On attendait Grouchy, c'était Groucho

Ferry au centre du système

Archives 2003-2004

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Dindons de la farce, vous êtes marron (Février 2003)
Ne nous déconcentrons pas (Mars-avril 2003)
La route est de droite, mais la décote est raide (Mai 2003)
Une rentrée sous de mauvais hospices (Septembre 2003)
Laïcité de la peur et autres "grands" débats (Novembre 2003)
Voile et vapeurs & My Thélot is rich (Janvier 2004)
Les poils du culte (Février 2004)




Chapitre 1: archives 2002

Visite guidée, mieux qu'avec les avions espions de la CIA,
des cavernes du Mammouth Déchaîné où se planquent nos archives depuis 2000:

Le Mammouth bouge encore


Février 2003

Dindons de la farce, vous êtes marron

         Lecteur, attention, ces deux articles sont complémentaires!


N'oublie pas mon petit soulier...
Pendant les fêtes, les affaires continuent.

    Pendant que nous croupions la dinde, les gros patrons du monde ouvraient leurs cadeaux au raout de l'OMC.
    L'Organisation Mondiale du Commerce planche actuellement sur la libéralisation des services (publics) en Europe et ailleurs, soit plus de 140 partenaires commerciaux. Et l'un des secteurs les plus visés est l'éducation, qui dépense deux mille milliards d'euros, lesquels doivent tomber dans une poche: selon le précepte libéral, "toute activité humaine doit être créatrice de richesse" – privée.

"Je ne peux pas faire ça en public."

    L'Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) se rédige actuellement à Bruxelles (Union Européenne) et Genève (OMC), dans le plus grand secret: dixit Pascal Lamy (des riches et bien portants), commissaire européen au Commerce, "je ne peux pas faire ça en public" (interview dans Les Échos).
   Et l'accord devrait être valide et en marche le 31 mars 2003.

    À partir de cette date, les états ne se conformant pas à l'accord seront sanctionnés d'amendes, comme ce fut déjà le cas pour les délais à la privatisation de l'énergie, par exemple. Ce qui signifie que ces secteurs échapperont à nos lois.

    Dans le même temps, le gouvernement s'engage dans une décentralisation plus complète (en gros, tout sera régionalisé, sauf l'armée et les affaires étrangères). Ce qui évitera à l'état de faire face à cette perte de "souveraineté", et surtout reportera le poids des décisions et/ou des amendes sur les collectivités locales.

    Impossible (secret très secret!, voir plus haut) de savoir si l'éducation est comprise dans la première vague de libéralisation, ou si le dépeçage est prévu pour (un peu) plus tard. Mais quelle région (presque toutes à droite) résistera aux sirènes (ou aux amendes) libérales?

   Pour le réveillon, nous nous sommes fait fourrer.

BB


Enseigner, ou clystère?
Retour de fêtes tragique

   La rentrée 2004 s'annonce gaie: partout les "dotations horaires" sont calculées à la hache. C'est à peine si l'on parviendra à assurer les enseignements obligatoires, malgré les nouvelles réductions d'horaires.

    C'est là que l'on découvre toute la subtilité des "Itinéraires de découverte" lancés à grands cris il y a quelques mois: pour les assurer, il fallait (ah?) réduire l'horaire de français, maths et langues, et l'on jurait que ces programmes seraient traités "autrement" dans ces fameux Idd. Maintenant que les amputations sont opérées, on s'empresse de "redéployer" les profs, c'est à dire de les partager sur deux ou trois collèges: on retire les moyens dégagés.
    Et l'on s'aperçoit qu'il sera impossible d'assurer les Idd.

"Enseigner autrement" = enseigner moins

    Tandis que le ministre nous bassine avec la nécessité de renforcer l'enseignement du français (davantage, mais moins, quoi), cette course à la désinstruction colle tellement aux objectifs de l'OMC que l'on en reste béat devant la beauté de la coïncidence. Relisez les articles ici-parus depuis deux ans, si vous trouvez que j'ai la lang(ue) à l'aigre...

    Et si dans quatre ou cinq ans, quand partiront en retraite (veinards, à soixante ans!) les dizaines de milliers de profs que l'on s'évertue à ne pas remplacer, on venait nous dire, dans des régions devenues maîtresses de l'Éducation-plus-du-tout-nationale, que le Mammouth est au bord du gouffre, et que le seul salut est dans la libéralisation (= la privatisation) du système?
    Et si alors ce système public se réduisait à sa partie invendable: ses ZEP, ses collèges difficiles, ses lycées de banlieue, ses écoles pour pauvres?

Plaisir anal

    Ce jour-là, les jaunes continueront de dire que les grèves qu'ils ne font pas et les manifs où ils ne crient pas ne servaient à rien.

BB

Poursuivons la métaphore enfilée:
ne pas confondre
fesses galantes
et
embarquement pour clystère.


Aux valeurs!
Chirac a envoyé Ferry à Porto Alegre (ça ne s'invente pas). Sa Hauteur Philosophale a exigé un jet privé à 150 000 euros: aller voir des pauvres, mais savoir rester digne, c'est beau.

Caprice refusé; à la place, il a emmené sa femme, dont les hautes attributions gouvernementales n'ont échappé à personne.


Darcos-toujours.

À propos d'enseignants en grève pour cause de violence (bandes extérieures effectuant des razzias dans le lycée):

"Être enseignant, c'est accepter d'affronter les élèves tels qu'ils sont, ou alors il faut changer de métier"

Et être con, c'est accepter un portefeuille pour ne rien en faire?


