(encore) des idées d'économies pour le lycée pro

* Lycée pro : vers la fusion des premières et terminales CAP ?

Vers une nouvelle « ingénierie pédagogique spécifique » pour faire (encore) des économies...

Mammouth déchaîné. C’est une petite bombe que l’on peut lire ces jours-ci dans les salles des profs de certains lycées professionnels en Poitou-Charentes.

Les enseignants ont ainsi eu la surprise de découvrir le sort à court terme que l’administration faisait aux derniers CAP qui survivent encore à la dernière réforme.

Un projet de groupe de travail intitulé « classes à plusieurs niveaux » vient d’émerger de la pensée audacieuse de la rectrice de Poitiers, relayée comme il se doit par le corps d’inspection.

« le faible nombre d’élèves présents compromet la pérennité de ces classes de CAP », lit t-on dans un document qui émane de l’inspection Enseignement Technique - Sciences et techniques industrielles. Et pour éviter la suppression de ces formations, voilà LA solution.

Il faut regrouper les élèves ... de première et de terminale dans la même section. Ainsi dans nombre de lycées on peut réduire 4 à 6 groupes en 2, toutes spécialités mélangées. C’est déjà l’esprit des troncs communs en lycée général. Voilà que cela s’applique désormais à des enseignements plus spécialisés.

Et pour faire passer la pilule, l’Inspection demande à certains chefs d’établissement ou à certains profs de participer à ces groupes de travail afin de trouver une
« ingénierie pédagogique spécifique [à ce montage] » c’est à dire organiser la gestion des enseignements ou des CCF et « la gestion et animation du groupe classe ».

Vocabulaire issu en droite ligne de la gestion des ressources (in)humaines, qui dit clairement au moins qu’il n’est plus question d’enseigner.

Voilà de quoi perdre encore énormément de moyens pour ces établissements. S’agit-il d’un de ces leviers d’efficience que prône la LOFL ? Et qui va se faire sur le dos des élèves de CAP.

Et le rectorat de Poitiers veut que l’opération se déroule en toute discrétion. Trop tard.


* Nouveau management par l’intimidation dans l’EN.

C’est en Charente-Maritime que cela se passe.

Mammouth déchaîné — Les directeurs de ce département ont reçu un courrier d e l'IA de Charente-Maritime qui ressemble bien à une tentative d'intimidation visant à les empêcher de signer une déclaration favorable aux EVS ayant entamé une procédure contre leurs anciens employeurs (l'Éducation nationale).


Faut-il rappeler que le code pénal prévoit clairement de punir les tentatives de
 subornation de témoins ? Voir l'article 434-15, modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002 : « Le fait d'user de promesses, offres, présents, pressions, menaces, voies de fait, manœuvres ou artifices au cours d'une procédure ou en vue d'une demande ou défense en justice afin de déterminer autrui soit à faire ou délivrer une déposition, une déclaration ou une attestation mensongère, soit à s'abstenir de faire ou délivrer une déposition, une déclaration ou une attestation, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende, même si la subornation n'est pas suivie d'effet. »

Ça serait dommage d'inciter des syndicalistes malveillants à utiliser une citation directe ou déposer une nouvelle plainte alors que... les procédures s’accumulent contre l’Education nationale !


* Se syndiquer plus pour gagner plus : le syndicat de la feuille de paye.

Voilà une argumentation syndicale imparable.

Encore un truc époustouflant, décidément aujourd’hui. Voici le bandeau trouvé sur un site d’une grande organisation syndicale. Dingue non ? Vive la crise !



En bas de cette page notamment...

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Pour quelques dollars de plus...

* Chatel au grand coeur. Vraiment ?


En beau milieu de semaine, alors que personne ne s’y attendait vraiment Luky Luc Châtel, a encore tiré plus vite que son ombre, en déclarant payer au minimum tous les enseignants à 2000 €.

Blague, pas blague ? intox ? poisson d’avril avec du retard ou super en avance? Un peu tout à la fois.

- D’abord il ne s’agit que du revenu BRUT, et pas net, donc en gros cela veut dire un premier salaire à 1620 €.
- Ensuite pour atteindre 2000€ brut,
il fallait attendre le 4e échelon, soit ... deux ans de travail en théorie (voir la grille là).
- Mais,
avec la masterisation, les enseignants certifiés débutent directement à l’échelon 3 (1898 € brut). Les agrégés, eux, nantis, ne verront rien.

Bref, 102 € de plus pendant un an (c’est déjà ça), puis 4 € de plus pendant 2 ans (c’est une obole). Et dès l’arrivée à l’échelon 4 scela veut dire aussi rester entre 4 ans et demi et 6 ans (selon le passage de l’inspecteur) avec le même salaire (ou sale air, à vous de choisir).

Et on oublie de dire que tous les enseignants ne sont pas fonctionnaires, et pour ce petit personnel là ... c’est autre chose.

Et puis faut pas rêver, voilà comment Luc Chatel termine ses propos : « Nous nous concen­trons sur les jeunes ensei­gnants, rétorque-t-on dans l'entourage de Luc Chatel, car ils font par­tie des plus mal payés de l'OCDE, alors que les plus âgés sont au contraire parmi les mieux payés ». Pas pour longtemps...



* Hollande et les contreparties

Ce jour le candidat socialiste annonce une grande loi sur l’école dès son arrivée au pouvoir ou presque. Mais attention, il affiche tout de suite la couleur : il y aura des contreparties.

"Ce que je vou­drais, c'est pou­voir (en cas de vic­toire à la pré­si­den­tielle, ndlr) dès l'été, enga­ger avec l'ensemble des acteurs cette concer­ta­tion, pour que nous puis­sions voter une loi de pro­gram­ma­tion à la fin de l'année et avoir à ce moment là, avec cette pro­gram­ma­tion aussi les moyens ». " Nous aurons d'abord à faire une évalua­tion, car nos résul­tats ne sont pas bons en matière sco­laire (...) Le contrat aura aussi, à par­tir de ce constat, à déga­ger des moyens, mais aura aussi des contre­par­ties ».

L’AFP nous informe aussi que des ren­contres entre Vincent Peillon,
le res­pon­sable du pôle Education de sa cam­pagne et des orga­ni­sa­tions syn­di­cales sont pré­vues en décembre.

Bref, on ne sait pas ce que cela veut dire. Travailler plus pour gagner plus ?
Dès qu’on a écho de ces négociations on vous y invitera. Mais c’est pas sûr qu’on en ait écho...


* Une fermeture d’établissement en lousdé qui ne se fera pas.

AFP - Le pré­sident de la région Rhône-Alpes avait annoncé il y a un an son inten­tion de limi­ter le nombre d'élèves à par­tir de la ren­trée 2011 au lycée Emmanuel Mounier avant sa recons­truc­tion en 2013, en rai­son de la vétusté des bâtiments.

Le juge admi­nis­tra­tif a au contraire estimé que les "rap­ports de suivi de télé­sur­veillance de ces bâti­ments" n'avaient révélé "aucune ten­dance pré­oc­cu­pante quant à la sta­bi­lité des struc­tures à court terme".

Le tri­bu­nal avait été saisi par un col­lec­tif com­posé de pro­fes­seurs, d'élèves et de leurs parents, qui deman­daient le main­tien des classes pen­dant les tra­vaux. Ces der­niers avaient en outre mené une série d'actions spec­ta­cu­laires pour s'opposer à la déci­sion de M. Queyranne.

"C'est une grande vic­toire démo­cra­tique", s'est réjoui Pierre Meriaux, conseiller régio­nal écolo­giste, qui fai­sait par­tie des requérants.
"On n'a jamais pu avoir d'explication réelle" sur la déci­sion de fer­mer des classes du lycée Mounier autre qu'un "
souci de sécu­rité poussé à l'extrême et qui ne tient pas la route", a-t-il cri­ti­qué, en deman­dant l'ouverture d'un débat sur l'avenir de l'établissement.

Comme quoi quand on se mobilise...


* Retour des châtiments corporels

"Ecole à la maison" et timbrés de toutes sortes semblent faire bon ménage aux USA.  En témoigne le succès du lamentable livre publié par un pasteur évangéliste, "To Train Up a Child".

