Le Robien est-il l'ennemi du mieux?

Notre nouveau ministre durera-t-il assez longtemps pour rentrer dans les annales? Mystère...
Sera-t-il assez dur pour entrer dans les anales? Clystère...
Dans l'expectative, nous lui offrons son album souvenir pour sa première rentrée scolaire.

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Juin 2005
Mise en plis gouvernementale
Parce que je le Robien
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Mardi 7 juin: De Robien, tel un Lang sans indéfrisable, nous refait le coup de "attendre et écouter"; et annonce le "gel" (parce que je le Robien...décidément...) des points douloureux de la réforme Fillon (poils au gnon): contrôle continu au bac, fin des TPE, remplacement obligatoire des profs absents par leurs collègues.
Mais tout ça était déjà gelé, que je sache? Fillon avait calmé les lycéens sur le bac, pas tranché ( = laissé tombé) sur les TPE, et on annonçait que le coup des remplacements au pied levé se heurtait à des obstacles techniques: bref, c'était déjà mis de côté pour éviter de fâcher (dans la perspective d'un référendum? Nooon...).
De Robien nous amadoue donc avec de belles vessies, et lanterne (avec un petit brushing dans le sens du poil) jusqu'à ce que ces coupes budgétaires maquillées en réformes nous soient resservies retoilettées.
Nous allons "attendre et écouter", mais le village des indécrottables pourrait bien compter un nouveau personnage: Cosmétix.

Les aventures de Gnon-Gnon:
Gnon-Gnon prend une branlée

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"Une impulsion nouvelle et forte"


Ex-ministre de l'équipement,
de Robien va s'occuper de nous


Charity business

Une bonne correction

     En Grande Bretagne, les corrections d'examens ont été privatisées et seront dorénavant délocalisées.

     Épisode 1
     Les corrections d'exams nationaux ont été externalisées, c'est à dire confiées à ce qu'on nomme là-bas une "charity" – l'équivalent d'une "fondation", dont les bénéfices vont à des œuvres. Ça sonne mieux que "entreprise privée", mais le but est loin d'être non-lucratif; il s'agit quand même de gagner un max de pognon, même s'il n'est pas pour des actionnaires.

     Épisode 2
     La dite "charity" n'a pas de moyens de coercition pour obliger les profs à corriger, ni la volonté de les payer assez cher pour qu'ils accourent. Pour simplifier le boulot (trop de copies par tête de correcteur), pression est faite sur les rédacteurs des sujets: il faut favoriser les réponses en un mot et les qcm. La correction influe sur les sujets, et à rebours sur l'enseignement.

     Épisode 3
     Scandale national en juillet 2004: les correcteurs du bac (A-Level) se sont parfois avérés terriblement sous-compétents et sur-exploités – certains ont même sous-traité! – d'où un paquet d'erreurs et d'approximation, et nombre de re-corrections.

     Épisode 4
     Rachat de la "charity" par une boîte américaine: la privatisation est effective, le but lucratif est atteint.

     Épisode 5
     Pour rentabiliser le processus, pour les exams 2005 on délocalise certaines tâches en Inde: les copies seront scannées et téléchargées en Inde. Là, on tapera les réponses des candidats; il s'agit bien sûr de réponses en un mot, ou de qcm. Les réponses ainsi numérisées seront pour certaines corrigées par des ordinateurs, le reste par des correcteurs en Angleterre.
     Et les rédacteurs des sujets sont d'ores et déjà instamment priés de veiller à multiplier les questions à réponse en un mot et univoque, les qcm, les exercices à résultat (et non à raisonnement ou démonstration rédigés).

     CQFD: le système de correction influe sur les épreuves, donc sur la préparation d'icelles, donc sur l'enseignement.

     Épisode 6 ?
     Il ne reste qu'une étape pour l'adoption de règles authentiquement marchandes: les difficultés de saisie (encre trop pâle, écriture peu lisible, râtures, etc.) facturées aux établissements scolaires. Ça ne saurait tarder.