Une lecture qui s'annonce édifiante et réjouissante:
"Collèges de France", de Mara Goyet (Fayard).

Les extraits parus dans Le Monde (24/01) sont pertinents, impertinents et bien écrits. Je l'achète demain, et si j'étais vous, j'en ferais autant (à bien y réfléchir, cette phrase est très con...).

Ma fiche de lecture de bon élève: je les ai tous reconnus!

Lisez-le, riez, prétez-le


Mal documenté

Pour annoncer la décentralisation du CNDP, Centre National de Documentation Pédagogique,
Ferry, ce grand voyageur, s'est rendu à Poitiers, fief (c'est un hasard) de Raffarin, où est déjà délocalisé (c'est encore un hasard) le CNED,
Centre National d'Enseignement à Distance

Emporté par son élan et n'ayant probablement pas eu le temps de potasser les anti-sèches de ses sous-fifres, il a allègrement confondu CNDP et CNED. Toujours au top. Mais c'est un hasard.

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Mars-avril 2003

Ne nous déconcentrons pas

Petits, petits…
Non:
apathie, apathie…

    Ça va durer encore longtemps? Mais quoi donc? Cette manière de faire l'autruche. Que les assistantes sociales, les COP et les médecins scolaires soient rattachés à la fonction publique territoriale et soient implicitement et à termes détournés des établissements scolaires …, on s'en fiche, ce ne sont que des accessoires. Que les personnels ATOS passent à l'as, allez, zou, ce ne sont que des outils.
    Jusque-là le corps enseignant a adopté toutes les positions du contorsionniste averti pour ne pas voir que lui aussi allait être concerné par la décentralisation.
    Mais ça y est, Ferry lui-même met le débat sur la place publique, et révèle au grand jour ce que l'on entendait en rumeur depuis des mois, voire des années, voire des ministres… Lisez sa prose dans Le Monde daté du 27 mars. (Extraits)
    Bien sûr, il rappelle les grands principes d'une éducation qui doit rester nationale, mais l'implicite demande à être sondé. Qu'est-ce qui se profile derrière la territorialisation des profs, alors que dans la même page on nous dit qu'il faut donner toute sa place au Projet d'établissement, transformer les personnels de direction en instance d'élaboration de la politique d'établissement, et que les établissements doivent améliorer leurs "prestations de service"?

    (Pour ceux qui ne voudraient pas comprendre, Ferry cite comme "prestation de service" la "rapidité de remplacement", qui revient aux établissements, et non plus à l'Inspection Académique, fournisseur de remplaçants. À qui un chef d'établissement pourra-t-il faire faire les remplacements dans l'instant? Cherchez bien... Vous sentez ce souffle chaud sur votre nuque? NdBB)
    Si on conserve le cadre des programmes tels qu'il est défini aujourd'hui, il est clair que cela ne veut rien dire. Il faut donc croire que l'on veut aussi (mais ce n'est pas dit), s'y attaquer. Allez, avec un peu de lucidité, on peut déjà écrire le prochain discours du ministre qui viendra transformer les statuts, aménager les programmes en conséquence.
    D'ailleurs, le dernier rapport du conseil d'État sur ce point est tout aussi clair…

DR   

Le poids des mobs,
le choc des motos

    Pour cette guerre-du-Golfe-ci, les télés (et la presse dans l'ensemble) ont su nous étonner: commentaire critique des sacro-saintes images (images du rien, souvent), mise en perspective des infos (ou des non-infos, souvent). Que cela reflète la pensée officielle n'ôte (presque) pas de mérite à nos journalistes.

    Mais pendant la guerre, l'actualité politique locale n'existe pas. Ferry annonce dans Le Monde un bouleversement radical d'un fondement de la nation – l'ÉducNat sera régionalisée – et pas un mot des media.

    Mais que le même Ferry annonce que le brevet de sécurité routière délivré en collège sera désormais obligatoire pour rouler à mobylette, et l'on écourte les frappes chirurgicales pour en faire l'éloge. Fausse nouvelle, d'ailleurs, puisque c'était déjà le cas. Et surtout, ça va bouleverser la République, un scoop comme ça!

BB


Ne dites pas
conseil de classe,
dites
tribunal de l’acquisition
(De Franck Dhumes, visiteur et dessinateur talentueux).)


Une lecture édifiante et réjouissante:
"Collèges de France", de Mara Goyet (Fayard).

Vous les reconnaîtrez tous, les irritants, les haïssables, les rigolos, vous-mêmes (et peut-être êtes-vous l'un des sus-cités). Tout sur la mystique de l'estrade et les boulettes au plafond. Tout est là.

La France déconcentrée

La carte sera la même qu'aujourd'hui, sauf qu'il y aura des lignes de démarcation et des ausweiss.
france3.JPG (7758 octets)

Jeunes (déprimés)

Bretons (bretons)

Très jeunes (très déprimés)

Ils ne l'auront pas

Vieux

Très vieux

Allogènes (zone pas très franche)

Zone nono

Ausweiss, bitte
(où je pense)

    Qu'en sera-t-il des chances pour les exilés de revoir leur petit village natal dans l'ÉducNat des régions? Le recrutement et la mobilités se feront à terme dans chaque région. Je vous fais le pari que les régions déficitaires ne vous laisseront pas vous évader comme ça.
    Avant même de demander une région de votre choix, il vous faudra obtenir le droit de partir.
    Les régions les moins attirantes étant les moins prolifiques en jeunes diplômés, et les jeunes diplômés des régions les plus attirantes n'étant pas assez cons pour demander eux-mêmes le purgatoire, le problème du déficit de profs ne va pas s'arranger en Seine-St-Denis!
    Et les très jeunes des académies les moins prisées auront le temps de devenir très vieux avant d'obtenir un sauf-conduit...

