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  11 novembre 2015
Harcèlement de l'école
ou : quand la protection de l'enfance coïncide avec la crise du personnel...
 
 

Elle cause plus... elle flingue :

la ministre que l'on aurait pu soutenir

    Immigrée, fille d'ouvrier, rescapée de l'ascenseur social si poussif, femme, Najat Vallaud-Belkacem partait avec une cote favorable auprès de la majorité des profs. D'autant plus qu'à son propos on assiste à un festival de désinformation, de rumeurs, de mensonges, de calomnies, d'attaques sexistes et racistes. Sur les réseaux dits sociaux, dans les commentaires du ouèbe, sur des blogs, les fachos, les cathos énervés, les musulmans affolés, des droitistes qui se disent républicains et décomplexés (oxymore moderne), les cons de tout poil se lâchent. On entend Sarko mettre dans le même panier Vallaud-Belkacem et Taubira –  on se creuse, et on ne trouve d'autre point commun que leurs origines, ou alors il faudrait qu'il s'explique...
    L'an dernier, de nombreux enseignants ont passé leurs loisirs à déminer le terrain dans leur entourage quand l'hystérie de la soi-disant "théorie du genre" a agité la droite, les croyants réacs et les aliénés.
    Oui, mais voilà : une réforme du collège qui va creuser les inégalités sociales, quatre-ans-en-un, avec quatre programmes à ingérer d'un coup, avec pour VRP la méprisante Mme Robine qui casse du prof de collège pour faire rire un auditoire de principaux, un dialogue social piétiné (annonce publique du contenu de la réforme avant d'ouvrir les discussions avec les organisations professionnelles), le rejet péremptoire de toute critique,... La Ministre indispose son petit personnel. Dommage pour nous, pour elle, et pour les élections.


Harcèlement textuel

    Tout le monde en parle, et la plupart s'insurgent (heureusement) : dans un article du Point, Brighelli accuse Vallaud-Belkacem d'utiliser "rouge à lèvres, pendentifs aux oreilles " et "ligne du soutif visible " (Brighelli a de bons yeux !) comme "écran de fumée". Et le digne moraliste de fustiger cette action "inédite devant la représentation nationale "; et il en remet des louches (coiffure, lingerie, etc., ah, la futilité des grognasses qui ne savent pas rester à leur place à nourrir et sucer des Brighelli...).

Les dessous de l'affaire

    Effaré de l'article, on visionne la vidéo de la séance de questions au gouvernement au cours de laquelle la Ministre aurait ainsi vampé cinq-cents députés. Ce que l'on y découvre est édifiant : elle se gondole avec son voisin tout le temps de la question, certainement dans le but de donner de la dignité à la démocratie parlementaire (programme d'Instruction civique et morale oblige), puis répond sur un ton tour à tour narquois et méprisant. Sa réponse (sur la perte horaire en Allemand suite à la réforme à venir) est fausse – la Ministre est mal briefée, ou ne sait pas compter, ou nous enfume.

Le nez dans le petit robert

    Voilà ce que Brighelli aurait pu relever. Mais il était trop occupé à regarder la télé avec une loupe pour se rincer l'œil. Brighelli est un gros con, et ça éclipse les vraies questions.

 
En pleine paix, crac, un bourre-pif !

    Quatre ans que je fermais la trompe, lassé de me plaindre d'un sort toujours plus funeste, désabusé de la destruction à petites touches de notre Éducation Nationale. Abruti dans la passivité des vaincus, quoi. Et puis voilà que la journée nationale contre le harcèlement est arrivée, et son clip ministériel. Je suis un fonctionnaire consciencieux, qui fait de son mieux avec, malgré, ou contre, les orientations officielles, mais il y a une chose que je ne supporte pas : que l'on m'insulte. Et dans ce clip, je me sens insulté.

J'ai voulu être diplomate, éviter que le sang coule. Mais maintenant c'est fini, je vais travailler en férocité, faire marcher à coup de lattes !

    Ce n'est pas le Ministère qui l'a réalisé (mais il l'a peut-être un peu commandé, ou suggéré, non? Vraiment?), ni même financé (ben non, c'est Disney !), mais devant les réactions outrées, la Ministre a défendu la chose, et a balayé les critiques.
    Une harpie échevelée tourne le dos à ses élèves de primaire en leur infligeant un genre de problème de robinets, leur aboie ses questions, et se contrefiche de ce qu'ils font. Et, bien sûr, ne voit pas qu'un gamin est victime des dix-sept autres*. Ceci est censé montrer un enseignant ordinaire dans une situation ordinaire.

    Donc je suis cet enseignant. D'ailleurs, la Ministre le confirme : il n'y a "aucune maladresse" dans ce clip. Donc, pour elle, c'est une juste image de notre façon de travailler et d'être avec nos élèves.

    Pour elle, je suis bien cet enseignant. Et on se demande pourquoi je le prends mal...

BB  

( * : Dix-huit élèves ? Foutaise ! Où sont les douze autres ?!?)


"Dis donc, t'essaierais pas de nous faire
porter le chapeau, des fois ?
"
(me
ssages à Mmes Vallaud-Belkacem et Theuriau)

    Mme la Ministre défend ce clip en précisant qu'il montre le point de vue de l'enfant harcelé. Oui, mais ça ne se voit pas; on ne comprend pas ce point de vue subjectif. Peut-être aurait-il fallu qu'un réalisateur plus doué s'en mêle? Peut-être aurait-on pu tester le clip auprès de son double public (les élèves et leurs profs)? Peut-être aurait-il fallu le regarder sans a priori?

Tiens, vous avez sorti le vitriol ?

    Concernant ledit point de vue de la victime, la Ministre aurait aussi avantage à écouter la réalisatrice : "Si tous les instituteurs étaient alertes et réactifs à cette problématique de l'isolement, on n'aurait pas besoin de former, de détecter le harcèlement, on n'aurait pas 700.000 enfants par an en souffrance."
    Tout est dit : le point de vue de Mélissa Theuriau, c'est que les victimes de harcèlement sont aussi victimes de leurs profs nuls.
 

En chantier :
l'évaluation par couleurs

"C'est plus clair."
Foncez !


Notation :

Notation bienveillante :

Moyenne générale :


Depuis le temps qu'on en parle...

Notation par couleurs :
le serpentin de mer.


Éducation civique :
Macron
(c'est même à ça qu'on le reconnaît).

    Pour le ministre de la République Macron, l'élection c'est "le cursus d'un ancien temps ". Le Mammouth Déchaîné, qui est une force de proposition, suggère donc de remplacer le suffrage universel obsolète par des modes modernes de sélection :


ABCD de l'égalité :
le Mammouth Déchaîné décerne son premier Groin d'or.