Publié à compte d'auteur, le livre du pasteur Pearl aurait été vendu à plus de 670 000 exemplaires ; il rencontre notamment un vif succès dans les milieux chrétiens adeptes de l'école à la maison. Il explique aux parents comment éduquer les enfants en suivant non seulement de bons principes chrétiens, mais aussi  les “principes utilisés par les amish pour dresser leurs mules les plus têtues”, c'est-à-dire en leur donnant des coups, les châtiments corporels étant considérés par certains chrétiens conservateurs comme  tout à fait compatibles avec la Bible . Le bon pasteur donne même des conseils pour frapper les bébés de 6 mois...

Plusieurs enfants dont les parents étaient des adeptes de la méthode Pearl sont déjà morts sous les coups.
Plus d'infos dans
cet article de Courrier international (reprenant un article du New York Times).


* Plus fort que Guéant : punir dès 12 mois :

Punir les bébés trouve aussi ses adeptes en France: ainsi, le site ultra-réac "etatdedroit.fr" (site tellement proche de l'association Sos éducation que leurs deux adresses ip sont 213.186.33.2 et 213.186.33.4 ... ) souhaite entériner l'idée que l'on puisse "punir" les enfants dès 12 mois, mais attention, précise le site (proposition E20) "il va de soi que les gestes connus pour leur dangerosité seraient régulièrement rappelés aux nouveaux parents : ne JAMAIS secouer un jeune enfant, etc."

ouf, on a eu peur...


* Une bible pour tous les élèves ?


C’est en Grande Bretagne...

Michael Gove to send copy of King James Bible to all English schools
Education secretary will write a brief foreword in special edition marking 400th anniversary of its publication

lire l’article.


* Non aux suppôts : Pernault de passera pas.

C’est ce qui est arrivé dans un lycée d’Orléans : Jean-Pierre- Pernault venant présenter la Fondation TF1 a été recalé, comme le signalait Libé il y a quelques jours maintenant.

«Nous préférons recevoir des gens un peu plus nourrissants, comme Stéphane Hessel ou Raymond Aubrac, tranche sans détours Pascale Nogues, professeur au lycée Benjamin-Franklin. Quant à l’idée de parler de l’intégration des jeunes vivant dans les zones sensibles avec un journaliste de TF1, nous la trouvons peu séduisante. Pernaut, dont on connaît les accointances avec l’actuel gouvernement qui supprime des postes dans l’Education nationale, ne nous semble pas le plus qualifié. À vrai dire, l’opération sent l’incohérence et l’hypocrisie.»

Alors que la Fondation TF1
«a pour but principal de lutter contre les différentes formes de discrimination dans les métiers de la communication»...
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Parent d'élève "à la française" [MAJ]

[MAJ] * Vive l’autonomie (sous le contrôle de l’Etat) !

Mammouth déchaîné - Résultat de la LRU, les universités sont désormais autonomes. Enfin plutôt étaient...
Car voici venu le temps des budgets prévisionnels et autres résultats qui font que l’Etat reprend largement la main... Et les résultats des établissements du supérieur ne sont pas tous bons. Huit sont officiellement dans le rouge (L'UPMC, Paris-XIII, Limoges, l'université de Savoie, Nice-Sophia-Antipolis, Bordeaux-III, l'Insa de Rouen et l'ENS Cachan), et passent sous gestion rectorale ou du MESR. On parle de 37 millions de déficit (AEF). Il y aurait aussi selon nos sources, dans la zone presque rouge, les universités de Pau, Bretagne sud, Nantes, Poitiers, Paris VI... en déficit une année sur deux. Si une université est en déficit 2 ans de suite, la mise sous tutelle par le recteur est automatique, loi LRU oblige. Et le problème est que « le contexte a évolué depuis que les universités gèrent la totalité de leur masse salariale avec le passage aux RCE, ce qui a multiplié les budgets « par trois ou quatre », d’après le ministre.
Si on répertorie tous les établissements qui étaient dans le rouge en 2010, on peut prévoir qu'une fois les comptes 2011 arrêtés, il y aurait potentiellement une vingtaine d'établissements supplémentaires qui passeraient sous tutelle à la fin de l'année 2012.

Certaines contactent déjà leur enseignants pour travailler plus en gagnant autant.

Dans d’autres l’heure de la mobilisation a sonné.

Dans certaines même on se réjouit. C’est le cas à Paris IV, presque contente de la mise sous tutelle de Paris VI, magnifique cadeau même, deux semaines avant le vote du PRES et la fusion avec Paris VI et Paris II et ce qui enlèverait à Paris VI le bénéfice de l’Idex (pour le bonheur des autres).

Et les déficits sont bien là (voir ce fichier
Résultat net comptable). la question reste de savoir dans quels budgets vont être faits les coupes. Les étudiants soupçonnent déjà que ce sera dans ceux des CROUS. Et les enseignants, eux, serrent les fesses. Il y a de quoi. Car selon les syndicats le ministère négocie directement avec les présidents d'université les maigres enveloppes qu'il accorderait à leurs établissements pour assurer leurs missions de service public.

Certains pensent clairement que Le gouvernement est directement comptable de cette situation calamiteuse. de la à parler de stratégie d'asphyxie, concertée, pensée, réfléchie, et cela pour restructurer massivement, il n’y a qu’un pas.

Bientôt dans le reste de l’éducation nationale ?




* Guéant futur ministre labelisé de la famille nationale
?

Quand Guéant invente le label "parent d'élève à la française"!

Le projet UMP pour l’école après 2012 l’érige en modèle (p. 26). Grâce à lui, les parents d'élèves étrangers ou immigrés d'origine extracommunautaire peuvent d'ores et déjà, dans l'académie de Paris, bénéficier d'un apprentissage du "métier de parent d'élève à la française" (sic) ; le diplôme ad hoc toutefois n'est pas encore prévu comme c'est le cas pour le dispositif FLIC, le français langue d'intégration contrôlée, dispositif par lequel le ministre de l'intérieur entend faire passer un examen de langue française aux candidats à la naturalisation.

Même les louables intentions comme "Associer davantage les parents à la scolarité de leur enfant" (proposition n° 7 du programme UMP pour l'école) sont vite  salies par le vocabulaire utilisé... (et les arrière-pensées politiciennes et électoralistes...).

C’est sans doute le résultat de l’apprentissage du métier de ministre à la française...


* Les socialistes et l’Ecole.

Ce seront donc V. Peillon, B. Juliard, et J.-P. Gilles, les conseillers qui aideront Hollande à se dépatouiller pour expliquer que la création de 60 000 postes ... ben ... comment dire... que... si on supprime le nucléaire, euh, non si on ne le supprime pas mais qu’on supprime les redoublements ... ah non, pas les redoublements non plus, bon alors ? oui : des postes en plus, mais pas que des profs non plus, d’ailleurs très peu... tiens pourquoi pas des TUC ? non plus ben alors... bref, qui expliqueront que les profs devront changer de statut (mais c’est pas la droite qui veut ça ? tais-toi Vincent, allez vas-y Bruno, c’est à toi).

Libé. —
Hollande recevra début 2012 les enseignants sur leur statut
Le débat sur la modification du statut des enseignants, resté inchangé depuis 1950, figure au programme du PS.
François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, recevra les enseignants au début 2012 [NDLR : mais lesquels ? pas le SE-UNSA et le SGEN au moins ? si ? non... ] pour discuter de leurs missions, un sujet sensible pour les syndicats qui critiquent le projet de l’UMP, annonce Vincent Peillon dans le Monde daté de mardi.
L’UMP
a proposé le 8 novembre de «revoir» les «obligations de service» des enseignants via «un nouveau statut» pour intégrer dans leurs «missions non seulement les cours mais l’accompagnement: tutorat, orientation, concertation».
«On est en train de revendre aux enseignants le "travailler plus pour gagner plus"», avait alors commenté à l’AFP Thierry Cadart, du Sgen-CFDT.
Le PS propose de
«reconnaître les missions qui sont accomplies, missions nécessaires, mais non reconnues. Les enseignants y sont prêts, dès lors qu’il ne s’agit pas d’organiser une régression mais d’améliorer en profondeur un système éducatif en les associant pleinement», poursuit Vincent Peillon.
«Il faut une revalorisation matérielle et morale du métier d’enseignant. Mais en même temps, il faudra faire évoluer la définition du métier, de ses tâches, de ses obligations, des services», estime-t-il.
UMP sors de ce corps !


* Education nationale, sous traitant de Microsoft.


On vous le dirait vous n’y croiriez pas. Mais là il y a les preuves.

