prout à celui qui le lira 

Je ne pipe mot...   Ah, les belles bacchantes!

Une gueule doit être ouverte ou fermée

 

      Derniers articles: août 2005. La suite est .

 

Nous accueillons dans ces pages toutes vos contributions, sérieuses ou non, textes, dessins, infos... Nous nous réservons bien sûr le plaisir de les commenter.

Les innombrables explorateurs des poils du Mammouth le nourrissent de leur courrier. Ces cossards ont dû profiter de leurs vacances de feignants pour faire des pages d'écriture. Et c'est pas fini: avec tous ces profs qui font rien qu'à prendre des congés de maladie, ça va pleuvoir, les conneries!
Voici leurs articles, livrés sans corrections, qui n'attendent que vos réponses.

Pas de lang de bois!


Lettre ouverte à ma formatrice d’IUFM. Delphine, élève-maître (Août 2005. Publié en septembre 2005)

T'as signé pour en chier, Florence... Les joies de la vacation (12 juin 2004)
Sur le sujet, petit rappel.

Trente millions de pédagogues. Sur le débat national (13 décembre 2003).

Débat national: déni de démocratie. Lettre d'un collège refusant d'y prendre part (13 décembre 2003).

Débattons (dans les roues). 15000 réunions publiques en vingt pages: extraits d'un article de Libé (Pierre Marcelle, 27 novembre 2003).

20 pour tous, tous pour 20. Lettre ouverte au ministre du collectif du même nom
(14 mai 2003).

"Je n'ai rien trouvé de constructif." D'un visiteur (juillet 2002); réponse du Mammouth (octobre 2002).

La philo donne des zèles (de papillon). Chanson de 1936. [21 mai 2002]

Le retour de Cro-Magnon: les itinéraires de destruction. [18 fév. 2002]

Conneries "méthodologiques" et autres emportements d'un père d'élèves anti-"itinéraires de découvertes". [18 fév. 2002]

Vacatairminator, ou comment l'État saigne ses enseignants. Témoignage ahurissant...

Djack tient à la langue (séquelles d'une interview de Djack au Figaro Magazine, par un enfant de Mammouth qui chasse le sirop d'érable au Québec).

Sachons occuper utilement nos enseignants ou quand nos élites pensent à nos loisirs. [27 octobre 2000]

1 mammouth=52 porte-avions (du même contributeur que l'article sur le CAPES, ce qui ne laisse pas de m'inquiéter. Lard, ou cochon?) [6 oct. 2000]

L'école française bien vue à l'étranger (par un as du clavier bien tempeureu).
[16 sept. 2000]

"CAPES d'anglais. En 1999 on a encore buté 81,6 % des candidats."
Le ouèbemestre du Mammouth, prof d'anglais lui-même, ne partage pas les opinions ici énoncées. D'ailleurs, il répond! (J'aime parler de moi à la 3ème personne...)
Nous attendons vos réactions.
[16 sept. 2000]

D'une visiteuse du Mammouth:

"Pourquoi de la vulgarité ?????? C'est dommage, çà (sic) gache (sic) un peu."

Réponse: parce que ça nous amuse.

PS: pas la peine d'écrire si gros, on n'est pas sourds.

PPS: pour info pour les autres visiteurs du Mammouth: la dame fait sûrement allusion à une de nos pages les plus politiques,
Mammouth écrase les profs
Jetez-vous dessus.


Ferrysophe3.JPG (12276 octets)
Merci à Kiro et Uderzo.



De Delphine, lectrice du Mammouth et nouvelle enseignante:

Lettre ouverte à ma formatrice d’IUFM
(Institut Universitaire de Formation des Maîtres)

