Déclassés de tous pays levez-vous !

* Déclassement social: instit et larbin.

Ils n’avaient vu rien venir, mais ça y est : les instits ont été déclassés... par l’INSEE qui les relègue dans la catégorie des professions intermédiaires. Ouf les profs de collège et lycée restent des professions intellectuelles supérieures.

Mais pour combien de temps ? La question se pose d’autant plus que depuis plus de 10 ans au moins la progression des salaires des profs de lycée et collège ne résulte que des primes et du recours aux heures supplémentaires. Les instits eux, au passage, n’en n’ont pas ou très peu. Ils peuvent bien avoir la même grille indiciaire, cela ne fait pas tout.

Bref, de vrais déclassés, et
l’INSEE ne fait que rendre officielle une situation peu reluisante mais qui dure depuis longtemps... sinon toujours.

Pour un topo assez pertinent sur tous ces points
, voir là.


* Terrorisme, homosexualité et enseignement scolaire : cherchez le Dhuicq.

Brillant ce député UMP (enfin pour l’instant) qui associe allègrement tout avec tout dans une finesse intellectuelle rare (et il n’est pas déclassé, lui !).

Voici la vidéo : (allez au tour de 2’30)

Le député UMP Nicolas Dhuicq lie homoparentalité... par LeLab_E1

Puis une réaction, sur un blog de
Médiapart de L. de Cock :
Messieurs, merci de bien vouloir nous oublier un peu
Monsieur Nicolas Dhuicq demande officiellement au ministre de l'éducation nationale de remédier au fait que les "enfants de France" apprennent d'abord les histoires "des grands peuples et des grandes nations" au lieu de l'histoire de France. Vous l'aurez compris, l'équation est simple : nous, professeurs d'histoire-géographie, à force d'enseigner une histoire extra hexagonale à des enfants - de surcroît potentiellement privés d'autorité paternelle - nous rendons complice de la fabrique de terroristes islamistes en puissance.
On avait, depuis quelques années, pris l'habitude que certains experts auto-proclamés de l'enseignement de l'histoire se targuent, dans des essais très médiatisés, de dévoiler au grand public le projet de sabotage de l'identité nationale dont nous serions les agents zélés. Nous en avons déjà largement parlé dans des billets précédents, et Claude Lelièvre l'évoquait encore
avant-hier dans son édition. Mais je ne m'étais encore jamais envisagée comme laborantine de "terrorisme en éprouvette". 
Cette surpuissance démiurgique que l'on attribue à l'enseignement de l'histoire me gonfle soudainement d'orgueil, et j'en profite au passage pour m'excuser auprès des collègues d'autres disciplines qui, il faut bien l'avouer, ont un pouvoir nettement moins important que le mien (imaginez ici un soupir ronflant d'autosatisfaction).
Car nous, professeurs d'histoire-géographie, depuis quelques années, participons à un  immense lavage de cerveau des enfants et adolescents de ce pays : nous bouleversons l'ordre chronologique des évènements, nous effaçons de la mémoire nationale les grands hommes qui ont fait l'histoire, nous abattons les frontières hexagonales comme des forcenés, nous pactisons avec l'ennemi indien, africain, musulman... Bref, nous sommes les (pro)créateurs d'une France privée de ses racines éternelles et les missionnaires de la "haine de soi".
Depuis deux ans, l'argument est repris en boucle : les nouveaux programmes de collège demandent d'enseigner les civilisations antiques extra-européennes : Inde et Chine ainsi que les royaumes médiévaux africains. 6h d'endoctrinement crypto- internationaliste répartis sur la 6ème et la 5ème. 6h à s'adonner aux délicieux interdits des civilisations non occidentales.
Et paf !

* Pour en finir une bonne fois pour toute avec la Finlande.

Même en Finlande, l’enseignement ne réduit pas les inégalités sociales. Ca vous étonne ? Que se passe-t-il donc là bas aussi ?

C’est une analyse
que l’on trouve ici.
Extraits :
La finlandisation de la Finlande
La tour de PISA penche à l’est. La Finlande est désormais une minuscule exception dans un peloton de tête exclusivement composé de pays asiatiques : Shanghai, Corée, Singapour, Hong Kong, Japon et même, à certains égards, Macao ou le Taipei chinois. Mais la Finlande n’est pas seulement isolée. Pour son malheur elle recule alors que les autres, ses rivaux, avancent.
La baisse est générale et concerne tous les aspects du système scolaire. Le niveau global dans les « compétences de l’écrit » est passé en Finlande de 546 à 536 (baisse de 10 points). La différence entre les sexes, déjà considérable en 2000, s’accroit : les garçons baissent de 12 points et les filles de 8. La part des élèves les plus faibles augmente (+ 1,2%) et celle des meilleurs diminue (- 4%) : égalisation par le bas, qui désavantage fortement les meilleurs sans pour autant favoriser les plus faibles, bien au contraire. Quant à l’association des résultats avec le milieu d’origine (niveau économique et socioculturel), elle progresse de 5,8 points. Au total, un système moins performant qu’il y a neuf ans, qui renforce l’inégalité entre les sexes, qui pénalise à la fois les bons et les mauvais élèves et qui augmente l’injustice sociale en favorisant les mécanismes de « reproduction ». C’est cet exemple-là qu’on nous proposait de suivre et que nous avons suivi. Avec les résultats qui en découlent.
Lire la suite...


* Le service public s’est possible !