Framablog. - Les inspecteurs de l'éducation nationale convoqués chez Microsoft
Paris, mardi 22 novembre 2011, communiqué de presse.
À l’occasion du salon de l’éducation Éducatec-Éducatice 2011, les inspecteurs de l’Éducation nationale chargés de mission nouvelles technologies (IEN-TICE), conseillers techniques des inspecteurs d’académie, tiendront leurs journées annuelles. Cette année, l’administration centrale de l’Éducation nationale les convoque directement au siège de la société Microsoft, à Issy-les-Moulineaux. L’April et Framasoft regrettent vivement que le programme de ces journées ne mentionne pas les logiciels et ressources libres.
Pas moins d’une centaine d’IEN-TICE sont donc conviés au siège de Microsoft, le mardi 22 novembre, veille de l’ouverture du salon, pour une réunion dédiée aux technologies de cette entreprise.




* TICE toujours : la Suisse les refuse !

Tribune de Gen’ve. Ecole obligatoire: enseigner par webcam ou courriel est illégal
JUSTICE | Le Tribunal fédéral se prononçait sur le cas d'un couple de Zurichois qui voulait que ses quatre enfants suivent des cours diffusés depuis l'Allemagne. L’enseignement à distance n’est pas autorisé pour des élèves en âge de scolarité obligatoire.
L’enseignement à distance n’est pas autorisé pour les enfants en âge de scolarité obligatoire car ce système ne permet pas de développer les compétences sociales des élèves. Tel est le jugement rendu lundi par le Tribunal fédéral (TF) à Lausanne.
Le cas concerne un couple de Zurichois qui voulait que ses quatre enfants suivent un enseignement à distance diffusé depuis l’Allemagne. Si les enfants ont des questions, les enseignants sont atteignables par téléphone, courriel et webcam.
Les autorités zurichoises ont refusé d’accorder une autorisation aux parents qui ont fait recours auprès des tribunaux. Le Tribunal fédéral a donné raison au canton.
Pour le TF, l’enseignement à distance n’est pas compatible avec la Constitution fédérale dans laquelle est ancré le principe du droit à un enseignement de base suffisant. L’enseignement de base doit donner aux enfants des connaissances scolaires et sociales.


* Grand concours de fautes (d’orthographe) à l’Elysée.

Révélé par Lexpress. Le niveau baisse ? Vraiment ?

Guéant a encore du travail pour faire respecter l’orthographe nationale.

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Retour sur ...

* Les décrets (de la semaine)

Résumons, donc.
Tout d’abord un petit rappel. Les propos de Darcos en 2007. Les voici. On ne s’étonnera pas donc aujourd’hui :
«L’évaluation des professeurs devra être complètement revue. Les résultats et performances de l’établissement seraient rendus publics tous les ans. Les professeurs dont les élèves auront progressé ou réussi leurs examens ou certifications, les professeurs qui auront conduit avec succès à leur terme des projets pédagogiques ou éducatifs pourront bénéficier de primes. Le chef d’établissement serait dans ce cadre le principal évaluateur des personnels. Les corps d’inspection n’interviendraient dans l’évaluation de personnels que dans quelques cas précis : manquement graves, excellence et promotion. Ce sujet est sensible : il devra être longuement négocié. » (Rapport de mars 2007 au candidat Nicolas Sarkozy)

Ces décrets vont permettre de :

- réduire les coûts salariaux en fixant un rythme unique d’avancement sur la base la moins avantageuse, la comparaison de la « grille » jusque là appliquée et de la projection du nouveau modèle de « réduction d’ancienneté » le montre. Les rythmes de carrière seront bien plus lents que dans le système actuel. Et de loin ! Alors que dans l’ancien système il pouvait y avoir un décalage de prêt de 2,5 ans entre grand choix et ancienneté, désormais il n’y aurait guère plus de 5 mois. Après tout tant mieux car vu l’injustice de la notation...

- nous occuper à rien faire, sinon à nous auto-évaluer en permanence pour des prunes. Grilles dévaluation à faire et à remplir (par soi-même on n’a pas fini de rigoler), entretien tous les trois ans, ... même les chefs d’établissement vont finir par trouver ça lourd et chronophage. Voilà de quoi les réduire à des chefs du personnel alors qu’ils se targuent d’être des « pilotes », impulseurs d’idées, manageurs d’entreprise...

- donner un nouveau rôle au CA qui, nous disent les décrets, va valider les orientations de la politique d'établissement et définir du coup l’évaluation des pratiques professionnelles des enseignants. 

- inféoder les enseignants (enfin, ils sont tellement incontrolables) à un vrai chef (bien couillu) qui, loi de mobilité des fonctionnaires aidant, pourra sans doute un jour vous proposer trois postes et vous mettre à la porte.

- mettre de côté les programmes nationaux, grâce à la politique d’établissement dans le cadre de l’autonomie, ce qui va avec la volonté -prônée depuis l’OCDE - d’individualiser les parcours.

- faire des profs des agents publics locaux, de les préparer à les faire passer aux Régions, en dégradant tellement les conditions que lesdits enseignants ne pourront être qu’attirés par les statuts de la fonction publique territoriale (vous vous souvenez de ce qui est arrivé aux TOS ?).

Bref, une question grave se pose aujourd’hui : va-t-il falloir tous adhérer au SE-UNSA pour avoir de bonnes notes des chefs d’établissement quasiment tous au SNPDEN-UNSA ? Là vraiment, c’est le summum de la galère... TOUS EN GREVE (voir plus bas).


- Vexés comme des poux : les inspecteurs (des indicateurs de performance)

C'est sur internet (où le document avait "fuité") qu'ils ont appris les projets de décret du ministre leur retirant l'évaluation des enseignants pour la confier aux chefs d'établissements.
Voici par exemple un de leurs récents communiqués à ce sujet:


source Évaluation des enseignants du second degré par les seuls chefs d’établissement : le SNPI-FSU interloqué !

S’il a bien été reçu ce mardi 15 novembre 2011 au sujet de la circulaire qui accompagnera le décret sur la réforme de la gouvernance, le SNPI-FSU n’a pas été à ce jour destinataire des projets de décret et d’arrêté concernant l’évaluation des enseignants. Il les a découverts sur internet et il est donc trop tôt pour qu’il en produise en analyse détaillée. Cependant, il est probable que l’hypothèse et la crainte qu’il a maintes fois émises de voir la fonction d’inspecteur se transformer en celle d’un contrôleur d’indicateurs de performance se trouvent confirmées.


* La semaine syndicale

Mammouth Déchaîné. - Pendant ce temps là, côté syndicat on veut (essayer de) s’agiter.
Alors que le projet de décret est dans les cartons idéologiques de la majorité politique élue en 2007 (cf ci-dessus), alors que certains syndicats lâchent le morceau, à savoir qu’il y a déjà 4 ou 5 mois des rencontres avaient eu lieu ou avaient été présentés déjà presque les mêmes textes, confirmant ainsi les propos de Luc Chatel sur des « décrets négociés », un apparent branle-bas de combat est en marche.

Retour sur celui-ci pour y voir clair (enfin à vous de juger) :

Mardi matin à la première heure, on apprend que les syndicats FO de l’EN appellent à une intersyndicale pour le mardi 22. Dans l’après midi, on apprend que le SNES (pas toute la FSU) appelle lui aussi à une intersyndicale (du second degré) le jeudi 18. Mercredi le SNES avant toute intersyndicale fixe une grève pour le 12 ou 13 décembre. Provoc ?

A l’intersyndicale du SNES (où tout le monde se rend, y compris FO), plainte généralisée de tous les syndicats et même si des divergences existent sur la grève (le SGEN le SNALC et le SMCL-FEAN ne sont pas sûrs), tout le monde déplore les décrets. Pour certains, de là à défendre le système actuel -très juste il faut croire - , il n’y a pas loin... Tiraillements traditionnels entre ceux qui veulent une vraie mobilisation (grève avec des suites) et les autres (qui espèrent toujours négocier une amélioration des décrets ?).

Jeudi, est annoncée une autre intersyndicale, du premier degré cette fois, faite par le SNUIPP qui prend le train en marche (il y a de la communication à la FSU...) sans forcément en avoir averti les autres. Bref, un vraie confusion, et ce n’est pas fini... Les syndicats arrivent cependant à s’accorder pour une grève le 15 décembre. C’est déjà ça...

