cela s'appelait le progrès social...

* Externalisation
(de la gestion des mutations). Tous les jours un peu plus. Voici le lièvre que lève ces jours-ci le SNES :

SNES - Après avoir supprimé des centaines de postes dans les services de gestion des personnels, le ministère de l’Éducation nationale envisage aujourd’hui de confier à un prestataire de services privé le soin de conseiller et d’informer les enseignants demandeurs de mutation par le biais de plateformes téléphoniques. Alerté par le contenu d’un appel d’offre public, le SNES a interrogé le ministère qui confirmait l’information. Dans le cadre de la note de service mutations 2009, cette société privée serait aussi chargée d’informer les candidats à mutations de leur affectation telle que prévue dans le projet de l’administration, avant même la réunion des commissions paritaires où les élus du personnels interviennent pour faire corriger erreurs ou injustices. Cela signifie aussi qu’une entreprise privée aurait accès à des informations relatives à la vie privée (situation de famille, situation de santé...) et administrative des enseignants. Cela risque aussi, d’empêcher toute amélioration en commission.



* Vers la fin des petites sections de maternelle. C'était prévu. Darcos avait bien dit que pour changer les couches...

Deux rapports vont dans le même sens :

-> Tout d'abord : un rapport parlementaire qui montre qu'on ferait mieux sans les petites section. Dans son intégralité là .

Pour les enfants de 2-3 ans, un rapport du Sénat prône le "jardin d'éveil"

AFP - Les enfants âgés de 2 à 3 ans devraient être accueillis en "jardin d'éveil", un "nouveau service public" à créer, selon un rapport sénatorial rendu public mardi et qui s'inscrit dans le débat sur la scolarisation à 2 ans relancé par le ministre de l'Education Xavier Darcos.
Ce "jardin d'éveil" serait une "structure innovante à mi-chemin entre la crèche et l'école" qui "précèderait l'entrée à l'école maternelle", écrivent les sénateurs UMP Monique Papon (Loire-Atlantique) et Pierre Martin (Somme) au nom du groupe de travail sur "la scolarisation des jeunes enfants".
Ce "lieu d'éducation et d'éveil s'inscrirait dans le cadre de la politique familiale comme un nouveau service public", ajoutent-ils.
A la base de cette proposition, un double constat fait par les sénateurs: d'une part l'école offre "un milieu peu adapté aux enfants de deux ans" et leur scolarisation est "une fausse bonne idée pour la réussite scolaire", mais d'autre part les modes de garde de la petite enfance (crèches, assistantes maternelles, etc.) sont insuffisants, alors que la natalité est dynamique.

* Vers une réduction du temps de scolarité ?
->
Ensuite un autre rapport devant l'assemblée nationale (en ligne ici) de GILLES CARREZ montrerait (selon le café pédagogique) que l'on va vers une réduction du temps de scolarité en France. en effet après avoir comparé les coûts de la scolarisation en France et dans d'autres pays, il apporte un argument nouveau  pour la réduction des dépenses : " la durée de la scolarisation est supérieure en France à la moyenne des autres pays européens. Le nombre d’années de scolarisation dite « universelle » au sens de l’OCDE (taux de scolarisation supérieur à 90 %) est de 15 en France contre 13 années en moyenne dans les autres pays européens". Très probablement cette remarque signifie que, dans l'esprit de la majorité, le déshabillage de la maternelle n'est pas terminé.
De plus :
Il en profiterait aussi pour demander au retour à la bivalence des enseignants !


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Sciences humaines

* Programmes d'histoire et représentation nationale. Suite des déclarations de Darcos à l'A.N. (en vidéo plus bas sur cette page). P. Nora demande des explications à Darcos. Mais sa lettre laisse craindre le pire.

d'après AFP :
Sur la "confiance" que la représentation nationale devrait accorder à échéance régulière aux spécialistes chargés des programmes scolaires, l'historien pose des questions au ministre : "Quelle échéance? Quel type de confirmation de quelle confiance? Quels spécialistes chargés de la rédaction des programmes scolaires, puisqu'ils sont nombreux et dépendent tous, en définitive, de votre autorité?".

* Certains se félicitent du nouveau "Base-Elève". C'est quand même curieux...

