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  27 janvier 2016
Réforme EPI-neuse
  
 

Information,
formation,
réformation

    Notre ministre vante (se vante de) l'effort incomparable de formation mis en place pour sa réforme : "des milliers de formateurs" ne font rien qu'à hanter les couloirs des collèges.
    Je peux en témoigner, elle ne vous bourre pas le mou –  j'en suis la preuve vivante.

Réforme des collègues

    En décembre, les réréférents TICE" et les administrateurs de réseaux (dont moi-même, donc) des collèges de l'académie d'Orléans-Tours furent convoqués à une "formation des référents numériques". Sur place, nous découvrîmes qu'il s'agissait de nous former à être les formateurs de nos collègues en vue de la réforme. Lesquels collègues sont réputés hostiles aux outils modernes, bien sûr.
    Pendant deux jours nous peignâmes la girafe en essayant des applications en ligne plus ou moins utiles, censées révolutionner la pédagogie de nos pairs et faire du "travail collaboratif" une partie de plaisir.
    Et hop, deux formateurs par bahut, qui pourront "former" (en deux heures, et encore...) leurs collègues émerveillés à des trucs sans rapport avec la réforme.

Une réunion très forme-hâtive

    Janvier, deux membres du conseil pédagogique (ou à défaut deux membres de C.A.) suivirent chaque chef d'établissement à un exposé sur la dotation horaire de la rentrée 2016. Intitulé de l'ordre de mission : "Fo de fo". J'ai cru à une blaque crypto-syndicale, mais non, ça signifie "formation de formateurs". Après deux heures de "On ne sait pas ", de "les textes ne sont pas parus " et de "Ce n'est pas clair à ce jour ", il y avait deux formateurs de plus par bahut, qui ne formeront personne sur rien du tout.

    Multipliez ça par les 7000 collèges de France, et ce sont non pas des milliers, mais des dizaines de milliers de formateurs qui vont assurer la réussite de la réforme.


Éradication de l'allemand :
tout le monde s'y met.

 

 
Dessin détourné de http://fr.assoceverte.fr/

 
Profs d'allemand ou taxis :
professions menacées


La langue de bois dont on fait les flûtes

    La réforme du collège est de gauche. Elle va suturer la fracture sociale, c'est son seul but, promis-juré-craché, croix de OUPS ! Enfin, on se comprend.
    C'est une réforme DE GAUCHE, qui dézingue tout ce qui est favorable aux enfants de milieux favorisés. Exeunt le latin, les classes bi-langue et les sections européennes (l'anglais renforcé d'autrefois, quoi), ces trucs de riches – car la réussite scolaire, c'est une histoire d'argent, pas de milieu socio-culturel, ainsi utilise-t-on au ministère les CSP (catégories socio-professionnelles, triées par niveau de revenus).

    Incidemment, les REP (ex-ZEP) sont très friandes de ces sections, pour deux raisons : elles réduisent la fuite des familles les plus soucieuses de la réussite de leurs marmots, maintenant un petit équilibre dans des coins défavorisés, et lors du passage au lycée elles offrent un petit plus à des élèves pas toujours avantagés par leur secteur d'origine. Bref, elles opèrent une mini correction de la carte scolaire.
    Mais non, c'est des trucs de riche. On ne les supprime pas du tout pour des raisons budgétaires. Si dans un collège qui ne perd pas un seul élève à la rentrée prochaine on supprime (entre l'euro et les bilangues) un demi-poste sur cinq en anglais, ce n'est qu'accidentel, bien sûr.

    Et puis voilà qu'on maintient le latin, sous forme dérogatoire à une réforme qui n'admettait pas de dérogation. Il ne faudrait pas fâcher les associations de parents d'élèves...
    Et tout soudain, on annonce le maintien des classes bilangues : 100% seront reconduites à Paris, repaire de familles défavorisées. Et dans les ghettos de riches, on sévit : 30% de sections reconduites dans le Nord-Pas de Calais, 5% dans l'académie de Caen. Non mais !    Et l'inclusion (partielle pour l'instant) des élèves de SEGPA, c'est pas de gauche, ça ? Dans peu de temps, il n'y aura plus d'enseignement spécialisé, ce qui sera la preuve qu'il n'y aura plus d'élèves relevant d'un enseignement spécialisé. CQFD.

    C'est tellement de gauche qu'il faudrait refiler ce ministère à Macron.


 

La réforme, pas les formes :

Manifs : Le Foll reçoit les paysans, Valls & Caseneuve reçoivent les taxis,
Vallaud-Belkacem ne reçoit pas les profs.

C'est un pneu cavalier !



NVB : "On ne débat pas contre les ennemis de la République,
on les combat 
".

Nous serions donc des ennemis de la République ?



  
Gueux du 16ème arrondissement se rendant rue de Grenelle pour remercier la ministre de leur avoir octroyé des classes bi-langue (et accessoirement elle soigne les écrouelles ).


 
Dessin piqué à Na, sans scrupules.


La Najat Vallaud-Belkacem de cette page est de Cabu.
Snif...