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 8 février 2009

Sarko "entend" les manifs mais ne les écoute pas

Ouïr tout seul, ça rend sourd

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Amis veilleurs, bonjour.

Dans le Blog à part:

Fin du statut de fonctionnaire pour les profs du Supérieur


Le gouvernement préparerait un texte découplant la réussite aux concours et l'obtention d'un poste

C'est en ligne là.

Exclusif:
Darcos se prend pour une fusée
mais n'est qu'une étoile filante

[("Libé", 23/1): "Une lettre de mission, c'est  une  rampe  de lancement que vous donne un président. Sur cette rampe,  une  fusée  ne  s'arrête pas en cours de route parce qu'elle a décollé. Il faut continuer.]

Une fusée, mais pas toujours une flèche...


["Les Échos", 29/01: "À l'heure où les manifestants parisiens se rassemblaient Place de la Bastille aujourd'hui, Xavier Darcos (...) savourait (...) un repas donné par le Syndicat des vins d'appellation Bordeaux et Bordeaux supérieur (...)" ]
 Au menu : soufflé d'oeuf fermier et crème de tartuffon

"Crème de tartuffon"
où vont se nicher les jugements politiques, quand même...


Alors, il part ou il part pas ?
Interview presque imaginaire en un acte inachevé.

LE MAMMOUTH DÉCHAÎNÉ: – Xavier Darcos, des rumeurs font état de votre départ. Pouvez-vous nous en dire plus?
XAVIER DARCOS – C'est tout à fait vrai, ce sont des rumeurs; je le sais, puisque c'est moi qui les ai lancées.
MAMMOUTH – Comment? Que voulez-vous dire? Vous avez fait courir le bruit que vous pourriez quitter le ministère alors qu'il n'en est rien? Ce faisant, n'induisez-vous pas l'opinion publique en erreur?
DARCOS – Non, pas du tout, il ne faut pas parler la langue de bois: je pars effectivement, mais pas tout à fait et pas tout de suite. Il faut quand même en tenir une sacrée couche pour croire tout ce qu'on vous raconte. C'est comme cette histoire de couche-culotte. Quel être sensé peut croire qu'il faut un niveau Bac+5 pour torcher le cul des marmots entre la sieste et le bac à sable? Je vous le demande! Il n'y a que les syndicats d'enseignants, évidemment. Moi-même, je savais bien que les institutrices de l'école maternelle ne changeaient pas personnellement les couches et qu'elles avaient du petit personnel pour cela. C'était un test, et je m'attendais à ce qu'elles saisissent la perche que je leur tendais généreusement pour dire : “ eh bien oui, nous voulons une véritable école maternelle, et une véritable école maternelle, ça commence après la petite section qui relève de la crèche ”. Que croyez-vous qu'il arriva? Les institutrices ont fait les offusquées et elles en ont rajouté une couche en se disant atteintes dans leur dignité, alors que je n'ai jamais voulu heurter qui que ce soit; les institutrices ont une noble activité; c'est un beau métier, professeur! (clin d'œil appuyé)
MAMMOUTH – Si je comprends bien, vous voulez nous faire croire à votre départ pour faire un test, comme vous aviez voulu faire un test en parlant des couches-culottes à l'école?
DARCOS – Bien sûr.
MAMMOUTH – Mais dans quel but?
DARCOS – Comme vous le savez, j'aime savoir ce que les esprits libres disent de moi, j'ai d'ailleurs lancé au mois de novembre un appel d'offres pour organiser une veille de l'opinion sur internet. Il faut savoir être à l'écoute pour nourrir sa réflexion avant d'agir. C'est la méthode que j'ai toujours cherché à mettre en œuvre, notamment avec les syndicats: ouïr et cogiter. Mais ce n'est pas toujours facile. Comment se fait-ce, me demanderez-vous? Eh bien, force est de le constater, les enseignants n'ont pas les syndicats qu'ils méritent: certains font de l'immobilisme, et l'immobilisme empêche de pouvoir ouïr et cogiter comme l'on veut! Les grèves démodées qui vous empêchent d'aborder les faits sans folie, sans furie, sans cris, les manifs braillardes avec leurs slogans éculés qui vous rendent sourds, la résistance des cadres syndicaux, tout cela vous brouille l'écoute, il faut l'admettre!
MAMMOUTH – Donc, vous annoncez votre départ pour retrouver cette qualité d'écoute brouillée et pour tester l'opinion?
DARCOS – Oui. Les langues se délient. Certains, par exemple, me verraient bien premier ministre. Je dois d'ailleurs dire en toute modestie que je n'y pense pas seulement en me rasant le matin. Ma mission est maintenant accomplie, j'ai respecté scrupuleusement la lettre de mission que m'avait donnée le Président. Je ne suis donc plus dans la position du missionnaire. Naturellement, il faut savoir rester humble, et ce qui compte, c'est de servir son pays; je suis à la disposition du Président de la République. Vous savez, moi, je suis un bon élève, et j'adhère pleinement à la pensée présidentielle: je veux bien partir, mais à condition de rester: il faut donner l'exemple et se dévouer pour montrer qu'on peut très bien travailler jusqu'à soixante-dix ans! Rien ne sert de courir, il faut partir à point et donner du temps au temps.
MAMMOUTH – Merci, Monsieur le Ministre, d'avoir accepté de nous éclairer. Chacun de nos lecteurs pourra désormais faire la différence entre un vrai faux départ et un faux vrai départ.

