Le Robien est-il l'ennemi du mieux?

Décembre 2006

Lecture, grammaire et calcul
... électoral

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Lecture et révisions de la grammaire électorale

     Que ce soit dit : après le retour au b.-a. ba, on fera des leçons de grammaire comme au temps où les gens ne faisaient pas de fautes. De Robien, l'Irréel du conditionnel, l'a fait. Voilà l'affaire du participe classée. Tant mieux, tant pis, on jugera au résultat. Ce qui dans cette histoire est surprenant c'est encore une fois plus la forme que le fond, bien que l'on puisse se demander dans quelle mesure la première ne vient pas cacher le second. Étalage aux journalistes sans nuance ni critique de sujets sur lesquels les spécialistes s'étripent régulièrement, tranchage à la hache du ministre avec si possible bruits et fracas.

Il en va ainsi de la pédagogie électorale à la veille d'une échéance majeure.

      Cette fois on aborde, nous dit-on, les vrais sujets avec des vraies questions. Il faut y répondre sans doute, mais sans démagogie électorale, pour ne pas voir que l'exception qui confirme la règle. D'autres questions mériteraient d'être posées, mais celles-ci semblent mois urgentes:
– Qui dira que la réussite scolaire dépend essentiellement du nombre de mots qu'un élève utilise et maîtrise oralement à l'entrée en CP, et par conséquent du milieu social auquel il appartient?
– Qui dira que ce milieu social est conditionné avant tout par le salaire et que le salariat à temps partiel (notamment) qu'on impose ne permet pas à ceux qui le subissent de s'extirper de leur condition?
      C'est sûr il ne s'agit pas de problématiques chrétiennes, saint Paul l'a dit.
      C'est sûr il ne s'agit pas de problématiques libérales, on s'en douterait.
      Visiblement, il ne s'agit pas non plus de problématiques sociales... Mieux vaut coller des rustines et faire boire de l'eau distillée.

      Ah, allez-vous me dire, c'est quoi ces accents crypto-marxistes? Encore des profs gauchos incurables * ? Ben non, juste une tendance à réfléchir par soi même et à considérer la polysémie d'une autre grammaire, historique cette fois, à suivre les règles d'une histoire (évacuée des programmes scolaires d'ailleurs) dont les problématiques réhabilitent Marx sans un faire un gros mot.

DR  

(* Fréquentez une salle des profs plus de quinze minutes et les clichés sur les gauchistes prendront un sacré coup d'anti-mythe!)


      De Ségolène Royal, à propos des inégalités face à la carte scolaire:
"si pour certaines catégories, notamment les mieux informées ou les plus privilégiées *, le libre choix d’une école est un bon principe, pourquoi est-ce que ça ne serait pas le cas pour tous les Français? C’est ça être socialiste, c’est ouvrir l’éventail des choix à tout le monde dès lors que c’est bien pour certains."
      Est-ce que quelqu'un pourrait lui expliquer que l'école publique est GRATUITE?

      Elle nous copiera cent fois "Je ne dois pas penser avec la bouche".

Saluons au passage l'admirable style de l'ancienne "ministre de l'enseignement scolaire" (???): il y a donc "les plus privilégiés", on peut supposer qu'il y a des "moins privilégiés", sûrement des "assez privilégiés", dans un coin quelques "un peu privilégiés" côtoyant des "correctement privilégiés".


De Robien veut étouffer l'éducation:
c'est Robien des boas.

L'empaffé du subjonctif

     De nouvelles directives concernant l'enseignement de la grammaire en primaire, soit. Mais au lieu de les communiquer aux intéressés – les enseignants – le ministre de la Propagande les brandit dans la presse. Coup double espéré: jouer les Zorro, et écorner un petit coup l'image de l'école décidément incompétente sas cet homme providentiel. Et en court-circuitant ceux dont c'est le boulot, inspecteurs et Conseil des Programmes.
     Du grand art dans le brassage de vent de la part du type qui préside à la magnifique opération de démolition de l'ÉducNat en cours (recrutement tari sous prétexte d'un creux démographique qui se chiffre à trois élèves en moins par collège, abaissement du niveau de compétence par la bivalence, aggravation des conditions d'exercice et des conditions de scolarité, ...).
     À quoi sert le De Robien? À se faire mousser la mise en plis sur le dos du Mammouth.

BB   


Nanti n'a qu'un œil

     Réécriture du célèbre Décret de 1950 qui régit notre profession = manif' des profs. Et les commentateurs zélés de s'offusquer: ces gros feignants accrochés à leurs privilèges ont le toupet de refuser la réforme d'un texte cinquantenaire!!!
     Retenons la valeur de l'argument: ce texte n'a pas connu d'avancée sociale depuis cinquante ans.
     Et aujourd'hui qu'on veut nous infliger une régression par rapport à 1950, on nous accuse de refuser le progrès.
     Mais au moins sait-on pourquoi l'ÉducNat est surnommée le Mammouth: on l'a congelée il y a bien longtemps.


Encore un drame de l'échec scolaire:

Révolutionnaire:
Sarkozy propose que les parents d'élèves siègent dans les conseils d'administration*.

Il nous copiera cent fois
"Je ne dois pas parler de ce que je ne connais pas".

*(Pour les ceusses qui ne le sauraient pas: c'est le cas depuis bientôt trente ans...)


La vie des grands fauves (suite):

Allègre bouge encore:
il vient de se faire remercier de l'Express. Encore un coup du réchauffement
climatique...


De Robien l'assureur masqué veut sinistrer nos statuts:
un non macif

Le Mammouth se repent
(dans la gueule)


Bivalence:
l'exemple vient d'en haut

De Robien, formation initiale: UDF,
discipline d'exercice: UMP


Lu sur le site de campagne de Mââme Royal:

"Desserrer les contraintes de la carte scolaire, c’est rétablir l’égalité républicaine."

Liberté!
Laissons les pauvres payer des écoles privées à leurs gosses!


Éducation sexuelle:

"Seules comptent les positions qui sont dans le projet."
( F. Hollande)


Harmonie gouvernementale:

toilettage du décret de 1950

 

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Le Mammouth Déchaîné sponsorise:
attention, ces groupes contiennent des morceaux entiers d'amis du Mammouth


Pretext,
rock-band de potes.

Xerock,
groupe de musique pop-rock (et autres).