"Août 2005
                    Chère Patricia,

     Je saisis l’occasion que nous donne dans ce beau pays la sainte liberté de la presse de s’exprimer librement pour me décharger enfin de tout ce qui m’a très officiellement été interdit de dire tout au long de cette année pré-post scolaire pompeusement appelée « l’année de formation » pour les professeurs néophytes. Mais d’abord, je ne me montrerai pas ingrate, car je ne puis pas dire que je n’ai rien appris durant cette année : il est vrai que j’ai fini, à force de répétitions, par percer les finesses de « l’optimisation des listings pédagogico-didacticiels du paralangage métacognitif et apoplectique en vue d’une séquence en pédagogie différenciée transdisciplinaire devant un groupe-classe » - les écoles de commerce n’ont qu’à bien se tenir ! Cependant, j’avoue que, sans la lecture clandestine de quelques auteurs, il faut le dire, bien moins savants, mais sans doute plus littéraires j’eusse aisément perdu mon latin. Mais peut-être cela m’est-il propre, et probablement l’IUFM manque-t-elle, elle aussi, de « parcours diversifiés » (tout autant, visiblement, que de « contrat d’excellence »…). En revanche, ce que je n’ai définitivement pu comprendre, c’est ce qui, selon toi, devait nous rendre si odieux tout ce que nos yeux, inutiles instruments des observateurs vulgaires, tout ce que notre expérience, récente, comme élève, enfin tout ce que le bon sens même semblait nous dire des difficultés rencontrées par notre métier : surabondance des média dans le quotidien de nos élèves, valorisés cependant par les programmes scolaires, comme afin de s’assurer que l’école ne dépayse pas trop par rapport à le rue (et l’on conçoit dès lors que les élèves ne comprennent plus l’intérêt de s’y rendre) ; perte du goût de l’effort, valeur peu cultivée par l’éducation nationale ; perte des repères due à la perte de l’autorité (entendue dans tous les sens du terme, et d’abord dans celui de l’auctoritas intellectuelle)… Or, loin d’être assez mesquine, malgré mes préventions contre l’IUFM, pour penser que nous venions recevoir de l’institution une parole révélée, loin de concevoir que l’on pût aborder sans ouvrir le débat les sujets les plus controversés actuellement sur la question de l’éducation, je ne soupçonnais pas encore dans quelle colère ces quelques remarques devaient te plonger, ni quelle farouche hostilité elles devaient me valoir ensuite. Et comment, en effet, aurais-je pu supposer que ces vieilles idées sur notre rôle de transmission de l’héritage, d’éducation à une certaine discipline de l’esprit, que tout ce qui m’avait poussée vers ce métier et qui faisait ma fierté depuis que je l’exerçais, que tout cela était non seulement « dépassé », mais encore indésirable au sein même de l’école, comme le souvenir douloureux d’un âge d’or du système éducatif que l’on est obligé de haïr faute de pouvoir encore y atteindre? Et même à supposer qu’il faille effectivement sanctifier du nom de « culture » tout ce que le hasard des rencontres, tout ce que les média, tout ce que la futilité versatile de l’adolescence a pu provisoirement jeter dans l’esprit de nos élèves ; à supposer encore que cette culture soit « a priori » respectable (mais que reste-t-il de la notion de respect si celui-ci tient du préjugé et échappe à tout critère ?), et qu’elle doive servir de « base » à l’enseignement des Lettres (ce qui revient à partir du rap et des séries américaines pour, très progressivement, parvenir à de la littérature « jeunesse ») ; à supposer enfin que l’on accuse la fameuse « massification scolaire » des années 70 de la vertigineuse baisse du niveau observée depuis plus de vingt ans (mais quel manque d’ambition de l’institution et quel profond mépris de la « masse » !), était-il pour autant criminel, était-il malvenu, dans ce qui était pourtant présenté comme un « échange » d’idées, était-il « impoli » (sic !) qu’un son de cloche différent vînt tout simplement rappeler que le rôle de l’école, comme vient de nous le souligner M. Philippe Mérieux lui-même, était précisément de permettre à cette « masse » populaire, c’est-à-dire à nos concitoyens les plus dépourvus de chance d’y accéder par ailleurs, de s’approprier ce qui fait notre identité commune, qui est la source de notre système de pensée et de valeurs, c’est-à-dire la culture, dans son vrai sens, la littérature, l’histoire des idées et de l’art ? Mais on peut, à l’IUFM, passer pour un dangereux révolutionnaire en véhiculant des idées séculaires ; et parler d’un enseignement de l’excellence, d’un programme qui privilégie la connaissance plutôt que la pédagogie, et le contenu plutôt que la forme, en somme, de ce qu’on pourrait appeler un « élitisme pour tous », c’est déjà faire acte de dissidence : on ne bouscule pas impunément les certitudes de gens payés pour les avoir. Invoquez là-dessus votre expérience personnelle en toute sincérité comme illustration de vos propos, dites que vous êtes vous-même fille de rien, élevée entièrement avec les allocations familiales, et modestement arrivée là pour avoir bénéficié jadis d’un tel enseignement en classe européenne, et vous vous apercevrez vite que là où vous croyez apporter un nouvel élément à la réflexion, vous apportez la disharmonie, la gêne ; que le récit d’une expérience contraire aux schémas pré-établis par l’IUFM n’est pas regardé comme une preuve de la multiplicité des interprétations de la dégradation de l’école, car elle ne serait dès lors plus le seul fait d’une dégradation du paysage social, mais comme une impiété d’une extrême impudence, dont il faut punir les auteurs en mémoire des Saints Bourdieu et Freinet. L’exception à la fatale règle du déterminisme social ne fait pas la fierté de l’éducation nationale, qui alors ne peut plus se reposer sur le politique, mais son discrédit ; elle n’est pas sa réussite, le but à atteindre, mais son ennemi. Bien sûr, à chaque croisade ses horreurs et ses formes de grandeur, et s’il est vrai qu’on ne peut reprocher à bien des illuminés des IUFM d’être des Tartuffes, il n’en sont pas moins de dangereux prédicateurs, prêts à abattre les stagiaires récalcitrants pour délit d’opinion. Enfin, si l’exercice du doute est bien, comme dit l’autre, celui même de la pensée, nul doute que la pensée ne fait pas école sur les bancs de l’Institut Universitaire de Formatage des Maîtres.

Delphine"   

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Lettre reçue en avril 2004, reproduite sans modifications.

T'as signé pour en chier, Florence... Les joies de la vacation

"Cher Mammouth,

     Merci tout d'abord pour cette saine lecture internet qui me permet de ne pas sombrer dans la mélancolie. Eh ben oui, le blues du prof, ça existe. Moi qui arrivait d'un secteur n'ayant pas grand chose de commun avec l'éducation nationale, je me disais que ça devait pas être si sorcier, quand même, mince quoi ! d'être prof (vacataire je précise)... oh, douces illusions... Entre les enfants à qui les parents ne savent plus donner un cadre (ben oui, ça sert aussi à ça la mise en place de limites : au respect de l'autre et à l'apprentissage de la vie en collectivité), et le rectorat qui "oublie" tout simplement de vous payer pendant deux mois d'affilée, c'est vrai qu'il y a de quoi déprimer un peu !!!
     Je rejoins donc l'article de Camila Fernandez, qui datait de 2001... Que Camila se rassure, rien n'a changé, et moi qui pensais enfin ne plus rien avoir à demander à qui que ce soit, j'ai repris la bonne vieille rengaine de "tape tes frères et soeurs pour éviter de taper l'État"... Je suis curieuse de savoir combien de salariés dans le privé accepteraient sans broncher de recevoir leur salaire avec deux mois de retard !!!! Comme moi aussi ma banque va finir par me tarauder, je pense que si je n'ai rien sous 10 jours, tout comme Camila, je vais finir par prendre les devants. Je vous informerai donc de mon enchaînement ou non devant la TG des Bouches du Rhône (la même TG qui appelle honteusement "avance" un salaire perçu avec 2 mois de retard et à qui je compte bien photocopier et envoyer la définition de "Avance sur salaire" et "acompte sur salaire"... Vive le Petit Robert !) d'ici la fin du mois d'Avril.

     Le plus drôle c'est que je viens de passer le concours de l'école d'infirmières ce premier week-end d'avril et un des thèmes était "l'injustice sociale". J'ai presque eu envie de mettre dans la copie que l'injustice sociale, c'était de travailler sans être payer, comme le prof que j'étais !!

     Bref, mieux vaut en rire qu'en pleurer, parce que franchement, il y aurait vraiment de quoi !

     Bizou au Mammouth et à ses complices. Du coup, moi aussi je dis 10 fois par jour "lâchez-vous ça fait du bien" pour faire travailler les zygomatiques :)

     Flo"

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Débat national sur l'école: la tournée des grandes dupes

Des professeurs d'un collège de Tours,
texte justifiant leur refus du débat dans l'établissement:

   Le principe même d'un débat public sur un certain nombre de questions techniques ou éthiques pour lesquelles les participants ne possèdent ni les éléments d'information, ni la compétence est un non-sens et réduit le débat démocratique à des questions d'opinions personnelles non pertinentes.

    Un certain nombre des sujets proposés est sans objet, puisque le Ministère est d'ores et déjà engagé dans certaines réformes (déclarations de MM Ferry et Darcos le 28 octobre dernier devant la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale: [concernant la bivalence des professeurs] "[ne vaut-il pas mieux] attendre que le Grand Débat amène naturellement à se poser ces questions?"; [concernant la décentralisation] "la perspective principale qui motive ce ministère est de poursuivre la décentralisation et la déconcentration"; M. Darcos, cité par Libération le 5 novembre: "l'autonomie des établissements est la clef de la réforme", connaît déjà la réponse à la question n°19: "Faut-il donner davantage d'autonomie aux établissements?")
    Le rôle assigné au "débat national" est de justifier des décisions déjà prises. C'est un déni de démocratie.

