Des chiffres et des pertes (mais pas pour tout le monde)










"Dans l'Education nationale, comme dans toute la fonction publique le carcan des statuts doit s'ouvrir pour permettre que circule les hommes, les idées, les compétences."

La Lettre aux Educateurs,
Nicolas Sarkozy, p. 29.

2500 € salaire moyen brut des enseignants d'après l'INSEE
Défiscalisation des heures supplémentaires : 4,6 milliards d'euros (dont 2,83 milliards de manque à gagner pour la Sécurité sociale) cité par l'Institut de l'Entreprise.
Paquet fiscal : au moins 13 milliards d'euros selon Christine Lagarde, citée dans Le Monde du 4/07/2007 Nombre de suspects inquiétés dans l'affaire EADS : 800 selon Le Figaro . Côut de l'opération estimé à 600 millions d'euros selon Les Echos

Comments

Détail des suppressions annoncées

* C'était prévu, Darcos l'a mis en musique. Cela s'appellerait "la modération de l'emploi public", un euphémisme. Voici la partition :

Moins 13 500 en tout, répartis de la façon suivante :
- 6 000 en école maternelle et primaire
- 7 500 dans le secondaire
(mais Darcos a dit aussi qu'il ne toucherait pas au lycée, arrivera-t-il à tenir ?)

De plus 1 500 "mis à disposition" reviendront dans les classes, et 3 500 postes de remplaçants seront supprimés.

Mais on souffle le chaud et le froid, on déshabille Paul pour habiller Jacques :

AFP-" La baisse prévue de 22.000 élèves en collèges et lycées à la rentrée 2009 est invoquée en outre pour justifier 2.300 suppressions de postes, tandis que 500 seront créés dans le primaire où les écoliers seront 16.000 de plus.
Le plus gros des suppressions proviendra des postes de stagiaires (4.500 dont 3.000 dans le primaire) et de la réaffectation au sein du primaire de 3.000 maîtres spécialisés dans la difficulté scolaire (sur 11.000 au total). [Voilà c'est fait c'est la fin des RASED]
Ces maîtres qui faisaient de l'aide individuelle ou en petits groupes, se verront affecter une classe.
Le principal syndicat du primaire, le
SNUipp-FSU, a réagi vendredi en critiquant un budget de "rupture".
"Immense régression" selon le syndicat, ce budget aura pour conséquence que les enseignants qui travaillent avec des petits groupes d'élèves en difficulté et
"les stagiaires qui effectuent les décharges des directeurs d'écoles ou permettent le départ en formation continue" seront "moins nombreux" en primaire.
Et sont aussi prévus, pour favoriser la scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire, la création de 200 nouvelles unités pédagogiques d'intégration (UPI) et le recrutement d'auxiliaires de vie scolaire.
Concernant les
postes administratifs, 500 vont être supprimés (120 dans l'administration centrale, 380 dans les rectorats et inspections d'académies).
Mais 500 créations sont prévues pour le personnel des futurs établissements publics d'enseignement primaire (EPEP) qui regrouperont et géreront chacun plusieurs écoles primaires."

Et pendant ce temps là il y en a qui négocient des trucs (voir plus bas, article d'hier).

* Souffrance au travail : les enseignants aussi. Enfin une étude qui essaie de faire le point. C'est un travail de Françoise Lantheaume (maître de conférences à Lyon 2). C'est là, et ci-dessous un petit extrait :

"Notre première hypothèse était que les transformation des modes de management des établissements – en se rapprochant de celles du privé - avaient des effets négatifs sur les enseignants. Après l’enquête de terrain, nous avons conclu que c’était la transformation du travail lui-même, et pas seulement le type de management, qui était à l’origine des difficultés/souffrances vécues. Deux aspects de leur travail ont été transformées essentiellement. Le premier est l’extension de leurs tâches (suivi des élèves en difficulté, cours, orientation, projets…). Les enseignants ont l’impression de devoir gérer un empilement non coordonné d’activités pour lesquelles ils ne se sentent pas forcément compétents et où ils se retrouvent en concurrence avec d’autres professionnels (conseiller d’orientation, directeur…). Ils ne savent plus ce que « bien faire » leur travail signifie. L’autre changement est que le doute s’est immiscé sur l’utilité sociale de leur travail. Cela les conduit à un sentiment d’impuissance. L’enseignant bascule de la difficulté à la souffrance lorsqu’il se sent impuissant à agir pour trouver de nouveaux critères pour « bien travailler ». Pour les « experts », la difficulté est d’abord un problème individuel : c’est l’enseignant qui ne peut faire face. Notre enquête auprès des enseignants a montré que cela était bien plus compliqué. Les difficultés ou les souffrances sont vécues dans la plupart des cas par de très bons enseignants."

Et oui, touchés par la responsabilisation les enseignants aussi tombent dans le piège de la culpabilisation. C'est pourquoi il faut qu'ils acceptent tous de dire qu'ils ont tous des difficultés, ce serait déjà retrouver un peu un esprit de classe (ce qui leur ferait le plus grand bien).

Comments

Encore des (pro)positions "offensives"

Vers la Une du Mammouth mise à jour
Les propos de Darcos en vidéo sur la maternelle***
Les propos de Darcos en vidéo pour améliorer la gouvernance de l'école ***

* Décidément la FSU s'inscrit dans le dialogue avec le gouvernement. C'est autour de la masterisation cette fois que les discussions prennent forme. C'est du moins le cas des syndicats du secondaire de la FSU. Le SNES Sup lui demande un moratoire (source AEF). Il y aurait de l'ambiance à la FSU ou c'est encore une des positions préférées de leur kamasoutra syndical ?

AFP - Formation des enseignants: les syndicats FSU participeront aux discussions

Les syndicats de la FSU, notamment le SNUipp (primaire) et le Snes (secondaire), ont annoncé jeudi dans un communiqué commun qu'ils participeraient aux discussions proposées par le ministre de l'Education Xavier Darcos sur la réforme de la formation et du recrutement des enseignants.
"En effet,
certaines des préoccupations exprimées par les syndicats de la FSU ont été prises en compte dans le document proposé par le ministre: aides aux études, prise en compte de la dimension professionnelle dans la formation, absence de décrochage entre les différentes catégories d'enseignant (...), devenir du potentiel de formation des IUFM (...), perspective de revalorisation pour tous, évolutions sur l'année de stage", selon le communiqué.
Les syndicats "jugeront au fur et à mesure de la discussion de la volonté gouvernementale d'aboutir à ces objectifs et en tireront toutes les conséquences sur leur attitude".
"De ce point de vue, les choix budgétaires que fera le gouvernement seront un des éléments déterminants", ont-ils conclu.

"éléments déterminants" de quoi on se le demande. On retient donc que la FSU ne fait pas des choix budgétaires une de ses préoccupations préalables...
je rappelle tout de même que le gouvernement est de droite et a décidé d'en découdre avec les postes budgétaires non ?


* Meirieu devrait arrêter de penser. Cela ferait des vacances. Voici maintenant qu'il veut que le lundi de Pentecôte soit une journée de rencontre avec les parents. Il paraîtrait que cela aiderait à lutter contre l'échec scolaire. Sans blague ? Si les parents venaient déjà aux réunions parents-profs, cela pourrait déjà aider...
Le Mammouth-Déchaîné vous recommande le formidable meirieutron, en ligne sur ses pages, ici exactement. Et puis il y aussi le Niquotron, ici (marque déposée Mammouth Déchaîné) Ca, c'est du bonheur...



* Formation professionnelle. On en parle beaucoup, il y a déclaration sur déclaration, mais que se passe-t-il au juste ? Le point sur la situation.

