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25 janvier: des e-lecteurs nous ont signalé des sautes de page intempestives. Nous avons diligenté une enquête, formé une commission d'investigation et trouvé des coupables: les messages déroulants aux veilleurs. Il a donc été décidé de les délocaliser. Veilleurs, c'est à vous qu'on cause.
26 janvier: du neuf dans le courrier des e-lecteurs (cliquez donc ci-contre, là, à gauche). Et Onisep qui mal y pense...
27 janvier: message de prévention
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 18 janvier 2009

Réforme repoussée, suppressions de postes maintenues

Reculer pour mieux ôter

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Une fois n'est pas coutume, l'analyse n'est pas de nous. Nous l'empruntons sans vergogne à Lefred-Thouron et au Canard Enchaîné du 14/01:

Qui a dit ...?

"Cette réforme de la seconde (...) ne présente aucun intérêt. C'est typique des productions du ministère de l'Éducation : une usine à gaz, juste pour se faire plaisir et foutre la merde."

C'est Sarkozy.

Et qui a nommé l'incapable qui "fout la merde" avec sa réforme qui "ne présente aucun intérêt " ?...


 

Charb à la Une de Charlie Hebdo

Le gouvernement peaufine lui-même nos slogans:

Descoings, en purée !



Kerleroux - Le Canard Enchaîn
é



Pression sur les lycéens:

les grévistes iront au piquet

Et peut-être même au Descoings...


Ghertman - Le Canard Enchaîné


Ivresse gouvernementale :

Descoings au Hirsh

Un digestif pour les pilules amères?


Pancho - Le Canard Enchaîné


Réforme du lycée et suppressions de postes :

les classes seront
bourrées comme Descoings

Le concours de légendes du Blog
 
"(...) une petite racaille, trois ans, à la sortie de la crèche, avec un magnum, qui me dit "Haut les mains!" (...) "

Quand la malbouffe s'invite aux réveillons de l'Education (encore) Nationale...

Du bac à frites au baccalauréat en passant par le bac à eau bénite,
ABC du processus de Bologne par l'exemple.

Le bac McDo bientôt reconnu par l'Etat.
De la politique-fiction ?
En partie seulement et peut-être plus pour très longtemps !

    En effet, grâce aux accords de Bologne en vertu desquels 29 États européens se sont engagés à établir un espace européen de l’enseignement supérieur d’ici à 2010, La France reconnaît maintenant les "bacs" délivrés en Grande Bretagne par la chaîne de restauration rapide McDonald's puisque le gouvernement britannique lui-même les reconnaît depuis janvier 2008 (de même que les équivalents du "A-Level" délivrés par deux autres sociétés privées, Network Rail, qui gère le réseau ferroviaire, et la compagnie aérienne à bas prix Flybe). (Lien)
    Aura-t-on en France la cruauté de refuser à McDo une faveur analogue à celle accordée le 18 décembre dernier aux institutions catholiques ? (Lien)
    En tous cas, cette demande saugrenue de diplômes nationaux délivrés par des sociétés privées existe bel et bien: elle émane de milieux intégristes et ultralibéraux qui, dès la campagne présidentielle, réclamaient l'abandon du monopole de la collation des grades dans un "guide du candidat" et s'enthousiasmaient pour le bac McDo dès février 2008. (Lien)

Pourrait-on voir en France des sociétés privées habilitées à délivrer le baccalauréat?

    C'est bien ce que laisse craindre la manœuvre vicieuse visant à faire reconnaître en France les diplômes délivrés par des institutions catholiques : dès lors qu'au nom des accords de Bologne, la France reconnaissait les diplômes étrangers, elle reconnaissait aussi en même temps ipso facto les diplômes délivrés par les institutions catholiques des pays concernés, et il devenait alors beaucoup plus facile de remettre en cause en France-même le monopole de la collation des grades : on pouvait facilement présenter comme juste (à défaut de laïque et de conforme à l'esprit de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905!) le fait de reconnaître les diplômes canoniques délivrés en France, si on reconnaissait déjà ceux délivrés à l'étranger... Et pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour reconnaître tous les diplômes, canoniques et profanes, des instituts catholiques français?...
    Nous savons que c'est maintenant chose faite depuis les accords France-Vatican du 18 décembre 2008 qui tendent à assimiler les écoles catholiques de France à des écoles catholiques du Vatican !

    Or si les diplômes canoniques n'ont jamais fait partie des grades et titres visés par le monopole d'Etat, il n'en va pas du tout de même des diplômes profanes.