    Les conditions mêmes dans lesquelles ce "débat" est organisé (en particulier le délai de dépouillement) ne permettent pas d'imaginer qu'il puisse être analysé avec sérieux ou bonne foi, et les professeurs ne souhaitent pas prendre part à une opération de communication vide de sens, mais pas d'arrières-pensées.

    Bon nombre de questions sont fortement partiales ou fermées. Ainsi, les questions rhétoriques (interro-négatives) dont la réponse est "soufflée" abondent, ainsi que celles qui n'interrogent que sur un aspect étroit, sans poser le vrai problème (exemple: point n° 22: "Devrait-on accroître le nombre de professeurs dans les collèges, même si c’est au prix d’un non remplacement de tous les professeurs de lycée partant en retraite?". Où est la consultation démocratique du citoyen, que l'on n'interroge pas sur l'option d'avoir des professeurs en nombre à tous les niveaux? Ce choix budgétaire n'étant pas mis en débat, il n'y a plus de débat).

    Dans ces conditions, le temps de cours des élèves nous semble plus important qu'un simulacre de débat.

D'autres professeurs, décidés à se faire entendre dans les débats:

    Comment faire confiance à ce gouvernement qui, après un « vrai faux » débat sur les retraites et la décentralisation (débat ouvert à tous sur le même principe que celui sur l'école qui nous est proposé aujourd'hui), a fait passer ses réformes sans écouter nos revendications, et revient même sur ses promesses en transférant la médecine scolaire aux départements ?

    Comment croire qu'il ne s'agit pas d'une vaste entreprise de communication quand on sait que l'action de l'État se fonde actuellement sur le principe de la diminution des dépenses publiques, et que dans ce cadre l'éducation et la santé ne font plus partie des priorités de la nation ? La suppression de 4 000 postes d'enseignants dans le secondaire au vu d'une diminution de 25 000 élèves ne sera pas compensée par la création de 1 500 postes d'enseignants dans le primaire pour un afflux de 55 000 élèves. Par ailleurs 1 000 postes de personnels administratifs seront également supprimés à la rentrée. Depuis septembre, les remplacements ne sont plus effectués par des titulaires car ceux-ci ont été affectés sur des postes à l'année, pour pallier le nombre de postes vacants, faute de recrutements suffisants aux concours. En conséquence, ce sont plusieurs milliers de personnels précaires qui ont été recrutés, sur la base d'une licence ou même d'un deug, et qui n'ont bénéficié d'aucune formation pédagogique.

    Aujourd'hui nous ne sommes donc pas dupes des intentions du gouvernement. Mais nous essaierons tout de même dans ces débats de faire entendre, encore une fois, notre voix et d'appuyer nos revendications pour un collège où chacun puisse trouver sa place, un collège équitable sur l'ensemble du territoire national, un collège qui se donne les moyens de ses ambitions.

    Reste, pour finir, la confusion rédhibitoire mais permanente dans les bases assignées au débat, entre le rôle, les finalités de l'école, qui relèvent bien évidemment d'un avis des citoyens, et les moyens d'y parvenir, les pratiques induites, qui concernent les pédagogues, exerçant, faut-il le rappeler, un métier véritable. Dans une telle confusion, la France finirait par avoir trente millions de pédagogues sans effort budgétaire, et les enseignants plus aucune raison d'être formés : il suffirait d'avoir des enfants pour savoir enseigner, et pour enseigner de savoir qu'il y a des enfants. De tels simplismes - que l'histoire rangera peut-être au rayon des « raffarinades » - ne sont appropriés ni à une réflexion véritable ni à un débat sérieux.

Extraits: Débattons (dans les roues)
Par Pierre MARCELLE Libération jeudi 27 novembre 2003

    L'ambition de recueillir «soixante millions d'avis», on la mesure; celle visant à tirer quinze mille synthèses d'autant de réunions publiques tenues en moins de deux mois nous laisse poliment sceptique ; concernant les méthodes retenues par M. Thélot, grand ordonnateur du truc, c'est une autre affaire, qui transforme le scepticisme en hilare incrédulité.
    Le 20 novembre, ce Thélot exposait dans ces termes la procédure par lui retenue :

    «L'animateur devra extraire les trois priorités pour l'école que le débat aura dégagées, et les écrire dans trois phrases. Ensuite, j'utiliserai un outil d'analyse de texte pour réduire les 45 000 phrases que j'aurai reçues [...] à quelque 500 phrases, soit une vingtaine de pages sans trop (sic) de perte de sens.»

    Et de préciser, le drôle, qu'il conviendra d'y éviter les phrases creuses du type «l'école doit servir à la réussite de tous»

 

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20 pour tous, tous pour 20

Lettre ouverte à Monsieur Luc Ferry, Ministre de l'Éducation nationale

 Monsieur le Ministre,

Depuis plusieurs années, vos prédécesseurs avaient établi comme une norme le taux de 80% de réussite au baccalauréat, et les faits leur ont depuis toujours donné raison ; par voie de conséquence, des taux de réussite similaires - ou du moins en forte progression - ont également été constatés sur l'ensemble des examens organisés au plan national (à l'exception toutefois notable des concours de recrutement d'enseignants).

Nous connaissons comme vous les raisons de cette adéquation magique entre les objectifs et les résultats:

depuis plusieurs années, les exigences des sujets, sur le plan des connaissances nécessaires, n'ont cessé de baisser afin de s'ajuster à une moyenne toujours plus basse ;

les sujets sont également adaptés, sur le plan de leur contenu et de leur organisation, pour permettre aux élèves d'obtenir plus facilement des notes acceptables leur assurant l'obtention du diplôme recherché ;

les instructions données aux correcteurs, tant pour les épreuves écrites que pour les oraux, vont également dans le sens d'une notation la plus large et la plus libérale possible, afin de faciliter encore l'obtention du diplôme, et des commissions organisées préalablement et postérieurement aux corrections permettent d'ajuster au mieux la notation ;

enfin, s'il en était besoin, les jurys d'examen n'hésitent désormais plus à remonter artificiellement les notes afin que les candidats puissent être reçus, et le taux de réussite conforme aux objectifs fixés.

Appelés cette année encore à participer aux épreuves d'examen organisées par le ministère de l'Éducation nationale, nous vous confirmons que nous serons bien aux rendez-vous qui nous ont été fixés.