Alors que l’on privatise (euh, pardon externalise, euh, non plus, que l’on améliore la qualité, ah ? non plus ?) un peu partout voilà que dans le Val-de-Marne on trouve la solution en créant un service public de restauration scolaire.
Comme quoi !

AFP : Le conseil géné­ral du Val-de-Marne a annoncé jeudi la créa­tion d'un ser­vice public de res­tau­ra­tion sco­laire pour les col­lèges et ouvre une concer­ta­tion publique afin d'en pré­ci­ser les contours.
"Il ne s'agit pas seule­ment de nour­rir les 30.000 col­lé­giens demi-pensionnaires du Val-de-Marne, mais que la qua­lité sani­taire soit garan­tie dans leur assiette", a expli­qué Alain Desmarest, vice-président (PCF) du conseil géné­ral du Val-de-Marne, lors d'une confé­rence de presse.
"Le ser­vice public est le seul qui per­met­tra cette garan­tie sani­taire", a-t-il ajouté.
Aujourd'hui, sur les 104 col­lèges publics du dépar­te­ment, seuls quelques-uns passent par un pres­ta­taire privé. 55 établis­se­ments pro­duisent leurs repas sur place, et 5 cui­sines cen­trales ali­mentent 33 collèges.
Un tarif unique, des­tiné à rem­pla­cer les 94 exis­tants, doit égale­ment être mis en place. Actuellement, le coût actuel moyen d'un repas pour les familles est de 3,30 euros.
Valorisation des cir­cuits courts, pro­duits de qua­lité, mais aussi éduca­tion au goût: "les stra­té­gies des grands groupes ali­men­taires ont été très fortes là-dessus. Ce n'est pas un tra­vail très simple de dire que les pro­duits qu'on aime le plus ne sont pas for­cé­ment les meilleurs pour la santé", a expli­qué M. Desmarest.

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Mesure(s)

* Histoire au bac (série S) : un retour en trompe l’oeil

De notre envoyé spécial au CSE. Le ministère persiste et signe : il y aura 2,5 h d’HG en Première S et 2 h en Term (2,5 +2 donc). Vive le retour de l’HG en Term.

Une belle victoire à la Pyrrhus !
Car en effet, voilà les 4 + 2 heures actuelles d’enseignement (potentielles, certes, pour ceux qui prennent l’option en Term) franchement réduites, avec même moins d’heures d’enseignement qu’avant la réforme Darcos-Ferry-Chatel.
Et pourtant le CSE a voté massivement contre (0 pour 50 contre, 2 abst), même si tous les contre ne sont pas pour la même raison (le SE-USA et le SGEN-CFDT ont voté contre car ils sont contre le retour de l’HG en Term - merci les gars).

Seule compensation : il n’y aura pas de cartes scolaires et de suppressions de postes en 2013-2014, année de transition, mais de grosses économies de postes, ou les horaires seront de 2,5 h en première et que l’HG ne sera pas encore enseignée dans sa nouvelle version pour tous les Term S. Pas de suppressions de postes mais disparition des BMP et autres expédiants...

Et pour enseigner quoi? La suite au prochain épisode : le CSE de décembre qui devrait examiner les (nouveaux, nouveaux) programmes.


* Horaires philo au bac : là aussi des pertes sèches

Les effets de la réforme Darcos-Ferry-Chatel n’ont pas fini de se révéler. Après l’HG et les SES, Cete fois c’est en philo ou les enseignants comprennent qu’ils vont perdre beaucoup de temps pour faire leur programme :

En effet, la philo perd les dédoublements en TS et en Terminales technologiques dans le cadre de la réforme des séries générales (dès cette année) et des séries technologiques (l'an prochain). Concrètement, la troisième heure n'est plus dédoublée en TS et la deuxième heure ne le sera plus l'an prochain en Terminales technologiques. Dans plusieurs lycées, l'ECJS ou de l'AP sont ou seront données en "compensation", mais en sacrifiant alors ces enseignements "obligatoires" pour faire de la philo sans le dire...
Dans d'autres établissement, c'est une perte sèche des dédoublements, avec augmentation à la clé du nombre de classes par enseignant. Et des copies qui vont avec.
Des actions "dures" ont été menées lors du bac 2012, dont la rétention des notes pendant plusieurs jours dans certaines académies, des pétitions ont été signées dans d’autres et envoyées au ministère.

Il n'est pas exclu que ces actions se reproduisent voire s'étendent cette année pour le bac 2013.

Et cette réforme n’est toujours pas remise en cause par le gouvernement de gauche. Ni la LRU, la masterisation des formations, ... ça commence à faire beaucoup.


* De la BIO (métrie) à l’école. Encore.

Dans le 41, les parents se mobilise contre l’arrivée en force (et par surprise) d’un système biométrique de contrôle d’accès à la cantine.
Extrait de leur déclaration,
en ligne sur leur site :

«  Le Conseil d'Administration a émis un avis après une présentation rapide et succincte. Aucun document n'a été adressé aux élus avant la réunion.
Nous ne pouvons pas accepter cette façon de procéder dans la mesure où l'organisation de la vie scolaire est affectée.

Les avantages supposés du système sont énoncés par le prestataire, tels que nous avons pu les lire sur son site internet. Cette « information » nous paraît trop orientée et ne nous permet pas d'avoir un avis réfléchi.
La CNIL exige d'ailleurs l'information des familles avant toute mise en œuvre.