    Selon M. Yves Gaudemet, professeur de droit administratif à l’université Paris II, l’Etat a la possibilité “de réglementer et de reconnaître des diplômes en dehors de ceux réservés au monopole et d’habiliter des établissements de toutes sortes à les délivrer; et il ne s’en est jamais privé; simplement, lorsqu’il s’agit de grades et titres du monopole (le baccalauréat, la licence, le doctorat et aujourd’hui le master), ils ne peuvent être délivrés que par les établissements publics de l’ Etat ” ( ‘’Le Monopole de la collation des grades universitaires : quelques remarques introductives à la lecture de Pierre-Henri Prélot et sur son invitation ”, Revue du Droit Public, Tome 124, sept-oct 2008, n°55, p. 1257 à 1264 ).
    Le Professeur Gaudemet ajoute qu’il résulte du décret du 25/04/2002 que les diplômés de masters des écoles d’ingénieurs et d’autres établissements et écoles non universitaires habilités sont “de plein droit, titulaires du grade de master ” créé par le décret du 30/08/1999 et relevant pourtant du monopole de l’Etat. Mais il s’interroge, avec M. Pierre-Henri Prélot, Professeur enseignant le droit constitutionnel et les libertés fondamentales à l'université de Cergy-Pontoise, sur la légalité du décret du 25/04/2002 “pris sans que le Parlement, par la loi, ni le conseil d’Etat, par sa consultation, en aient été saisis ”. (Lien)

    Or le principe du monopole de la collation des grades, inscrit dans le code de l’Éducation (Article L.613-1, loi de 1984) [ “L’État a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires.” ] a vu son caractère constitutionnel consacré par un avis du Conseil d'Etat lors de l'examen de la loi Savary –- promulguée le 26 janvier 1984: "Le Conseil d'Etat a estimé que le principe suivant lequel la collation des grades est réservée aux établissements publics d'enseignement et que les lois de la République n'ont jamais transgressé depuis 1880 s'impose désormais au législateur ".

    Un détail, sans doute...

    Allez ! Vous reprendrez bien un peu de ketchup pour faire passer le "catho de Noël" (1)
  

      
(1) Titre du Canard Enchaîné du 24 décembre 2008 qui précise que l'affaire a été suivie par Emmanuelle Mignon, catho de choc et ancienne dircab du Chanoine de Latran, qui s'était déclarée favorable à une privatisation totale de l'Education Nationale (Le Monde 2 sept. 2004, “Comment les idées viennent à Sarkozy” Jean Birnbaum) et dont toute la presse avait aussi noté qu’elle ne pensait pas que les sectes étaient un danger en France: elle s'était illustrée par ces déclarations à propos de la Scientologie (VSD, mercredi 6 fév. 2008) : "Je ne les connais pas mais on peut s’interroger. Ou bien c’est une dangereuse organisation et on l’interdit, ou alors ils ne représentent pas de menace particulière pour l’ordre public et ils ont le droit d’exister en paix."
    Verra-t-on bientôt des facs de scientologie délivrer des diplômes d'Etat?
    Scientologie et McDo : même combat ?
    L'hypothèse n'est peut-être pas aussi invraisemblable que cela… Rappelons à ce sujet les propos de Paul Ariès, politologue enseignant à l’université Lyon-II , auteur d’ouvrages sur la Scientologie et d'un Petit Manuel anti-McDo.:
    "On peut prouver, avec documents photographiques à l'appui, (…) que la Scientologie se targue d'être soutenue par McDonald's. […] McDo soutient le programme de la Fondation du bonheur de la Scientologie, un programme qui s’adresse spécifiquement aux enfants, diffusé à des millions d’exemplaires […] Un soutien de programme est une adhésion sur le fond. Si McDo s’est fait avoir, il faut qu’il le reconnaisse : qu’il dise comment une multinationale de ce type a pu se faire piéger, qu’il donne un démenti, qu’il porte plainte. Sinon, qu’il s’explique : qu’est-ce que cette entreprise qui dit tant aimer les enfants et qui soutiendrait ce qui est considéré en Europe comme une des sectes les plus dangereuses ? ". (Lien)

Frédéric Lagrange    

 

Ritchie les bons tuyaux

     Richard Descoings, le directeur de l’institut d’études politiques de Paris (IEP), établissement plus connu sous le nom de Sciences-Po Paris, se voit donc confier par le chef de l’Etat, en accord avec le ministre de l’éducation, Xavier Darcos, une mission "d’analyse, d’écoute et de proposition" sur le thème de la réforme du lycée.

Que va-t-il nous pondre ?