Nous irons plus loin : l'hypocrisie manifestée jusqu'ici n'est en effet plus de mise ; à l'heure où la libéralisation de l'école est en marche, nous n'avons plus besoin des faux-semblants affichés par la gauche pour cacher honteusement la vérité. Les enseignants libérés peuvent désormais montrer au grand jour leur plein accord avec la politique électoraliste du gouvernement : « les parents dont les enfants réussissent sont des parents heureux, et les parents heureux votent comme il convient. »

Après en avoir délibéré, nous avons donc décidé de devancer les objectifs et d'attribuer automatiquement à tous les élèves la note maximum (20 dans la plupart des cas) ; avec un peu de chance, les résultats de cette année devraient donc crever tous les plafonds, permettant ainsi :

au gouvernement de faire mieux que prévu;

aux élèves d'être fiers d'une réussite éclatante (sinon méritée);

aux parents d'être fiers de la réussite de leur progéniture;

aux universités d'accueillir un plus grand nombre de bacheliers reçus avec mention et pouvant de ce fait réclamer des bourses et des logements étudiants.

Espérant ainsi être à la hauteur des exigences de notre tâche, nous comptons que le gouvernement saura, de son côté, faire face à ses immenses responsabilités.

Les enseignants du collectif « 20 pour tous, tous pour 20! »

 

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Itinéraires de destruction de l'École ou
le retour de Cro-Magnon

Par A.Desjardins, correspondant du collectif Sauvez les Lettres. Note de synthèse pour la presse.
(Ce qui relativise l'article d'Olivier Simon ci-dessous: on a beau rameuter la presse, elle ne nous est pas d'un grand secours... Note du Ouèbemestre.)

Itinéraires de découvertes. (Réforme des collèges [BO du 14 juin 2001].)

La principale innovation au collège consiste, et elle est de taille, dans les "itinéraires de découvertes" qui concernent le cycle central: les classes de 5ème et de 4ème.
Ces itinéraires de découvertes sont censés permettre une approche interdisciplinaire et un travail autonome sur des projets, "renforcer" chaque discipline. "Au cours du cycle central, chaque élève choisira plusieurs itinéraires de découvertes dans un ensemble de quatre pôles (découverte de la nature et du corps humain, découverte des arts et des humanités, découverte des langues et des civilisations, initiation à la création et aux techniques). Chaque réalisation sera évaluée dans le cadre du brevet d'études complémentaires. " Chacun de ces parcours concernera deux matières au moins et sera dispensé à raison de deux par an, chacun sur onze à douze semaine (l'année scolaire durant en réalité trente -cinq semaines).
D'après ses promoteurs, ces itinéraires devraient permettre de lutter contre l'absence de motivation et constituer une voie d'approfondissement. Il est recommandé, pour la mise en oeuvre de ces ID d'organiser des emplois du temps "permettant de regrouper autrement les élèves et de les mobiliser de façon différenciée", c'est à dire que les classes sont éclatées et reconstituées en " groupes " (emploi du temps en " barrettes ", c'est à dire alignés, pour les classes concernées).

Les conséquences immédiates
-Une baisse évidente des horaires d'enseignement pour tous les élèves, d'où découlera une amputation effective des programmes nationaux : c'est ce qu'on
ne dit pas aux parents qui sont bercés d'illusions depuis le début!
-Une disparition programmée du groupe-classe faisant perdre à de jeunes élèves des repères indispensables et structurants, qui aident à la socialisation et préviennent toute forme d'incivilité.
-L'utilisation systématique des horaires-plancher, qui supprimera, de fait, l'aide apportée aux élèves en difficulté : Moins de " français ", moins de " maths ", moins d' " histoire ", alors que depuis trente ans les horaires ne cessent de baisser.
-L'appauvrissement des contenus fondamentaux des programmes et l' éparpillement très préjudiciable des connaissances d'un élève à l'autre et d'un collège à l'autre : des disparités et des inégalités inacceptables découleront de cet enseignement en " libre-service ".
- L'enseignant, à terme, sera transformé en animateur polyvalent au détriment de la transmission des connaissances cohérente et progressive. Les professeurs ont vocation (et sont formés sérieusement) pour enseigner et éduquer, certes, mais pas pour animer. Ni le Capes ni l'agrégation ne constituent des brevets d'animateurs, même improvisés : on voit là le mépris où sont tenus les maîtres et surtout les élèves et le peu de cas qu'on fait , en réalité, du sérieux des " activités " proposées.
-Le discrédit est jeté définitivement sur le "cours " pas assez ludique et bon pour la casse, alors qu'il intègre depuis longtemps l'interdisciplinarité intelligente.
-La détérioration prévisible des emplois du temps des élèves.
-L'augmentation du nombre de professeurs par élève, alors que les élèves en difficulté ont besoin d'une grande stabilité des adultes " référents ".
-Impossibilité d'une évaluation rigoureuse et équitable.
-Quoiqu'on prétende, une démotivation des élèves qui dans les faits, n'auront nullement choisi librement un parcours : la nécessité de rééquilibrer les groupes en terme d'effectifs (sauf à laisser s'installer des déséquilibres exorbitants) et l'obligation qui est faite aux élèves de faire les 4 itinéraires sur l'ensemble des deux années du cycle central, obligera les principaux de collège à pratiquer des inscriptions autoritaires: nulle "dynamique de choix" pour l'élève, en réalité.
-La disparition brutale des libertés d'initiative pédagogique des enseignants et le formatage idéologique par la "concertation".

Exemple de "productions" (D'après les documents d'accompagnements officiels,
voir www.eduscol.education.fr/D0072/lettrejournee.htm http://www.eduscol.education.fr/D0072/lettrejournee.htm)
ATTENTION:
proprement sidérant de nullité!


"Les itinéraires de découvertes donneront lieu à une production, réalisée individuellement ou collectivement : création d'un objet particulier, d'une maquette, d'un cédérom"

Idées de réalisations et de production:
1.Nature et corps humain.
Thème : à la découverte de nos origines.
-Réalisation d'outils préhistoriques à partir d'os, de silex (bifaces)
-Représentation d'un homme de Néandertal en pied ; d'un homme de Cro-Magnon.

Thème : à la découverte du corps humain
-Réalisation d'une maquette fonctionnelle de muscle.

2.Arts et humanités.
Thème : la vie de château
-Plans et maquettes
-Défilé de costumes médiévaux sur des musiques d'époque.
-Mise en scène d'une veillée médiévale avec troubadours, musiciens, jongleurs et conteurs.

Thème : la place de la foi
-Exécution d'une polyphonie sacrée médiévale.

3.Langues et civilisation.
Thème : Etre adolescent en Europe.
-Exposition, défilé de mode...

Thème : les tracés de l'Europe
-Film constitué avec d'autres collèges établis le long du même fleuve.(?!)