De notre envoyé spécial - L'Europe et donc la France depuis la signature de l'AGCS vise à la privatisation et à la marchandisation de tous les secteurs jusque là non marchands dont l'Education, en commençant par la Formation Continue dont relève l'AFPA (l'Association pour la Formation Professionnelle des Adultes).
Depuis les lois de décentralisation,
l'activité Formation Continue est complètement transférée aux Régions, sans évidemment les subsides, ce qui contraint les Régions à opérer des choix dans l'appareil de formation qui correspond à la moitié de leur budget.
l'AFPA survit en Région de par l'attachement de quelques élus, mais il n'y a aucune visibilité pour
l'avenir qui semble extrèmement compromis.
Le MEDEF dit que l'AFPA coûte cher, mais son prix de journée intègre l'hébergement des stagiaires ce qui fausse un peu les données par rapport à des boîtes privées lucratives qui n'assurent pas ce service et qui ne peuvent de toute façon rivaliser avec le taux d'insertion dans l'emploi auquel parvient l'Afpa qui n'a jamais jusque là été égalé.
A moins d'une volonté politique forte des élus,
l'Afpa Service Public est condamnée ce qui augure de la façon dont le reste de l'appareil public de formation initial et continu sera traité dans un proche avenir.

Et aujourd'hui, comme par hasard, on apprend que l'UIMM créé une fondation dotée de 70 millions d'euros sur cinq ans "pour la formation, la professionnalisation, l'insertion et l'emploi industriel". (source AEF).

Comments

Feu de tout boa (ou comment faire avaler des couleuvres)

On fait ce que l'on peut au gouvernment pour que la réforme passe coûte que coûte.

* Hier,
devant la possibilité d'un refus du SNES, le ministère rassure sur le calendrier. Voir sur le site du SNES.
* Hier encore,
on promet aux personnels de direction toute son attention et d'ouvrir les négociations sur la rémunération. Tiens, va-t-on leur refaire le coup de la prime de 800 euros qu'ils ont reçu à Noël l'an dernier ? (Dépêche AEF)
* Hier toujours,
on sort le texte de la masterisation pour la formation des enseignants.
* Aujourd'hui on nous dit qu'on a
que des retours positifs du bac pro 3 ans (alors qu'il n'est qu'à peine mise en place) (sources AEF).

Et comme tout se tient en ce moment :
*Hier encore, le gouvernement présentait
la loi de la pérennisation des emplois d'assistant d'Education : c'est bien pour eux mais pas pour les enseignants (dépêche AEF). Leurs statuts changés cet été font qu'ils pourront faire des heures d'aides et les enseignements artistique (à la place de prof, le relent vers le BO est ici). Cela s'appelle de la déqualification du travail.
* L'UNI enfin, en bon chevalier blanc du gouvernement, et devançant certainement l'UMP-Lycée,
lance la concertation nationale des lycéens. Ce n'est pas ce que voulait Darcos d'ailleurs ?

Enfin
pour tout avoir sur la réforme du lycée, le 'meilleur' bilan semble pour l'instant être celui de l'Etudiant. C'est ici.
Comments

Polyvalence attractive

Vers la Une du Mammouth mise à jour
Les propos de Darcos en vidéo sur la maternelle***
Les propos de Darcos en vidéo pour améliorer la gouvernance de l'école ***

* Sénat et progès : un euphémisme. Dans nos petites vidéos des propos de Xavier Darcos devant le sénat, si vous avez été jusqu'au bout vous avez pu savourer l'enthousiasme de Jean Arthuis évoquant la gouvernance des établissements scolaires et l'entendre prédire les conclusions du futur rapport de Gerard Longuet sur l'école maternelle (qui devrait sortir à l'automne). Certains s'interrogent sur ce futur rapport.

Ledit Longuet n'en est pas à son galop d'essai en la matière, voici ce qu'il disait en tant que rapporteur toujours au Sénat en 2005. Et c'était déjà avec Arthuis. Et c'était toujours la même rengaine :


Site du Sénat (ici)- " M. Jean Arthuis, président, s'est inquiété de l'évolution du nombre des professeurs surnuméraires en rappelant que M. Luc Ferry, alors ministre de l'éducation nationale, s'était engagé en 2003 devant la commission des finances à diminuer ce nombre. Il s'est également interrogé sur l'opportunité d'accueillir dans le système scolaire des enfants âgés de 2 ans, considérant, qu'à cet âge là, il n'y avait pas d'obligation scolaire (...).

En réponse,
M. Gérard Longuet, rapporteur spécial, a indiqué que la France était le seul pays, avec la Belgique, à accueillir dans son système scolaire des enfants âgés de deux ans. Ainsi en Finlande, les enfants ne commençaient à fréquenter l'école qu'à l'âge de sept ans. Il a également remarqué que l'accueil des enfants à l'âge de deux ans répondait, dans les zones rurales, à des logiques spécifiques qu'il importait de modifier. Il a également indiqué que le nombre de professeurs surnuméraires était de 3.800 en 2004. Si on pouvait espérer une baisse de ce chiffre, il ne pouvait, en aucun cas, être réduit à zéro compte tenu des rigidités et des temps d'adaptation propres au système scolaire. En tout état de cause, il a expliqué qu'une baisse de moitié des effectifs des enseignants surnuméraires représenterait une économie importante pour le budget du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Mais aussi il s'attaque au secondaire :
M. Alain Lambert a estimé nécessaire que le ministère clarifie sa politique concernant la grève administrative des directeurs d'école. Il s'est également déclaré favorable à la mise en place d'instruments d'incitation afin de développer la polyvalence des enseignants.

[M. Longuet] "a indiqué que, dans le cadre de l'ajustement de l'offre d'enseignement aux besoins des établissements,
la polyvalence des enseignants était un enjeu important pouvant permettre une adaptation relativement rapide aux évolutions constatées. Il a, néanmoins, relevé que si la pluridisciplinarité des enseignants était dans l'intérêt du ministère, elle ne présentait aucun avantage pour les enseignants. Il s'est interrogé sur la manière dont on pourrait rendre cette polyvalence attractive."
On voit combien toutes ces réflexions ont fait leur chemin depuis et quel objectif aura le rapport qu'on nous promet.
C'est beau le Sénat.


* Le SNES rassuré par le ministre reprend ses discussions sur la réforme du lycée. C'était bien la peine de faire la vierge effarouchée la semaine dernière :

Réforme du lycée: le Snes-FSU va continuer à participer aux discussions

Le Snes-FSU, syndicat d'enseignants majoritaire en collèges et lycées, a décidé mardi de continuer à participer aux discussions sur la réforme du lycée lancée par le ministre de l'Education Xavier Darcos, a annoncé à l'AFP une des co-secrétaires généraux du Snes, Claudie Martens.
Le syndicat s'était interrogé la semaine dernière sur la poursuite ou non de sa participation, en raison d'un calendrier trop serré, selon lui, pour les discussions et la mise en oeuvre de la réforme, et en raison de craintes que ce qui était présenté comme des hypothèses de travail soit d'ores et déjà entériné par le ministère de l'Education.
Le Snes-FSU a notamment décidé de poursuivre les discussions
après avoir reçu lundi soir un courrier du ministère dont certains points "visent à nous rassurer", a précisé Mme Martens.
Selon un communiqué du syndicat, le courrier adressé par le directeur du cabinet du ministre de l'Education précise que "les propositions formulées à ce stade constituent des hypothèses de travail qui ne préjugent pas de la décision finale du ministre".
Il ajoute que les organisations parties prenantes aux discussions recevront "dans les tous prochains jours un calendrier prévisionnel des futures réunions ainsi que les thématiques qui seront abordées".
Enfin, le directeur de cabinet s'engage à porter une réflexion "sur la façon dont la réforme sera progressivement mise en place à compter de 2009".
Sur cette base, le bureau national du Snes a donc voté mardi la poursuite de la participation aux discussions.

Le SNES sera donc tenu pour coresponsable des suppressions de postes. Pour ceux qui vont sauter, cela s'appelle leur chier dans les bottes.