Toujours jeudi, une inter-confédération se tient, où se trouvent CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, et FO (qui répète pourtant qu’elle ne fait pas partie de l’intersyndicale). La confusion est encore plus grande. Tous s’accordent sur le fond (dégradation situation sociale, attaques sans précédent...) mais atonie générale quant à l’ordre de mobilisation. A se demander si il y a une vision stratégique... Seule la CFDT déclare clairement qu’elle ne veut pas mobiliser. Un comble. Cherchez l’erreur.
Finalement il en sort un texte, avec
une décision de mobilisation le... 13 décembre. Allez comprendre ! On sauve les meubles en allant vers une perspective de mobilisation en janvier. Mais mobilisation ne veut pas dire grève bien sûr...

C’est beau la vie syndicale... Le gouvernement n’a pas fini de rigoler...


* Les remplacements : berger / bergère


Réponse d’un collègue (retraité) à la douce lettre de la rectrice d’Orléans-Tours qui sonne la mobilisation générale des retraités.





* Et CERISE, sur le gâteau :

Voici ce que présente ces jours-ci l’administration aux directeurs d’école, comme « livret d'évaluation numérique ».


C’est le site CERISE. Ne riez pas car on vous dit clairement que du fond de votre canapé de petit prof :

« CERISE Prim permet à l’enseignant :
d’assurer le suivi des acquis des élèves tout au long de l’année & pour l’ensemble de leur scolarité maternelle & élémentaire ;
de valider les compétences des paliers 1 & 2 du socle commun.
CERISE Prim est livré avec des référentiels par niveau conformes aux programmes en vigueur. 
»

Formidable pour ficher un peu plus les élèves de la maternelle à l’université.

La cerise : on nous envoie le lien vers un site PAYANT : 99 euros pour ficher !
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Le plus vite possible...

* Le vrai programme de Monsieur Plus (ou Luc Chatel aurait du travailler chez Balsen)

AFP -Chatel juge "possible" de continuer à supprimer des postes dans l'éducation
Le ministre de l'Education natio­nale, Luc Chatel, a jugé "pos­sible", dans un entre­tien jeudi aux Echos, de conti­nuer à réduire le nombre de poste dans l'éducation après 2012, et n'a pas écarté pour la pre­mière fois de recou­rir "à un orga­nisme indé­pen­dant" pour l'évaluation des élèves.
"Je pense que si l'on fait des réformes d'organisation et de struc­tures du sys­tème éduca­tif, oui, il sera pos­sible de réduire encore le nombre de postes en ne rem­pla­çant pas un cer­tain nombre de départs en retraite", a déclaré M. Chatel, dans un entre­tien paru sur le site inter­net du quo­ti­dien économique.
"Ma convic­tion, c'est qu'il fau­dra conti­nuer à bais­ser la part des dépenses publiques. Ce sera au can­di­dat sou­tenu par l'UMP à la pré­si­den­tielle de choi­sir la méthode", a-t-il pré­cisé à ce sujet.

N’oublions pas que le modèle scolaire de Luc Chatel est la multiplication des groupes de 70 élèves pour des cours magistraux avec toujours plus d’accompagnement individualisé (comme il l’a dit à Doha). Ne cherchez pas à comprendre, c’est simple : tout ce qui permet de réduire le budget est une avancée pédagogique.


* Décret évaluation des enseignants négocié (dit Luc Chatel) ?

Mais par qui ?
(pour les projets de décrets voir plus bas)

20 minutes. Evaluation des enseignants: Il n'y aura pas de décret «en catimini», assure Luc Chatel

Le ministre de l'Education, Luc Chatel, a assuré ce mercredi qu'il n'était «pas question de prendre en catimini un décret» confiant l'évaluation des professeurs des lycées et collèges à leurs seuls chefs d'établissement, alors que ce projet inquiète les enseignants.
«
Nous avons ouvert un groupe de travail avec les organisations syndicales sur la question, qui est très importante, de l'évaluation des enseignants tout au long de leur carrière. Ce groupe de travail avance. Nous sommes en train de discuter. Je n'ai aucun décret sur mon bureau prêt à être signé», a assuré Luc Chatel à la presse, à l'issue du conseil des ministres.

Chacun aura la joie de demander à son syndicat quelle a été sa participation à ce groupe de travail...


* Un autre projet en discussion : une circulaire « gouvernance »

Les syndicats viennent de recevoir un autre projet de circulaire, dont la discussion commence ce jour au ministère. L’Education nationale passe à la moulinette de la LOLF (encore une foi), le gouvernement voulant mettre en place un management pour rendre plus « performant » le service éducation nationale et en « responsabilisant » tous les acteurs éducatifs.

La circulaire en projet parle de «l’ adaptabilité des structures aux spécificités locales », la « la contractualisation sur la base d'un projet  local et la responsabilisation de tous les acteurs sur les objectifs du contrat ».Un des objectifs est « d’apprécier les compétences de chacun des niveaux » .


Et le tout dicté par la crise car «  au service de la réussite des élèves dans un contexte de fortes évolutions économiques sociales et sociétales ».

A suivre... les discussions auraient lieu aujourd’hui même au ministère.


* Nouveau management de l’EN : écoles privées hors de tout contrôle ?

Petite curiosité dans les projets de décrets concernant le nouveau management des personnels: les établissements privés (sous contrat!) pourraient échapper au contrôle de l'Etat, puisque n'étant pas fonctionnaires ni agents publics, mais relevant du droit privé, les directeurs ne pourront être contraints comme leurs collègues de l'enseignement public à se faire inspecter par les IPR, malgré l'Art. R. 241-21 du projet de décret qui paraît ici vide de sens...
«Les inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux inspectent les personnels de direction d’établissements d’enseignement ou de formation. »

Et leur statut de droit privé n'est sans doute pas près d'être remis en cause, certains de ces chefs d'établissements étant depuis longtemps bien plus payés que les inspecteurs eux-mêmes... comme on peut aisément l'apprendre dans des blogs ou forums de l'enseignement privé. Comme par exemple celui-ci...

Au passage on apprend comment vont être recyclés les IPR...


* Evaluation dans les écoles : l’UMP veut les rendre public, pour encourager la concurrence ?

L'UMP souhaite "rendre publiques les évaluations réalisées dans le primaire et au collège...
L’objectif, pour l’UMP, est de montrer « la valeur ajoutée de chaque école et de chaque collège », en un mot d’encourager la concurrence entre établissements." (
source)

Dire qu'on nous assurait encore il y a peu que ce n'était pas du tout le but de ces évaluations...


* Chatel et les homoparents : du non discours ?

J’étais très opposé au mariage homosexuel. Je pense que mon avis évolue sans doute avec la société française. Alors, quand je vous dis ça, je ne vais pas vous dire que je suis pour aujourd’hui», a déclaré sur RTL Luc Chatel."
Source.

A vouloir ratisser large pour les élections, Chatel risque de fâcher très fort les cathos... (et de faire perdre quelques voix à son patron) (à moins qu'il ne commence déjà à jouer perso pour 2017, les deux n'étant d'ailleurs pas incompatibles!).
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Le nouveau management du personnel dans l'EN : les projets de décrets

* Evaluation des enseignants : les projets de décrets sont sortis.

Ils mettent en place les nouvelles modalités de la réduction d’ancienneté pour passer à l’échelon supérieur. Et bien plus aussi... un nouveau management du personnel.

Voici le projet de décret et al notice d’explication qui ont été donnés par le ministère aux organisations syndicales :
:

notation

Une première analyse :

Le ministère préparait cette réforme depuis des années. Les projets de décret et d’arrêté réformant l’évaluation des enseignants sont désormais en circulation depuis le 14 novembre.
Ils remplacent à compter de la rentrée 2012 les dispositifs actuels par une modalité unique: un entretien d’évaluation tous les trois ans par le supérieur hiérarchique direct (le chef d’établissement dans le 2nd degré, l’IEN dans le 1er degré).
On passe à l’ère du management sur le modèle de l’entreprise.

Cet entretien reposera tout d’abord sur une
auto-évaluation, selon des grilles fournies par l’administration. Comme les expérimentations ont déjà permis de le constater, ce processus est particulièrement pervers : on doit soi-même s’évaluer... à travers les yeux de la hiérarchie et ses critères désormais purement comptables.