Commentaire : on ne dit pas si le professeur, ou plutôt le gentil animateur, rentre chez lui avec trente hommes de Cro-Magnon en carton bouilli dans son cartable, pour pouvoir les "corriger" et les NOTER. Car n'oublions pas que ces productions, individuelles ou collectives sont censées être évaluées "rigoureusement" et que les "notes" compteront à l'examen de fin de troisième: le brevet nouvelle formule, tellement plus exigeant!

On croit à un cauchemar : il n'en est rien, hélas.

Conclusion

Dans les mots, la réforme peut paraître séduisante et les intitulés ronflants des ID sont faits pour leurrer les parents et les associations de parents. Mais derrière "l'innovation" revendiquée, la réalité sera beaucoup moins reluisante : désubstantialisation des programmes, interdisciplinarité alibi, projets bidons, promotion des "sciences de l'éducation" et de la culture du management. Médiocrité généralisée: voilà l'horizon! Ce n'est pas une démarche autonome des élèves qu'on promeut, mais bien à terme une pédagogie du divertissement et du chatouillement qui veut faire de la Connaissance une friandise.

Eh bien nous disons que c'est méconnaître la psychologie des élèves et singulièrement celle des élèves en difficulté, de croire qu'on pourra remplacer sans encombres l'aliment par l'excitant de bas de gamme. Les élèves ne sont pas dupes et voient très bien s'ils sont aspirés par le haut ou par le bas et il appartient aux professeur de leur montrer, comme disait Valéry, la supériorité des plaisirs conquis sur les plaisirs reçus.

Halte, donc, à la pédagogie du mépris. Les dénégations incongrues du ministre Jack Lang disant que les "itinéraires de découvertes ne sauraient être des filières déguisées" et celles des documents d'accompagnement suggérant discrètement et malgré les exemples éloquents, que les ID seront "étroitement liés aux programmes", ces dénégations surprenantes révèlent les arrières-pensées : on va vers une Ecole à plusieurs vitesse, et quant à la notion de programme national, elle est en passe de devenir complètement obsolète.

Les quatre objectifs du ministre étaient de lutter contre l'absence de motivation, donner le goût d'apprendre et de se cultiver, préparer l'orientation en testant les goûts et les aptitudes et renforcer la dimension technique de la formation. On peut prévoir un échec sur toute la ligne, comme pour les TPE en lycée qui sont un fiasco, de l'avis unanime (et déjà parce qu'il n'y a aucun moyen financier et matériel pour mener à bien des projets pharaoniques qui nécessiteraient que le lycée fût milliardaire et disposât de toutes les nouvelles technologie.Les élèves, même ceux des terminales S, ne prennent pas du tout au sérieux ses activités et "foutent un bordel noir", de leur aveu même!)

Si cette réforme passe, et nous l'affirmons avec la plus grande solennité, c'en est fait de l'Ecole. Ce projet est une insulte à Condorcet, une insulte à Jules Ferry, une insulte à tous ceux qui ont fait et pensé l'Ecole.
Comme le dit un syndicat dont nous adoptons, en l'espèce, les conclusions: "La dénaturation de notre profession, avec son cortège de violence et d'indiscipline, se poursuit donc, à travers cette prétendue "réforme" des collèges, "usine à gaz" qui se traduira inexorablement par une baisse de la qualité de l'enseignement, par une nouvelle dégradation des conditions de vie scolaire pour les élèves et des conditions d'exercice des enseignants, et par la mort programmée de toute liberté pédagogique."
La diminution généralisée des horaires d'enseignement au profit de dispositifs de remédiation fumeux et inefficaces achèvera peu à peu de détourner l'Ecole de la République de sa mission essentielle: transmettre le savoir.

A. D.

Voici, trouvé dans un recueil, le dernier couplet d'une chanson de GEORGIUS écrite en 1936 dont l'à-propos nous semble digne du Mammouth.

AU LYCÉE PAPILLON

Elève Cancrelas? (Pensez très fort à Luc Ferry)
Présent!
Vous êtes le dernier, ça me rend morose
J'vous vois dans la classe tout là-bas dans l'fond.
En philosophie, savez-vous quelqu' chose?
Répondez-moi oui! Répondez-moi non!
Monsieur l'Inspecteur, moi je n'sais rien par coeur;
Oui, je suis le dernier, je passe pour un cuistre
Mais j'm'en fous, je suis près du radiateur
Et puis comme plus tard, j'veux dev'nir ministre
moins je s'rai calé, plus j'aurai d'valeur.
Je vous dis bravo! mais je vous donne zéro.

On n'est pas des imbéciles
On a même de l'instruction
Au lycée Papa, au lycée Papi
Au lycée Papillon.

Michèle et Jean-luc MARQUER


Conneries "méthodologiques".

Je ne suis qu'un modeste (voire!) père de quatre jeunes enfants (maternelle, cm1, 5ème et 3ème) et c'est à ce "titre" que je vous fais part de mes sentiments.

Comment vous dire, en effet, mon effarement et mon indignation devant les conneries "méthodologiques" dont mes, dont nos enfants sont abreuvés à longueur d'année? Des enfants à qui l'on (qui?) veut faire croire que la connaissance du français se résume en "séquences narratives" et autres "schémas actanciels" (largement utilisés par Stendhal, Baudelaire, Gide, Camus, Voltaire... bien connus comme "producteurs de texte" et non comme écrivains).
Pauvres gosses qui, arrivant en fin de collège, ont du mal à faire la différence entre un infinitif et un participe passé...
Pauvre jeunesse hypocritement méprisée par nos ministres puisque lui est refusé le droit essentiel de savoir pour comprendre...
Pauvres sociétaires de la fcpe et de la peep, à ce point fourvoyés qu'ils souscrivent à la mise en place des "itinéraires de découverte", monstrueuse imposture masquant la disparition presque complète de la transmission des connaissances.
Pauvres parents désemparés confondant éducation (leur rôle) avec enseignement (le rôle des professeurs) et qui veulent être "partenaires permanents de la communauté éducative" (sic!...communiqué de presse du 18-01-2002 de la fcpe), égarés dans une attitude régressive, consumériste et procédurière...
Pauvres syndicalistes qui, comme Monique Vuillat proposant "une mise en activité de l'élève dans un travail personnel et producteur de réussite" (sic!!!...déclaration à la "République du Centre" ) se font les complices (invonlontaires?) des salauds (il n'y pas d'autres mots pour qualifier nos brillants penseurs de la pédagogie) qui, en substituant la méthode à l'objet de l'apprentissage, ouvrent les portes des classes au crétinisme et à la barbarie...