* Comme prévu, le SGEN-CFDT, lui," s'engage avec vigilance dans la discussion sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants". On ne s'attendait pas à moins, sinon il nous aurait déçu, même. Cela me rappelle une autre "signature offensive" avec le ministre (des couches culottes) ...

Même commentaire. Remplacez suppressions de poste par formation au rabais.

Comments

Ca va couper ...

Vers la Une du Mammouth
Les propos de Darcos en vidéo sur la maternelle***
Les propos de Darcos en vidéo pour améliorer la gouvernance de l'école ***


* Dernières nouvelles de la Réforme des lycées.
Lisez plutôt le CR de l'entretien du Snes avec Gaudemar . En pdf ici :


rencontre_SNES-JP_de_Gaudemar_du_16_septembre

Et ledit Gaudemar a tout plein d'idées à la con pour arriver à ses fins. Dissocier les couples physique et chimie, histoire et géo, vie et terre, mais pour en recréer d'autres, bien plus modernes... Ca va plaire, surtout à ceux qui s'ennuient.

*Dernière nouvelles de la réforme des concours : Voici le document transmis le 12/09 aux syndicats de l'EN et qui fixe les grandes lignes pour organiser en 15 jours tout le programme de la formation future des enseignants.

Ca commence à raller dur, tant sur les délais que sur le fond. Fin de l'année de stage, réforme des concours, formation de base renvoyée à la formation continue, une première affectation qui doit "permettre aux nouveaux enseignants de prendre pleinement la mesure de leur métier" (c'est-à-dire ?). Puis, des bourses au mérite qui vont permettre aux étudiants d'attendre une année de plus et surtout à l'Etat d'économiser l'année de stage.

Certains s'émeuvent et pensent que la France sera le seul pays d'Europe à former ses maîtres sans stage pratique. C'est sur les
Cahiers pédagogiques.


RÉFORME DU RECRUTEMENT ET DE LA FORMATION TEXTE PROPOSÉ PAR LE MINISTÈRE POUR LA NÉGOCIATION AVEC LES SYNDICATS
OBJECTIFS ET PRINCIPES DIRECTEURS DE LA RÉFORME DU RECRUTEMENT ET DE LA FORMATION DES ENSEIGNANTS


Au moment où d’importantes réformes du système éducatif sont en cours ou en préparation et réaffirmant les exigences de démocratisation de l'enseignement et de réussite des élèves il est nécessaire de repenser et d’améliorer l’entrée dans le métier d’enseignant. Un pouvoir d’achat réévalué, des professeurs mieux formés aux exigences du métier, une première affectation mieux préparée, un accompagnement en établissement assuré de façon systématique par les collègues expérimentés, choisis pour leurs compétences, permettront une première prise de fonction plus harmonieuse, plus motivante et donc plus efficace.
La réforme du recrutement et de la formation des enseignants est un des axes de cette transformation. Elle entrera en vigueur pour une première session de concours en 2010. Dans ce cadre, des mesures transitoires seront étudiées afin de permettre la bonne mise en œuvre de la réforme.

Les ministres, chacun pour la part qui le concerne, proposent aux organisations syndicales les objectifs et les principes directeurs suivants :

I. La formation initiale et le recrutement des enseignants

1°) Une élévation du niveau de recrutement et une amélioration de la qualité de la formation : les enseignants devront justifier de l’obtention d’un diplôme de master pour pouvoir être recrutés à titre définitif à l’issue des nouveaux concours de recrutement.
Tout étudiant inscrit en deuxième année de master ou ayant déjà validé celui-ci pourra donc se présenter aux nouveaux concours de recrutement. Ces masters pourront également permettre à ceux des candidats qui ne réussiraient pas les concours de poursuivre leurs études universitaires ou d’engager leur insertion professionnelle dans d'autres directions.
Dans la perspective de la formation initiale et de la première prise de fonction, les masters comme les épreuves du concours devront intégrer à la fois les dimensions professionnelles, disciplinaires et didactiques.
Les disciplines professionnelles de la voie professionnelle feront l’objet de dispositions particulières.

2° La réaffirmation du cadre national des concours sur la base d’une professionnalisation accrue :
les nouveaux concours des premier et second degrés comprendront trois types d’épreuves destinées à évaluer la culture disciplinaire, la capacité à concevoir et organiser un enseignement adapté aux niveaux de classe, aux situations d’apprentissage et enfin la connaissance du système éducatif. L’articulation entre ces divers types d’épreuves pourra varier en fonction des disciplines ou spécialités ainsi que des niveaux d’enseignement. En revanche, la réforme ne comporte aucun décrochage entre les différents niveaux d’enseignement. Pour le second degré, la distinction entre le CAPES et l’agrégation est maintenue.

3°) Une formation supérieure comportant une prise de contact progressive et cohérente avec les métiers de l’enseignement qui comprendra des stages d’observation et de pratique accompagnée en école, en collège et en lycée articulés avec une formation scientifique, disciplinaire et didactique s’appuyant sur la recherche. Pour préparer les étudiants à leur futur métier, les universités, sur la base des nouveaux contenus des concours, proposeront des parcours de master ambitieux, en s’appuyant sur toutes les compétences qu’elles jugeront nécessaires, dans le cadre du processus d’intégration des IUFM au sein des universités.

II. L’entrée dans le métier et le début de carrière

4°) L’élévation du niveau de recrutement doit favoriser l’expression de tous les talents.
Les bourses au mérite, proposées aux étudiants de M1 et M2 et s’ajoutant éventuellement à d’autres dispositifs, soutiendront l’effort de poursuite d’études, permettant ainsi d’assurer la diversité sociale des recrutements.

5°)
Forts de leur pré-professionnalisation précédant le recrutement, les lauréats des nouveaux concours seront mis en situation de pleine responsabilité, tout en bénéficiant de l’aide et du soutien de professeurs expérimentés et de compléments de formation. A l’issue de cette année, le professeur fonctionnaire stagiaire pourra être titularisé. Dans ce cadre, les modalités d’accompagnement et de formation seront adaptées à chaque niveau d’enseignement. Par ailleurs, s’agissant du premier degré, sera pris en compte le devenir des IMF.

6°) Lors des premières années d’exercice, il est souhaitable que les enseignants bénéficient d’un dispositif d’aide et de soutien par des professeurs expérimentés. Notamment, pendant cette année et les deux années qui suivent leur prise de fonction, les professeurs débutants pourront, dans le cadre de la formation continue, bénéficier d’actions de formation spécifiques selon des modalités adaptées à chaque niveau d’enseignement.

7°)
La première affectation doit également permettre aux nouveaux enseignants de prendre pleinement la mesure de leur métier. Aussi une réflexion sur la première affectation des enseignants sera conduite.

8°) Le début de carrière est une rupture non seulement professionnelle mais aussi sociale et culturelle voire familiale. Aussi avant la fin de l’année 2008, le chantier de la revalorisation des carrières des jeunes enseignants sera engagé. Les jeunes enseignants qui viennent d’être titularisés et qui entrent dans le métier verront leur situation matérielle améliorée notamment pour faire face aux frais de premier équipement qu’occasionne l’entrée effective dans le métier.
Cette revalorisation trouvera sa pleine expression en 2010 avec la mastérisation du recrutement. Elle sera conduite en parallèle avec la revalorisation du métier d’enseignant.

9°) Par ailleurs le rôle des non titulaires doit être mieux reconnu et l’activité de suppléance et de remplacement doit ouvrir droit à la VAE pour leur recrutement à titre définitif. Cette perspective sera prise en compte dans la réflexion sur le métier d’enseignant. Elle fera l’objet d’une négociation avec les organisations syndicales.

III. Méthode de travail

La négociation avec les organisations syndicales qui auront répondu positivement à la proposition s’appuiera sur ces principes.