BB
Lendemain de cuite:
remaniement du Mammouth

On ne se trompe (de Mammouth)
pas de débat

Que fiche donc la pseudo (ex-) constitution
en "une" du Mammouth Déchaîné?

     Hormis le plaisir de la déculottée de Gnon-Gnon, Potiron et quelques social-traîtres, il y a d'autres raisons de se réjouir de ce gnon franc et massif. Car à la lecture de cette purge constitutionnelle, le Mammouth se rappelle qu'il a de quoi se faire du poil...

     Il ne vous a pas échappé que l'enseignement est censé s'euro-harmoniser assez rapidement. Pas de quoi s'en faire, sauf qu'à y regarder de plus près cette harmonisation serait dans bien des cas une reculade par rapport à certains de nos principes, de nos pratiques ou de nos ambitions. Ainsi le "socle commun des langues", basé sur le désormais fameux "portfolio" ou "passeport européen", qui ressemble férocement à un "manuel de la débrouillardise en étranger", conçu pour une auto évaluation ("je suis capable de..."), oublie-t-il tout à fait que l'on n'étudie pas une langue vivante dans le seul but de s'en servir (sur le marché du travail?), mais aussi (avant tout?...) pour forger son intelligence – au même titre qu'on bosse les maths ou l'EPS sans intention de s'en servir pratiquement, mais parce que l'abstraction ou la maîtrise corporelle, entre autres, construisent l'esprit.
     Ces détails n'apparaissent pas en clair dans le traité constitutionnel, mais un coup de frein à l'ingérence (centralisatrice, n'en déplaise aux europhiles) d'une idéologie pédagogique dominante est toujours bon à donner.

     La question de la libéralisation des services (que nous appelons "publics", mais l'adjectif n'existe pas dans tous les pays, et le concept est loin d'être unique, univoque et universel), cette question est indéniablement une préoccupation enseignante. III-148: "Les états membres s'efforcent de procéder à la libéralisation des services", y compris l'école; et surtout "au-delà de la mesure qui est obligatoire": où l'on nous rappelle qu'il y a déjà un engagement, un calendrier et une norme (une "mesure") de libéralisation...

     Autre point intéressant: "la liberté de créer des établissements d'enseignement" (II-74) est un droit fondamental (!!!). Cette "liberté" n'est certes pas contestée par notre législation, ni celles de nos voisins. La vraie question est donc: pourquoi l'inscrire dans une constitution, au même titre que la liberté d'expression, la liberté de la presse, ou l'égalité en droit, au rang des droits fondamentaux? Là apparaît l'arrière-pensée idéologique qui sous-tend la rédaction (fumeuse et pas toujours cohérente) de ce "traité-constitution": le catenaccio. La défense verrouillée. On affirme les principes de la libre concurrence (en visant les services publics: externalisation, privatisation, soumission obligatoire au marché), et dans le même temps on définit comme droits constitutionnels les conditions matérielles de cette libéralisation programmée.

BB

De Robien nous fera-t-il profiter de son expérience?
Autisme politique, autisme social,
bientôt l'autisme éducatif?

Optimisation comptable des corrections
(voir ci-contre):
le prof de français automatique

De Robien ministre de l'Éducation:

Les flashes automatiques adaptés à l'Éducation Nationale?
Le Robien est-il l'ennemi du mieux?
L'après-référendum selon Fillon:
perte et tracas

Des Transports à l'Éducation:
une ligne discontinue

Gilles de Robien:
un poids-lourd à l'Éducation?

Des Transports à l'Éducation,
transfert de recettes:
nouveaux modes de contrôle?


IPR de lettres


IPR de maths


IPR de poésie
(Nouveau! Vu à la télé.)


Inspecteur général

 

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Le Mammouth Déchaîné sponsorise:
attention, ces groupes contiennent des morceaux entiers d'amis du Mammouth


Pretext,
rock-band de potes.

Xerock,
groupe de musique pop-rock (et autres).