    Quant à l'équité d'un recrutement régional, vous trouverez vous-mêmes ce que j'en pense.

BB    

LA CLASSE
Nous devrions recevoir ce mois-ci le livre de Ferry
"Lettre à tous ceux qui aiment l'École".
D'un type qui clame qu'il s'est ennuyé en classe, et a fait sa scolarité par correspondance, un beau culot.


La classe (2)
Combien coûtera cette opération promotionnelle? Même à 10 Euros l'impression et la diffusion, pour 800000 enseignants, ça ferait 8 millions.
500 ans de salaire.


La classe (3)
Au fait, Ferry touchera-t-il 800000 fois des droits d'auteur?


Incivilités à l'ÉducNat.

Le bichon de Lady Ferry chie dans les couloirs du ministère.
C'est elle qui est folle de la messe, mais c'est son chien qui fait l'étron.


Bush à toutes les sauces:
au programme du bac français 2003,

"Pentagone",
tragédie de La Nouille.


Ferry prêche pour l'enseignement du "fait religieux".
Bientôt la physique cantique au collège.

 ferry-pion.jpg (19422 octets)
Merci à Franck Dhumes, visiteur du Mammouth. (Il a un site; allez voir la page des liens.)


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Mai 2003

La route est de droite, mais la décote est raide

Avertissement: attention, cet article contient des morceaux entiers de politique.

Ils ont Dijoncté

Sur la décentralisation, silence redoutable de l'opposition.

    Certes, le PS est concentré sur la page d'Histoire qui s'écrit à son congrès de Dijon: la motion Hollande changera-t-elle la face du monde?
    Mais on s'étonne quand même de l'indifférence affichée à l'égard d'un bouleversement aussi profond de notre organisation politique: la grande braderie du caractère national de l'école..

Pourquoi tant de rien?

    S'engager dans la bataille serait-il trop risqué? Une défaite après une déroute électorale, trop dur à envisager? Une victoire longtemps avant les élections, bénéfice fondu dans quatre ans? La politique est une affaire de stratégie, certainement pas d'idées...

    S'élever contre la décentralisation aujourd'hui, serait-ce courir le risque de devoir faire la re-centralisation (et dans quelles difficultés!) en cas de retour au pouvoir? Et si les socialistes d'aujourd'hui n'étaient pas opposés à cette libéralisation (demandée par l'OMC et signée par eux!)?

Mémoire d'éléphants?

    Une délégation de Conseillers d'orientation reçus au Conseil Régional (PS) du Nord- Pas de Calais a eu droit en au-revoir à un rappel évocateur de "l'infidélité" des profs aux présidentielles. De là à comprendre qu'il y a une défaite à nous faire payer...

BB


Libéralisme, égalité, va te faire niquer

    Dans la nouvelle éducation nationalo- départementalo- régionale, les établissements recevront les crédits de l'état en bloc. Libre à eux de les ventiler selon leurs choix ou leurs nécessités. Grande avancée démocratique, à en croire notre ministre.
    Ces crédits sont en particulier consacrés à l'achat des manuels et au fonds d'aide sociale.

    Moralité, beaucoup de pauvres, moins de livres.

Retraites: on l'a dans le Fillon

    Mais qu'est-ce que c'est que ces feignants qui ne pensent qu'à leur retraite au lieu de bosser pour nos mômes?

    Eh ben ce sont des gens qui viennent d'apprendre qu'il leur faudra travailler 42 ans pour avoir droit à une retraite complète; et à qui Fillon annonce (07/05) qu'ils ne pourront pas partir avant la fin, même avec moins de sous. Des naïfs qui découvrent que, malgré la rumeur, en moyenne ils partent actuellement plus tard (pas de préretraites!) et avec moins que les cadres moyens du privé. Et que ce privilège-légende s'aggrave.
    Voulez-vous que vos enfants aient des profs de 67 ans (s'ils commencent à 25)? Chouettes, les mamies en maternelle... Sympa, la démonstration aux barres parallèles: le prof pourra la faire dans son déambulateur.

La retraite du roussi

    Invraisemblable? Certes. Mais il est fort possible que le but ne soit pas de nous garder jusque-là (quoique... Usés jusqu'à l'arthrose, nous ne profiterions pas longtemps de la retraite. Les rapports sur la question ne se sont pas privé [privé... tiens...] de le signaler).
    En partant à l'âge insensé de 60 ans, un prof aurait droit au SMIC pour sa retraite.

    Le but? Nous envoyer compléter cette aumône auprès des banques et des assurances, qui ont déjà peaufiné leurs "produits financiers", placements en bourse dans les fameux "fonds de pension" qui se cassent si bien la gueule -et sans garanties- au moindre pet de travers du Couac 40.

    C'est bien foutu, le libéralisme...

BB

Le momot du jour:

La photocopie tue le livre.

Photocopiez le bouquin de Ferry!

(Merci à Olivier.)


J.O.: champion!

Le Journal Officiel a rebaptisé le Ministre de l'Éducation Nationale "Ministre de l'Éducation" tout court.


C'est çui qui le dit
qui y est
La coquille qui tue:
dans le sommaire du livre de Ferry,
le scandale de l'illetrisme.
On ne lui fait pas dire.


Sympa, la retraite après 65 ans: le prof de gym pourra faire des barres parallèles dans son déambulateur.


Ça pue du Becq

Mâme la Minisse veut, Becq et ongles, changer de voiture de fonction (quelles fonctions???).
Motif: Snoopy le bichon a chié sur la banquette arrière.