Nous sommes opposés au paiement des cartes magnétiques en cas de refus du système biométrique :
- La CNIL donne aux personnes le droit de refuser la biométrie. Nous considérons qu'il est inacceptable que ce droit s'exerce contre un paiement, dont le montant n'est d'ailleurs pas précisé et dont le principe n'a fait l'objet d'aucune décision en Conseil d'Administration.
- Nous nous demandons si ce paiement n'est pas une astuce visant à dissuader ceux qui auraient l'intention de refuser la biométrie.
Qu'advient-il des personnes en situation de handicap ne pouvant utiliser la biométrie ? Doivent-elles payer et subir une nouvelle discrimination ?

La biométrie ne sera-t-elle pas utilisée à d'autres fins : abus de contrôles, surveillance au risque de déshumaniser davantage les établissements ?
Acceptons-nous une forte augmentation des frais de demi-pension, alorsqu'une somme importante va être dépensée pour acheter le système biométrique ?
 »

Et l’on peut s’étonner cependant que cela ne soit pas plus développé encore car des groupes de pressions influants existent, tel GIXEL, groupe de pression qui rassemble une cinquantaine d'industries de l'électronique dont le CEA-Léti, EADS, Thales, 3M... et qui présente les choses de la manière suivante :


« La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d'un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l'apport de fonctionnalité attrayantes :
- Éducation dès l'école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l'école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s'identifieront pour aller chercher les enfants.
- Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo.
- Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l'accès Internet, ...

La même approche ne peut pas être prise pour faire accepter les technologies de surveillance et de contrôle,
il faudra probablement recourir à la persuasion et à la réglementation en démontrant l'apport de ces technologies à la sérénité des populations et en minimisant la gêne occasionnée. »
(Extrait du Livre Bleu, 2004, sur http://www.gixel.fr/).

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Rien de neuf

* Les ESPE : premières bases.
Après la rencontre des ministères avec les syndicats le GRFDE s’est procuré le document qui devrait servir de base à a création des futures ESPE, écoles de formation des nouveaux profs.
Elles seront des « opérateurs de formation », initiale comme continue.
On le laisse à votre analyse :
il est là.

Première réaction de Patrick Demougin, président de la CDIUFM : Tout ça pour ça ?


* Caisses vides : revenez l’année prochaine.

Vécu, dans l’académie d’Orléans Tours. Voici un courriel du rectorat concernant l'interdiction faite aux chefs d'établissements de valider les ordres de mission et états de frais après le 23 novembre.
Il n'y a plus de sous, même si ce n'est pas dit comme ça, et beaucoup ne verront pas leurs frais de déplacement de septembre payés avant janvier ou février...

Bonjour,

Concernant la fin de gestion des frais de déplacement, je vous précise que les enseignants en services partagés et TZR pourront continuer à saisir leur OM dans DT- Ulysse après le 23 novembre 2012 contrairement à ce qui a été annoncé dans le mail du 13/11/2012, seule la validation hiérarchique ne devra plus être effectuée par les chefs d'établissement au delà de cette date.
Les OM resteront en attente de validation jusqu'à la prochaine année budgétaire.

En raison d'un volume très important de dossiers d'ouverture de droits à étudier pour l'année 2012-2013, plusieurs enseignants n'ont pas encore reçu leur mail personnel d'ouverture de droits afin de pouvoir saisir leur frais dans DT-ULYSSE même si leur dossier a été transmis dans les délais.
La plate-forme met tout en oeuvre pour traiter les dossiers dans les meilleurs délais. Dans le cas où les frais ne pourront pas être pris en charge d'ici la fin de gestion, il seront reportés sur le prochain exercice 2013.

Je vous prie de bien vouloir diffuser l'information aux personnels concernés.


Ca fera faire des économies aux intéressés: au moins ils ne seront pas tentés de faire des dépenses futiles à Noël !


*La pression scolaire dès la maternelle : Rater son test du bonhomme

Ou : l’Elite en pression.
L’express- La sélection commence de plus en plus tôt: 4 ans, même, dans certaines maternelles, qui font passer des tests aux enfants-candidats pour déterminer s’ils sont prêts, ou non, à suivre leur cours. C’était déjà le sujet de l’excellent documentaire de Clara Bouffartigues, L’école à bout de souffle. Pour l’Express cette semaine, je suis allée voir cela de plus près. J’ai été reçue avec beaucoup de méfiance au début (mais finalement une parfaite gentillesse) à L’Ecole active bilingue Jeannine Manuel (Paris 15ème), où sont scolarisés une floppée d’enfants de stars – allez à la sortie à 16 h 30, vous croiserez forcément un people… Les enfants de Dany Boon, de Nicolas Sarkozy (Louis), de Jean-Louis Etienne, sont passés par là.
J’y ai rencontré notamment Florence Bosc, directrice générale adjointe, chargée des inscriptions. C’est elle, avec son équipe, qui fait passer les « examens » aux petits, pour une entrée en moyenne section. Certains parents s’y reprennent à trois fois.  S’ils échouent (enfin, leur enfant, mais visiblement ils mettent beaucoup d’eux-mêmes dans le processus) en moyenne section, puis en grande section, ils peuvent ensuite repostuler pour une entrée en CE2, autre étape de recrutement (et d’écrémage, du coup).
Lire la suite...

L’élite (ou ceux qui croient l’être) aurait-elle peur de la dépression sociale ? Quelle le craigne, ça va venir...


