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10 mars 2008
Le pauvre con-trôle continue
 
Dernière minute, 26 mars: le Mammouth Déchaîné, décomplexé et réactif, se jette comme un cancrelas énervé sur toutes les modes qui passent à sa portée.
Et le résultat est drôle...

Bombardements furtifs

        Comme l'ÉducNat semble en prendre petit à petit l'habitude, elle vient de changer en plein cours de l'année les règles d'attribution du Brevet des Collèges.
        Le principe a de quoi affoler les élèves: à six mois de l'examen, ils découvrent de nouvelles contraintes – et leurs professeurs tombent des nues, tenus d'adapter sans préavis une évaluation commencée depuis près de la moitié de l'année.
        Dorénavant, l'acquis du B2i (Brevet informatique et internet) et du niveau A2 dans une langue vivante sont obligatoires pour être breveté en fin de collège. Aucune autre discipline n'est élimanatoire, et voilà que l'attestation d'une pratique informatique ne faisant pas l'objet d'un enseignement spécifique peut empêcher un élève d'avoir son Brevet. Idem pour la langue: désormais, on pourra avoir des faiblesses en Français, histoire, ou EPS, mais pas en langue étrangère!

Cinquième colonne...

        Petite anecdote personnelle...
        Il y a cinq ou six ans, à la naissance du fameux B2i, mon principal m'a emmené par erreur à une réunion sur le sujet. L'erreur: ce n'était pas un raout technique où j'aurais eu ma place d'administrateur de réseau, mais une grand-messe de l'Inspecteur d'académie pour les principaux. Et j'y ai entendu ceci: ceux qui mettaient en place ce B2i étaient conscients qu'il est illusoire d'imaginer rendre compétents en informatique l'ensemble des collégiens, mais ils tablaient sur le sentiment de culpabilité (sic) des profs pour les amener à investir davantage les salles d'ordinateurs pour "travailler autrement".
        Il est agréable d'être ainsi manœuvré malhonnêtement. C'est à ça qu'on reconnaît l'estime dans laquelle nous tient l'administration qui nous emploie.

Obsession normalisatrice
des institutions européennes

        Aujourd'hui, nouveau largage de défoliant inodore, le "niveau A2" en langue. La Commission Européenne, dans son obsession normalisatrice, a passé commande d'une usine à gaz, un "Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues" (CECRL, habituez-vous), qu'elle veut être la référence unique pour l'enseignement des langues en Europe. (Nous ne discuterons pas ici des mérites dudit, le Mammouth laisse la pédagogie en classe.)
        Ce "cadre" établit des niveaux de compétence distincts de nos programmes ou du découpage en années scolaires. Il n'a pas de caractère strictement obligatoire, mais c'est une "référence" que l'on veut incontournable (cherchez la nuance, moi je n'ai pas trouvé...). Hélas, les profs français sont longs à s'y mettre. Les profs, tout autant que ceux qui les recrutent et les forment: il y a une vraie schizophrénie entre la décision politique et l'échelon pédagogique.
        En 2007, grand branle-bas: ouverture hâtive de stages, grosse pression en faveur du CECRL. Et la même recette que précédemment est appliquée pour passer sous les radars: en janvier, annonce que le fameux niveau A2 sera exigé pour l'obtention du Brevet. Ou comment amener les profs, par la culpabilité envers leurs élèves sacrifiés, à faire dans le plus parfait bricolage un truc qu'on n'arrive pas à leur imposer. Si quelqu'un pense encore qu'on ne nous prend pas pour des (pauvres) cons...

Rions un peu

        Pour sortir de l'impasse ainsi bâtie, une deuxième circulaire nous dit que la note de 10/20 en langue vaudra le niveau A2: lequel ne se note pas, c'est une liste de compétences acquises / non-acquises, hi hi. Ou comment piétiner soi-même son beau jeu de stratégie...
        Le CECRL, achat inévitable pour tout établissement et tous les profs de langues du primaire au supérieur, est tombé dans le giron d'un éditeur privé (Didier: 23,6 € ). Comment a-t-on pu ne pas le confier au CNDP?!? Un mystère que notre chanoine nous expliquera...

BB     

Notre rubrique Allegria
dernière minute

 
Allègre "a déjà la composition de son cabinet en tête"
(Le Figaro)
 
Un siphon, phon, phon...

 

Y a-t-il un pilote dans l'avion ?