10°) Le calendrier doit permettre une mise en place des concours
pour la session 2010. Aussi la réflexion sera organisée, dès la rentrée de septembre, autour des thèmes suivants :
- Maquette des concours ;
- Formation initiale : configuration des masters, mobilisation des compétences existantes dans le nouveau dispositif de formation ;
- Prise de fonction, affectation, accompagnement et formation continue.
Dans ce cadre, seront notamment examinés :
- Le devenir des enseignants actuellement en service partagé ;
- Les conditions d’intervention des enseignants du premier et du second degré au sein des universités.
- Les aspects indemnitaires et indiciaires.

* Un ponction contre le handicap. C'est pas comme cela qu'on va résoudre les problèmes du handicap :

AFP -L'Etat va ponctionner 50 M EUR du budget formation pour handicapés (Agefiph)

L'association chargée de gérer le fonds pour l'insertion des personnes handicapées (Agefiph) s'est élevée vendredi contre une ponction de 50 millions d'euros sur son budget par le gouvernement pour équilibrer les recettes de la loi de Finances 2009.
Ce projet, dont le conseil d'administration de l'Agefiph a pris connaissance jeudi, revient à retirer à la structure 10% de son budget prévisionnel 2008-2010, et pourrait priver 28.000 personnes à mobilité réduite d'une formation qualifiante, a indiqué Tanguy du Chéné, son président, lors d'un point presse à Lyon.
"C'est un coup de colère contre l'Etat qui, parce qu'il n'a plus les moyens de financer la loi de Finances 2009, vient se servir dans notre organisation, parce qu'elle est bien gérée. On est sanctionné pour notre bonne gestion, ça doit être une première", a expliqué M. du Chéné.

Comments

Réforme lycée : tous les jours un peu plus

Vers la Une du Mammouth

Lycée : du neuf (sous la vidéo de Darcos)

* Ré-vision : l'école toujours plus libérale. Toujours l'épisode 2 de Darcos au sénat qu'il faut méditer (après celui de la maternelle). Rappel : les maîtres seront toujours évalués aux résultats, les profs un sur deux sera non remplacé, les salaires seront présentés aux CA (fongibilité future oblige), les petits établissements eux seront fermés (vive l'abolition de la carte scolaire).


Et il y en a encore qui veulent négocier des points de convergence avec lui ...

*Sinon Gaudemar en dit tous les jours un peu plus sur le lycée. L'idée serait d'aller encore plus loin que prévu. C'est le café péda qui aujourd'hui que dit :

"Il apparaît que 'l’objectif de la réforme n’est pas de toiletter le lycée mais "d’aller beaucoup plus loin" et de ne pas entrer dans "un déterminisme de série".  L’horaire annuel par élève s’identifierait à celui de la norme européenne de 970 heures/an par élève, ce qui correspond à 27h/semaine, soit un peu moins que l'horaire actuel (28h30 à 31h30 en première par exemple).
 
En seconde, l'élève aurait 18 modules de 3 heures par semestre, soit 11 d'enseignement général, 4 d'exploration et 3 d'accompagnement.
 
En première et terminale, les élèves choisiraient entre
4 grandes familles : humanités et arts, sciences, sciences de la société et technologie. Des séries qui rappellent furieusement L, S, ES et STG/STL/ST2S etc…"
 
* Le SNES en rajoute : Le dernier US de service présente en résumé les dernières évolutions. En gros va falloir sérieusement revoir le statut (on s'en doutait) :

975 heures par an contre 1152 heures aujourd'hui.
Parmi les enseignements généraux ou obligatoires, on trouverait le français, les mathématiques, deux langues vivantes, l'histoire-géographie et l'EPS. Non seulement, certaines de ces disciplines perdraient des heures (à multiplier par le nombre de classes de seconde dans chaque lycée) mais, en plus, l'avenir reste très incertain pour les autres disciplines (SES, sciences physiques, SVT et l'ensemble des disciplines technologiques) qui, en tant qu'options, se partageraient l'horaire restant (cette horaire correspondant donc aux 27 heures moins les heures d'enseignements généraux et moins les heures de modules d'accompagnement).

On peut se demander si les modules d'accompagnement, dans la mesure où ils feront partie de l'horaire élève, intégreront ou pas la DHG. Il ne s'agira donc plus d'éventuelles HSE mais d'heures postes...ce qui implique une révision des décrets de 50 qui définissent le service d'un professeur en heures d'enseignement.

Comments

Darcos au Sénat, on n'a pas tout vu...

Vers la Une du Mammouth

Vous avez certainement vu tout le "bien" que pense Monsieur le Ministre de la maternelle (c'était là). En explorant un peu plus cette audition au sénat, on trouve de nombreuses autres jolies idées (très libérales, pour le moins).

* Ainsi, voici la suite. Où l'on apprend (si on ne le savait déjà) que :

1/ Les maîtres seront inspectés (et notés) aux résultats (des évaluations, sans doute).
2/ On ne remplacera désormais qu'un enseignant sur deux.
3/ On intégrera les salaires des profs dans les comptes financiers présentés aux conseils d'administration "pour montrer ce que cela coûte" (mon oeil) et anticiper les propositions les plus libérales pour assurer une bonne "gouvernance".
3/ On fermera les petits établissements surtout quand ils auront fait les frais de la disparition de la carte scolaire (son l'intérêt de la supprimer). La pertinence pédagogique de ces petits établissements (à taille humaine) est jugée douteuse...

Je vous laisse constater :


Et il y en a encore qui veulent négocier des points de convergence avec lui ...

* Retour sur la maternelle : Darcos aurait peut-être du faire attention, parce que dans la société sécuritaire vers laquelle on va (nous disait en 2004 le livre Bleu des industriels de micro électronique) :

"la sécurité
est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes ...l’éducation dès l’école maternelle, pour ( que) les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants." (extrait de ça, trouvé sur Médiapart)
comme quoi un instit bien formé ça peut servir...

* Sans relation :
Snes -7 Octobre : le SNES appelle à la grève

"La CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires, l’UNSA et la CFE-CGC appellent l’ensemble des salariés à une journée d’action interprofessionnelle le 7 octobre, pour « affirmer l’exigence d’emplois de qualité pour toutes et tous, de salaires revalorisés, d’amélioration des conditions et de la durée du travail respectant la santé et la dignité des personnes, d’une protection sociale et de retraite garantie et de haut niveau, de services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale. »

Le 7 octobre donnera lieu à des initiatives sur l’ensemble du pays (rassemblements, manifestations, actions ciblées...). Des préavis de grève sont déposés dans de nombreux secteurs (éducation, fonction publique territoriale...). Le SNES considère indispensable la participation à cette action qui peut permettre une mobilisation commune des salariés du public et du privé. La plateforme permet d’y inscrire pleinement les revendications portées pour l’école et ses personnels.

C’est pourquoi le SNES appelle à la grève le 7 octobre et à la participation aux manifestations organisées dans les villes et départements."

Ils seraient gentils tout de même de préciser pourquoi ils veulent faire grève parce que parfois on ne sait plus bien où ils en sont au SNES. Souvenez-vous (dernière partie de l'article).

Comments

N'importe quoi

* J.O. de l'école ou militarisation ? Xavier Darcos veut distribuer des médailles aux bons élèves.

Ce n'est pas une blague, voici ce que l'AFP rapporte ;

Darcos souhaite instituer "une médaille" pour les bacheliers

Le ministre de l'Education nationale
Xavier Darcos a souhaité dimanche remettre à l'honneur les récompenses scolaires et notamment instituer une "médaille" pour les bacheliers, de couleur différente selon la mention obtenue.
Dans une entretien au Parisien Dimanche, Xavier Darcos a estimé "important que l'obtention du bac puisse être valorisée". "
Nous envisageons même que les bacheliers puissent recevoir une médaille! Elle serait de couleur différente, peut-être sur le mode des médailles sportives, or, argent, bronze, selon la mention obtenue", a-t-il expliqué.
Le ministre de l'Education nationale a ajouté que "pour symbolique qu'elle soit,
la médaille aurait plus de signification que le seul diplôme de papier".
Plus généralement, M.
Darcos s'est dit favorable aux remises de prix. "Je crois très important que les adultes, si exigeants avec les élèves, leur retournent ensuite une reconnaissance. La remise de prix ou de diplôme n'est donc pas seulement une récompense mais une marque de gratitude de l'école envers les élèves qui illustrent les valeurs de l'école", a-t-il dit.

