Encore une catastrophe le 11 septembre ?
Et il y a des raisons :
* La réforme des lycées permettrait d'économiser 17000 postes. C'est le résultat d'un audit publié lundi par AEF et repris par Le Figaro :
(extrait du Figaro de mardi)
"Avant de s'attaquer ultérieurement aux classes de première, de terminale et donc au contenu du baccalauréat en 2012, le ministère travaille à une nouvelle maquette de la classe de seconde. Inaugurée à la rentrée 2009, cette classe aura un véritable rôle d'orientation, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, selon le ministre. «Un protocole d'accord a été signé avec les syndicats. Nous avançons», a rappelé le ministre. La situation risque de se tendre avec ces derniers. Lundi, un rapport d'audit, révélé par l'agence AEF, annonçait que la réforme du lycée devrait permettre d'«économiser» de 16 000 à 17 000 postes d'enseignant sur trois ans."
*Le FN et l'Opus Dei à l'origine des réformes scolaires ? C'est ce que pensent deux chercheurs, Eddy Khaldi et Muriel Fitoussi dans un livre Main basse sur l'école publique.
Plus d'info sur leur site.
Donc, la
mobilisation s'organise ? Voici comment :
* Le
bidule du 11 (AFP)
"Une large
intersyndicale de l'Education réunie
mardi soir a appelé à une
"journée nationale d'action" le 11 septembre "sans
appel national à la grève" mais avec "des
possibilités de grèves locales" pour dénoncer les
suppressions de postes, a-t-on appris auprès de
plusieurs participants.
"Nous nous sommes mis d'accord sur une première
journée d'action le 11 septembre, sous des formes
diversifiées", a déclaré à l'AFP
Gérard Aschieri, secrétaire général de
la FSU (première fédération de l'Education), à
l'issue d'une réunion entre les fédérations de
l'Education.
"Il n'y a
pas d'appel à la grève au niveau national, mais il y
pourra y avoir possibilités de grèves
locales", a confirmé à
l'AFP
Patrick Gonthier, son homologue pour
l'Unsa-Education.
L'objectif
est de "dénoncer les conséquences des
11.200 suppressions de postes du budget 2008 et les
13.500 annoncées au budget 2009", a-t-il ajouté.
L'action pourra prendre la forme de "rassemblements
en milieu ou fin de journée devant les rectorats,
devant les préfectures, de distribution de tracts" ou
de "grèves au niveau de certains établissements,
voire au niveau départemental", selon les syndicats.
"Il s'agit de fédérer les initiatives locales", a
déclaré
Thierry Cadart, au Sgen-CFDT.
L'intersyndicale rassemblait la FSU,
l'Unsa-Education, le Sgen-CFDT, la FAEN, la CGT, FO,
et Solidaires. Elle représente au
moins 90% des personnels enseignants et
non-enseignants.
Par ailleurs, cette
intersyndicale souhaite "construire un mouvement
d'ampleur qui pèse sur les orientations
budgétaires. Nous devons nous revoir
mercredi et le jeudi 4 septembre pour voir quelles
autres décisions nous sommes susceptibles de
prendre", a ajouté M. Aschieri.
"Nous
n'excluons rien: ça peut être le recours
à la grève (comme le propose la FSU),
et/ou une
manifestation un dimanche (comme le propose
l'Unsa-Education pour octobre)", a-t-il ajouté."
Il
semblerait par ailleurs, que l'UNSA ne veut pas de
grève en septembre (on s'étonne ?) et que FO ne veut
pas d'action unitaire avant octobre. Pour une fois,
le FSU serait en pointe. Je dis bien serai, car il
est tout de même fort intéressant de voir ce qu'elle
porte (voir plus bas)
* Un
second bidule en octobre : une manif
AFP, toujours
"Plusieurs
organisations de l'Education se sont mises d'accord
mercredi sur le
principe d'une manifestation nationale pour l'école
en octobre ou novembre et sur
une
campagne auprès de l'opinion sur la place de l'école
dans la société, a-t-on appris de sources syndicales.