Fin des grilles d’avancement

Les plus « méritants » (entendre, « les plus dociles ») seront gratifiés
d’un ou plusieurs mois de réduction par rapport à l’ancienneté moyenne pour accéder à l’échelon supérieur, tandis que d’autres seront pénalisé-e-s par des majorations. Ainsi le supérieur hiérarchique aura un pouvoir personnel accru.
Exit les grilles d’avancement, qui certes n’étaient pas satisfaisantes, mais s’appliquaient partout. A commencé l’ère de la gestion individualisée des carrières.

L’évaluation devant remplacer la notation, que va-t-on évaluer ?

Le décret d’application de la loi « de modernisation de la Fonction Publique » le précise : en premier lieu « Les résultats professionnels obtenus par le Fonctionnaire » ; cela se traduit dans le projet d’arrêté sur l’évaluation des enseignant-s de la manière suivante : il s’agira en premier lieu d’évaluer la capacité de l’enseignant « à faire progresser chaque élève ».
L’enseignant sera donc jugé sur les résultats de ses élèves, à la « validation des compétences », aux évaluations en primaire, aux examens dans le secondaire, aux taux de passages et redoublements... Chacun sera comptable personnellement de ces résultats, devra produire du chiffre.

Sans oublier qu’un référentiel de compétences pour les enseignants a été créé il y a peu. Tout est dans tout, et réciproquement...


* Luc Chatel est manifestement fâché avec les chiffres

Ou alors c’est qu’il ment... Il n’oserait pas ?

Tout éduc.fr relève un certain nombre de contradictions dans l’entretien radiophonique du ministre.

223 000 décrocheurs et 70% de bacheliers, une contradiction que n'a pas relevée le "Grand jury"
Rappelons que, selon les chiffres officiels de l'Education nationale, en 2009, 42 % des sortants de formation initiale avaient un diplôme de l'enseignement supérieur (293 000 jeunes), 41 % avaient un diplôme de l'enseignement secondaire, bac, CAP ou BEP (286 000), et 17 % (122 000) sont sortis avec un brevet ou sans aucun diplôme. Parmi ces derniers, moins de la moitié (7,5 % du total) sont sortis avant la fin du cycle. Donc, même en admettant une marge d'erreur puisque le total d'une classe d'âge ainsi considérée est évalué à 701 000, alors que le nombre des naissances au début des années 90 est un peu supérieure (760 000), ce chiffre de 223 000 suppose que soient pris en compte des bacheliers ou des titulaires d'un CAP, qui ne peuvent être considérés comme des décrocheurs, même si certains peuvent avoir un problème d'insertion dans la vie active.



* Pour sauver le soldat Hollande...

... qui est décidément bien embourbé pour expliquer comment il va financer les création de postes de profs, Rue 89 lui donne LA solution politique :

1,9 milliard pour les profs, 3,69 milliards pour les prisons

  • 65 000 postes d'enseignants
L'Institut Montaigne chiffre à 1,9 milliard d'euros « en rythme de croisière » le coût de la mesure, soit moins que le chiffrage du PS, 2,5 milliards pour Hollande.
« Faut-il considérer la facture sur une année ou sur toute la durée de carrière des fonctionnaires », questionnent d'emblée les experts.
« La tradition des lois de finances, retenue par tous les gouvernements, veut que l'on raisonne sur une année. »
Sur cette base, l'Institut Montaigne parvient à un coût annuel de 378 millions pendant le quinquennat et de 1,9 milliard par an en rythme de croisière (en 2017, 65 000 postes).
François Hollande annonçait un coût de 2,5 milliards, Luc Chatel évoque 7,5 milliards d'euros, et l'UMP....100 milliards, intégrant dans son calcul la rémunération des professeurs pendant quarante ans puis sa pension de retraite pendant vingt ans.
  • 30 000 nouvelles places de prison
Dans un article publié par Rue89, l'Observatoire des prisons établissait ses comptes :
« La construction de 30 000 places de prison représente un coût de plus 3 milliards d'euros pour le contribuable. Outre la construction, le coût d'une journée de détention est évalué en moyenne à 82 euros, ce qui reviendrait avec l'incarcération visée de 80 000 personnes, à un budget de 6,5 millions d'euros par jour. »
L'Institut Montaigne estime que la mesure coûterait 3,69 milliards d'euros, et intègre les hypothèses d'établissement moins sécurisés (pour détenus en semi-liberté) :
  • coût annuel des investissements entre 2012 et 2017 : 737,2 millions d'euros, soit 3,686 milliards sur les cinq ans ;
  • coût de fonctionnement par an : 730 millions.
C'est un peu facile – mais tentant – de chuter sur Victor Hugo : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons. »

* Les idées sur l’Ecole d’un passé qui se croit futur (allez comprendre la conjugaison après cela)
Le CHE. Un blog de l’express les reprend.

* Faut encore savoir garder raison. Un peu de philo pour finir.

C’est encore sur Rue89, et cela en met un grand coup dans une des matières scolaires : le sport.
Philosophe de l'anti-sport : « On court, on ne lit plus »
Il enseigne l'EPS dans un lycée mais il n'a pas de sifflet, pas de chrono autour du cou et ne porte jamais de survêtement. Pire, il consacre sa vie à combattre le sport.
« Le sport, c'est à celui qui pisse le plus loin »
« Les belles valeurs du sport amateur... »
« Besancenot aime se droguer au sport »

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C'est la crise !

* Crise de la culture tout d’abord : Babar au secours de Chatel...

Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a comparé dimanche François Hollande à "Babar, le roi des éléphants" dont les histoires "endorment les enfants", quand son rival à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, serait Astérix, car "il gagne toujours à la fin".

"
Puisque c'est la journée de la gentillesse, je vais dire une gentillesse. Il y a un personnage de bande dessinée qu'on connaît bien, qui s'appelle Babar. Babar, il est sympathique, c'est le roi des éléphants. C'est l'histoire qu'on raconte aux enfants pour les endormir le soir", a répondu Luc Chatel à une question sur le socialiste, au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro.

What else ?


* Réduction des bourses (sans mauvaise plaisanterie).


Coup de rabot sur le budget de l’EN. En s'attaquant aux bourses et aux fonds sociaux, les députés UMP réduisent les crédits destinés à l'Éducation de 20 Millions d'Euros.

chanllenge.fr fait le point.

"Le budget 2012 de l'Education, qui prévoit notamment 14.000 suppressions de postes, a été adopté jeudi 10 novembre à l'Assemblée avec un coup de rabot supplémentaire de 20 millions d'euros pour contribuer au milliard d'économies supplémentaire annoncé en août par François Fillon.

Seront réduits de
11 millions les crédits destinés aux bourses de collèges et de lycées en raison de leur sous-utilisation et du nombre d'élèves à la rentrée 2011 et de 2 millions les crédits pour les fonds sociaux.

La subvention des opérateurs de l'Enseignement scolaire pour charges de service public sera diminuée de 6 millions et les crédits de
l'Enseignement technique agricole baissés d'un million."


* Autonomie des établissements : premières désillusions dans le Supérieur.

Avec la crise, les Universités désormais autonomes connaissent une première crise de leur budget. Et comme elles sont autonomes... Il est fort à craindre que le premier choix sera de réduire la masse salariale. Désormais ce sont elles qui gèrent la pénurie. Une autre forme de désengagement et de fuite de l’Etat (et de ses décideurs) devant la réalité.

Educpro.fr. — Combien d’universités éprouvent aujourd’hui des difficultés à présenter un budget en équilibre pour 2012 ? À l’heure du plan de rigueur de l’État, certains se veulent alarmistes en donnant plus de la moitié des établissements en déficit, alors que d’autres estiment que les doigts d’une main suffisent à compter les universités en réelle difficulté budgétaire. Après celles de Pau et de Bretagne-Sud, Nantes et Bordeaux 3 tirent à leur tour la sonnette d’alarme. Explications sur les moyens qu’elles comptent dégager pour garder leur autonomie.

« Ce matin, le conseil d'administration de l’université de Nantes a voté, à l’unanimité moins une voix, le principe de la présentation d’un budget 2012 en déséquilibre. Ce geste politique fort de notre établissement délivre un message de fermeté à nos autorités de tutelle. Je rappelle que la dotation globale de fonctionnement que devait nous attribuer le ministère a été amputée de 9 millions d’euros. Cela s’ajoute à des engagements non tenus qui impactent très fortement la masse salariale de l’université. » Tel est le message envoyé par Yves Lecointe aux personnels de son université de Nantes.
Lire la suite.


* Notre responsabilité est grande… Sans notre concours, ce fichage devient impossible !