Splendeur et petites misères des courtisanes.

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Septembre 2003

Une rentrée sous de mauvais hospices

Quelle morgue!

Ou: comment on nous canicule

    La dernière technique à la mode, c'est de remplacer la politique par la communication. Jusque-là, rien de neuf, toute la presse l'a vu, et l'a même dit (sans s'en offusquer, je vous rassure!).
    Mais le fin du fin de la communication politique, c'est le déni, l'évitement, le détournement dilatoire – le négationnisme.

Notre très grande faute

    Remontons le temps. Après l'hécatombe estivale (dix mille? vingt mille morts? Mille à dix mille fois plus que nos voisins, en tout cas – puisque aujourd'hui la comparaison européenne est un exercice obligé, quoique en général pour stigmatiser notre "retard" et pousser à un peu plus de libéralisme), Raff' a lancé l'anathème: tout ça, c'est notre faute à tous, nous les gens qui ne nous occupons plus de nos vieux. Et la presse de s'engouffrer dans ce bourrage de mou, et que je te balance des reportages sur les corps non réclamés de la morgue parisienne – et c'est à peine si l'on entend l'employé municipal dire que c'est peu significatif, pas plus criant qu'antan, et expliquer qu'il s'agit de gens sans famille. Et l'on cesse de rappeler les cent millions retirés par notre gouvernement aux maisons de retraite, là où sont mortes la plupart des victimes.

Salauds de pauvres

    Et les retraites? Toutes ces manifs, et ces quelques grèves ne furent le fait que d'égoïstes qui ne veulent pas être solidaires. Des pourris qui ne pensent pas aux générations futures. Pour que l'accusation tourne à la culpabilisation, on sort le grand mot: pé-ni-bi-li-té. Pour certains, il faut comprendre; on sera indulgent avec les travailleurs qui en bavent (quitte à voir de la pénibilité dans presque tous les emplois). Et la presse, et les gens, de se frapper la poitrine au son de "c'est plus dur pour certains, mais pas pour moi".

Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font...

    Et les profs, qui ont manifesté et fait grève pendant des semaines? Avaient-ils des opinions valables? Protestaient-ils contre une politique nuisible? Non.
   Non, les profs ont fait grève à cause du malaise des profs. Raff' l'a dit, tout le monde l'a redit. Sommet de la communication, comble du mépris: on plaint les profs, mais on nie leur engagement.

En plein dans le Lexomil

    Nous sommes de pauvres petites choses qui souffrent, et ces luttes que l'on croit politiques, citoyennes, ne sont que l'expression du mal-être enseignant. Vite, une cellule d'aide psychologique! Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font...

    Et le pire, c'est que ça marche.

BB


Silence dans l'écran

 

    En mai-juin, le Mammouth a reçu 10000 visites, et pourtant il est resté muet sur les luttes enseignantes. Jamais le courrier n'a été aussi abondant (plusieurs centaines de mails, voir ci-dessous), et pas un écho ici, ni une réponse perso.
    Première raison, bêtement pratique: le jour nous courions avec des banderoles, d'une AG à une manif, et nous nourrissions chaque nuit un site d'info sur les luttes locales, et des listes de diffusion.

Le luth final

    Mais surtout, que dire que nous n'avions pas déjà développé ici? La décentralisation et ses visées perverses, ça se démonte en quelques lignes. La dérive libérale, les manœuvres en sous-main de l'OMC, de l'OCDE, l'arme fatale de l'AGCS, la mise en parallèle avec les questions de retraites, de santé, de services publics, nous en avons parlé depuis l'origine du site, en 2000.
    Nous n'allions pas fredonner "on vous l'avait bien dit" en nous grattant le trou du luth...

La rentrée des casses

    Et pourquoi ce grand vide à la rentrée?
    Le Mammouth Déchaîné n'a pas pour seul objet de chroniquer l'actualité de nos ministres. Nous essayons d'y réfléchir aux finalités de notre métier tout autant qu'aux tentatives de perversion (j'allais parler de gauchissement, n'importe quoi!) du système par ceux qui l'ont en charge. Or cette rentrée se caractérise par l'absence de toute politique de l'éducation.
    Ce minus de l'éducation qui nous bassine avec le concept de l'enseigner autrement tente un looping en nous balançant les savoirs au centre du système. Mais ce qui pour nous devrait être un crédo (laïque!) n'est pour lui qu'un créneau pour désamorcer une partie des critiques. Venant de celui qui vient de supprimer encore des heures d'enseignement (tout en renonçant implicitement aux "itinéraires de découverte" qui en apparence les justifiaient), l'annonce est risible.

    Inutile d'en parler pour l'instant.

BB 

Débat sur l'Ecole:

LA GROSSE COMMISSION DE RAFFARIN

Une commission d'inthelot

 

    Ils sont quarante. Quarante sages qui doivent réfléchir (normal, ils sont sages, comme les bons élèves) sur l'avenir. À voir leurs noms on peut se demander dans quelle mesure Raff' n'aurait pas mieux fait de convoquer une Élisabeth Tessier ou autre adepte des sciences divinatoires.

    Là-dessus: un instituteur, deux profs de collège, deux profs de lycée, dont certains déjà bien en place dans l'IUFM (soit 12,5 % de l'effectif. Note du ouèbemastère); une petite poignée de chefs d'établissements; une grosse masse d'universitaires pompeux qui n'ont jamais mis les pieds devant une classe; de bons patrons (philanthropes certainement comme tous les patrons bien sûr); et Finkielkraut . Notez que ce dernier n'est pas le pire et de loin.