Nous remettons solennellement la médaille du plus grand réformateur scolaire au petit Xavier D. ... Et il y aura la bobine de qui sur cette médaille ?

* Yo, le SGEN-CFDT se déchire grave.
Attention ça fait mal. De la graine de révolution la dedans .... Voyez plutôt cette intervention parisienne :


Nonbercy
envoyé par joach30


impressionnant non ?
Comments

Darcos au Sénat (bis)

Mise à jour du 17/09 : D'autres extraits de l'audition de Darcos en page d'accueil ici.

Bon, puisque elle a l'air de bien plaire ma petite vidéo de Darcos au Sénat je vous la rediffuse ce soir (et en attendant mieux). Vous avez pu constater sur France 2 combien notre ministre était prêt à dire le contraire de ce qu'il affirme la dessous (une boulette ?). Il sait aussi utiliser le latin des curés pour flatter son chanoine (attention, il n'y a pas que des contrepétries...).

Bref, l'administration de l'Education Nationale dans toute sa splendeur...

Comments

Toujours plus pour (dé)penser moins

* Après la fin du samedi matin, la réduction des heures de classe par jour ? C'est du moins ce que préconise l'OCDE qui on le sait a été et est encore le grand timonier d'un bon nombre de réformes économique en Europe. Et ceux-là, ils savent ce qui est bon pour le peuple...

AFP - En France, les rythmes en école primaire devraient être allégés

"Les réformes en cours dans le primaire en France - baisse du nombre total d'heures de classes et soutien scolaire - vont dans le bon sens mais les rythmes devraient encore être allégées, a jugé mardi l'un des responsables de l'éducation à l'OCDE, Eric Charbonnier. La baisse du nombre d'heures "va adapter le système français à ce qui se fait dans les autres pays européens. Et cela va dans le bon sens de laisser du temps pour le soutien scolaire", a-t-il commenté, plaidant pour continuer dans cette voie en collège et lycée.
"La seule interrogation qu'on peut avoir est: est-ce que les journées ne seront pas trop longues en primaire?", a-t-il ajouté, prônant "des ajustements qui pourront se faire dans le futur".
Les journées longues sont dues en particulier à la semaine de quatre jours et au faible nombre de semaines travaillées par an.
Comme la plupart des écoles primaires auront des semaines de quatre jours, les écoliers français auront six heures de classe par jour, plus le soutien éventuel.
Or la France est le seul pays de l'OCDE, à la connaissance de M. Charbonnier, à avoir des semaines de quatre jours, les autres répartissant les heures sur au moins cinq jours. [bon alors là faut savoir : pourquoi ne pas dire alors de revenir à 5 jours ? ]
Par ailleurs, les écoliers français travaillent 35 semaines, contre 38 semaines en moyenne dans les pays de l'OCDE.
Ces journées longues peuvent expliquer les taux de redoublement plus importants en France que dans la moyenne de l'OCDE et les difficultés de rattraper le retard quand un élève a décroché, selon M. Charbonnier. [C'est sûr c'est la raison principale du redoublement ... le E d'OCDE, c'est pas pour économie par hasard ?]
Le directeur adjoint pour l'éducation de l'OCDE, Bernard Hugonnier, pense que c'est surtout "l'intensité" des journées qui pose problème:
à la place de six heures de cours didactiques par jour, il en vaudrait mieux seulement trois auxquelles s'ajouteraient trois heures "plus interactives" avec les écoliers."

Je ne savais pas que à l'OCDE on était spécialiste de pédagogie et de didactique...

* Nouvelle morale du citoyen du monde (riche). Alors qu'on nous rabâche que l'enseignement de l'éco est trop axé sur le social (et les difficultés de notre belle société capitaliste), aux ministères on travaille la nouvelle doxa qu'il va falloir inculquer à nos chers (trop chers d'ailleurs au prix du marché) élèves. C'est le programme huit fois oui (ils ont des lettres aux ministères, même si ce n'est plus la peine de lire La Princesse de Clèves).

Grands sentiments assurés. Et on y parle beaucoup moins du pouvoir d'achat, de la récession, et encore moins de l'exploitation du Sud par le Nord et de ceux qui se goinfrent sur le dos des peuples ...

Café péda - Annoncée au B.O. du 19 juin,
la campagne "Huit fois oui" veut faire connaître aux jeunes et aux adultes les huit Objectifs du millénaire pour le développement : réduire l’extrême pauvreté et la faim ; assurer l’éducation primaire pour tous ; promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; réduire la mortalité des enfants ; améliorer la santé maternelle ; combattre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies ; assurer un environnement durable ; mettre en place un partenariat mondial pour le développement. Ces objectifs pour 2015 ont été arrêtés par l'ONU en 2000.
 
Dans les jardins du ministère de la coopération, les discours coulaient et la campagne semblait bien partie. M. Barnier a promis que l'enseignement agricole s'associerait à la campagne.
X. Darcos a rappelé ce que faisait l'éducation nationale pour l'éducation au développement et à la solidarité internationale. L'Unicef, représentée par Patrick Poivre d'Arvor, des associations, comme Solidarité laïque, représentée par Roland Biache, participent à "Huit fois oui". Ils ont dévoilé ensemble les panneaux d'une exposition  destinée aux adultes et aux jeunes et annoncé la publication d'un livre et la diffusion d'un film fin 2008.


* Mouvement ? Je crois que l'on peut s'accorder pour dire que cette journée de mouvement-manifestation-expression a été largement sabordée par tout le monde. On aura que ce que l'on mérite. Tiens, ben on l'a :

AFP - Toulouse: une centaine de personnes contre les suppressions de postes

Une centaine de personnes, enseignants et parents d'élèves, se sont rassemblées jeudi soir à Toulouse pour dénoncer les conditions de la rentrée scolaire et s'opposer aux suppressions de postes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Réunis à l'appel de la FSU, du Snes, de l'Unsa, du Sgen-CFDT et de la CGT-Education, les manifestants ont, sous la pluie, critiqué les suppressions de postes, notamment en Haute-Garonne.
Devant une affichette "Attention, école publique en danger, entreprise de démolition en cours" représentant une école avec une grue et un gros tas de gravats, Christian Bélinguier, secrétaire départemental du Snuipp-FSU, a déclaré: "La rentrée sereine de Xavier Darcos c'est en fait 6.500 suppressions de postes dans le primaire".
Il a indiqué que, depuis la rentrée, une dizaine d'écoles ont été occupées pour dénoncer le manque de professeurs. Le
responsable syndical, qui a qualifié la journée d'action des enseignants de "simple action de rentrée, a par ailleurs indiqué que plusieurs écoles ont fait sonner leur sirène ou des cornes de brume, jeudi, pour alerter sur "l'école en danger".
A Muret, environ 80 personnes, parmi lesquelles des élus, ont participé à un rassemblement."

Une affichette, ça la fiche mal, faut dire...
Comments

Nouveaux statuts en ligne de mire ?

* Flexibilité ou profs à tout faire ? c'est pareil et c'est parti. Voyez plutôt cette réaction du SNES contre une idée éclairée du rectorat de Rennes qui sait anticiper les réformes (et les changements de statuts à venir).