Lorsque la consigne est liberticide, se révolter est un devoir !

Ce sont les nouveaux mots d’ordre lancés par le R.I.R.E. 5réseau Informel de Réflexion sur l’Education, dans
Appel à la résistance contre le fichage de l’enfance


* Violences policières à la cité scolaire Balzac (Paris, XVIIème)

La police réprime violemment un mouvement de grève dans un lycée parisien où élèves et professeurs protestaient contre le manque de personnel (32 élèves en 6ème, 36 en terminale) et des emplois du temps aberrants:
Si différentes versions (parfois contradictoires) des incidents ont été données, plusieurs témoignages d'élèves, de professeurs et de parents font néanmoins état de coups et blessures, et un mineur a été menotté et placé en garde à vue...
Petite curiosité liée à cette arrestation: une représentante de parents d'élèves (jouant à l'auxiliaire de police?) a interrogé le mineur arrêté dans les locaux du commissariat pour connaître les raisons de sa participation au blocus de l'établissement!

Plus d’information sur
Le parisien, l’huma , l’express

Et le
communiqué des personnels.


* Chatel va-t-il bientôt jouer dans la cour des grands ?

Nous en parlions en septembre et Chatel commence maintenant à déclarer ses ambitions au grand jour (c’est le point qui en parle)

"Avec la présidentielle, le moment est venu d'assumer un certain nombre de convictions. Je suis aujourd'hui bien placé pour porter les valeurs libérales qui ont de l'avenir." Avec 2017 en ligne de mire, Luc Chatel entend donc jouer sa propre partition et prouver son autonomie à l'égard du groupe des "mousquetaires", à savoir Jean-François Copé, François Baroin, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse et Christian Jacob.
(...)
Dans les rangs des parlementaires libéraux, la montée en puissance de Luc Chatel est accueillie avec enthousiasme. "Novelli a beaucoup de mérite, mais c'est vrai qu'il est un peu usé. Il faut laisser la place à la nouvelle génération", se réjouit un élu. Un autre renchérit : "Chatel peut être le candidat libéral qu'il nous faut pour 2017. C'est un élu de terrain, il est jeune et expérimenté
."

Mais au vu des performances toutes relatives du ministre de l'Éducation Nationale, ce "dépistage précoce" d'un futur présidentiable parmi les libéraux de l'UMP n'est-il pas "à haut risque" ?
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Solutions en tout genre pour l'EN

* Nouveau « focus » PISA qui remet en cause tout le reste de l’étude.

Il est là ce document (en anglais), qui nous dit en gros que pour aider les enfants à réussir à l’école, LA SOLUTION qui dépasse toutes les autres, l’idée géniale, requiert peu de temps et AUCUN moyen (et au passage n’a rien à voir avec l’EN).

Ahhh, vous vous impatientez, que nous disent donc ces grands penseurs internationaux ? Se sont-ils aperçus que les résultats scolaires sont en lien avec le milieu social et seraient-ils tous devenus marxistes (tendance Groucho) ?

Non non, tout simplement ils découvrent que les enfants qui ont été accompagnés par leurs parents dans les apprentissages réussissent mieux que tous les autres, quelque soit le niveau social et culturel des parents.

En gros ils prouvent (c’est toujours ça) que
ce que disent les pédopsy depuis des dizaines d’années sur la « sécurisation affective » des enfants (même grands) est tout à fait déterminante. Exit le rôle hyperdéterminant de l’école, ou encore « l’effet professeur » sur lequel le gouvernement base ses « leviers d’efficience ». Exit l’intérêt du modèle finlandais. Et d’ailleurs si c’était là l’intérêt du modèle finlandais, celui d’avoir des parents qui s’intéressent de près aux activités de leurs enfants (la nuit est longue en Finlande...) ?

Ainsi on apprend que les jeunes de 15 ans à qui les parents ont lu des livres chaque jour ou chaque semaine pen­dant leur pre­mière année d'école pri­maire ont des notes sen­si­ble­ment plus élevées que ceux à qui les parents ont rare­ment ou jamais fait la lec­ture. Ils obtiennent en moyenne 25 points de plus au score Pisa, soit l'équivalent de plus d'une demi-année sco­laire d'avance sur leurs camarades.

Il est égale­ment béné­fique de par­ta­ger quelques ins­tants chaque jour avec l'enfant pour lui racon­ter sa jour­née, ou des his­toires. Ces acti­vi­tés simples et peu chro­no­phages ont, selon l'étude, plus d'efficacité sur les résul­tats sco­laires à long terme que de jouer avec son enfant à des jeux éduca­tifs à base d'alphabet, par exemple.

L'implication des parents reste cru­ciale jusqu'à l'adolescence. Ainsi, les élèves de 15 ans dont les parents dis­cutent avec eux de ques­tions de société ou de poli­tique toutes les semaines obtiennent en moyenne 28 points de plus au clas­se­ment Pisa. « Discuter de livres, de films ou d'émissions de télé­vi­sion », « dis­cu­ter de ce qui se passe à l'école », « man­ger les repas en famille » ou sim­ple­ment « pas­ser du temps à par­ler avec son enfant » ont égale­ment une action béné­fique sur les résul­tats scolaires.

Ce qui en gros montre que la cause majeure des faibles résultats scolaires de nos élèves français n’est pas à chercher dans la pédagogie, l’organisation mammouthesque de l’EN, les programmes, les méthodes, les évaluations, ... mais bien dans le délabrement des rapports sociaux au sein même de la famille. Et cela ne va pas s’arranger...


*Vous souhaitez compléter vos revenus ? Le rectorat d’Orléans-Tours, pense à vous :

La preuve.
Mais n’en demandez pas trop non plus.





* De la maternelle à l'université un seul statut pour les enseignants : auxiliaire de police !

Flic ? Le Français, Langue d'une Intégration Contrôlée

Plus de 70 universitaires, issus d'établissements d'enseignement supérieur de toute la France, contestent la volonté du ministère de l'intérieur de contrôler les formations de français destinées aux adultes migrants.


Médiapart, blog . — L'appellation «Français Langue d'Intégration» mériterait un haussement d'épaule si elle n'annonçait crûment la couleur d'arrière‐pensées politiques lourdes de conséquences, notamment du point de vue des parcours d'intégration des migrants et de la viabilité du secteur de la formation. (...) Les pouvoirs publics (entendons le ministère de l'intérieur) signifient, de fait, le contrôle accru qu'ils comptent exercer sur les organismes et les associations du secteur de la formation et, par dérivation, sur les programmes universitaires de formation initiale. Nombre d'organismes de formation et d'associations d'un secteur déjà rudement touché ces dernières années, qui ne satisferont pas aux critères définis pour obtenir la labellisation, risquent de devoir faire face à des difficultés grandement accrues en termes de viabilité.


* Luc Chatel se décomplexe ?

On a pas encore cerné l’ensemble de la personnalité de notre ministre, ni même saisi la totalité de ses ambitions. A la veille des élections présidentielles le voila qui pose son cartable à la droite de la droite... dans l’aile la plus libérale, celle de Novelli

Le point.fr. — Luc Chatel, nouveau porte-drapeau des libéraux de l'UMP
Quadra ambitieux de la majorité présidentielle, Luc Chatel pose ses jalons. Mercredi soir, le ministre de l'Éducation a choisi d'officialiser sa décision de prendre davantage de responsabilités au sein de la tendance libérale de l'UMP incarnée par les Réformateurs d'Hervé Novelli. Entre la poire et le fromage, lors d'une grande soirée réunissant quelque 500 personnes de la galaxie libérale à la brasserie parisienne du Printemps, Luc Chatel confie : "Avec la présidentielle, le moment est venu d'assumer un certain nombre de convictions. Je suis aujourd'hui bien placé pour porter les valeurs libérales qui ont de l'avenir." Avec 2017 en ligne de mire, Luc Chatel entend donc jouer sa propre partition et prouver son autonomie à l'égard du groupe des "mousquetaires", à savoir Jean-François Copé, François Baroin, Bruno Le Maire, Valérie Pécresse et Christian Jacob.

Première manifestation de cette décomplexion :
« Le statut des enseignants, il faut en parler sans tabou », dit Chatel alors que l’UMP propose de travailler plus (voir post précédent), d’établir le vouvoiement dès 3 ans et prône le retour à l’uniforme.


* Petite manoeuvres syndicales post-électorales (entre ex-amis).