L'école se débat

    Illustration parfaite du comment jouer sur la démocratie pour mieux ignorer les rouages qui en sont le fondement. Pas de syndicalistes et pas de place pour les revendications sociales dans les futurs débats. On pourra toujours participer aux débats locaux, mais l'objectif est clair. On peut compter sur nos "courageux" dirigeants pour faire gober aux enseignants la pilule d'une réforme à venir dans laquelle une fois de plus ils ne sont pas partie prenante.

    Certes, on ne demandait pas que les leçons du mois de juin soient tirées, que la base soit pour une fois vraiment prise en compte, que des bilans soient faits. On ne pensait pas, seulement, qu'après le retrait drastique des jours de grève, ils enfoncent encore le clou.
    Eh bien si, mais cette fois dans la froide torpeur d'une flamme démocratique qui vacille sous le souffle de l'ego démesuré de certains concitoyens.

D.R. 

mixite.gif (8313 octets)
(Lefred-Thouron - Le Canard Enchaîné)


L'échec des "génériques":
encore la faute des jeunes.

(Lefred-Thouron - Le Canard Enchaîné)

Quatre mois d'inactivité au plus chaud des luttes. Toute la sinistre vérité sur le silence du Mammouth.


"Ferry! Ferry outragé! Ferry brisé! Ferry martyrisé! Mais Ferry bientôt libéré de ses fonctions!"
On a la grandeur qu'on peut...


Baisses d'impôts démago (et rentables pour les gros cons-tribuables) et baisse des dépenses de gériatrie:
une nouvelle manière de bourrer les urnes?


Raffarin accorde
+ 2,8 % à l'EN:
ne pas confondre
déficit budgétaire et trou du Luc.


Pour discuter avec les profs: Sarkozy, le sous-commandant Darcos, Delevoye, Fillon, mais pas Ferry.
Trop de ministres tuent le ministre.


Les baisses d'impôts relancent la consommation de cercueils.


Il était une foi...
Notre Minus de l'Éducation veut remettre "les savoirs au centre du système".
Considérant son œuvre passée (depuis dix ans qu'il mazarine sous ses prédécesseurs Bayrou, Allègre, Lang, et aujourd'hui à son compte), on ne demande qu'à croire à sa bonne foi.
Voyez notre dernier
"bon point".


Canicule:
les baisses d'impôts relancent la consomption


On est cons cernés
Fin octobre, "université d'automne" concernant l'enseignement du "fait religieux" sur le thème
"Religion et modernité".

Question1: pourquoi des profs de langues ou arts y sont-ils conviés (histoire, philo, je vois pourquoi)?
Question2: est-ce un hasard si ça a lieu en Alsace, où l'enseignement religieux confessionnel est inclus dans les programmes de primaire & collège?

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Novembre 2003

Laïcité de la peur

Commission Stasi:
avis saint-gland.

    La commission Stasi sur la laïcité vient de produire un magnifique paradoxe: proposer deux nouveaux jours fériés, un juif et un musulman, pour renforcer la laïcité. Hormis l’incohérence (synonyme poli d’imbécillité) consistant à donner pignon sur rue aux religions au lieu d’une bonne foi(s) pour toutes renvoyer les croyances au domaine privé (en virant les dernières fêtes chrétiennes et en bannissant l’enseignement religieux des écoles d’Alsace et Moselle, réponses définitives à tous les caprices théo-communautaires), ce qui intrigue, c’est ce besoin qu’à notre pouvoir républicain constitutionnellement laïque de se pencher sur les questions religieuses.

L’état laïque se voile la face.

    Tout d’abord, en voulant faire la paix des religions, on donne à penser qu’il y aurait une guerre de religions. Et, au fond, c’est peut-être la teneur de la pensée gouvernementale, incapable de concevoir la question des français et immigrés originaires d’Afrique (principalement du Nord) en termes d’assimilation culturelle et sociale, réduisant cet ensemble hétérogène multi-ethnique à un groupe religieux homogène, sans vouloir voir que l’homogénéité n’est que celle des conditions de vie, de logement et d’emploi (ou de non-emploi).
Dire ceci ne simplifie pas le problème (loin de là!), mais croire que les imams seront de meilleurs vecteurs d’intégration que les éducateurs de quartiers, c’est vouloir remplacer l’emplâtre à la moutarde par un lavement à l’eau bénite.

In god we trust.

    Mais surtout, le fond de l’affaire, c’est que nos élus et ministres ont foi dans les religions. Sur France Inter, le 11 décembre, un membre de la Stasi déclarait que « les valeurs des religions sont celles de la république ». Comme si la République ne pouvait se passer du garde-fou de la morale judéo-islamo-chrétienne Ce n’est pas propre au gouvernement actuel, ni à l’UMP. En son temps, Jospin fut le plus grand légion-donneur de tous les temps en direction des chuiches de tout poil, en bon agnostique éduqué dans la morale religieuse. L’athée Debray s’est vu commander des travaux sur « l’enseignement du fait religieux » par Lang puis Ferry, et a conclu que la morale chrétienne était notre salut.
Signe ostensible de désarroi.
    Entre opium du peuple d’en bas et morale universelle, la religion les aveugle ou les arrange. Comme si le XXème siècle n’avait pas engendré une morale républicaine, Jules-Ferryenne, qui, issue du christianisme, s’en était débarrassé pour construire son dogme socio-national, remplaçant la communion par la carte d’électeur.