FL    
 

 

Les effectifs (me) gonflent

     Le Mammouth Déchaîné, dans son habituel souci pédagogique, se penche sur les conséquences des suppressions de postes de la rentrée 2008, dont l'impact est brouillé par le combat statistique entre les faucons (et les vrais) du gouvernement et la défense passive syndicale. Traitons le problème sous l'aspect (in)humain.

Mon cas pour une généralité

     Prenons donc à titre d'exemple un prof d'anglais dans un petit collège. Moi. Et voyons les dégats collatéraux sur les élèves.
     Les modes de calcul administratifs sont simples: X classes = X groupes de langues; considérant le nombre endémiquement faible d'élèves germanistes, il faut regrouper les élèves en anglais. Avec des moyens calculés au plus juste pour l'établissement, tous nos élèves de 4ème et 3ème sont à 29 par classe. Allez avec ça donner du temps de parole, avoir une "approche communicationnelle", mettre en place le travail par "tâches" et "séquences" qu'on nous demande...
     4% d'élèves en moins dans le collège, c'est 25% d'augmentation dans mes classes. J'avoue : cette année je pense systématiquement au temps de correction quand je prépare un devoir; ramasser des exercices pour gagner du temps en cours devient masochiste – on donnera moins d'exercices, ou on renoncera à gagner du temps.

Inflation et pouvoir d'en chier

     Des classes "alignées" pour les regroupements, cela signifie que nous ne pouvons plus prendre deux classes du même niveau parallèlement. Et avec les LV1, LV2 et options, nous voilà avec cinq niveaux différents. Nouveaux manuels, nouvelles façons de travailler (CECRL oblige...), la préparation des cours subit une double inflation. J'avoue: certains soirs, tard, je suis moins pointilleux... Y aurait-il donc une baisse de qualité quand on supprime des postes?...
     Trop d'élèves : augmentation ou apparition d'incidents, donc cours perturbés ou arrêtés, au détriment de l'enseignement; et pour le prof, temps supplémentaire à faire du S.A.V. disciplinaire.
     À multiplier les niveaux, on accumule les charges: plus de réunions, de soirées parents-profs, mais moins de temps pour chacun. La quantité croît, la qualité baisse.

     En 2009, on envisage l'alignement d'un niveau supplémentaire – et ipso facto six niveaux différents d'enseignement pour chacun de nous.

Tableau noir

     On pourra dresser ce noir tableau, avec des variantes, pour les autres disciplines, le lycée, le primaire. Dans chaque établissement, on va constater l'accroissement des problèmes, la difficulté à faire ce qu'on réussissait naguère, un fonctionnement a minima.
     Avant même que l'objectif de suppression de fonctionnaires soit atteint (comme le tarte), certains peuvent déjà se frotter les mains: l'instruction publique se dégrade plus vite que prévu. Raison de plus pour la "réformer"...

BB     


Pour sauver la réforme,
Zorro est apparu–u–u...

[Source AFP:]
    "Une mission d'information parlementaire sur la réforme du lycée va être lancée à l'Assemblée nationale, a indiqué jeudi à l'AFP le député UMP Benoist Apparu (Ancien chef de cabinet de DarKos, NDLR)
    "Eu égard à l'importance de cette réforme, l'Assemblée ne peut pas rester en dehors du débat, d'autant qu'il s'agit d'une mesure purement réglementaire qui ne fera pas l'objet d'un projet de loi" et ne sera donc pas examinée par le Parlement ", a argué le député de la Marne."

    L'argumentation est cocasse: puisque le Parlement n'aura pas à se prononcer sur cette réforme, il s'y intéresse.
    Il est vrai qu'ils n'ont pas besoin de se tenir au courant pour voter sans broncher ce que le Chef leur dit de voter...

    Le dit Apparu a déposé un projet de loi pour la création d'EPEP, établissements publics d'enseignement primaire: des regroupements d'écoles, avec mutualisation des moyens (= réductions d'effectifs, et tant pis pour la taille de l'établissement). Un bien zélé collaborateur.


Fin du statut de fonctionnaire pour les profs du supérieur

Contrats de droit privé
=
contractuels privés de droits?


Contrats de droit privé:
la Droite ne s'en prive pas


Darcos serait candidat aux régionales 2010 en Aquitaine

Passe ta réforme du bac d'abord

 

"Plus un état est délabré, plus il est facile de trouver le consensus nécessaire pour le réformer."
(Franco Bassanini, ministre italien; a mené la réforme de la fonction publique. Membre de la "Commission Attali")

Retour sur la "veille Internet":
DarKos dit qu'on veut l'empêcher d'écouter les esprits libres

DarKos veut ouïr sans entraves

Le "plan de relance" avance à grands pas:

2 millions de manifestants,
l'industrie de la chaussure se frotte les mains

Il est fort, ce Sarko !


Le gouvernement navigue à vue

manif contre
une gestion à la petite semelle


Dernière minute:

Méprise du Syndicat des vins de Bordeaux:
ils auraient du servir de la crème à Rased

Mahieux et Sud:
Renaissance du syndicalisme?

Mahieux: "le mouvement peut dürer..."

DarKos-Tartuffon la fusée:

il confond
tirs de rockets
et
cris de roque
t

Pouvoir d'achat:

les manifestants ont des fins de semelles difficiles


 
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