Mammouth déchaîné. - Surprenante cette lettre que l’on trouve sur le site du SNFOLC (le syndicat FO des lycées et collège). Il s’agit d’un appel que fait Bernard Kuntz à ses anciens camarades du SNACL (syndicat fortement marqué par un antipédagogisme de droite), pour leur demander de rejoindre FO suite à la bérézina qu’a pris le SNACL aux dernières élections.

Pas de représentativité = pas de moyen = plus de syndicat => donc rejoignez FO !! C’est l’évidence.

Cet acte de débauchage est jugé on ne peut plus indécent par les actuels dirigeants de l’ancien second syndicat enseignant, aujourd’hui réduit à peu de chose, si ce n’est un groupe de gémissants. Pourtant Kuntz les avaient prévenus, alors qu’il en était encore à la tête : si pas d’alliance, ce sera la cata, plus de décharge, plus d’information en direct du ministère, plus de grenouillage dans les milieux du pouvoir, plus de passage à la télé, bref une zone quarantaine de laquelle il ne sera plus facile de sortir. Les petites fours de la rue de Grenelle en attirent toujours plus d’un...

Le vieux briscard du syndicalisme, placé à la tête du SNACL à la fin des années 90 pour en faire une vitrine acceptable (cad chasser les sections FN) et
orienter les voix des enseignants traditionalistes vers la droite en les détournant ainsi du SNES-socialisme, cet agrégé (par liste d’aptitude par le Seigneur Darcos) après avoir servi fidélement ses maîtres, face aux réformes de la droite au pouvoir - toutes aussi bêtes que celles d’un Allègre - avait fini par s’en éloigner, poussé aussi par une génération montante. Il fut même puni un temps pour crime de lèse-majesté par Son maître alors devenu ministre. Depuis 2010, tandis que s’installe une lutte de pouvoir au sommet de son syndicat, Kuntz sent le vent tourner et en juin 2011 devant le refus de de son orga de trouver une alliance électorale avait décidé de rejoindre, avec femme et (presque) enfant le SNFOCL qui lui faisait de l’oeil depuis quelque mois (car aussi à la recherche d’une alliance).

Accueilli a décharges ouvertes,
le tradi au pays des Lambert s’y sent décidément bien pour appeler ses anciens camarades, dont certains hésitent quant à leur avenir syndical.
Côté FO, on en est plus à une incohérence près : façade de fermeté et d’intransigeance, refusant tout compromis avec le gouvernement, mais trouvant une alliance avec le SNETAA qui a à peu prêt tout signé dans le milieu de l’enseignement professionnel ; extrême gauchisme, mais révolutionnaires timorés, les voilà flanqués d’un Kuntz et de sa famille tout droit issue des milieux proches du pouvoir (de droite).

Au SNALC, même si aujourd’hui on s’en défend, l’ambiance n’est guère réjouissante. Alors que le secteur communication est tenu - désormais sans partage - par JP Brighelli, qui aime se répandre sur la toile et dans les médias, le syndicat est resserré autour de celui-ci, presque en famille, et se voit, après avoir à peu près tout débiné, contraint d’adopter une nouvelle posture un peu plus dans l’esprit du temps : se faire passer pour progressiste, voire de gauche (voir les derniers communiqués de presse). Ce qu’il pense d’autant plus aisé à faire que le « Prof de droite » (voir illustration) a été viré ou mieux s’est exclu (question de point de vue). Pas sûr que cela leur permette de survivre bien longtemps, même si ces dirigeants n’ont pas grand chose à craindre des appels ridicules de Kuntz.

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UMP : nouveau statut des enseignants

* Programme UMP pour l’école. C’est parti pour un nouveau corps de professeurs ?

Et de reprendre des propositions que l’on trouve à la CFDT et à l’UNSA... Comme quoi...

AFP - L'UMP, qui orga­nise ce mardi après-midi une conven­tion sur l'éducation,
veut "revoir" les "obli­ga­tions de ser­vice" des ensei­gnants via "un nou­veau sta­tut" pour inté­grer dans leurs mis­sions "l'accompagnement" (tutorat...).
"Il faut réflé­chir à un nou­veau sta­tut des ensei­gnants qui per­mette d'intégrer dans les mis­sions des ensei­gnants non seule­ment les cours mais l'accompagnement:
tuto­rat, orien­ta­tion, concer­ta­tion", peut-on lire parmi les 30 pro­po­si­tions qui seront ren­dues publiques lors de cette conven­tion "Du savoir pour tous à la réus­site de chacun".

Cette redé­fi­ni­tion des mis­sions des ensei­gnants "pour­rait abou­tir", sug­gère le parti pré­si­den­tiel, à "la créa­tion d'un nou­veau corps qui concer­ne­rait les can­di­dats à l'actuel Capes et qui serait ouvert aux pro­fes­seurs cer­ti­fiés en exer­cice, sur la base du volontariat".

L'UMP pré­co­nise aussi la mise en place d'une évalua­tion des ensei­gnants "par le chef d'établissement", s'appuyant sur "une dimen­sion qua­li­ta­tive", "qui mesu­re­rait leur capa­cité à faire pro­gres­ser les élèves".

Dans les "grands établis­se­ments", un "res­pon­sable dis­ci­pli­naire" ou "chef de dépar­te­ment pour chaque ensemble dis­ci­pli­naire", dési­gné parmi les ensei­gnants, "pour­rait ani­mer l'équipe de pro­fes­seurs de sa dis­ci­pline et par­ti­ci­per à leur évalua­tion". Ce res­pon­sable accom­pa­gne­rait les jeunes ensei­gnants "au début de leur par­cours" et "serait le res­pon­sable du tra­vail en équipe au sein de la discipline".

Après la réforme de l'autonomie des uni­ver­si­tés, l'UMP entend ren­for­cer "l'autonomie" des établis­se­ments sco­laires avec la pos­si­bi­lité pour le prin­ci­pal et le pro­vi­seur, "mais aussi, à terme, le direc­teur d'école", de "recru­ter libre­ment" son équipe ensei­gnante et d'administration.


* Mais aussi, tout ce qui court depuis plusieurs années :
(suite de l’AFP)

Elle veut en outre don­ner un "sta­tut juri­dique" aux établis­se­ments de pre­mier degré et à leur direc­teur pour per­mettre "une ges­tion péda­go­gique moderne et efficace".

Parmi les autres mesures, l'UMP confirme sa volonté d'allonger l'année sco­laire de "deux semaines", à nombre total d'heures de cours constant, de rendre obli­ga­toire, après concer­ta­tion, "la semaine de quatre jours et demi" et de pas­ser du col­lège unique au "col­lège pour tous", avec "une plus grande per­son­na­li­sa­tion des par­cours" (par exemple des "classes métiers-études dès 14 ans", à l'image du sport-études).

Au lycée, tous les cours pour­raient être sup­pri­més le samedi matin. Afin d'instaurer une "vraie mixité sociale" à l'école, l'UMP veut expé­ri­men­ter des établis­se­ments sco­laires par classes (exemple: un col­lège avec des 6e et 5e et un autre regrou­pant tous les 4e et 3e de l'agglomération).

Pour les plus petits, l'UMP veut, pour les deux-trois ans, "encou­ra­ger la créa­tion de jar­dins d'éveil", des struc­tures inter­mé­diaires entre la crèche et l'école mater­nelle, rendre l'assiduité "obli­ga­toire" pour les élèves de mater­nelle et encou­ra­ger l'apprentissage de l'anglais dès trois ans.
Pour les étudiants, l'UMP pro­pose de créer "un prêt à taux zéro" d'un mon­tant maxi­mal de 20.000 euros, "à rem­bour­se­ment dif­féré" et en fonc­tion du revenu.

On attend avec impatience les propositions socialistes... pour voir si elles sont franchement différentes.
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L'imagination au pouvoir...

* L’école du futur, selon Chatel au Qatar.

Au WISE (World Innovation Summit for Education) on réfléchit vachement (trop) et surtout à la place des autres. Et Chatel de penser :

«Ce ne sera plus le tableau noir, l'estrade et les élèves qui prennent des notes.» Lui imagine plutôt des «amphithéâtres» pour 70 élèves et des petites salles pour un soutien individualisé à 5 ou 6 élèves.(source)

L'individualisation de l'enseignement, c'est le maître mot à Wise, où, de la Pologne à l'Australie, en passant par le Canada et la Grande-Bretagne, tous les responsables politiques tombent d'accord sur ce point. «Ici, on ne parle pas que de moyens: ça change!» lance le ministre. On prône aussi l'autonomie des établissements, tout en reconnaissant que les réformes dans l'éducation sont les plus difficiles à mettre en œuvre avec celles de la santé: «Demandez à Obama!» lance un représentant jordanien.