Certes, notre morale laïque n’est pas bien en forme… Mais les pays de cultes-bénis, ceux du moins qui sont en même temps des démocraties, connaissent-ils une moindre délinquance, moins d’incivilités, moins de violence sociale? L’eau bénite sur le drapeau les empêche-t-elle d’élire des présidents crétins, menteurs ou délinquants financiers? La religion les empêche-t-elle de lancer des guerres de religions?
Et moi, pauvre athée, ai-je le pouvoir de lutter contre les signes ostensibles de connerie?

BB

Laïcité bien ordonnée...

    Raffarin et la First Laidie sont allés au Vatican donner au peuple laïque de France un vibrant exemple de la séparation de l'Église et de l'État, en participant au raout papal pour sa béatification bi-hebdomadaire, celle de Mère Teresa. À part l'Albanie (patrie de la susdite) et Malte (le plus proche voisin, 24 km d'importance mondiale), nous sommes les seuls au monde à avoir dépêché notre chef de gouvernement. Et avec cinquante personnes dans sa suite, la plus grosse délégation, bien sûr.
    Tout ce beau monde n'a pas logé à l'ambassade, à la villa Médicis, ni dans aucune des résidences que la France possède  à Rome. Non, ils ont créché dans l'hôtel le plus cher de la ville.
    Rappelons que Mâme Chirac, ne jouissant d'aucune fonction officielle, n'a pas à s'obliger à pieuter dans les galetas de la république.
    Rappelons aussi que c'est nous, contribuables laïques et obligatoires, qui avons payé la note d'hôtel, l'avion spécial et les cadeaux...

BB


Actualité littéraire:

le passage de Giscard
à l'Académie française

Vulgaria
Vulcaniacademy


Où le débat blesse

    Sur le Grandissime Débat de nos chers Rafferry, quelques contributions intéressantes vous attendent en page "la trompe du Mammouth est mal embouchée".

    Voici quelques mois, nous reçûmes un mail d'un lecteur se disant conseiller au ministère de l'Éduc-Nat, qui nous demandait de clarifier notre position et nous glissait que le ministère suivait avec intérêt les opinions disséminées sur le ouèbe. Le tout signé d'un pseudo, "pour des raisons que nous comprenions aisément".
    Nous classâmes ce message dans la boîte "mythomanie casse-couille" et nous empressâmes de n'y plus penser, sinon pour en ricaner.

    Et voilà que dans le bla-bla d'accompagnement du Débat National (disponible ici sur le site du ministère) nous découvrons bien des questions que nous avons posées dans ces pages. Normal, ce sont des questions que beaucoup se posent, c'est l'objet (officiel en tout cas) du débat que d'en débattre. Et puis au détour d'un paragraphe, la question "Instruire ou éduquer?"; pour mémoire, c'est le titre même de notre premier édito, et l'antienne que nous avons tant rabâchée ici.
    Bien entendu, l'orientation ministérielle dans la suite du document n'est pas la nôtre. Mais il nous plaît de croire que le gonze cité plus haut n'était peut-être pas l'illuminé que nous avions cru, et qu'effectivement les conseillers de Ferry-Escartefigue et du sous-commandant Darcos surfent à la pêche à l'air du temps...

    Que ce petit moment d'auto-satisfaction ne tourne la tête à personne, leur débat est un leurre, une escroquerie, une foutaise, une diversion, et allez voir .

Où le débat blesse:
voir ci-dessous.
Et aussi en page
"la trompe du Mammouth est mal embouchée",
extraits d'une info édifiante de Libération et quelques contributions (im)pertinentes.

débat.gif (36350 octets)
(Lefred Thouron
Le Canard Enchaîné)


La religion au secours de la laïcité?
À l’aïd !
Sauve kippour !


Ne pas confondre
laïcité ébranlée
et religieux émasculés.


Propositions Stasi:
il y a des coups de pied au culte qui se perdent.


Darcos et le communautarisme:
s'il est élu, il abandonne son maroquin.


Encore des jours ferryés!


Confier les libertés à la commission
Stasi,
fallait y penser…


L’état laïque monte au credo.


Signes discrets, ostensibles, ostentatoires?
La commission se voile la face.


String:
on se voile la fesse.


Laïcité et
jours Ferryés

    Notons au passage qu’il se dit que Chirac envisagerait de caser ces deux jours fériés pendant les vacances scolaires. Ses dir’com’ (directeurs de commission Stasi?) ont dû omettre de lui expliquer que le calendrier musulman n’étant pas le même que le nôtre, l’Aïd est une fête mobile qui se déplace d’un mois par an...
    Les professionnels du ski vont encore râler.

Laetitia Casta's Fan Club
Trop top!


Janvier 2004

Voile et vapeurs

"Grand débat"

La gouvernance précède la compétence

     Citoyennes, citoyens.

     Quelle idée géniale que ce grand débat sur l'avenir de l'école! Voilà un bon exemple de démocratie participative! 
Poussons donc plus loin cette logique imparable qui veut que tout un chacun puisse se reconnaître compétent dans tous les domaines, ouvrons à notre tour de nouveaux grands débats: grand débat sur l'avenir de la défense, sur l'avenir de la médecine, sur l'avenir du monde politique...
     Comme je n'aurai pas l'immodestie de me comparer à l'Ineffable Thélot, je propose aux lecteurs du Mammouth de trouver eux-mêmes les questions et, tant qu'à faire, les réponses. 
     Pour ma part je propose la modeste contribution qui suit à deux grands débats que je propose.

Grand débat sur l'avenir de la médecine.
     1) Les hôpitaux français manquent de spécialistes. Ne serait-il pas judicieux de créer des spécialistes de plusieurs spécialités? Des spécialistes polyvalents, généralistes, en quelque sorte?
     2) Faut-il prendre la température dans la bouche, sous l'aisselle ou dans le fondement?