AFP - Des professeurs à des postes de conseillers d'orientation : le SNES proteste

Le Snes-FSU, syndicat majoritaire en collèges et lycées, a protesté lundi contre la décision du
rectorat de Bretagne d'affecter des professeurs à des postes de conseillers d'orientation-psychologues (copsy) alors qu'"il n'y a eu aucune directive ministérielle en ce sens".
Interrogé par l'AFP, le rectorat de l'académie de Rennes a confirmé avoir demandé à des professeurs du Finistère s'ils acceptaient d'être affectés à des postes de copsy.
"Le SNES-FSU refuse catégoriquement une telle pratique, attaque directe du statut des conseillers d'orientation psychologues.
Les professeurs n'ont ni la formation, ni les compétences pour exercer les missions directement liées à un statut de psychologue", indique le syndicat dans un communiqué.
"Le conseil en orientation (...) suppose la maîtrise de l'information sur les filières et les métiers dans le cadre de l'approche psychologique des adolescents", précise le texte.
Selon Claudine Renault, responsable copsy du SNES Bretagne, le rectorat a fait connaître sa décision dès le mois de juillet et précisé les postes concernés en fin de semaine dernière.
Une dizaine de professeurs de gestion du secondaire "qui n'ont pas de poste pour cette rentrée" ont été contactés par le rectorat et il y aurait au moins cinq postes de copsy à pourvoir à Brest, Quimperlé, Landerneau et Carhaix (Finistère), a-t-elle indiqué à l'AFP.
En juillet,
le Haut conseil de l'éducation (HCE) avait dans son bilan annuel préconisé de ne plus recruter de copsy et de les remplacer par des enseignants volontaires, à temps partiel, mais le ministère ne s'est pas encore prononcé en la matière.
"
Le rectorat n'a pas à devancer les décisions ministérielles", a estimé le SNES-FSU, exigeant "le respect de chaque statut".


*"Si on a réussi à convaincre les enseignants de faire 2-3 heures supp', on aura du mal à les convaincre (l'an prochain) de faire 6 ou 7 heures", selon le responsable syndical du SNPDEN (AFP, aujourd'hui). En serait-il question dans les futures maquettes de la réforme des lycées ?

A moins que ces 6 ou 7 heures ne soient dans les (nouveaux) statuts, bêta va !

* Comment juger les systèmes éducatifs ? Après Pirls, Pisa, l'OCDE apporte une solution et des indicateurs. Et vous allez voir ces objectifs, on ne voit pas du tout ou ils veulent en venir ...

Par exemple :

Voici cinq indicateurs permettant de comparer les systèmes éducatifs de certains pays de l'OCDE, tirés du rapport "Regards sur l'éducation 2008" publié jeudi par l'Organisation de coopération et de développement économiques:
-
Dépenses d'éducation en pourcentage du PIB, pour le primaire et le secondaire, puis pour l'enseignement supérieur (chiffres 2005)
-
Part relative des dépenses publiques et privées, tous niveaux confondus (chiffres 2005)
-
Dépenses annuelles par élève/étudiant (en dollars, chiffres 2005)
-
Nombre moyen d'enfants par classe (chiffres 2006)
-
Nombre annuel d'heures de classe pour un élève de 15 ans (chiffres 2006)

L'ensemble des documents est consultable à cette adresse là :
OCDE (attention c'est indigeste - c'est fait exprès).

L'OCDE, vous savez le machin qui inspire toutes ses réformes à l'Union Européenne et qui décomplexe le gouvernement français dans son irrésistible envie de faire de l'argent avec l'Education.

Comments

Réforme lycée (suite de la suite de la suite...)

En attendant les annonces du 15 octobre (puis les décisions finales de décembre) les auditions des syndicats se multiplient et quelques précisions en ressortent. Cette semaine c'était le tour de FO de rencontrer Gaudemar. Meilleurs morceaux des réponses faites par ledit recteur.

(Extraits du C.-R. officiel de la rencontre ; merci Laurent)

Sur les postes :
Le recteur a rappelé que la réforme était préparée dans un contexte budgétaire précis : la nouvelle maquette horaire  aura forcément des conséquences en termes de coût des lycées.
Selon notre interlocuteur le  « réalisme », c’est qu’il y a aura des conséquences en terme d’emplois.
 
Sur les statuts :
Le recteur a reconnu que la réforme des lycées croise le « chantier de la condition enseignante »,  avec la mise en place des activités d’accompagnement, l’aide à l’orientation, les modules semestriels … et que le décompte dans les services serait à discuter. « Les missions de chaque corps devraient évoluer ».
Les CPE et les COP seraient chargés de l’accompagnement éducatif sous la responsabilité de l’enseignant.
Tout est possible : polyvalence, annualisation, allongement du temps de présence... 
 
Horaires :
Monsieur le Recteur a reconnu que tous les enseignements qu’ils soient « fondamentaux » ou « modulaires » peuvent être semestriels ; que tous les enseignements peuvent se faire de façon modulaire, que chaque élève pourra changer de module dans le cadre de la semestrialisation de l’enseignement de toutes les disciplines ; en conséquence, tous les programmes d’enseignement seraient revus pour les formater sur 5 mois. La référence n’est plus l’année scolaire mais le semestre pour l’ensemble des disciplines qu’elles soient fondamentales ou d’approfondissement. L’élève devrait donc construire son parcours individuel en modules semestriels, en opposition au « modèle annuel du XIX° siècle ». Ce serait la fin du principe : à chaque année scolaire doit correspondre un niveau de connaissances.
 
Baccalauréat :
Monsieur de Gaudemar indiqué que le déroulement du bac serait une des conséquences de l’organisation du lycée. Il a précisé : « davantage de contrôle continu, c’est sur la table. »

Rien de franchement surprenant, on le savait plus ou moins, mais au moins maintenant c'est clairement dit.

*Précisions supplémentaires données le 27 août à l'occasion d'une autre entrevue avec plusieurs syndicats (rapport du SNES)

Voici en substance les propos de Gaudemar : "En 2de, les enseignements généraux seront obligatoires, et un élève qui souhaite approfondir une discipline doit pouvoir le faire. Beaucoup de disciplines doivent donc être dans les enseignements généraux et d’approfondissement. Par contre, les disciplines pas abordées au collège doivent être en 2nde des disciplines d’exploration.
La spécificité de la voie technologique est actuellement liée au type d’élèves. Il faut pouvoir offrir des modules avec un type d’apprentissage plus inductif et plus applicatif en faisant disparaître le poids du profil des élèves de leur conception.
(...) Les lycéens se plaignent d’une semaine trop lourde, ils aimeraient travailler autrement.

L’autonomie de l’établissement s’exerce sous la direction du chef d’établissement. Les programmes resteront nationaux mais les modalités de leur mise en œuvre seront choisies par l’établissement. Il y aura une très grande responsabilité de l’établissement dans la définition des modalités de l’accompagnement : qui peut mieux comprendre les besoins des élèves accueillis ? "

Comments

Résistance et contre résistance

* Guy Môquet, c'est reparti : la circulaire officielle est là : http://www.education.gouv.fr/cid22276/mene0800716n.html

Résistante, résistance, résisitance. C'est bien d'actualité.


* Réformes concours : le travail se poursuit : On apprend de source autorisée la mise en place, par le ministère de l'Education Nationale, de 3 groupes de travail. But : traiter de la question des masters, des épreuves des concours et des mesures d'accompagnement d'entrée dans le métier.
Une info e-etud.com.

"Le 23 juillet dernier,
l’Académie des sciences, la Conférence des directeurs d’UFR de lettres, la Conférence des directeurs d’UFR de sciences et l’Association des enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation, la CPU et la CDIUFM se sont réunies afin de former un groupe de réflexion sur "ce que pourrait être une formation des maîtres universitaire dans le cadre de la réforme". Ils ont ainsi avancer une série de 4 principes qui devraient, selon eux, être mis en oeuvre pour élaborer, dans les meilleures conditions, ces nouveaux masters:

1. Les universités devront pouvoir proposer des masters à caractère enseignant.
L'IUFM devra mettre ses compétences au service de toutes les universités d'une région, et pas seulement de celle qu'il a intégrée.
2. Les
masters à caractère "enseignant" devront obligatoirement comprendre quatre volets: disciplinaire, didactique, épistémologique et professionnel, avec des stages obligatoires en établissement au cours de la formation.
3. La formation devra être organisée de manière modulaire afin de faciliter les passages d'un master à l'autre.
4. Les
concours ne devront pas trop "peser" sur la formation afin d'éviter le "bachotage" disciplinaire en master.