* Fichage, toujours et encore. Nos amis les GB.

source et source en anglais - Grande Bretagne : 8 millions d'enfants fichés en secret

Les parents n'ont pas été informés. Pourtant, le système, répondant au doux nom de "One", développé par la société Capita, un gros prestataire du gouvernent, est déjà en place et des milliers de professeurs s'en donnent à coeur joie. Tandis qu'une centaine d'autorités locales est dès à présent en mesure de consulter les données.

Dans l'obscurité la plus totale, une base de données géante vient de voir le jour en Grande Bretagne. Toutes les informations administratives, scolaires ou comportementales des enfants y sont stockées. Avec possibilité de consultation et d'enrichissement par divers services (police, services sociaux, médecins)...


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Refondations en tout genre

* Quand le conseil général de Marisol Touraine confie l'aide aux devoirs à une société privée.

Et quand il persiste à ouvrir le « marché de l’éducation »... L’autre solution scolaire.

On nous dit que cela se répand. A se demander si tout n’était pas étudier pour. Pour résoudre le problème de l’aide aux devoirs certaines collectivités territoriales (de gauche aussi) ont des solutions :
proposer le marché à des entreprises de cours privés. On en parlait déjà en 2008 (souvenez-vous).

Sans bruit l’expérience c’est généralisée et aujourd’hui n’en est plus une. Plus d’un CG utilise désormais une société comme
PARASCHOOL pour sous traiter l’aide aux devoirs. Solutions individualisées, adaptées, nous dit-on et qui ne coûtent rien aux familles qui peuvent en consommer autant qu’elles en veulent. L’efficacité me direz-vous ? Ne posez pas la question s’il vous plaît. Mais c’est ça l’esprit du nouveau service public d’éducation. Qu’on se le dise !

Prenons un CG au hasard, ou presque : celui d’Indre-et -Loire, dirigé depuis les dernières cantonales par Marisol Touraine, puis Frédéric Thomas (enseignant d’histoire-Géo, au passage). Paraschool a en main le marché depuis le début 2012 (au moins) pour certains petits collèges ruraux, il a été renouvelé pour les devoirs de vacances et comme le montre un communiqué de presse (il est là), il s’agit bien d’instituer et d’en généraliser l’utilisation pour tous. Et avec force de publicité alors que dans le même temps une large consultation sur les collèges était lancée dans le département - Par Marisol T, en grande pompe - avec pour ambition de fermer quelques uns des collèges les moins pleins sous prétexte d’inefficacité pédagogique (un au moins sera fermé dans un premier temps, « on fera ce qu’il y a à faire » ensuite, selon les propos de Fr. Thomas).

Voici la page du CG37 sur le site de Paraschool :
elle est là. On peut espérer au moins que la collectivité a réussi à négocier les tarifs.


* Les entreprises toujours plus dans l’Ecole.

Vousnousils - Les entreprises représentées à l'Education nationale dès 2013 (Peillon)
Vincent Peillon sou­haite mettre en place, dès 2013, "un conseil éducation-économie pour que les chefs d'entreprise soient repré­sen­tés à l'Education nationale."
Lors d'une visite au Centre des arts et métiers de Lille hier, le ministre de l'Education natio­nale Vincent Peillon a exprimé la volonté de mettre en place, dès 2013 "un conseil éducation-économie pour que les chefs d'entreprise soient repré­sen­tés à l'Education natio­nale". Ce conseil vise­rait à rap­pro­cher le monde du tra­vail de l'enseignement tech­nique et professionnel, 
en per­met­tant un échange avec les entre­prises et les régions pour amé­na­ger l'offre de for­ma­tion en fonc­tion des besoins du marché.

Les besoins de la culture, ça, c’est autre chose.


* l’histoire à l’école : l’offensive du Figaro

LDH, Toulon. avec une analyse sur Aggiornamento. - La dernière rentrée scolaire a été l'occasion pour l'extrême droite de relancer son offensive sur l'enseignement de l'Histoire à l'école : le groupe du Figaro a critiqué l'ouverture sur le monde des programmes et fait la promotion d'une histoire d'Épinal centrée sur les grands Hommes. Le numéro d'octobre-novembre 2012 du Figaro Histoire a été plus loin en tentant d'opérer simultanément une réhabilitation de Jacques Bainville et un détournement de certains des écrits de Marc Bloch. Dans un appel qu'elle vient de rendre public et que de nombreux historiens et intellectuels ont tenu à signer, Suzette Bloch proteste contre cette falsification de la pensée de son grand-père :

« Je lance l’alerte. Il y a tentative répétée de mettre le feu à la démocratie. Ne laissons pas le discours d’une extrême droite continuer à se diffuser dans le discours public et envahir le champ intellectuel à la faveur des déclarations tonitruantes de la droite décomplexée « pain au chocolat ». Plaidoyer d’un côté pour un retour à « l’histoire-récit » sous forme d’un grand roman national magnifié par les grands héros tels Vercingétorix, Saint-Louis, Jeanne d’Arc ou… Pétain ; occupation de l’autre de la mosquée de Poitiers par des membres du Bloc identitaire : voilà deux facettes d’une réalité alarmante. Il faut lire et relire Marc Bloch qui, dans ses écrits clandestins, esquissait les contours d’une réforme de l’enseignement : « Il importe bien davantage à un futur citoyen français de se faire une juste image des civilisations de l’Inde ou de la Chine que de connaître, […] la suite des mesures par où "l’Empire autoritaire" se mua, dit-on, en "Empire libéral". » « Le passé lointain inspire le sens et le respect des différences entre les hommes, en même temps qu’il affine la sensibilité à la poésie des destinées humaines », ajoute-t-il. « L’histoire est un effort vers le mieux connaître », affirme-t-il encore dans Apologie pour l’histoire ou métier d’historien. »



* Temps de travail des enseignants : le point.