     On n'en sait rien, mais certains ont peut-être lu l'ouvrage de Cyril Delhay et de Thomas Reverdy, "Le Lycée de nos rêves" (Hachette Littératures), qui fait état d'une des grandes idées du nouveau Monsieur Lycée, à savoir les expériences de "classes expérimentales Sciences-Po" dans plusieurs lycées de banlieue. Descoings est leur maître vénéré. Il s'agit de classes dites "option Sciences-Po", qui n'ont rien à voir avec celles que vous avez peut-être dans vos bahuts, car là une convention est signée avec l'institution, de gros moyens sont fournis, Sciences Po intervient directement (+/-).
     Petit bilan de la lecture de l'ouvrage que la rédaction du Mammouth a reçu. La 4ème de couverture laisse perplexe, à la lecture on craint le pire.

Bourré de banlieues-communs

     D'une lecture assez pénible car marquée par tout un tas de clichés sur les établissements scolaires (de banlieue en particulier), la thèse des auteurs est de dire que la seule façon de sortir les pauvres banlieusards (en voie de crétinisation, il faut croire) de leur voie de garage c'est de leur offrir des perspectives ambitieuses en travaillant par projet, en faisant des séquences non plus vraiment d'enseignement mais de mobilisation éducative autour d'un thème et en concrétisant celles-ci par une extériorisation du travail. Et pour cela, pas besoin d'augmenter la budget de l'E.N.. Très vite on s'aperçoit que de là à dire que le lycée est une prison, il n'y a pas loin. Mais eux sauront nous en sortir...

Un curieux modèle de positivité

     Finalement on se demande surtout si ce n'est pas pour les profs en question (ceux qui s'investissent dans ces classes dites "spécialisées" en Sciences Po) que le lycée n'est pas avant tout une prison... Tout montre qu'ils cherchent avant tout à fuir dans le travail... Au passage on sera surpris de constater que peu de choses sont dites (si ce n'est assez péjoratives) sur les profs ordinaires qui eux s'attellent à ce que les élèves les plus faibles aient le bac.
     À la fin du livre on comprend que finalement les auteurs arrivent à démontrer le contraire de ce qu'ils voulaient dire. En effet à les lire on s'aperçoit que les (valeureux, bien sûr) profs qui s'y investissent travaillent 70 heures par semaine (j'exagère à peine), se disent sous payés (du coup on les comprend), et que pour financer les projets des élèves (aller en Chine, à New York avec des ados qui n'ont jamais franchi le périph) cela coûte un max.

Des limites vite atteintes, tout de même

     Air France pourra-t-elle financer les voyages de tous les lycées de France ? Pas certain, mais c'est bien sur la bonne volonté de mécènes généreux que comptent la plupart de ces projets. Tout le monde pourra-t-il emmener ses élèves à la comédie Francaise ? Ou devront-ils plutôt se contenter du théâtre du coin (comme on le fait déjà, mais cela semble ignoré... la Comédie Française, c'est bien plus prestigieux pour nos deux auteurs). Bref, on réinvente le PAE, version bling bling.
     Tout en saluant ici l'enthousiasme et la détermination des enseignants de ces quelques classes, qui s'affranchissent allègrement des statuts, l'énergie dépensée est sans mesure avec le résultat. Quelle rentabilité à tout cela ? Mystère. Une fois encore dans l'EN ce qui manque est l'évaluation, et ils en profitent. Sans doute "on" dit que cela marche, qu'à Science Po ceux qui viennent de ces expérimentations et des banlieues s'en sortent aussi bien que les autres. Tant mieux. Mais à quel prix ? Un prix généralisable? Pas de réponse...

Vers des Néo-pédagogues ?

     On avait déjà Meirieux, après Freynet et autres papes de la pédagogie. On risque bien d'en avoir de nouveaux, les Néo, mais modernes, un tantinet frimeurs d'excellence, profondément modemo-socialistes (d'ailleurs Descoings est débauché de la "gauche", nous dit-on) et sûrs d'eux. Chez ceux-là on ne parlera pas de méthodes pédago (ils n'en n'ont pas, et ils en sont fiers) mais leur devise est claire bien que déjà employée : tout est possible. Tout et n'importe quoi, pourquoi pas, pourvu qu'on ait l'ivresse ... (et qu'on fasse parler de soi).
Avec une analyse socio-politique digne d'une huître asthmatique, ils poussent les réacs comme les modernes vers la sortie au profit de pas grand chose. Mais c'est l'air du temps.

DR    



Hirsch "Haut commissaire à la jeunesse"

Je réclame un haut-commissariat aux professeurs en péril !

 

 
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