Annexe au Mammouth Déchaîné.


Opération suspendue faute de combattants. À désespérer...

Opération de souscription pour payer un quart de page d'explications dans Le Monde.
Adresse de souscription: Astonia1944@aol.com

"Bonjour !
       L'action presse.
       Nous cherchons à réunir 300 personnes qui, à raison de 60 € chacune, achèteront un quart de page dans Le Monde pour dénoncer la politique actuelle de l'EN. Cela représente l'équivalent d'une feuille A4.
     
     J'enregistre pour ma part les intentions de participation (vous m'envoyez un bref courriel) et, le moment venu (sitôt que nous serons d'accord sur le texte), je vous donnerai le feu vert pour envoyer vos chèques, ainsi que l'adresse (merci à SLL, qui prête son compte associatif pour engranger l'argent). Dès que nous aurons les fonds, nous passerons pour de bon à l'action. Si par malheur nous n'étions pas assez nombreux, ces chèques vous seraient évidemment renvoyés ; mais cela ne saurait se produire, bien entendu...
       Il nous faut en effet répondre au lancement de la décentralisation, à l'étranglement des options, à la précarisation de la profession et au dégraissage à la Raffarin : toutes natures confondues, pour notre plus grand bien et celui de nos élèves, nous en sommes tout de même à plus de 22000 postes supprimés ! A nous de le faire savoir.

       Cordialement à tous,
       Luc Richer
"

TEXTE PROJETÉ:

 Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Sarkozy, Ministre de l'intérieur, de la justice et de l'éducation… et à tous ceux qui s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants.


       A l'heure où le gouvernement prétend donner la priorité à l'emploi et aux " réformes sociales ", quel bilan pouvons-nous tirer de son action en matière d'éducation ?
       En deux ans, 4 560 postes d'enseignants du secondaire ont été supprimés, de même que 26 560 postes d'aides-éducateurs et 1 150 ATOSS. Les prévisions pour 2004-2005 sont alarmantes : alors que 16 619 professeurs doivent partir en retraite cette année, 12 500 postes seulement sont mis au concours (11 000 enseignants devraient être réellement recrutés pour la prochaine rentrée) ; soit un déficit de 5 000 postes au moins ! Et le Ministère des Finances réclame encore la suppression de 2 000 postes par an, pour rembourser des " dépassements budgétaires " antécédents !
       Comment le gouvernement entend-il résoudre cette " inéquation mathématique " ?
      Tout d'abord, en supprimant des options, en fermant des classes, voire des divisions entières dans certains établissements : à Bordeaux, 21 options disparaissent en langues anciennes, 130 en langues vivantes ; à Versailles, la situation est catastrophique, avec 42 fermetures prévues en 1ere STT pour une ouverture, 13 fermetures en STI pour 2 créations, 121 options supprimées dans 112 lycées. A Limoges, la Rectrice a signifié aux Proviseurs de tous les lycées de l'académie la nécessité de faire des économies " drastiques ". 298 options ou formations à effectifs réduits ont été répertoriées ; l'Inspectrice Pédagogique Régionale de Lettres a dores et déjà annoncé que, à quelques exceptions près, les sections de latin et de grec de tous les lycées de la Haute-Vienne, de Corrèze et de Creuse seront donc supprimées ! Et la liste des fermetures ne cesse de s'allonger…
       De plus, le gouvernement entend couvrir certains postes d'enseignants en recrutant de plus en plus de vacataires, de personnels précaires, n'ayant reçu aucune formation, assurant 200 heures de cours avant d'être " proprement " remerciés, et auxquels l'employeur ne paye ni cotisation chômage, ni cotisation retraite ! Un employeur qui prend souvent tout son temps pour les rémunérer, certains vacataires ou contractuels devant attendre deux à cinq mois avant de toucher un salaire !
       Fermetures, suppressions, économies : tels sont les maîtres mots de nos dirigeants aujourd'hui.
       Comment, dans ces conditions, espérer conserver, en France, un enseignement de qualité ? Comment assurer l'avenir des jeunes, si les classes ferment, si les formations qu'ils ont choisies disparaissent parce qu'elles ne sont pas assez " rentables " ? Comment assurer le renouvellement des enseignants, si on ne crée que des emplois précaires ? Quel avenir nos dirigeants réservent-ils à l'École Publique ?
       Va-t-on continuer à laisser les conditions d'enseignement se dégrader, pour aboutir à la situation de l'Angleterre, où un tiers des nouveaux enseignants démissionnent au bout de trois ans d'exercice (information BBC News, avril 2003) ? L'État va-t-il continuer de se décharger sur les collectivités locales des dépenses liées à l'éducation, comme l'a fait l'Allemagne, par exemple, où les élèves peuvent avoir " des écarts de niveau équivalant parfois à deux ans ", selon la Région où ils vivent (Le Monde de l'éducation, n° 311) ? Et que penser d'un gouvernement dont le premier acte politique a été d'augmenter les salaires de ses ministres de 70 % (salaire brut et hors primes : 13 300 euros par mois - 87 242 F, soit 1 046 907 F par an !), alors qu'il demande incessamment aux Français de " faire des efforts " en matière de restriction des dépenses publiques ?
       L'éducation et l'instruction des jeunes n'ont-elles plus d'importance ni de sens en France ?

Adresse de souscription: Astonia1944@aol.com