Pauvres (?) syndicalistes encore, que j'ai vu (je peux en témoigner: j'étais seul contre la fcpe, la peep et contre la passivité de l'administration et des profs syndiqués) ne rien tenter pour défendre deux enseignantes usées et fragilisés par l'insolence et le harcèlement de quelques élèves soutenus par leurs parents (familles franco-françaises de cadres "tout ce qu'il y a de bien" dans le genre méprisant et agressif...Pensez donc, il ne fallait surtout pas demander à ces chéris de se comporter de manière civilisée). Résultat de la honteuse lâcheté de leurs collègues et de l'administration: dépression...

Pauvres enseignants qui n'ont pas su ou voulu réagir quand il était temps et qui, souvent usés, désabusés, déconsidérés, se prêtent à ces humiliantes mascarades...
Pauvres pantins qui nous gouvernent, qui ont fait le lit de cette criminelle entreprise...
Pauvre de moi, vieux con idéaliste ayant cru que l'on pouvait proposer à nos enfants comme valeurs esthétiques, morales et intellectuelles autre chose que la vulgarité, la violence et la consommation...

Oui à la culture comme vaste horizon de l'humanité! Non à la barbarie fondée sur l'ignorance et la lâcheté! (merci à vous, Savary, Jospin, Allegre et surtout à toi, Lang , si redoutablement habile).

Professeurs, anciens professeurs, élèves et parents lucides (il y en a), écrivains (pardon, producteurs de textes), journalistes (pas les bouffons incultes et narcissiques), tous ceux qui ont encore un peu de dignité, REAGISSEZ car il y a urgence!
Soyez nombreux à faire volte-face! Soyez nombreux (et faites le savoir) à ne pas caner devant l'inacceptable.
Les proviseurs et principaux sont nombreux à ne pas vouloir d'emmerdes, par lâcheté là encore (attention à la carrière); les inspecteurs, souvent mégalomanes et volontiers vicelards reculeront devant votre détermination...et les recteurs commenceront à s'affoler.
Que risquez-vous? De ne pas passer au "grand choix"? Et alors? Je suis moi-même au chômage depuis cinq ans...
Des journalistes vous ouvriront leurs colonnes et leurs émissions, soyez-en certains; ne laissez pas les pédagogistes prendre la parole à votre place. Cherchez avec détermination un écho chez de nombreux intellectuels: ils peuvent vous apporter une importante contribution car il s'agit peut-être du débat le plus important pour la société française.
Ne laissez pas non plus les syndicats et le ministère tenter de récupérer votre révolte; n'avez-vous pas été si souvent trahis?
Si nécessaire, faites planer la menace d'une grève massive...

Olivier Simon

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Vacatairminator,
l'esclavage à l'université.
Courrier de Camila Fernandez daté du 23 juillet 2001.

Du 29 septembre 2000 au 27 mai 2001, j'ai été chargée de cours, au statut de vacataire, au sein de l'Université de Versailles Saint Quentin en
Yvelines.
Or, durant toute cette période et jusqu'à présent je n'ai perçu qu'un seul salaire, au mois d'avril 2001, correspondant à une seule unité d'enseignement effectuée au premier semestre, c'est à dire 40,5 heures sur 253 effectuées.
Préparant un Doctorat d'espagnol à l'Université de la Sorbonne Paris IV et n'ayant pas obtenu d'Allocation de Recherche, mes vacations constituaient ma seule activité salariale et ma seule source de revenus. Ainsi ai-je été contrainte d'emprunter de l'argent à mes amis, ainsi qu'à ma famille; menacée d'interdiction bancaire, (...) agios (...) découverts bancaires, (...)téléphone coupé, (...)aide de la mairie pour payer le gaz et l'électricité.
De plus j'ai dû engager des frais téléphoniques et postaux pour tenter de régulariser ma situation auprès de l'administration universitaire, en vain,
car à ce jour (ndo: 23-07-2001) mes courriers sont restés sans réponse.
A l'issue de mes appels téléphoniques, ainsi que de mes nombreuses visites aux différents services, je n'ai obtenu que des réponses vagues ou
contradictoires, ainsi que des promesses non tenues. L'université me renvoyant au Rectorat, le Rectorat à l'université.  
D'autre part, mon salaire ne m'ayant pas été versé, je ne peux percevoir les indemnités chômage, l'administration universitaire ne pouvant me fournir d'attestation ASSEDIC, tant  que je ne suis pas payée. Je ne peux non plus prétendre au RMI attendu que je ne peux prouver un refus de la part de l'ASSEDIC, celle-ci ne pouvant se prononcer dans un dossier incomplet.
En conséquence, non seulement je me trouve dans de graves difficultés financières, mais de plus dans une situation administrative incertaine
(employée de la Fonction Publique, n'ayant pas été payée mais n'ayant pas droit au chômage ni à une quelconque autre aide, ne possédant qu'un seul bulletin de salaire pour cette année universitaire), ce qui ne m'offre aucune possibilité de m'en sortir.
À ce jour l'Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines me doit toujours 211 heures d'enseignement, qu'elle compte me verser en deux fois,
une partie en juillet, une partie en octobre prochain.
Je ne peux donc m'acquitter des dettes que j'ai contractées auprès de mes proches, qui s'efforcent encore aujourd'hui de m'aider matériellement et qui dépendent eux-mêmes de ma situation, ma mère, veuve et ne percevant que le SMIC, représentant ma principale aide financière. Aujourd'hui je suis sous le coup d'une interdiction d'émettre des chèques, ma carte bleue m'a été saisie.
Mon intention d'engager des poursuites contre l'Université est ralentie par le fonctionnement de la justice (ma demande de mesure d'urgence auprès du Bureau d'Aide Juridictionnelle doit attendre la commission de septembre).

L'année dernière, professeur vacataire dans un collège, j'avais déjà subi le système kafkaïen d'être payée par avances…quatre mois après la rentrée scolaire!

En tant qu'enseignante, je dois dire que la situation qui m'a été imposée par l'Education Nationale semble impensable dans un pays comme la France.
Le mépris de l'administration à mon égard (et à l'égard de mes collègues vacataires, si j'en crois leurs témoignages) est honteux. Plonger un enseignant dans de telles difficultés matérielles, le marginaliser à ce point, est indigne du pays duquel on dit qu'il est celui de la Culture.
Cette situation inextricable, l'indifférence que je subis de la part de l'administration universitaire ainsi que l'impuissance des différentes administrations face à mon cas, me font comprendre les raisons de l'insuffisance de professeurs, dans un pays qui traite aussi mal ses enseignants.

 

Si vous connaissez des situations similaires ou comparables, écrivez au Mammouth.


DERNIÈRE HEURE

Notre correspondante a reçu une partie de son dû en juillet. Mais, sans crier gare, on lui annonce que son statut d'embauche (détail jusque là passé sous silence!) ne lui permettra pas de toucher l'intégralité de ses heures!!!

