...
Ferry au centre du système
..

 

On attendait Grouchy, c'était Groucho

Février 2003

Dindons de la farce, vous êtes marron

...
Lecteur, attention, ces deux articles sont complémentaires!

Poursuivons la métaphore enfilée:

ne pas confondre
les fesses galantes
et
embarquement pour clystère


Aux valeurs!
Chirac a envoyé Ferry à Porto Alegre (ça ne s'invente pas). Sa Hauteur Philosophale a exigé un jet privé à 150 000 euros: aller voir des pauvres, mais savoir rester digne, c'est beau.

Caprice refusé; à la place, il a emmené sa femme, dont les hautes attributions gouvernementales n'ont échappé à personne.


Darcos-toujours

À propos d'enseignants en grève pour cause de violence (bandes extérieures effectuant des razzias dans le lycée):

"Être enseignant, c'est accepter d'affronter les élèves tels qu'ils sont, ou alors il faut changer de métier"

Et être con, c'est accepter un portefeuille pour ne rien en faire?


Une lecture qui s'annonce édifiante et réjouissante:
"Collèges de France", de Mara Goyet (Fayard).

Les extraits parus dans Le Monde (24/01) sont pertinents, impertinents et bien écrits. Je l'achète demain, et si j'étais vous, j'en ferais autant (à bien y réfléchir, cette phrase est très con...).

Addendum après lecture:
Ma fiche de lecture de bon élève: je les ai tous reconnus!

Lisez-le, riez, prétez-le.


Mal documenté

Pour annoncer la décentralisation du CNDP
(Centre National de Documentation Pédagogique),

Ferry, ce grand voyageur, s'est rendu à Poitiers, fief (c'est un hasard) de Raffarin, où est déjà délocalisé (c'est encore un hasard) le CNED
(Centre National d'Enseignement à Distance)

Emporté par son élan et n'ayant probablement pas eu le temps de potasser les anti-sèches de ses sous-fifres, il a allègrement confondu CNDP et CNED. Toujours au top. Mais c'est un hasard.

N'oublie pas mon petit soulier...
Pendant les fêtes, les affaires continuent.

    Pendant que nous croupions la dinde, les gros patrons du monde ouvraient leurs cadeaux au raout de l'OMC.
    L'Organisation Mondiale du Commerce planche actuellement sur la libéralisation des services (publics) en Europe et ailleurs, soit plus de 140 partenaires commerciaux. Et l'un des secteurs les plus visés est l'éducation, qui dépense deux mille milliards d'euros, lesquels doivent tomber dans une poche: selon le précepte libéral, "toute activité humaine doit être créatrice de richesse" – privée.

"Je ne peux pas faire ça en public."

    L'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) se rédige actuellement à Bruxelles (Union Européenne) et Genève (OMC), dans le plus grand secret: dixit Pascal Lamy (des riches et bien portants), commissaire européen au Commerce, "je ne peux pas faire ça en public" (interview dans Les Échos).
   Et l'accord devrait être valide et en marche le 31 mars 2003.

    À partir de cette date, les états ne se conformant pas à l'accord seront sanctionnés d'amendes, comme ce fut déjà le cas pour les délais à la privatisation de l'énergie, par exemple. Ce qui signifie que ces secteurs échapperont à nos lois.

    Dans le même temps, le gouvernement s'engage dans une décentralisation plus complète (en gros, tout sera régionalisé, sauf l'armée et les affaires étrangères). Ce qui évitera à l'état de faire face à cette perte de "souveraineté", et surtout reportera le poids des décisions et/ou des amendes sur les collectivités locales.

    Impossible (secret très secret!, voir plus haut) de savoir si l'éducation est comprise dans la première vague de libéralisation, ou si le dépeçage est prévu pour (un peu) plus tard. Mais quelle région (presque toutes à droite) résistera aux sirènes (ou aux amendes) libérales?

   Pour le réveillon, nous nous sommes fait fourrer.

BB

Enseigner, ou clystère?
Retour de fêtes tragique

   La rentrée 2004 s'annonce gaie: partout les "dotations horaires" sont calculées à la hache. C'est à peine si l'on parviendra à assurer les enseignements obligatoires, malgré les nouvelles réductions d'horaires.

    C'est là que l'on découvre toute la subtilité des "Itinéraires de découverte" lancés à grands cris il y a quelques mois: pour les assurer, il fallait (ah?) réduire l'horaire de français, maths et langues, et l'on jurait que ces programmes seraient traités "autrement" dans ces fameux Idd. Maintenant que les amputations sont opérées, on s'empresse de "redéployer" les profs, c'est à dire de les partager sur deux ou trois collèges: on retire les moyens dégagés.
    Et l'on s'aperçoit qu'il sera impossible d'assurer les Idd.

"Enseigner autrement" = enseigner moins

    Tandis que le ministre nous bassine avec la nécessité de renforcer l'enseignement du français (davantage, mais moins, quoi), cette course à la désinstruction colle tellement aux objectifs de l'OMC que l'on en reste béat devant la beauté de la coïncidence. Relisez les articles ici-parus depuis deux ans, si vous trouvez que j'ai la lang(ue) à l'aigre...

    Et si dans quatre ou cinq ans, quand partiront en retraite (veinards, à soixante ans!) les dizaines de milliers de profs que l'on s'évertue à ne pas remplacer, on venait nous dire, dans des régions devenues maîtresses de l'Éducation-plus-du-tout-nationale, que le Mammouth est au bord du gouffre, et que le seul salut est dans la libéralisation (= la privatisation) du système?
    Et si alors ce système public se réduisait à sa partie invendable: ses ZEP, ses collèges difficiles, ses lycées de banlieue, ses écoles pour pauvres?

Plaisir anal

    Ce jour-là, les jaunes continueront de dire que les grèves qu'ils ne font pas et les manifs où ils ne crient pas ne servaient à rien.

BB

...

 

Le Mammouth Déchaîné sponsorise ses amis musiciens.
Cliquez-leur donc sur l'image.