Fait par un blog du Monde.

Document extrait (D’après l’enquête du ministère de l’EN de 2002)

travail

* "Ils ont compris que les soldats sont aussi des papas."

ça, ça fait chaud au coeur, non ?
Après les marraines de guerre, les filleuls de guerre.

NRCO,Deux-Sèvres- Les écoliers dessinent pour les militaires
Les bénévoles de l'Aria (Association de réflexion, d'information et d'accueil des militaires en activité et de leurs familles), de Saint-Maixent-l'Ecole ont récemment sollicité l'école de Romans dans le cadre de l'opération Solidarité Défense.
Les écoliers étaient invités à imaginer des dessins sur le thème de la paix. pour présenter l'opération de solidarité, le directeur de la communication de l'Ensoa (Ecole nationale des sous-officiers d'active), est intervenu dans la classe des CP-CE2 de l'école communale où enseigne Caroline Thraen.
Ils ont répondu aux nombreuses questions des enfants dont Alexis, Eloïse et leurs camarades, expliquant aux petits artistes l'objectif de leurs futures œuvres. Ils ont compris que les soldats sont aussi des papas. Alors les crayons de couleurs et les tubes de peintures ont été rapidement dégainés des sacoches, et l'imagination de leurs doigts. Les colombes, la nature, les mots gentils ont fleuri sur le papier des jeunes dessinateurs. Les militaires en missions aux quatre coins du monde, loin de leurs familles pour les fêtes de fin d'année, recevront dans leurs colis ces chaleureux dessins auxquels ils ont promis de répondre.
Et les gens qui se font tuer par des militaires sont-ils eux aussi des papas ? La grande tuerie des papas, ça mérite bien quelques beaux dessins d'enfants, non ?

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Du rythme !

* Le Ministère veut boucler sous dix jours la question des rythmes scolaires.

Nouvelobs. Lundi soir, M. Peillon avait invité les syndicats d'enseignants au ministère pour discuter de la prochaine loi sur l'école et des rythmes scolaires (de nature règlementaire et non législative, mais qui devraient être mentionnés dans les annexes de la loi).

Concernant la réforme des rythmes scolaires, les discussions entre le ministère et les organisations syndicales achoppaient depuis début octobre sur le service des enseignants. A la rentrée 2013, Vincent Peillon s'est engagé à alléger les journées de classes en primaire, avec des semaines de 4,5 jours (quatre journées de 5 heures en classe et 3 heures le mercredi matin), une pause méridienne de 90 minutes minimum et un accueil des élèves dans les murs de l'école jusqu'à 16h30.
Dans le scénario étudié, le ministère envisageait d'augmenter la présence en classe entière des professeurs des écoles de 24 à 25 heures.

"
Nous avons eu l'assurance que les enseignants ne resteront pas plus de 24 heures en présence des élèves. Il y aura aussi une partie d'aide personnalisée, qu'il faut reformater," a estimé Laurent Escure de l'UNSA. "La table ronde avec les partenaires va nous permettre d'envisager une co-construction du projet éducatif. On va avoir du temps pour se pencher sur l'opérationnel et la mise en oeuvre des nouvelles journées d'école," a-t-il ajouté.
Selon ces sources syndicales, le ministère aurait également promis de discuter "d'une compensation financière" pour les enseignants du premier degré, dont la venue à l'école le mercredi engendrera des coûts en terme de transport ou de garde d'enfant.

Lundi, le ministère a également rencontré les représentants des collectivités territoriales
, concernées par la réforme puisque ce sont les mairies qui organisent les activités périscolaires.
Dans la nouvelle proposition du ministre, "le
soutien scolaire se fera en groupe et non pas en classe entière, il faudra donc qu'on s'occupe du reste de la classe", a expliqué à Sipa, Pierre-Yves Jourdel, maire d'Orbais-l'Abbaye (Marne) et délégué à l'éducation de l'Association des maires de France (AMF). Selon lui, le ministre a demandé aux collectivités de prendre en charge "trois heures par semaine" au lieu "d'une heure trente".
"
Cela représente une charge supplémentaire pour les communes. Le ministre réfléchit à des contreparties mais pour l'instant on s'attend à voir la douloureuse augmenter", a averti le maire.
Inquiète du financement de la réforme, l'AMF a demandé le 25 octobre "un délai de deux ans", estimant que toutes les communes ne seraient pas en mesure d'appliquer la réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2013.
Lundi, "le ministre a refusé. Il veut que la réforme entre en vigueur à la prochaine rentrée dans toutes les communes", a déclaré Pierre-Yves Jourdel.