Moralité: elle aura travaillé bénévolement, ne pourra s'inscrire au chômage qu'après le dernier versement promis, doit des tirelires autour d'elle, tremble pour son loyer...
L'enseignement, c'est la vie de château (version Château d'If).

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Djack tient à la langue

Perdu dans les neiges du Québec, un peu désœuvré malgré des escapades en forêt où je chasse le lynx et l'orignal, il m'arrive au détour d'une clairière d'édifier mon tipi et de sortir de mon havresac quelques revues dérobées dans la salle d'attente d'un dentiste urbain. Cette semaine je suis tombé sur un interview que DJack a accordé à un pigiste du Figaro Magazine (17/02/2001, page 24).

Djack: '' Mon ambition est de livrer au collège, dès la sixième, des enfants qui sachent parfaitement lire et écrire.''

Personnellement je trouve Djack très ambitieux, se fixer un tel objectif après cinq ans de pleine scolarité n'est-ce pas mettre en péril la vie affective de l'enfant? Une telle exigence ne risque-t-elle pas de perturber le vécu du s'éduquant et de nuire à l'épanouissement de sa personnalité en devenir. Que notre ministre soit obsédé par la langue cela peut se comprendre mais est-ce une raison pour imposer la dure férule de la grammaire à des gamins qui risquent de se perdre dans des règles artificielles, reflet d'une pensée bourgeoise qui cherche à l'opprimer...
Excusez-moi mon ragoût de patte de castors est cuit et je dois vous quitter.


52 porte-avions.

Participation (un peu tardive il est vrai) au Grand concours "les bonnes idées de la rentrée".

Je viens de terminer '' Le scandale de l'Éducation nationale '' de Thierry Desjardins (Robert Laffont 1999) [rien qu'au titre, on n'a pas envie de le parcourir, même d'un derrière distrait. Détrompez le Mammouth si vous en savez plus. Note du ouèbemèstre.]. Je n'ai pas appris grand chose ce qui ne m'empêche pas d'être d'accord sur bien des points avec ce que dit l'auteur [Ça se confirme.]. Page 28, j'ai cependant été un peu surpris par ce qui suit: la France consacre 620 milliards de francs par an pour l'éducation des ses enfants . . . avec 620 milliards on pourrait s'offrir au choix: 52 porte-avions nucléaires de 36 000 tonnes chacun, une escadrille de ... 6000 Rafale etc... Ceci en une seule année! 52 porte-avions nucléaires par an! C'est fabuleux, non? [S'il faut les rallonger de 4 mètres chacun, ça fait quand même 208 mètres de connerie à payer en plus; le budget du Sénat y serait fructueusement employé.]
La bonne idée de la rentrée: fermer toutes les écoles pendant un an, ce qui n'aura pas grande importance pour la majorité des '' s'éduquants'' et encore moins d'importance pour ceux qui décrochent et qui seront beaucoup mieux dans l'armée à bord de nos beaux porte-avions. Ils pourront peut-être apprendre quelque chose; de toute façon l'air du large ne leur fera pas de mal.

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L'école française bien vue à l'étranger.

Faisant partie, il n'y a encore que quelques années, de ces "jeunes cons" peuplant vos classes, je vis aujourd'hui à l'étranger (et vous pardonnerez au passage l'absence totale d'accents et autres cédilles dans mon message, mon clavier "QWERTY" me donne toutes les bonnes excuses du monde pour me dispenser de cette tache - avec accent circonflexe), je vis donc à l'étranger disais-je, dans un pays ayant calqué son système éducatif sur le modèle nord américain qui semble de plus en plus s'imposer aujourd'hui comme la référence internationale en matière d'éducation (supérieure, en tout cas). Allez donc expliquer à votre potentiel employeur neo-zélandais, vous, jeune diplômé français, ce qu'est une "maîtrise", un DESS, ou pire encore, une "grande école" de commerce ou d'ingénieurs.

Pourtant ces mêmes jeunes français bénéficient à l'étranger (et c'est un comble, en particulier aux États-Unis!) d'une réputation d'excellence et de compétence dans leurs activités professionnelles. Loin des experts-d'un-jour formés par une système éducatif dont le principal objectif est de fournir à l'économie la main d'œuvre qualifiée dont elle aura besoin dans les trois ans à venir, les jeunes français sont paraît-il appréciés pour leur sens critique, leurs solides connaissances générales et leur capacité à analyser une situation donnée de manière holistique*, et non pas par le petit bout de la lorgnette.

Bref des gens appréciés non pas seulement pour leur qualités "économiques" (sic!), mais aussi, je cite, "pour leur qualités intellectuelles et humaines" (whaou... rien que ça). Étant moi-même parmi les premiers à m'offusquer des innombrables défauts et aberrations de notre vieux mammouth (et, soyons lucides, il n'en manque pas non plus), je suis forcé de constater que dans l'ensemble il n'a jamais failli à sa mission de former des "têtes bien faites plutôt que bien pleines" (et oui, j'ai encore quelques souvenirs de mes cours de français et de ce bon vieux Rabelais).

J'èspère donc sincèrement que les classes politiques françaises présentes et à venir ainsi que les différents acteurs du système éducatif, parmi lesquels ces vieux cons de profs (je les appelle comme ça parce que je les aime bien), sauront résister aux sirènes du mercantilisme et de la socio-psychologie de supermarché pour que l'école et l'université restent encore longtemps un lieu de savoir au sens le plus large possible du terme.

Et pour le dire plus clairement: "Longue vie au Mammouth!"

PS: Ma femme, qui se trompe rarement (sauf le jour ou elle m'a épousé) me dit que ça fait pompeux comme message. Tant pis.
Bertrand Gacon (À moins que ce ne soit Gaçon? À force de rétablir les accents et cédilles, je me pose des questions...)

(* "Holistique"... C'est joli, et en plus ça veut dire quelque chose! Note du ouèbemestre qui a regardé dans le dico.)

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Concernant le CAPES d'anglais.

Les défenses du Mammouth ne risquent-elles pas, par leur croissance excessive, de lui crever les yeux? Un Mammouth obèse et aveugle ça ne serait pas la joie!