        Piloter, évaluer, trouver des indicateurs, les référentiels de compétence, le socle commun, définir des contrats d'objectifs, ce sont les mots qui reviennent de façon récurrente dans la bouche des institutionnels (du gouvernement comme des régions ou départements) et qui traduisent surtout un certain désarroi politique face à une impossibilité intellectuelle de penser l'école. Il faut donc développer un discours profondément marqué du sceau scientifique pour justifier une évolution qui est dessinée dans certains rapports (OCDE, LOLF, UE) depuis parfois plus de 10 ans. Discours qui tranche avec celui du "tout le monde sait bien". En apparence seulement, car de toute façon l'objet est de démontrer que ce que tout le monde sait bien, et bien tout le monde a raison de bien le savoir. En revanche, ce sur quoi tous les chercheurs et sociologues s'accordent, nulle part dans ces institutions il n'en est fait état (notez d'ailleurs que c'est tout juste si on dit pas que les sociologues, il y en a trop).

        La question est de savoir dans quelle mesure la réussite de l'école est soluble dans l'évaluation. La culture du résultat est-elle applicable à l'évaluation de la réussite scolaire? Encore faudrait-il savoir ce qu'est la réussite scolaire. Le niveau d'étude et le diplôme ? C'est en contradiction avec ce que l'on nous dit sur les filières professionnelles et ce que l'on nous rabâche sur le manque de plombiers. C'est en porte à faux également avec la vue à court terme que donnent les résultats aux examens. Les outils manquent et manqueront toujours du moment que l'on cherchera à mettre en adéquation l'école avec une société qui ne cesse d'évoluer. La fin des lamenti n'est donc pas pour demain.

        Et puis, qu'en tirer, de ces évaluations ? Ce que l'on peut craindre c'est l'émergence d'un nouveau dogme pédagogique qui ne sera certainement pas mieux que les autres. Une pédagogie scientifique du résultat qui va satisfaire dans l'instant les partisans des vieilles méthodes mais aboutira à un même constat d'échec car elle ne prend pas en compte que l'école lutte contre la société du consommable et de l'éphémère.

        Le problème est aussi que certains dans l'EN ont intégré cette culture. Les corps d'inspection ou de direction. On ne peut pas attendre autre chose de personnes payées pour cela et qui ont été recrutées sur leurs capacités (et leur servilité) à développer une attitude manageriale. Plus grave est la cécité de certains enseignants. Il faut même remarquer que plus on s'éloigne des classes contingentes, ou les problèmes se posent vraiment, plus on est adepte de cette culture du résultat (et plus on a des idées sur ce qu'il faut faire d'ailleurs...). Alors s'il vous plaît, ceux qui n'ont pas vu de classes de 6e depuis 20 ans, ne venez pas expliquer comment travailler à ceux qui se débattent avec.

        Cependant, la différence avec il y a encore dix ans, c'est que désormais on ne nous fait plus croire que tout cela se fait au nom du progrès pédagogique, du mieux disant culturel et du travailler autrement pour travailler mieux. Il n'y a plus que certains militants naïfs de la pensée gnangante-SGEN-CFDT qui se voilent encore la face. Tant mieux, c'est toujours ça.

DR   


Notre rubrique Allegria

Allègre sur les rangs pour un maroquin?
 
Le Glaude: "Je ne fais pas de politique-fiction."
 
Sans blague?
De la politique friction alors...

Mot d'enfant de saison:
"Madame, le quotidien, c'est bien, mais pas tous les jours !"

L'égalité des chances,
c'est du cinéma

Classes préparatoires:
seul un élève sur dix (9 %)
vient d'un milieu défavorisé,
contre un sur trois (29 %)
il y a vingt ans.

Ascenseur social:
la liste raccourcit.

Dernière lubie du Chanoine:
 
Pour le petit déporté à parrainer,
on aura le choix?


Le Mammouth se déchaîne stéréo


Qui veut évacuer la laïcité?
Le chanoine de latrines?


"L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé..."
 
... Encore ces vilaines accusations de pédophilie...

Français, respect, politesse:
tout fout le camp

Nous remercions Kadey, qui nous a offert ce dessin pour nos étrennes.

Français: le niveau baisse
 
On ne dit pas
"Je me suis fait Bruni !"

mais
"Je me suis fait bronzer."


Perle d'élève de saison
( authentique, juré ! )
 

définition du syndicat:
"Groupe de personnes dans une entreprise qui donne son avis sur l'ambiance".
Quelle lucidité!


"Je ne dois pas dire de gros mots.
Je ne dois pas dire de gros mots.
Je ne dois pas dire de gros mots...
"

   
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