*Rased : « la fusion » des maîtres E et G serait « envisagée par le gouvernement » (commission des finances de l'Assemblée nationale)


Selon l’AEF, « Le dispositif [des Rased] (1) doit être repensé car, en les sortant ostensiblement de la classe, il peut conduire à la stigmatisation de certains élèves. Ceux-ci accumulent en outre un retard par rapport aux autres élèves dont ils sont temporairement séparés », estime la députée Carole Delga (SRC, Haute-Garonne), dans son 
rapport sur la mission « Enseignement scolaire » du PLF 2013 pour la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Elle note que « la similarité des actions menées au titre de l'assistance psychologique et des aides à dominante rééducative rend leur division superflue » et souligne « à ce titre » que « la fusion envisagée par le gouvernement des maîtres E et G conduirait à renforcer la cohérence du dispositif ». Selon ce rapport, « les moyens mis en œuvre au travers des Rased représentaient 11 864 emplois en 2011-2012, soit 5 733 pour des maîtres spécialisés à dominante pédagogique (option E), 2 398 pour les aides à dominante rééducative (option G) et 3 733 emplois de psychologues scolaires ».


* Ecole privée : vive la gauche !

Agoravox. Les nouveaux apôtres de l’école privée
Le Conseil régional du Limousin a été condamné pour avoir versé des subventions publiques à l’organisation des ostensions limousines initiées par le diocèse de Limoges.
Saisi par des laïques, le Tribunal administratif de Limoges a déclaré ces subventions illégales par un jugement rendu le 24 décembre 2009 condamnant ainsi le Conseil Régional ainsi et les autres collectivités en cause.
Le Président du Conseil régional, refusant de reconnaître son « erreur »s fait appel de cette décision devant la Cour Administrative d’appel de Bordeaux ….
Le Conseil Régional, à direction de « gauche » continue sur sa lancée : Il multiplie les aides aux écoles privées, non les aides obligatoires dans le cadre de l'application de cette loi Debré qui devrait être abrogée mais les aides et subventions non obligatoires.
Voici la nouvelle affaire expliquée par les militants laïques du Limousin qui ont déposé une requête au tribunal administratif : « La commission permanente du Conseil régional du Limousin dans sa séance du 24 Mai 2012 a, notamment, voté une subvention d’un montant de 47 000€ à l’association Calendreta Lemosina de Limoges qui gère une école primaire privée pratiquant l’enseignement en immersion en occitan dès 3ans, école qui a scolarisé 57 enfants en 2012. Nous ne contestons nullement le choix de parents de préférer une école privée à l’école publique de la République. En revanche nous contestons que des élus de la République, en l’occurrence la majorité du Conseil régional, outrepassent la loi en matière de soutien de projets scolaires pour subventionner une école primaire qui plus est privée. En effet, le Conseil régional n’a pas la compétence de subventionner quelque école primaire que ce soit, qu’elle soit privée ou publique, associative ou confessionnelle. »
Ce qui s'est passé dans cette région, peut aussi arriver dans d'autres.
Les exécutifs régionaux et départementaux savent qu'ils sont en effraction aussi essayent ils de ruser et de gagner du temps...Il leur suffit de publier le plus tard possible leur décision et d'éviter toute publicité et le tour est joué car il est trop tard pour que la saisie du tribunal administratif soit possible.

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Suite logique du changement c'est maintenant

* Le rapport Gallois et l’Ecole.


De source syndicale. - En deux propositions, le rapport Gallois promet de livrer des pans entiers du service public d’éducation (enseignement professionnel, orientation…) aux desideratas des patronats locaux.

- En proposant de « systématiser la présence des entreprises dans la gouvernance de l’enseignement technique et professionnel au niveau des établissements (Conseils d’administration), des Régions (établissement des cartes de formation) et au niveau national » (proposition n°14), le rapport Gallois veut accroître encore plus l’ingérence des entreprises dans le service public d’éducation. Rien n’échapperait désormais aux logiques de "rentabilité des formations"… transformant l’Éducation nationale en prestataire de service du Medef. Par ailleurs, les licenciements ou les mutations forcées seraient le lot des personnels enseignants dont les spécialités ne "cadreraient" plus avec les cartes de formation souhaitées par les entreprises.

- En proposant de « doubler le nombre de formations en alternance sur la durée du quinquennat » (proposition n°15), le rapport Gallois perpétue le mythe du "bon" apprentissage, alternatif au "mauvais" lycée professionnel. C’est occulter le taux important d’abandons en cours d’apprentissage, de 30 % dans la période d’essai. C’est aussi emprisonner les jeunes dans un déterminisme social, géographique et professionnel.


* Professeur évalué par la POLICE.

C’est possible. C’est fait.
Communiqué du DAL 86 : Manque de moyens dans l’Education Nationale : A Poitiers les inspections pédagogiques des profs de philo se font dorénavant par la police.
JF est un prof de philo bien connu des services de police pour ses engagements politiques. Le 10 mai dernier, il a eu l’outrecuidance d’illustrer le propos de l’un de ses cours sur la question de l’État en faisant visionner à ses élèves un document vidéo sur l’expulsion brutale par la police, le 2 avril dernier, d’un campement de sans logis et mal logés mis en place depuis le 30 mars sur le parvis de Notre Dame à Poitiers.

Juste après le bac il a été convoqué par son chef d’établissement qui l’a informé qu’il y aurait une plainte de parent(s) d’élève(s) auprès du rectorat. Il fut tout étonné d’apprendre que lors de la projection du document, il aurait fait des arrêts sur image et donné le nom des policiers qui expulsaient violemment le campement des sans-logis et mal-logés. Ses élèves auraient reconnu le père d’une élève et seraient allés « faire des remarques désobligeantes » à cette dernière.