La LDH et le syndicat SE-Unsa se félicitent du nouvel arrêté "base élèves"

"La Ligue des droits de l'homme (LDH) et le syndicat d'enseignants SE-Unsa se sont félicités lundi de l'arrêté publié samedi au Journal officiel sur la nouvelle version de la "base élèves", alors que ce fichier informatiques sur les élèves du primaire était contesté.
La LDH "se félicite du contenu" de cet arrêté qui "constitue sans aucun doute une victoire de la mobilisation qui ne s'est pas démentie durant plusieurs mois contre les dangers de l'implantation sans base légale" de ce fichier, selon un communiqué.
L'arrêté "fixe en effet de manière limitative les données susceptibles d'être enregistrées et la durée de leur conservation" et "interdit notamment la collecte d'informations sur la nationalité et sur +l'orientation raciale ou ethnique+ (sic)", ajoute la LDH."


* Appel à la réorganisation des sciences humaines, économiques et sociales du politique

Voici un texte d'appel autour des sciences humaines. Pour  soutenir la démarche, rejoindre le groupe ou être informé de la suite signez l'appel ici : http://www.shesp.lautre.net/spip.php?article1


"Dans un contexte de brutale dégradation des conditions de travail sous des attaques gouvernementales répétées (suppression des formations, des crédits et des postes ; classement des revues scientifiques ; retour aux différenciations / hiérarchisations catégorielles des personnels…), la participation aux dispositifs de mise en œuvre de cette politique, le retranchement de la science politique sur un ou deux établissements parisiens, les silences d’associations universitaires face aux attaques gouvernementales, la réactivation de hiérarchies professionnelles qui ramènent plus de quarante ans en arrière, l’absence d’articulation des mobilisations relatives aux lycées et de celles relatives aux universités, ne sont pas des réponses adaptées. Il est nécessaire de trouver de nouvelles modalités d’organisation et de nouvelles formes d’action qui permettent de défendre l’autonomie de la recherche et de l’enseignement dans les sciences humaines, économiques et sociales du politique.

Dans un contexte où nos matières sont attaquées simultanément dans les programmes des lycées et dans les institutions scientifiques et universitaires, nous appelons les deux communautés du secondaire et du supérieur à se réunir tant par des adhésions croisées entre les diverses associations de ce domaine que par la prise en charge dans chacune de ces associations de la globalité des enjeux actuels : défendre simultanément la présence de ces matières au lycée et développer à l’université des cursus pluridisciplinaires sur le modèle et dans la continuité des sciences économiques et sociales du lycée ; favoriser aussi les carrières universitaires et scientifiques pluridisciplinaires sur ce modèle ; trouver des modalités nouvelles de mieux fédérer les deux communautés.

Dans un contexte où la réduction de la pluralité intellectuelle affecte l’ensemble des sciences humaines, économiques et sociales, nous appelons les collègues travaillant en sociologie et anthropologie politiques, en philosophie politique et en philosophie du droit, en économie politique, en socio-histoire du politique, en sciences juridiques... à se réunir pour défendre la diversité des sciences du politique dans les systèmes éducatifs tout en continuant, à contre courant des tendances actuelles, de prêter intérêt aux approches distanciées des pouvoirs politiques et économiques.

Dans un contexte créé par une politique qui pèse sur les contenus intellectuels en affectant les conditions de travail et renforce ainsi l’interdépendance des enjeux proprement scientifiques et des enjeux relatifs à l’organisation de la profession, nous appelons les associations scientifiques disciplinaires, les associations professionnelles spécifiques à chaque discipline et les syndicats présents dans ces disciplines à travailler de concert à leur défense.

Dans un contexte de stratégie gouvernementale tendant à diviser la profession par une mise en concurrence et en opposition délétère des catégories
de chercheurs et d’enseignants-chercheurs, des revues, des laboratoires et des universités, nous appelons à réunifier la communauté des chercheurs et enseignants-chercheurs aux statuts multiples et variés sans indexer l’animation des échanges scientifiques sur les prérogatives institutionnelles que confèrent certains statuts ou certains grades privilégiés ou encore le rattachement à des institutions renforcées par les réformes en cours."

Pour voir les bases de la plate forme proposée, suivre le lien suivant.
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