Des syndicats enseignants, les organisations
lycéennes, le syndicat étudiant Unef, la fédération
de parents d'élèves FCPE et des associations
pédagogiques réunies mercredi soir se sont accordés
sur le principe d'une manifestation nationale pendant
l'examen parlementaire du budget 2009, selon ces
sources.
C'est-à-dire "avant ou après la Toussaint", selon le
secrétaire général de la fédération syndicale FSU
Gérard Aschieri, "en octobre ou novembre", selon le
secrétaire général du syndicat SE-Unsa Luc Bérille.
La manifestation sera l'un des éléments d'une
"campagne en direction de l'opinion, pas seulement
sur les questions budgétaires mais sur la place de
l'école dans la société", a déclaré M. Aschieri.
Face aux 11.200 suppressions de postes dans
l'Education à la rentrée 2008, aux 13.500 annoncées
pour 2009 et aux craintes que ce rythme continue les
deux années suivantes, les organisations ressentent
"la nécessité d'interpeller l'opinion" sur ce qui est
selon eux "une marginalisation de l'éducation", a dit
de son côté M. Bérille.
Les mêmes
organisations se réuniront à nouveau mercredi
prochain pour rédiger un texte commun
d'appel, fixer une date de la
manifestation et préparer le contenu de la campagne."
Manifestation (un dimanche ?),
et toujours pas de grève qui pourrait permettre de
lancer un mouvement. Faudrait pas non
plus...
*
Manifester pour quoi faire ? Bien, ce n'est pas très
clair tout cela. Commençons par la FSU qui a publié
hier sur son site ses axes. On y lit pour le lycée
par exemple les choses suivantes :
"L’entrée au lycée vient après neuf années
d’une scolarité obligatoire assez uniforme en terme
de contenus, d’attentes et d’exigences, construisant
un ensemble de connaissances communes. Une diversité
se construit au lycée par la mise en place des trois
voies de formation:
- diversité des choix de
disciplines dominantes et des options
facultatives ;
- diversité des approches pédagogiques selon les
voies ;
- diversité des
activités proposées;
- diversité des programmes disciplinaires selon les
voies de formation."
"La classe de seconde générale et
technologique, classe de tous les espoirs et
de tous les dangers est la plus mal traitée en ce qui
concerne les effectifs qui restent les plus lourds du
second degré. Son architecture doit être repensée
pour en faire vraiment une classe de détermination et
de préparation au cycle «première-terminale ». Cela
nécessite que :
- le temps soit donné pour une meilleure
appropriation des disciplines qui y sont poursuivies,
et une place importante accordée aux enseignements
nouveaux et aux
pratiques construisant une meilleure autonomie, en
tenant compte de la diversité des élèves qui y
accèdent
- les dispositifs
d’accompagnement soient repensés en évitant
que le traitement de la difficulté scolaire ne soit
renvoyé à l’extérieur du cours
- Dans ce cadre, la
piste de la modularisation de certains enseignements
et activités peut être suivie, à certaines
conditions. L’interdisciplinarité, le
travail sur les compétences documentaires doivent
être intégrés au temps scolaire, au cœur des programmes et non
renvoyé à la périphérie du cours dans des « modules »
plus ou moins obligatoires ou mis en concurrence avec
des modules d’aide ou de soutien. "
Ce ne serait pas une
autre façon de répéter ce que dit Darcos sur la
nouvelle classe de seconde ?
* Mais la (vraie) résistance s'organise. Un
site de
coordination et d'information à aller explorer
: Retrait des mesures Darcos .
*Enfin
les rats quittent le navire d'une étrange
façon.
Philippe Meirieu
nommé directeur de la télévision Cap Canal pour "en
faire une chaîne éducative nationale" (info
AEF)