Comme il fallait s’y attendre, l’enquête administrative a tourné court puisque deux élèves ont témoigné que, si le document avait bien été diffusé, c’était dans le cadre du cours et que l’enseignant n’avait ni fait des arrêts sur image ni donné les noms des policiers. D’ailleurs il n’aurait pas eu besoin de le faire puisque, le hasard faisant bien les choses, c’étaient ces deux élèves qui avaient reconnu le policier car ils étaient à l’époque, pour l’un le petit ami, et pour l’autre, l’ex-petit ami de sa fille. Il lui ont bien sûr dit qu’ils avaient vu son père sur la vidéo, ce qu’elle avait dû lui répéter.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. La police visiblement insatisfaite de ce dénouement est en train de convoquer pour les auditionner, tous les élèves de cette classe (soit 32 !). Cerise sur le gâteau digne des meilleurs polars, comme la proviseur ne voulait pas fournir à la police la liste des élèves et l’adresse de leurs parents, elle a été saisie au Lycée lors d’une perquisition.

Les convocations qui se sont enchaînées n’ont fait apparaître aucun motif. Ce n’est que quand les élèves, enfin surtout leurs parents affolés, téléphonaient à l’Officier de Police Judiciaire qu’ils ont été informés que « des parents ont été choqués que soit projeté ce document à leurs enfants et ont porté plainte »… Certes mais pourquoi l’ont-ils fait ? Comment est qualifié le délit ? Personne ne le sait et rien de plus n’est précisé au début des auditions.

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* Dépression et nombre d’élèves par classe

Il faut être incontestablement un psychiatre de haute volée pour faire la corrélation. Mais bon, au moins c’est dit.

Vousnousils- Dépression : "avec moins d'élèves par classe, les enseignants y seraient moins exposés"
Fatigue intense, troubles du som­meil, perte d'appétit… Comment savoir s'il s'agit d'un simple coup de déprime à l'approche de l'hiver ou d'une vraie dépres­sion ? Entretien avec le Pr Roland Jouvent, psy­chiatre, chef du ser­vice de psy­chia­trie adultes à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et pro­fes­seur à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris VI).

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New public management

* Projet d’école : un avenant en attendant...

... la contractualisation ? (voir aussi ici, la question de la contractualisation et des budgets des EPLE).

de source syndicale. - Vincent Peillon, dans un courrier adressé le 22 octobre indique qu’un simple avenant aux projets d’écoles pourra être rédigé pour ceux qui devaient être renouvelés cette année. Dans plus d’un tiers des départements, les projets devaient être renouvelés au cours de ce premier trimestre. Or, « Tableaux de bord en nombre à remplir, indicateurs multiples à renseigner, actions à mettre obligatoirement dans les pas du socle de la Loi Fillon (...) » ce renouvellement est vécu aujourd’hui plus comme une procédure administrative que comme un projet pédagogique adapté aux besoins des écoles.

La préoccupation est entendue par le locataire de la rue de Grenelle. Il reconnait dans sa lettre que « la concertation pour la refondation de l’école a mis en évidence des thèmes dont l’incidence sur le fonctionnement des écoles est manifeste : les programmes, l’évaluation des élèves, le socle commun, l’accompagnement des élèves... » En attendant les évolutions concrètes liées à cette refondation, il demande donc « aux recteurs et aux DASEN qu’une simple adaptation des projets existants, sous forme d’un avenant [soit] demandée aux écoles. » Les équipes enseignantes s’évitent ainsi un fastidieux travail qui risquait bien d’être devenu sans objet...à la rentrée prochaine.



* Ces écoles de commerce qui ferment...

20minutes.fr. -Sombre rentrée à l'école Wesford
A peine rentrés, étudiants et enseignants de l'école Wesford ont appris vendredi que leur direction entendait demander cette semaine au tribunal de commerce la mise en redressement de cette école privée installée à Grenoble et à Lyon. «Nous avons demandé à deux reprises le report du comité d'entreprise pour pouvoir disposer des documents comptables et avoir le temps de les examiner, explique Christian Gros, enseignant délégué du personnel. La réunion aura lieu ce lundi matin.» Selon le délégué du personnel, l'école avait déjà été mise en redressement l'an dernier avant d'être rachetée en mai 2012 par le groupe Eduservices, propriété d'un fonds de pension. «Certes, commente Christian Gros, ces difficultés ont entraîné une baisse des effectifs étudiants de 50 % environ mais le groupe le savait et s'était engagé à éponger les pertes.» Quant aux étudiants (500 dont la moitié à Lyon), ils manifesteront ce mardi cours Gambetta à Grenoble.


* Appel des 50 000 (précarité dans l'ESR)

Le 26 novembre prochain démarreront les Assises nationales sur l'enseignement supérieur et la recherche, au Collège de France, à Paris. Pas un atelier thématique sur la précarité dans l'ESR ni même une ligne dans le rapport final ne sont prévus. Pour dénoncer cette grande absente de la "réflexion nationale sur l'ESR", signons en nombre L'APPEL DES 50 000 (ci-dessous) et soyons nombreux-ses le 26 novembre devant le Collège de France pour nous faire entendre.
le voici :

2012 : quel changement
pour les 50 000 précaires de l’ESR ?