La proposition de mesures transitoires
Afin de faciliter la mise en place de cette réforme, la CPU et la CDIUFM ont proposé, lors de la
réunion du 26 août au cabinet de Valérie Pécresse, diverses mesures transitoires:
• Les étudiants qui s'inscrivent dans les préparations aux concours en IUFM pourront, s'ils sont admis ou admissibles aux concours qu'ils présentent, s'inscrire directement en M2 des nouveaux masters;
• Les autres bénéficieront d'équivalences délivrées par des commissions d'évaluation paritaires, composées de représentants des futurs masters et des masters actuels.
La mise en place de toutes ces mesures transitoires nécessitera l'accord du président d'université et/ou du Cevu et du CA de l'université. Pour l'instant, seul « un tiers » des universités se sont inscrites dans cette démarche.

* A droite, on organise déjà la contre révolution. Création annoncée d'une UMP-Lycée. Véritable provoc ? Va-t-on vers des batailles rangées dans les lycées ?
AFP -
"Xavier Darcos favorable à la création d'une "UMP-lycées"

Le ministre de l'Education Xavier Darcos a réagi favorablement, samedi, à l'annonce d'une future UMP-Lycées, y
voyant un possible "contrepoids" aux organisations classées à gauche.
"Il est bon qu'on puisse,
non pas installer un parti politique dans les lycées, mais avoir des jeunes qui sont de notre sensibilité et qui sont organisés", a dit M. Darcos à l'AFP en marge du "Campus" UMP de Royan.
"Il est clair qu'aujourd'hui, nous avons des associations lycéennes qui ont leur légitimité, mais qui sont très, très marquées à gauche, qui sont très anti-gouvernementales et qui parlent un peu au nom des lycéens, alors qu'elles parlent surtout au nom d'un parti", a-t-il poursuivi en citant l'Union nationale des lycéens (UNL).
"L'UNL est très liée au Parti socialiste, et donc je souhaiterais qu'on fasse un peu contrepoids,
que d'autres lycéens puissent s'exprimer", a-t-il ajouté.
L'UMP est "un mouvement populaire, pas du tout un mouvement bourgeois, de droite, coincé, réac", a souligné le ministre: "Nous sommes des réformateurs, avec un esprit de novation, de jeunesse".
Le nouveau président des "Jeunes populaires", Benjamin Lancar, a annoncé samedi le projet de lancer une "UMP-lycées" et une "UMP campus" ouvertes aux lycéens et étudiants."

Pas du tout bourgeois, non vraiment pas du tout...
Il me semble tout de même que l'UNL est un syndicat (qui signe de plus avec le gouvernemnt) et non un parti politique.
L'expression et l'organisation des partis politiques est-elle autorisée au sein des lycées ? C'est nouveau...
Comments

Toujours plus (dans tous les sens)

*Si Ferry le dit... au moins un de droite qui ne cache pas la logique budgétaire de la réforme et la fin des RASED (surtout à la fin). A écouter en podcast :


Ferry RASED

* Taquiner le goujat (suite) : augmentation des heures sup. On est encore loin de rattraper la perte depuis 1980. Rappellons aussi que les HSA sont payées selon la valeur de l'échellon 4 du corps dans lequel vous appartenez. Cela veut dire que si vous êtes au dessus de l'échellon 4 (c-a-d comme tout le monde après 2 ans de service), et bien les heures sup sont moins payées qu'une heure normale de cours. Rappellons que pour tous les autres salariés, elles sont payée 25 % en plus de la paye horaire. Et comme tout cela n'est pas dit dans la déclaration du ministre, voici encore une manière de faire croire qu'on augmente avantageusement les profs.

AFP - Le ministère de l'Education a précisé mercredi dans un communiqué les montants de la rémunération des heures supplémentaires pour les enseignants à compter du 1er octobre.
Au 1er octobre,
suite à la revalorisation prévue depuis février du point d'indice fonction publique de 0,3%, les heures supplémentaires seront ainsi rémunérées:
- Rémunération des heures supplémentaires annuelles (HSA), attribuées pour la totalité de l'année scolaire, correspondant à la réalisation d'une heure supplémentaire par semaine, soit au plus 36 heures supplémentaires dans l'année:
La première HSA, pour un certifié de classe normale, sera payée 35,4 euros par heure supplémentaire. Elle sera de 50,6 euros par heure supplémentaire pour un agrégé de classe normale.
Les HSA suivantes seront payées, 29,5 € pour un certifié de classe normale et 42,2 euros pour un agrégé.
-
Rémunération des heures supplémentaires effectives (HSE), attribuées notamment dans le cadre de l'accompagnement éducatif (après les cours), des stages pendant les vacances ou des remplacements de courte durée (pendant l'année scolaire): l'HSE s'établit à 36,88 euros pour un certifié et à 52,74 euros pour un agrégé.
Le ministère rappelle que "depuis octobre 2007, les heures supplémentaires réalisées par les enseignants sont exonérées d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales", ce qui se traduit par "un gain de revenu moyen supplémentaire équivalent à 28% de la rémunération perçue".

Le ministère sentirait-il que cela risque de chauffer dans l'EN à la veille des annonces de la réforme des lycées ?

* Manif mais toujours pas grève ni de véritable mouvement, le 19 octobre. Alliance de la FSU, l' Unsa-Education, le Sgen-CFDT, le syndicat lycéen UNL, l'organisation étudiante Unef, les parents d'élèves de la FCPE et le mouvement pédagogique Crap (pour l'instant).


* Vive les (nouveaux) chefs d'établissement ?
C'est l'OCDE qui relance le thème, on ne s'attendait pas à moins. Il nous faudrait de véritables managers d'après des rapports de l'OCDE (qui sont là). C'est bien de là que vient l'idée de toujours plus d'autonomie, de responsabilité pour les petits chefs.

L'OCDE recommande d'augmenter le niveau d'autonomie décisionnelle des directions. Par exemple en leur donnant plus de pouvoir dans l'évaluation des enseignants, plus d'outils de pilotage et en encourageant la construction de réseaux de chefs d'établissement .L'OCDE appelle aussi les décideurs à partager les taches directoriales et à développer des équipes de direction. Enfin elle s'inquiète du peu d'attraction des métiers de direction. Elle recommande une meilleure formation, de meilleurs salaires, un recrutement mieux adapté.


Café péda qui tente de résuler l'objectif de l'OCDE :

"Or le rapport de l'OCDE est pourtant fort intéressant en ce qu'il éclaire  ce que pourrait être un autre management. Appuyé sur des travaux anglo-saxons (Scheerens and Bosker, Teddlie and Reynolds, Townsend), il montre que l'effet de direction est forcément indirect sur les résultats des élèves. Ce qu'arrive à faire un bon management c'est à faire le lien entre les décisions de pilotage nationales et les enseignants, entre l'école et son environnement, à motiver et accompagner l'équipe enseignante.
 
Ce n'est donc pas le renforcement du bureaucratisme que demande le rapport de l'OCDE. Il milite plutôt pour le partage des tâches directoriales, la notion d'équipe directoriale et la mise en réseau de ces équipes. Des thèmes que Dubet et Cousin avaient mis en avant en insistant  sur l'importance de la mobilisation des enseignants et d'équipes pédagogiques soudées et communicantes."

Bref, des gens capables d'écouter, qui laissent leur égo dans leur posche et oublient un peu leur carrière ?

* Jurisprudence Môquet-Sarkozy ?