Grand débat sur l'avenir de la défense.
     1) Ne serait-il pas opportun, afin de marquer la grandeur de la France, que nous envahissions un état voisin? (Suggestions: Monaco, Andorre, L'Île aux faisans.)
     2) Ne faudrait-il pas faire évoluer la garde-robe de nos armées?
     Jean-Paul Gaultier pourrait dessiner des uniformes mignons comme tout.

Je laisse le soin à nos fidèles lecteurs de poursuivre...

Jean-Luc Marquer  

     (Preuve de l'élévation de votre esprit, le ministre Sarkozy a lu dans vos pensées et, voici trois mois, choisi les nouveaux uniformes des gendarmes et des policiers relookés par Balenciaga. Encore une grande innovation. BB)


Lefred Thouron - Le Canard Enchaîné

My Thélot is rich!

    Thélot, le type qui a préparé et doit dépouiller le "grand débat" sur l'école (préparatoire à une grande loi, car c'est une grande cause nationale; il faudrait dire à Chirafarry que la taille du débat ne compte pas tant que la façon de s'en servir...) a exposé ses géniales méthodes (voir extrait de l'article de Libération), à base d'un "logiciel de synthèse".
     Le Canard Enchaîné a interrogé des spécialistes qui ont expliqué que ce type de logiciel ne peut guère que compter des mots et entre "la violence est un problème" et "la violence n'est pas un problème", ne peut que repérer l'apparition des mêmes mots, et certainement pas le sens – la négation – , et encore moins concevoir et rédiger une synthèse.

     Les 150 000 pages que prévoit l'admirable Thélot, l'Attila du sens, seront dépouillées par sa commission de cinquante personnalités. À raison de 3000 pages par tête de pipe, et sachant que tous ces gens ont des boulots parallèles (chef de Radio France, député à Boulogne, etc.), combien de temps leur faudra-t-il pour éplucher les conclusions de cette vaste entourloupe? Quand je pense que j'ai mis trois mois à lire Guerre et paix...

BB 

On ne pourra plus laver son foulard en famille

      Cette histoire de voile n'en finit pas de gonfler. Jusqu'ici simple tracas scolaire, qui, pour enquiquinant qu'il pût être, n'en demeurait pas moins soluble dans la loi de 1905 et les règlements intérieurs des bahuts, ce problème devient un vrai champ de mines depuis que le gouvernement a eu l'imbécile idée d'en faire tout un fromage doublé d'une grande loi.

     S'appuyant sur les demandes de proviseurs désemparés, Raffarin et consorts ont lancé une grande opération de communication dont la presse s'est emparée avec délectation: c'est quand même plus bandant que de parler instruction, pédagogie, principes, à l'heure d'un pseudo débat sur l'école...

     Loin de régler la question, l'annonce de cette loi provoque des manifestations réclamant (c'est le monde à l'envers) que la laïcité ne gêne pas l'expression des croyances (manifs dans lesquelles, selon des journalistes, les femmes réclamant le droit au libre-arbitre du port du foulard se voyaient écartées des micros par les barbus du service d'ordre).

Le foulard et la bannière

     Et ce jusqu'à l'étranger: dans des pays musulmans, on accuse soudain la France d'anti-islamisme; Bush et sa bande de voyous oints et génuflexifs crient à l'atteinte aux droits de l'homme.

     Les apprentis sorciers de la "com-gouvernance" ont semé un beau merdier, dont l'issue pourrait bien être une déculottade et un recul par rapport bases mêmes de la loi de 1905, si pour éteindre l'incendie qui couve il fallait flatter ceux qui se disent outragés.

BB  


Ferry, contraint de rédiger la loi sur la laïcité,
veut faire court.


Pétillon - Le Canard Enchaîné

Le ministre au piquet

Chirac a engueulé Ferry devant témoins:

"J'ai dit "ostensible" (...) et vous, vous dites "ostentatoire". Je connais le français aussi bien que vous! Quand le Président a parlé, les ministres s'exécutent. Vos états d'âme sémantiques ne m'intéressent pas. (...) Essayez de vous en souvenir."

Dans la foulée:

"Cette loi sur la laïcité est un texte important. Il est préférable que ce ne soit pas vous qui la portiez alors que vous avez toujours été en désaccord avec elle. (...)"

Chirac a déclaré que Ferry était "capable de tout faire péter".
On savait Ferry fayot, mais à ce point là...


Encore une victime du bizutage.

Quoique opposé à une loi sur le port du voile est autres "signes ostensibles gnagnagna" et publiquement désavoué par Chirac, c'est Ferry qui s'y colle pour la rédiger.
La bite au cirage, c'est pour quand?


Becq et ongles

Mââme Ferry, la maîtresse du cabot, s'est encore distinguée par sa classe naturelle: en vacances au Club Méd', elle a fait du foin parce que son bungalow ne lui plaisait pas. Toujours ce sens de la grandeur de l'état.


Auguste!

Chirac a qualifié le numéro de Ferry sur la réforme des facs de "cirque".
E viva Zavatta!


La Pythie vient en mangeant
(de la tête de veau)

Toujours de Chirac:
Ferry "pourrit le débat sur l'école" et "a foutu le bordel dans les universités".
Chirac, notre meilleur allié contre Ferry, c'est abracadabrantesque!