 
Aucun changement n’est prévu visiblement... La précarisation galopante de l’enseignement supérieur et de la recherche depuis de nombreuses années, amplifiée au cours du dernier quinquennat (CDD, vacations, travail au noir, libéralités, statut d'auto-entrepreneur...), est la grande oubliée des Assises de l’ESR. Alors que les précaires se mobilisent depuis longtemps (encore récemment à Montpellier, Nice, Toulouse, Strasbourg, Poitiers, Nantes...), ils et elles n'apparaissent qu'à la marge du premier texte de synthèse diffusé par le Ministère :
 
* Aller « dans le sens de la simplification et dans celui de la coopération, à l’opposé des concurrences » entre établissements et entre équipes ? Oui ! mais pourquoi pas aussi celles des statuts d’emploi contre l'individualisation des carrières ? Le remplacement des postes titulaires par des vacations (payées à l'heure, sans droit au chômage ni aux congés payés) et des CDD (le plus souvent courts, sous-payés et rendant impossibles les progressions de carrière) n'aide pas au développement des « coopérations »...
* « Améliorer les méthodes pédagogiques et l’encadrement des étudiants » ? Bien sûr ! mais avec qui ? Quelques titulaires gérant la pénurie et une armée d'enseignant.e.s précaires changeant d’établissement et d’enseignements tous les six mois ? Des secrétaires qui doivent partir au bout de six mois ou un an, sans que leurs savoir-faire ne soient transmis aux suivant·e·s ?
* « Revenir sur les effets de la systématisation du financement par projets » ? Evidemment ! mais s'il y a bien une « question de responsabilité des auteurs de projets et des employeurs », le problème de fond ne reste-t-il pas celui de l'épuisement des financements et des postes pérennes ? 
* « Faire des propositions concrètes contre le harcèlement sexuel » ? Il serait temps ! mais cela ne suppose-t-il pas de mettre fin à la précarisation généralisée qui favorise  la reproduction des rapports de pouvoir, ce qui nuit particulièrement aux femmes et aux groupes discriminés ?
 
Le gouvernement est-il aveugle et inconséquent ? Un chapitre entier sur la précarisation aurait dû être prévu dans les thématiques prédéterminées par le Ministère, tant elle est au coeur de l'empilement des réformes récentes et gangrène l'ensemble de l'ESR. La précarisation est  de plus en plus massivement partagée, elle est sur le point de devenir une norme qui met en cause l'égalité de traitement entre les individus et mine la liberté d'initiative propre au travail de recherche.  Avec les statuts et les carrières, en France comme ailleurs (voir les mobilisations en Suisse, en Espagne…), ce sont les conditions de travail au quotidien qui se dégradent individuellement et collectivement, au détriment des missions de l’enseignement et de la recherche.
 
Le gouvernement est-il sourd et amnésique ? Cela fait des années que les précaires se battent pour faire entendre leurs voix, et la précarisation est depuis près de dix ans au coeur de luttes collectives :
 
* en 2004, pour refuser le remplacement d'emplois statutaires par des CDD, des directeur·trice·s de laboratoire avaient menacé de démissionner en masse. Le gouvernement de droite de l'époque avait alors créé 2 500 postes ! Alors que la Gauche planifie pour les années à venir la destruction des postes orchestrée par les Ministères Pécresse et Wauquiez.  
 
* en 2009, la  mobilisation des personnels universitaires et des étudiant·e·s nous a rassemblé·e·s pendant plusieurs mois. Elle a permis notamment de mener une enquête nationale sur la précarité dans l'ESR qui a montré qu'un quart des personnels occupaient alors un statut d'emploi précaire, cest-à-dire environ 50 000 personnes sur l’ensemble du territoire. Des secrétaires, des cuisinier·e·s, des informaticien·ne·s embauché·e·s en CDD dix mois sur douze depuis parfois plus de dix ans : l’interruption des deux mois de vacances, sans salaire, permet aux universités de contourner l’obligation de pérenniser des contrats après six années d’embauche consécutives. Des enseignant·e·s rémunéré.e.s en vacations, mode de rémunération par lequel les établissements publics économisent sur les cotisations chômage de leurs personnels. Des docteur·e·s sans poste qui, courant après des contrats de quelques mois, s’éparpillent d’un objet de recherche à l’autre, contraint·e·s d’utiliser les indemnités de chômage pour financer leurs recherches entre deux contrats. Des ingénieur·e·s et des technicien·ne·s qui travaillent trois ans sur des plate-formes et sont remercié·e·s pour organiser une rotation des sans-droits.
 
Que reste-t-il aujourd’hui de nos revendications et de nos propositions dans les orientations prises par le gouvernement ? Que fait la Gauche, au pouvoir, des mouvements sociaux qui ont nourri la réflexion collective sur l'enseignement supérieur et la recherche ? Comment imagine-t-elle lutter contre les inégalités sociales et territoriales entre les étudiant·e·s en participant à la dégradation des universités et des laboratoires ? Les précaires doivent-ils payer le prix de « la crise » alors que l'ESR survit tant bien que mal depuis plusieurs années sur leur dos ?
 
Oublieuses des questions les plus urgentes, les Assises sont organisées à la hâte, sans réelle consultation des principaux acteurs et actrices de l'ESR et dans une telle opacité que les noms des personnes participant aux « comités de pilotage territoriaux » ne sont même pas rendus publics : sur le fond comme sur la méthode, elles sont un rendez-vous démocratique manqué. 
 

Refusons de rester assis·es,
levons-nous pour faire entendre nos voix !

 
Pour une intégration immédiate des précaires bien au-delà des critères limitatifs de la loi Sauvadet.
Pour la création de 5 000 postes dès 2013, et l'établissement d'un plan pluri-annuel de création d'emploi (toutes catégories professionnelles).

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