AFP - La justice relaxe une mère poursuivie pour outrage à un sous-préfet

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé jeudi une mère de famille franco-colombienne, Maria Vuillet, qui était poursuivie pour avoir outragé un sous-préfet lors de la journée de commémoration du souvenir du résistant Guy Môquet.
Lors de l'audience du 10 juillet, l'incident mineur survenu le 22 octobre 2007 avait pris une ampleur inattendue.
Ce jour-là, plusieurs dizaines de lycéens avaient manifesté devant le lycée Carnot du XVIIe arrondissement pour dénoncer "la récupération politicienne" de la mémoire de Guy Môquet, dont la lettre devait être lue dans les lycées à la demande expresse du président de la République.
Une cinquantaine de manifestants avaient ensuite prolongé leur action
dans la station de métro Guy Môquet où le sous-préfet Frédéric Lacave devait rendre un hommage officiel aux résistants communistes.
Sous les huées, M. Lacave s'était adressé à Maria Vuillet, une femme venue soutenir sa fille lycéenne, et
lui avait dit: "Attention, je représente la République", ce à quoi Mme Vuillet dit avoir répondu : "Oui, mais pas celle que voulait Guy Môquet".
Le sous-préfet a lui une version différente. Selon le représentant de l'Etat, la prévenue lui aurait alors répondu: "Vous représentez l'Etat. Vous représentez Sarko. Sarko facho. Donc vous êtes facho". (...)
Lors de l'audience du 10 juillet, la fille-même de Maria Vuillet avait reconnu que les mots "Sarko Facho" avaient été prononcés durant les incidents.
Rappelant "le brouhaha" et l'ambiance agitée du 22 octobre, l'avocat de M. Lacave, Me Cyril Fergon, reconnaissait jeudi qu'il pouvait y "avoir un doute" sur l'identité des personnes qui avaient prononcé ces mots et "ce doute a bénéficié à Mme Vuillet". A ce stade, l'avocat pense que son client ne fera pas appel.
Durant les trois heures d'audience --une durée peu commune pour une audience à juge unique-- Me Lévy avait accusé le sous-préfet de mensonge et tenté de
convaincre le tribunal qu'il ne pouvait condamner Mme Vuillet, alors que le président de la République, Nicolas Sarkozy, "employait sans cesse des expressions outrageantes, voire injurieuses, quand des personnes s'opposent à lui".

Comments

Vont-ils s'arrêter ?

Pour ceux qui arrivent directement ici : d'autres extraits de l'audition de Darcos en page d'accueil ici. (Mise à jour du 17/09 )

* Pas sûr. Tout d'abord la maternelle ne sert à rien, c'est bien connu (sinon à sauvegarder des postes et dédouaner les mairies)
C'était le jeudi 3 juillet 2008, devant la commission des finances, au sujet des crédits de la mission "Enseignement scolaire "
La vidéo en entier est là (il faut attendre la 47e minute).
Extraits qui en disent long...


Conclusion : la maternelle ne sert donc à rien et les instits qui y enseignent sont surpayés. Bref, de vrais mecs de droite. Des vrais.
[commentaire d'un lecteur ] Le ministre de l'éducation méprise autant ses fonctionnaires et connaît si peu le travail qui est fait dans les écoles. M. Darcos confond le pré élémentaire et la section des petits (voir des tous petits). En effet,le pré élémentaire s'achève à l'entrée des enfants en CP. Hors, dès la deuxième année de scolarisation, c'est à dire la moyenne section de maternelle, il n'y a plus de sieste. De plus, en petite section, ce ne sont plus les enseignants qui la surveillent mais les atsem. Pendant ce temps, les maîtres et maîtresses décloisonnent, c'est à dire qu'ils vont dans les autres classes et prennent des enfants en groupe.

* Retour sur la maternelle : Darcos aurait peut-être du faire attention, parce que dans la société sécuritaire vers laquelle on va (nous disait en 2004 le livre Bleu des industriels de micro électronique) :

"la sécurité
est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes ...l’éducation dès l’école maternelle, pour ( que) les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants." (extrait de ça, trouvé sur Médiapart)
comme quoi un instit bien formé ça peut servir...

* Ensuite, dernière trouvaille de Xavier Darcos, le stage d'anglais indoor.
Il veut sans doute en faire un catégorie olympique pour 2012...

Nouvel obs -
"Soucieux d'améliorer le niveau général des lycéens en langue anglaise, le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos a annoncé lundi soir qu'il leur proposerait des "stages d'anglais oral intensifs" lors des vacances de février et d'été.
"Je proposerai, pour les élèves de lycée, aux vacances de février, début juillet et fin août, des semaines de stages d'anglais oral intensif", a-t-il déclaré sur TF1. "Les familles fortunées s'offrent des stages à l'étranger, moi je les offre à tout le monde sur place."
Qualifiant de "handicap" le fait de mal parler l'anglais dans le monde actuel, le ministre a précisé qu'il se fixait pour objectif que les jeunes Français deviennent "bilingues" dès "la fin de la scolarité obligatoire"."

Vive le handicap...

* Surtout que ça rapporte, ces heures supplémentaires, souvenez vous : l'heure supplémentaire effectuée (comme cela a été annoncé pour les heures effectuées cet été) sera payée 36,59 euros pour un professeur certifié et 52,32 euros pour un agrégé. (Le Ministère, selon AFP, dépêche du 14 août).

Voilà comment taquiner le goujat.


* *"La coupe est pleine arrêtons-nous là !"
C'est ce que dit un instit dans un argumentaire assez bien foutu contre les réformes Darcos. C'est là. Trouvé sur le site de Mérieux (si c'est pas malheureux...).

* Non, il reste encore de la place.
Lisez plutôt, une info Nouvel Obs.com du 29/08 :
"Il s'est fait le champion des droits de l'Homme, de la démocratie et de la tolérance. C'est un homme d'Etat de stature mondiale", explique le président de la Fondation appel de la conscience, puissante ONG américaine, qui va décerner à Nicolas Sarkozy un "prix mondial de l'homme d'Etat 2008".

Un "prix mondial de l'homme d'Etat 2008" va être décerné au président français Nicolas Sarkozy par une puissante organisation non gouvernementale américaine, a annoncé cette dernière jeudi 28 août. Ce prix lui sera décerné au cours du dîner de gala annuel de l'organisation, le 23 septembre à New York un "prix mondial de l'homme d'Etat 2008". (...)
Le président et fondateur de l'ACF, le rabbin Arthur Schneier explique dans un communiqué que "Nicolas Sarkozy a fait preuve de détermination et persévérance dès qu'il est apparu dans l'arène internationale où il s'est attaqué aux défis politiques, sociaux et humanitaires d'aujourd'hui". Le rabbin Arthur Schneier, un survivant de la Shoah, avait notamment reçu le pape Benoît XVI dans sa synagogue de l'East Park à New York en avril dernier.
"C'est de façon exemplaire qu'il s'est fait le champion des droits de l'Homme, de la démocratie et de la tolérance, tout comme de la défense de l'environnement. C'est un homme d'Etat de stature mondiale", a ajouté le rabbin.
Le président français sera présenté à l'assistance par l'ancien secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger.
Le dîner de remise des prix sera présidé entre autres par Serge Dasssault, président du groupe français aéronautique Dassault, également propriétaire du quotidien Le Figaro.
En 2007 le prix avait été décerné à la chancelière allemande Angela Merkel. Celle-ci vient d'être qualifiée de femme la plus puissante du monde pour la troisième année consécutive par le magazine américain Forbes.
La Fondation Appel de la conscience "soutient la liberté de religion et les droits de l'Homme en Russie, en Chine, dans les Balkans, en Europe centrale, en Argentine et à Cuba".

*Enfin, un petit Vidberg, pour se remonter le moral et en rire un peu.


N'oubliez pas de visiter son site. C'est là.

Comments