SAINTE ALLIANCE

(Pétillon - Le Canard Enchaîné)


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Février 2004

Les poils du culte

Ferry déconne au nez et à la barbe des sénateurs

    Visiblement, il y a problème.
    Ferry le fait exprès, c'est manifeste, en agitant l'ostensoir de l'ostensible. Il en rajoute pour faire passer son boss pour un fouteur de merde aux yeux de tous. Je dirai même qu'il y a ostensiblement une démarche ostentatoire qui cherche à se moquer ouvertement de la 
présidence. Ou alors c'est un con. Notez que les deux propositions sont largement compatibles.
    Toujours est-il que volontairement ou non il met en exergue les incohérences d'une loi qui ne règle rien.
    Ceci dit, il est clair aussi que le débat n'arrive pas par hasard. Lancé par Chirac, un an avant les élections, au cœur des discussions trois mois avant, voici un bon contre-feu pour ne pas parler de ce qui fâche 
vraiment. Sans vraiment sortir du domaine de l'éducation, pourquoi ne parle-t-on pas de ce qui nous arrive ces jours-ci dans les  établissements: les DHG en réduction drastique, les suppressions de postes, les vacataires balancés pour faire n'importe quoi n'importe comment, la suppression de l'histoire au Brevet (et sans doute bientôt à l'écrit du Bac), les pièces jaunes?...
    Sans aucun doute ce n'est pas excitant, c'est médiatiquement peu lisible, seuls s'en apercevront peut-être quelques délégués de parents (et encore pas tous) avant les élections. Encore une fois on va taxer de corporatisme tous ceux qui de l'intérieur vont essayer de RÉSISTER.
    Succès donc assuré d'autant plus que l'atonie générale est de mise (faute de la tournée générale). Donc on va souffrir, mais après tout les enseignants n'aiment-ils pas 
un peu ca? Ils ont un si beau métier... "Un office presque royal" dixit Érasme. Presque, c'est là le problème. Mais visiblement ce n'est pas 
celui-ci que l'on veut voir.

DR


Lefred-Thouron - Le Canard Enchaîné


Son Allégraisse, l'Ex nihiliste, respire encore.

    Notre ancien taulier, Allègre, veut un grand leader pour la gauche et cherche "les Blair ou les Clinton de demain".
    Tous ces gauchistes dans la même phrase, ça donne le vertige.


Allègrorie du socialisme en marche

Je te tiens, tu me tiens...

Une loi au poil!

     Le Mammouth Déchaîné s'est procuré les brouillons de Ferry. Not'maître envisage une série d'annexes pour donner de la cohérence à son texte. Seraient donc interdits:

dans les élevages, le bouc;
dans les poissonneries, la barbue;
dans les stades, les favoris;
dans les autobus, l'impériale;
dans les bijouteries, le collier;
à la Foire du Trône, la barbe à papa.


Modification des programmes

Les poilus de 14-18 sont bannis des livres d'histoire.

Les Barbapapas sont interdits en maternelle.


Delambre - Le Canard Enchaîné

 


Pièces jaunes devant,
laïcité marron derrière

    Dans la pratique post-1905 pré-2004 de la laïcité, il y avait aussi le principe de la neutralité politique. D'ailleurs, nos dirigeants sont sur cette ligne, puisque l'UMP est en faveur d'un volet "pas de signes politiques au lycée" dans la nouvelle loi (tu m'étonnes! Ce ne sont pas les groupuscules UMPiens qui pullulent chez les lycéens...).
    Et voilà que le Ministre et ses recteurs nous invitent à participer activement et apolitiquement à l'opération "Pièces Jaunes" de la très apolitique Mââme Chirac, dont le mari est très neutrement notre apolitique président issu de l'apolitique RPR (apolitiquement rebaptisé UMP pour n'être pas confondu avec le susdit dans les prétoires).
    Et nous sommes invités à douiller par le sumotori de service, l'exquis et politiquement neutre ami judoka de Mââme (apolitique) Chirac.
    Rappelons que naguère les administrateurs de la dite campagne de collecte démissionnèrent parce que selon eux la campagne était surtout celle de Bernie pour son mari...


Financement des bahuts privés confessionnels, enseignement religieux obligatoire en Moselle, Haut-Rhin, Bas-Rhin, aumôneries dans les lycées,...

    Il y a des coups de pieds au culte qui se perdent!

 


   Lapsus m'habite

    Le Cardinal Lustiger, sur France Inter:
Je souhaite bien du plaisir à l'Académie française pour nous dire la différence entre "ostensible" et "ostensoir".

Ferry hostile à une loi, Chirac le fait marcher droit:

Ferry au pas de loi



On a les signes ostensibles qu'on peut...


Ferry met les poils à l'index:
il fait tout à l'envers!


On supprime encore une fête religieuse:
la Sainte Barbe.


Pour Ferry,
les poils
puent bien.


Un bon slogan:

Ferry est un con,
poils au menton.


Le nouveau logiciel de filtrage des élèves:
l'ostentatware.


Ministre barbant,
texte rasoir.


La laïcité bordélique:

on fait une croix sur le voile.


Quand on pense que Bernie Chirac, la First Laidie, déteste Ferry pour ses cheveux longs plutôt que pour ses idées courtes...


Précarité de l'emploi:

après ses dernières conneries devant les vieilles barbes du sénat, Ferry peut se faire des cheveux...


Surabondance de lois:
Ferry chie des bulles.


Une loi anti-profs?

Faut-il considérer le collier de barbe et la sacoche en peau de porc comme les signes ostentatoires de l'instituteur?


Remonter


Le Mammouth Déchaîné sponsorise:
attention, ces groupes contiennent des morceaux entiers d'amis du Mammouth


Pretext,
rock-band de potes.

Xerock,
groupe de musique pop-rock (et autres).