Pragmatiques, les Qatariens mettent en valeur ce qui fonctionne en matière pédagogique. Certaines initiatives paraissent quelque peu étranges, tel ce principal danois qui explique avoir dû passer un entretien avec les élèves pour obtenir son poste. Dans ce collège de Sydney, les professeurs de mathématiques sont également chercheurs et les professeurs d'anglais, des poètes! Quant à l'enseignante norvégienne Magdalene Storsveen, elle affirme que les élèves qui jouent au jeu en ligne World of Warcraft sont aussi ceux qui parlent le mieux l'anglais…


* Offre d’emploi très spéciale... qui commence à énerver.

C’est là. Voyez cette fiche de poste publiée sur le site de l'Inspection aca­dé­mique de la Haute-Garonne pour le recru­te­ment d'un prin­ci­pal adjoint dans un col­lège de la Reynerie, un sec­teur du quar­tier du Mirail.
Pour personne très très motivée...

AFP - Gisèle Verniol, pre­mière adjointe au maire socia­liste de Toulouse Pierre Cohen, s'est émue du contenu de ce docu­ment acces­sible à tous. "C'est extrê­me­ment cho­quant parce que ça vient d'un ser­vice de l'Etat, c'est dis­cri­mi­nant. Mettre une telle étiquette, dit-elle, est pro­fon­dé­ment bles­sant pour les familles et les enfants".
Elle incri­mine l'assouplissement de la carte sco­laire sous la pré­si­dence de Nicolas Sarkozy: il a eu un "effet dévas­ta­teur dans les établis­se­ments en dif­fi­culté" qui ont perdu leurs meilleurs éléments.
Moussa Becherif, ani­ma­teur dans l'association d'insertion TO7, com­prend que les habi­tants soient cho­qués et cri­tique la men­tion "impor­tant repli com­mu­nau­taire" figu­rant dans la fiche de poste. "Repli ? C'est une ânerie, c'est imbé­cile de dire ça, c'est pas un choix. C'est pas des gens qui ont construit un col­lège et qui ont dit: on reste entre nous".

"Le quar­tier est stig­ma­tisé, on n'avait pas besoin de ça. Je suis scan­da­lisé, ça me révolte", a réagi Marcel Llabrès, repré­sen­tant des parents d'élèves au conseil d'administration du collège.
"Moi, je dis aux gens du quar­tier: regar­dez com­ment l'Etat nous consi­dère", ajoute cet élec­tri­cien à la retraite.

L'Inspection d'académie a objecté qu'il s'agissait d'une fiche de poste des­ti­née à des pro­fes­sion­nels aver­tis, pas à des parents d'élèves, et qu'elle reflé­tait une réalité.


* Economies ?

Pour raisons d’économies budgétaires (et avec de beaux calculs) Luc Chatel a renvoyé bouler le texte de la majorité du Sénat sur la scolarisation des moins de trois ans, alors que lui s’y connaît vraiment en économies :
"Les dépenses de communication du ministère ont progressé de 41% en cinq ans ( passant de 6844000 euros en 2006 à 9647000 euros en 2010 )…"
Et ans ( passant de 6844000 euros en 2006 à 9647000 euros en 2010 )…"" rel="self">ça commence à se savoir...


* Privatisation :

Un groupe de presse prend position sur le marché de l'orientation scolaire en proposant aux élèves et aux étudiants ses propres prestations (payantes) alors que jusqu'ici le service public faisait le travail gratuitement: http://www.so.letudiant.fr/service

La privatisation des services d'orientation est en bonne voie;
nous en parlions déjà ici.


* Importante revalorisation du salaire des vacataires ...

Ce n'est pas à l'Educ. Nat. que ça se passe, mais c’est chez les flics:

Après les discours du type: "faites l'école vous-même" (école à la maison, créateurs d'écoles, et toute la nébuleuse d'associations souhaitant la disparition de l'Éducation Nationale), la droite ultralibérale innove et propose maintenant à la population de faire la police elle-même.
Le décret
vient d'être publié au JO

Et Guéant
a même prévu  que les volontaires "recevront une formation, un uniforme" (Tous en uniformes ! une partie de l'UMP réclame aussi, on le sait, le rétablissement de l'uniforme à l'école...) et toucheront une somme de 97 euros "non imposable" par journée de vacation.



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On s'enfonce

* La santé, pas en forme...

la médecine du travail bientôt dynamitée : "Les enseignants sont un révélateur de ce qui va être partagé par tous les salariés"


France info "la tendance est à la raréfaction du suivi médical et psychologique des salariés, du public comme du privé, selon Bernard Salengro, président du syndicat des médecins du travail CFE-CGC et responsable de l’Observatoire du stress : "Les enseignants sont un révélateur de ce qui va être partagé par tous les salariés. Dans deux ou trois mois, en vertu de la nouvelle législation, la médecine du travail va être dynamitée, explique-t-il. On prévoit de supprimer complètement toute la surveillance médicale sauf à l’embauche pour sélectionner les candidats.

Simplement parce que ça gênait les employeurs que des médecins leur disent : ’
vos conditions, il faut les améliorer parce que ce n’est pas bon pour vos employés’ "


* La recherche toujours en avance ?

Un rapport RGPP qui prône le démantèlement du CNRS

De source syndicale. — Le rapport des inspecteurs de l’IGAENR sur les fonctions support est paru. En quatre vingt pages de chiffres et de préconisations, les inspecteurs assènent cinq  recettes simples.

 
1- Il faut accélérer les délégations globales de gestion, (DGG). Bien que les inspecteurs indiquent que les DGG ne permettent à l’heure actuelle aucun gain d’efficience sur les fonctions support et que les directeurs d’unités ne sont pas convaincus de l’intérêt de la DGG, le rapport préconise de transférer 80% de UMR aux universités, soit 696 sur 874. Une DGG d’une telle ampleur conduirait à terme au détachement des personnels vers les universités et liquiderait les possibilités du CNRS de mener toute politique propre.
2- Il faut mutualiser tout azimut. Tous les métiers des fonctions support doivent être mutualisés, entre les laboratoires géographiquement proches, en région parisienne entre les délégations et en province entre l’INSERM et le CNRS.
3- Il faut externaliser. Les inspecteurs poussent l’orthodoxie jusqu’à demander l’externalisation des 4 derniers emplois de restauration. Plus grave, il faudrait externaliser la gestion du parc informatique et l’assistance aux utilisateurs.
4- Il faut porter à 10% le prélèvement sur les contrats pour financer les activités support du CNRS. Payer pour ne plus avoir le service, payer pour précariser des emplois administratifs, au lieu d’exiger le transfert d’une partie du budget de l’ANR pour stabiliser les emplois sur CDD.
5- Les personnels de la fonction support doivent passer sous l’autorité du DGDR, y compris ceux des laboratoires
 
* Faut que ça saigne.

Répression anti-syndicale à l’École Normale Supérieure
De source syndicale. — La direction de l’École normale supérieure a décidé de rendre exécutoires des sanctions disciplinaires (blâme, avertissements) contre des élèves fonctionnaires-stagiaires ayant soutenu la grève des personnels de ménage et de cuisine de l’ENS au cours de l’hiver et du printemps 2011.

À l’issue d’un mouvement victorieux contre la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche, le choix pris par la direction de l’ENS porte un nom : revanche sociale.

Après les entraves mises à la liberté d’expression (interdiction d’une rencontre avec Stéphane Hessel à l’ENS en janvier 2011), la régression dont cette direction porte le symbole se poursuit. À travers les sanctions notifiées aux élèves, elle vise à présent le libre exercice du droit syndical.


* CGT éducation Public-Privé :

"Le 15e Congrès du SNPEFP a débouché sur la création d’un Syndicat National de l’Enseignement Initial Privé (SNIEP-Cgt). Le Congrès a voté une résolution demandant un rapprochement entre le SNIEP et la CGT Educ’action qui, à terme, pourrait déboucher sur la création d’un syndicat unique Cgt des travailleurs de l’Education."

http://cgteduc93.free.fr/?Salut-au-SNIEP-Cgt-Enseignement

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