Je m'intéresse depuis pas mal d'années aux concours de recrutement et notamment au CAPES externe d'anglais. En 1999 on a encore buté 81,6% des candidats présents à l'écrit (Admis: 1068; présents 5824) Pas mal non? Tous les postes à pourvoir ( 1250) n'ont donc pas été pourvus. Il est vrai que le niveau des candidats est désastreux: 4,08/20 pour la dissertation et 3,92 pour le commentaire de texte! Et pourtant les candidats sont licenciés d'anglais et ont ''subi'' une préparation d'un an au moins ce qui fait au minimum bac + 4. Chose curieuse les membres du jury du CAPES sont aussi, pour bon nombre d'entre eux, enseignants à la fac, c'est-à-dire en licence. Pour moi il doit s'agir d'une bande de schizophrènes puisqu'ils accordent la licence à des étudiants qui après un an de préparation deviennent super nuls. À moins que... à moins que les examinateurs ne s'assurent une clientèle en licence de manière à ne pas risquer d'être nommés en Collège ou en Lycée. Mieux vaut être à la fac, on fait moins d'heures, et puis, faire semblant de chercher c'est quand même moins fatiguant que de supporter des loustics qui se foutent de tout...

Quel mépris pour les étudiants et pour le contribuable qui paie fort cher la machine à fabriquer de l'échec et de la frustration ... Rassurez-vous ce qui est vrai pour la licence et le CAPES d'Anglais l'est aussi pour la plupart des autres disciplines. Notre Mammouth saura-t-il nous débarrasser de tous les jean-foutre qui peuplent le grand machin qu'est devenu l'Éducation nationale? Bon je m'arrête car je sens ma tension qui monte...

Aimable correspondant, vous seriez sans aucun doute le premier à gueuler comme un veau si les profs d'anglais étaient de piètres anglicistes.
La mission de l'université est de délivrer des licences selon ses propres critères de qualité. Le CAPES n'est qu'un débouché possible.
L'Éducation Nationale (ou plutôt le jury composé d'inspecteurs et de profs) fixe la barre plus haut pour ceux qui devront enseigner. C'est simple et logique: le prof doit être meilleur que l'angliciste moyen. Si vous vous étonnez du grand écart entre licence et CAPES, c'est que vous cherchez à comparer un diplôme et un concours de recrutement, le suffisant-pour-continuer et l'indispensable-pour-dispenser-son-savoir. Et en tant qu'ancien étudiant en anglais et actuel certifié, je suis le premier ravi que le jury d'anglais demeure exigeant. (Et encore, les normes évoluent... En 1985, nous étions surpris, sans nous en réjouir, que l'on prenne 480 candidats sur 3500...)
Problème: on manque de profs d'anglais. La fac peut-elle former de meilleurs licenciés? Je ne sais pas, j'évite d'avoir des opinions sur le boulot des autres; je suis de ces idiots qui pensent que la plupart des gens sont comme moi, consciencieux et soucieux de bien faire.
La formation au CAPES peut-elle être plus efficace? Même réponse.
La vraie question est plutôt: par quel miracle 5800 personnes peuvent-elles bien souhaiter encore devenir profs? Et ça, c'est un grand mystère...

Ze ouèbemèstre.

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Sachons occuper utilement nos enseignants

Voici l'histoire, brièvement :
école en semaine de 4 jours, donc rentrée fin août et donc demain = 9 semaines de travail intensif en ZEP. Conclusion, nous nous dîmes: vendredi soir vacances, repos, apéro, ...
Eh bien non!! Samedi matin 3h de conf. péd. sur les évaluations de 6ème!!! (j'enseigne en CM1)

Pour ceux qui ne sont pas du milieu: on fait plancher des gens bien crevés sur un truc qui ne les concerne pas, et à une date initialement incluse dans les vacances. Et le petit doigt sur la couture du pantalon.

Rappelons à cette occasion notre pétition "Sauvons les mouches des journées de concertations".

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"Je n'ai rien trouvé de constructif."
D'un visiteur sous pseudo (juillet 2002).
Visiblement, son clavier ne comporte pas d'accents, bon courage pour la lecture!.

Réponse du Mammouth (octobre 2002).

    Permettez-moi d'abord de vous presenter mes excuses. Deranger un prof en vacances, c'est inconvenant, j'en bats ma coulpe.     Élégant, la vanne sur les profs toujours en vacances. Il est vrai que les autres (les gens normaux, quoi) adorent qu'on leur parle boulot pendant les vacances...
    Mais je reviens de la consultation de votre site (mammouth.com ou quelque chose d'approchant), qui m'a rendu extremement curieux.
    Rien d'anormal, me direz-vous, puisque je suis en realite un conseiller du ministre Ferry dissimulant, pour des raisons dont l'exposition ferait injure a votre intelligence, mon identite derriere un pseudonyme n'abusant evidemment personne.    Formidable!
    J'ai bien compris que vous n'aimez rien* de ce qui se pratique dans cette noble maison dont nous sommes tous deux les occupants (avec quelques autres, il est vrai). Mais, pour ne rien vous cacher, mon cher collegue (si vous me le permettez**), je n'ai pas exactement compris ce que vous cherchiez a demontrer, au-dela du tout est sale et tout est moche. En d'autres termes, je peine a comprendre la dimension programmatique de vos critiques.     Rien? Si: l'instruction que l'on tente encore de donner entre deux parcours, ou autres itinéraires qui prennent le problème à contre-bon-sens, qui privent les élèves des savoirs qui peuvent les construire (et non l'inverse!).
    ** : Non.
    J'ai bien releve que vous croyez en ceci : "Nous pensons que l'école est et demeure un lieu de travail, de culture et d'apprentissage dans lequel l'individu peut se former librement et indépendamment des forces de la socio-économie. L'école est un facteur de progrès qui doit assurer l'accès à un bien-être librement choisi. Par conséquent, c'est elle qui doit influencer la société".
    Mais au-dela de cette profession de foi (l'expression ne vous choque pas, j'espere), je n'ai rien trouve de constructif.
   Pour votre édification, je vous renvoie à la page Poils au Mammouth et aux divers éditos des archives (Le Mammouth bouge encore et ses sous-pages), mais cette fois, donnez-vous la peine de tout lire. Vous y trouverez autre choses que des "incantations", et certainement pas la volonté de tout casser.
   Vous comme moi, nous n'aimons pas la papote gratuite. Vous comme moi, nous ne goutons guere le spectacle des mouches s'enculant dans le silence pesant des formalites creuses. Vous comme moi, nous manifestons une etrange repugnance pour tous ces mots en com- (commission, comite, communisme*
etc...).
   Ce "vous comme moi" m'irrite. Ne parlez pas en mon nom.
    Et votre parenthèse à la Prévert est une insulte à la langue française et à l'intelligence.
    Alors, si l'on veut depasser vos incantations, concretement, on fait quoi ?
   Concrètement, on lit le nouvel article en page Poils au Mammouth.

Je suis impatient de votre reponse.
Sincerement,
Charles Bovary

    Mammouthement,
BB

 

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Le Mammouth Déchaîné sponsorise:
attention, ces groupes contiennent des morceaux entiers d'amis du Mammouth


Pretext,
rock-band de potes.

Xerock,
groupe de musique pop-rock (et autres).